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BIBLIOTHECA NORMANNICA.
I
BIBLiOTHECA NORMANNICA.
Denkmàler
Normannischer Literatur und Sprache
herauagegeben
Hermann Suchier.
Die Normannen — durch ihre An-
schauungen, Sitten und ganze Cultur
die ersten Repràsentanten des Ritter-
thums.
Ten Brink, Gesck. d. Engl. Ut. S. 161.
IV.
ENE AS.
HALLE.
MAX NIEMEYER.
1891.
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E N E A s
Texte critique
pnblié
par
Jacques Salverda de Grave
docteur es lettres
de l'Université de Groningue.
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IV' I a4-
HALLE.
MAX NIEMEYEB
1891.
Germany
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1^1
A MES CHERS MAITOES
GASTON PARIS
ET
A.-G. VAN HAMEL.
Avant -Propos.
Lorsque, il y a près de trois ans, je publiai ma thèse , In-
troduction à une édition critique du Roman d'Enéas", je saisis
l'occasion pour remercier tous ceux qui, d'une manière ou
d'autre, avaient facilité mes recherches sur l'Énéas, en premier
lieu mes chers maîtres MM. A.-6. van Hamel, Gaston Paris,
Paul Meyer, Fritz Neumann. Qu'on me permette d'ajouter à
ces noms celui d'un savant dont je serai pour toujours l'obligé.
M. Hermann Suchier ne s'est pas contenté d'abriter ma publi-
cation dans sa „Bibliotheca Normannica", il a encore eu l'ex-
trême bonté de revoir les feuilles, à mesure qu'elles s'impri-
maient, et de faire profiter mon travail de ses vastes connais-
sances de l'ancienne langue.
En dehors de ma thèse, l'Énéas a été traité dans r„Hi8toire
littéraire de la France" XIX 671 (A. Duval); dans r„ Essai sur le
Roman d'Énéas" par M. Alexandre Pey (Paris 1856), où l'on trouve
un aperçu du poème avec de nombreux extraits du manuscrit
G; dans le volume II p. 1 suiv. du ,Jahrbuch fUr Romanische
und Englische Literatur" (c'est encore M. Pey qui, à cet endroit,
compare entre eux le poème français et la traduction qu'en
a faite Henri de Veldeke); et dans l'Introduction à l'édition
critique de l'Eneit de Veldeke par M. Behaghel.
J'aurais voulu ajouter à mon Introduction un chapitre sur
l'histoire ultérieure de l'Énéas, sur l'influence qu'il a exercée sur
la poésie du moyen âge. Malheureusement, je manque ici des
livres indispensables à une pareille recherche et je me vois
vni
donc réduit à remettre à plus tard ce travail attrayant. Pour
le moment, on se contentera facilement de la belle Introduction
de M. Behaghel, quant à l'influence de l'Énéas sur la poésie
allemande. On trouvera dans l'édition de l'Eneydos de Caxton
par M. Furnivall (Old English Texts), quelques pages de ma
main sur les rapports entre l'Énéas et le roman en prose
,Eneydos% l'original de Caxton.
Septembre 1891, Loo (Hollande).
J. J. Salverda de Grave.
INTRODUCTION.
Bibliotheca Normaimica. IV.
Chapitre I.
Les Manuscrits.
Je connais du Roman d'Énéas les manuscrits suivants:
A Bibl. Laurentienne à Florence. Plut. XLI. cod. 44
C'est un petit manuscrit, datant de la fin du Xlle s. ou du com-
mencement du XlIIe. Il compte 60 feuillets à deux colonnes,
de 42 vers chacune. Le manuscrit, qui ne contient que le
Roman d'Énéas, est mentionné par M. Paul Heyse, dans ses
„Romanisclie Inedita auf Italiânischen Bibliotheken (1856)", où
il en publie quelques centaines de vers (V. p. 31 suiv.). A la fin
du poème se trouvent en écriture courante les phrases sui-
vantes: flper vos donna vallenz cheu non aus dir ni non pos
dir a vos ma desiranza . . . en am plus vos de bon cor lial-
menz che Cliges non ama Fenices verament ne Floire Blanca-
flor ne Alixandre Soredamors . . .
B British Muséum, Add. 14100. Voyez la description très
détaillée et très exacte dans le „ Catalogue of Romances in the
Department of mss. at the British Muséum, by H. L. D. Ward",
Vol. I p. 82. Le manuscrit est complet, sauf, à la fin du poème
depuis le vers 10035, une lacune, provenant d'un feuillet
perdu.
C Spalding, Lincolnshire, ayant appartenu à feu le Ré-
vérend Edw. Moore. Voir sur ce manuscrit la note de M. Paul
Meyer, dans la Romania V p. 2. Le Roman d'Énéas y occupe
les feuillets 106-164 (ro. col. II).
D Bibl. Nat., f fr. 60. Fin du XlVe s. Voir la description
chez Paulin Paris, „Les manuscrits frauçois de la Bibliothèque
du Roi" T. I p. 67 — 72, et chez M. Joly, dans son édition du
Roman de Troie p. 3. Le manuscrit contient le Roman de
Thèbes, le Roman de Troie et le Roman d'Énéas (depuis le
IV INTRODUCTION
feuillet 148 r"). Le copiste a divisé le texte en sept chapitres,
au début desquels se trouve une miniature et qui chaque
fois sont précédés d'un résumé de leur contenu (aux vers: 1,
3771, 4559, 5053, 5775, 6229, 9309, 9631).
Au vers 9997 le manuscrit abandonne le texte des autres
et présente une fin du poème tout à fait différente, que nous
donnons comme appendice, à la suite de notre édition.
E Bibl. Nat., f. fr. 12603. ^ XlVe s. (cf. Leroux de Lincy,
Roman de Brut p. V, qui le met au XlIIe s.). Le Roman d'Énéas
s'y trouve en entier, sauf deux lacunes considérables, qui pro-
viennent de feuillets perdus, et qui vont, la première du commen-
cement jusqu'au vers 1769, la seconde du vers 3565 au
vers 5954. Notre roman y est soudé au Roman de Brut; après
le vers 10130 E abandonne la leçon des autres manuscrits, qui,
dans les derniers vers du poème, parlent des successeurs
d'Énéas jusqu'à Romulus. Voici la transition que fait E au
Roman de Brut après le vers 10130:
Apres gaires ne demora,
Li rois du siècle trespassa.
Et la terre ot toute Eneas,
S'ot a mouUier Lavinias.
Puisqu'Eneas Lavine ot prise,
Et la terre toute conquise, etc.
où il a repris le vers 67 du Brut:
Puisqu'Eneas Lavine ot prise
Et toute la terre conquise etc.
F Bibl. Nat, f. fr. 1416. XlIIe s. (l'an 1252 y est nommé).
Voyez Leroux de Lincy, Roman de Brut p. LXIIL Picard.
Le Roman d'Énéas précède le Roman de Brut.
G Bibl. Nat., f. fr. 1450. Voir la description du manuscrit
chez Leroux de Lincy, Roman de Brut, p. XVIII, et dans
l'édition de Cligés par M. Foerster, p. XXIX (,XIIIe g. Stark
geânderter und interpolirter Text, pikardisch"). Le Roman
d'Énéas y occupe les feuillets 83—112 et précède le Roman
de Brut.
H Bibliothèque de l'École de Médecine à Montpellier,
No. 251. Milieu XlIIe s. V. Joly, 1. cit. p. 6 (à cause d'une co-
quille sans doute le manuscrit y est placé au XVe s.). Le
LES MANUSCRITS V
Koman de Troie y occupe les feuillets 1 — 147 v., le Roman
d'Énéas fo. 147 v. — 207 v., le Roman de Brut 207 v.— 242 v.
(fin du volume). Les pages sont à deux colonnes de 40 vers.
Dans le texte du Roman de Troie seul il y a des têtes de
chapitre.
I Bibl. Nat., f. fr. 784. Voir Paulin Paris „Les manuscrits
françois de la Bibliothèque du Roi" T. VI p. 163 et M. Joly,
,1e Roman de Troie", p. 4. Note (Comparez Constans, La
Légende d'Oedipe, p. 160 et 161). Le manuscrit contient
le Roman de Thèbes et l'Enéas. Celui-ci y est complet, sauf
une lacune, provenant de neuf feuillets perdus, qui va du
vers 8335 au vers 9993. Le manuscrit date de la fin du XlIIe s.
ou du commencement du XlVe s. (Comparez Romania X.
p. 272).
En résumé: il existe du Roman d'Enéas neuf manuscrits,
dont le plus ancien (A) est de la fin du Xlle s.; dans trois de
ces manuscrits le Roman se trouve accompagné du Roman
de Brut (HFE; dans E il ne forme qu'un seul poème avec le
Brut); dans H et dans D il fait suite au Roman de Troie,
dans I C et D il est associé au Roman de Thèbes; dans AB
enfin ne se trouve que le Roman d'Énéas.
Tâchons de trouver les rapports qui existent entre nos
manuscrits.
AB A, le plus ancien de ces manuscrits, se trouve dans
un rapport intime avec B. Cette relation est prouvée surtout
par les vers 2567 et 2568, qui, étant placés dans A après le
vers 2576 (faute que A a corrigée par des jsignes à la marge)
se trouvent au même endroit dans B, sans qu'ici on ait re-
dressé l'en-eur. Il est possible que B soit une copie directe
de A; alors la correction dans A doit être d'une main posté-
rieure; dans tous les cas, je me crois autorisé à considérer A
comme représentant de la famille x que j'accepte pour AB. Je
ne crois pas qu'il soit nécessaire de prendre toutes les variantes
dans B: les différences que m'a montrées une comparaison
minutieuse des deux manuscrits ne sont d'aucune importance.
Les deux manuscrits ont en commun une lacune assez
importante (vss. 3021—3105); l'épisode des , tables mangées".
VI INTRODUCTION
qui se trouve raconté dans ces vers, fait par conséquent défaut
dans AB, qui le remplacent par huit vers.
HI Le rapport entre ces deux manuscrits est également
très intime; ils ont en commun, outre des fautes, des inter-
polations et de nombreuses lacunes. Citons une faute pro-
bante: au vers 3761 tous les deux lisent: „AschaniU8 a son
cerf pris* et pour faire concorder ce changement avec les
vers qui suivent, ils ont, tous les deux, altérés les vers 3766
et 3767.
A quelques rares endroits ils suivent des leçons de manu-
scrits différents; ainsi aux vers 302, 6550, 6840.
Lès nombreuses lacunes que présentent HI, ont une parti-
cularité que je veux relever. Très souvent quand l'original a
une leçon peu usitée, ils omettent tout simplement les vers
où se trouve la difficulté, tandis que z les altère, mais les
garde du moins. Cp. les vers 3547, 7455, 7671, 8215, 9139.
Dans les grandes descriptions, où il se trouve naturellement
beaucoup de mots techniques, les lacunes sont également fort
nombreuses, en vertu de ce système d'abstention dans le doute.
Nous admettons donc pour HI une source commune z'.
EF Le rapport entre ces deux manuscrits est attesté par
les vers suivants: 6274, 6741, 6742 et 9948, et par les inter-
calations après les vers 2144, 8900, 10052,
Nous acceptons pour EF une source commune z.
z(j! La relation qui existe entre G et z ressort des vers
suivants: 2441, 6055 et 6056, 6650, 7174, 7709 suiv.
Pourtant G paraît avoir consulté HI. Voyez au vers 7224.
Mais j'ose pourtant affirmer qu'il tient de plus près à la fa-
mille z.
Nous nommerons l'original de 2G y'.
z' y' Le rapport de HI d'un côté et GEF de l'autre est
attesté par les vers suivants: 5795 et 5796, 6159, 6438,
6489 suiv., 6617, 6650, 6667, 7434. Ensuite par les interpola-
tions après les vers 6194, 6290, 6374, 7022, 7171, 7204.
Mentionnons encore quelques vers où, a:D ayant la meil-
leure leçon, HI et GEF changent de façons différentes, mais
où se montre pourtant leur rapport: 1584, 2033 suiv., 5943 et
5944, 7394.
LES MANUSCRITS VII
D Quelle place, dans la classification, faut -il donner au
manuscrit D ? Avec x il n'a pas de faute commune i) ; avec
?/ il en a quelques-unes. Au vers 1639 il a fallu accepter la
leçon de A, parce qu'il est probable que c'est elle qui repré-
sente la bonne leçon. En effet, on ne comprendrait pas pour-
quoi A eût remplacé une rime très ordinaire par une rime inu-
sitée. Remarquons cependant que cette faute est peu probante,
parce que le changement s'offrait de lui-même. — Au vers 1584
la faute de DG (HI changent d'une façon différente) semble
avoir été occasionnée par le mot à la rime: contor, qui,
peut-être, semblait étrange aux copistes de ces manuscrits.
Ce vers 1584 nous montre encore que D se place plus prés
de GEF que de HI. Enfin les vers 7671 et 7672 achèvent de
montrer la relation de GEFD (HI omettent ces vers).
Restent quelques interpolations de GFD (E manque en-
core dans cette partie de l'Énéas), entre les vers 470 — 471
514—515, 544-545, 700—701, 722—723, 826—827. Sans
nous prononcer encore sur la question si, d'après la classi-
fication, ces vers doivent être acceptés ou non dans le texte,
faisons remarquer que leur contenu les rend fort suspects.
Non seulement ils interrompent la marche du récit, mais il s'y
ti'ouve en outre de nombreuses répétitions et bien des contra-
dictions. Ainsi il y est que Didon se trouve devant le temple,
et on y raconte comment elle est vêtue: or, là où les autres
manuscrits reprennent, on retrouve, dans un rapport plus logi-
que (les messagers d'Énée arrivent et la voient) cette mention
de Didon, qui se trouve devant le temple; évidemment, la
première fois, elle est de trop. Tandis que tous les autres
manuscrits disent qu'Énée se prépare à aller à Carthage et
s'apareilla bien de dras et monta en un palefrei (au vers 700),
DGF intercalent entre ces deux vers une description détaillée
de la personne et du costume d'Énée"^).
') A moins qu'on ne veuille regarder comme telle le mot venu an
vers 3S98, qui se trouve dans AD, mais qui, dans D, a été exponctué et
remplacé par meii. Il se pourrait bien qu'il n'y eût là qu'un simple lapstis
calami.
2) M. Behaghel, dans son Édition de l'Eneit de Veldeke, a déjà fait
remarquer que ce passage, qui ne se trouve pas dans son auteur, est
nganz unmotivirt und zwecklos".
vin INTRODUCTION
N'oublions pas un certain nombre de passages où D montre
un rapport assez intime avec F. C'est aux vers 249, 339 et
340, 404, 946, 8574.
Nous voici en face d'une difficulté presque inextricable.
D'une part il est bien certain que GEF et HI remontent à une
même famille ; d'autre part ces mêmes manuscrits GEF offrent
des rapports fréquents avec D. Il est impossible de ramener
D à la famille y, car alors les fautes de ij devaient s'y trouver
aussi; il est également impossible de le faire remonter à une
seule famille avec GEF (car il faut bien que GEF soit membre
de y ou qu'elle ne le soit pas; elle ne peut pas dériver en
même temps de y et d'une autre famille).
Remarquons que D, bien que postérieur en date aux autres
manuscrits, n'a que relativement peu de fautes. Dans la de-
scription du tombeau de Camille, par exemple, il se concorde
presque toujours avec A, tandis que GEF donnent parfois des
remaniements fantaisistes. Pour la constitution du texte il est
d'une importance très réelle: le plus souvent la concordance
entre A et D sufjfit pour montrer la bonne leçon.
On se demande, en face de ces faits, s'il ne faut pas faire
remonter D à une famille à part, tout en admettant qu'il a
connu GEF, ou du moins un d'entre eux; ce sera alors F (à
cause des passages où c'est avec ce manuscrit seul qu'il
s'accorde) et il faudra donc supposer que ces fautes et ces
interpolations se soient glissées dans D par l'intermédiaire
de F.
Le manuscrit D soulève encore une question, difficile à
résoudre. Dans la première partie de l'Enéas et vers la fin
du poème, il fournit, à plusieurs endroits, une version tout-à-
fait différente de celle des autres manuscrits, et, ce qui est
assez curieux, on constate que ces changements tendent à
rapprocher le Roman d'Énéas de son original latin. Ainsi il
a au vers 55 la leçon: „Enz en son col porta son père". Puis,
le récit du jugement de Paris, qui ne se trouve pas dans
l'Enéide, ne se trouve pas non plus dans D, et l'épisode de
Vénus et d'Ascagne y est complètement différent et plus rap-
proché du latin: on sait que, dans l'Enéide, Vénus fait occuper
par Cupidon la place d'Ascagne auprès de Didon ; or, tous les
manuscrits, sauf D, représentent Vénus comme donnant à As-
LES MANUSCRITS IX
cagne lui-même le pouvoir de Cupidon; D, au contraire, suit
le récit latin d'un bout à l'autre (v. la note du vers 764).
Quoi de plus naturel que de croire que, de tous les manus-
crits, D remonte le plus près de l'original? Ce n'aurait donc
été que plus tard que ces détails avaient été altérés. On pour-
rait même admettre, au besoin, que l'auteur eût lui-même ré-
digé des versions différentes de sa traduction, ainsi que cela
a été prouvé pour Wace par M. Gaston Paris. Pourtant il
me semble qu'il n'en est pas ainsi. En effet, n'oublions pas
que ce ne sont pas là les seuls passages où D diffère des
autres manuscrits, que, notamment vers la fin du poème, il
introduit un changement complet. Quelle raison aurions -nous
de séparer ce remaniement-là des autres passages où D diffère
des autres manuscrits et de ne pas les attribuer à la même
main? Et pourtant ce n'est qu'en les séparant qu'on pourrait
considérer les passages dans la première partie du poème
comme authentiques et ceux de la fin comme postiches; s'ils
sont dûs au même copiste il faudrait les rejeter ou les ac-
cepter ensemble. Or, pour les altérations de la fin, cela est
inadmissible ; pour s'en convaincre, on n'a qu'à les lire (v. l'Ap-
pendice).
C Comme pour B, je me crois autorisé à ne pas prendre
en considération les variantes de C, pour la constitution du
texte. Voici pourquoi. D'abord, il ne nous apprend rien sur
l'authenticité de vers que ne donne qu'une partie des manus-
crits, car, comme nous allons voir, il représente, en même
temps, des versions de familles différentes, et il est évident
qu'il s'est complété, d'une manière assez maladroite, par un
manuscrit d'une autre famille que celle de laquelle il relève.
Nous avons déjà dit que, dans la première partie du
Roman, D suit souvent une version différente des autres ma-
nuscrits. Eh bien, C donne la même version que D, mais, à
côté d'elle, il montre celle de x et des autres: il lui arrive
donc de raconter les mêmes choses deux fois. Déjà dans les
premiers vers nous en voyons un exemple curieux : au vers 25
commence une description de Troie, qui va jusqu'au vers 38.
Le manuscrit C la donne d'abord d'après la version de D,
puis il reprend la description, mais cette fois en suivant de
X INTRODUCTION
près les autres manuscrits. De même on y trouve deux fois
le vers: Ja vendeit on le vair, le gris'^, d'abord au vers 450
(donc dans le même rapport que A et les autres, sauf D), puis
dans l'interpolation que D intercale après 448, et qu'il inter-
cale après le vers 514. Mais l'exemple le plus curieux se
trouve au vers 561. Quand les messagers d'Enée viennent
auprès de Didon, Dx lisent:
Ilioneus parla premiers
li plus sages des mesagiers (x: ki fu plus sages et plus fiers)
tandis que y a les vers:
Ilioneus parla por toz
ki m oit esteit sages et proz.
I nous donne la leçon suivante:
Ilioneus parla premiers,
li plus sages des mesagiers;
il a parlé por els trestoz,
ki molt estéit sages et proz.
Puis il donne le discours d'Ilioneus d'après la version de
AGHFI. Mais, à la fin du discours, au vers 599, il le donne
une seconde fois d'après la version de D. Ainsi:
597 et ses nés alkes redreciez
que la tormente a dépeciez.
Ulioneus esteit molt sage,
molt par li dist bien son message:
„Dame", fait il, „a ceste rive etc."
où il a repris la version de D. Le discours de Didon s'y
trouve également deux fois.
Il est assez rare qu'on puisse attraper un copiste en
flagrant délit de combinaison. Dans tous les cas, on admettra
facilement que le manuscrit C ne mérite pas d'être pris en
considération où il s'agit de savoir si tels vers sont authen-
tiques ou bien s'ils ont été interpolés.
J'ai collationné E avec les autres manuscrits depuis le
commencement jusqu'au vers 2145, et ensuite pour les passages
où sont décrits les tombeaux de Pallas et de Camille, deux
passages où il se trouve beaucoup de mots techniques et diffi-
ciles et qui montrent clairement le rapport des différents ma-
nuscrits. Voici ce que j'ai trouvé. Avant la vers 2145 là où
il ne suit pas complètement D (aux passages dont nous avons
LES MANUSCRITS XI
parlé) ils se tient tout près de A. Seulement il est excessive-
ment difficile de prouver qu'il se trouve dans un rapport intime
avec A, car, pour cela il faudrait trouver des fautes communes;
or A a peu de fautes évidentes. Aux descriptions des tombeaux
il suit également A de très près et j'ai réussi à trouver une
faute commune aux deux manuscrits. Au vers 8475 j/D lisent:
Amors t'a pointe (D tainte) (Le vers précédent est: ,4es vis en
est pales et teinz^''). AC lisent: ,,Fille, tu aimes''': Ce vers se
retrouve quelques vers plus haut, et ne va évidemment pas aussi
bien dans ce rapport que celui de yD. C appartient donc à la
famille a-, et s'est complété par D (ce qui explique les quelques
vers, dans la description des tombeaux, où il se range auprès
de D et s'écarte de A), Étant de beaucoup postérieur à A,
offrant une compilation évidente de leçons de familles diffé-
rentes, C peut être négligé, à notre avis, pour la constitution
du texte, d'autant plus que nous avons dans A un type ex-
cellent de la famille dont C provient.
Il nous reste à mentionner une particularité de notre ma-
nuscrit, qui consiste à omettre les endroits inconvenants; les
accusations de la mère de Lavinie contre Enée (aux vers
8565 — 8613), que répète Lavinie elle-même (aux vers 9130 —
9171), ne se trouvent pas dans I; il paraît que le copiste a
trouvé ces passages dans le manuscrit qu'il copiait, car il
leur a réservé une place, en laissant quelques colonnes en
blanc.
Enfin, le copiste, ou un de ses prédécesseurs, a tâché de
subvenir à une prétendue lacune. Il s'agit de l'histoire connue
des tables mangées. A peine arrivés en Italie, les Troyens
prennent leur repas, en se servant de pain au lieu de plats,
et Ascagne dit: ,,nous mangeons nos tables". A ce mot Enée
s'écrie qu'il est convaincu d'avoir trouvé à présent le pays
qu'il cherchait; son père lui avait dit que, quand ils mange-
raient leurs plats, ils auraient atteint le terme de leurs voy-
ages. Il ne se trouve dans l'Enéide que la prédiction de la
nymphe Celaeno (III. 255) qu'ils mangeraient leurs tables,
mais il n'y est pas parlé de l'occasion où Anchise dit à Enée
que ce serait là la fin de ses aventures. Le copiste de C a in-
troduit dans la conversation d'Énée avec Anchise, dans l'enfer,
une question d'Énée et une réponse d'Anchise ayant rapport
XII
INTRODUCTINN
à cette prédiction (entre les vers 2996 et 2997). Nous donne-
rons ce passage à la suite du texte.
Voici donc comment, à mon avis, les manuscrits se rap-
portent entre eux:
ABC
DÉ F
Pour contrôler cette classification la traduction de Henri
de Veldeke ne peut nous rendre aucun service. Car, ayant
une tendance à abréger son original, il ne peut être utile
à faire reconnaître une interpolation ; quand même un passage
ne se trouve pas dans Veldeke, ceci ne prouve rien contre son
authenticité. D'autre part, le fait que tel ou tel vers se
trouve dans Veldeke n'est pas une preuve absolue en faveur
de son authenticité. Car bien que, d'après M. Behaghel, la
traduction ait été faite entre 1183 — 1190 et qu'elle soit donc
antérieure à notre plus ancien manuscrit, qu'est ce qui nous
assure que les vers dont il s'agit n'aient pas été introduits
postérieurement dans un manuscrit de Veldeke, par un copiste
qui, ayant sous les yeux l'original français, a voulu compléter
l'allemand? Il y a même un passage qui indique assez clai-
rement un pareil manège.
Parmi les peuples qui viennent en aide à Turnus DGEF
nomment (au vs. 3951):
. . . li Sabarin
li Puilleis et li Latin,
li Geneveis et li Pisan
et li Hongreis et li Toscan,
cil de Naples, cil de Salerne,
et cil i viennent de Volterne.
LES MARUSCRITS XIH
Or, xBI omettent le 3e et 4e vers, mais chez Veldeke on
lit (v. 5121):
... die Barbarîne,
die Pulloise end di Latine,
di van Naples ende van Salerne,
van Calabrie end van Volterne,
die Genevoise end die Pisâne,
die Ungere end die Veneciane.
Cette interversion de l'ordre des vers s'explique aisément
en admettant que les deux vers qui ne se trouvent pas dans
aHI, donc, d'après la classification, non plus dans l'original,
aient été, postérieurement, introduits dans la marge d'un ma-
nuscrit de Veldeke par un copiste qui les trouvait dans un
manuscrit de la famille D ou y, qu'il avait sous les yeux en
même temps que le manuscrit de Veldeke qu'il copiait et qui,
étant plus ancien, n'avait pas ces deux vers. Un copiste sub-
séquent les aurait alors insérés dans le corps même du texte,
mais non pas au bon endroit.
Nous avons donc trois familles; l'accord de deux d'entre
elles doit donc nous indiquer la bonne leçon; seulement n'ou-
blions pas que nous ne devons nous servir du manuscrit D qu'avec
beaucoup de réserve, vu ses rapports avec F. C'est pourquoi
les vers, se trouvant seulement dans DGEF, ou les leçons, par
eux seuls données, n'auront pas la même importance qu'une con-
cordance entre x et un manuscrit de la famille y. — Même si
nous avons devant nous la distribution suivante : A . . . HI . . .
DGEF, nous ne prendrons pas la leçon de DGEF. Plutôt nous
nous déciderons en faveur de A, le manuscrit que nous prenons
pour base de notre édition et dont nous nous écarterons aussi
peu que possible; c'est sans doute, non seulement le plus an-
cien, mais aussi le plus correct de tous nos manuscrits.
Quand, par suite de l'omission de D, nous n'avons que
deux familles, x et y, voici comment nous avons fait: pour
les leçons, nous avons pris celles de a:, à moins d'une faute
évidente (par exemple au vers 576); mais, lorsque, dans y, il
y avait des vers qui ne se trouvaient pas dans x^ nous n'avons
pas osé les rejeter (par exemple aux vers 116, 547) parce que
la seule omission dans A ne prouve pas qu'ils soient postiches.
XIV INTRODUCTION
En effet, il y a d'autres vers, parfaitement authentiques (c'est-
à-dire attestés par la concordance de y avec D), qui ont été
omis dans A.
Chapitre II.
La Langue.
Aucun de nos manuscrits n'est de la même époque ni n'est
écrit dans le même dialecte que l'original; il n'y a donc que
les rimes et le mètre qui puissent nous renseigner sur la
langue et sur les formes grammaticales de l'auteur.
1. Phonétique.
Voyelles.
A. Des mots en -alis il n'y a que hospitale qui montre
à côté de la forme en -el celle en -a/; au vers 1955 il rime
à vasal, et au vers 3541 à tUtretel. De morlalis il y a aux
vers 2107, 2519, 2719, 7475 une rime en -al. La forme crual
qui a été signalée dans le Roman de Troie et dans la Chronique
ne se trouve pas dans notre poème; au contraire la rime
crueus : deus (au vers 1713) atteste la forme cruels mais c'est
le seul vers où cruel se trouve à la rime.
an -f- eons. est rigoureusement séparé de en -{• cons. Il
n'y a que talent qui soit admis aux deux rimes; voir les
vers 1537 talant : devant \ 7731 talent : etisement. Les autres
exceptions fréquentes à la séparation de an + cons. et en +
cons., que cite M. Suchier (Reimpredigt p. 69 suiv.), ne se
trouvent pas dans l'Enéas.
femme ne rime qu'à règne, jamais en -ame.
E. Le manuscrit A a au vers 1639 la rime de (deum) :
esguaré, où les autres manuscrits ont comandè : esgnaré. Cette
rime est probablement authentique, parce que A est très an-
cien, et qu'il n'y a pas de raison pour changer une rime fré-
quente en une rime plus rare.
LA LANGUE XV
ère (eram) se trouve à la rime avec e provenant de a libre
tonique. La forme analogique iere n'est pas attestée par les
rimes.
A côté de empire se trouve la forme empere, au vers 2942,
Il ne se trouve pas un seul exemple du mélange de e fermé
entravé avec e ouvert entravé (au vers 3043 mes (missus) : oes
(opus) ne rentre pas dans cette catégorie). Dans le Roman de
Troie et dans la Chronique ce mélange se trouve exception-
nellement. Il est évident que l'on trouve souvent des rimes
comme bêle : vaissele (453): d'après M. Bohmer nous avons ici
affaire au suffixe -ellum (V. Stock. Die Phonetik des „Roman
de Troie" und der „ Chronique des Ducs de Normandie".
Roman. Stud. III (1878) p. 449 et surtout Cohn , Suffixwand-
lungen p. 42 ss.).
e ne devient pas ea devant /, comme dans Marie de France
(Warnke, Die Lais der Marie de France p. XXXI).
I. A côté des formes régulières {foleie : veie (viam) 1577 ;
otrei : tei 4741), on rencontre au vers 3839 aiiënt : ociënt et au
vers 5287 coniraliënt : diënt. Donc comme chez Benoît et
chez Chrétien (Cligés, éd. Forster LVI ; Settegast, Benoit de Ste
More p. 16).
Le suffixe -Uinm donne la forme -ise, ainsi au vers 1269
sacrifise : aprise. On sait d'ailleurs que service est une forme
postérieure (Cligés LVII),
0. La diphtongaison de ô libre tonique est attestée par
les rimes suivantes : 5093 cuens : Volcens ; 3949 cuens : Sabiëns ;
8789 muert : requiert ; 9431 requièrent : muèrent (nous gardons
la leçon de G. A lit descovrent : muèrent ; D requièrent : fiè-
rent, EF changent un peu et lisent s' entre fièrent : requièrent).
Cp. Brut 9746 la même rime. Ces rimes prouvent que la diph-
tongue était ascendante.
On trouve les exceptions connues: fors (: cors 935), vole
(volât) {: parole 1543), hom (: non 3675), bon {peisson 4507).
Demore rime en o (: sore 9217). _^
Faut-il accepter pour notre texte la diphtongaison de o
devant l mouillée? M. Suchier (Reimpredigt XVI) a observé
qu'en normand dans les graphies (les mots rimant toujours
entre eux il n'y a que les manuscrits que l'on puisse consulter)
0 reste généralment intact dans ce cas. Je crois devoir laisser
XVI INTRODUCTION
également Vo intact. Ce n'est qu'au vers 6551 que j'ai intro-
duit la forme avec ue, pour indiquer la différence du parfait
et du présent.
Mot à 0 (1809: m'ot (me audit). Remarquez que dans le
Roman de Troie mot a ô (V. Stock 454, Settegast 16), à une
exception près.
Escole a o (8211: foie).
Les noms propres en -or ont o (4269 or (aurum): Hector
(Settegast p. 17).
Les imparfaits en -of ne riment qu'entre eux et aux par-
faits ot, pot, sot. Dans Wace la forme -out est attestée par
la rime Herout : out (V. le vers 4649 dans l'édition de M. An-
dresen, et cp. T. II p. 529).
0 fermé libre tonique rime avec o tonique entravé, p. e.
nevoz : toz au vers 2925.
Corl (: tort 4205), estros (: espos 1303) ont o.
Diphtongues. AI. Les rimes qui présentent le mélange
de ai avec f sont rares; on ne saurait donc affirmer que la
monophtongaison de ai existait déjà dans toute son étendue
à l'époque de notre Roman.
1. ai + trois consonnes ; par exemple maislre : estre (au
vs. 2203); maistre : senestre (77). Il y deux cas de mélange
contre environ 25 rimes, où ai n'est lié qu'avec lui-même de-
vant trois consonnes.
2. ai -\- deux consonnes, laisse : presse 2463 ; laist : for est
283; lerme : terme 8319.
3. ai-\-cons. -aire ne rime qu'avec lui-même, -ais; deux
cas de mélange sur environ 40, enprés : fais 2965; après:
mais 2397.
4. -ai final, -aie ne rime qu'avec lui-même.
5. ai devant nasale, ei devant nasale et e devant nasale
riment ensemble:
a) devant nasale simple : peine : semaine 1433 ; cp. peine :
rené {règne) 2523.
b) devant n mouillé plaigne {plangat) : règne 1427.
On sait que Wace ne confond pas encore. Le Roman se
place entre lui et Chrétien; tandis que (Cligés LIX) la rime
de ai -\- trois cons. en ç est la règle chez Chrétien, nous n'en
LA LANGUE XVII
avons trouvé dans le Roman d'Enéas que peu d'exemples.
L'étape où l'Énéas se trouve, quant à ce son, est donc la même
que celle de Philippe de Thaon (Mail p. 59).
Au vers 20C se ti'ouve à la rime la forme certan.
lE. La diphtliongue ie ne rime jamais avec e.
Le suffixe -ianum se montre sous différentes formes; d'abord
ien (1495 Troïen : bien), puis en (9487 Trdiens : rens), enfin -an
1699 Troïan : oan ; 2131 Tiriane : chnne). Dans le Roman de
Troie et dans la Chronique Troiamim rime en uen, ain, ein.
La terminaison iee ne se réduit pas à ie.
EL Je n'ai pas remarqué de mélange, à la rime, de ei
et oi. Au vers 7091, il est vrai, A a moneie : bloie, mais les
autres ont la bonne leçon Troie : bloie. C'est à tort que, dans
le Roman de Troie, M. Settegast a vu un exemple de confusion
entre ces deux sons dans la rime besoigne : poigne (prov. ponhà)
au vers 6219.
Le suffixe -itia se montre sous deux formes: -eise (3965
richeise : corteise) et ece (7083 proece : blece).
EU provient:
1. de uo dans deus (5415: eus, illos) et de ol dans sens
{solus) (: deus 7839). Dans les poèmes de Benoît également
(V. Settegast p. 26).
2. de 0 + w dans les mots connus feu, leu, jeu, Greus,
sarqueu. Feu (focus) ne se trouve pas à la rime.
OL paucum donne pot: 6317 ol (habni) : poi\ la même
rime au vers 10047.
A côté de la forme bois (6055 chois : bois\ on trouve bos
(2163 repos : bos).
UL 0+/ donne ui, par exemple 4707 enui : sui.
Consonnes.
Liquides. Est-ce que, pour l'Énéas, nous devons accepter
la vocalisation complète de /? Bienqu'il y en ait quelques
exemples, je ne crois pourtant pas qu'elle se fut delà accom-
plie tout- à -fait, car les exemples que nous en trouvons sont
rares. Les voici:
a-\-l-\-s. 3139 esmaus : Menelaus; 3293 maus : Menelaus.
e-\-l-\-s. 2637 deus : infernem\ 7839 seus {solus) : deus;
9443 deus : teus et puis aux vers 1797. 4371. 4503. 5415. 6855.
Bibliotheca Normannica IV. h
XVIII INTRODUCTION
Le changement de / en r est attesté par la rime Itaire :
contraire 114:1.
La forme veille (voile) avec / mouillée n'est pas prouvée
pour l'Énéas.
Entre w et r un <? est intercalé : 2121 tendre : deffendre.
r devant consonne est muet au vers 83 rivages : barges; r
après consonne au vers 4511 diaspre : jaspe.
n après r était déjà tombé à l'époque de notre auteur:
jor : amor^ rime très fréquente.
règne rime avec:
1. femme 3, 379 etc.
2. n mouillé 1427 (: plaigne (plangat)).
3. eine 2523 {'.peine).
Mélange de n simple avec n mouillé se trouve dans l'Énéas
comme chez Benoît : 4523 enseigne : demeine ; 6983 plaigne : com-
paigne.
Après 0, à la fin d'un mot *, la prononciation de m n'est
pas distincte de celle de «: 6109 limon : som {summum).
Après ai la confusion de w et m n'est pas attestée par les
rimes. V. pour -ain les vers 1393. 2829. 3547. 3691. 3821. 5371.
6887. 6897 et 7041; pour -aim les vers 2749. 7749. 8097. 9947.
Labiales. La rime aheivre : desseivre (2915) atteste la
conservation de la labiale dans hibere ; la rime descrire : dire
(7891) montre qu'ici elle est tombée.
Dentales. La dentale finale de la 3. sg. parf. en -it et
en -ai était tombée: 4883 issiihoni; 9779 tendi : merci] 7459
trïbola : sozleva.
fut et fu se trouvent tous les deux à la rime. 4351 jut :
fut ; 785 fu : receU.
Comme dans la Chronique, on trouve dans le Roman
d'Enéas le fém. laie au lieu de laide p. e. 2581 laie : fraie
(Cp. Stock: Phonetik der Chronique p. 478).
Les 3e pers. en e{t), lat -at, ont gardé à plusieurs endroits
la trace du t, en tant que Ve ne s'élide pas devant une voyelle
suivante. Seulement, à côté de ces cas de non-élision se
trouvent plusieurs vers qui montrent l'élision.
Exemples de la non-élision: 231. 1063. 1223. 1230. 1231.
1249. 1509. 1732. 1910. 1958. 1968. 2081. 2123. 2426. 2470.
2779. 4402. 6791. 7982. 8494. 9178. 9679. 9740. 9895. 10019.
LA LANGUE XIX
Exemples de l'élision: 685. 1403. 1879. 2233. 2252. 4956.
8073. 8612. 9485. 9682.
Remarquons la forme cuier à côté de cuidier, attestée par
les rimes: 5705. 6159. 7803.
s. z sont rigoureusement séparés à la rime. — On trouve
une double forme pour ahaw. 3187 [ahanz : «wz); 2619 {chans
ahans). Ou bien est-ee que an a une double forme, de sorte
que, au vers 3187, il faut écrire ahans: ansl Jor a s: 3537
{ramors : jors)', 1199 (dolors : j'ors).
Il est malaisé de se prononcer sur la question si s est
déjà devenue muette devant consonnes. Il n'y a qu'une seule
rime d'où ce fait semble ressortir: 485 cocadrille : ille^ pour s
devant liquides. S devant muette semble encore avoir été pro-
noncée par le poète; du moins, à la rime, ou ne trouve pas
de mélange de -it, isl et de -ut, us t.
Au vers 8129 se trouve la rime sache : menace, et au
vers 8487 sache : place.
2. Flexion.
Substantif. Nous acceptons la division de M. Suchier, dans
le jGrundriss der romanischen Philologie" I 62I.
Masculins. 1. Les mots qui ont la même forme au cas
sujet qu'au cas régime. Exemple père. Ces mots n'ont pas
encore pris s au Nominatif. M. Suchier relève dans l'Essai de
Pey (p. 52): „Si sui ses frères et il miens'-'- (c'est le vers 8945).
Cependant, c'est là la leçon de G, mais A fournit la bonne
leçon: ,,5/ sui ses frère et il est miens'-''. Les rimes père : ère,
ancestre : eslre sont très nombreuses.
2. Les masculins et neutres dont le nominatif se distingue
du cas régime par s. Il n'y a que peu à remarquer sur ces
mots, sinon que souvent l'accusatif remplace le nominatif, par
exemple 238. 244. 709. 1274. 1296. 1508. 1569. 1616. 1753.
2112. 2160. 2324. 2641. 2720. 2877. 3866. 6009. 8051. 9979.
Fil est la forme du cas régime singulier (non pas fiz,
comme dans le Rou (Andresen IL 556) et dans le Roman de
Troie (Settegast p. 46)); elle est attestée par le vers 57, /il : essil.
Les Infinitifs employés substantivement ont 5, par exemple
au vs. 2299 legiers : repairiers.
Les Neutres latins ont s ; ainsi au vs. 2515 enfers : convers.
b*
XX INTRODUCTION
Au vers 890 le neutre pluriel latin paria, paire a gardé
sa forme correcte.
3. Les mots masculins à deux formes ont gardé leur dé-
clinaison intacte. Le Roman d'Énéas est plus régulier sous
ce rapport que les poèmes de Benoît.
Féminins. 1. Les féminins de la première déclinaison
latine n'ont naturellement pas subi de changement.
2. Les féminins qui proviennent de la 2e et de la 5e décli-
naison latine, et se ne terminent pas en e, montrent la même
hésitation entre une étape antérieure et un développement plus
avancé de la langue que nous avons remarquée pour l'hiatus
après -e{t).
En face des vers 2759. 2961. 4503, 5107. 5922. 6926. 7916.
10135 où la forme postérieure avec s au nomin. est assurée,
il y a les suivants où le nominatif n'a pas encore de s: 906.
1202. 1419. 1764. 1990. 2475. 2578. 2611. 2650. 3210. 3995.
4006. 4341. 4773. 6796. 8510. 8596. 9060. 9697. 9242.
3. suer, seror. Il n'y a, dans notre poème, pas de fautes
contre le développement régulier. Voyez par exemple aux
vers 1273. 1326.
Adjectifs. Voici les formes féminines analogiques que
j'ai remarquées: 88 dolce\ 634 comune(J)\ 24^4:1 grandes', 3965 cor-
teise; 8707 dolente; 2574. 4413 teles^). La dernière forme avait
été déjà remarquée par M. Suchier dans l'Essai de Pey: les deux
autres exemples de tele qui y sont cités, doivent être écartés;
la première fois M. Pey a lu tele au lieu de tote que donne le
ms. G (d'après lequel il cite) au vers 8615: ,,que mis i a tote
s' entente'''. L'autre passage se trouve au vers 9236. GDH lisent:
„re/e garde a en celé ^or"; A ,,Tel gardant a en celé tof*''y~^
„Il a tel garde en celé tor'-'", E „Ja tel gart a en celé tor'"''. On
voit donc qu'ici on n'est pas obligé d'admettre la forme tele.
A un autre endroit encore G, seul de tous les manuscrits,
présente la forme tele. C'est au vers 7526 où C lit: „iVe cuit
que al mont tele seif, tandis HIE lisent: „Ne croi que tel al
siècle seii'^ (Il est vrai qu'ils écrivent tele, mais la voyelle qui
suit fait supposer que dans leur original il y avait tel); dans
A on trouve: .N^ot si beie en cest siècle a dreit".
') îci on peut corriger teles en itels.
LA LANGUE XXI
Le neutre (sans *■) s'est conservé dans les participes et
adjectifs, qui fonctionnent comme prédicat de pron. neutres ou
de phrases entières: 8586.
Pronom. Après les prépositions le pronom personnel se
place sous sa forme accentuée: 1053. 7727.
Le pronom personnel féminin est le plus souvent el\ aussi
ele. Exemples de el aux vers 3314. 7142; exemples de ele
2018. 2022.
Verbe. Personnes, le personne pluriel indicatif et
subjonctif: il n'y a que les formes en -on à la rime. Dans
le Roman de Tbèbes également. Chez Benoît ons, on. Au
vers 6693 seul se trouve une le personne en -ornes.
La le personne singulier de l'indicatif et du subjonctif n'a
ni s ni e non-étymologiques.
La 2e p. pers. fut. et subj. en eh. Un seul exemple à
la rime: 6617. La famille y change ici.
Les 3e pers. pi. de l'imparfait subjonctif, accentuées sur
la terminaison, que M. Settegast a observées chez Benoît, ne se
trouvent pas dans l'Énéas. Il n'y a que HI qui, au vers 5347,
ont la rime peiissent ; veraiemenl, mais la classification s'oppose
à introduire cette leçon dans noti*e texte.
Vait est la seule forme à la rime, jamais va. Chez Chré-
tien au contraire va (Cligés LXXV).
La 3e personne de l'imparfait de être est ei'e (2160. 3928)
ou ert (18. 2814. 3926).
Temps. Présent. Le présent du subjonctif de prendre
a la terminaison -ge aux vers 3496. 6669 {prenne).
Imparfait. Les imparfaits en -ot sont attestés par les
rimes de l'imparfait de la le conjugaison avec des parfaits
comme sot etc., et par le fait que les imparfaits de la le con-
jugaison ne sont pas en rime avec des imparfaits d'autres con-
jugaisons.
Impératif Au lieu de l'impératif (avec la négation) on
emploie quelquefois l'infinitif, par exemple 8680.
B. Hiatus et Élision.
Les règles connues de l'élision (voyez Alexis p. 131) sont
observées dans le Roman. La voyelle de wa, /a, sa., we, te.,
XXII INTRODUCTION
se, le, ne (= lat. no7i) s'élide devant les voyelles. La chute
est facultative dans se (lat. si), ne (lat. nec), que, li (l'article du
masc. sing.), par exemple: 4949. 5423.
La voyelle de ço, j'o peut s'élider, mais ne le fait qu'ex-
ceptionnellement; dans ço seulement devant est. Comparez les
vers 1282 et 1759 et les vers 636 et 1739.
L'hiatus se trouve à quelques endroits où il semble bien
qu'il provient de l'original. Ainsi 180. 2484. 2797. 7617.
Aussi je n'ai pas, pour cela, considéré les vers comme fautifs.
Il y a enclise de le, les (article) après de, a, en (préposi-
tion), de le, les (pron.), après ne, si, ki, ge (v. le Glossaire) et
après un infinitif au vers 1852 {fairel = faire le), de en {ijide)
après si (8529).
4. Le Mètre.
-ion et -iër (le et 2e p. pi. Imp. Ind.- et Cond.) sont bisyl-
labiques, de même que la terminaison iën. V. par exemple
anciens 3529. 11 n'y a qu'une exception au vers 2157: cil
ert de la Troiëne geste. Neient est également bisyllabique
partout.
Dans les noms propres eus et lus sont comptés tantôt
pour une, tantôt pour deux syllabes:
2525 Enprès i vint danz ThesëUs
2670 Polinices et Tideils
2671 Fpomedon Partheyiopeus,
Amphlaraus et Capaneus.
2940 Et Silvius a nom avra
2947 Silvius Eneas ait a non.
5. Conclusion.
Ces données permettent de voir dans le Roman d'Enéas
un poème normand (les imparfaits de la le conjugaison en ot
le prouvent). Le changement de o -\- i en ui (au vers 4707)
atteste que le poème n'appartient pas au groupe d'Estienue de
Fougères c. s., qui développent cette combinaison d'une autre
manière.
Comparons l'étape de la langue que représente notre poème
à celle où se trouvent les Lais de Marie de France. Un seul
LA LANGUE XXIII
regard sur les conclusions auxquelles ses recherches ont porté
M. Warnke, suffit pour établir l'identité de leur dialecte; en
effet, ils s'accordent sur tous les points cardinaux et même en
quelques détails (ainsi, par exemple, dans la forme Jors, avec s).
Seulement il me semble que l'Enéas lui est antérieur; d'abord,
bien qu'il hésite dans la conservation de l'hiatus après -e(/), il
en donne plus d'exemples, relativement, que les Lais; mais sur-
tout parce que la forme des féminins de la 2e déclinaison est
encore fréquemment sans s (fait qui ne se produit plus dans
les Lais), il faut qu'il ait été composé avant les Lais. Il est
vrai que, en revanche, le Roman d'Enéas donne plus d'exemples
de la vocalisation de /; mais cette différence peut n'être
que fortuite. D'ailleurs, je puis être plus affirmatif sur ce
point.
Il y a entre les Lais et l'Enéas une telle ressemblance
de formes et de style qu'on ne saurait nier qu'ils se soient
connus. Pour le style et le caractère littéraire en général,
cette ressemblance est difficile à prouver; on ne la sent, qu'eu
les lisant l'un après l'autre. Quant à la ressemblance de dé-
tails, qu'on veuille bien parcourir la concordance suivante:
En. 4076: Guigemar 172:
. . . furent de l'oevre Saleraon, . . . furent a l'uevre Salemun
a or taillié de blanc ivoire, taillié a or, tut a triffoire,
l'entaille en ert tote trifoire. de ciprés e de blanc ivoire.
En. t)85: Guigemar 538:
Fortune tome en molt poi d'ore . . . Mes Fortune, qui nés oblie,
si corn el tome sa roele; sa roe tumii, en poi d'ure,
cui el met a l'un jor desus, l'un met desuz, l'altre desore.
a l'altre le retome jus.
En. 7321: Lanval 87:
Une aigle d'or ot en som mis. Un aigle d'or ot desus mis.
En. dblb: Guigemar 85:
son arc porta uns suens vaslez sun arc li porte uns valiez,
et uns altrc son berserez. sun hansac et sun berserez.
En. 855: Guigemar 312:
Mais quant vos plaist que ge le die. Mes si vus plest que ieo vus die.
En. 8427: Guigemar 660:
le jor ai mal et la nuit pis. Le jur a mal e la nuit pis.
En. 1760: Les Dous Amanz 43:
ki ont sorti et destiné. sorti esteit et destiné.
En. 249: Guigemar 156:
ronpent chevilles et clostures. N'i out cheville ne closture.
XXIV INTRODUCTION
Ed. 337: Guigeinar 687:
sofrant travail et mal et peine. Asez suefre travail e peine.
Eu. 8374: Equitan 162:
. . . noveliere fusse d'amors. qu'el ne seit mie noveliere.
En. 2870: Equitan 213:
por lui estreindre et acoler. baisier, estreindre e acoler.
En. 4513: Fraisne 129:
jagonce, De fin or i aveit une unee
. . en or asis, chascuns d'une once. jagunce.
En. 4357: Bisclavret 23:
amot sa femme e ele lui. H amot li e ele lui.
En. 3529: Eliduc 93:
. . . mais vielz et anciens esteit. vielz huem e anciens esteit.
En. 7759: Eliduc 592:
li quels que seit, morir estuet, ... un de nus estuvra mûrir
o anbesdeus, se estre puet. u ambedous, estre ceo puet.
Qu'ils se soient connus, voilà qui me semble résulter de ce
qui précède. Il s'agit à présent de savoir si Marie a consulté
l'Énéas, ou bien notre traducteur les Lais. Or, il y a deux
faits qui rendent vraisemblable, sinon certaine, la première
de ces deux hypothèses. Dans le Prologue Marie dit (au
vers 28) :
Pur ceo començai a penser
d'alkune bone estoire faire
e de Latin en Romanz traire;
mais ne me fust guaires de pris:
itant s'en sunt altre entremis.
Puis (au vers 584 de Lanval):
Tant granz bealtez ne fu veiie
en Venus, qui esteit reïne,
ne en Dido ne en Lavine.
Cette seconde citation, à mon avis, rend très probable que,
dans les vers du prologue, Marie a fait allusion à la ti-aduc-
tion de l'Enéide. Ainsi nous avons, en faveur de l'antériorité
de l'Énéas, une preuve linguistique et une preuve littéraire.
Nous pouvons donc placer l'Enéas environ 1150.
Déjà M. Suchier avait énoncé des doutes (v. Reimpredigt
p. XXXIII) sur la part qui, dans la composition de l'Enéas,
revient à Benoît de Ste More, l'auteur du Roman de Troie et de
la Chronique de Normandie; jusqu'alors on l'avait généralement
considéré comme le poète de l'Énéas. Ici encore il faut exa-
miner la question au point de vue de la langue et à celui de
la littérature.
LA LANGUE XXV
Il est vrai qu'une conclusion tirée de la comparaison avec
le Koman de Troie, dont nous n'avons pas d'édition critique,
n'est pas assurée; pourtant, il y a un trait lequel, d'après
M. Paul Meyer dans un essai de classification des manuscrits
du Roman de Troie (Romania 18 p. 71), est, sans aucun doute,
propre à l'original. C'est la forme us pour vos. Cette forme
ne se trouve pas dans notre Roman.
Et remarquez comment, parmi les traits qu'ont en commun
le Roman de Troie et la Chronique des Ducs de Normandie,
en opposition à d'autre poèmes, il n'y a que peu qui se retrou-
vent chez noti'e poète. Mot qui rime, contrairement à l'habi-
tude, en 0 dans ces deux poèmes, se trouve dans le Roman
d'Enéas en rime avec o; Troien n'y rime pas en «m; la troi-
sième pers. pi. de l'Imparfait du Subjonctif avec l'accent sur la
terminaison manque chez notre poète.
Dans tous les cas il est antérieur à ces deux poèmes. Les
rimes de ui : / qui se trouvent dans le Roman de Troie comme
dans la Chronique font défaut à notre poème; la combinaison
ai : ei ne se trouve, chez notre poète, que devant nasale, dans
les deux poèmes aussi devant les autres consonnes; le mélange
de 5, z ne se trouve pas dans l'Enéas, mais bien dans le Roman
de Troie et la Chronique.
Voyons le côté littéraire du problème. — Ce qui a porté
MM. Paris, Comparetti et autres à attribuer l'Enéas à Benoît,
c'est surtout la circonstance que, dans notre poème, il n'y a
pas de préambule du tout; contrairement à l'habitude des poètes
du moyen âge qui aiment à débuter par la citation de leurs
sources et de leurs noms, accompagnés le plus souvent de
l'énumération de leurs œuvres antérieures, notre traducteur
commence par le récit très succinct du siège de Troie. Puis, il
y avait les changements du début même du poème; pourquoi
notre poète aurait-il déplacé des détails du Livre II de l'Enéide
aux premiers vers de son poème, sinon pour faire une transi-
tion du Roman de Troie au Roman d'Enéas? Ce furent là
déjà- les arguments de Paulin Paris (Bibl. du Roi I. p. 72) et,
quand on pense aux nombreuses concordances d'arrangement
dans les deux poèmes, on ne saurait nier que l'opinion d'après
laquelle le Roman d'Enéas est une œuvre postérieure de Benoît
de Ste More soit bien appuyée. Enfin, il y a, entre les deux
XXVI INTRODUCTION
poèmes, de nombreuses concordances d'arraugement. N'oublions
cependant pas que même une complète concordance de langue
et d'arrangement ne prouverait pas absolument l'identité des
deux poètes; on pourrait aussi bien avoir affaire à un imitateur;
il n'y a qu'une seule circonstance qui alors pourrait motiver
une affirmation décisive, c'est la mention du nom de Benoît
au début du poème, et ce fait ne se présente pas: nous avons
vu que tous les manuscrits sont d'accord pour garder l'anonyme
de l'auteur. Aussi je crains que jamais on ne puisse affirmer
à ce sujet plus que ne le fait M. ten Brink qui en parle avec
le jugement qu'on lui-connaît dans son Histoire de la littérature
anglaise ').
M. Joly, dans l'introduction à son édition du Roman de
Troie (p. 93), considère le Roman d'Énéas comme antérieur à
l'œuvre de Benoît; son argument cependant ne nous parait pas
probant. Il cite le v. 28127:
Et Eneas s'en fu râlez,
Issi con vos oï avez,
Par mainte mer o sa navie.
Tant qu'il remest en Lombardie.
Mais il est très peu vraisemblable (en admettant que ces
vers sont authentiques, ce que je n'ai pas eu l'occasion de vé-
rifier) que Benoît ait renvoyé si laconiquement, et une seule
fois dans tout le poème, à une œuvre aussi importante que la
traduction de l'Enéide. Il me paraît plus probable que le
poète n'a voulu que renvoyer au vers 27129, où il raconte
qu'on exila Énée, qui partit avec les vingt-deux barques dans
lesquelles Paris était allé en Grèce. Il est vrai qu'à cet endroit
la Lombardie n'est pas mentionnée, mais ceci ne constitue pas
une objection sérieuse.
Parlons des points de ressemblance des deux poèmes. Je
crois qu'il n'est pas superflu de faire remarquer d'abord com-
^) Ten Brink, Englische Literatur p. 208: ^Unter den — schon ihreui
Kern uach der Dichtiing angehorigen — Sagen des klassischen AlterUuims
lag die Aeneassage bei Vergil, die thebanische bei Statius vor, beide dern
Mittelalter gelaufige und geliebte Dichter. Vergils Aeneide fand schon
ziemlich friih — ich vermuthe in den sechziger Jahren des XII. Jhd. —
einen Nachdichter, der mit grossem Talent begabt, leider seinem klassi-
schen Autor zu selbststlindig gegenUber steht.
LA LANGUE XXVII
ment un certain nombre de situations analogues dans les tra-
ductions s'expliquent par la ressemblance de leurs originaux.
Prenons un détail: l'énumération pédantesque des différents
chefs d'armée. Dans le Roman de Troie comme dans le Roman
d'Énéas l'auteur aime à donner des listes de noms et de dé-
tails biographiques (comparez par exemple la liste des capi-
taines de Turnus au dénombrement des navires et de leurs com-
mandants dans le Roman de Troie (v. 5569)), et cette particularité
pourrait être considérée comme un point d'accord entre les
deux poètes français. Cependant il n'en est rien; ces énumé-
rations se trouvent déjà dans leurs originaux. Imitations faites
par Virgile et par Darès de la liste des vaisseaux dans le
second livre de l'Iliade, elles ne constituent pas un terme de
comparaison entre le Roman de Troie et le Roman d'Énéas.
Voici un point capital: de même que le traducteur du
Roman de Troie a ajouté de son crû l'épisode amoureux
de Troïlus et de Briseida, de même notre Roman est enrichi
d'une description détaillée des scènes d'amour de Lavinie et
d'Énée.
Penthésilée, la reine des Amazones, ressemble en tous
points à Camille. Comme elle, Camille est exposée aux in-
jures d'un agresseur, auxquelles elle répond, également comme
Penthésilée, en tuant l'insulteur.
Quand Enée ou Camille font leur entrée dans la ville, les
dames se mettent aux fenêtres; Benoît n'oublie jamais ce détail
(V. par exemple 10527). Les descriptions de tombeaux mer-
veilleux qu'on trouve dans le Roman d'Énéas ressemblent tout
à fait a celles du Roman de Troie.
Comparez encore Troie 10535 à Énéas 917:
Troie: Enéas:
Li mis la mostre à l'autre au dei, Li tins mostrot a Valtre al dei:
as dciz mostrent: vez la Paris, la fu li pavillons le rei,
la rest Hector, co m'est avis, la fu la herberge Achillés,
et rest de ça Polidamas. la sist Aiaus, la Ulixés,
ça erent li tomei tenu . . .
Dans le Roman de Troie il est dit de Médée, qu'elle
les eues feseit cwre artère (Vs. 1215).
Dans notre Roman nous lisons au vers 1918 que la sor-
cière savait faire
. . . l'eue ariere r et orner.
XXVIII INTRODUCTION
Dans l'Enéide ce vers se trouve (IV 489) sislere aquam
fluviis ; la traduction est un peu libre, mais pourtant il est cer-
tain que ce n'est pas notre traducteur qui, de son crû, a ajouté
le détail; c'est le cas au contraire de Benoît, et l'on pourrait
se demander si c'est là un emprunt de Benoît à notre Roman;
on aurait alors une preuve de plus en faveur de l'antériorité
du Eoman d'Énéas.
M. Dnnger i) voit dans le vers de Benoît une traduction
du vers d'Ovide (Met. VIL 199) où Médée dit d'elle-même:
^cum volui ripis mirantibus amnes
In fontes rediere suos^
Si cette supposition était la vraie, on y aurait un argu-
ment contre l'antériorité de notre Koman; car alors la traduc-
tion peu exacte du vers de Virgile par notre poète pourrait
trouver son explication dans un souvenir qu'il avait du vers
de Benoît.
A côté de ces ressemblances d'arrangement on remarque
entre les poèmes des rapports fréquents de style; il y a des
formules typiques dont notre traducteur fait un abus aussi
grand que l'auteur du Eoman de Troie et de la Chronique.
M. Settegast en a réuni un certain nombre à la page 66 suiv.
de son travail sur Benoît et beaucoup des expressions qu'il
cite des poèmes de Benoît se trouvent également dans le
Roman d'Enéas (Ainsi les tautologies: cesser fèner 1392; braire
crier plorer 2081; travail mal peine 337; targier demorer 9957;
plorer giendre braire crier 8079).
Enfin il y a des emprunts évidents entre les deux. Au
vers 6467 notre poète décrit comment, dans les narines du ca-
davre de Pallas, on introduit deux tuyaux, que, par les deux
bouts opposés, on place dans deux tubes pleins de baume; ainsi
les mauvaises odeurs, au lieu de se répandre, rentrent dans le
cadavre par les narines mêmes dont elles sortent; un appareil
analogue est installé dans le tombeau d'Hector (Troie 16723 suiv.).
Dans le tombeau de Camille, comme dans celui de Pallas, il
y a une lampe qui brûle perpétuellement; cette lampe se re-
trouve dans le tombeau d'Hector:
16755. Teus est li feus ja n'es teindra.
^) „Die Sage vom Trojanischeu Kriege in den Bearbeitungen dos
Mittelalters und ihren antiken Quellen" Leipzig 1869.
LA LANGUE XXIX
Égalemont, on y trouve aussi une statue d'archer qui tient
un arc tendu à la main, et qui, au moindre souffle d'air qui
entrera dans la tombe, tirera la flèche; un archer identique est
placé dans la Chambre de Beauté à Troie ^).
On ne saurait donc nier que l'un des deux ait connu le
travail de son prédécesseur, et, à mon avis, c'est l'auteur
d'Enéas qui a servi d'exemple à Benoît.
Avant de terminer cette briève comparaison de l'Énéas et
du Koman de Troie, relevons une circonstance qui, sans être
absolument probante, rend, du moins, invraisemblable que les
deux poèmes soient du même auteur. Dans l'Enéas comme
dans le Roman de Troie, on raconte en détail le jugement de
Paris, mais d'une façon différente. Si les deux traductions
étaient de la même main, on ne s'expliquerait pas pourquoi,
dans le Roman de Troie, l'auteur revient sur un récit qui se
trouvait déjà dans l'Enéas. Et quand même on admettrait cette
répétition, on se demanderait pourquoi, la seconde fois, il a
traité le sujet d'une façon différente.
*) 11 est curieux qu'une lampe qui brûle toujours et un archer ar-
rangé comme celui des tombeaux, soient mentionnés parmi les miracles que,
d'après les légendes populaires, Virgile a faits à Naples (V. Comparetti
„Virgilio nel medio evo* T. II passim et Francisque Michel: ,Quae vices
quaeque mutationes et Virgilium ipsum et eius carmina per mediam aeta-
tem exceperiut" Paris IS46). Pourrait- on supposer que, par une singulière
combinaison d'idées, le poète du Roman d'Enéas, ait voulu mettre en rap-
port Virgile et son œuvre? Parmi les merveilles de Carthage, que nomme
notre poète, il parle au vers 537 du Capitole où, quelque bas qu'on y
parlât, on était entendu partout ; ce même trait est raconté du palais que
construit dans la légende le poète latin. La concordance me paraît cu-
rieuse. Si l'on osait en tirer des conclusions, on pourrait y voir une preuve
de l'antériorité du Roman d'Enéas; ici l'intercalatiou serait quelque peu
expliquable par le rapport entre le poème et Virgile; ce rapport fait dé-
faut pour le Roman de Troie.
XXX INTRODUCTION
Chapitre III.
Les Sources.
1.
Le Roman d'Enéas est le premier poème français imité
directement de l'Enéide. On sait qu'il n'est pas le dernier, et
que, du moyen-âge à la Renaissance et de la Renaissance aux
temps modernes, tous les poètes français qui ont abordé l'épo-
pée, ont vu dans le poème de Virgile le chef-d'œuvre du genre.
Il y aurait de l'intérêt à établir une comparaison entre ces
différentes imitations et à suivre l'évolution des idées littéraires
marquée par l'attitude que les poètes d'époques différentes ont
prise vis à vis de leur modèle. Mais une étude de cette na-
ture, pour attrayante qu'elle soit, nous entraînerait trop loin au
delà des limites que me trace le caractère spécial de mon
travail.
Parlons du Roman d'Enéas. Ce qui caractérise cette tra-
duction, c'est la façon dont le traducteur considère l'Enéide. Pour
lui l'histoire d'Énée était surtout remarquable par les aventures
merveilleuses dont celui-ci fut le héros et par les grands ex-
ploits qui rendirent le Troyen maître de l'Italie; il ne voit pas
l'idée religieuse de la glorification de Rome et d'Auguste qui
domine l'Enéide; encore moins remarque-t-il la gravité sculp-
turale et la tranquillité élevée qui constituent pour nous l'émi-
nence de l'œuvre classique. Il ne prend de l'Enéide que la
[ trame et la marche du récit; sous ses mains le poème antique
( s'est transformé en un roman d'aventures.
Et voilà qui rehausse l'intérêt littéraire du Roman d'Enéas;
dans ce Virgile, travesti de bonne foi, s'accuse cette façon ori-
ginale et indépendante de s'approprier les monuments littéraires
d'une autre époque, qui montre la force vitale d'une civilisation
se suffisant à elle-même. Ou plutôt, il n'y a pas de traves-
tissement du tout. C'est avec la même naïveté et la même
spontanéité que les événements d'époques antérieures ont été
conçus par les peintres de l'École florentine: ni les Botticelli
ni les Lippi n'ont hésité à donner aux guerriers romains le
LES SOURCES XXXI
costnme des soldats florentins; ils n'éprouvaient pas le besoin
de couleur locale et de fidélité historique que sentent toujours
le plus fort les peuples qui doutent de leurs propres forces
créatrices dans .l'art
11 en est de même du Roman d'Énéas, qui est plutôt une
adaptation qu'une traduction ').
Ce qui donne au Roman d'Énéas un intérêt littéraire plus
grand que celui du Roman de Troie, c'est la circonstance qu'il
a été traduit sur un chef d'œuvre classique, tandis que l'épopée
grecque n'était connue de Benoît de Ste More qu'à travers une
imitation dont la valeur littéraire était nulle ■^).
Écartons tout de suite la supposition d'une rédaction en
prose qui aurait pu servir d'original direct à notice traducteur,
et où, parce qu'elle était destinée aux écoliers ou pour une
autre raison quelconque, on aurait principiellement omis tout
ce qui touchait à des faits mythologiques et surnaturels. M, Con-
stans accepte ainsi une rédaction latine en prose de la Thé-
baïde de Stace, laquelle aurait l'été l'original immédiat du
Roman de Thèbes; ces traductions alors, „ semblent avoir eu pour"
but de mettre à la portée d'un plus grand nombre de lecteurs, en
les abrégeant et souvent aussi en les dénaturant, les grandes
œuvres de l'antiquité classique" 3). Ce qui pour le Roman d'Énéas
pourrait nous arrêter un moment à une supposition analogue
est le fait étrange que, même quand notre auteur rend des
discours ou des conversations qui se trouvent dans l'original,
et où il dit les mêmes choses que nous donne le latin, il les
rend en termes si différents, en omettant tel détail et en le
remplaçant par un autre, sans raison apparente^).
') ,Le raoyen-âge n'a jamais eu conscience de ce qui le distinguait
profondément de l'antiquité; il s'est toujours représenté le monde comme
ayant été de tout temps ce qu'il le voyait être" (M. Gaston Paris. La
littérature française au Moyen-âge. p. 75).
2) On sait, en effet, que le poème de Benoît de Ste More est une
traduction du journal du siège tenu par le Phrygien Darès et de mémoires
du Cretois Dictys, un des assiégants, tous les deux datant de l'époque
de la décadence.
^) M. Constans, La Légende d'Œdipe p. 277.
*) Par exemple, au vers 71G1, l'armure de Chloreus, bien que décrite
en détail dans l'Enéide, se trouve mentionnée dans le Roman en termes
et avec des détails tout à fait différents.
XXXII INTRODUCTION
Mais de cette littévature spéciale il ne nous est rien resté,
et nous aimons mieux croire à une traduction directe, si libre
qu'elle soit, qu'à l'existence d'une rédaction en prose, toujours
passablement hypothétique.
Avant d'aborder, dans la deuxième partie de ce chapitre,
la comparaison détaillée entre ces deux poèmes, tâchons de
fixer en gros traits ce qui les distingue et ce qui, du latin, a
été gardé intact par notre traducteur.
Nous avons déjà dit que la trame du récit a été rigou-
reusement observée. Comme on verra plus loin, il est possible
de faire un parallèle suivi, d'un bout à l'autre, entre l'original
et la traduction. Il n'y a que deux endroits où l'ordre des
faits ait été changé. Dans l'Enéide, au Livre VIII, l'épisode du
voyage d'Enée à Euander alterne, dans ses différentes parties,
avec le récit de la réconciliation de Vulcain et de Vénus et
de la fabrication de l'armure pour Enée. Ces deux épisodes,
dans le Roman, sont traités l'un après l'autre. Egalement, au
Livre XI, tout ce qui concerne la mort de Pallas (le cortège
funèbre, l'accueil à Pallanteum) est détaché du récit de l'aiTivée
d'Aventinus et des autres messagers auprès d'Énée. Dans ces
deux cas le traducteur a donc apporté de l'ordre dans le récit
latin, qui est un peu confus, mais aussi plus vif que ce pas-
sage du poème français. Rappelons que le traducteur a égale-
ment apporté une modification dans la marche du récit au
début du poème, oà, pour éviter le ,rapere médias in res" du
début de l'Enéide, il a pris dans le Livre II des détails du
siège de Troie, pour servir d'introduction.
Quant aux détails de description le traducteur ne se fait
pas scrupule de les déplacer, parfois de les employer dans un
autre rapport que le latin. Je trouve un exemple assez curieux
de cette dernière façon d'agir au vers 3937 de l'Énéas, où sont
décrits les chevaux de mer miraculeux qu'amène avec lui Me-
sapus; je suppose que l'idée de ce détail lui est venue du
vers VII 699 de l'Enéide, où l'armée de Mesapus est comparée
à des cygnes •). Pour le déplacement de détails citons, par
exemple, le vers 185 de l'Énéas, où le traducteur nous raconte
qu'Énée a erré pendant sept ans avant de venir à Carthage,
*) Nous reviendrons plus loin sur ces chevaux de mer.
LES SOURCES XXXIII
lequel nombre n'est relevé qu'une fois dans l'Enéide, à l'avant-
dernier vers du Livre I: ^nam te jam septima portât aeslas".
On peut dire qu'en général le récit est simplifié par le
traducteur. Le plus souvent c'est lui qui supprime des noms
(surtout dans les descriptions de batailles) et des détails; ce
n'est que par exception qu'il en ajoute de son côté. En effet,
je ne sache que le nom du Troyen Naptanabus et son combat
avec Turnus (v. 9496), qui ne se trouvent pas dans l'Enéide; et
quant aux détails qu'il invente, ils sont également ti'ès rares,
abstraction faite des additions dans le style du moyen âge,
dont nous parlerons tout à l'heure, mais qui ne portent pas
sur la marche du récit •). En revanche, les omissions sont
fréquentes: ainsi, des peintures sur les murs du temple de Car-
thage (I 456), des ornements du bouclier que fait Vulcain pour
Enée, il ne se trouve pas de traces dans le Roman, et de même
ni le nom d'Amata ni ceux de Juturna, de Sulmo, pour n'en
citer que quelques-uns, ne se trouvent dans le français.
C'est surtout l'omission des scènes mythologiques qui rétrécit
démesurément l'ampleur du poème latin. Il est évident que quel-
ques traits surnaturels devaient être gardés, comme l'apparition
d'Anchise à Enée, qui seule pouvait motiver la descente d'Énée
dans l'enfer; mais le traducteur en retranche autant que pos-
sible. En général il omet des détails qui lui paraissent ab-
surdes (ainsi les barques qui se changent en nymphes (IX 120)),
ou bien il attribue à des causes humaines ce qui, dans l'Enéide,
résulte d'une intervention immédiate des dieux. C'est ce der-
nier changement qui est le plus intéressant pour constater la
différence entre l'esprit du traducteur et les idées qui dominent
l'Enéide: ce qui pour Virgile n'était qu'un ornement, qu'une
manière de dire, choque le bon sens du poète du Xlle siècle.
Ainsi, ce n'est pas en poursuivant le fantôme d'Énée que
Turnus entre dans la barque qui l'éloignera du champ de ba-
•) Voici deux traits que le traducteur a ajoutés à son original. Quand
dans l'enfer Enée rencontre ses anciens compagnons de guerre, il est
honteux devant eux, parce qu'il s'est enfui de Troie. Il tâche de se
cacher (v. 2677).
Au vers 1046 le traducteur explique que Sinon a eu l'occasion de
s'échapper par suite d'une querelle entre deux barons, laquelle attire l'atten-
tion des assistants. Cela ne se trouve pas dans l'Enéide.
Bibliotheca Nonuannica IV. q
XXXIV INTRODUCTION
taille, mais un ^archier" tire sur lui et il veut se venger; ce
n'est pas Juturna, sous l'apparence d'un guerrier, qui incite les
Latins au combat sacrilège du Livre XII, mais ,un chevalier".
S'il est impossible d'éliminer un fait surnaturel ou de le ramener
à des proportions humaines, le traducteur l'atténue du moins.
Voyez, par exemple, comment au v. 778 Vénus donne à Ascagne
lui-même le pouvoir d'exciter à l'amour par les baisers qu'on
lui donne, tandis que, dans l'Enéide, Vénus le remplace par
Cupidon et l'attire lui-même dans le ciel. On pourrait citer
encore nombre de ces changements.
Notons une troisième façon de traiter la mythologie et le
surnaturel dans l'Enéide. La prêtresse qui devra guérir Didon
du mal d'amour devient dans le Roman une sorcière, qui sait
tous les arts et exécute les mêmes tours de force que mentionne
le latin; mais ce qui pour le poète latin n'était pas moins une
influence des dieux et ne touchait pas moins à la religion que
par exemple le secours de Vénus à son fils, se présente à
l'esprit du poète du moyen âge comme „ enchantement", c'est-
à-dire pour lui l'opposé de la religion. De là cette nature
hybride des poèmes français qui sont traduits du latin; d'un
côté les interventions de dieux, dont le traducteur n'a pas su
se débarasser tout-à-fait, de l'autre l'idée religieuse chrétienne,
se montrant par ci par là, non clairement et exprimée en mots
directs, mais dans l'acception de certains faits et de certaines
idées.
Nous arrivons au moyen par lequel le poète français sub-
vient d'un côté aux retranchements qu'il fait de l'autre. Con-
formément au goût du moyen âge il ne néglige aucune occasion
d'orner le récit de descriptions de tombeaux merveilleux et
enchantés, de costumes brillants, d'oiseaux artificiels, enfin de
tout l'appareil ornemental de son temps.
Le milieu du récit a changé; le traducteur fait des com-
pagnons d'Énée des „ barons", des , chevaliers"; les repas
sont entièrement conformes à ceux que nous racontent les
épopées du moyen âge; Énée ne prendra pas de résolution,
sans avoir dûment consulté les barons, et Latin dit expressé-
ment (V. 6622): „Siurai tôt vostre loement". Mais la dififéience
est frappante surtout dans une description de bataille. Pour
en donner une idée au lecteur je copierai ici la bataille de
LES SOURCES
XXXV
Pallas et de Tumns dans la version latine et dans la traduc-
tion française.
5717. „Andui furent el plain gravier;
l'nns vers l'altre point le destrier.
Pallas le fiert parmi l'escn,
que tôt li a frait et fendu,
et le halberc li desmailla;
près del costé li fers passa,
li cols s'en escola defors,
qu'il nel navra neient el cors.
Grant colp li redona Tumus;
il chaïrent anbedui jus.
Tumus se lieve en es le pas,
tantost refu en piez Pallas;
il ont andui lor lances fraites,
si vont avant espees traites.
Granz cols se sont entreferuz,
hasteles font de lor escuz.
Pallas le fiert en l'elme amont,
treze des pierres ki i sont
et un quartier o tôt l'esmal
en abatié jus contreval,
si qu'il en chancela trestoz;
por poi qu'il ne chaï desoz.
Tumus a le grant colp sentu,
bien sot que cil a grant vertu;
s'une altre feiz i puet geter,
n'i estovra plus demorer.
Il s'est coverz, hurter le vait;
tant reidement Pallas s'estait,
ne remua por lui plein pié;
dessoté l'a et aguaitié,
desoz l'escu li a botee
parmi le cors tote s'espee.
Pallas chaï, ki navrez fu,
gete l'espee, lait l'escu,
eschalcira et sengloti,
l'ame del cors li départi".
Tout à fait dans le style du moyen âge et non moins in-
téressante pour constater la différence entre les deux poèmes,
est la description de l'accueil fait par Euander au corps de
son fils. Non seulement ses plaintes sont plus longues que
dans l'Enéide, mais encore le poète a trouvé bon d'introduire
la personne de la mère de Pallas (qui, dans l'Enéide, est déjà
X. 474. ,At Pallas magnis emittit vi-
ribus hastam
Vaginaque cava fulgentem deripit
ensem.
Illa volans, nmeri surgunt qua
tegmina summa,
Incidit atque viam clipei molita
per oras
Tandem etiam magno strinxit de
corpore Turni.
Hic Tumus ferro praefixum robur
acuto
lu Pallanta diu librans iacit atque
ita fatur:
„Aspice, num mage sit nostrum
penetrabile telura"
Dixerat, at clipeum, totferri terga,
tôt aeris,
Quem pellis totiens obeat circum-
data tauri,
Vibranti cuspis médium trans-
verberat ictu
Loricaeque moras et pectus per-
forât ingens.
Ille rapit calidum frustra de vol-
nere telum:
Una eademque via sanguis anim-
usque sequuntur".
XXXVI INTRODUCTION
morte. XI 159) et de la faire se répandre en lamentations,
deux fois plus longues que celles de son époux.
Disons encore un mot de la partie technique de la tra-
duction. On a déjà eu l'occasion de se convaincre que les vers
traduits littéralement, doivent être extrêmement rares. Nous
avons pris soin de les citer, toutes les fois qu'il s'en présentait,
dans la comparaison en détail entre les deux poèmes qu'on va
lire. Le traducteur, tout en prenant le thème d'un discours ou
d'une conversation qu'il trouvait dans original, le développe à
sa façon. Je n'ai remarqué qu'un seul endroit où il recourt
à la même comparaison que Virgile, c'est au vers 5386, où le
poète compare Turnus à un loup qui rôde autour d'une ber-
gerie; encore le traducteur la met-il ailleurs que dans l'Enéide,
où elle se trouve IX 59 et 564. En général le traducteur est
chiche de comparaisons. Une de ses particularités consiste à
répéter le contenu d'un discours ou plutôt à récapituler ce que
vient de dire tel ou tel personnage du poème. Nous en voyons
un exemple au vers 231 suiv.; de même l'explication de la fête
que célèbrent Euander et les siens, se trouve deux fois dans
le français; la première fois elle est donnée par le poète, la
seconde fois par Euander lui-même, qui en instruit Énée.
Je crois avoir rassemblé ainsi les gros traits de l'image
que nous offre la traduction de l'Enéide. Je répète ce que
j'ai dit plus haut: ni le Roman de Troie, ni le Roman de
Thèbes, ne nous permettent, au même degré que l'Enéas, de
saisir la différence entre l'inspiration d'un poète classique et
celle d'un poète du moyen âge.
2.
Avant d'aborder dans le détail la comparaison entre notre
poème et l'Enéide, j'indiquerai brièvement comment je compte
l'instituer. Du côté droit de la page je donnerai en extrait
le poème français et, toutes les fois que le latin a un endroit
correspondant, je le citerai du côté gauche. Ainsi nous aurons
à la fin un aperçu détaillé du Roman et, chaque fois qu'on ne
voit en face du français pas de vers latin cité, on en conclura
que c'est là une addition du poète français. Par contre, il ne
me paraît pas nécessaire d'en faire autant pour l'Enéide ; c'est
seulement par exception que j'indiquerai les vers qui se trou-
LES SOURCES
XXXVII
vent dans l'Enéide mais qui font défaut au poème français.
Par exemple, une fois le fait posé que notre traducteur omet
autant que possible les endroits mythologiques, il est inutile
d'indiquer cette omission toutes les fois qu'elle se présente.
Ce sera seulement dans les cas d'inversion ou quand il y a
une omission de quelque importance de la part du Roman,
que je citerai expressément le passage du poème latin.
Je mettrai entre crochets les passages du latin qui ont
changé de place dans le Roman, et je ferai imprimer en itali-
ques ceux des passages ajoutés par le traducteur ou ne se
trouvant que dans l'Enéide, qui ont une certaine importance.
Livre I.
Énéas 1—845.
pi 353—587].
[Il 593—620. Vénus ne parle que de
la fuite].
[II 798, où cependant ils disent
d'eux-mêmes qu'ils veulent aller
partout où il va].
[II 693].
[III 5 où ils construisent une flotte
eux-mêmes].
I 26 ... jManet alta mente repostum
judicium Paridis".
[I 755 „Nam te iam septima portât
aestas"].
I 81-92.
194—101.
I 113 (La barque d'Oronte).
I 1 57.
[I 170. „Hue septem Aeneas coUectis
navibus omni
Ex numéro subit"].
42
Siège de Troie.
Euée y assiste. Vénus arrive
pour lui dire qu'il doit fuir et
que les dieux lui commandent
d'aller en Italie.
Enée, étant à deux lieues de
sa maison, rentre, prend ses
trésors.
61. Lui et ses compagnons, s'as-
semblent sous un arbre. Enée
demande leur avis et ils se con-
fient à lui.
Ils voient une étoile qui leur
montre le chemin.
Ils trouvent des barques que
les Grecs y ont laissées.
Junon hait les Troyeus à cause
du jugement de Paris.
101 — 183. Récit du jugement.
185. Junon le contraria pendant sept
ans.
183. La tempête.
210. Enée se plaint.
Il voudrait, que „Titides ou
Achille l'eût tué".
242. Une barque sombre.
264. La tempête dure trois jours.
275. Ils viennent en Lybie avec sept
navires.
78,
83,
93
XXXVIII
INTRODUCTION
1162.
[I 186. Enée va à la chasse avec
Achates].
I 174. Achates fait du feu.
I 180. Enée regarde la mer.
I 198.
I 223. Après une entrevue de Jupiter
et de Vénus, celle-ci descend à la
terre, va à la rencontre de son
fils Enée et lui raconte l'histoire
de Sychée et de Didoii.
1410. Enée, invisible, voit Cartilage.
[I 14. „Studiisque asperrima belli".]
[1 14. „dives opum"].
I 422. „et strata viarum".
1441.
[I 17. „. . . hoc regnum dea gentibus
esse,
si qua fata sinant iam tum tendit-
que fovetque.
Progeniem sed enim Troiano a
sanguine duci
Audierat . . ."].
[I 426. „Sanctuiuque senatum"].
I 509. Euée, invisible dans Carthage,
voit arriver deux de ses com-
pagnons qu'il croyait perdus.
[I 505J.
280. Le pays est sauvage.
284. Enée va à la chasse avec un
„meschin".
289. Ils allument les feus.
292. Ils regardent la mer, pour voir
si les compagnons perdus re-
viennent.
311—357. Discours d'Enée.
357. Énée envoie dix chevaliers pour
explorer le pays.
375. Ils voient Carthage.
381. Le traductexir raconte VhhiovcQ
de Sychée et de Didon et la ruse
de la peau de taureau.
407. Description de Carthage, d'un
côté des marais, de l'autre la mer.
433. Les aimants, qui attirent les
assiégeants.
448. Un chemin va sur les murs.
449. Le marché.
459. „Granz rues ot en la cité".
465. Les tours, protégées par des
contes.
471. Les poissons de pourpre et les
crocodilles dans la mer autour
de Carthage.
497. La forteresse.
505. Le palais.
515. Le temple de Junon.
„La déesse Juno voleit
que Cartage fust chief del mont. . .
mais ni pot onkes mètre fin,
tôt altrement ert destiné".
528. Le capitole, avec les sénateurs
qui y sont assis pour faire droit.
On ne pouvait y parler si bas,
qu'on ne l'entendit partout.
549. Les messagers arrivent dans
Carthage.
557. Ils trouvent la reine au château.
LES SOURCES
XXXIX
I 520. (Le contenu de son discours
est naturellement tout autre dans
le français car, dans l'Enéide, llio-
neus ne sait rien d'Énée etc.).
1561.
I 574. ,Tros Tyriusque mihi nullo
discrimine agetur".
I 586, Enée sort du nuage qui l'en-
veloppe.
[I 509].
1631. ,Simul Aeneaninregiaducit*.
I 643. Énée envoie Achates dans le
même but.
I 650. „Le manteau a appartenu à
Hélène'^ .
I 657. Ici Vénus met Cupidon à la
place d'Ascagne, qu'elle attire à
elle dans le ciel.
I 697.
1712.
[I 701. Dantmanibusfamulilymphas].
[I 705J.
1 753. (Cp. I 698).
561. Ylioneus parle.
599. Réponse de Didon.
633. „Ma gent et la soe seit une;
se il vuelt aveir ma comuue,
n'avrai plus chier le Tiriën,
que jo avrai le Troiën.
64 1 . Les messagers retournent et ren-
dent compte à Enée de l'accueil
qu'ils ont trouvé chez Didon.
663, Les barques perdues arrivent.
Il en manque une.
674. Digression sur Fortune.
700. Enée se pare. Il monte à che-
val avec 140 chevaliers.
709. Il excite l'admiration générale.
721. Didon vient à sa rencontre.
724. Elle l'entraîne dans l'embrasure
d'une fenêtre et lui fait des ques-
tions sur ses aventures.
729. Enée envoie son chambellan
chercher Ascague, qui doit ap-
porter les trois vêtements que
son père veut donner à Didon.
741. Description du manteau, qui a
appartenu à Hecuba.
764. Vénus vient à Ascagne et lui
donne le pouvoir d'enflammer le
cœur de ceux qui l'embrassent.
781. Ascagne arrive avec les ca-
deaux, que Didon accepte.
804. Didon embrasse Ascagne et
l'Amour s'empare d'elle.
826. Ils demandent de l'eau pour
se laver les mains.
828. Le dîner.
839, Quand le dîner est fini, Didon
se place au „maistre deis" et
prie Enée de raconter son his-
toire.
XL
INTRODUCTION
III.
II 3. „Iiifaiidum, legina, jubcs reno-
vare dolorein''.
II 15.
[II 234.
II 21.
II 26.
„rotarum lapsus"].
II 29. „Hic Dolopum manus, hic sae
vus tendebat Achilles".
II 40— 50. Prédiction de Laocoon.
II 56. ^Troiaque nunc staret"
II 57. „Ecce . . . iuvenem
res trahebant".
II 76.
Livre IL
Énéas 845—1193.
845. Tous se taisent.
849. „Dame", fait il, ,ma grant dolor
me remembrez et ma tristor".
859. Description de Troie.
879. Lorsque Ménélas eut assiégé
T. pendant dix ans *), il fit dresser
un cheval,
890. sur cinquante paires de roues.
900. Les Grecs s'en vont à une ile.
906. Les Grecs s'en vont en Grèce
et les Troyens sortent de la ville.
918. „La fu li pavaillons le rei,
la fu la herberge Achilles,
la sist Aiaus, la Ulixés".
929. jMolt en parlèrent li plusor
et esguarderent tôt entor,
les devinailles en diseient,
mais la vérité n'en saveient.
Il fust aie tôt altrement,
s'il fust seii certainement
cui li chevals aveit el cors".
948. Sinon amené par des pâtres.
pasto-
II 129. ,. . . et, quae sibi quisque
timebat,
Unius in miseri exitium conversa
tulere".
II 144.
II 153.
II 166.
La
cause de son indignation
est
la
seule circonstance
que
statue
a été touchée par
des
mains i
sanglantes.
II 198.
Mort de Laocoon.
II 233.
953. „Li reis premiers Varaisona".
967. Récit de Sinon.
1024. Le tirage au sort.
1031. „Chascuns ki se dota de sei,
l'otreia volentiers de mei".
1040. La querelle de deux barons,
qui fournit à Sition l'occasion
de s'enfuir.
1069. Sinon délié.
1077. Il explique le cheval. Vol du
Palladium.
1097.Pallas est indignée parce qu'on
a brisé le Palladium.
1136. Le cheval tiré dans Troie. Si-
non est caché dessous.
') Dans GF VII. ans, dans D IX. ans, dans Veldeke (941) ,tlen jàr"
LES SOURCES
XLI
II 249.
II 297.
II 525.
II 566. Énce est sur le point de tuer
Hélène, quand Vénus lui apparaît.
II 724.
[II 587].
1153. Sinon ouvre le cheval; les
Grecs reviennent.
1160. La destruction de Troie.
1173. Mort de Priam.
1175. Heleine traistrent de la tor.
III 693. ,Sicanius sinus". [V 24. „Si-
„canos portus"].
1180. Creusa.
1186. „ Venus ma mère me vint dire,
de par les deus, que m'en tor-
nasse".
Livre III.
Énéas 1193—1197.
Le traducteur résume tout le
Livre III en ces vers:
1 193. One puis ne final de maltraire,
puis ai eii niolt grant contraire;
près a un an qu'as Sichains porz
fu Anchisés mes père morz.
Livre IV.
Énéas 1197—2145.
IV 1-5.
[III 718. „facto fine quievit"].
IV 5. ,neque placidam dat cura quie-
tem*.
IV 6—54.
IV 24. „Sed mihi vel tellus optem
prius ima dehiscat".
IV 74.
IV 86.
IV 128.
IV 144.
IV I6.'>
1197. Didon amoureuse.
1207. Elle conduit Énée à la cham-
bre où les lits sont apprêtés pour
lui et ses compagnons.
1219. Nuit d'inquiétude pour Didon,
décrite en détail.
1272. Conversation entre Didon et
Anna.
1312. „Anceis parte terre soz mei".
1393. Elle montre la ville à Enée.
Description de sa passion.
1409. Elle néglige le gouvernement
de ses états.
1432. „En tel dolor et en tel peine
fu la reine une semaine''.
1434. Amour de Didon.
1457. La chasse.
1486. „Ce li (à Énées) fu vis que fust
Diane".
1499. „Ce vos semblast que fust
Febus".
1519. „. . . a une crote sunt venu.
Iluec sont andui descendu".
XLII
INTRODUCTION
IV 172. ,Coniugium vocat:hocprae-
texit Domine culpam".
IV 173.
IV 189. „IIaec . . , canebat . . .
Venisse Aeneam Troiano
sanguine cretiim
cui se pulchra viro dignetur
coniungero Dido.
Nunc hiemem inter se luxu,
quam longa, fovere
regnorum immemores."
IV 196. (Jarbas est nommé).
IV 219. Jupiter ordonne à Mercure
d'aller à Énée.
IV 29B.
„. . . quis fallere possit amantem."
IV 305.
IV 309 ,quin etiam hiberno raoliris
sidère classem".
IV 320. ,te propter Lybicae gentes
Nomadumque tyranni
Odere".
IV 327. ,Saltem si qua raihi de te
suscepta fuisset
Ante fugam suboles . . .".
IV 362. „aversa tuetur".
IV 365. „Nec tibidiva parens geiieris
nec Dardanus auctor,
perfidi, sed duris genuit to
cautibus horrens
Caucasus Hyrcanaeque ad-
morunt ubere tigres".
IV 391. ^Suscipiunt faraulae conlap-
saque membra
Marmoreo referuntlhalamo*.
IV 424.
IV 483. „IIinc mihi Massylae gentis
monstrata sacerdos".
1534. ,Ele diseit qu'ele est s'espose,
ainsi covreit sa félonie".
1538. Description de la ,Fame".
1567. flPar Libe nonce ceste famé
la félonie de la dame,
dit que de Troie esteit venu
uns oem, Dido l'a retenu
ensemble sei enz en Cartage;
or la maintient cil en putage.
En luxure andui se demeinent;
le tens d'iver, d'el ne se peinent;
la dame en laisse son afaire".
1582. Les nobles du pays en colère.
1615. Un messager des dieux vient
à Enée.
Énée s'apprête à s'en aller.
1660. Didon l'apprend.
„Car ki aime toz tens mescreit".
1675. Conversation entre Didon et
Énée.
1 709. Jl est ivers molt fait lait tens*.
1723. ,Nen a baron en cest païs,
ne seit por vos mes enemis".
1739. ,Se g'eusse de vos enfant".
1791. „E1 le reguardë en travers".
1797. flOnc u'apartenistes as deus,
car molt estes fels et crueus;
ne ne fustes d'ome engendrez,
anceis fustes de pierre nez;
norrirent vos tigres salvages
o alcunes bestes boschages*.
1857. Didon tombe en pâmoison.
1861. „Scs puceles l'en ont portée
des i qu'en sa chambre pavée".
1886. Didon envoie Anna à Énée.
1905. Elle mande la sorcière.
1 908. „. . . molt forz chose li est legiere;
el resuscitë homes morz
et devine et gete sorz,
et le soleil fait resconser
LES SOURCES
XLIII
IV 489. „. . . et vertere sidéra rétro".
IV 489. „. . . sistere aquam fluviis".
IV 491. „. . . et descendere montibus
ornos^.
[IV 490. „Mugire videbis sub pedi-
bus terram"].
IV 503.
IV 534.
,. . rursusne procos inrisa priores
Experiar Nomadumque petam
conubia supplex,
Quos ego sim totiens iam dedig-
nata maritos".
IV 553.
IV 584.
IV 672.
en dreit midi, et retorner
tôt ariere vers orient;
de la lune fait ensement,
ele la fait novele o pleine
treis feiz o quatre la semaitie,
et les oisels fait el parler,
et l'eue ariere retorner;
d'enfer trait les infernalsFuires
ki li anoncent les auguires".
1921. „. . . les chasnes fait des monz
descendre,
et les serpenz donter et prendre;
la terre fait soz ses piez muire,
enchanters et et bien d'auguire,
el fait amer o fait haïr,
de tote rien fait son plaisir".
1951. Anna apprête le bûcher.
1975. Didon se plaint.
„Quant ne m'avra cist a moillier,
irai ge donkes mais preier
cels dont ne voil nul a seignor?"
1971. Énée part.
2015. Elle vient dans la chambre où
le bûcher est apprêté. Elle se
frappe. Ses lamentations. Elle
pardonne à Enée.
2075. Sa sœur revient. Les flammes
se répandent. Elle ne peut pliis
rien dire que le nom „Eneas".
2130. Enterrement.
2139. L'épitaphe.
[V 24. „Sicanos portus"].
V 12. Palinurus et ses prédictions.
V35.
V 45. Discours d'Enée.
V 104. Description des sacrifices
courses, luttes.
V 602. Les femmes mettent le feu
aux barques, sur l'instigation de
Junon.
Livre V.
Énéas 2145—2261.
2152. Ils arrivent à „Sichains porz".
2155. Acestes les reçoit.
2158. „Eneas fist une grant feste
et geus a la tombe son père:
l'anniversaire idonkes ère".
XLIV
INTRODUCTION
V721.
V724.
V735.
„. . . Hue casta Sibylla
Nigranim inulto pecndum te
sanguine ducef.
V738. „... torquetmediosNoxumida
cursus".
[V 709. Nautes conseille de laisser
les gens des barques brûlées et
de leur bâtir une villej.
V 777.
V 826. Le voyage d'Enée, Palinurm
tombe à Veau et se noie.
2165. Anchise apparaît à Énée.
2169. Son discours.
2187. „La fille al rei prendras a
femme".
2199. jSibilla fi porra conduire,
une femme ki set d'auguire;
de Gumes est devineresse,
et molt i a sage prestresse.
El set quant qu'est et qu'est a
estre,
de deviner ne sai son maistre;
del soleil set et de la lune,
et des esteiles de chascune,
de nigremance et de fusique,
de retorique et de musique,
de dialectique et gramaire".
2218. „Li jors me haste de l'aler".
2221. Enée rassemble ses gens. Il
demande à ses barons s'ils con-
sentent à ce qu'on laisse là „la
feible gent".
2254. Ils s'en vont.
Livre VL
Énéas 2261—3021.
VI 9.
VI 36. Enée doit sacrifier. La si-
bylle en fureur prophétique.
VI 103.
VI 119, 122, 123.
VI 126. „...facilis desccnsus Averna
Noctes atque dies patet atri
janua Dites,
Sed revocare gradum . . .
Hoc opus, hic labor est".
VI 175.
VI 190. Vénus lui envoie deux
pigeons qui le conduisent à la
branche.
2263. Énée, accompagné d'Achates,
va chercher la sibylle.
2275. Énée lui parle.
2283. Orphée, Hercule, Thésée men-
tionnés.
2297. Réponse de la Sibylle.
„L'entrers i est asez legiers,
mais molt est griés li repairiers,
et nuit et jor i a entranz,
molt i a poi de retornanz".
2333. Énée va chercher la branche.
2337. Vénus la lui montre
„par merveillose demostrance
et par molt grant senefiance*.
LES SOURCES
XLV
VI 212. Il sacrifie en l'honneur de
Misenus, dont lui et Achates ont
trouvé le corps (cp. 162).
VI 236.
VI 242. Sacrifice à Proserpine.
VI 272. Description des Furies, des
Harpies et des Gorgones.
VI 277.
VI 293. ,. . . et frustra ferro diver-
beret umbras".
VI 295.
VI 316.
[VI 702 sqq.].
VI 336. Rencontre avec Palinmits.
VI 386.
VI 416.
VI 419. Elle lui jette un appas pour
le dompter.
VI 425.
VI 431.
VI 433. Les suicidés.
VI 440.
Beaucoup de noms.
VI 449.
VI 476.
2348. „Un sacrefise ot apresté,
al deu d'infer sacrefia
et raolt humblement le preia".
2351. La fosse de l'enfer. La vapeur
infecte qui en sort.
2375. Conseils de la Sibille.
2393. „Un oignement li a doné,
qu'ele aveit o sei aporté;
onc puis qu'il en senti l'odor
ne li fist mal la forz puor".
2401. Enumération des maux qu'on
y trouve.
,some ki est cosins a mort".
2427. Enée veut chasser les ombres
par son épée. La Sibille l'aver-
tit que son épée ne doit servir
qu'à éclairer.
2435. Ils viennent à „rinfemal onde".
Caron. Les âmes de ceux qui
n'ont pas été enterrés.
2468. Enée demande l'explication
de ce qu'il voit à la Sibille.
25u4. Elle nomme le Léthé.
2511. Caron leur parle. La Sibille
répond.
2561. Cerbère.
2580. „De sa boche chiet une escume,
une erbe en naist mortels et laie,
nus oem n'en beit, a mort nel
traie,
senz mort n'en puet nus oem
goster;
aconita l'oï nomer:
ço est Verbe que les marastres
donent a beivre a lor fillastres".
2598. La Sibylle chante une formule
magique pour endormir Cerbère.
2607. Les enfants morts.
2615. Minos.
2623. Les amoureux.
2625. Didon et Énée.
2663. Les guerriers.
XL VI
INTRODUCTION
Troie
[VI 494. Deiphobus],
VI 478. Tydeus.
Parthenopeus.
VI 479. Adrastiis.
VI 488.
VI 493. Conversation d'Enée avec
Deïphobe.
VI 546.
VI 549.
VI 561.
VI 594.
(Est ce qu'il y a confusion entre
l'histoire de Tantale et celle {VI
600) de Pirithous et d'Ixion, qui,
devant des tables couvertes des
mets les plus délicieux, ne peu-
vent y toucher?).
Le traducteur n'a pris que les
noms connus et y a ajouté quel-
ques autres.
Agamemnon.
Aiax.
Achille.
Ulysse.
Ménélas.
Hector.
Deiphobe.
Protésilas.
Hypomedon.
Polynice.
Amphiaras.
Capanée.
Tydée.
Parthénopée.
Adraste.
,(Enée) ne lor oseit tomer
son vis,
tant corn poeit se resconsot,
et envers els se vergondot,
por ce qu'il s'en enbla fuitis
d'entr'els, quant il furent ocis".
2691. Les ombres effrayées.
2699. La ville des géants.
2704. Le fleuve Phlegéton.
2720. Explication de la Sibylle.
27.37. „Un en i a H volt gésir
0 Diane et li honir;
icil ot a nom Ticiiis".
2747. Tantalns.
Thèbes
2680.
Jusqu'au vers 2757 le traducteur résume (avec beaucoup
d'omissions comme d'habitude) la description qui se trouve
dans l'Enéide. Puis il donne jusqu'au vers 2783 un passage
indépendant.
VI 636.
VI 678.
2791. Les champs Elysées.
2817. Enée rencontre Anchise.
LES SOURCES
xLvn
VI 718.
VI 759. Plus de noms que dans la
traduction.
VI 892.
2883. Question d'Énée sur le pas-
sage des ombres à la terre.
2923. Anchise lui montre sa progé-
niture.
2996. Les portes de l'enfer.
Livre VIL
Énéas 3021—4101.
VII 37. Description de Latinus et
récit de la prédiction du mariage
de Lavinie avec un étranger.
VII 106.
VII 153.
[VII 243. „Dat tibi praetcrea fortunae
parva prioris
Munera, reliquias ïroia ex
ardente receptas.
Hoc pater Anchises auro
libabat ad ares;
Hoc Priami gestamen erat,
cum iura vocatis
More daret populis, scep-
trumque sacerque tiaras
Iliadumque labor vestes"].
3021. Ils arrivent en Italie. Bon
mot d'Ascagne, par lequel Énée
est assuré d'avoir trouvé le pays
où les dieux veulent qu'il reste.
3127. Énée envoie des messagers
au roi Latin. Les cadeaux:
3134. „Li enveie riche présent,
une corone et un mantel
et un esceptre et un anel
que li dona par druerie
Dido, quant el devint s' amie,
et une cope a chiers esmaus
que li dona reis Menelaus
desoz Troie sor le rivage,
qimnt vint a lui en un mesage".
vn 157.
3152. Ils bâtissent une forteresse.
VII 160.
Description du palais.
vn 195.
Discours de Latin.
Vn2l2.
3175. Discours d'Ylioneus.
VII 249.
3226. Latin parle.
Il mentionne Turnus et la reine
et dit qu'il donnera des chevaux,
qu'il décrit.
VII 274.
3257. Les chevaux qu'il donne.
VII 359.
Le nom de la reine Amata
3277. Latin et la reine.
Énéas.
VII 375. 3351. La reine furieuse.
Remarque. Ici la différence entre l'original et la traduction
est très grande. Amata, inspirée par les Furies, est folle de
désespoir. Le traducteur l'a représentée comme fort en colère,
mais ne parle naturellement pas de l'intervention des dieux.
XLVIII INTRODUCTION
VII 415. Turniis apprend tout par S385. Elle envoie un messager à
les dieux pendant son sommeil. Tnruns. Turnus est à table.
345". Discours de Turmis. Il de-
mande conseil à ses amis.
VII 455. Alecto l'excite à la guerre.
VII 479. Alecto exite les chiens d'As-
cagne.
3525. Le château de Tyrus et le cerf.
3543. „La dameisele o lui joeit
et il tant bien la conoisseit
que, des que ele Vapelot,
devant ses piez s'agenoillot,
les piez li tochot a sa main,
a son escoz manjot son pain,
a molt grant trait beveit le vin.
por seissante livres d'or fin
nel volsist perdre la mescine.
Tant ert li cers de buene orine,
VII 49(». JUe manum patiens mensae que la nuit serveit al mangier,
que adsuetus erili". s* ^»'^ f** ^cw de chandelier
devant le père a la pucele.
Merveilles ert sa teste bêle,
quant uns granz cierges li ar-
deit
sor chascun rain que il aveit.
Ainsi serveit chascune nuit,
molt l'ot la meschine bien duit,
et des que li sire beveit.
si se levot li cers tôt dreit;
ne fu beste si serviable,
nus oem ne vit si entendable".
3565. Ascagne demande à son père
la permission d'aller à la chasse.
VII 500. 3597. Le cerf blessé.
VII 521. „indomiti agricolae". 3631. ,Li païsant de la contrée . . .
les Troïëns ont envaiz".
VII 531. Le nom d'Almo ne se trouve 3649. Le fils aîné de Tyrus tué
pas dans la traduction. par Ascagne.
VII 535. 3675. „DanzGalessus, uns riches hom,
„. . . seniorque Galaesus dum paci n'i ert venuz se por bien non
médium se offert». et por desfaire la meslee^
3685. Les Troyens envoient à Enée,
pour demander du secours.
3720. Tyrus s'enfuit et se retranche
derrière les murs du châte/iu.
3727. Son château assailli par les
Troyens.
SOURCES
XLIX
YII 540. Conversation de Jiinon et
d'Alecto.
YII 585.
VII 586.
VII 647.
VII 648.
VII 651. «diicit . . . mille viros".
VII 656. Aventiuus, portant un bou-
clier avec l'hydre et une peau
de lion.
\ll 670. Catillm et Coras de Tibur.
VII 678. Caeculus de Preneste.
YII 691.
VII 706. Clausus avec les Sabins.
Suivent dans l'Enéide quinze
nxnns de peuples dont seulement
le peuple de Latium et aninis
Yolturnus se trouvent dans Eneas.
YII 723. Halesus, Oebalus, Ufens,
Umbro, Virbi-ns, Turmis.
VII 803.
VII 805. „. . . non illa colo calathisve
Minervae
Feniineas adsueta manus".
BibUotlioca Xormannica. IV.
3739. Tyrrn chassé. '
3757. Les Troyens pillent le château
et vont manger le cerf.
3771. Au retour, ils détruisent la
contrée.
37S3. La nouvelle se répand.
3793. Les bourgeois vont se plaindre
ù Latin.
3823. Discours de Turnus.
3869. Attitude de Latin.
3875. Il propose un combat singulier
entre Turnus et Énée.
3881. Turnus avec ses barons, qui
lui conseillent de „mander ses
hommes".
3909. Enumération des chefs de l'ar-
mée de Turnus.
3910. Mesencius.
3913. Lausus, avec 500 guerriers.
3916. Aventinus avec un bouclier
couvert d'une peau de lion.
3929. „Li dus de Prenestine".
Remarquez cette forme singu-
lière causée par le latin: „Prae-
nestinae urbis fundator".
3930. Li sire de Palatine.
3931. Mesapus.
3935. Les chevaux de mer.
3941. Claudus avec les Sabiens.
3952. . . . et li Latin.
3954. et vindrent i cil de Yolterne.
3952. Il y vient en outre:
Les Puillains (ApuUens?)
3953. Ceux de Naples.
- „ Salerne.
3959. Camille.
3971. „Onc d'oevre a femme nen
ot cure,
ne de filer ne de costure".
d
INTRODUCTION
VII 810. „Vel mare per médium fluctu
suspensa tumentî
Ferret (se. Camilla) iter céleris
nec tingueret aequore plantas".
VII 812.
„IUam omnis tectis agrisque ef-
fusa iiiventiis
Turbaque miratur matrnm et pro-
spectât eimtem".
31)80. Elle est chaste.
3987. Description de sa beauté.
4012. Son „pourpre".
4035. L'ourlet de son manteau, fait
d'un oiseau miraculeux qui s'as-
sied sur l'eau.
4047. Son cheval.
4085. Son arrivée.
„. . . temolte ot en la ville grant,
borgeis montoent sus as estres,
dames, meschincs as fenestres".
4099. Elle passe par la ville et dresse
son pavillon de l'autre côté.
Livre VIII.
Eneas 4107—4825.
VIII 1. Mesentiiis, Mesapiis ravagent
le pays.
VIII 9. Turnus envoie à Diomède.
[VIII 370J.
[VIII 620. «Terribilem galeam"].
[VIII 624. ,tum levis ocreas electro
auroque recocto
hastamquc et clipei non enarra-
bile textum"].
[VIII 620. ^flammas que vomentem
fatiferumque ensem ..."].
4107. Conseil de guerre de Turnus.
Son discours.
4183. Discours de Mesentius, qui
tâche de calmer la fureur de
Turnus; Mesapus, au contraire,
l'excite.
4244. Description du château d'Enée.
4270. Le pavillon:
„Soz Troie le conquist Hector,
quant il Protheselaus ocist,
ki la première joste fist . . .".
4297. Vénus prie Viilcain de forger
des armes pour son fils.
4355. Récit de l'adultère de Vénus
et de Mars.
4394. Vulcain se met à forger.
4415. Le hauberc.
4425. Les genouillères.
4427. Le casque, „de coste d'un peis-
son de mer".
4445. Le bouclier de la côte d'un
poisson de mer, nommé „cetus".
4469. L'épée.
SOURCES
LI
[VIII 626. Vnlcain y peint les évé-
nements de l'histoire de Rome].
[VIII 608. Vénus les lui porte elle
même]
VIII 25. Le dieu du Tibre conseille à
Enée de se rendre chez Euander.
[IX 40. „namqne ita discedens prae-
ceperat optimus armis
Aeneas"J.
[VIII 102].
[VIII 18.5].
VIII KM. Les Troyens sont sortis
des barques et se rendent à la
ville.
VIII 109.
VIII126.
VIII 15S. Euander raconte que Pria-
mus est venu jadis à Salamis
avec Anchise, à quelle occasion
lui (Euander) y était également,
encore jeune (160).
VIII 166. „. . . insignem pharetram
Lyciasque sagittas".
VIII 167. „. . . chlamydemque auro
intertextam
frenaque bina nnnc meus
q^uie habet aurea Pallas".
[VIII 515].
VIII 175.
4491. Vulçain l'essaie.
4507. Le fourreau, de la dent d'un
poisson de mer.
4515. La lance.
4523. L'enseigne, cadeau de Mars à
Vénus, faite par Pallas, après
qu'„Arannes" l'eut défiée.
4543. Vénus envoie les armes à son
fils par un messager.
4555. Enée prend les armes et dit
à ses barons que sa mère lui
a conseillé de se rendre chez
Euander.
4599. Enée s'en va et conseille à
ceux qui restent, de ne pas se
laisser séduire à combattre, quand
Turnus voudra les y engager.
4623. La fête que célèbre Euander
et l'explication de cette fête.
4047. Ils voient les barques d'Enée
s'approcher.
4654. Accueil de Pallas et d'Euan-
der.
4701. Enée parle.
4741. „Tote m'enor tendrai de tei".
Enée y décrit sa 2)osition actuelle.
4747. „a mon jovent a Troie fu"
raconte Euander.
4751. „Et Anchisés conui ge bien,
ton père ; il me dona un chien,
un arc et un bon cuivre a or
et dis saietes et un cor;
sor toz les altres m'enora.
476 1 . Euauder donne son fils Pallas
comme compagnon à Enée.
4771. Ils dinent.
d*
LU
INTRODUCTION
VIII 285. Sacrifices et choeurs.
VIII 360.
VIII 366.
[VIII 338].
npauper Euander".
^Angusti tecti fastigia".
VIII 470. Le lendemain Enander ra-
conte à Enée que les Etruriens
se sont révoltés contre Mesen-
tius et se joindront à l'armée
Troyenne.
VIII 546. Enée envoie une partie
de ses gens pour aller par voie
d'eau à Ascagne lui porter la nou-
velle de son arrivée prochaine,
tandis que les autres le suivront
par terre.
4780. Enée:
„. . . si apela un chevalier,
si fist venir ses tombeors,
ses gcnz et ses enchanteors".
4803. Ils retournent à la ville, qui
„petite et povre ert et desclose ;
encor adonc ert poi de chose,
mais puis sist Rome iluec endreit,
ki tôt le mont ot en destreit".
4810. Le lendemain, Enée ceint
Vépée à Pnllas. — Le troisième
jour le roi rassemble vingt mille
de ses gens; il donne cent bar-
ques à Enée avec des vivres
pour treize mois.
Livre IX.
Eneas 4825—5595.
IX 5. Turnus l'apprend par Iris.
1X25.
IX 40. /
IX 51. Son allocution aux guerriers.
IX 69. Ils vont aux barques, qu'ils
veulent incendier. Jupiter les
change en nymphes.
IX 159.
IX 168. Conseil de guerre des Tro-
yens.
IX 176.
IX 224.
IX 257. Les cadeaux qu'il leur des-
tine.
IX 280. Euryalus parle de sa mère.
IX 308. „. . . qnos omnis euntis
primorum manus ad portas, iii-
venumque senumque
prosequitur votis".
4825. Turnus apprend le voyage
d'Enée par un espion.
4832. Il prépare l'attaque.
4855. Il est mécontent que les Tro-
yens ne sortent pas de leur
château. Il ne trouve nullepart
un endroit assez faible pour y
risquer une attaque.
4885. Ils incendient les navires des
Troyens.
4897. Orgie de l'armée de Turnus.
4906. Nisus et Euryalus.
4975. Ils se rendent auprès
cagne et de ses barons.
5039. „Ascanius les conveia
jusqu' la porte . . .".
d'As-
SOURCES
LHI
IX 325. „Rhaiiinetem adgreditur, qui
forte tapetibus altis
exstructus toto proflabat pectore
somnum,
rex idem et régi Turno gratis-
simus augur;
sed non augiirio potuit depellere
pcsteui".
1X351.
IX 367.
IX 412. Le nom de ce guerrier,
Sulmo, n'est pas mentionné dans
l'Eneas.
IX 472. Désespoir de la mère d'Eu-
ryalus.
IX 503.
IX 535. ,princeps ardentum coniecit
lampada Turnus".
[IX 59]. [IX 565].
IX 530. La tour.
IX 544.
IX 553. Il se jette lui-même parmi
les ennemis.
IX 559. Turnus tue Lycus.
IX 566. De nouveaux détails.
IX 590.
IX 602. „Non hic Atridae nec fandi
fictor Ulixes".
1X672.
IX 677. ,Ipsi intus dextra ac laeva
pro turribus adstant".
IX 702. Bicias tué.
IX 716. Les Troyens ont peur.
5055. „. . . il vindrent al paveillon
o Rannes jut, ki molt ert sages,
d'oisels saveit toz les langages . .
soz ciel n'aveit meillor devin,
mais la nuit ot tant beii vin,
que tôt en ot son sens troblé
et son saveir ot obli'c ;
cil ki des altres devinot
de sei meïsme rien ne sot,
que sa morz li fust si prochaine,
mais bien aveit dit la semaine
que ce saveit il bien senz faille,
qu'il ne morreitpas en bataille'^.
5075. Dans le pavillon de Mesapus.
5093. Volcens s'empare d'Euryalus.
Lamentations de Nisus, qui tue
un guerrier de Volcens.
5343. Turnus renouvelle l'attaque.
Il leur lance le feu grec, mais
les assiégés sont munis de vi-
naigre.
5370. Comparaison de Turnus avec
le loup.
5391. La colline fortifiée.
54 1 5. Lycus et Helenor.
5418. Jadis Helenor „fu escuiers
Hector".
5422. Turnus tue Helenor.
5426. Un archer tue Lycus.
5453. Ascagne et Romulus.
5472. „Cuidiez vos que ce seicnt
Greu? ...
Ça fors n'est pas Diomedés,
Protheselaus ne Ulixés*.
5495. Pandarus et Bicias, deux
géants.
5505. „Pandarus fu de devers destre
et Bicias fu a senestre".
5531. Les Troyens viennent au se-
cours des deux frères.
LIV
INTRODUCTION
IX 722. Pandarus seul le fait.
IX 724. Pandarus en fureur par la
mort de son frère. Il attaque
Turnus et il est tué.
IX 778. Les princes des Troyens
viennent et les encouragent.
IX 788.
IX 815. T. se jette à l'eau.
5540. Les deux guerriers ferment
la porte. Turnus est enfermé avec
les assiégés.
5554. Les deux héros sont tués.
5561. Ylioneus encourage les Tro-
yens.
5569. Les Troyens attaquent.
5575. Un Troycn ouvre la porte, de
sorte que les amis de Turnus
peuvent le délivrer.
5581. Turnus s'échappe.
5587. „As herberges s'en retorna,
et ses guaites apareilla,
lii deveient la nuit veillier,
et prie lor de miélz guaitier
qu'il n'orent fait la nuit devant".
Livre X.
Eneas 5595—5999.
X 1. Jupiter et les déesses.
X 146. Les Troyens découragés.
Enée arrive par eau, avec le se-
cours de Tarcon. Il rencontre
les nymphes qui étaient autre-
fois des barques.
X 260.
X 308. T. divise son armée en deux
parties, l'une contre Enée, l'autre
contre les Troyens qui sont dans
la forteresse.
X 332. Enée s'avance avec Achafes.
X 365.
X 378. ,Pelagns Troiamne petemus".
5595. Turnus attaque les murs.
5602. Les Troyens voient arriver
Enée.
5608. Le traducteur remarque que,
si les Troyens n'avaient pas crié
à l'approche d'Enée, celui-ci au-
rait pu débarquer inaperçu, ce
qui leur aurait donné un grand
avantage.
5623. Turnus se dirige vers Enée
avec toutes ses forces.
5647. Enée s'avance.
5674. Pallas arrête les Troyens qui
fuient.
5684. „Revolez vos a Troie aler?
Vos n'i passereiz pas si tost".
LES SOURCES
LV
5697. „Amez vos mielz asaoler
les granz peissons celé mer
en ...?"
X 379. Exploits de Pallas.
X 433. Il rencontre Lausus, à qui
Turnus vient en aide, à la de-
mande de Jutîirna. Turnus dit
qu'il veut Pallas pour lui seul.
X474.
[X 363. d'où il résulte qu'on se bat
à pied à cause du terrain].
X 496. , immania pondéra baltei*.
X 503. jTurno tempus erit, magno
cum optaverit emptum
intactum Pallanta et cum
spolia ista diemque
Oderit".
X 636. En poursuivant le fantôme
d'Enée, Turnus entre dans la
barque.
X 668.
X 6S7.
X 689. Mesentius et ses exploits.
X 783.
X 789.
X 823. Douleur d'Enée d'avoir tué
Lausus.
X 833.
X 856. Mesentius est tué.
5709. Turnus et Pallas.
5718. „L'uns vers l'altre point le
cheval".
5764. . . . un anel choisi en son dei,
que Eneas li ot doné";
Description de la bague.
5771. ,. . . puis fu tels j ors, se il seiist,
que ja par lui bailliez ne fust,
se il s'en peiist repentir,
car par l'anel l'estut morir".
5775. Un archer attire Turnus dans
une barque, qui tout à coup se
met à voguer vers la mer.
5805. Plaintes de Turnus.
5839. Apres un voyage de trois jours
il vient dans le pays de son père
Daunus.
5847. Enée devant le cadavre de
Pallas.
5861. Mesentius et Enée.
5878. Lausus et Enée. Lausus est tué.
5928. Mesentius couché au rivage
du Tibre reçoit la nouvelle de
la mort de son fils.
5959. Le nouveau combat entre Me-
sentius et Enée reste indécis.
Livre XL
Eneas 5999—7725.
[XI 100. Aventinus n'est pas nommé].
[XI 101].
6007. Aventinus vient avec d'autres
messagiers demander des trêves
pour enterrer les morts.
6025. Discours d'Aventinus.
LVI
INTRODUCTION
[XI 108.
„Equidem et vivis condere vellem"].
[XI 185].
XI 64.
XI 74. ^Ipsa suis quondain manibus
Sidonia Dido
fecerat".
[XI 42].
[XI 68. ,qualem virgines demessum
pollice florem
seu luoUis violac seu languentis
hyacinthi,
cui neque fnlgor adluic ncc dum
sua forma recossit,
non iam mater alit tellus viris-
que ministrat"].
XI 139.
XI 148.
XI 152.
XI 164. „nec vos arguerim, Teucri",
dit Euan(Jer.
XI 225. Les messagers qui sont allés
à Diomède, reviennent.
XI 235.
XI 302.
6059. Éucc répond.
„Nos les donrion bien as vis,
se il voleient, a toz dis . . ,".
6075. L'enterrement des morts.
6097. Turnus revient et est fâché
à cause des trêves.
6107. La bière de Pallas.
6115. „Mist i un feltre Tiri'én
et un tapiz Galaci'èn;
de desus ot coite de paile,
Paris Vaporta de Tessaile . . .".
6121. „Pallas vestent d'un vestemcnt,
tissu a or molt maistrement:
a Eneas le présenta
Dido, quant ele l'enama".
6127. „. . . desor lui mist un covertor
(onkes nuls reis nen ot meillor,
Prianz li dona o sa fille) . . .".
6147. Plaintes d'Énée.
6193. ,Bele faiture, gcntiz chose,
si com solelz flestrist la rose,
si t'a la mort molt tost plaissié
et tôt flestri et tôt changic".
6229. Le cortège arrive à Pallanteum.
6242. ,,Li reis ert amont el chastel,
el bore oï la noise grant,
il i enveia tost corant,
saveir dont celé noise esteit".
6255. Désespoir d'Euander.
6259. La mère de Pallas s'approche.
6301. Plaintes du père.
6317. Plaintes de la mère.
Elle accuse les Troyens.
(i3T5. Enterrement de Pallas.
6393. „. . . blialt dex)orpre li vestirent
que treis de lor déesses firent . .".
6409. Le tombeau.
6509. Utie lampe qui brûle perpé-
tuellement.
6537. Latin assemble ses barons.
6545. Discours de Latin.
LES SOURCES
LVII
XI 336.
XI 370.
XI 376.
XI 447.
sed frigida bello dextera"
XI 481.
XI 498.
XI 513.
XI 532. Opis et Diane. Histoire de
Camille.
XI 648.
Larine est nommée XI (155.
XI 690. Camille tue Orsilocbus.
XI 725. Jupiter encourage Tarco.
XI 729.
XI 741. Exploits de Tarco qui n'est
pas tm.
Tarpée est nommée XI 656.
6633. Drdnces parle
„. . . mais n'esteit pas chevaleros".
6695. Il conseille le combat sin-
gulier.
6707. Discours de Turnus; il accepte
le combat.
6753. Drancés répond.
6805. Turnus donne son gage au roi.
6831. Un messager arrive en disant
que les Troyeus sont arrivés.
6841. Remarque du traducteur:
„Tote la fins est obliëe
que il aveient porparlee;
Turnus toz seuls et Eneas
par lor deus cors nel feront pas,
ainz i feront ensenble tuit''.
6853. „Dames, borgeises et puceles
vont as tenples et as chapeles
et sacrefiënt as alteus . . .".
6871. Drances refuse de pretidre
part au combat.
6907. Camille.
6914. Description de son armure.
6947. Projet de rcmbuscadc.
6979. Exploits de Camille.
6984. Les Troyens fuient devant elle
et ses compagnes.
7000. Orsilocus tue Larine.
7007. Les Troyens, encouragés, pour-
suivent les guerneres jusqu' là
la ville.
7014. Les portes sont bouchées par
les cadavres, qui les empêchent
d'entrer.
7035. De nouveau Camille fait re-
culer les Troyens.
7061. Tarco les retient.
7073. Tarco invective Camille.
7107. Elle lui répond et le tu£.
7126. Deux chevaliers s'approchent
d'elle. Tarpée vient à son se-
cours et les tîie.
LVIII INTRODUCTION
XI 759. 7139. Arrons épie Camille.
XI 7G7. 7161. Chloreus,
«Olirn sacerdos". „prestre de la lei".
XI 769. 7164. Description de son armure.
7181 . Camille le tue et descend de son
cheval pour prendre son casque.
XI 785. Arruns prie Apollon.
XI 803. 7197. Camille tuée par Arrons.
„sub exertam papillam". „. . . de joste la senestro aissele
la fiert al cuer soz la mamele".
7203. Les Troyens joyeux.
XI 822. Camille parle à Acca et lui
dit d'aller à Turnus.
XI 836. Arrons tué par Opis. 7207. Arrons tué par une „pucelle".
7213. Camille morte. Douleur de
sa „maisniee". La bataille est
suspendue.
XI 868. Les Troyens attaquent la
ville.
XI 896, 7225. Turnus sort du ravin, de sorte
qu'Énée, en y arrivant, le tra-
verse tranquillement. Le soir
empêche la combat.
7240. Douleur de Turniis et des
autres à cause de la mort de
Camille.
7257. Énée a des sentiments très
hostiles. La plupart des barons
du pays s'allient à lui.
7273. On hd demande sept jours de
trêve, qu'il accorde.
7281. A un endroit, où il y avait
jadis une forteresse, Enée fait
dresser en une seule nuit sa tente,
, „que il conquist d'un Grcu" (7312).
7331. Terreur de ceux dedans en
voyant l'habileté des Troyens.
7355. Ils blâment Latin de ne pas
faire la paix. Turnus ordonne
d'enterrer les morts.
7365. Plaintes de Turnus sur la
mort de Camille.
7430. Enterrement de Camille.
7441. Description de la bicrc.
7467. L'oiseau Calade.
7506. Turnus accompagne le cortège
funèbre.
LES SOURCES LIX
7531. Le tombeau.
7663. L'épitaphe.
7669. Une lampe qui brûle toujours;
une colombe (7685); un archer
(7695).
Livre XII.
Eneas 7725 — fin.
XII 10. 7725. Conseil de Latin et de ses
barons. Turnus offre le combat
singulier.
XII 18. 7785. Latin veut que Turnus fasse
la paix sans combat.
XII 48. 7813. Réponse de Turnus.
XII 54. Amata est inquiète de ce qui
attend Turnus, qui la console.
XII 76. Combat le lendemain. 7835. Messagers à Énée. Combat
dans huit jours.
7838. Latin sait une île, où le comr-
bat peut avoir lieu.
7850. Énée accepte.
7857 — 9275. Amours de Lavinie et
d'Énée.
Remarque. Est-ce que le point de départ de cette addi-
tion du traducteur se trouverait dans les vers XII 64:
Accepit vocem lacrimis Lavinia matris
Flagrantis perfusa gênas, cui plurimus ignem
Subiecit rubor et calefacta per ora cucurrit.
Ou est-ce que ces vers parlent de l'amour de Lavinie
pour Turnus?
7857. La reine vient voi sa fille pour
lui parler de Turnus. Elle lui
explique ce que c'est que l'amour.
8025. Énée sort de sa tente et La-
vinie, en le voyant, compreiul
tout à coup ce que sa mère lui
a dit sur l'amour.
8083. Ses plaintes amoureuses.
8335. En voyant qu'Énée ne fait
pas attention à elle, elle tombe
en défaillance, et quand elle est
revenue de pâmoison, elle se ré-
pand en plaintes plus vives.
8399. Elle passe une nuit inquiète.
LX INTRODUCTION
8445. Le lendemain sa mère revient
et voit à sa mine défaite qu'elle
aime. Lavinie lui avoue que
c'est Énée qu'elle préfère.
8565. La reine furieuse. Elle ac-
cuse Énée de ne pas se soucier
de femmes, mais de garçons. Elle
quitte Lavinie qui tombe comme
morte.
8666. Revenue à elle, elle se demande
ce qu'il faut faire.
8713. Elle se résout à écrire mie
lettre à Enée.
8779. La lettre.
8801. Elle voit venir Enée.
8812. Elle appelle un archer pour
tirer la flèche à laquelle elle a
attaché la lettre. L'archer s'y
refuse, parce qu'il y a des trêves,
mais il finit par se rendre à son
désir.
8845. Énée aperçoit la lettre, et après
l'avoir lue, il se tourne vers La-
vinie, qui est dans la tour, et la
salue légèrement, pour que ses com-
pagnons ne s'en aperçoivent pas.
8900. Il retourne à sa tente et se
sent tellement malade d'amour
qu'il doit se coucher.
9119. Le lendemain Lavinie attend
dans la tour, pour le voir arriver
sous les murs. Ne sachant pas
qu'il est malade et attribuant
son absence au manque d'amour,
elle commence à croire aux vile-
nies dont sa mère l'a accusé.
9196. Énée, 'bienque faible et pâle,
monte à cheval et se montre à
Lavinie.
9205. Lavinie se repcnt de l'avoir
accusé. Ils se regardent dou-
cement.
9233. Les compagnons d'Énée s'aper-
çoivent des regards qu'il échange
avec Lavinie. Leurs railleries.
9262. Enée doit s'en aller et lui et
Lavinie se mettent à trembler.
LES SOURCES
LXl
XII 81. Turnus s'apprête.
XII 113.
XII 119. Ils préparent un sacrifice.
XII 175. Énée prie.
[XII 134. Junon excite Jntunia].
XII 222. Juturna nommée.
[XII 216].
XII 2 C. „Fiigit ipse Latinus
pnlsatos referens infecto
foedere divos".
XII 311.
XII 383.
XII 391. Vénus apporte un remède,
qu'applique Japyx sans savoir
qu'il vient des dieux.
XII 412.
XII 414.
XII 430.
XII 4G8. Juturna engage Turnus à
faire une fin au carnage.
XII 554.
XII 676.
XII 697.
XII 714. „. . . fors et virtus miscen-
tur in unum".
XII 896.
XII 926.
XII 931. Turnus demande seulement
que son cadavre soit rendu à
son père Daunus.
XII 940. ,et iam iamque magis cunc-
tantem flectere sermo
Coeperat".
XII 942. ,balteus^
XII 948. ,Pallas te immolât*.
9275. Le roi Latin prépare le champ
de bataille. Ils arrivent.
9313. Lavinie dans la tour.
9343. Énée défend ses droits.
9395. Le roi lai promet que, s'il
meurt, son fils et les siens pour-
ront rester un mois à Montalban.
9403. Un chevalier excite les Latins
au combat.
9413. „sor un ome nos somes mis".
9425. „Atant s'eslaisse, si feri
un Troïën, mort Vabati;
cil fu en es le pas vengiez".
9439. Latin fuit en emportant les
dieux.
9468. Énée blessé.
9496. Naptanabus invective Turnus
et est tué par lui.
9543. Énée est conduit à sa tente.
9552. Le „mire" Japis.
9561. Le dictame.
9567. Le chevreuil s'en guérit ton-
jours.
9575. Énée rentre au combat. Ses
exploits.
9615. Énée attaque la ville.
9643. Turnus s'effraie et crie qu'il
accepte le combat singidier.
9690. Combat d'Énée et de Tumiis.
9728. „Combat sei fortune o vertu".
9757. Turnus prend une pierre.
9771. Il tombe.
9777. Il demande grâce.
„Tes oem serai, a tei me rent" (9791).
9793. Énée hésite.
9796. Il voit l'anneau que Turnus
a pris à Pallas.
9810. ..mais de tei se venche Pallas".
LXII INTRODUCTION
XII 948. 9811. Il le tue.
Fin de l'Enéide.
9825. Les barons jurent fidélité à
Enée.
9839. Lavinie, voyant qii'Enée ne
vient pas hii parler, conçoit des
doutes sur son amour.
991.5. Enée amoureux. Il se plaint
et trouve bien longs les huit jours
qu'il lui faudra attendre avant
son mariage sont.
10105. Sacre d'Enée. Son mariage.
10131. Sa progénitxire.
3.
Dans cette comparaison du Roman d'Énéas avec son
original on a pu remarquer les changements et les additions
qui sont de la main du traducteur. Pour les changements,
nous en avons rendu compte dans la première partie de ce
chapitre. Parlons à présent des sources où a puisé le tra-
ducteur pour les additions.
On a supposé que le traducteur eût travaillé sur un ma-
nuscrit glosé de Virgile, auquel il aurait emprunté en partie
les descriptions et les détails qu'il ajoute à son original. A
priori cette supposition semble très vraisemblable. Ces scholies,
resposant sur Donat, quand elles sont grammaticales, et remon-
tant à Servi us, lorsqu'elles traitent de rhétorique, se sont éloig-
nées de plus en plus de ces deux sources par les interpola-
tions et les changements des copistes i). Cependant, dans les
manuscrits que j'ai vus, je n'ai trouvé aucune glose qui eût
pu donner lieu à une addition de notre traducteur. Prenons
le récit du jugement de Paris; si jamais un glossateur avait
l'occasion de montrer son érudition et de donner vent à ses
connaissances de la mythologie, c'est ici. Pourtant je n'ai
pas réussi à en trouver un récit détaillé dans un manuscrit
*) Comparetti. Virgilio nel medio evo. I 1 70 : „Come fra î grammatici
Donato, cosi fra i conimentatori Scrvio domina nelle scuole, quale satellite
del grande poeta; ma la massa di note clie il medio evo ha trasmosso
a noi con quel nome, se in gran parte appartiene a Servio, in buona
parte anche appartiene al medio evo stesso, che, fino ail' ultima sua fine
nel XV seculo, non cessù di interpolare e di guastare quel testo".
LES SOURCES LXIII
de Virgile, et il me paraît donc bien probable que le traduc-
tenr l'a emprunté d'ailleurs. Servius ne dit que ceci: ,,Nota
fabula est de malo aureo, Paridem pro Venere contra Junonem
Minervamque judicasse de forma" *), et se répand, après ces
légères indications, en raisonnements de rhétorique. Il en est
de même pour le récit des amours de Vénus et de Mars.
Peut-être que d'autres que moi seront plus heureux et
rencontreront des gloses dans le genre des intercalations de
notre poète, aussi fantastiques et portant aussi exclusivement
sur des descriptions merveilleuses. Mais cela me paraît bien
douteux et j'aime mieux tâcher d'expliquer chaque intercalation
en elle-même, sans remonter, dans l'histoire de la composition
de notre poème, à une étape hypothétique où l'Enéide et les
additions se seraient trouvées déjà réunies dans un seul
manuscrit.
Dans la suite nous ramènerons ces additions sous de cer-
taines rubriques, dont la première est fonnée par:
Les poètes classiques. M. Dunger 1, 1. a recherché ce qui,
dans le Roman de Troie, indique que sou auteur a connu
Ovide 2); d'après lui Benoît l'a souvent utilisé. Ainsi l'expé-
dition des Argonautes, qu'il ne trouvait pas dans DarèSf semble
avoir été prise du Livre VII des Métamorphoses, car dans le
Roman de Troie, pas plus que dans Ovide, on ne parle de la
fuite de Médée, qui constitue pourtant une partie essentielle
du conte antique.
Un emprunt à Ovide par le traducteur de l'Enéide ne
saurait donc nous étonner. Aussi, je crois que le récit inter-
calé des amours de Mars et de Vénus repose sur les Méta-
morphoses IV 171 — 189; il y a entre le latin et le français
une ressemblance qui met ce rapprochement hors de doute.
Je vois également une preuve du fait que je discute dans
la mention faite d'Arachne. Il est dit de l'enseigne que donne
Vénus à Énée (v. 4530):
*) Servii grammatici qui fenintur in Virgilii carmina commentarii
recensuerunt Georgius Thilo et Hermann Hagen. Lipsiae Teubner 1878,
ad I 27.
2) Bartsch (Albrecht von Halberstadt und Ovid im Mittelalter
p. LXXXIII) hésite à accepter un emprunt direct à Ovide de la part de
Benoît.
LXIV INTRODUCTION
yiiW envie la fisl Pallas;
ele l'ovra par grant merveille,
quanl Arannes l'ot aatie . . .".
C'est une allusion à Métamorphoses VI 5 sqq., où Araebne
veut en effet se mesurer avec Minerve dans l'art de tisser,
forfait qui lui vaut d'être changée en araignée.
Pour le récit intercalé du jugement de Paris les choses
sont plus compliquées. Voici la version de cet épisode mytho-
logique dans l'Eneas: les trois déesses sont en querelle à
cause d'une pomme que ,, Discorde" leur avait jetée et où
était écrit „en Grezeis" qu'elle était destinée à la plus belle.
Elles viennent à Paris pour lui demander de se prononcer sur
ce point, et ensuite chacune d'elles retourne le voir en secret
et lui promet tout ce qu'elle peut: Vénus l'emporte sur ses
compagnes. Le traducteur ne peut pas avoir pris ce récit
dans Ovide, car aux deux endroits où celui-ci en parle
(Héroides XVI 53, XVII 116) il ne fait pas mention de la
pomme.
J'ai déjà dit (p. XXIX) que le récit se trouve également
dans le Roman de Troie (v. 3828), mais sous une autre forme.
Ici c'est Mercure, qui, étant venu avec les déesses, parle pour
elles à Paris; en revanche, il n'y est pas parlé de la Discorde.
Benoît trouvait ce récit dans Darès, chez qui manque cepen-
dant la mention de la pomme et des promesses que font les
déesses à Paris i). M. Meybrinck^) suppose que Benoît a pris
ces détails dans ce que Servius remarque à En. I 27 ^). Mais
si Benoît n'avait connu la pomme que par les quelques mots
qu'en touche ce commentaire, comment aurait-il pu deviner le
rôle qu'elle joue dans le récit? Puis, d'où aurait-il pris sa
connaissance des promesses que font les autres déesses? Il
^) Il est vrai que chez Benoît seulement la promesse de Vénus est
nommée expressément ; pourtant Paris (qui y raconte l'histoire lui-môme) dit :
Chascune cunseilla a mei,
Priveement et en segrei;
Suz ciel n'a rien que je vousisse,
Qu'a icele ure n'eu traisisse.
2) „Die Auffassung der Autike bei Jacques Milet, Guido de Colonna
nnd Benoit de Ste More" (Ausgaben nnd Abhandlungen ans dem Gebiete
der romanischen Philologie LIV) p. 7.
") Cp. ci dessus p. LXII.
LES SOURCES LXV
est évident qu'il a ajouté au récit de Darès quelques détails
qu'il savait d'ailleurs, et probablement il a complété sa version
du récit, en puisant à la source où le traducteur de l'Enéide
a pris le sien entièrement; ce qui le prouve, c'est la concor-
dance dans la description de la pomme, où il y avait écrit
„en Grezeis" qu'elle était destinée à la plus belle des trois.
Quelle peut être cette source commune?
Remarquons que la pomme ne fait partie du récit du juge-
ment de Paris que dans la littérature très postérieure, de sorte
qu'il n'est que naturel qu'elle manque dans Ovide et dans
Darès '). Dans les fables qui vont sous le nom de Hygin, le
rapport entre les noces de Peleus et de Thétis (où Eris, n'ayant
pas reçu d'invitation, causa la querelle des trois déesses au
sujet de la pomme) et le jugement de Paris est établi 2). Dans
Lucien également, et ici il est dit expressément qu'on avait
écrit sur la pomme qu'elle était destinée à la plus belle des
trois déesses 3), Apulée (Métamorphoses 10) raconte le juge-
ment au large, mentionne la pomme, mais ne parle ni des
noces de Thétis et de Peleus ni de l'inscription sur la pomme.
Tous les trois font accompagner les déesses de Mercure.
Le résultat de cette constatation n'est pas concluant pour
la question qui nous occupe. La seule chose que nous puis-
sions affirmer, c'est que, par la mention expresse qu'il y avait
une inscription sur la pomme, la version des poèmes français se
rapproche le plus de Lucien. Comme Mercure ne fait défaut
dans aucune des versions antiques du récit, nous pouvons ad-
mettre que le traducteur de l'Enéide, bien qu'il ne le nomme
pas, l'a trouvé cependant dans l'original qu'il suivait.
Au vers 1911 du Roman nous lisons:
. . . et le soleil fait resconser (se. la sorcière)
en plein midi et retorner
tôt ariere vers orient;
de la lune fait ensement . . .
L'Enéide ne donne que ceci (IX 488): „et vert ère sidéra
^) V. sur le rôle de la pomme comme attribut de Vénus, l'artiicle de
M. Frankel dans r„Archâologische Zeitung" T. 31 (1874) p. 38.
'■*) Hygini fabulas edidit Mauricius Schmidt, Jena 1872, p. 87.
2) Mar. dial. 5 : èvè^aXsv èq xo ^vfinôaiov fi^Xôv ri TtâyxaXov, XQ^'
aovv okov ■ ènsyéyçaTizo ai „!] xaXij ka^éz<o". Cp. Symp. 35.
Bibliotheca Normannica IV. q
LXVI INTRODUCTION
rétro". Serait -il aller trop loin que de voir dans la mention
faite de la lune un souvenir des Métam. VII 207 y,te quoque,
T uYiCL trciho'^ !•
Je place sous cette rubrique l'endroit où notre traducteur
montre qu'il a connu l'histoire des Sept contre Tlièbes. Est-
ce par la Thébaïde de Stace ou par le Roman de Thèbes?
Pour le moment une réponse à cette question est impossible;
peut-être que la prochaine édition du Roman de Thèbes nous
édifiera sur ce point. Voici les vers en question. Parmi les
personnes qu'Énée rencontre dans l'enfer, se trouvent les sept
héros du siège de Thèbes, bien qu'ils ne soient pas nommés
dans l'Enéide (v. 2669):
En icel camp ert Adrastus,
Polinicés et Tydëus,
Ipomedon, Parthenopeus,
Amphiaraus et Capeneiis.
Il est à remarquer que le traducteur les nomme l'un après
l'autre, sans les confondre avec les héros du siège de Troie,
qu'il cite au môme endroit, de sorte que, pour lui, c'étaient
plus que des noms; il se rendait bien compte que ces person-
nages rentraient dans un autre cadre que Ménélas et ses com-
pagnons.
Les chansons de {/este. Cette nibrique devrait renfermer
les détails de combats, d'armure et de vie chevaleresque qui
se trouvent dans les parties que le poète a ajoutées à l'Enéide.
Cependant, ayant dit au début de ce chapitre que tout le
poème est imprégné des idées du moyen âge, nous n'avons
plus besoin d'insister sur les passages où cet esprit se révèle.
Je ne veux que relever deux endroits. Le premier à été déjà
cité par M. Parodi2); c'est le vers 8769 suiv., où Lavinie envoie
une lettre à Énée par une- flèche. M. Parodi en rapproche
1) Herbert de Fritzlar, un des traducteurs de Benoît de Ste-More, a
ajouté ce tour de force à ceux dont Médée est capable. M. Dunger (1. c.)
y voit un emprunt direct à Ovide. On serait tenté d'y chercher un em-
prunt à Veldeke; M. Behaghel donne à la page CCVI de son édition de
rEnéide une liste des détails qu'Herbert a pris dans l'œuvre de Veldeke.
Mais celui-ci ne traduit pas le vers 1913 du Roman
2) I rifacimenti e le traduzioni italiane dell' Enéide di Virgilio
prima del rinascimento p. U8 Note. Studj di Filol. romanza.
LES SOURCES LXVn
l'endroit dans Girbert de Metz où la fille de Fromont se sert
de ce moyen pour ne pas prendre part à la trahison contre
Hernaut (Hist, litt. de Fr. XXH 625).
Au vers 7838 Latin dit qu'il sait une île où le combat
singulier entre Turnus et Enée pourrait avoir lieu. Cette île
n'est pas mentionnée dans l'Enéide, et, ce qui est assez curieux,
dans Enéas le combat se fait pourtant sur la terre ferme,
comme la suite le montre (v. 9290). Nous avons donc ici affaire
à un thème, introduit incomplètement par le traducteur et imité
des chansons de geste, où l'île pour le combat singulier était
typique: le „holmgang" de la poésie Scandinave.
Contes orientaux. On sait que le moyen âge a beau-
coup chéri les contes Orientaux. M. Bartsch, dans son In-
troduction au poème moyen-haut-allemand de „Herzog Ernst",
rend à peu près certain que le ^Voyage de Sindbad" a fourni
de la matière à l'auteur de ce poème, et, dans une revue néer-
landaise „de Gids* (Année 1889, Août p. 278 — 312), le savant
professeur de langue et littérature arabes à l'université de Leyde,
M. de Goeje, se rallie à cette opinion. — Lui aussi, trouve -pro-
bable l'existence, au Xlle siècle, d'un livre latin où les merveilles
de ce voyage ont été décrites et qui a servi de source au poète
allemand. Que ce soit par ce livre on d'une autre manière, ce
qui est certain, c'est que le traducteur de l'Enéide a également
connu ces contes. Il y a deux détails qui prouvent un em-
prunt au „ Voyage de Sindbad": d'abord les murs aimantés
de Carthage (au vers 433), dont l'idée lui est venue sans doute
par la montagne aimantée (V. Gids 1. 1. p. 288) i), et puis les
juments de mer (au vers 8935) (V. Gids p. 282) 2).
Les Bestiaires. Bien que les quelques détails merveilleux
de l'Enéas que j'ai retrouvés dans le Bestiaire de Philippe de
Thaiin, proviennent probablement aussi de l'Orient, et, du
moins, ne sont pas du crû de ce poète, j'en fais une catégorie
à part, parce qu'il m'est impossible de remonter, pour ces dé-
^) Cette montagne aimantée a été très goûtée au moyen âge. Sir
John de Maundeville y croit encore. V. Revue des deux Mondes. Liv-
raison du 15. Nov. 1889.
2) D'après une remarque judicieuse de M. de Goeje, les chevaux
de mer doivent leur existence à la circonstance que, dans l'Inde, les meil-
leurs chevaux étaient importés d'outre mer.
e*
LXVm INTRODUCTION
tails, plu8 haut que Philippe, et d'indiquer avec précision la
source où il les a pris.
Qu'on compare à la description des crocodiles, au vers 471,
les vers suivants du Bestiaire (330) i):
„Cocodrille signefie
diable en ceste vie,
quant huche overte dort,
dune mustre enfern et mort.
Idrus est heste e nage
d'un estrange curage; . . .
dune vient a cocodrille
la u il dort en le idle
en la bûche se met
petit et pelitet.
Or oez quel merveile;
H cocodrille s'esveille,
itant par est glut
que tut vif festranglut.
Idrus el cors H entre,
la buele de sa ventre
li trenche, e départ,
si l'ocit par tel art.
Puis s'en ist vif del cors,
sa huele eti g et hors'^^).
On retrouve l'oiseau Calade du vers 7467, dans Philippe,
au vers 1058:
Et Phisiologus
dit que Caladrius
en curt a rei deit estre
et de une chose est maistre,
que il set bien choisir
hume ki deit mûrir,
*) Edition de Wright. Popular Treatises on Science written during
the Middle Ages. London 1844.
^) Cp. Apulée „Bellua immanis cocodrilliis ille, qui in Nilo gignitur,
ea quoqe, uti comperior, purgandos sibi dentés innoxio hiatu praebet.
Nam quod est ore amplo, sed elingui, et plerumque in aqua recluso,
multae hirudines dentibus implectuntur; eas illi, quum egressus in praeripia
fluminis hiavit, una ex avibus — arnica avis — injecto rostro sine noxiae
periculo exscalpit".
l'édition du texte lxix
de enfermete que hum ad,
kl devant lui vendrai.
Se il deit mûrir par veir,
nel deignerad veeir;
mais se il volt veer.,
très bien saces pur veir,
que par sun veement
le mal de fhume prent,
tut le mal a sei trait,
et H hum sain se vait . . .
Le monstre de mer, appelé „cetu8", qui, dans l'Énéas, est
mentionné au vers 4446, est également nommé dans le Bes-
tiaire (au vers 108), et l'on se demande si l'on est en droit de
rapprocher des oiseaux qui pondent en mer (Enéas 4032),
l'oiseau „Fullica" du Bestiaire (1351):
Fullica est valable
et oisel entendable ...
En eve fait sun ni.
Chapitre IV.
L'édition du texte.
Comme base de mon édition, j'ai pris le manuscrit A, qui,
non seulement, est le plus ancien, mais aussi le plus correct
de tous mes manuscrits. Il a été copié par un scribe lorrain
(ainsi il écrit lo pour le), sur un manuscrit normand (c'est, du
moins, une hypothèse qui expliquerait 1. la graphie de wn pour
on, laquelle s'y rencontre, quelquefois; 2. la conservation, à quel-
ques endroits, de ei pour oi', 3. celle de la terminaison ot
pour oit dans quelques vers).
Je m'en suis tenu le plus près possible pour l'orthographe
du texte, et, en général, je ne m'en suis écarté que quand les
résultats de mes recherches au Chapitre II m'y autorisaient.
Je vais indiquer maintenant quels sont les changements
que j'ai apportés. Pour simplifier, je les divise en deux grou-
LXX INTRODUCTION
pes. D'abord les changements constants: quand le manuscrit
note un mot ou un son régulièrement par la même graphie, que,
régulièrement, j'ai dû changer, il serait oiseux de citer tous les cas
où ce mot ou ce son se présentent. Je range dans cette catégorie
les mots et les sons où j'ai rétabli l'orthographe étymologique,
tandis que le manuscrit se sert, tantôt de cette orthographe,
tantôt d'une autre plus moderne. Ce n'est que dans le cas que
le mot serait douteux, qu'il importe de savoir l'orthographe dont
se sert le manuscrit, et, alors, le mot sera cité dans le second
groupe; mais qu'il écrive à tel vers mes, à tel autre mais,
voilà qui n'a qu'à être constaté une seule fois pour toutes,
sans qu'il soit nécessaire de citer les vers où il écrit mes et
ceux où il rend ce mot par mais. Dans le second groupe
figureront, dans l'orthographe de A, les mots dont j'ai changé
la graphie, changements isolés, qui ne se laissent pas ramener
à la première catégorie.
I. Changements constants.
A. Phonétique.
I. Voyelles.
a. an et en sont confondus par le copiste, qui écrit pres-
que partout a«, très rarement en (par exemple 8459 deme?ide,
5394 entrée, 5403 dedenz). J'ai rétabli la différence.
Famé (que le manuscrit écrit rarement femme^ par exemple
au vers 6789) a été remplacé par femme.
al, el. Pour les mots qui, en ancien français, ont les deux
formes, j'ai gardé la graphie du manuscrit.
e. el, els, elz, ell sont notés dans le manuscrit par al {al
8056, fealtez 9827), iau (iaude 6972), iaics (oisiaus 429), als (cals
180), ials {biais 717), ialt {bialté 175, aquialt 257), aux {solauz
10033), iauz {miauz 75). Comme les rimes ne prouvent pas
que, dans le dialecte de l'auteur de l'Enéas, un a se soit
développé entre e et /, j'ai rétabli els, elz etc.
Quelquefois il rend la voyelle par o, qui correspond tou-
jours à un ^ latin, par exemple: cols (5546), chevox (2011),
artolz (2566).
el {en le) est régulièrement écrit ou dans le manuscrit.
Le manuscrit écrit partout ee pour eee (7523 effree, 7740
agrée). J'ai partout rétabli eee.
l'édition du texte lxxi
J'ai gardé la forme de, Gre pour deu, Greu, là où elle se
trouvait dans le manuscrit. Qu'on veuille corriger les vers 37,
38. 339. 2232.
L'accusatif de l'article est écrit lo dans A. J'ai restitué
la forme le.
giter, gita, gitot a été partout changé en geter etc.
e protonique a été rétabli (en dehors des mots cités dans
le second groupe) dans oU (144 aust, 1655 Dlaust. 583 aUmes
etc.). Le manuscrit écrit partout au.
0. q tonique, dans le manuscrit, est tantôt diphtongue
{sesmuet 319), tantôt il s'écrit o {înove 3397, avoc 5548). J'ai par-
tout imprimé ue, parce que les rimes attestent la diphtongaison
dans l'original. Au commencement du mot j'ai imprimé oe au
lieu de ue (cp. Cligés éd. Foerster LXXI).
Dan^ bon (écrit dans A bon 5950 ou buen 1872) j'aurais
pu m'autoriser de la rime qui se trouve au vers 4507, pour
me tenir à la graphie du manuscrit. Mais j'ai préféré égaliser
la graphie ici comme ailleurs.
on, l'on est noté par A an, lan. J'ai rétabli on et con-
servé l'en.
Devant / mouillée j'ai gardé au rétabli o; le manuscrit écrit
oi (oil 9098) ou ue {duel 9097) ou, rarement, uei {dueil 8215).
Cp. p. XV de l'Introduction,
0 de au latin s'écrit dans A ou (lou 6590, ou (apud) 65).
J'ai imprimé o.
0 est noté dans A ou {prou 1591, ou {ubi) 6890) ou bien
eu {preu 5688). Ici encore il a fallu rétablir o.
Egalement là où, par exception, le manuscrit note o de-
vant nasale par u (Cp. onc 2 et une 21, dont 298 et dunt 40,
tombe 7637 et tumbe 7644).
ie devait être rétabli partout {guidèrent 5328, comencerent 3740.
Également iee pour ie, qui est fréquent dans A {afebleie
7250, redrecies 597, depecies 598, chient 476).
J'ai distingué le futur iert de l'imparfait ert, ce que le
copiste de A ne fait pas toujours (cp. tiert 8717 et ert 113).
ai. J'ai introduit partout la graphie étymologique. Le
copiste de A confond ai, et, e {praignent 2886, serement 3494,
pleisir 1382); il note ai devant n par a {a7îsi 263, planement
6179, sane 7972).
t
LXXn INTRODUCTION
ei. Ce son est écrit, dans A, dans les syllabes protoni-
ques ei {merveillos 5405, paveillon 7335, oreiUier 7461), ou oi
(anvoier 5931); et oi ou, très rarement, ei dans les syllabes
toniques {aveine 355, merveilles 5662; des exemples pour oi se
trouvent passim, ainsi tous les imparfaits en o«7, poine 356,
moins 5448).
oi devait être rétabli dans poi (écrit po 685, 9081; pou 9882).
eu devait être rétabli partout dans sol (285), solement (2025),
dous (6844), sarcoz (7645), lou {locum 4461, écrit leu 6882),
jous (6881).
n. Consonnes.
h. Quant à h latin je me suis tenu au manuscrit, ex-
cepté pour latin homo, que, au nominatif singulier, j'ai imprimé
oem et partout ailleurs home ou ome^ suivant le manuscrit.
/r, g, qu^ gu. J'ai noté le son k par c devant les voyelles
gutturales, et par k devant les voyelles palatales. Ainsi il m'a
fallu changer en k le qu des mots suivants: ki (nomin.), onkes^
iluekes, aikes (cp. Mail. Comp. p. 93).
cui (ace.) et cuidier sont à quelques rares endroits écrits
dans A qui (1275), quidier (3113).
J'ai noté le son dz par g devant les palatales et par j
devant les gutturales. Le manuscrit a, dans le premier cas,
g {degiete 8077, iugemant 125), i {luiement 113); devant a, o, u
il note ce son par i (ingéra 130, iaaii 2733) ou par J (James
8599).
Le manuscrit ne connaît que la forme îardier, atardier
(tarda 1500, atarder 1866, atardie 5037). La rime large : barge
(241) montre qu'il faut partout remplacer d par g.
Dans les mots d'origine allemande commençant par ^,
provenant de tv^ j'ai noté gu^ au lieu de g. Le manuscrit a
partout g.
j a été imprimé au lieu de i dans seior (606), seiorner
(607) etc.
I. Le copiste est très inégal quant à la vocalisation de
/ (baudor 1130, altretant 1142, mais 1281, vasaus 1286). Il
fallait régulariser. Dans quel sens? Nous avons vu que, il
est vrai, notre poème contient quelques rimes qui attestent la
vocalisation; pourtant, pas plus que M. Warnke, je n'ose ac-
l'édition du texte LXXin
cepter la vocalisation dans toute son étendue pour l'Enéas,
car les exemples en sont trop rares. Je rétablis donc partout /.
Quelquefois A omet / sans le remplacer {cop partout^, as
114, escoterent 846, escotez 4115, ques 7826, sos 7840).
m, n. m devant h, p est noté par n ou par l'abréviation
connue. Dans ce dernier cas j'ai imprimé m; sans cela j'ai
gardé n. On trouvera la trace de mon hésitation sur ce point
dans quelques graphies au commencement du texte (249, 269,
286, 578, 719, 897 etc.), où il aurait fallu imprimer n au lieu
de m. Au glossaire j'ai imprimé n étymologique devant h, p.
m après ai ne se confond pas avec n\ il fallait donc ré-
tablir la lettre étymologique. Le manuscrit écrit n (8133,
9947, 9948).
Après 0, m et w se confondent. Le manuscrit, là où m
est étymologique, écrit quelquefois l'abréviation {nom 1581),
quelquefois n. J'ai rétabli partout m dans ces mots.
t, d. Nous avons vu que, dans l'Énéas, un d était inter-
calé entre n et r. Le manuscrit tantôt l'écrit {veiidroie 5833),
tantôt l'omet {vanrai 5827). Il fallait l'introduire partout.
Entre / et r le manuscrit place un t dans voltrent (112,
1053 etc.). Nous avons changé le t en d.
Pour les hiatus, occasionés par la terminaison -e{t) de la
3e pers. sing. indic. prés, le conjug., dont nous avons donné
plus haut des exemples, je me suis tenu à mon manuscrit, a
quelques rares exceptions près. Tandis que les autres manus-
crits tâchent de faire disparaître l'hiatus par des chevilles, A
(et c'est une preuve de son exactitude) le conserve le plus
souvent. Exceptionnellement nous pouvons l'attraper sur le
fait d'en faire disparaître; ainsi au vers 1229.
Le / des parfaits en -«7, -ut étant tombé à l'époque, de
notre auteur, nous l'omettons là où A l'écrit (par exemple au
vers 9764).
s, z. En général, le copiste est exact à distinguer ces
deux sons. Pourtant il écrit quelquefois z où il faut s {torz
245) ou s ou lieu de z {ces 6480). J'ai rétabli partout la lettre
qu'il fallait.
Quant à s devant consonne (liquide ou forte), A l'écrit par-
tout, excepté devant / (par exemple meller 3509) et / {effroii
3806, efforz 5944). Je l'ai rétabli aussi dans ces mots.
LXXrV INTRODUCTION
2: a le son de s douce dans donzel, donzele, Grezeis.
Le manuscrit écrit quelquefois x pour s {repox 335, chevox
2082). J'ai rétabli s.
J'ai fait disparaître x pour us.
Doublement de consonnes. En général je me suis
tenu au manuscrit. On trouvera dans la seconde partie de ce
chapitre quelques mots où j'ai changé l'orthographe de A sur
ce point. Je place parmi les „ changements constants les mots
parolle (1566, 1813), voilent (2175, 2236) et la terminaison elle
(5869, 5896), qui partout sont écrits avec II et que j'ai im-
primés avec / simple.
Séparation de mots. Voici les expressions que le ma-
nuscrit écrit toujours en un mot et que j'ai toujours séparées:
des i (écrit desi 45, 985).
de bot (écrit dehot 3861, 7703).
en fin (écrit anfin 7841).
ja mais (écrit iames 8599).
a seitr (écrit aseur 8759).
Montalhan (écrit mont auhan passim).
lai enz, lai sus, lai jus (écrit laienz 1944, lessus 2501 ou
lai sus 1876, leissus 2913), çai enz, ça sus, mi Jus (écrit çaianz
4968, çaisus 2328, caus 2502).
or freis (écrit orfrois 1474).
B. Flexion.
Substantif. Masculins IL La différence entre le nomi-
natif et l'accusatif a été rétabli dans le corps de vers.
in. Le manuscrit a des fautes, par exemple hons 8951.
Le copiste a laissé aux noms propres (quand il ne les a
pas indiqués par l'initiale) la déclinaison latine, par exemple
eneam (8049), a eneam (8862), enee (7843), Euriale (5156). Bien
que, au vers 3932, la forme Neptuni soit attestée par la rime,
j'ai cru devoir rétablir partout les formes françaises.
Féminins IL Nous avons vu plus haut que l'Eneas
montre tant les formes anciennes sans 5, que les formes mo-
dernes. On pourrait uniformiser dans les deux sens. Si l'on omet
partout 5, on vieillit le texte; en ajoutant *, on représente
comme accompli un développement qui n'est encore qu'en train
l'édition du texte lxxv
de se faire. Je me suis décidé à placer s partout, excepté dans
les mots qui se trouvent à la rime avec un mot sans s.
Adjectif. Le féminin analogique a été écarté là où le
mètre le permettait, par exemple au vers 4913.
Dans anbedos (par exemple 6067) s a été rétabli après anhe-.
Verbe. Personnes. La le pers. du pluriel a été im-
primée sans s à la fin.
Les 2e pers. plur. du subj. en eiz (manuscrit oiz\ qui sont
sans doute authentiques, ont été conservées.
vait a partout remplacé ya, forme qui, d'ailleurs, ne se
trouve que rarement dans A (155).
Temps. Imparfait. La terminaison de l'imparfait de
la le conjugaison est écrit oit, et quelquefois ol (aux vers 1438,
1488, 1868, 1864, 1954, 2071, 2661, 2662, 2680, 2681, 2682,
2807, 2819, 3503, 3504, 4551, 4552, 4635, 4645, 5238, 5409,
8416, 8417, 8418, 8420, 8421, 8422, 8423).
Futur. Les futurs en -erra ont été rétablis dans les
verbes remembrer (écrit remembrera 316), membrer {manbrera
1783), mostrer {mostrerai 2213).
Dans le futur de remaindre, ain a été rétabli au lieu de
an qui est constant dans A (par exemple remanroiz 6968, re-
mandront 6553).
Imparfait du subjonctif. A côté des formes poisse
(8274), puisi (8672), se trouve peusse (10076). J'ai rétabli
cette dernière forme.
Adverbe. A écrit la négation ne, même devant les vo-
yelles. J'ai changé ne en nen, quand ne est suivi d'une voyelle.
Conjonction. La conjonction si est souvent écrite se,
surtout là où elle est suivie du son /. J'ai introduit partout
cette dissimilation, et, quand il n'y pas de / qui suit, j'ai ré-
tabli la forme si (par exemple au vers 4961).
ainçois (adv. et conj.) a été change en anceis.
J'ai rétabli dans le texte la différence de donc et dont
qui ont été confondus par le copiste (par exemple au vers 298).
Quant aux alinéa, je me suis tenu au manuscrit, excepté
pour le cas où tous les autres manuscrits étaient d'accord à
mettre un alinéa et où A seul ne l'avait pas; dans ce cas -là
on peut croire à une négligence de la part de A (ainsi au
vers 5025).
LXXVI INTRODUCTION
II. Changements isolés.
14 nesparnoient. — 79 estoyle. — 90 esquipé. — 190
vaucrer, — 201 estoilles. — 202 voilles. — 248 decassez. —
251 soldeement. — 315 deliotera. — 365 errent. — 400 grel-
letes. — 446 aers. — 467 fie. — 473 pesonez. — 480 peisons.
— 486 isle. — 512 oiseries. — 516 costivee. — 522 reaime.
— 528 Capitoille. — 539 Capitoille. — 545 idres. — 558 pal-
leor. — 564 Antan. — 567 astrent. — 580 loigtaine. — 585
veismes. — 591 ilues. — 604 espenoi. — 653 tiriene. — 654
libicaine. — 674 propre. — 676 dedevant. — 688 roeue. —
730 chambellan. — 777 quel. — 871 raviens. — 934 certai-
gnement. — 952 anginie. — 964 anginier. — 1064 soi. — 1066
toit. — 1111 angineor. — 1128 euverz. — 1136 deffare. — 1161
davant. — 1181 siait. — 1286 linage. — 1320 estuisse. — 1331
ussez. — 1376 escauciee. — 1450 e r. — 1451 velt. — 1464
coivres. — 1475 coivre. — 1485 tiriene. — 1486 Diene. — 1524
sestorse. — 1528 seinor. — 1535 felenie. — 1537 dasriere. — 1544
ielz. — 1568 felenie. — 1632 angoisos. — 1660 anginier. — 1692
felenie. — 1728 falez. — 1729 jaceront. — 1775 fais. — 1840
quan que. — 1845 cotie. — 1883 velt. — 1883 esaier. —
1923 mure. — 1924 augure. — 1937 destrure. — 1938 augure.
— 1970 trebuch. — 2032 memelle. — 2053 glore. — 2054
memore. — 2065 daccordement. — 2074 laloigne. — 2092
menginastes. — 2120 larme. 2177 josne. — 2188 renne.
— 2189 real. — 2195 elissiens. — 2200 augure. — 2206 esto-
illes. — 2278 lessilliee. — 2291 an mont. — 2292 ielz. — 2378
vels. — 2408 felenie. — 2429 san cors. — 2431 saiches. —
2441 pasaige. — 2448 molsues. — 2453 decassee. — 2484 fluve.
— 2502 caus. — 2528 tollir. — 2572 petrine. — 2646 resne.
— 2672 Amphiaras. — 2733 iaan. — 2734 boban. — 2768
puor. — 2769 puor. — 2801 geuent. — 2806 deduoient. —
2827 liniee. — 2863 Sichans. — 2905 espanoi. — 2952 es-
cauciee. — 2988 escauciee. — 3012 veor. — 3123 antequite.
— 3135 creone. — 3142 mesaige. — 3148 montaine. — 3206
linages. — 3237 vieil — 3238 fegne. — 3242 real. — 3258
petrals. — 3287 vels. — 3302 vels. — 3317 panra. — 3319
vels. — 3325 tolient. — 3340 ansin. — 3350 escauciee. —
3465 velt. — 3482 retollir. — 3489 per. — 3535 sen henap.
L'EDITION DU TEXTE LXXVII
— 3559 chescune. — 3585 bische. — 3599 daarriens. — 3605
plasseiz. — 3609 siant. — 3641 curiee. — 3650 seiniee. — 3679
ehei. — 3725 porpanent. — 3751 diffension. — 3792 lainz ne. —
3815 dissoient — 3894 aseor. — 3898 meismes. — 3942 eues.
— 3961 damoisselle. — 3991 dolgiez. — 4006 vallent. — 4013
broudee. — 4020 oissiaus. — 4023 sorciente. — 4057 lovinaz.
— 4058 eostaz. — 4062 jaues. — 4062 james. — 4067 james.
— 4083 estrie. — 4084 petriaus. — 4122 nenaie. — 4152
roiume. — 4180 velt. — 4189 seriens. — 4199 atroignons. —
4291 arbelestiers. — 4320 velt. — 4322 velt. — 4336 deser.
— 4361 soltil. — 4362 dolgie. — 4388 vielt. — 4390 sosploier.
— 4394 esoigne. — 4405 sangoisent. — 4416 soltilment. —
4420 maailles. — 4423 eop. — 4486 litez. — 4459 soltiz. —
4567 laisier. — 4613 voilles. — 4614 estoilles. — 4616 tier.
— 4645 glore. — 4646 victore. — 4684 Aviez. — 4740 panre.
— 4804 idons. — 4834 meignent. — 4944 irras. — 4997 fusiens.
— 5009 antandisiens. — 5017 gardant. — 5036 peor. — 5099
chosi. — 5128 espoisse. — 5135 boison. — 5137 esloiniez. —
5151 seguist. — 5180 ilues. — 5214 dis. — 5229 espenoir. —
5272 compère. — 5312 carriax. — 5351 igniaument. — 5375
bélier. — 5408 laceure. — 5447 la us. — 5450 geui. — 5462
desi. — 5492 loin. — 5496 li ainz nez. — 5510 daveneir.
— 5545 desries. — 5560 paseuent. — 5568 esparnez. — 5571
demenois. — 5576 raseut. — 5594 boisines. — 5613 destriers.
— 5619 rivaige. — 5620 naige. — 5625 neis. — 5626 remeis.
— 5630 hantes. — 5638 neis. — 5643 proesces. — 5675 loign.
— 5676 besoign. — 5679 eohardie. — 5686 arrière. — 5689
forteresce. — 5690 proesce. — 5697 Enmez. — 5700 hoisiax.
— 5704 eant. — 5705 cuit. — 5715 viaut. — 5735 cartier.
— 5738 chei. — 5746 agaitiie. — 5751 eschaucirra. — 5764
choisist. — 5779 broine. — 5780 longe. — 5816 soldeement.
— 5843 mesnie. — 5874 quel. — 6003 enveiroient. — 6058
comunement. — 6062 veil. — 6066 leax. — 6098 cart. —
6117 paille. — 6118 Tessaille. — 6209 toit. — 6224 veor.
— 6251 moignent. — 6286 felenie. — 6289 paille. — 6330
oirre. — 6356 sacrefie. — 6390 nisist. — 6404 escberpe. —
6414 sarcous. — 6445 cimesses. — 6450 sarcou. — 6462 reax.
— 6463 escepre. — 6474 torbentine. — 6483 maurroit. —
6527 lus. — 6557 linnage. — 6576 no. — 6585 costez. —
LXXVm INTRODUCTION
6590 doinon. — 6605 pailles. — 6620 sirre. — 6641 anginos.
— 6719 compare. — 6754 felenie. — 6796 su e. r. — 6830
anveissent. — 6892 huiez. — 6922 apoiee. — 6925 gigue. —
6984 plaine. — 6990 effroe. — 7006 poldroier. — 7018 eomu-
nement. — 7045 suoit. — 7050 voidier. — 7078 reeraant. —
7086 coldre. — 7117 ving. — 7147 desriere. — 7150 en ese.
— 7159 desriere. — 7160 parsurre. — 7160 meniere. — 7266
dongier. — 7287 arbeleste. — 7295 cot. — 7299 carrez. —
7341 veor. — 7397 besoin. — 7398 loin. — 7530 sigie. —
7555 eimesse. — 7556 seslesse. — 7605 veor. — 7606 aseor.
— 7617 grelles. — 7633 derriene. — 7641 cepre. — 7714
en islore. — 7720 luisserie. — 7749 claing. ^ 7750 aing. —
7752 chalonge. — 7757 moire. — 7835 mesaiges. — 7840 hasti-
soit. — 7845 violt. — 7863 vialt. — 7864 te elamaime. —
7865 vialt. — 7872 coraige. — 7884 colui. — 7932 vielz. —
7953 lou. — 7965 seuant. — 7997 vials. — 7998 dials. —
8002 no loi. — 8010 espanoir. — 8022 lèse. — 8023 velt. —
8130 menace. — 8148 veor. — 8155 mervoille. — 8206 ferte.
— 8215 plain. — 8820 amartume. — 8241 aing. — 8368 pre-
mere. — 8387 veor. — 8437 Antan. — 8477 vels. — 8483 no.
— 8596 sigle. — 8617 vials. — 8649 viaut. — 8694 vialt. —
8722 viltaige. — 8782 cal 1. s. — 8806 tries. — 8837 chei. —
8896 ielz. — 8915 delictot. — 8969 angoisosemant. — 8977 nies.
— 8979 vialt. — 8997 nequeten. — 8998 denginier. — 9008 vialt.
— 9010 felenie. — 9021 dialt. — 9058 chalongier. — 9080
velt. — 9101 rechei. — 9102 meniere. — 9145 lesparnera. — 9160
peor. — 9192 destrainoit. — 9237 consilz. — 9302 bénir. —
9323 cheor. — 9346 toit. — 9356 linage. — 9401 vialt. —
9542 eschasse. — 9596 esparnier. — 9630 eschielles. — 9634
anbrassee. ^ 9636 eitean. — 9638 fussen. — 9654 maia. —
9681 vialt. — 9687 vialt. — 9688 vialt. — 9730 voilèrent. —
9735 mitiez. — 9738 mitie. — 9749 desriere. — 9835 espos-
sera. — 9865 dongier. — 9879 ceille. — 9887 chalonge. —
9909 vialt. — 9919 certaignement. — 9927 plainoit. — 9961
cant. — 9973 dongier. — 10002 demenois. — 10010 otaive. —
10042 veor. — 10070 atan. — 10099 reaime.
INTRODUCTION LXXIX
Remarque.
Qu'il me soit permis d'ajouter ici quelques mots de ma part. Quoi-
que l'ouvrage de M. Salverda de Grave, lequel lui a demandé tant de peine,
soit très méritoire, on ne s'attendra pas à y trouver un texte définitif,
les difficultés étant trop nombreuses pour pouvoir être vaincues tout d'un
coup. Je signale ici deux petites questions auxquelles je crois devoir
répondre autrement que M. d. G. Déjà avant le commencement de l'im-
pression je lui fis remarquer que le vieux poète, soit Benoît soit un in-
connu (il sera p. ê. réservé à M. Constaus , qui prépare l'édition critique
d'une partie du Roman de Troie, de résoudre cette question), semble ne
pas confondre dans les rimes le son provenant de t latin avec le son pro-
venant de e latin +y, ni le son provenant de n latin avec le son provenant
de o latin +y. M. d. G. eut parfaitement raison d'objecter (voy. p. XVII)
qu'alors il faudrait supposer un sum à triphtongue {enuei : suei 4707). La
question est donc restée en suspens. — L'autre question regarde les formes
verbales en -et, dont le ^ — bien des rimes le prouvent — n'existe plus.
Il s'agit de savoir si avant une voyelle Ve final peut s'élider. M. d. G.
admet l'élision. Je constate pourtant que presque tous les vers où, dans
le texte imprimé, l'élision est admise sont très faciles à corriger, ce qui
me confirme dans l'opinion que dans le texte primitif de l'Enéas cet e ne
s'élidait jamais.
Suchier.
ENEAS.
Bibliotheo* Kormannica IV.
i
auant Menelax ot Troie asise,
onc n'en torna tresqu'il Tôt prise,
guasta la terre et tôt le règne
por la venjance de sa femme,
5 la cité prist par traïson,
tôt eraventa tors et donjon, --a^>y^/L^^-a-û.a-
arst le pais, destruist les murs:
nus nen esteit dedenz seiirs.
Tote a la vile deguastee,
10 a feu, a flame l'a livrée.
Li Greu prenent les citaains,
nus n'eschapot d'entre lor mains
ne l'estetist morir a honte;
n'espargnoent prince ne conte;
15 ne lor aveit mestier parages ->^^k.^o^^l><n.<L^ juUjujiyx^^
ne hardemenz ne vasalages, c^^tt^ux^^ Z**^ <U'<xJun^
et nen esteit leus de deffendre. «^cc-A-t^Jevj
Tote ert la vile mise en cendre.
Ocis i fu li reis Prianz
20 0 sa femme, o ses enfanz:
1 E ne commence qu'au v. 1769. Les vers 1 et 2 sont illisibles dans F. —
2 HIF ainz, G aine; HI tant quil; D omet V. — 6 HI tour. — 7 HI arse et
destruite fu la terre; G arst le palais, F le palais arst. — 8 G nus hom;
A ne, D ni; HI ainz que finee fust la guerre. — 9 F tôt; I terre {omet a);
A cravantee. — 10 HI a f. et a (I en f. et en) flanbe alumee. — 11 HI
pristrent tôt le pais. — 12 HI neschaperent leur anemis. — 13 D lestent;
HI nus qui ne fu mort ou navre (I q. n. fust ou m. ou n.). — 14 D ne
prenoient; HI nus ne porroit dire verte. — 15 D ne lui avoir a panage,
HI de lor max ne de lor doûiage; A parage. — 16 A hardemant; AD va-
salage; HI nil ne firent mie que sage. — 17 eM8 sont omis dans A; HI
ce mest avis des Griex atendre ; G nil nestoit pas ; F car ni estoit nuns. —
18 HI tout fu le pais mis; G a c. — 19. G omet i; F foi. — 20 D H et
sa femme et s. e., HI et s. f et s. e.; G et o s. e.
1*
4 FUITE
onc ne fu mais tant granz ocise.
Menelax a venjance prise:
toz fist les murs aplaneier Aflù^rÙAj , clCrn^rit.^
por le tort fait de sa moillier.
25 A une part de la cité
tint Eneas en erité
de la vile bien grant partie.
Quant il a celé noise oie,
si reguarda vers le donjon
30 et vit la grant destrucion;
n'est merveille s'il a peor.
Venus la déesse d'amor,
ki sa mère ert, li a noneié
que Troïën sont trebuchié, dX^eùjf^
U'juru eJUx^^ 35 li deu en ont pris lor venjance;
V.__comanda li, senz demorance
ôAJô^ jt«û» g';^ tort, ainz ^el prengnent li Greu,
et ce li comandent li deu
que il ait la contrée querre, cM^M^mO
40 dont Dard anus vint en la terre,
ki fonda de Troie les murs.
Eneas n'esteit pas seiirs; ôu^
deus granz Hues et plus aveit
de la 0 sa maisons esteit
45 des i la 0 li Greu ardeient;
bien sot, qu'il li aproismereient, 'è^ o^ff^x^ocAo^ia^r^
ne se porreit vers els deflfendre.
Bel leisir ot del suen tôt prendre,
21 G aine, FHI ainz (ains); FG si g.; HI gent; H ocis. — 22 H pris.
— 23 et 24 sont intervertis dans HI; HI a fait (toz manque); D t. 1. m. fait;
I appareillier. - 24 F p. les tors fais. - 25 G Dune; F En lune; D mw-
place les vers 25 - 55 par 14 vers que l'on trouvera dans les notes. — 26 A
une e., G en quitee. - 27 HI une g. — 31 HI ot, F eut. - 33 A Chi
es sa mère. — 34 FG detrancie. — 35 FG Griu. — 36 G comande. -
37 A que tost san ait quil prengne li gre; HIF que; HI nel p. H Greu. —
38 Les vers 38-46 sont illisibles dans F. A et ce li comande deli de. —
39 G voist. — 40 G se t. — 43 GHI grans .x. 1. — 44 de] I desi. —
45 G desi que la ou G. a.; A deuer la; I estoient. — 46 HI b. set
que se il laprimoient; G aproceioient. — 47 G a als. — 48 G Grant,
F Boin; G a.
DE TROIE 5
tote sa gent fist asenbler
50 et ses trésors en fist porter;
grant aveir et granz manantises /u-M^-aa-ca^'
et granz rieheees en a prises.
Par un postiz s'en est issuz; perJ^
bien en torna ,iii. m. eseuz.
55 0 sei en fist porter son père
Anchisés, ki molt vielz oem ère,
et par la main mena son fil.
Cil sont livré a grant essil. ^zM^^v^roW:
o^^^^i^^ Soentre lui granz genz s'en vait;
60 la 0 il fuit se sont atrait. -a*- ^.ernt. AAjnoUL.àj
Quant de la vile fu estors, oxMû-pfuil (^ e^hot-dra.^
desoz un arbre loing defors ckJ^^rUi^
a allé 0 lui grant gent;
demande a toz comunalment,
65 s'il se vo'dront o lui tenir
et bien et mal o lui sofrir,
0 s'en voldront retorner enz
vengier la mort de lor parenz;
prez est de faire lor plaisir
70 del retorner o del foïr. -froù^^^
Cil diënt tuit, del repainer
ne del combatre n'est mestier,
car n'ert mie granz lor esforz,
49 F fait. — 50 HI son [trésor; F fait. — 51 FG grans avoirs; F
manandise. — 5.3 FG postic; G en; I II sen issu par .i. pertus. —
54 I gita. — 55 G Od lui; D Enz en son col porta son père. —
56 F Ancisem; omd molt; G bien; D fors de la ville qui vieux ère. —
57 F conduist. — 58 D Si sont livrez a g. descil. — 59 D Avecques
lui tant gent sen fuent; HI Apres sa route; I gente v.; HI omettent s'en,
GF en, A lan. — 60 G 1. o. i. sont, HI 1. o. i. est; F Le mot qui rem-
place fuit est illisible', D qui sen eschapent par la nuit. — 61 FHI sans
alinéa] A sunt. — 62 D d. u. a. de defors. — 63 G a lui; A o soi a alie
sa gent ; HI a assemble o lui ; F aloient. — 64 G demanda ; GF lor c. —
65 GF a; D sil sen voudront o lui fuir. — 66 F et mal et bien. — 67 y
ou sil V. — 68 FHI le duel. — 70 D ou de combatre; FHI ou du vengier
ou du souffrir; G et del sofrir. — 71 — 76 sont intervertis dans GF en ce
sens: 75, 76, 73, 74, 71, 72. D ce d., F et d. Alinéa dans HI. — 72 GF
nont m. - 73 FHI nest; HI nostre e.
6 JUGEMENT
tost les avreient li Greu morz;
75 mielz s'en vuelent o lui foïr
que retorner enz por morir.
De lui firent seignor et maistre,
puis ont guardé devers senestre:
une esteile virent levée
80 ki la veie lor a mostree;
de devant els vait vers la rive:
la vait fuiant la genz chaitive. >n^uJl^u)U>tL~
Eneas cercha les rivages,
trové i a vint de lor barges,
85 que li Greu i orent guerpies,
bien atornees et guarnies. arxy-uk,rry£UL»^*J
Il i entra o tôt sa gent;
eue dolee, vin et froment
trova es nés a grant plenté.
90 Del rivage sont eschipé, -ùjl. .^^rrvfc. trrrJb^j^cuxjL^
O'riu^ Cl, Ia. yjerJia^ enpaint je_sqnt en halte mer,
car n'esteit tens de demorer.
Juno ki ert del ciel déesse
esteit vers els molt felenesse, vnAXâW^^ , (lajum
95 forment aveit coilli en he c^\^ 4^r>j i\jeû^rja^
toz cels de Troie la cité
del jugement que fist Paris;
por lui haeit tôt le pais.
L'acheison de cel jugement ga^^-c^a-
100 _voil raconter asez briement.
Juno et Pallas a un jor,
74 HI nos a.; D omet li. — 75 D m. vouloient; G volrent; F tenir. —
77 D furent. — 78 D de devers destre. — 81 HI devant eus va droit vers
la r. ; G vint a 1. r. — 82 G vint; D sen vait; GF siuant. — 83 Alinéa
dans HI; I cherche; D le rivaige. — 84 A trove la rue de lorb.; GF .xx.
bones b.; HI t. i a .xxn. barges; D barge. — 8.5 A que li Grezois
avoient g. Les vers 85 et 86 sont omis dans D. — 86 GF aornees. —
87 DF II entra enz; HI entre o toute sa g.; FGD a tôt. — 88 D et vin
et eve et forment. — 92 HID lieu. Entre les vers 92 et 93 D intercale
8 vers que l'on trouvera dans les notes. — 93 GF Alinéa. — 94 A cals. —
98 HIF hai. Les vers 98—183 sont omis dans D. — 99 G loquison, F locise.
— 100 G fist demostrer, F voel iou mostrer, HI vous voil montrer. —
101 y Ele et P.; G furent .i. j., HIF erent .i. j.
DE PARIS 7
Venus la déesse d|amor,
estaient a fln_parj_ement; &^rJhAJhja^rJ
Discorde i sorvint sodement. j<ujj><Jt^imà^irvt.
105 Une pome d'or lor geta
entr'eles ti-eis, puis s'en ala.
Il i et escrit en Grezeis,
qu'a la plus bêle d'eles treis
faiseit de la pome le don.
110 Entr'eles en ot grant tençon;
chascune la voleit aveir,
mais par altre voldrent saveir
le jugement, eui iert la pome.
El s ne sorent trover nul home,
115 ki mielz en sache dire dreit
que Paris, ki el bois esteit.
La parole li ont mostree
de la pome ki ert donee
a la plus bêle d'eles treis;
120 a lui ki molt saveit des leis
por jugier en erent venues.
Paris les a bien coneiies; AAC^wrwu-i-*-^
chascune d'eles esguarda
et longuement les avisa; dUL\tiuJ»A^A.
125 porpensa sei que jugement JjL -^'aa^*-*-»-
ne fera pas hastivement ,^^ cU^rnxL^n^Leu ^ /:^yJ.»u
senz grant porpens, et rova lor, *trrJL^Li3hoJ-Lffrù
a lui reviegnent al tierz jor,
102 G et V. la dame d., HI et V. déesse d. — 103 GF jostees; HI
joste orent .i. p. — 104 HI descorde; HI soutement, GF solement. —
106 G entre les; HI .i. de leur diex; y torna. — 108 y que la. —
109 F De le p. f. 1. d. — 110 G Entrels en ot g. contençon, F Si ot
entrelles g. t., HI Entrex en sunt en g. t. — 111 A chascuns; G ch.
dais la volt a., F car cascune le volt a. — 112 GF autrui; GF valrent,
H vodront. — 113 G qui, F quert; H est; GF en 1. p. — 114 G Mais ne
porent; F Elles ne s. t. homme; HI II, A As. — 115 y seust dire voir. —
116 GF q. P. a lui vont savoir, HI q. P. lui le font savoir. — 117 Entre
les vers 116 et 117 A intercale deux vers; voyez la note. Alinéa dans
HI. — 120 HF de lois. — 121 GF por jugement e. v. — 123 y avisa. —
124 y esgarda. — 126 G nen feroit; F point. — 127 HI pria. — 128 y
qua lui; GF repair ent; F autre j.
8 JUGEMENT
si s'en sera mielz porpensez; ruUJauJ^L
130 donc jugera de lor beltez.
Par grant engin le fist Paris, ajuuul.
que il lor a le terme mis;
porpensa sei que entre tant cu.jy^jU)^frJb ul.
l'en vendreient ofres avant, trU^ULA^ o.uf>A^i
135 et porreit en de son j)ro faire. o-vû^oJ'ïiaa.
^ Eles se mistrent el repaire. AjiJ-enM\/r-î^-*u.^'^
si i.r^!iJt^bUrrjA^ Veir ot pensé; Juno première
est revenue a lui ariere
et promist li qu'el li donreit
140 plus que ses père nen aveit,
et molt par le fereit riche ome,
mais qu'il li otreiast la pome,
oliu\ffruJL et afichast por vérité
que ele etist graignor belté.
145 Retorna s'en; ejQ.e8jLe.4iaa. ùuj^ -^ chArr^
en est venue a lui Pallas,
ki ert déesse de bataille,
ki pria li que ne li faille,
0 li se tiegne al jugement,
150 et el li donra hardement c^ru/utAX.
et tel pris de chevalerie,
ne trovera ja en sa vie
nul meillor de sei ne son per,
ja nel porra oem sormonter.
155 Pallas s'en vait. Venus revient,
ki la bataille_d'Aiïior tient
et dame en esteit et déesse.
Celé li a fait tel promesse:
s'a li se tient del jugement,
129 HI si sera molt miex p.; F si se. — 130 HI et j. miex loiautez. —
131 G lor. — 132 HI leur t. — 133 F qnen e. — 134 HI li v. grans dons offrant,
G len i v. offre a. — 135 y bon f.; I et deles p. s. b. f., H deles p. de s.
b. f. — 137 Alinéa dans G; HI pense ot. — 138 G en est venue. — 139 A que
p. li car 1. d. — 140 est omis dans G. — 141 HIF et m. le par. — 143 HI te-
moingnast; GF par. — 145 HI isnelepas. Alinéa dans y. — 146 y est re-
venue. — 147 F est. — 148 y et p.; F prie. — 149 HI tiengne se a lui du j. —
150 HIF Ele li d. — 153 y lui. — 154 HI nel pourra ja; G nus. — 155 HIG
Alinéa. — 156 HI la baillie. — 157 A que. — 15S F Ele, — 159 HI lui.
DE PARIS 9
160 el li donra prochainement ..^^u^^ auju
la plus bêle femme del mont.
Vait s'en; des ofres qu'els li font
se poi-pensa en maint endreit, '^l'uwvii.,».^
al quel de eez treis se tendreit;
165 car molt coveita la riehece
et molt desirra la proece,
mais molt li plot la femme plus,
que promise li ot Venus.
Les déesses ne s'atargierent,
170 mais a lor terme repairierent.
Le jugement ont demandé.
Que que Paris en ait doté, CL£nrrUn.A^r^ ^*-*^
la pome d'or dona Venus
et juja qu'ele valeit plus
175 que les deus altres de belté.
Puis li fu bien gueredoné, Ajic.&rrxf^A*^<^
car dame Heleine li dona:
plus bêle femme ne trova.
Pallas et Juno s'en marrirent .^jl. JAxJ>jLhjLJrJc
180 et cels de Troie en haïrent:
por seul l'acheison de Paris co< r /> 4-
haïrent puis tôt le pais.
Juno vit Eneas en mer,
molt se pena de lui grever, •heu.^^^majnit-^j^
185 .vii. anz toz pleins le travailla, yot.4.'vy«4..*-»yû-
par plusors mers le démena; >ru,^»->x)L. ^oo^ cJl. oM ceuu j12.
el haeit molt tote sa geste. Aati
A un jor li mut grant tempeste,
ki molt forment comut la mer; ou^iti, ^ iM^J^^VL.
190 les nés comeneent a walcrer, Ju^^Ji^ , OuLlt,^ ^
162 G que li, F que il, HI queles. — 164 GF Al quel des .iii.; G il se t.
— 165 G covoitast, F desirast — 166 GFH desiroit, A que. — 167 HIF
plaist. — 16S Hl li a. — 169 HIF Alinéa. H se targierent. — 171 GF
lor j. — 174 H jura. — 178 HI nus nen a. — 179 F se m. — 180 GF
Troies. — 182 GF greuerent; HI ceus du p.; GF lor p. — 183 D Quant vit
en mer ses anemis. Sans alinéa dans HF. — 184 Les vers 184—186 sont
omis dans D. — 186 G em. — 187 HI Ele, omettent molt; A molt an hai;
D soudeement lor fist moleste. — 188 D En mer leva une tempeste; F vint. —
1S9 D qui jusqua fons c. 1. m.; A car. — 190 G ses; HI verser, F valer, D ancrer.
10
JUNON ENVOIE
/
200
"TïUuMJt-oL
i-^orurjLfJ) tonë et pluet, vente et esclaire,
molt comenee lait tens a faire,
-/^uW-^A.*^ chieent foldres espessement, LxtouU-^M.'rru.^rJc-
Oj^tM^ comelie est la mers forment;
195 si fait oscur ne veient gote, AfiuMt.
ne ne sevent tenir lor rote;
ne veient clarté ne soleil.
Il n^seyent d'els nul conseil, .^^-r^ rO* ^jeruM
de nule part ne veient port, cUl AJUé^ou <:
et ciels et mers lor promet mort;
ne veient lune ne esteiles,
rompent les cordes, chieent veiles,
brisent et mast et governail;
molt vont a honte et a travail, à, ûaj-ox*.
Ne e^chipre ne esturman aXjLo'k^
de lor dreit cors n'erent certan;
il ne sevent quel part il tornent,
s'il vont avant o il retornent;
en aventure ont mis lor vie.
Danz Eneas forment s'escrie.
„Par deu", fait il, „buer furent ne
cil ki a Troie la cité
furent detrenchié et ocis.
Por quel m'en tornai ge chaitis?
Mielz volsisse que Achillés
m'eiist ocis o Titidés,
205
210
ÙO'LlAJ
àeirJu
215
l'Jl G tone et si pluet et si e., D vente et p. tone et e., III t. et p.
(H. t. p.) et V. et e. — 192 A comanca; G grant tens. — 193 G et eh.
foldre e. , F chiet esfondres, D cheent flodres. — 194 I esnieue. —
195 F en deux vers, il f. o. — 196 HI pueent. — 167 D lune ne s. —
198 Hl II ne savoient deus conseill. — 199 Entre les vers 198 — 99 D
intercale 4 vers. V. les notes. G ne n. p., F en n. p. — 201 D II ne
voient neis une estoelle. — 202 G lor cordes rompent; D r. c. et c. v., F
c. r. ch. lor v. — 203 G debrisent m.; H bruisent, I rompent. — 204 G
muèrent a h., HI a h. vont. — 205 F Ne esquipier ne estrumans, D Nen
en escipre nen esturmain, HI Ni a esquipe nestrumen. — 206 A de son
d. c. nen ert certan, D Ne de son d. c. nert c, HI qui de lor droit cours
soit c. — 207 G corent. - 208 F sil r. — 209 F omet mis. — 211 D ohi;
F dist; A omet il; HI bon f. n. — 212 D ceulz qui en T. 1. c. furent ocis
et detrenchié. — 213 D Helas pourquoy ni fui occis. — 214 D Pourquoy
eschapai ie c. — 216 I et T.
UNE TEMPÊTE 11
la 0 furent ocis tant conte,
que ci morusse a itel honte.
Por quei ne m'ocistrent li Greu?
220 Molt m'ont coilli en he li deu; 'Pr-u' ay\h ^aÙ^ é./nJ A^u/w
ne puis en terre converser AtÀiyuc^^/rjuj
/04M> et noalz ai en ceste mer;
molt longuement m'ont travaillié,
si n'ont de mei nule pitié.
225 Promise m'ont ne sai quel terre,
ne sai o ge la puisse querre;
molt ai trové isles en mer,
de la terre n'oï parler
que vois querant a molt grant peine,
230 si com fortune me demeine."
Molt se démente Eneas, ^^^ .Za/^-vt^Wê,
molt se elaime chaitis et las,
por ce qu'il eschapa a terre, pau^xj». iu^< ^X
por ce qu'en mer sofrist tel guerre. ^
235 Mielz volsist estre en Troie ocis
0 ses parenz, o ses amis,
la 0 Hector et Priamus
furent ocis et conte et dus.
Molt s'esmaient si compaignon, ^ ' jUOuJmtJz.
240 ne desirrent se^ la mort non. yv^^^yv» ^u-tA. />a ->ylir»-t^
Ce lor est vis, que molt lor targe. j^ti/^^
Devant lor oilz ot une barge,
ses governalz li ert brisiez
217 A ocis furent. — 218 D quici; A morisse; HI moreusse a tel h.; GB'
a si grant h. — 219 HI ne mont ocis; D omet li. — 220 A En grant he
mont c. 1. d. ; H en he coilli. — 221 D ne puis garir nen mer nen terre. —
222 D de toutes pars me chace guerre. — 223 Les vers 223 — 230 sont omis
dans D. A molt trav. — 226 HI voise q. — 228 HI nencor nen ai ci p. ;
GF noi mais. — 229 HI querant la vois a m. g. p. — 231 GF Molt par;
A dementot, F {sans alinéa) dementet, HI dementa. — 232 A sesclamot.
— 233 HI De ce queschapez est; GFHI de terre. — 234 G quant il en
mer; A puis que; F suefre tel haire(?); HI sofri. — 235 D voudroit; A a
terre. — 238 G et Troilus, AD contes et dus. — 240 HI deman-
dent. — 241 HI trop 1. t. — 242 D lor roy, A lo roi; HI vint. — 243 et
suivants intervertis dans Bl dans cet ordre: 245, 46, 43, 44. DSon; G li
g. i ert b.; HI li a, brisie; A est.
12 ARRIVÉE
et maz et sigle en mer plongiez;
245 treis tors torna en molt poi d'ore,
une wague li vint desore,
ki si la fiert en l'un des lez,
les borz a fraiz et dequassez; ^-oXaa-^
rompent chevilles et clostures,
250 l'eue i entre par les jointures,
enplie l'a sodeement, -<u.4-<i«j^tf^wa£..ry£
ji^rUBy\e.AJi~ afoïidee est en un moment.
ûtJLù» jL'lau, leii ont lor travail fine,
cil ne criement mais nul oré, p^aaa
255 par cels n'iert mais terre conquise
ne cliastels pris ne tors asise.
Li venz aquelt les altres nés;
depiecent mast, sigles et très;
par celé mer les esparpeille.
260 Et Eneas molt s'en merveille,
ja ne cuide venir a port,
et ciels et mers li pramet mort.
Ainsi ont li fuitif de Troie
sofert treis jorz, qu'il n'orent joie;
265 quant vint al quart, qu'il ajorna,
li venz failli, del tôt cessa,
li solelz lieve, ne plut mais,
-fouJt. à- y<uà del tôt remest la mers en pais:
asoagiee est la tempeste.
CcJ^méJ^
244 HI et mast et voile a tôt plongie. — 245 D corps trouva. —
246 A une barge, ID orage; F onde li revint desore; HI lor corut sore. —
247 H la wague la f., I lourage fiert. — 248 H le bort, I le bout. — 249 D
cousture, F costures. — 250 G li ave, F laigue. — 251 y soudainement.
— 252 G affondree. — 253 D j^ci, F le, A omet fine. — 256 A ne eh. ars; HI
ne terre a. — 257 A aquialt, D aquelt, H aquet, I aceut, GF akiut. — 258 D
brisent mas et deschirent très; A mars, HI mas; y cordes et t. — 259 HI
parmi la mer. — 260 D Danz; F sesmerv. — 261 F qnida; D Chetis fait il
quel aventure. — 262 F car ; GF lor pr. ; D bien say li dieu de moi nont
cure. — 263 Entre, les vers 262 et 268 D intercale deux vers. V. les notes.
Alinéa dans GHI. F Ici; D Ainsi furent li Troyen. — 264 G .iii. jors
sofert; D .iii. jors ne lor souvint de bien. — 265 Entre les vers 264 et
265 D intercale deux vers. V. les notes F si a. — 266. G de tôt; HI loure
cessa; D et si c. — 267 GF pluet; D leva; HI clers et gais. — 268 G de
tôt li mers r. a pais ; D enpres. — 269 D Alinéa. Quant remese fu la t.
EN LIBYE 13
270 Donc leva Eneas la teste
et esguarda devant son vis,
si vit de Libe le pais.
Toz rehaita ses compaignons; ^oc(^ou ^ t/nc^u^a.a^/LA.
jiek/,tiAJ(nt nagent a fort as avirons; A.\jac, j^^ »
275 tant ont nagié et tant siglé, ùùJ^sj^
qu'as porz de Libe sont torné. £u^rJ,A>^^L^
Eissu sont fors com plus tost porent.
De lor vint nés que set nen orent;
celés atachent el rivage.
280 Le pais truevent molt salvage;
ne veient borde ne maison -it/^/rci^ CjeUxt^nM^
ne bore ne vile, se bois non;
(uilo^ Y*^ mais que que seit, forment lor plaist.
Eneas vait en la forest;
285 un seul meschin mena o lui,
lor ars portèrent ambedui,
et cers et biches ont bersé: att/Lùn/Zt^ oa/q^ ^^iji^ -UÀcXeA,
si home en ont asez porté. O
Les feus alument el gravier, f^^^
290 si apresterent le mangier,
el bois le pristrent lieement.
En la mer guardoent sovent,
s'il porreient lor nés choisir, v^uo
que li venz ot fait départir,
270 D danz Eneas leva sa t. — 271 D Savoir si il verroit pays. —
272 FG et V.; D II esgarde devant son vis. — 273 D intercale deux vers
entre 272 et 273. V. les notes. D resbaudist. — 274 6F nagiez a force as
a. , D et fort naigent as a., Hl nagiez dist il. — 275 HI tant ont single;
D et single. — 276 D quel port; HI Quen libe sunt a port tome; DGF
entre. — 277 y Issu sen sunt; HI plus tost que p.; GF que plus tost;
D vindrent a rive cora ainz porent. — 278 D greignor ioie onques mes;
GD norent. — 279 Entre les vers 278 et 279 D intercale 6 vers, qu'on
trouvera dans les notes. D II se colchent par le rivaige. — 280 D le pays
voient molt savaige. — 28 1 y ni truevent. — 283 G quil qui, F quil que,
I quel quil, H quel que, D que quil. — 284 HI par. — 285 A uns sols me-
schins ala o lui. — 286 y et lor ars pristrent (GF prisent). — 287 HI Cers et
biches ont molt b. — 289 F Le fu; D au sablon. — 290 HI si appareillent;
GF lor; D Si aprestent lor venoison. — 291 GF et puis, HI le mengier.
D remplace les vers 291—304 par d'autres vers. V. les notes. — 293 F otnet les
vers 293—304. A poissent; 6 les nés. — 294 HI fist deux départir, G fist
des lor partir.
14 ÉNÉE ENCOURAGE
295 de cels esteient curios,
mais molt furent plus correços •iA.cAâ-^^
de cels que il virent neier,
dont il n'atendent recovrier:
es altres ont graignor fiance, carUiùmc*^
300 mais es morz n'ont point d'espérance.
Sor les faleises vont guarder,
s'il les verreient loing en mer;
quant nés veient, si ont grant dote
que mers parfonde nés transglote. û^n^ifiujfté
305 Donc a Eneas asenblé
cels ki 0 lui sont arivé;
nen i ot de sa compaignie
ne mais que la tierce partie; .L^cji-f>it^
cels comença a conforter
310 des mais qu'il orent en la mer.
flSeignor", fait il, „franc chevalier,
ne vos devez mie esmaier, 4-' mIUmj^lijJ
se vos avez eti peor
rJ ^ aL ^° ^^^^ ^^^' ™^^ ®* dolor;
' ^iîl5 ça avant vos délitera, j\Â^evuu\^
quant il vos en rememberra;
buen vos sera a raconter
les mais qu'avez etiz en mer.
Oem, ki s'esmuet en altre terre (^04^ 'hneJt\jL n
820 por règne et por païs conquerre, -rw^to/^/j
a grant enor ne puet venir,
296 G angoisses. — 298 GHI d. natendent nul r. — 299 G es mors
ont il forcer i. ; HI ont il espérance. — 300 HI nont nule fiance ; G ques
mors nont il mais recourance. — 1101 H Seur la falise; I sus. — 302 ID
sil en V. nul en mer, A ses v. 1. en la mer. — 303 G q. il nés voient
si ■ ont dote. Les vers 303 — 4 omis dans D. — 304 F engloute. —
305 DHI Danz E. a a. — 306 D demore. — 307 GF not noiant, HI ni
avoit. Les vers 307 — 8 sont omis dans D. -• 309 D Ses c, F celles
commence. — 310 HI d. m. quorent enz en mer (H en la mer). —
311 dans FD sans d'alinéa. — 313 G dolors. — 314 A ceste mer; G et
grans paors, F maus et dolors, D mauz et dolor. — 317 GF bon vos
seront, D omet les vers 317— 18. — 318 G li mal; FHI sofert. — 319 GF
quant; D qui se met en autrui t. — 820 GF qui nisun bien voille c,
D qui veult ne gain ne bien conquerre. — 321 A an g. e.
SES COMPAGNONS 15
se bien et mal ne puet sofrir.
Ki toz tens a sa volenté
n'onkes n'a mal espermenté, ôyco^ru^v/^
325 ce m'est avis, ja ne savra
a negun jor que biens sera; ûu.UMur%/
mais se il sofre un poi mesaise, -c/nj/^ayt^yv^
qu'il nen a tôt ce que li plaise,
ce m'est avis, molt prisera
330 le bien après, quant il l'avra.
Or avon molt sofert ahanz U^ruAAufuu^ , pnùrxjL^
par plusors mers plus de set anz
et molt i avon travaillié AcxxjAjLfJt.
et molt getiné et veillié;
335 s'avon ja mais de repos rien,
molt nos plaira alkes de bien, l^yrt^ ^ac^x.
Sofrant travail et mal et peine,
si eom fortune nos demeine,
nos conduiront li deu el leu
340 que il nos ont promis en feii, -iiiU
en Lombardie la Maior;
d'iluec furent nostre ancessor.
Granz genz somes et si n'avon
o^tv%fi--û^ de vitaille se molt poi non; rJU^r^ <K*^
345 il nos estuet guarison querre, /y^eriH-^^^enn^
mais molt vei ci estrange terre;
ne sai se onkes i ot ble,
322 A sil. - 323 D (md les vers 323-327. F que; HI touz iours. —
324 F onques; HI naura m. endure. — 326 G a nisun; F a nés .i. j.; HI
en sa vie. — 327 A omet les vers 327—331. — 328 D que il en ait et quil
li plaise, F na tôt; HI que il nait tôt ce qui 1. p. — 329 HI miex p. —
331 D omet les vers 331—337. — 332 I Parmi la mer. — 334 FHI et j.;
6 et mnlt v., HI et nuit v. — 336 y un poi de b. — 337 y Sofrons;
I S. le t. et la p., H S. t. s. la p. — 338 D ensi vendrons en nostre
règne. — 339 F n. menront li deu el pais, G li deu nous ont promis un
liu; D en Lombardie le pais; HI ou fie. — 340 G car il le nous donront
en fiu, F que il nous ont a fief promis, D que Jupiter nous a promis;
HI en fie. — 341 D omet 341 et 342; F Alinéa. — 342 G daloc f li
a. — 343 FD somes si ne navon. — 344 G se molt poi de v. non,
D se mult poi non de garison. — 345 D vitaille q. — 346 D sauage. —
347 A omet 348. 349.
oo.
mer,
16 IL ENVOIE
ne bore ne vile ne cité;
onkes plus salvage ne vi.
350 Se del vivre ne trovon ci,
^ AA>t Oùi'^ AuA4iMtar-!> n*i a neient del sejorner,
^ ^^ mais del mètre nos en la
et requeron altre contrée
0 vitaille seit mielz trovee,
355 eue dolee, feins et aveine
as chevals ki vivent a peine."
ûuLtï^ A^ tant Eneas a ehoisiz
dis chevaliers proz et hardiz,
ki le païs aillent cerchier
360 et ce li sachent renoncier, Gixif^r^A/nd/tt,,
en quel païs sont arivé,
se home i a ne grain de blé.
D'iluec tornent li mesagier,
ki la contrée vont cerchier;
365 eirrent par vais et par montaignes,
par boscages et par champaignes;
molt ont erré, ne virent on,
ki lor peiist rendre raison,
rien ki vesquist fors salvagine. iÀjU<L ^«um/ao
370 Tant ont erré par la gualdine, iorXt
qu'il entrèrent en un sentier,
d'iluec en un chemin plenier. a^^ùmd, A^ffwh»
Li mesagier ont tant tenu
le grant chemin ki larges fu,
349 D omet 349 — 357, y plus estrange terre ne vi. — 351 HI ni aura
rien du s. ; G de s. — 352 y remetre (HI m. remetre nous en la m., G m.
de remetre nous en mer). — 353 G et si q. — 354 G La v. — 355 F vin. —
357 FD sans alinéa; HI Dant (I Quant) Eneas deus a choisi, D Danz Eneas
a donc c. — 358 D .iiii. des suenz ; HID hardi. — 359 IF voisent, G iront. —
360 ID et si li; I voisent. — 362 G et sil i a (F Se il i a) noiant de ble;
I ne ble ; D et sil y a ville ne cite. — 366 A par valees ; D et par forez
et par les plaines. — 367 GF ni; G ont veu; HI orne; D de tantes nez
com je huy oy. — 368 A saust; F poist; G dont il raison aient eu; HI
dire la some. — 369 G ne nule rien f. s. Dans I sont intervertis 369 et 370.
quil nont trouée fors sauvagine; H ne rien vivant, D riens qui mue. —
370 Dans A il y a une déchirure jusqu'au vers 383. — 373 sans alinéa dans
GF; D ont tant erre. — 374 G le droit chemin plenier batu; D et le ferre.
DES ÉCLAIREURS 17
375 Cartage virent, la cité,
dont Dido tint la dignité. /û-a^-'»vc^oAU4^
Dame Dido tint le pais,
mielz nel traitast cuens ne mareliis;
onc ne fu mais par une femme
380 mielz maintenue enprs ne règne. "^'*-*4*-'
De eel pais n'ert mie née,
ainz fu de Tire la contrée.
Syeheiis ot a non ses sire,
uns suens frère le fist oeire,
385 en essil chaça sa seror, Vd-iL
por ce qu'il volt aveir l'enor. ypA^ot clu^^
Celé s'en est par mer foie,
molt ot grant gent en compaignie,
porté en a molt grant trésor,
390 pailes et dras, argent et or.
En cel pais est arivee;
al prince vint de la contrée,
par grant Qngin li ala querre /i^-tAi-
qu'il li vendist tant de sa terre,
.i)M^ , 395 com porprendreit uns cuirs^ de tor; ptoiM^ d^^ iW.*/iAû.*L.
^:^9>«/^'»**»^>^J doné l'en a argent et or,
et li princes li otreia, o^ULeriAxt,
ki de l'engin ne se guarda. .^^ pru^A.'^rirCL, to^-^h^
Dido trencha par correctes cjtruLpùL. f>QjKM^ C*(*vv*tfcA.
400 le cuir, ki molt furent graisletes. t-njyntt^.
0 celés a tant terre prise,
qu'une cité i a asise;
puis conquist tant par sa richece,
par son engin, par sa proece,
405 que ele aveit tôt le païs
et les barons a sei sozmis,
378 F ne; HI tenist; G nus qui soit vis. — 379 HIF ainz (ains), G
aine. — 380 F maintenus, D maintenu ; HI terre n. r., G bonor de règne. —
381 G Dicel; D nestoit pas. ~ 382 F Tebes. — 384 D e ses frères. —
385 Dans D sont intervertis les vers 385 et 386. — 386 F omet ce. — 387 D
par mer sen est Dido fouie ; I iert. — 389 H grant grant trésor. — 391 I iert.
— 393 HI par grant sens li ala requerre ; G alast. — 396 D donna len et a.
et o.; HI li a. — 399 Alinéa dans HI. — 401 FHID a celés; F terres prises.
— 404 G sa valor, HI son sens et, FD son savoir. — 406 D a sonz soi mis.
Bibliotheca Normannica IV. 2
jljrxjXdAl^
18 DESCRIPTION
Sa citez aveit nom Cartage,
en Libe sist sor le rivage.
La mers la bat d'une partie,
410 ja par de la n'iert asaillie;
de l'altre part sont li vivier ù-a^n^
et li mareis grant et plenier
et grant fossé a barbaeane,
fait a la guise Libicane,
y-utvu-AAû-*-' 415 et trencheïz et plaisseiz, ye-^^i^xuyvûj LfruAœu
dJA-U^/^Ajj cengles, barres, pont torneïz. /)a>^^ T'tJtfcVia^.v»
Û.VAW: Auû Ainceis que l'on viegne a Cartage,
a maint destreit et maint passage. dL^K»Cjb
El coin amont devers la rive s^tr^ j-jint cLia^
420 a une grant roche naïve; ^jrwJlé'
iluec sont li murail asis. i>^hUL^
ûrv^û^AA^ fkULf%/>J^ Li quarel sont de marbre bis, dJ^unr^ oju^ HruM
^^'"'^*'*^^ de blanc et d'inde et de vermeil;
AJbjJh^^-^-erfi) ^ lu^Ai^rnAviit. par grant esguart, par grant conseil Côtwaû^/
^ 425 i sont asis tôt a compas; a. pdt^ , / ^f^
tuit sont de marbre et d'adaraas. /^'^*^*-*'^^<*^>!^
Li mur sont fait a posterels, -. ^diA^mAvJi
a pilerez et a merels. ">y^.A>si i^^^ pUujyAj ^ ^o-fea*
a biches, a oisels, a flors;
430 0 le marbre de cent colors
sont peinturé defors li mur
^A/n^ senz vermeillon et senz azur.
Tôt environ ot fait treis rens ,
407 D Alinéa. La. 407—8 sont intervertis dan^ HI. — 408 HI sus. — \
409 Déchirure dans A jusqu'au vers 425. D y bat, GFHI li b. ; G une p. — ;
410 G par iloc; D niert asegle. — 411 D vinier. — 413 Les vers 413 et 414
sont omis dans HI. — 415 HI et marcheis. — 416 HIlicesb.; D pors. — |
417 HI Ainz que on. — 419 HI Ou chief dam., D El c. du mont. — 420 HIF
ot ; D a une roiche qui est naive. — 422 G et li q. — 423 D d. b. de inde de v.
— 424 G et par c. — 425 I il; HI par c. — 426 D grant s.; HI et daymas;
F trestut de m. et daadmas; A et de d.; GD m. de d. — 427 D posteaus,
A pastorals ; HI Li murs si sont fet a postiax. — 428 y et a pilers, D assiz par
flours et par meriaux. — 429 HI a bestes; D i sont tout fait en tel mesure;
F o fl. — 430 HI enz ot marbre (I bestes); D vis vous sereit fust impture. —
431 G dedens, HI trestuit; D ainsi point sont entor li mur. — 432 D sanz
vermeillon ne asur, G a v. et a a. — 488 D manque jusqu'au vers 445.
DE CARTHAGE 19
de mangnetes par molt grant sens ù/Jt
435 d'une pierre ki molt est dure;
la mangnete est de tel nature,
ja nus oem armez n'i venist,
que la pierre a sei nel traisist: ^
tant n'i venissent o halbers, ^J**'^^
440 ne fussent luég al mur aers. feruJt da, AjlÙJ^
Li mur erent espés et balt,
ki ne eriement negun asalt;
.V. c. tors aveit environ
^ujlrt. estre le demeine donjon; ^ru^cl^cJL
445 devers la vile erent trifoire ^-imATroJrJ-e^ Am^ ^dv*>o<, M
li mur, a ars et a civoire, cJUrùifU- pcm^L^tJLa.
0 granz pilers de marbre toz.
y Li cbemins alot par desoz; ^urxju^
'^^'^^'^ grant marcbié i aveit toz dis: -huÀ^ujuj
450 la vendeit on le vair, le gris, ^
costes de paile, covertors,
porpres, pailes, dras de eolors,
pierres, espèces et vaissele;
marcbeandise riche et bêle
455 i petist on toz tens trover;
ne se peust on porpenser -^ ' .^i^tAAt^rvt/v'
de richece ki el mont fust, '
en cel leu trover ne peiist.
Granz rues ot en la cité
460 et palais riches a plenté,
434 HI aimentez. — 435 GF ert. — 436 HI laimant, F la mâne; G ditel.
— 438 GF ne t. — 439 HI qui vestu erent de haubert; GF a h. — 440 A sanf
al mur a.; I lors; F lues manque. — 441 HI Alinéa. — 442 G quil; y cremoient
nul a. — 444 F estre le maistre d., G e. le plus maistre d. — 445 G d. les
murs ; D trifuire. — 446 HI o ars et o cimoire ; D fait a voletes et a cuivre. ;
A a ers. — 447 F a g.; A pierres; D et li piler sont marmorin; AG roz. —
448 D par de dessouz vait le eh. Depuis ce vers jusqu'au vers 471 D donne
une autre version. V. les notes. — 449 suiv. Intervertis dans F dans cet
ordre: 451. 52. 49. 50. — 450 HI et v. et g. — 451 GF kieutes, HID coûtes,
A coites; HI de p. et c. — 452 G porpres cendax. — 453 Déchirure dans A
jusqu'au vers 467. H pares espices; I Ertlioal(?) gingembre cannelle. —
454 G omet et. — 455 F tantost. — 456 I puet nus bons p. — 458 I qui
iluec; G trovee ni fust. — 460. I riches pailes, H pailes r.
2*
a4eJÀÂJ\^
465
470
475
20 DESCRIPTION
borgeis mananz, sales et tors
et ovreors et parleors; a^cJàjl £i' cuamLLa^ticjl.
bels manages a grant plenté 0U^rr\a4.4Aji.A^
ot la dedenz en la cité.
Set maistres portes i aveit;
uns cuens sor chascune maneit,
son feu en teneit et sa terre;
se a Cartage sordeit guerre, ^W^al^) , 1»*^^ ^^44
chascun conte estoveit servir
et .vii. c. chevaliers tenir.
En celé mer joste Cartage û. tè^ cU,
iluec prent l'en, a cel rivage,
(Tune manière peissonez, poit.àaruj
ne guaire granz, mais petitez.
L'en les taille sor les eoetes,
si en chieent roges gotetesiyû-a-t^jt^-ù^ Ck^uHcLy
de ce teint l'en la porpre chiere;
poi sont peisson de lor manière;
l'en les nome conchilions. ûflnûAu^^-4^
Del sanc de cez petiz peissons,
dont iluec aveit a merveille, i-r^^vm^/rrtû-w^
de ce est la porpre vermeille.
Les neires refont en Cartage
del sanc d'un grant serpent euage, ûul int dcu,
que l'en apele cocadrille, o^atLodùMiL. "^'
dont molt a iluec en une ille.
461 HI et riches t. ~ 462 GF oriels, H oureoirs, I ouuroers; G et
paleors. — 463 G molt biax manoirs et g. p., F biax manoirs et g. p. —
464 G ont. — 465 F et set maistres tors, G set maistres des tors. — 466 HI
sus. — 467 A lor f. en tienent et lor t.; GHI fie, F fief; G i. — 468 G se a
la vile; I en; F arcage. — 469 A estovroit. — 470 Apres ce vers GF ont
une interpolation qui se retrouve dans D après le vers 486. V. les notes. —
471 GD Alinéa. — 472 D sor le rivage. — 473 G petites. — 474 I mie. —
475 HIF souz; D ainsi sent les. — 476 y issent; G gotes rogetes. — 477 HI
soie porfire. — 478 HI de tel matire, GF de la m. ; D poy estre en aillours de
tel m. — 479 D li vermeill sont de cel poisson. — 480 GF verraax p. ; D Ens
en Cartages les taint Ion. — 481—485 sont omis dans D. — 482 F ert. —
483 III et la noire font ; F fait on. — 484 A peison ; G marage. — 485 HI si
lapele len, G quout on apele; D les noires sont de cacodrille. — 486 G d. il a;
D illuec conversent en une ille. Ici D donne l'interpolation de GF (après le
vers 470) et abandonne la version des autres mss. jusqu'au v. 515. V. les notes.
480
485
{
DE CARTHAGE 21
Serpent sont grant a desroesure ctjCrrutuiu^^ijCrnajnL
et de molt diverse nature; ia.*^^wnAjy>ii/*-v^
quant a sa preie dévorée,
490 donc si s'endort gole baee^^J^au.
il nen a neient de boiel, ÀJL r». ' -e-c^ /Oo*. A-<-uu4>u>Trj eU.
el cors li entrent li oisel
et pasturent en son dormant /u^ncL^t^r^t, <ul' ^iL oLc^
ce que mangié ot de devant; *^
495 ne s'espnrge pas altrement, ^ô«_ pi'^'^
car n'a mie de fondement, a^tvu.^
A une part de la cité
asist Dido sa fermeté; 'ieriJ<.fu,.A^à^
tors i ot forz et bon donjon,
500 ki ne criement se foldre non; jùutJLf^t^
n'i pelist l'en neient forfaire, 'hj^-^A^ àju. ^yr^cJL
por nul asalt lancier ne traire;
nus engins ne li forfeïst, •>ruic-A-*^*xi_ dUL, &uaj\^\m^
se de vers le ciel ne venist.
505 Li palais fu desoz la tor;
onc a rei n'a enpereor
ne fil vettz si buens ne tels.
De cbieres pierres naturels
ot un mui enz el mur asis, -yrijuiA.
510 et .vii. m. esmalz i ot mis f^tyfïuûh JLl ^ynaJ-Ai. t-JtruùJJjL
es pilers, es entailletires, ayn^ct^ÀL-L^uu^
es uiseries, es volsures, Aft<&^<"vlA^ 'o-euji-t-k^
489 et 490 omis dans A ; F Se. — 490 GF puis ; F se dort. — 491 F et si
nen a nés un b., G il nen avoit nis un boel; A ont. — 493 F a pasturer. —
494 I avoit devant; H a.. — 495 HI du (H de) fondement na point en
bas. — 496 HI nautrement ne sespurge pas; F ne na; GF noiant de f. —
497 Depuis ce vers jusqu'au vs. 511 le manuscrit A a une déchirure. Nous
avons cité B à sa place. — 499 GF tor; F i ot fort et .i. d., G i avoit fort et
d.; HI et haut d. — 500 GF creuioit; F ses. — 501 H ni poist nul; G ni
peust nient nus hom forfaire; HI point de mal faire, F ja rien forfaire; B so-
ferre. — 502 H par; F a nul, G a un. — 503 GH ne engin; F mal ne li feist.
— 504 I que de nule part li venist. — 505 Alinéa dans G. GF sist desor.
— 507 HI si bels. — 508 HI de cleres p., F a ces p. — 509 Les vers 509 — 314
intervertis dans F : 11. 1.2. 13. 14. 9. 10. G eut molt es uevreres assis, F ot
menues oevres a., B ot un rubin desore a. — 510 HI et plus de .vii. m.
esmax mis. — 511 HI es oeures et e. — 512 HI es fenestres (I fenestriax)
et es iointures; F et v.
22 LES MESSAGERS
es colombes, es fenestriz,
\fitu.M^ es verrines et es chassiz. cAaôa^
515 Un temple fist enprés Dido, xruû-tw^
/ ajuuiJULàJ^ ^ cuAH^ ^) 0 coltivee esteit Juno ;
, molt esteit riche a desmesare.
■^^f^^ruM, Enuiz sereit de sa faiture ^aj^jt*»
a dire tôt ce qu'en esteit.
520 La déesse Juno voleit
que Cartage fust chiés del mont yr^àuJ'uu-
et li reialme ki i sont
a li fussent trestuit aclin; a^-u-v^ua*
mais onkes n'i pot mètre fin, v«.^>wu a, irùuJt.i
525 tôt altrement est destiné; ;
car li deu orent esguardé, cJ^eruJi i
que a Rome l'estoveit estre.
Li Capitoiles sist a destre
fors del chastel a une part,
530 0 fussent par comun esguart aUlûùc\A/t!errJ j coA
li senator mis por jugier,
por tenir dreit, por tort plaissier; cUJih,uûtL,
ce fu leus a tenir les plaiz. ^b^i^cjiA^
Par merveillos engin fu faiz,
535 molt fu bels et larges dedenz,
voltes et ars i ot .ii. cenz;
ja n'i parlast oem tant en bas,
ne fust oïz en es le pas 4um^ J^ cKa^tto^
par tôt le Capitoile entor.
540 Li vint et .iiii, senator
i esteient ja esguardé. (Lh.truu^
513 G colombeis; G fenestrix, Ffenestrils. — 514 F verringues; F cassils.
Apres ce vers AB d'un côté, de l'autre GFD intcrjwlent un certain nombre de
vers. V. les notes. — 515 D suit une autre version depuis le vs. 315 jusqu'au
vers 544, où Use joint à l'interpolation de GF. V. les notes. Alinéa dans
HIF. HI après. — 516 A costivee, H curtivee, I célébrée, GF cultivée. —
517 HI riches esteit. — 518Glef. — 519ya raconter; omet tôt; G ce
qui e., F cou quil ni e., HI ce quens e. — 521 H quen C. — 522 F li
roiaute, G les contrées. — 523 G del tôt; FHI enclin. — 524 GHI m. ni
pot o. - - 525 HIF iert. — 530 F i; GFI furent. — 533 G lor p. — 535 HIF
larges et biax. — 536 G vautes i ot plus de .ce. — 537 HI nus si très
bas. — 540 mss. li .xxiiii. s {sauf F).
CHEZ DIDON 23
Puis ot Rome la poesté,
d'iluee a molt lointaing aage,
que Dido volt mètre en Cartage.
545 Encor idone ne par ert mie clLûtu^
celé citez tote fornie,
encor faiseit Dido ovrer
as murs entor por mielz fremer.
Tant espleitierent li mesage
550 que il entrèrent en Cartage;
il ont enquis et demandé,
ki mainteneit celé cité.
L'en lor a dit que une femme
esteit dame de tôt le règne.
555 II ont enquis o ele esteit;
par endices alerent dreit.
Sus el chastel desoz la tor
troverent en un parleor
la reine o tôt grant barnage.
560 Devant li vindrent li mesage.
Ilioneus parla premiers,
ki molt esteit sages et fiers;
salua la, puis se li dit:
„ Entent a nos, dame, un petit.
565 Bien as oï, ja a lonc tens,
que Greu firent vers Troïëns;
arstrent la vile et craventerent, Aiyri^juuXfyjtJ»^
granz et petiz toz décolèrent
de cels qu'il en porent tenir;
570 n'en pot uns seuls de mort guarir.
544 GF a C. Après ce vers GFD ont une interpolation qiie l'on trou-
vera dans les notes. D ne reprend la version des autres qu'au vers 560. —
54(3 G del tôt f. — 547 et 548 sont omis dans A ; F trouer. — 548 GF as
tors as murs (F a. m. a. t.) por araser; H dentor; I enfermer. — 549 GF
sans alinéa. — 554 G cel, F cest, HI ce. — 555 et 556 intervertis dans A.
GF Puis. — 556 FHI par demander, G par demandes. — 557 GF Devant
le temple soz 1. 1.; HI sus un c. — 558 G le trouent; A t. ia el palleor; F
es aleors. — 559 GF ot; y molt. — 560 A vienent. — 561 F Diones; y por
toz. Alinéa dans F. — 562 D li plus sages des mesagiers; y et proz. —
563 D représente une autre version jusqu'au vs. 399. V. les notes. G salue.
— 564 HI Dame entent; y a moi. — 566 A furent; GF a T. — 567 GF
arsent; A trebucbierent. — 568 A cravanterent. — 569 GHI que il p. t.
24 LEUR DISCOURS ET
Tote ont la cité essilliee. /va.\j«uaXa.
De la celestiël ligniee
ot en Troie un riche baron;
de eele grant ocision, ^t-u^uA.
575 qu'i faiseient la nuit li Greu,
le guarantirent bien li deu;
fors le mistrent de la cité;
grant gent ot o lui asemblé;
par lor comandement vait querre
580 Italie, une loingtaine terre.
Quise l'avon .vii. anz par mer,
ne la poon encor trover.
Torment eiimes grant l'altr'ier,
une de noz nés fist plongier, ^cayrUru-^
585 les homes neier en veïmes,
et des altres nés deperdimes
grant partie, si ne savon
s'il sont encor neié o non.
La mendre parz est arivee
590 molt près de ci en ta contrée.
Eneas est iluec remés,
0 il aient ses altres nés;
ça nos en a a tei tramis,
que seit segurs en ton pais, >ô<!U;
595 qu'il nen ait guarde de ta gent,
tant que il ait oré et vent,
et ses nés alkes redreciees, -aw tUÀX.
que la tormente a depeciees."
Dido respondi al mesage:
573 HI Alinéa, en T. ot. — 575 G que i fisent. — 576 A Greu. — 578 G
od lui ot a; F 0 lui g. g. ot a. — 579 HI par le cornant as diex v. q. — 580 F
vitalle en molt 1. t.; G en la 1. 1. — 581 et 582 sont omis dans HI. — 583 HI
tormente. — 584 G de nos nés nos fist .vii. plongier; HI vi p. — 585 G
Nos h.; y i V. — 586 HI i perd.; GF de qui molt durement perd. — 587 G
et des autres avons perdu; FHI cou ne s. — 588 FHI gari; F ja non; G ne
savon que sont devenu. — 589 AHI menor. — 591 GF entres. — 592 HI por
garantir eus et lor nes; G iluc atent. — 593 HI il nous a ci, G si nous en a
ici t. — 594 GHI q. seurs s. (I quasseur), — 595/96 intervertis dans G ; G et
ses maintien envers ta gent; HI que il nait; F quil ni ait. — 597 G tant quil
ait s. n, r. — 598 G li mers li a d. — 599 Alinéa dans HIF. D Respont Dido
la tiriaine, D rend les ^'ss. 599 — 611 d'une manière différente. V. les notes,
LA RÉPONSE DE DIDON 25
600 „Bien sai", fait el, „le grant domage
et le destruit des Troïëns;
ge l'ai oï molt a lone tens.
Vos ki de eel estes guari,
molt l'avez puis espeneï; su^fUx.
605 onc puis ne fustes senz dolor,
mestier avez grant de sejor. ^jLpo^
Se vos volez ci sej orner,
yu^aru^^ voz nés restreindre et ratorner, AA.c£^enrru>rru>eh^>J
n'avez guarde, gel vos plevis, ^^^^À-fc <^ CL/iAur4€^
610 d'ome ki seit en cest pais;
segur seiez, ne dotez pas.
Se ça vuelt venir Eneas,
gel servirai en ma cité,
li mien li iert abandoné.
615 Ge refui ja plus ejguaree, ^a,u.\ifju, o^rAorv^itd'yvyiAi^
quant ge ving en ceste contrée,
car ne sui pas de cest pais;
par mei le sai, bien l'ai apris,
que ge dei bien aveir pitié
620 d'ome, sel vei desconseillié. a -ùtnjJ^ oU. AJ^&A^tt^^-^A.^^
Se sejorner vuelt Eneas
et demorer ci al trespas, s^im^oo^
^r\cJL A. ùr*^p^ ja q^aj; i despendra denier djC^jt^r^AJu^o^
por rien nule dont ait mestier;
625 tôt le ferai del mien servir
et molt li donrai al partir,
plus li ferai que ne vos di.
S'enfin voleit remaindre ci,
et si laissast ester a tant aXjer\A^
600 GF ele le d. — 601 HI et la perte; GF as ï. — 602 F jo la
oi; GF il a 1. t. — 6"3 HI ce fustes. — 606. G molt; I g. in. a. —
607 et 608 sont omis dans F. y demorer. — 608. HI et afermer, G et
atorner, — 609 HI ce v. — 611 D remplace les vss. 611—643 par 12 autres
vers. V. les Notes. 611 et 612 intervertis dans F. G ni. — 612 FHI Se
V. volt ca, G Se venir i v. — 614 GHI le mien; G li ai a. — 615 G molt
effarée; F car jou refui ca e. — 617 HI je. — 618 I pour. — 621 G de-
morer. — 622 G et ci demort; HI .i. trépas. — 624 GB^I por nule rien. —
626 FHI molt li d. al départir. — 627 y que je ne di. — 628 H Sainsi;
ï Se il voloit demorer ci; G remanoir.
26 RAPPORT DES MESSAGERS
630 la folie qu'il vait querant,
de ma terre ait une partie
a lui et a sa compaignie.
Ma genz et la soe seit une;
se il vuelt aveir ma comune, (jrrn/rryu/nùujJc
635 n'avrai plus ehier le Tiriën,
que jo avrai le Troïën.
Tornez a lui tost al rivage,
et dites li que en Cartage
, s'en viegnë o mei herbergier;
-jùJ^J^^xA- (340 toz est lassez de naviër."
Li mesagier ont pris congié,
a lor seignor s'en vont tuit lié.
Eneas de bien loin les vit,
contr'els ala et se lor dit:
645 „Qu'avez trové?" — Nos bien. — „Et queiV" —
— Cartage. — „Parlastes al reiV"
— Nenil. — ,,Por quel?" — N'i a seignor. —
„Quei donc?" — Dido maintient l'enor, — -pjj
„Parla8tes vos o li?" — Oïl. — a<h
650 „Menace nos?" — Par fei, nenil. —
„Et que dist donc?" — Pramet nos bien,
seiez segurs, mar criembreiz rien.
Ce dit la dame Tiriane,
s'en ceste terre Libicane
655 volez remaindre et sejorner,
voz nés restreindre et refermer,
ne vos estuet doter de rien,
car el vos aseure bien;
par nos vos ofre le sejor
630 F que. — 63 1 F cite. — 634 G quele soit c. — 635 III noi pas
plus ch. — 638 G a Cartage. — 639 F avoec; HIG por herb. — 640 HI na-
vigier; HIG del n. — 641 Smts alinéa clans GF. G Li m. en sont tôt lie. —
642 G a I. s. sont repairie. — 643 D Danz Eneaz quant il les vit. — 644 G HI
encontre eus ala si lor dit, D vers eulz ala et si 1. dist. — 645 D lius
bien, G molt bien. — 648 y Que. — 649 et 650 sont omis dans A. —
650 HI Menaça vos. — 652 HI soion s. ne douton; GF s. serons ni criem-
bron rien, D serons seur mar criendrois r. — 656 G ratorner, I afenner. —
657 D se en vous veult mouvoir guerre. — 658 D aidera nous veniance
querre. — 659 HI mande; D son s.
A ÉNÉE 27
660 ensemble li enz en sa tor;
ses servises ne vos faldra,
^^j ifir>A'UMr\^ tant com prendre le vos plaira."
f**^ Dementre que li mesagier pàjnUM/rJ:: ajaa
alerent le païs cerchier, ^
665 furent lor nés al port venues,
qu'il cuidoent aveir perdues.
Aancree s'i ert chascune;
totes les virent ne mais une
qu'il perdirent par la tormente;
670 de eele n'orent mais atente.
Eneas forment s'esjoï
de la novele qu'il oï,
et de ses nés qu'il ot fors une.
Molt li esteit prospre fortune:
675 fortune le ra esbaldi, l /->c^^t^^^it~
ki de devant l'aveit marri. (U*^3eu\.ar>>o^f^
Por ce ne deit oem desperer, ^g^ g*. oye>/-^'>^>^
se li estuet mal endurer,
et se il a tôt son plaisir,
680 donc ne se deit trop esjoïr,
ne por grant mal trop esmaier, .a'-'^'^y^-^
ne por grant bien trop leecier; Aa. rJi-^piJuj^
et d'un et d'el de tôt mesure;
uns biens, uns mais toz tens ne dure.
685 Fortune tome en molt poi d'ore.
660 G laiens avolc li; HID e. o lui. — 661 D sis estanges. no vous
faudra. — 662 com ore vous targera. D intercale 4 vers. V. les notes. —
663 IG Alinéa. D Tandis comme 1. m. — 665 FHI les n. — 667 GF
Aancrees furent; D sestoist, I sestoit, H estoit. — 668 D toutes orent lor
nez fors une, HI toutes les orent mes que une, F t. les ont ne mais que
une; G t. revinrent. — 669 D que en mer noia la tormente, GF que il p. p. t.
— 670 D de li navoient mes entente; G diceli; A norent (Indistinct),
HI nont il. — 671 Alinéa dans y. v. 671 — 2 illisibles dans A. D danz eneas
f. sesiot; G se joi. — 672 D que il ot. — 674 G seul prospre, les autres mss.
propre. — 675 D les ra. — 676 HI qui forment laveit esmari ; GFD q. devant
ce; GFD mati(?). — 678 D quant li convient; A estoit. — 679 A ra. —
680 HI resioir. — 682 G ne por bien trop esleecier; A deslier. — 683 G
tostans mesure; HI de lun et de lautre est mesure, D de toutes choses
est m. — 684 D ne bien ne mal, F nus b. nus m. — 685 HI en petit dore.
28 ARRIVÉE D'ÉNÉE
tels rit al main ki al seir plore;
al seir est laie, al matin bêle,
si com el torne sa roele;
cui el met a l'un jor desus,
690 a l'altre le retorne jus:
de tant com el l'a mis plus hait,
tant prent il aval graignor sait. û'M:^-
Eneas dist a ses barons
l'ofre a la dame et le respons,
695 et ce que el li a mandé:
qu'il ait a li en sa cité.
Cil li loent comunalment,
que il i ait hastivement,
et il si fist, ne tarja pas.
700 M oit s'apareilla bien de dras
et monta en un palefrei;
.vii. vinz en fist monter o sei,
et chevalcha dreit vers Cartage,
si com l'en meinent li mesage
705 ki devant i orent esté.
CKsjount. Ainz none vint en la cité. J'xoù^ Aixi.^x-A.'
Si Troïën vont devant lui cU- Ji' o^f^à*^' >
et chevalchoent dui et dui. JLuaj^ &. diM^
Borgeis, dames et chevaliers
710 et en rues et en solliers jUeJ^t-- jeri^rruu^
les vont a merveille esguarder.
N'estoveit mie demander,
ki de la compaignie ert sire:
686 G qui rit al m. al vespre pleure. — 687 D remplace les vers 687—
700 par 4 vers. V. les notes. — 688 F la r. — 689 HI ce quele met un
jor; F celui qui; G ele met un j. — 690 y trébuche (G lautre le retre-
buce j.). — 691 F corne la mis; HI omettent de; HI ele. — 692 I plus
grant. — 694 H son r., G ses r. — 695 G et ce quele li, F Icou que
elle ma m. — 696 HI voist, F voise. F intercale deux vers. V. les notes. —
698 HF voist. — 699 I eu es le pas. — 700 Après ce vers GFD intercalent
14 vers. V. les notes. A se conrea (exponctié). — 701 D représente jusqu'au
vs. 706 une autre version. V. les notes. G sor, HI sus. — 703 G a Cart. —
705 I d. lui. — 706 HI a n. ; GF a la c. Après ce vers GFD intercalent
4 vers. V. les notes. — 707 A Si home vont de devant. D remplace les
vers 707 — 722 par 6 vers. V. les notes. — 710 y et des r. et des s. —
711 G agarder. — 713 G de la compaigne estoit s.
I
A CARTHAGE 29
senz^ee qnft nus d'els l'oïst dire
715 conoiseient tr estait le rei.
Li uns le mostre a l'altre al dei. dt^At,
Molt esteit bels et avenanz o/^uiu^^
et chevaliers forniz et granz; ' /t^Uu^^
a toz en semble le plus bel.
720 II ala descendre al chastel;
contre lui est Dido venue;
il vait avant, si la salue.
Ele le prist par la main destre;
en l'entaille d'une fenestre duo/ AfvhM^t. cU JU, ^À^^r^ikra,
725 se sont loing des altres asis; ^
el li a de son estre enquis, ù^cJb. , U2ujo(^*^tanrù
et il l'en a grant conte fait,
come il erre et o il vait.
Quant il li ot tôt aconté,
730 son chambellenc a apelé,
ariere l'enveia as nés
por son fil ki la ert remés;
molt tost li rova amener
et comanda a aporter
735 treis guarnemenz que il aveit; AùàhjH^ cU. jLj-v
pm^pensa jd qu'il les donreit ^ >eu^^%tA,
a la reine de Cartage,
ki molt li faiseit bel ostage.
Une nosche i ot merveillose, ijou^dU-
740 onkes ne fu plus preciose,
et un mantel ki molt fu chiers;
^«.4/vw^la penn_e en fu a eschaquiers, .Oa^^l^rôCc Coru>^ 4Mru
d'unes biches de .c. eolors : -^ . • *. i
-,. T^'i^ ^ Chascims; y (»nd a. - 719 GF a t. resambloit; HI sembloit. -
danz Eneas bel la salue. D apris ce vers, en intercale 8 autres, puis
se joint a hï pour l'interpolation qu'ils placent après 722 Y. les notes —
723 D remplace les vers 723-730 par d'autres. V. les notes. GF Dido le
pr. - 724 I entraille. - 726 F Se li, HI Ele. - 727 G li a- F en -
728 G cornent; AF corn i. v. - 730 D rmiplace Us vers 730-764 par d'autres
V. les notes. A chambellan. - 731 HI lenvoie a ses nés; A es n -
-34 G et SI li c. a porter. - 739 F presiouse. - 740 G qui molt par estoit
p.; 1 périlleuse, F mervillouse. - 741 HI iert. - 742 HIF pane- G 1 n
estoit. - 743 HI beste, GF bise; F de gent c *- » • i^-
30 ASCAGNE
•
d'altres plus riches et raeillors
àlMU-Ajf^ 745 fu bien orlez li mantels toz
devant et a poi^fil desoz. If^fi^juUMJL.
Molt fu riche la forrettre du^tjîlAMAÂ^
et molt valut mielz la volsure; instii^
toz fu batuz a or defors.
750 Seul les ataches et li mors
et li boton et li tassel
valeient plus que trei chastel.
Tel vestiment iluec aveit,
corn a reïne eonveneit;
755 de porpre esteit, estelez d'or;
li reis Prianz en son trésor
faiseit cez guarnemenz guarder,
quant il se deveit coroner;
sa femme Ecuba les aveit
760 le jor que coronee esteit.
Tornez s'en est li chambellens;
tôt a compli en poi de tens,
si com ses sire li ot dit.
La mère Eneas sot et vit,
765 que ses fiz esteit en Cartage;
molt redotot en son eprage, c^^-i^vi
qu'il nel menassent malement:
molt ert entre salvage gent.
Ele ot d'araor la poesté.
770 Quant vit que son fil ot mandé, ù.-^tjJt jùt Jb^
d^u-CA'rr^A^ii goef entre ses braz le prent,
molt le baisa estreitement. é>**x&iJt^ynAv%t
En eel baisier li a doné
de faire amer grant poesté; »
775 ki enprés li le baisera
744 y chieres — 748 F valoit. — 750 GF Sor les ataches en ist lors. —
751 y o les tassiaux. — 752 GF de mil chastiaux, HI de .iii. chastiaux. —
753 GFH avolc. — 754 1 la. — 757 A cel garnement. — 758 HI et q. s. fesoit
c.; GF faisoit. — 760 G al jor quele se coronoit, — 761 y en est. Alinéa
dans HI. — 764 D représente une autre version du vers 76é — 825. G si ot;
F ot. — 766 G grant paor ot. — 768 HI iert. — 770 GF quele ot lenfant
m., HI que il li ot m. — 771 y a lui vint en ses b. 1. p. — 772 HIF b. le m. —
778 y A cel b. (F Iccl).
APPORTE DES CADEAUX 31
del feu d'amor espris sera.
A cels quel meinent dist Venus,
qu'oem ne femme nel baisast plus^
fors la reïne et Eneas;
780 puis s'en torna en es le pas. 'Cu/^ JU. CA^umjiy
Aseanitis o son barnage
a son père vint en Cartage;
ce qu'il aveit fait aporter,
a Dido le fait présenter.
785 0 granz grâces l'a reeeli
la reïne, oui molt bel fu;
AnoA^- por sa valor tant nel prisa, ycdbuco
Z^4*my^^ eom por celui ki li dona.
La dame et tuit li Tiriën
790 virent le don al Troïën;
a merveille le prisent tuit,
grant parole en font et grant bruit,
ne se vent entr'els toz jugier
le quel on deie plus prisier.
795 Quant ont le mantel esguardé,
a grant merveille l'ont loé,
et révèlent le vestement,
le mantel tindrent a neient, Tu. 4tUi^nt. Au^-uw C^^ dU,
et quant la nosche vint aprnef, ù^'f^^
800 tôt l'altre ne prisent un oef
La reïne les enveia
en sa chambre, puis apela
l'enfant ki a son père vint;
acola le, soef le tint, «s'i^t.^-C^Ljyyvô-r»^ .
777 HI qui naiment. — 778 y que home ne famé nel (G ne) baist
plus. — 780 A a san tornent, G p. si san tome. — 781 GF ot grant b.,
HI a grant b.; GF sans alinéa. — 784 G a fait, FHI le fist. — 785 F
grables, HI merciz, A graes, G graisle; A a r. — 786 A tînt le don qui
riches fu. — 788 F cou que li d.; G c. par le don que li d. — 789 G
omet tuit. — 791 HIF merveilles. — 793 et 794 sont omis dans GF. —
794 HI 1. il tiennent a plus chier. — 796 GF et a m. — 797 G et quant
virent, F et il virent, HI puis ont veu. — 798 F tienent; HI ne prisent
noiant. — 799 G q. 1. n. revint. — 800 y dont ne prisent tôt lautre .i. oef.
— 801 y len mercia. — 802 y les envoia. — 804 G acola et s., F a acole
s., HI el lacola; I forment.
32
LA PASSION
805
810
^^^j^,^ /y>i;6^tfi>ift;)n/mWi
CJ\Afrnju
molt le baisa estreitement
et se^meine, molt malement : «
molt fait que foie ki l'atoehe "f©ixcAA.
envers son vis ne a sa boehe.
Venus i ot sa flame mise,
Dido l'en trait, ki est esprise;
mortel poison la dame beit, »
de son grant duel ne s'apereeit,
0 le baisier tel rage prent
d'amor que le cuer li esprent. «or^/ûATvmt
815 Donc le rebaisa Eneas
et donc Dido en es le pas; .A*i-v Ûjl
de l'un en l'altre enbat l'amor,
chascuns en beit bien a son tor;
ki plus le baise plus en beit.
820 C'est Dido ki plus foie esteit,
ele i a pris mortel ivrece;
ja l'a amors en grant destreee. duhùL^Ai^
Tant a la reïne entendu ^ 'jl^ ùLCxMfUéu Ja.
a lui baisier, que tôt nuiz fu,
825 et que termes fu de soper;
ùJLà^i<:* a tant fist l'en l'eue corner, 4^er»\fr\ju>J JU. ^c^-^
et puis sont asis al mangier. dé^ 'tmA*^
Enuiz sereit a desraisnier j^.yiu/rrdL'^Â'^
et a conter trestoz les mes,
830 ki sovent vindrent et espés, j.jr\, ^A/ndé, (^dArn,
et a nomer vins et berbez,
0
P
805 HI baisoit. — 806 FHI el; G se mena, HI se menoit, F somônoit. —
807 F le touce. — 808 HI ne près de soi; G et a. — 809 y la. — 810 F
traist, A traint. — 811 GF i boit — 812 G mais li foie ne sapercoit. —
813 y les baisiers; GHI r. i p. — 814 F ki; G son; mss. cors. — 815 Alinéa
dans F. — 816 y et puis. — 817 HI de lun en but lautre lamor. — 818 HI
but. — 819 y en baise. — 820 A Ce est D. q. plus en beit; F Cou est, G Ce
fu; GF omettent plus. — 821 GF molt i a pris m. destreee. — 822 HI en sa
d. , G mis en d., F mise en ivrece. — 823 I Alinéa. — 824 HI que vespre
fu. — 825 D que saisonz fu bien de s. — 826 HI adonc; D levé commande
a; HID donner. Aiires ce vers il y a une intercalation dans DGF. F. les
Notes. — 827 GF après; G sasisent. 827 et 828 omis dans D. — 828 I de
d. — 829 HI et a aconter (I raconter) touz I. m., D ne sai conte dire
des mes; A daconter. — 830 A soef; D vienent. — 831 et 832 omis dans
GF. D remplace les vers 831 — 845 par d'autres. V. les notes.
I
NAISSANTE DE DIDON 33
mais chascuns en i ot asez;
molt les a l'en toz bien serviz,
et quant li mangiers fu failliz,
835 les napes traistrent li serjant.
El palais ot clarté molt grant;
tant i ot cierges, ja par jor
lumière n'i ettst graignor.
Dido remest al maistre deis; ^hU^tâ^
840 n'i ot se barons non de preis,
l'altre maisniee ert départie ; diLiM * AujrryjJJiL,
son hoste prie, qu'il li die
de Troie la destrucion,
et li recont la traïson.
845 Tuit se torent par le palais
et escolterent a grant pais. JthArrxAiXUUJj^^
Eneas sozrit un petit,
et en après se li a dit:
„Dame", fait il, „ma grant dolor
850 me remembrez et ma tristor;
ja nel comencerai a dire,
de eele ore n'aie grant ire,
quant me remembre del grant duel;
ja nel contereie mon vuel, .uJ-^-r^ Tr^^ïv OUai^^
855 mais quant vos plaist que ge le die,
ja en orreiz molt grant partie:
la vérité vos en dirai,
car jo i fui, sel vi et sai.
Troie fu citez merveillose
860 et de toz biens molt abondose; CutA^riÀ, À. "ll^CLùri)
832 I m. que chascun en ot a. — 833 y bien touz. — 834 y finiz. —
835 HIF traient. — 837 HI tant cierge i ardent; F t. ardent c. — 838 HIF la
lumière ni (F ne) fust g. A^ris ce ve.rs AB ont une interpolation. V. les notes.
— 839 G se sist; I remeint. — 842 GF que li d., H que il d. — 844 F
reçoit. — 845 D tienent. — 846 D si e. ; A au g. p. — 847 D sorrist. Alinéa
dans F. — 849 F dist ; I tristor. — 850 F et me ramembre et me t. ; I dolor.
— 853 et 854 font défaut dans G. — 855 G toi; F m. q. or p. q. je tel d. —
856 DHI orrez, GF oras ; D une p. — 857 GF bien ten d., D vous conterai.
Les vers 857 et 858 manquent dans A. — 858 F et j. — 859 A T. fu ja riche
cite ; sans alinéa dans F. — 860 A faite par grant nobilite ; G tôt bien ; D
plantivcuse. A intercale après ce vers six autres, qu'on verra dans les notes,
BibUotbeca Kormaimica IV. 3
34 RÉCIT
molt par esteit et longue et-lee,
de travers ot une jornee.
Quant Menelaus nos ot asis
por le forfait que fist Paris,
865 molt nos trova et forz et fiers,
molt avion buens chevaliers.
Torneiz lor tenion sovent,
0 il perdeit molt de sa gent,
jhjLsfA^^ et triues entre nos aveit
870 treis meis o plus, tels ore esteit,
rdL^o^ SI ravion sejor grant masse. 4uAr»iM«'
Ne sai por quel vos aeontasse
les batailles et les torneiz,
que lor tenimes plusors feiz;
875 asez avez ço oï tuit,
mais come nos fumes destruit,
n'avez vos mie tuit oï: ,
sacheiz que nos fumes traï.
Quant Menelaus ot sis .x, anz \
880 a son siège, ki molt fu granz,
et vit que ja ne nos prendreit,
ne par force ne par destreit, i\juuuxuj ^ fjù»r>â^ \
de torner s'en fu asez près, ]
quant li pramist danz Ulixés,
885 que par engin essaiereit,
^<*4^J*^ l^ju, se ja riens i espleitereit;
se par cel ne nos poeit prendre,
puis sereit neient de l'atendre.
Un cheval fist de fust grant faire, "Otrt^
890 desor roes .1. paire,
por ce qu'on le petist mener.
861 G large. — 864 HI tort fet; GFD tort que li f. P. — 866 F fors. —
867 FG li; HID tenimes. — 868 Dy perdi. — 870 .i. mois et p. telle hore estoit.
— 871 G si avons ; D et r. sor ne iour g. m. — 872 F rac; HI le vos c. —
873 A ne lor tornoiz. — 874 F traimes. — 875 GF cel, A ceu. — 876 D m. si
comme fusmes tristuit; y m. si com. — 877 G n. mie encors tôt oi; DHI tout. —
878 Dy sachiez. — 879 GD Alinéa; D .ix., GF .vii. ; HI ot sis devant. —
880 A o. ; HI quil avoit grant. — 883 GFD del; A râler. — 884 D ser U. ; HIF
a promis U. — 885 A essaiera. — 886 A esploitera. — 887 D se par ce nel
pouoit p., HI et puis sil ne nous pueent p. — 888 A dont; HI noiant s. de
plus a. — 889 A Un grant ch. f. de f. f. ; D chastel. — 891 A que lan poist.
d'énée 35
Dedenz le fist molt bien trouer, <^c.av*A> , C/\Â.n*t^u
dedenz fist faire granz estages;
entor i ot tels .v. manages, cor>AJKt.*.^j*t-^n^
895 n'i aveit cel, tant petiz fust,
.V. .c. chevalier n'i peust.
Li chevals fu empliz trestoz, njurr^^Jj^
de chevaliers hardi z et proz,
de totes armes bien armez,
900 Li altre s'en sont retornez,
pristrent lor paveillons, lor très,
en la mer se mistrent es nés; «
en une isle près del rivage
s'en alerent trestuit a nage;
905 iluec se sont trestuit repost.
A un matin s'en paiti l'ost,
molt en démena l'en grant joie
par tote la cité de Troie;
les portes corurent ovrir,
910 si s'en comencent a issir
li chevalier et li borgeis,
eissuz s'en est Prianz li reis,
et nos 0 lui comunalment;
tuit en ission lieement
915 et alion par toz les leus,
0 les tentes furent as Greus.
Li uns mostrot a l'altre al dei:
„La fu li paveillons le rei,
la fu la herberge Achillés,
920 la sist Aiaus, la Ulixés,
ça erent li tornei tenu".
892 A chever; HID trauer. — 893 et 894 intervetiis dans F. A et si
fist f.; F mètre; HI ménages. — 894 F estaces, HI estages; A trois ou
quatre lettres invisibles \ I ot tiex .v. c. e. — 895 D si p. — 896 DHI ou .c.;
A nesteust. — 897 D Alinéa. — 899 HI sont a. — 900 A qui s. r. — 901 et 902
sont omis dans D. H et p. ;HI et très. — 902 GF a; y se sont mis. — 905 HI
le jour r. — 906 A Al matin san départi 1. — 907 GF demenoit. — 909 GF
corent tôt. — 910 F comencoit. — 912 G en est. — 914 y issimes. —
915 G aliemes, HI alames. — 916 D ou sistrent les tentes as Grieus. —
917 G le mostra laltre. — 918 D Ci; DF sist; G au r., D lor r. — 920 FHI ci;
III sist est omis. — 921 G la.
3*
36 RÉCIT
Tôt ont esguardé et veil;
■ùaA,fUji\^jLj barres, lices et grant fossé pcXùbMekcLê-^j
erent entr'els et la cité.
925 Li reis esgiiarda le cheval,
ne sot, se por bien o por mal
l'orent iluec li Greii levé
firu^ cLi. a meïsmes_de la cité.
Molt en parlèrent li plusor
930 et esguarderent tôt entor;
lor devinailles en diseient,
» mais la vérité n'en saveient.
Il fust aie tôt altrement,
s'il fust seii certainement
935 cui li chevals aveit el cors:
ja de toz cels n'issist uns fors,
ne fust detrenchiez et ocis,
ja uns seuls d'els neu issist \ig; TrtA/ft^
mais tuit en fumes deceii;
940 se cil fussent dedenz seii,
ars fussent dedenz le cheval,
encor n'eiist Troie nul mal,
ne fusson pas ainsi destruit:
par cel engin périmes tuit.
945 La 0 nos fumes al cheval,
devant la porte oriental,
et l'esguardion tôt entor,
la amenèrent li pastor
un home qu'il orent trové
950 tôt nu lié sor un fossé:
923 D barges; GD b. et 1. et f., F b. et 1. g. f.; tous les mss. fossez,
sauf HI un fosse. — 924 A avoit, HI qui iert, GF querent; F les cites. —
925 A esgarde. Alinéa dans D. — 926 HI sai; GF et p. m. — 927 D i.
Greyois. — 928 GFD meisme. — 929 HI m. lesgarderent tôt entor; GF par-
loient. — 930 HI et semparlerent li plusor; GF esgardoient. — 931 G les. —
933 D a a. — 934 GF se il; G seust, F susent; D veu. — 936 A nus; G nen
i. f. — 937 —938 se trouvent placés dans A après le vers 942. A eust. — 93S G
j. u. tôt sex n. i. v. ; HI nen eschapast v. — 939—940 omis dans D. — 940 G se
cil dedens f. s. — 942 — 946 sont omis dans D; HI nencor. — 943 A fussent.
— 944 I perdismes. — 945 FA a ch.; HI Alinéa, o estions. — 946 GHI im-
périal, FD principal. — 947 D quant; F lesgardoient; A esg. — 950 A le f.
d'énée 37
iliiec l'orent li Greii laissié.
Par celui fumes engignié. . .iKtf-rr^rùtbu pA/>i
Li reis premiers l'araisona,
tôt en ordre li demanda,
955 com aveit nom, ki il esteit,
ki l'aveit ett en destreit. yruJjhi-cuJ^ , yo*fcA>9yv£-*o/fi^
Nos fumes tuit vers lui baïf .COoJ-U^
et as paroles ententif; ûjbts..^niliJ4^
molt le hastames de parler,
960 et il fist semblant de plorer.
De sa vie n'ot guaires cure, .â^txct.
quant se mist en tel aventure ^'^vt^^ftan. d^M^jbJ
et en abandon de morir, " ^ àju^x* pt^t
por nos engignier et traïr;
965 grant estoltie prist en sei, om^Iac^ , sf^/mX^ÙJ^
en sospirant a dit al rei:
„Sire", fait il, „de Grèce sui,
mais molt me tornë a enui,
que ne prenez de mei venjance,
970 car de vie n'ai espérance;
bien sai que de ma fin sui près,
et ce voldreit molt Ulixés,
ki molt m'a coilli en grant he,
et molt m'a malement mené;
975 laidengié m'a a molt grant tort. 4/nb,MJÊM^
Por un mien oncle qu'il m'a mort
me mellai a lui, si li dis,
se ge veneie en mon païs,
que bien ne repos nen avreie,
952 D par lui f. tuit e. — 953 GHI primes, D premier, F prians ; I li
demanda. Alinéa dans D. — 954 F molt francement ; I laraisona. — 955 G
cil. — 956 G qeu lavoit en son d. ; HI mis en tel d. ; D eue. — 958 G et
a sa raison, FHID sa parole. — 964 HI décevoir et t. — 965 H par samblant
ot peor en soi, I par souspirant a dit au roi. — 966 I com cil qui ot poour
en soi, A li dist a. r. — 967 HI Alinéa. — 968 y a grant e. — 969 et 970
sont omis dans A. — 9"0 HI que; I de vivre nai espérance; F car manque,
de me vie. — 972 D vouloit. — 974 DH et molt m. ma m., GF et male-
ment ma molt m. ^ 975 D desdeignie ; G m. molt et a t. — 977 F je
me corcai a lui si dis; D men; A o lui. — 978 D se retornoie. — 979 H
mes nauroie; GI ni; A naureoie, F naueroie.
38 , ^ RÉCIT
980 des i ja que vengic l'avreie.
Il fu forz oem, si me fist prendre,
onc par plege ne me volt rendre,
longues m'a tenu en prison
et en m oit grant destrucion, ^otjJU'i^utujL.
"^f*^ 985 des i l'altr'ier que il avint
que Menelaus concile tint;
complaint sei que molt li grevot
que en Grèce ne s'en alot:
trop aveit ci fait lonc estage, ût^î»uA>
990 mais ne poeit aveir orage vené
quel petist en Grèce mener:
si buens venz ne saveit venter,
des qu'il voleit entrer es nés
i-vuJt. dt jùàmM^ en es rore ne fust remés;
995 ja l'aveit dis feiz essaie, .
toz tens li a li venz boisié. dul^ d. iùùh âbi^À
Quis a conseil qu'il porra faire ^
del vent ki si li est contraire,
et il loerent tuit al rei
1000 que par le maistre de la lei cmÀM^
feïst a toz les deus enquerre,
com il s'en riront en lor terre.
^ÀxnM A tant fu Calchas demandez,
jaatyJvijU, uns profites molt onorez;
1005 sor lui fu mise la parole. ^
Il enprist sa croce et s'estole,^'^^
980 G desi que îo v. l, HI d. i que vengiez men seroie, D de que v.
men auroie ; F d. i la, — 982 HIF pièges. — 984 HI a. — 985 D desi que 1.
qui a. — 987 GF complainst ; A que il li. — 988 HI ne sen raloit. — 989 GA
trop i a. ; I fait ci. — 990 G mais ne veoit en son corage. — 991 et 992
intervertis dans A; G comment il sen peust torner; F quil; D qui le. —
992 G se; G peust, D pooit. — 993 G dus, F très. — 994 D quen lore;
HI que lors ne f. le vent r., G en poi dore ne f. tomes. — 995 D il avoit,
G or la ia; HI par .x. f. 1. — 996 A li ont li vant; HI lavoit. — 997 DG que;
D seust f. — 998 A. des vanz; G qui li est a c; D fu, HI ert, A sont.
1002 FHID iroit; G c. illiroient; HID sa t. — 1003 GFD Alinéa. D 0 t.,.
III Adont; A Carcas; G amenés, HI apeles. — 1004 I priestre, H poète;
HIGD renomez. — 1005 HI sus. — 1006 D II prist sa c. et sa sestole;
F II prist; HI Et il prist; G la c. et lestole; H se tôle.
d'énée 39
as des fist un grant sacrefise,
puis a la chose bien enquise, ^>^aooa^./>a.£.-4-
et li deu li ont demostré
1010 tôt en ordre la venté.
Quant vint el demain par matin,
si râlèrent tuit al devin,
et demandent quel la feront,
et il de par les deus respont,
1015 que de lor aler est neienz, ÙX. 'n.' ji-ajL p^^ ^^t^MJ^c^yJ
se Eolus, li deus des venz,
nen esteit pnmes apaiez, Cai/yr-ue^ ^ na. cctuljjUa^
qu'uns Greus li fust saerefiëz:
uns d'els i estoveit morir,
1020 se ja s'en deveient partir.
De ce furent tuit en esfrei,
car ebaseuns ot peor de sei,
que il ne fust dannez a mort.
Il en deveient getersort, ^^-ut^,^ ciM. xxanjt.
1025 sor cui l'aventure eberreit,
ki les al très aquitereit,
quant Ulixés me fist venir,
dist que jugiez ère a morir
et forfait aveie la vie. n£,ru:LM. c^uj-u um>^
1030 De contredit n'i ot il mie: £rtipfi;uJ-Lar>> j
ebaseuns ki se dota de sei, ,^^ cLenjL;é-o>~ cLtJ
l'otreia volentiers de mei. cu^orida^
Pris fui et toz nuz despoilliez
et les poinz très le dos liez; <pd/yi/v4A^»-a-
1007 HI a ses diex f. u. s., GF dont fist as dex .i. s.; D a fait .i. s. —
1008 HI dont a la chose si e., GFD tote e. — 1009 HI que li d.; A en
ont d. — 1010 A tote. — 1011 DI v. lendemain, A v. al matin. —
1013 F le f., D que il f.; HI et manque^ d. li. — 1015 G que il de laler;
D nient. — 1016 DG Elous, A Oleus; D du vent. — 1018 GF quuns
dels. — 1019 d 1020 sont omis dans D. — 1020 GF sil; G s. s. v. ja p.;
F se d.; GHI voloient. — 1021 G il eu e. — 1022 A que. — 1023 et
1024 sont omis dans A ; G en fust; F jugies. — 1021 D quil dévoient
jeter un sort. — 1025 HI sus; I en ch. — 1026 F q. tous 1. a. quiteroit. —
1028 G d. forfait avoie a m. — 1029 G et que perdre mestavoit vie; A et
que f. a. V.; I avoient. — 1030 A Del; F ni avoit mie. — 1031 HI car ch.
qui dotoit. — 1U34 GFD mon dos.
40 RÉCIT
1035 laidement fui traitiez issi ÀJ^cr)^-ùyrxle,à.^^AjrhJ2^
com vos me veez encor ci.
Tuit li proveire de la lei
lor çharactes, firent sor mei, jùjyrxtMj
et me menèrent a l'altel;
1040 desor le ehief me mistrent sel,
vin et oile, farine et cendre.
Gre deveie le col estendre,
et encoste de mei esteit à- thiC oU^
cil ki decoler me deveit.
1045 Tote vi ma mort aprestee;
aJbri^ a tant si sort une mellee
entre deus barons loing" en l'ost. cux/ynjtx,
Li reis en ala la molt tost,
et li altre tuit après lui;
1050 guerpirent mei, toz seuls i fui.
cuJM^i-^^^-^ Altre part me pris a foïr, -jLuni
en un bois loin m'alai tapir, i&û, qjoxMj^
Ce qu'il volrent faire de mei
ont fait d'altrui, si com ge crei;
1055 al deu des venz sont acordé,
molt lor a tramis buen oré;
aie s'en sont en lor païs.
Ge sui remés come chaitis, \
de poi ai ma vie alongiee,
ma morz me rest molt aprismiee, cuo^/i^c/aA'
entre vos m'estuet ci morir, '
1060
1035 A travailliez si. — 1036 HI et vous veez encore ici; D me manque,
V. or endroit ci; F veez ore ci. — 1037 D lor 1. — 1038 A caractres, G
charaude, Hl karatés, F carectes; HI sus. — 1039 A et menèrent moi. —
10 10 HI desiis ; F mon ch. — 1043 et 1044 sont omis dans D. — 1045 A estoit
ma morz. — 1046 HI a itant sort; G i sorst, Fis. — 1047 D entre .ii. fors
barons de lost, GF entre .ii. des barons de 1. ; HI la en 1. — 1 048 G La en
ala li rois m. t.; A i est alez. — 1049 A et tuit li autre ensemble lui. — 1050 G
et t. s. f. — 1051 HI autrepart men alai foir, D a lautre part alai tapir; GF
men. — 1052 HI intercalent ce vers: que ne me venissent saisir, enz u
bois 1. tapir maloy; GF et en un b. m. t.; D alay fuir. — 1053 G faire
volrent. — 1054 HID autre; HI ajoutent: car il li conuenoit par foi. —
1056 G car bon tens ont et; HI donne; A omet lor. — 1057 GHI en. —
1058 D ainssi remez c. c. ; G et io r. — 1060 G car io la voi mult apercie;
D ci aproichie. — 1061 GF entre vos mains m. m.
.£yrui4.jujk-
D'ÉNÉE 41
tart me sera, molt le désir;
molt me tornë a grant contraire QyOnévx^ÙMJk^
que morz ne sui, si puet il faire."
1065 Quant li cuiverz nos ot ce dit^_^ jê^^tuujm/^
si se tôt enprés'^n petit; (^/jl. J>feti'i^^
veïmes le mesaaisié, <ua1. AtJL davu^ Jjt- oyia^^I^a.
tuit eûmes de lui pitié.
Desliëz fu en es le pas, cLiiÀ4^ ^am^ âm^ cAuirr^
1070 se li fist li reis doner dras,
pardona li et membre et vie,
dist li, qu'il ne se dotast mie,
que ja par lui nen avra mal;
enprés li enquist del cheval, Jynsk^r^j-uiCLAxx.
1075 por quel ert faiz, que ce deveit pouuujfctcri.
que de si grant faitnre esteit. -pi^cn)
Li fels Synons a dit al rei;
„Sire", fait il, „tot le segrei .ôx^vi^^
de cels de Grèce vos dirai,
1080 que ja mais nul d'els n'amerai,
ne vers els ne tornerai mais,
se entre vos puis vivre en pais.
Bien sorent tuit la vérité,
que li deu orent destiné,
1085 que ja Troie ne perireit,
tant com la Pallade i sereit.
Pallas vos mainteneit senz faille.
1062 HI il mest trop tart; A seroit, D semble. — 1063 G et forment
mi t. a c. — 1064 FHI que ne sui morz; G quant ni sui mors si doit il f ;
A se il puet. — 1065 DHI Alinéa; GFD ce nos ot dit. — 1066 I quoi se
tint. — 1067 D remes le mesaesie; A mesaie. — 10G8 A t. an aiimes grant
pitié. — 1069 A lont. — 1072 G et dist quil ne lor icoit(?) mal; FD que;
A sesmaiast. — 1073 y ne ja; D nauroit nul mal, F naueroit m., G nen aroit
m. — 107.=) G porquil ert fais; y et que devoit. — 1076 G quil; D estaige. —
1077 GFD Alinéa; F Li f. a respondi, HI L. f. si a lors dit, D L. f. sine la
dit, A L. f si len a dit. — 1078 G jo vos dirai tôt le secroi. — 1079 A a
cels; HI Troye; G bien le sai. — 1080 G car ja un sol nenamerai; A nul
nen a; H mes namerai, D ior n.; F que ja nul dels nen amenrai. — 1081 HI
ne entrex. — 10S2 G sentor vos ne puis. — 1083 Alinéa dam D. —
1084 F esgarde, GD agarde. — 1086 D palais; tous: li P. — 1087 G so-
stenoit. Alinéa clans GF.
1100
42 RÉCIT
ki est déesse de bataille,
et s'image esteit eoltivee
1090 entre vos et molt enoree:
par li estiez tuit seiir.
Par une fraite de cest mur m1^:Ac,
i entra un seir Ulissés, Aerùi>
ensemble lui fu Titidés;
1095 vostre Pallade vos enblerent, 'v-eisuuL>rJz,
ça fors en l'ost l'en aporterent.
Celé image fu depeciee.
Vers els en fu Pallas iriee,
fait lor en a puis grant contraire. tffr\3hA^ÛA^
Tuit li devin et li gramaire aaix/»v>rvAi^w^»>A^
et li maistre de nostre lei
comunement distrent al rei,
que il queïst hastivemeut
vers la déesse acordement. AjLLrrrtûtLÀiHJrn)
1105 Por ce fist cest cheval drecier,
et si deveit apareillier,
que Pallas i fust tresgetee j^uxt^i^
et desus seïst tote armée
de lance, d'espee et d'escu,
1110 Mais n'a guaires qu'il a perdu
l'engigneor ki ce faiseit. âA.tkjjLcJ-^
Ne set pas ki le cheval veit
por quei fu faiz en tel mesure,
si granz, de si halte estature;
1115 mais ge vos dirai l'acheison, ca.u,a«-
por quel firent li Greu félon,
1088 D qui d. e. — 1089 D omet et. — 1090 GD et e. nos m. hono-
rée. — 1091 HI e. asseur, D estieuies molt s., G estions nos s., F e. vos
t. — 1093 HI monta. — 1094 DHI e. o li. — 1096 G et ca fors en 1. la por-
tèrent; F a 1. — 1097 D coultivee. — 1098 A P. an fu v. e. i.; D. v. nous. —
1099 D f. en fu puis molt g. c.; G trespuis leu ont f. ; A maint. — 1103 F
feist, I querissent, H quersist. — 1105 GHI Alinéa. — 1106 G devez. —
1107 D sist (fist?). — 1108 HI s. d. — 1109 HI despee de l.; G et est émis. —
1110 D Un. — IIHD lengneour. — 1112 A ne sai par qui le cheval veit;
D cel eh. — 1 1 13 A porquil; D a tel m., GF ditel m. — 1 1 14 G si haus de si
grant e. — 1115 GF intervertissent les vers suivants dans cet ordre: 1117, 1118,
1115, 1116, G mais ains v. d.; III la raison. — 1110 HI pourquoi furent.
d'énée 43
volentiers vos dirai lor mal:
il firent si grant cest cheval,
que nel petissiez laienz traire,
1120 car il i a tel saintuaire icrvcA^ dùv<^rJL,
(ce sorent bien li cuivert Greu),
que ja mais ne vendreit el leu
0 il sereit a remanance: pcn.*^ dU. -Ov-rtj
de bien i a grant espérance.
1125 La Pallade ki fu enblez iratjcîjL,
ne valeit tant laienz d'asez
come li chevals i valdreit,
mais as cuiverz en pesereit,
ki sevent bien que granz enors
1130 vos en vendreit et granz baldors, (Uju^u».cjl ^ -hxfJu^^^iL,
se laienz esteit li chevals:
guari seriez de toz mais."
Nos creiimes ce qu'il ot dit,
il n'i ot ne grant ne petit
1135 ki nel loast dedenz atraire.
.C. piez del mur firent desfaire,
la porte ert petite a l'entrée,
la chose granz desmesuree,
se li covint grant veie a faire.
1140 Cordes i liâmes por traire,
trei .m. home traistrent devant,
et derriers en ot altretant;
botent 0 mains et o leviers, /xyvu-ii'i-orJ:.
molt i ovroent volentiers.
1117 F lor d. — 1118 G qui si g. f.; F qui!; A le c. — 1120 D grant
s. — 1121 G sevent; A bien leaiiment Greu; G félon. — 1122 HI que ja
mes ne vendrez en lieu, G que jamais ne venront en 1., F que ja mais
n V. a 1. — 1123 HI mal ou il soit a demourance; G sera. — 1125 mss.
Li Pallades. — 1126 D en la cité; G assez. — 1127 A feroit. — 1128 G
pesteroit, F pens. — 1129 GHI quil. — 1130 A baudor. — 1132 GFD tos
vos m. — 1133 D euimes, GF oiraes; DHI Alinéa. — 1134 y ni ot un
seul, D ni ot neis .i. — 1135 GF bien ens, D enz bien, HI leanz. —
1136 A firent del mur; F fesist. — 1138 HI I. c. iert g. d. — 1139 A lor;
I noise. — 1140 D Et cordes et lienz a t., F C. loiames p. ens t., G C.
loierent p. ens t. — 1142 F d. en ont il a. — 1143 GFDI as mains, H a
mains; y as leviers, D a leviers. — 1M4 F aidoient.
44 RÉCIT
1145 Dedenz la vile fu conduiz
li chevals a molt grant deduiz, -jcrLû^
devant chantoent les donzeles,
sonent et harpes et viëles;
a grant leece et a grant joie
1150 menâmes nostre duel en Troie.
Devant le temple fu laissiez ^
et Synons fu desoz muciez. Câ-cAa,
Quant nos fumes tuit départi
et vers mie nuit endormi,
1155 cil ki sot del cheval les estres,
les entrées et les fenestres
aovri, s'en issirent fors
tuit cil ki li erent el cors;
en Grezeis se sont escrié,
1160 le feu mistrent en la cité.
Li altre ki le jor devant
de l'aler orent fait semblant,
al seir en sont al port venu,
de la vile ont le feu veli,
1165 eele part en alerent tuit
et entrèrent enz a un bruit. ■
Ne troverent nul contredit, crjifefijhLprj , dUt^r^
n'encontrerent grant ne petit
dont onkes fust raençon prise
1170 se le chief non; de tel ocise ifusu^^
n'oï nus oem onkes parler;
la disme n'en sai reconter.
1147 — 1148 viennent dans GF ajyres 1150. — 1148 y sonoient h. et v. — i
1151 HI la porte; G sacies. — 1152 A S. est dedesoz m.; F et li hom; DF
est. — 1154 HI et a, D envers; G dormi. — 1157 G a olvertes sen(?)
issent fors, F a ouuertes sisent ist fors, HI prist a ouurir si issi hors; D
les ovri. — 1158 D qui enz erent, G qui furent ens. — 1159 A lansoigne
as grex ont e.; GFD sont tôt e. [omettent se). — 1161 D le lautre jor qui
ert devant, — 1162 DF du raler; D ont f. grant s. — 1163 ef 1164 omis dans
A. D en manque; F a. s. resont. — 1165 G dicele p. a. t., F dicele p. en
aient. — 1166 A enz an e. (omet et); D en .i, b. — 1167 G ni trovent nis un
c; HI nil, F ni. — 1168 A naconsurent, HI ni trouuerent. — 1169 G dont il
fust aine. — 1170 G eele o; I emprise. — 1171 HI n. nul onques mes p.;
A onques nus hom. — 1172 G nen s. 1. disime conter; HI nen porroit c.;
FD ne; F saroie conter.
I
d'énée 45
Ocis i fu Prianz li reis,
trestot destruistrent li Grezeis,
1175 Heleine traistrent de la tor,
si la rendirent son seignor.
Ge vi le grant destruiement, cU-tJhuicJh.'^nn)
si asemblai molt de ma gent,
a grant esforz en alai la; a^^^c .^^riA^rU A^oy^'^AA^'oni
1180 ma moillier après Cretisa
me siui por mei retenir;
jo entendi tant al ferir, -^ nm ' ùccu^cù.
qu'en la presse la deperdi, j::jl/\^Ju^
grant duel en oi, puis ne la vi.
1185 Toz me lassai de Greus ocire.
Venus ma mère me vint dire
de par les deus, que m'en tornasse,
et en la terre m'en alasse
dont Dardanus vint nostre aneestre.
1190 Ge vi que altre ne pot estre;
ma mère me fist retorner,
0 vint nés me mis en la mer.
.ivmai^ One puis ne final de mal traire; ûa/^î-^j ci»\- amx^'^j^
puis ai eti maint grant contraire;
1195 près a un an qu'as Sichains porz
fu Anchisés mes père morz."
Quant Eneas li reeontot,
la reine se merveillot
des mais, des peines, des dolors
1200 que il aveit sofert mainz jors.
] 174. D tout le d., HI tout destruioient, F tos les d., G tos nos d. —
1177 et 1178 omis dans A. — 1179 et 1180 omis dans HI. G esploit men ;
D effrois. — 1180 A Cerusa. — 1181 D tout p. m. tenir; HI détenir. —
1182 D et jent. ; A a f . — 1 1 83 eM 1 84 manquent dans A. D quenz en
la place la p.; I la laperdi. — 11S4 y ai. — 1185 HI je mi lessasse avant
o., D Tout de gre mi laiSsaisse o.; GF mi. — 1186 F m. revint d. — 1191 G
men. — 1192 GF .x. m. et vint (F plus) fumes en mer. — 1193 G aine,
F ains, D ainz. — 1194 D maint de c. — 1195 HI bien; Mss. ad; D conta
com son père fu mors. — 1196 D quant il vint a si chaitif port. Apres
ce vers D a une interpolation. V. les notes. — 1197 HI tout ce contoit. —
1199 A des mais des dolors et des pertes. — 1200 et 1201 omis dans F.
A et des peines quil a sofertes.
46 DIDON
El le reguardot par dolçor
si com la destreingneit amor; i-tn.^-'uyr.eyr^cûjt
amors la point, amors l'argue, aca.u\^ £ errunsi.
sovent sospire et eolor mue,
1205 et quant fu termes de eolcbier,
si fait les liz apareillier.
En la chambre l'en a mené
0 li lit furent apresté
de covertors et de buens dras.
1210 Cil s'est colchiez ki toz ert las;
la reine fu al covrir, coT^/i/xtAj
a grant peine s'en pot partir.
Quatre conte l'en ont menée;
en sa chambre s'en est entrée,
1215 .e. donzeles i ot de preis,
jSlles de contes et de reis,
n'i ot une, ne fust meschine; Àùj,c>r^ H^t-i^ •
al colchier servent la reine.
Quant la chambre fu aserie, fui^euiiJ.U:
1220 dame Dido pas nen oblie
celui, por cui li deus cTamor
l'aveit ja mise en tel freor; -ifxOJiAjjJ^J
de lui comencë a penser,
en son corage a recorder i>^ AAff^iÂx^
1225 son vis, son cors et sa figure,
* ses diz, ses faiz, sa parlettre,
les batailles que il li dist.
• Ne fust por rien qu'ele dormist;
1201 HI Ele lesgarde; G dolor. — 1202 D si comme le destraint a.,
F si com lestraignoient amors, G comme famé destrainte damor. —
1203 HI lesprent. — 1204 GD et manque. — 1205 A q. il fu {omet et);
F del. — 1206 G el fait; D elle f. liz a.; F ele f. — 1208 GFD erent. —
1209 HI blanz d. — 1210 D se coucha, y se couche; F molt; D fu. —
1212 D puet. — 1214 D enz en s. c. est e , F eus en s. c. en est e., G en
sa ch. sans demoree. — 1215 GF .m. danseles; HI .c. damoiseles ot de
pris ; D pucelles. — 1 2 1 6 HI de conte ou de marchis ; G a c. et a r. ; D a
contes. — 1217 A nule, GF celi; HI une seule m. — 1219 HI Alinéa. —
1220 HIF ne soblie, D mie noublie, A ne oblie. — 1221 G deu. — 1222 Dy
omettent ja; G lavoient; A grant f. — 1223 GI comenca. — 1225 A fai-
turo. — 1220 G son dit son fait. — 1227 GF Et les b. (G la b.) qu'il.
AMOUREUSE 47
tornë et retorne sovent,
1230 ele se pasmë et s'estent,
sofle, sospirë et baaille, .|^tx/i./»iAW^
molt se demeinë et travaille, A«- cLsuinrjL'njL^
tremble, fremist et si tressait, jf-uu^aùXCLL
li cuers li ment et se li fait. dMpJUAuh
1235 Molt est la dame mal_ Jjailliej ■iry^.u^.ymJur-j^^jL. , ûJxXjl^<la-
efc quant ce est qu'el s'entroblie, £>,' en,4M<Jui^
ensemble lui cuide gésir,
entre ses braz tôt nu tenir;
entre ses braz le cuide estreindre. eJihMirï.cL\^
1240 Ne set s'amor covrir ne feindre;
ele acole son covertor,
confort n'i trueve ne amor;
mil feiz baise son oreillier,
tôt por l'amor al chevalier,
1245 cuide que cil ki ert absenz
enz en son lit li fust presenz:
n'en i a mie, aillors esteit.
Parole o lui com s'el l'oeit;
en son lit le tastë et quiert; ^faJ-û-n/rJL
1250 quant nel trueve, des poinz se fiert.
Ele plorë et fait grant duel,
des larmes moillent si linçuel; cU^MiO' du. M^
molt se detorne la reine, <^ /VL^-ot-i/t/n/i^
primes adenz et puis sovine. ,
1229 A tornot et retornot, Dy molt s. (G forment). — 1230 H ele
vauteille, I ele souspire; G et après se p.; FHI et si s. — 1231 I s. gemist
et si b., F s. et s. et b.; G s. si s. — 1232 G et molt; HID démente;
I et se t.; H d. molt t. — 1233 HI et f.; F omet si. — 1234 G tos 11
cuers, omet se. — 1236 HI omettent et; D cest; AHID quele; A soblie. —
1237 FHID e. o lui. — 1238 I tant nu a nu par grant désir, H ensemble
o lui tout nu gésir, G et nu entre ses braz tenir. — 1239 et 1240 omis
dans D. A le b.; G la. F omet ce vers. — 1240 y Samor ne set (HI puet).
— 1242 G trova. — 1243 D baisa. — 1244 A an por, GF et por; F por a. —
1245 G c. cil qui plains est dedens; HI est en sus (H nest). — 1246 HI se
gise de lez lui touz nus. — 1247 D ni estoit mie, HI il ni est mie. —
1248 HI le voit, D le oit. — 1249 Dy enz en; G la. — 1250 DGF
del poing. — 1251 G plora; HI p. si f. — 1252 D moille son 1., HI sunt •
moilli si eul, G ploroient si oel. — 1253 GFI retorne. — 1254 D aus denz.
48 SA CONVERSATION
1255 Ne puet guarir, si se demeine,
.^^x^LLnt' lûolt trait la nuit et mal et peine;
el se demeine a mainte guise. yrLourUjtAjL,
Ele ne set ki l'a sorprise:
mortel poison aveit beii; »
1260 ele ne sot ki l'enfes fu,
qu'ele ot tenu et aeolé,
ki la rage li ot doné;
^^ji/fnjijiùÀâ^ aÙL ne puet muer, ne li enuit ^^yvoo^ula-
ce que tant a duré la nuit;
1265 ja ne euide le jor veeir.
Des que le puet apereeveir,
el fil de l'albe, s'est levée;
nen i ot meschine apelee,
ne cliamberiere a son servise.
1270 De mortel rage esteit esprise, &/rUiû.>m/rrjU,
^^oi.i.vyni^rJ'^-n^) molt l'angojssot li feus d'amor.
El vint errant a sa seror:
,Anna, ge muir, ne vivrai, suer".
— Quel avez donc? — ,Falt me li euer,
1275 nel puis celer, jo aim". — Et cui? —
„Gel te dirai; par fei, celui". . ,
et quant ele le dut nomer,
- si se pasma, ne pot parler.
Quant el revint de pasmeison,
1280 si recomence sa raison:
„ Celui ki a sofert tant mais,
Vz55 GFD pot; GHI durer; y molt se d. — 1256 F traist; D a rnale
p., G travail et p. — 1257 D si se d., F et se d.: I en m. g. Les vers 1257
et 1258 sont intervertis dans HI. — 1258 GF car el; HI el ne s. qui si la
s.; D enprise, F esprise. — 1259 et 1260 omis clans HI. G a receu.
1260 A El ne sot qui li e. f; GF set. — 1262 GF a. — 1263 GD pot.
1265 G quida. — 1266 GH quel le. — 1267 GF sa 1. Alinéa dans F. —
1268 G aine ni; A cliamberiere. — 1269 A ne famé nule; F chambelenc. —
1270 G aprise. — 1271 Alinéa dans DHL — 1273 Alinéa dans A. D Laila g.
m. ni V.; F a grant dolor muir Anna suer; G nen v. — 1274 GD quavez
vos d. ; F et caues d. je perc le c. Après ce vers D en intercale deux autres
et F également. V. les notes. — 1275 D ne puis je . . ., G muer. — 1276 D
je le d., F ja le saras. — 1277 G li. — 1279 Alinéa dans I, quant elle vint;
F et q. r. — 1280 D recommença; G si a parle dist s. r. — 1281 Dans y les
V88. 1281—1286 sont intervertis en ce sens: 1285, 1286, 1281—1285. GF et cil.
AVEC ANNA 49
ce est li Troïëns vasals,
que fortune a a essil mis
et ki vint ier en eest païs;
1285 ge cuit, qu'il est de hait parage
et de celestiël lignage; *
-f^uJt Cl. joJ^ del tôt pert bien qu'il est gentiz,'
et molt par est corteis ses fiz;"
de lui tenir ne de baisier
1290 ne me poi ier seir saziër; muuu*-^^
onc puis que ge tornai de Tire,
que Sicheiis fu morz, mes sire,
ne me sovint de nule amor,
..XujAf^* ûi ^^ '^^^^ des i que vint a icel jor;
1295 ne vi home de nul parage,
tant fust riches ne proz ne sage, ^
cui ge mostrasse puis semblant
'jy^^vnxoML de cel endreit nejant ne quant, Zjl. •yrxàtvu!^ cLu. 'ynffnJLe,
fors seul cestui, que destinée
1300 a amené en ma contrée. ^
Cist a espris le mien corage, JLrr^jjLanrrv^rriM^
cist m'a doné la mortel rage,
CaÛxm.-6u por cestui muir tôt a estros. CMJhùyr\M,fyriZy*^
pcyi^j- 4i*^ Se p_or_ce non qu'a mon espos XctexuM
' l305 pramis m'amor a mon vivant,
de lui feïsse mon amant;
mais quant je l'ai celui donee,
ja par cestui n'iert violée;
mielz voil morir, que ge li mente .^^aru^ 'UrkiicLtÀ.a.
1310 ne qu'en altre mete m'entente; /jut-uJUL-
1283 FHI en e. — 1284 DHI hier vint. — 1285 D cuit quil est du priant (?)
paraige; G sort; HI du; G franc, F grant. — 1286 HI du. — 1287 F de
tôt, G de lui. — 1288 F gentius. — 1289 I baisier et acoler; DH et de b. —
1290 F ne puet er soir preu aaisier; H essoir; I saoler. — 1291 y ainz;
D onques p. q. t. d. T; HI parti. — 1293 G ne sovint moi de nul a.; HI
s. il mes damor. — 1294 D quavint en ycest j. — 1295 A aage. — 1296 F
qui tant feuse rice et sage, A tant prou tant riche ne tant sage. — 1 297 GF
a qui m.; HI a qui je m. s. — 1298 A cest; HI celé amour. — 1300 D
amena en ceste c. — 1301 HI Cil; G Icil ma cangie mon c. — 1302 y cil;
D ia m. r. — 1303 A par. — 1305 I amor; G a anavant. — 1306 G jo en
feisse. — 1308 F por. — 1309 G len m. — 1310 A que an a., G et en a.
Bibliotheca Normauuica IV. 4
50 SA CONVERSATION
guarder li voil et tenir fei.
ALLui-i' Anceis parte terre soz mei
et tote vive me transglote, ( t/n^LeuJh^o^
0 feus del ciel m'arde trestote,'
1315 que ge altrui doigne m'amor,
que ge promis a mon seignor;-
ge li donai, si l'ot et ait,
ne l'en sera par mei tort fait;
ge n'ai mais soing d'altrui amer,
1320 que qu'il m'en estuiee endurer.
Fors tant qu'en ai oï parler,
Eneas l'ai oï nomer . . . ."
Quant l'en sovint, qu'el le noma,
ele nerci, si se pasma;- Tvmyvcc^
1325 a poi que ele ne fu morte.
Anna, sa suer, la réconforte:
„Dame, por quel morez a honte?
Geste amistiez rien ne vos monte,
qu'avez envers vostre seignor:
1330 morz est, ja a passé maint jor.
A duel usez vostre jovente,
en lui n'a mais negune atente, AitaW*,
de lui n'avreiz vos mais enfant
ne dolce amor ne bel semblant,"* irnJL/rJL
1335 ne guarantie ne socors.
Molt a ici foies amors,
quant bien ja mais ne vos puet faire.
Por quel volez por lui mal_traire? .^û^ju^KÂaj
1313 eM314 omis dans A. HI qui; G tote terre; F mestranglote.
1314 D ou malz feuz d. c. m. tote; I et f. — 1315 DGF q. a a.; A autre.
1316 HI p. mon bons. — \'dll et 1318 sont omis dans A. — 1318 G par moi'
ne li sera. — 1319 FI) ne u. ; A je nai besoing; G dautre. — 1320 GHID
que que; y mestuisse; D convengne; G deraorer. Après ce vers D en inter-
cale deux autres. V. les notes. — 1321 D que ai. — 1323 HI q. ce avintj
que (H quel) le noma; F sovient que le n.; G et quel n. — 1325 A por
po. — 1326 D Ayma s. s. le conf. — 1327 Alinéa dans HID. D more. — j
1328 G noiant ne monte; IDF riens. — 1329 F que vous; GIII que a. vers.
1331 F a lui; DG naves; F entente. — 1332 G n. jamais; F vous manque.
1333 GF bon s. — 1337 DHI q. bien ne mal; F q. il bien ne v. p. mes
f. , G q. il ne v. p. nul bien f.
AVEC ANNA 51
Ja mais n'avreiz nul bien del mort:
1340 faites del vif vostre déport; M ' currux^Ay^ (x\jjJL.
el mort n'a mais reeovrement: /tuLjô^'LrtriJi.^rne.'^r^
faites del vif vostre talent, y-»tem.4-C ^ oU-^jÏ^
Fols est ki por mort se consire; ^> OLiKt^f^jt-»^
sai que est veirs, et si Foi dire:
1345 tenir estuet le mort al mort,
le vif al vif, ço est confort.
Ki maintendra vostre cité,
vostre terre, vostre erité?
Ne puet estre longue par femme
1350 bien maintenue enor ne règne; -i^i^JL , /\.a-iûMLtrrjL.
poi fait on son co mandement,
se n'a altre maintenement; /:^sruJ^.â,>r^
ne puet mie grant fais sofrir,
si li covient guerre baillir.
1355 Molt par a ci estrange terre;
de totes parz vos cuite guerre;
toz les barons de cest païs
avez vos fait voz enemis,
car ne deignastes a seignor
1360 home de tote eeste enor:
eiiz les avez en vilté. yau^j jLe-^^ ^^^ "^^-^ yrxo^^'sxj^*^
Por ce vos ont coillie en he,
acoillent vos de mainte part, ûJtZcL^uuA^r^è.
confondront vos o tost o tari oi^n^-ujû^urri^
1365 Quant aamé avez cestui,
vostre seignor faites de lui;
1339 et 1340 intervertis dans F. AHI de m. — 1341 et 1342 sont omis
dans GA. HI en. — 1343 D qui autrui mort désire. — 1344 D il est voir je
lai oy d ; HI v. e. ainsi 1. d. — 1345 HI les mors as mors. — 1346 HI les vis
as vis c. e. confors, — 1348 HI et vostre très grant richete (H irete). —
1349 HI bien maintenue au loinz p. f. — 1350 HI ne puet estre lionnor ne
règne. — 1351 GF de s. c. — 1352 G qui, HI sel, A sil. — 1353 I granment.
— 1354 F se; D si li vient g. a maintenir, G so li avient g. a b.; A terre;
D tenir. — 1355 D Alinéa. ~ 1356 HI i sort, GF i croist. — 1357 D ce. —
1359 D au s. — 1360 HI prendre home de vostre honor. — 1361 G tenus;
DI ainz, H ou; F en aves; DIF tous en v. — 1362 G et il vous; D ainsi
en he. — 1363 D toute p. — 1365 HI puisque ame; F ename.
4*
52 FOLIE AMOUREUSE
maintendra vos a grant rieheee,
car il est de molt grant proeee.
Por vostre bien, ge vos plevis,
1370 l'amena deus en cest pais;
quant de s'amor estes sorprise,
Guidiez la veintre en nule guise; /u^u^oû/u-;
vos ne poez encontre amor. M^^
Se de cestui faites seignor,
1375 molt en ereistra vostre barnage
et essaleiee en iert Cartage.
Dire porez, por covrir vos,
cest tens d'iver sejort o nos
et ses nés face refermer,
1380 car n'est or tens de passer mer.
Ainsi le poez retenir,
enprés faire vostre plaisir." p^ ji.^rA4jxmm\jiA^
Bien ert la dame anceis esprise, du^ct^'^M^j'/A^.
et sa suer l'a en graignor mise;
1385 d'amor esteit bien enflamee,
plus l'en a ceste entalentee: i^ùJ-^ den^
confortée l'a malement. -^
S'el ne l'eust onc en talent
et ne l'elist onkes amé,
1390 se li a ceste amonesté. AM..ci,i-L
D'amor se desve la reine, oUAyU-^rU:^ Atc
elle ne cesse ne ne fine.
Le Troiën prent par la main,
de s'amor n'ert encor certain;
1395 demeine le par la cité,
1367 A enor, HI richois. — 1368 F car il a molt de g. p.; HI molt
d. g. pooirs; A valor.. - 1369 IF jel; D le v. f. — 1370 D ce. — 1374 A
se cestui prenez as. — 1375 A et manque. — 1377 GA poez. — 1378 HI
ce. — 1379 GHI et f. s. n.; G atorner. — 1380 D o. n. — 1381 G Ensil
poes bien r.; D porez; A si le p. b. r. — 1382 HI empais; G et sen
feres. — 1383 HIG Alinéa. F Dido ert ancois bien e. — 1384 HI et
sasseur; G forcor. — 1385 G e. entalantee. — 1386 G et ceste la plus
enflamee; D atalentee. — 1387 et 1388 manquent dans F. — 1388 D se
neust ouques; G uen e. ; HI ainz. — 1389 F et se nol ot o. a. — 1390 HI
entaleute, F cest. — 1391 D Alinéa. — 1393 F et par le main le vassal
niaine. — 1394 F certaine. — 1395 et 1396 sont omis dans HI; D pormeiue.
DE DIDON 53
se li mostre sa richeté
et son chastel et son palais.
El ne puet estre une ore en pais,
et l'araisone molt sovent
1400 de mil choses dont li n'apent; cLffr±. jJUU. fx-^a,
el ne quereit, fors acheison oc£.A<ùc-r^
eiist de lui mètre a raison.
Mil feiz li demande une chose,
ele ne fine ne repose;
■ 1405 en mi son conte s'arestait,
ne set que dit ne qu'ele fait,
tôt pert le sens et la parole."
Amors l'a fait de sage foie;
molt soleit bien terre tenir
1410 et bien soleit guerre baillir,
or a_ tôt mis en nonchaleir cL ti^oIàJ^
et en obli por non saveir.
Amors li a fait obliër *
terre a tenir et a guarder.
1415 Si enemi guastent sa terre,
el ne prise plus pais que gueiTe,
de nule rien mais ne li chalt,
ne mais d'amor ki molt Tassait,
et molt a mais tote sa gent aLui^n/>ri/LuàJ
1420 par li malvais maintenement ; ^ôe,<y^44V
de li n'ont force ne sec ors,
1397 HI el li otroie tout empres. — 1398 HI et sa cite et son pales,
D ne p. une ore e. e. p.; G sot; G a p. — 1399 GF el; HI ele laregne. —
1400 HI qua lui apent (H napent). — 1401 HI elle ne quiert, F ne querant el,
G ne queroit el. — 1402 F cest de. — 1403 DHI omettent li. — 1404 GA
cesse; G El n. c. ne ne r.; A nel ne r. — 1405 F saresta. — 1406 H ne
sot; I el ne set quel d. n. quel f.; A quil dit; F oblie la; G ne set q. f. —
1407 et 1408 sont omis dans A. — 1408 HI A. fait bien, G A. le f. —
1409 G guerre, F onor. Alinéa dans D. — 1410 G et selt molt b. terre
b.; HI bastir. — 1411 et 1412 omis dans D; HI a n. c. — 1412 F et oblie
por mal s.; G par; HI valoir. — 1414 D t. t. — 1415 I gardent. —
1416 HI ele prise autant p. com g.; D ele ne pr. pais q. g. — 1417 HIF
riens. — 1418 GHI qui si 1. — 1419 D et m. aura t. s. g.; HI oubliée a,
GF a nient a mis. — 1420 HI par lui nont mes m.; GFD por; GF le. —
1421 HI lui n. mes nisun s.
54 LA
ne montent mais es murs n'es tors,
de l'ovrer n'est conte tenu,
pendent li mur entrerompu,
1425 en un leu hait, en l'altre bas:
tôt a guerpi por Eneas.
En nonchaleir a mis le règne,
'^^liM h'gI n'a home ki ne se plaigne;
Ji'-rJ^^T abaissié sont li Tiriën
1430 enpor îostage al Troïën; po-tuJ
celé ki mainteneit l'enor
a tôt guerpi por soe amor.
En tel travail et en tel peine
fu la reine une semaine;
1435 ne nuit ne jor nen ot repos,
ne por dormir nen ot l'oil clos.
En dolor ert et en grant mal
et ne l'osot dire al vasal;
ne guarra mais ainsi lonc tens,
1440 s'ele ne prent altre porpens : éuynAJU,
0 li en estovra morir
0 al vasal s'amor gehir.
Celé angoisse a longues sofert,
qu'el ne l'osot dire en apert/
1445 A un matin forment li plaist,
qu'ira chacier en la forest,
por ejbatre de sa dolor, ^w- aLùjhcJuui^
s'entrobliër porreit s'amor;
1422 ni monte m. sus murs nen t.; D nen m. nen t., G a m. na t.; F
ne t. — 1423 D de lonneur; G doimrer ni ot c. t. — 1424 HI li mur po-
rcnt estre r.; F li murs petit e. — 1425 F omet un. — 1426 A perdu. —
1427 D En .i. c. ; GF son r. — 1428 A el, DF nen, G ni. — 1429 D Ali-
néa. — 1430 y tôt por lamor (F et por amor); D et p. lestage. — 1431 D
ceuz qui maintenoient lonnor. — 1432 D touz guerpis, por ynanque. —
1433 G dolor. — 1435 D ne jor ne nuit ne prist r. ; HIF niert en r. —
1436 HI navoit; F not son oel c. — 1437 I doulor treoit et paine et m. —
1438 A al ne sot. — 1439 F ne pot garir; Il si a lonc tens, I jusqua 1. 1.;
I) mais manque. — 1440 A se al; G se il nen a.; III nen p. — 1441 D ou il
li estaura m., G u li e. a m. — 1442 F gerpir, D guenchir. — 1443 GF celé amor
a longe s.; A lonc tens. — 1444 GFD que; D le sot. — 1445 sans alinéa
dans GF. III ainsi 1. p. — 1446 I quel voist, II el vet. — 1448 G se oblier.
CHASSE 55
car amors est molt plus griés chose, tou^Ju, ^ JjUA^uLcUi
1450 quant en leisomë et repose,
et ki s'en vuelt bien délivrer,
il ne deit mie reposer;
se l'en s'en vuelt bien esloignier,
altre entente, li a mestier, ^cc^uLùecK-ârn)
1455 car quant il entent altre^part, ( jù' aa^^fi^ de) ^ilin
se li so vient d'amor plus tart.
' Ele a mandé ses veneors, çjifiicm-fuj
enseler fait ses chaceors,
prennent lor ars, cors et lévriers,
1460 chiens et vieltres et liëmiers.
La vile bruit de cel conrei, jyu^u^^^u^
.£jirt>ijt/rrJLfot del glat des chiens et del desrei ; cLLc^^-ijU^^A. j c^rrJLu^
vienent meschin de totes parz,
aportent ars, cuivres et darz;
1465 la maisniee est molt eomelie. oaÛ*^-^ ; iM-^UjU.c^
La reine se fu vestue
d'une chiere porpre vermeille,
bendee d'or a grant merveille
trestot le cors des i as hanches
1470 et ensement totes les manches, d^ yr\a.jrru~
Un chier mantel ot afublé,
menuëment a or goté,
a un fil d'or ert galonee
et sa teste ot d'orfreis bendee.
1475 A son col pent un cuivre d'or,
qu'el fist traire de son trésor;
1449 D oniet plus; HI si très g. c. — 1450 D quant len ne fait riens
et r., HI que on ni dort ne ne repose, GF que con die ele (G el) ne r. —
1451 et 1452 omis dans F. D se. — 1352 A si. — 1453 et 1454 omis dans A.
F et que; FD se v. — 1455 A omet il. A an a. a. p.; GF dautre. — 1456 A
se. — 1457 Alinéa dans D; HI ele mande. — 1458 GF asambler. —
1459 D p. 1. cors a.; HI chiens et 1. — 1460 HI Couplent (H couples) v., GF
seurs V.; D ch. viautres et 1. — 1461 HIF enbruit. — 1462 G bruit; y de
lefifroy (F c. de cel efifroy); D del lesroy. — 1463 GF plusors p. — 1464 HI
portent espiez. — 1467 I riche p. v. — 1469 D des que, F dusques. —
1472 III tout dor"m. g., F et dor m. g.; A ert dor g. — 1473 GFD et
dun f. — 1474 F cief; GHI ert; D omet ot. — 1475 A aporter fist, GF
o soi porta. — 1476 GF que; G traire f.; HI que ele prist en s. t.
56 LA
.c. saietes i ot d'or mier,
les flèches erent de cormier.
En sa main prent un arc d'albor
1480 et puis avale de la tor;
trei duc la meinent de la sale,
aprjLA. soentre li granz genz avale.
Danz Eneas, ses druz, l'atent
jus as degrez o tôt sa gent;
1485 quant vit la dame Tiriane
ce li fu vis que fust Diane:
molt i ot bêle veneresse, cA£uch(a<l.
del tôt resemblot bien déesse.
Quant el le vit, por soe amor
1490 li est muée la color.
Ele dévale les degrez
et li chevals fu aprestez;
d'or et de pierres l'ont covert.
A son monter ses druz la sert;
1495 c^nreez fu le Troïën, Xclaj.^^
com por aler en bois, mon bien:
le cuivre al col, l'arc en la main,
ne resemblot de rien vilain; -Acryrurrji. cLl. ixx.c<
ce vos semblast que fust Febus. CenndJJh.
1500 II est montez, ne tarja plus,
par la resne la dame meine,
ki por s'amor ert en grant peine;
li suens conduiz forment li plaist. \
Esrant vindrent a la forest,
1505 asez i ont venaison pris. ;
1478 m furent; A cartier. — 1479 G tint; H son. — 1480 III ainsi;
G puis sen; D devalle. — 1481 Les vers 1481—1491 sont omis dans HI; A .iii.
dus amoine. — 1482 D deiouste, G encontre. Ce vers est omis dansF. —
1483 G li dus. Alinéa dans FD. — 1484 G ensamble li molt de s. g. —
1485 F vint. — 1486 F est v; GF ce fust D. — 1488 F de tôt sambloit molt
b. d., G bien r. de tôt d.; D resambla. — 1489 D il la v. — 1490 F si a m. —
1491 F ele a dévale. — 1492 1 enselez, G amenés. — 1493 GDF et de pourpre;
D fu. — 1495 HI conree vit, D contre li fu; G ont. — 1496 D envois bien;
F es bos, GI el b. — 1497 A le cor, GF al les. — 1498 A*Qe sambloit pas;
IIIG resambla. — 1499 III ainz li sembla estre phebus; GF ce f.. —
1500 F tarje. — 1502 I qui por monter. — 1504 IlID vienent; A an. —
1505 Les vers 1505 et 1506 sont intervertis dans HI. A ot.
CHASSE 57
Ô-XAA*-
Tant chacierent qu'il fu midis.
Idonc leva sodainement
et granz orez et grant tonnent;
tonë et pluet, molt fait oscur,
1510 nns d'els n'i esteit a setir. jt^rv xuMru^
Fuiant s'en tornent plusors parz;
li plus hardiz i fu eoarz,
li plus vasals de peor tremble;
one n'en remestrent dui ensemble,
1510 fors la reïne et Eneas:
cil dui ne départirent pas,
ne guerpi li, ne ele lui. cUra/ruiLorfyriCL,
Tant ont aie fuiant andui,
a une crote sont venu. <a/v^»-CCt'
1520 Iluec sont andui descendu.
Estes les vos andeus ensemble,
cil fait de li ce que li semble, Ca. clu^ ' ÀJL 'iXJuJ:.
ne li fait mie trop grant force,
ne la reïne ne s'estorce^ ju^ eUli.'rxiL ^ AtJ*d^a .
1525 tôt li consent sa volenté;
p^ega qu'el l'aveit desirré. ciji/>^u^^<>^ ,£^mA/«'nyuu
Or est desco verte l'amor;
onc mais puis la mort son seignor
n'en fist la dame nul hontage. acJt^or*^ -^lOyi-^ltuA-iL
1530 II s'en retornent a Cartage.
Ele demeine joie grant,
1506 F cevalcierent; GFD que. — 1507 Alinéa dans D. HI mes dont
leva .i. grant torment. — 1508 A molt g. o. ; F uns grans ores par molt grant
vent; GD et molt grant vent (D omet molt); HI soudainement. — 1509 DIII
tonna et plut et (D molt) fist; F et t., G 11 1. ; GF et p. et f. o. — 1510 G nus
hom; D nest mie, F nestoit pas. — 1513 HIF hardiz. — 1514 HIF ainz, G
aine; GF ne sen tinrent j HI ne. — 1517 D ne déguerpi li nelle lui; HI ne la
guerpi. — 1518 A t. vont fuiant ansanble a. — 1519 ei 1520 sont omis dans HI;
DGF fosse. — 1521 Alinéa dans D; ce vers manque dans G; H quil se_tro-
verent seur e., I quil sen tornerent seul e.; D touz seulz. — 1522 A il; HI
fist; F conques, D que bon. — 1523 et 1524 intervertis dans HI; HI ni conuit
mie trop g. f.; G molt. — 1524 F la r. ne sen e., HI 1. r. trop ne sestorce (H se
torce). — 1526 F por cou; G poise quel voit desirete. — 1527 Alinéa dans D;
HI Or ont descovert lor a.; GF a d. — 1528 D onques puis ; HIF ainz, G aine;
F le s., D du s. — 1529 HI ne fist dido de soi; F te Ih.; D honneur, GHI
folage. — 1530 HI Andui r. — 1531 A Al d. ioie molt g., F Dido d. j. molt g.
58 DESCRIPTION
nel ceile mais pejant ne quant, 7v**^-^A-*ruL/yvi:
molt s'en faiseit liée et joiose;
ele diseit qu'ele est s'espose,
1535 ainsi eovreit sa félonie;
ne li chalt mais que que l'en die;
et en derrière et en devant
fait mais de li tôt son talant. ^ro^^rvl^ ; oUaua,
La famé vait par la contrée,
1540 que Eneas l'a vergondee. d'e-AA-cnry^nA*^
■'Famé est molt merveillose chose,
el ne fine ne ne repose,
mil boches a dont el parole,
mil oilz, mil eles dont el vole,
1545 mil oreilles dont ele oreille;
se ele orreit nule merveille,
qu'ele peiist avant noncier,
ele ne fine d'a_guaitier; CjjuuUdûtAj
se de la rien set tant ne quant,
1550 de molt petit fait asez grant,
ele l'acreist et plus et plus;
quant qu'ele vait e_t_sus et jus, pe^A^hruLt.
oLe, ^yy-iiyrrxj^ ^ LaoJjurrui.'Tnh. altrcsi tost fait ele acreire
la false chose com la veire;
1555 d'asez petit maint conte fait,
toz tens l'acreist, o qu'ele vait;
d'un poi de veir dit tant mençonges,
qu'il resemble que ce seit songes, j
et tant le vait moltepliant, |
1532 HI Not mes tel joie en son vivant. — 1533 HI el; HID se; G
molt par son fait. — 1534 HI molt desirroit quel fust s.; G e. dist bien; D
ert. — 1535 III petit couuroit sa lecherie. — 1536 GIII que len en d., D
mais que len die. — 1537 A an dasriere. Les vers 1537 et 1338 omis daiis
HI, qui les remplacent par les vers 1607 — 1614. — 1539 sans alinéa dans
GID; III Li renons. — 1540 HI espousee. — 1541 HI renommée e. m. maie
ch. — 1542 FDUI elle n. f. ne rep. — 1544 I) et .m. elles d. ele v. (omet mil
oilz). — 1545 D m. o. touz tens o. ; FG oies. — 1546 FD selle; F ot dire. —
1548 GF de g. ; III si (H ce) ne fine ele d. — 1549 I se nule r., H se dune r. —
1550 III dun m. p. fera trop g. — 1551 A quant quele; HI le croit, D a oy,
F le dist. — 1552 GD que, F tant. — 1555 III grant e. — 1556 GFD acroist;
H voist, I voit. — 1558 D quil semble, G que ce s.; F quil soit mencoignes.
I
DE LA FAME 59
1560 n'i a de veir ne tant ne quant.
Primes parole bêlement
et a conseil çejeement, c^ru xia-cy^oM'
et puis vait enlialcant son conte, /)JLf) CLfry.ûUirJ^ ^ /ulAoxlc^o,
plus hait parole quant qu'el monte;
1565 puis que un poi l'a descovert,
en parole tôt en apert.
Par Libe nonce ceste famé
la félonie de la dame,
dit que de Troie esteit venu
1570 uns oem, Dido l'a retenu
ensemble sei enz en Cartage;
or la maintient cil en pntage. /sA,cKxAJt.u^i~cry-ù , aLiUrouxcj
En luxure andui se demeinent
le tens d'iver, d'el ne se peinent;
1575 la dame en laisse son afaire,
nule altre rien ne prise guaire,
et cil en a guerpi sa veie,
et l'uns et l'altre s'i foleie. ( -4oê.*J\jl, dULt, -foLÙL^ ^
Molt est la dame defamee
1580 par tote Libe la contrée,
en mal ont essalcié son nom.
Quant l'oent dire li baron,
li duc, li prince, lijçontor, jtz^ cerrM-jL^
qu'anceis ne volt prendre a seignor, û^c^-pcA-^^ii^a^rU:
1585 molt se tienent por vergondez,
1560 GF del. — 1562 G priveement. — 1563 GFD essalcant. — 1564 GD
que quel; III quil, F que; HIF ne m. — 1565 III et puis cun. - 1566 FD
plus en paroUent (F parole) en apert; HI lors p.; G parole ent puis. —
1567 GFI sans alinéa; HI Parmi Libbe dit et diffame; F libie; G noncent;
D monte. — 1568 HI la grant folie, G la vilonie. — 1569 DIGF dist. —
1570 y receu. — 1571 DF e, o s. (D li); HI a grant aise sont en c. ; G
dedens. — 1573 HI et vil 1., GF et en l; y omet se; D ambedui mainent. —
1574 F lontans d. — 1575 y ses afaires. — 1576 G nul autre gent ne prisait;
A nule a. ne panse; y gaires. — 1578 G trop, H se. — 1579 A ert; alinéa
dans D. — 1580 F libie. — 1581 D est e., H li effacent, F et ensauce, G a
e. ; I li de {illisible) son non. — 1582 D cil b. — 1583 F de cel pais duc
et c, GHID li duc li conte del pays (D palays). — 1584 HI qua seigneur
ne (I nel) velt avoir pris, G quele a s. ne velt ancis, D que a s. ne volt
aincais. — 1585 D sen t.; mss. {sauf A) vergonde; D a v.
60 MESSAGE DES DIEUX
qu'ele les a toz refusez
por un home de plus bas preis,»
ki nen esteit ne cuens ne reis.
Entr'els le diënt, si ont dreit,
• 1590 molt par est fols ki femme creit;
ne se tient pro a sa parole, yu/J^Le^^t^rA^rtiz.
tel tient l'en sage ki est foie;
ele diseit qu'a son seignor,
ki morz esteit, pramist s'amor,
1595 ne li toldreit a son vivant; ^xj-kAA^^^^A*^
or en fait altre son talant,
or est mentie sa fiance,
trespassee est la eovenanee, pixe—^^n > - t
qu'a son seignor aveit plevie.
1600 Fols est ki en femme se fie,
molt a le mort tost oblie;
ja ne l'avra si bien amé,
puis foit del vif tôt son déport; >ô *û/>rux>w, o^
en nonehaleir a mis le mort. ex. ooek^^J^
1605 Or a Dido ce que voleit,
del Troïën fait son espleit -i/o^^>tV^
et son talent tôt en apert.
Or la tient cil a descovert, ©u^^tfAJi^tf^rrvt-r^
son afaire a mis en obli
1610 et tôt son eirre en a guerpi; "uxyoup^
ne se vuelt mais de lui partir,
longues le cuide maintenir ; «o/v^j^aa-'
toz est livrez a maie voe, -yrLcU/eUcét.^ ^ a^
et terre et femme tient por soe.
158G D quant ele 1. a t. aviles, HI quant si les a en sus gite, G qant
ele a cascun r., F por cou que erent r.; A reuelez. — 1587 HI pris. —
1588 D qui nest mie ne c. ; HI q. nestoit ne roi ne marchis. — 1589 A Au-
trels dient et si ont d. — 1590 DGIII que m. e. f. — 1591 Les vers 1591
— 1607 sont omis dans HI; G rien. — 1592 F telle t. o. s. quest; G tele
entent on; D a saie. — 1593 A que. — 1596 F et en f. — 1597 D Alinéa;
AG a m.; A la f. — 1598 G a; GF sa e. — 1601 F la m. t. obliee. —
1602 F amee. — 1603 F des vis. — 1605 D Alinéa; A quel. — 1607 HI
2)lacent ces vers après le vers 1537. HI son t. fet. — 1610 A et t. s. oirre
déguerpi. — 1611 I ne sen quiert mes de lui p., G ne velt de lui mais
départir. — 1613 D tournez. — 1614 III et famé et terre.
I
A ÉNÉE 61
1615 Un jor esteit dedenz Cartage,
de par les deus vint uns mesage,
ki li comande de lor part,
qu'il laist ester ieel esguart cer»~^oUJJ'«~ , cûuxfr^j
et si s'en ait en Lombardie,
1620 aprester face sa navie,
déguerpisse la Tiriane,
tote la terre Libieane:
ce n'est sa terre ne ses feus,
altre est la po^rveance as deus. /^^rL^k^A^Jh-er*^
1625 Es Eneas molt esmaié
de ce que cil li a noncié,
set qu'il ne puet mais remaneir,
qu'il ne s'en ait par estoveir. pcu^ 'TyM-Ci-tAdJ'^
Molt li est grief a départir jL^uuveL, oLa^a y\J~AJM^
1630 et la reine a déguerpir; ^^ tJ\cJ^rj^
molt est pensis, maz et dotos, >*i^/^
d'ambesdeus parz molt angoissos.
Ne puet laissier ne tant ne quant
le dit as deus ne lor comant,
1635 et molt dote la départie
de la dame, qu'el ne s'ocie;
crient ne li tort a grant contraire, {^Jh^^ 4c*.^yxû.^jf^)
et nequedejpt estuet li faire fn^i^crj^ha^r^
ce que ont comandé li de,
1640 mais molt se tient por esguaré ûOuuAj-ijL , ùjUtunàL^rn/r
s'a la dame le noncera,
0 en enblé s'en tornera; â_ ta^ uL^^Mm^ul.
crient s'il li dit, que nel demort
1615 GF sans alinéa; HI Eneas saeise en C. — 1616 HI des diex a Ini;
G es un m., D vient u. m. — 1617 GF comandent; I leur c. — 1618 HI icest.
— 1619 e^ 1620 sont intervertis dans HI; A et quil; F voist. — 1623 F lius. —
1624 F avis e.; A providence; F a dius. — 1625 D Alinéa; HI Ez vous E.
e., FD Eneas est m. e., A Eneas fu m. e. — 1626 D que il. — 1627 F
que n. p. — 1628 F voist. — 1629 D et mult est g. le d.; G len est g.;
F au d. — 1630 D a la r. d., A et la dame a d.; G retenir. — 1632 F am-
bedous; GHID pars est a. — 1633 Ali'iéa dans G; D pot. — 1636 GFD
que. — 1637 A que li; F omet li. — 1638 A ne set que f. ; G convient. —
1639 Dy ce que li deu ont comande; A de ce quont. — 1640 A a e., F
or e. — 1641 F sille; H se. — 1642 D ou ensamble; G emblant; HI sen. —
1643 et 1644 sont omis dans F; A quel le demort; HI ne le retiegne.
62 ÉNÉE
et que de li tardis n'en tort.
1645 II fait ses nés bien atorner,
en larrecin s'en vuelt aler; o- ^ cL/txMxji-
l)ien a sa gent amonesté, .ir^^jhuAJM,
sachent, qu'ai plus prochain oré
s'en tornera o sa navie.
1650 Sa maisniee a molt esbaldie, ^00^*-*-
car cil sejors lor enuiot;
chascuns l'aler molt desirrot,
nen i a nul eui l'ester plaise,
fors seul a lui ki tôt ot s'aise;
1655 molt li pleiist a remaneir,
mais il s'en vait par estoveir,
si com li deu l'ont comandé.
Ses nés fait guarnir en enblé ou i*. dL\Mt<
de quant qu'a els esteit mestier.
1660 La dame cuidë engignier, ^^cn^yue,^ pc^ /u-uu».
mais la reine s'aperceit,
car ki aime toz tens mescreit; Ai, 'rrJLuls^
en dotance est et en peor,
ja n'ert settrs ne nuit ne jor,
1665 Ne se targe de neient famé, ajULtxLrru.^rryLr^
ki descovert l'a a la dame;
la traïson li a contée
que li vasals a aprestee,
cornent il fait ses nés guarnir,
1670 en larrecin s'en vuelt foïr.
Puis que la reine le sot, ;
onc puis celé ore repos n'ot, i
)
1644 HI ou la ou vent aler ne viengue, G et plus a tart de la ne t. ;
AD en. — 1645 DIIIF aprcster. — 1G48 F saltant qua; D que tout le pre- ]
merain ore, HI que il au p. p. 0 (DIIl omettent sachent); G este. — 1651 HI
li. — 1652 G aler. — 1653 F ni a nus que li liu i p.; D un; HI lestre;
F place. — 1654 FGD a lui seul; G a s.; A quert a son ese, HI qui tant
a daise, F que el ne cache. — 1655 y miex; A li r. — 1658 HI garnir
f. — 1659 A que aus; G que il avoit m. — 1660 G sa d. quidoit. —
1662 HI qui de ce touz iors le m. — 1663 HI iert. — 1664 HI niert asseur
{omet ja); D seure nuit. — 1665 HI Ne sai se fu ou home ou famé. —
1667 F mostree. — 1668 D ot. — 1671 Alinéa dans D. — 1672 D onques
puis heure r. not, 111 onc p. en son cuer r. not, GF aine puis ore repos nen ot.
PRÉPARE SON DÉPART 63
que ele oï la traïson,
des i que l'ot mis a raison, -ux.mjjl. ' eu ca, eujjt.
1675 Lez lui s'asist, si sospira ^
et en plorant li demanda:
„Dite8, vasals, o forfis one,
que m'oeiëz?" — Que est ce donc? —
,^a faites vos voz nés guarnir".
1680 — Ge? — „Veire, volez mei foïr".
— Ainz m'en irai tôt a veiie. —
„Por quei m'avez vos deeeUe?
Déguerpirez me vos ainsi?"
-— Ge ne puis mais remaneir ci. —
1685 ,^or quei?" fait el. — Li deu n'ont eure^^p^--'
„Ohi lasse, quel aventure! -^""^^
Por quei ne sui ge donc ocise?
Tant mar ai fait le bel servise,
le bel sejor, le bel qstage, ^ oii^Jj/extûUl
1690 que ge vos ai fait en Cartage.
Ja ne lairai que nel vos die,
molt pensastes grant félonie
et merveillose traïson,
quant vos volsistes a larron
1695 de mei partir et desevrer.
Com le peiistes poipenser?
Ne queïssiez oan eongié, ciZiju ayn/ruLa- - ci
ne n'ettssiez de mei pitié?
1673 F quele a oi. — 1674 HI tant queneas mist a r.; FD que la mis,
G que leur mis; A quel. — 1675 et 1676 omis dans A. F Ion 1. — 1676 D
laraisonna. — 1677 et 1678, F remplace ces deux vers par quatre différents.
V. les notes. — 1680 FG Je croi (G voire) vous en v. f.; HI voulez ent f.;
D ou voulez vous f. — 1682 F voire aveme; D si d., A donc d. — 1683 F
pourquoi me laisies; III déguerpissiez; D vous me a. — 1684 HI plus de-
morer ci; F et eneas li respondi. F ajoute deux vers. V. les notes. —
1685 III Porcoi donques; G li deu n. de moi cure, F li deu nen ont de
moi mes cure. Ce vers et le suivant sont omis dans A. — 1686 F hai 1. —
1687 III Quainsi me sui por vos ocise. — 1688 I mal ai sauvé; GF mal
a. f. si bel; D sauf m. bon s. — 1689 F si b. s. si b. o. ; A samblant. —
1690 GF a C. — 1691 G Jo; IIGF nel 1. — 1692 G vilenie. — 1694 G feistes,
I vouliez. — 1695 A ne d. — 1696 III iour p. — 1697 D nen queissiez
auan corsage; F nen quisies. — 1698 A ne ne eussiez d. m. p.
64 REPROCHES
Nel seiisse par vos oan.
1700 Malvaise fei ont Troïan!
Sont ce li gre et les mereiz,
que j'ai de vos bien deserviz?
Quant ne vos puet mais retenir
Dido, ki estovra morir,
1705 aliance ne amistiez
ne bels servises ne pitiez,
volez vos donc faire tel rage,
qu'en mer entrez par tel orage?
Il est ivers, molt fait lait tens,
1710 naviër ore n'est pas sens:
primes laissiez iver passer,
puis iert plus paisible la mer.
Preier vos voil por toz les deus,
ki envers mei sont trop crueus,
1715 par l'amistié, par l'aliance,
ki est entre nos par fiance,
que vos aiez de mei pitié.
Vos en avreiz molt grant pechié,
se jo i muir par vostre tort
1720 et n'en faceiz alcun confort.
Cil me heent por nostre amor,
dont ne voil nul prendre a seignor;
nen a baron en cest païs,
1700 D Mal fait amer homme troyan. — 1701 Alinéa dans D. HI Ou
sont 1. g. ; ADFI les grez. — 1702 I pour v. ; HI tant d. — 1703 et 1704 inter-
vertis dans III; HI avant n. v. p. plus tenir; FD détenir. — 1704 G quant;
HI pour vous estuet Dido m., F si me convient griement m. ; D quen. —
1705 HI ne a. namitie; F non a mestier. — 1706 F le bel s. ne pitiet. F
ajoute deux vers. V. les notes. Fuis GF répètent 1700 et 1699. — 1707 Alinéa
dans H; I par faire; D cel r. — 1708 G quentres en mer, HI en mer en-
trer; I outrage. — 1709 HI il fet let iour il fet 1. 1. ; GF II fait iver et m. 1. 1.;
D si fait. — 1710 D nentrer ore en mer nest pas temps, HI entrer en mer
n. mie s.; F or marinier ce; G li n. n, mie s. — 1712 HI plus p. sera;
G après si ert mieldre li mer. — 1714 D qui vers moy sont ore courou-
ciez; y molt c. — 1715 et 1716 omis dans HI. — 1716 GF quest e. n. par
la f. — 1718 HI ou vos serez mort de p.; F grant manque. — 1720 HI
que de vous naie aucun c; G que nen. — 1721 III ceus. — 1722 A d. ge
ne voil nul a s.; HI que je ne; F volt; D omet a. — 1723 GHID il na b.
DE DIDON 65
ne seit por vos mes enemis;
1725 tuit me vuelent deseriter.
Tanz enemis dei bien doter, <iAA/riW!Afl-
n'avrai secors ue près ne loing,
vos me failliez a cest besoing;
ehaceront mei de ceste terre,
1730 ne me faldra anceis lor guerre.
De eels me dot, si puis ge faire.
mais plus me tornë a contraire (2y'\ja~ -/<-fcoafl*J<fi-3
la vostre amors, ki molt m'argue;
se cist eorages ne me mue,
1735 que jo ore ai, ne vivrai mie.
Molt puis doter la départie,
ne cuit aveir respit de mort,
car n'avrai rien ki me confort.
Se g'elisse de vos enfant,
1740 ki vos semblast ne tant ne quant,
que pelisse por vos baisier
et acoler et en brader
et ki de vos me confortast,
ce m'est avis que mielz m'alast;
1745 mais ce m'est vis, nen avrai rien,
ki me face confort ne bien.
Bien sui settre de morir,
quant ge vos vei de mei partir.
Sire, por quel m'avez traie?"
1724 GI por vos ne soit. — 1725 HI voudront. — 1726 HlJe me doi
bien de ce douter; F Teus; A molt d. — 1728 III au grant b. — 1729 A
jaceront. HI inten-ertissent 1729 et 1730. — 1730 A ne f. ia; G jamais ne
me f. 1. g.; HIF f. jamais 1. g. — 1731 HI molt me dont deus; F de cou;
FI si doi ge f. — 1732 G m. molt me par t. ; HI a grant c. — 1733 D qui plus
m., III qui trop m., G qui si m. — 1734 D ne se c; G li c; F ne remue. —
1735 G jo sai de voir n.; ADG nen. — 1737 A nan; D respit avoir. —
1738 D ja n , FG je n. ; HI car ni ai r.; G j. n. noient qui. — 1739 F se
jou eusse. — 1740 G resamblast t. n. q. — 1741 D que je p. — 1743 F
et de V. me reconfortast ; G et nuit et j.; HI por vos. — 1744 HI sachiez
de voir que. — 1745 III m. je voi bien; D ni a. — 1746 G jamais narai
c. n. b. — 1747 et 1748 intervertis dans GHI. — 1748 G d. m. v. v.
Apres ce vers GY placent les vers 1757 et 1758. — 1749 et 1750 sont omis
dans III.
Bibliotheca NoTmaiinicu IV. 5
66 RÉPONSE
1750 — Ge nen ai, veir! la meie amie. —
„Me8fi8 ge vos onkes de rien?"
— Mei n'avez vos fait el que bien. —
„De8truis ge Troie?" — Nenil, Greus. —
„Fu ce par mei?" — Mais par les deus. —
1755 „Ai ge vos vostre père ocis?"
— Nenil, dame, gel vos plevis. —
„Sire, por quei me fuiez donc?"
Ce n'est par mei. — „Et par oui donc?"
— C'est par les deus, ki m'ont mandé,
1760 ki ont sorti et destiné,
en Lombardie dei aler,
iluec dei Troie restorer.
Ainsi l'ont dit et destiné;
car, se ce fust ma volenté,
1765 qu'il n'i eiist qrdenement C.^yn/meuneU.yni'né:
ne mais le mien tant seulement,
que par mei fust, ce m'est avis,
n'alasse oan de cest pais,
ne fust la volentez as deus.
1770 Se de l'ocision as Greus
remansist nus, gel governasse,
les murs de Troie restorasse,
et se il fust a mon plaisir,
ne volsisse de vos partir.
1775 A enviz faz la départie, ^ A£jy\jej:.
nen est par mei, nel cuidiez mie;
1750 F naie voir; D la vostre a., GF ma doce a. 1751 Les vers
1751 — 1759 manquent dans G; HI Sire fait ele an Troyen. — 1752 HI
meffis je vos onques de rien. — 1753 F Deffis; FD ne mais g., HI non
les griex. — 1755 vos manque dans F. — 1756 F d. le v. p. — 1758 HI
Nest pas p. m.; G ha par qui d. — 1759 F nest; A quel m. m. — 1760 HI
et 0.; F lont, G mont. — 1761 HI quen; A e. L. en d. a. — 1763 DGF or-
dene; Alinéa dans D. — 1764 F c. sil f. par m. v. - 1765 D que li neust
o. — 1766 D autre que 1. m. s. — 1767 HI se sachiez bien le vos ple-
vis. — 1768 HI avant. — 1769 A ce vers E commence. Les vers 1769 — 1772
sont omis dans HI. — 1770 A de locion. — 1771 D r. nul el g.; F quei
g., G ques couernaisse; E gouuernast. — 1772 E restorast. — 1773 DFG
et se or; HI sil en alast a. m. p. ~ 1774 A rovasse. — 1776 A ne est,}
GEF ce nest, HI nest pas; D rompis pour moy; DGEF ne c. m.
d'énée 67
bien sai, que vos m'avez servi
molt richement vostre merci;
veïstes mei desconseiljiéj cl -6-**^ eU, A£,jiMMj-k<.Aj^
1780 merci eiistes et pitié.
Se nel vos puis gueredoner,
ge nel porrai mie obliër,
meraberra m'en tant corn vivrai,
sor tote rien vos amerai.
1785 Se ge m'en vois de eest pais,
ce n'est par mei, gel vos plevis.
Laissiez icest çomplaignement, ^JLAl>rJ<^
car vos n'i conquerrez neient,
fors tant que vos me comovez AjcJU^fii^ %*''^
1790 et vos meïsme malmenez. — ^ o^u^ie^, 9m.cujU,^\^
El le regarde en travers, JT i> j^
de maltalent ot le vis pers, iA^x^dhi^
sovent li mue la colors
si com la destreigneit amors. shouuurnA^rij/'dU:,
1795 Amors l'aveit tote enflamee,
ele parla come desvee:
„Onc n'apartenistes as deus,
car molt estes fels et crueus,
ne ne fustes d'ome engendrez,
1800 anceis fustes de pierre nez;
norrirent vos tigres salvages
0 alcunes bestes boscages. ^^ "i^^^
One ne fustes d'ome, ce crei,
quant vos n'avez pitié de mei;
1805 le cuer avez dur et serré,
1778 HI et honnore v. m. — 1780 AEF m. en e.; D vous en e. grant
p. — 1782 D ne le p., HI nel p. ie. — 1783 G m. moi. — 1784 I sus toutes
riens. — 1785 et 1786 omis dans HI. D me pars. — 1786 D et v. p. — 1788 HI
que vos; DEFG ni conquestes. — 1789 D me mouez. — 1790 AHI meis-
mes; DEFG malmetez. — 1791 sans alinéa dans DEFG; HI Ele les-
garda; G regarda. — 1792 EFHI les elz. — 1796 I a tout p ; D parle. —
1797 HIF ainz, EG aine. — 1798 D que m.; F fol. y ajoute deux vers. V.
les notes. — 1799 HID onc ne. — 1801 G norri vos ont. — 1802 HI beste
em boquages; GA salvages. — 1803 HIF ainz, GE aine; GFHI je c. —
1804 H merci: DEFG p. n. — 1805 et 1806 omis dans HI. — 1805 omis
dans D.
5*
IriAAUXâJrriMJrJt.
68 PLAINTES
n'i a dont faire pieté.
Ahi lasse! que di ge mais?
Quant ge nel puis aveir, gel lais;
por neient paroi, quant ne m'ot,
1810 ne il de bien ne respont mot.
De mort m'aprisme m oit li termes. ^ifd^^ocAe.
One nel porent fleebier mes lermes .jUÙJ\^
ne mi sospir ne ma parole.
Que di ge maisV molt par sui foie,
1815 onc ne m'oï tant démonter,
qu'onkes por ce petist plorer
ne ne tornast vers mei son oil;
ne li est guaires se m'en doil; ovt.'a/tv /alaû/n
onc ne me fist de rien semblant,
1820 de mei li fust ne tant ne quant.
Quant il de rien ne me conforte,
lasse, por quei ne sui ge morte?
Nos senton molt diversement:
ge muir d'amor, il ne s'en sent,
1825 il est en pais, jo ai les mais;
amors n'est pas vers mei igals,
quant ne senton comunalment.
Se il sentist ce que ge sent,
qu'il amast mei si com ge lui,
1830 ne partisson ja mais andui.
Ses devinailles vait trovant
1806 D ni avoir que f. p., GEE" ni a un point de p. — 1807 HIE que
ferai mes, — 1808 II tel 1., E sel 1., I ies 1., G sil 1. — 1809 HI va sen et
li autres sen vont; GEFD p. nient p. q. il ne m. — 1810 GF et il; HI ne
il de bien ne me respont, E ne il ne me r. un mot; GF de rien; F nul
r.. — 1812 E aine, IF ainz; D ne porroient {omet onc); G ja mais jor ne
serai s. 1. — 1813 G ne sans s. ne sans p. — 1814 III q. d. j. molt me
tieng p. f. — 1815 GE aine, F ainz. — 1816 E que il; G que aine poroc. —
1817 HI nonc ne, E ne nen; G torna; F nen t. v. m. s. orelle. —
1818 D gaires ne len est si m. d., III pou len est se por lui me deuil,
F lui nest g. de men doelle. — 1819 et 1820 manqxicnt dans HI; F ains,
G aine; EF men f. — 1820 E d. m. ne li f. t. n. q., G que de moi li f. t.
n. q. — 1822 F p. q. me s. — 1823 HI amon. — 1S24 EF se m. — 1825 HI
je sent; G le mal. — 1826 EF nest nient; Dam.; H nos; G igal, A loials.
— 1827 D Alinéa; DEF nel s. — 1828 ge manque dans D. — 1829 DHI
tant c. — 1830 HI ue dep. mais nos dui. — 1S31 A disant, GEF traiant.
DE DIDON 09
et ses mençonges vait contant,
dit que li deu li ont mandé,
porveU ont et ordené, c/iLxtuu
1835 cornent il deit traitier sa vie Îa-uJ-^J-u-a^ , AJ-fia-hJ
et qu'il s'en ait en Lombardie.
De ce ont or li deu grant cure, ^m^ f-u
molt se travaillent senz mesure,
et molt en tienent il grant pjait clJiAjU>t^>^-J^
1840 de demander quan que il fait!
Mais par ma fei ne lor en chalt,
se il remaint o s'il s'en ait.
Quant dit qu'as deus de lui est tant,
qu'il ne fait rien senz lor comant,
1845 por quei l'ont il donc tant coitié, /it^^jsjt, , yûAi-^-éX
par mer, par terre travaillié? ^y>^ yertAA.'yi'U-*%<^t^^
Ne li failli nul jor lor guerre,
ainz qu'il venist en ceste terre;
quant ariva en cest païs,
1850 esguarez ert. Que foie fis, ûcuj.^\n^ j cUxcuy\J.^r^yr\a.
que gel retin ensemble mei;
or m'en repent, que fairel dei;
tôt son talent a de mei fait,
ne remaindreit ci por nul plait.
1855 Quant ge nel puis mais retenir,
ait s'en, mei estovra morir."
1832 A V. trovant, EF v. disant, D acontant, HI racontant. — 1833
GFHI dist; ni d. lont corn. — 1834 EFHI lont; HI destine. — 1836 HI
et que il; HIF voist. — 1837 D ont lor d. g. enure. — 1838 D molt
lacollent a desmesure. — 1839 HI et m. t. de ce g. p.; F t. a. g. p. —
1840 HI de commander, F comandent li, E demandent li, G d. lui mander;
D la ou il vait; HIE ce que. — 1841 D par moie foy {oynet mais); G il ne
lor c. — 1842 GDEHI ou il. — 1843 HI Puisque ?is diex est de lui t.; G
dist que dex. — 1844 HIF que r.; HI riens ne fait. ~ 1845 E pour ce 1.
il tant decachiet; D courcie; F il du tôt cassiet; A travaillié {omet il). —
1846 A p. m. et p. t. cotie. — 1847 A failloit; HI ne li avoit f. 1. g.; E
un jour. — 1848 HIF a. que; E tant que il vint; G quarivast. — 1849 GE
q. il en vint. — 185U D esgrede; E fu; GFD com f . f. — 1851 HI quant;
G qui le; DHIF e. o m. — 1852 G com f.; DEHI omettent que; A f. el d.,
HIE f. le d., GFD f. doi. — 1854 HI ne demorroit, D ne remanra. —
IS55 HI quant si est que nel p. t.; D détenir. — 1856 E m. en estuet m.,
D or me convient m.; F voist sent moi convenra m.
70 DÉSESPOIR
Ele plore, gient et sospire, a^t^rrùJb
encor voleit asez plus dire,
quant la repristrent pasmeisons,
1860 ki li tolirent sa raison.
Ses puceles l'en ont portée
des i qu'en sa chambre pavée, aulaxlu,' ju^-^
Danz Eneas forment plorot
et la reine eonfortot,
1865 mais riens qu'il die n'a mestier, "vx' vdt ^cla^
car ne se puet plus atargier; '*'*'^^
le dit as deus li estuet faire,
a cui que viegnë a contraire.
Troïën tornent de Cartage,
1870 a lor nés vienent al rivage,
lor chose aveient apresté
et molt aveient buen oré;
traient lor ancres, flotent nés,
li alquant traient sus lor très.
1875 Dido s'en monte a ses estres, â^âA/£^m£^j<
la sus as plus haltes fenestres;
quant aprester veit la navie
s'ele fait duel, ne merveil mie;
el gient et plore, crie et brait, (^.t^rrùJ:.
1880 quant veit que ses amis s'en vait;
de sa vie n'a el mais cure:
» amors nen a sens ne mesure.
1857 HI Alinéa, Dido p. plaint. — 1S59 HI q. el chai, G ele ala; GH
en p., lu paveillon. — 1860 G que li retoli; HI ne pot dire ne o ne non; G
la r., D ses raisons. — 1861 et 18(i2 omis dans A. — 1862 G desi en; HI
en unne eh. molt privée; F ses cambres pavées. — 1863 EFD Alinéa. —
1 865 D que dit navoit. — 1 866 HIF omettent car ; HI il ne puet mes, F il
ne se puet, G car il ni p.; D pot. — 1867 E les dis; HI convient. — 1868
yD que il v. (E tourne). — 1869 HID Alinéa; D Si T.; E murent, F
muevent. — 1870 GFD en 1.; E vinrent. — 1871 G lor afaire orent; HI 1.
erre. — 1873 D traiant. — 1874 E et a.; F les t. — 1875 sans alinéa dans
GIIID; D D. est montée; G en; EAG monta; HI monte en la tor as
estres. — 1876 III amont as, D va suz as; EF et a overtes les f., G e as
entailles des f. — 1877 et 1878 manquent dans HI; GEF apreste; D vit. —
1878 A se el; D duel merveiiliez. — 1879 HI el grient; A et crie; U g.
si pi. — 1880 FD en vait. — 1881 D or na mes d. s. v. c; HI v. na mes
plus c, GE V. nen a mais c, F v. mes na c. — 1882 DHI en amor oa.
DE DIDON 71
Encor vuelt el faire essaier,
se preiere li a mestier;
1885 a sei apele sa seror.
,,Anna, ge muir a grant dolor.
Suer, veiz les nés, o els s'en vont
et Eneas les en semont; i^Kn-h,
ne vuelt remaindre tant ne quant.
1890 Va, se 11 di que ge li mant,
ne destruis mie son païs,
ne son père ne li ocis;
one ne li fis rien, se bien non;
mant li que il me doint un don;
1895 de tôt en tôt ne li ruis mie, Tu.UU.A^'rruyr^
qu'il laist qu'il n'ait en Lombardie,
mais un petit sejort o mei,
si me confortera, ce crei."
Sa suer i vait et vient sovent,
1900 mais cil ne mue de neient
le eorage que il aveit. f ù^rJ^ynif-ien-O
En mer s'enpeignent a espleit. aa<e^ AA>^fir^a~A^^ymA/n
Dido se pasme, color mue,
et quant sa mort a porveiie, yayuA/u.e.
1905 ,,Anna", fait el, „or ai trové
molt buen conseil et esguardé: À^rriAcLrJL^
ici près a une sorcière,
molt forz chose li est legiere, AuiCUjl.
el resuscitë homes raorz
1883 el manque dans DF; F Encore; E E. le v. e. e.; G E. li v. f. e.
Dans E ce vers et le suiv. sont intervertis. — 1884 E quant voit p. na m.; D
p. avoit m., HI p. y auroit m. — 1 886 grant manque dans D. — 1887 D n. la
ou il eu V.; EF voi; HI omettent suer, ou eles sen v. — 1888 HI e. E. ques. —
1889 HI demorer. — 1890 F Vas en lui. — 1892 GF nai mie ocis, E neu
ai o. — 1893 IIIF ains, G aine; HI fis se tôt b. n.; D omet rien. — 1894 D
mais di lui. — 1895 HI ne voil ie m. — 1896 HI que il ne voist, G q. 1.
laler, E quil ne sen aut; D que n. — 1898 IIIF conforterai; GE ie c. —
IS'èd J) Alinéa, La seror vait; (4 s. dont v. EF remplacent les vers 1899 — 1903
par six vers. V. les notes. — 1900 G m. cil ne se muet por n., D m. ycil
n. m. n. — 1902 HI sempaint en (H a) grant e. Après ce vers A en
intercale 8 autres. V. les notes. — 1903 Alinéa dans GHI; A omet Dido,
Sovant se p.; EFA et c. m. — 1906 G agarde. — 1909 et 1910 intervertis
dans HI; D ele sorcere b. m.; G borne mort.
72 . ANNA DOIT CHERCHER
1910 et devine et gete sorZj ù/\icUJb jÈ.'âA>e/nlv
et le soleil fait reseonser cù.&M.f^
en dreit midi et retorner
tôt ariere vers orient;
de la lune fait ensement,
1915 ele la fait novele o pleine
treis feiz o quatre la semaine,
et les oisels fait el parler
et l'eue ariere retorner;
d'enfer trait les infernals Fuires,
1920 ki li anoncent les auguires; auLA**/v<-^
les ehasnes fait des monz descendre cÀJLmjiA^
et les serpenz douter et prendre; cKenr^^f^^^
la terre fait soz ses piez muire, ^tu/a^
enchanter set et bien d'auguire ; a/Jb dJ x/nM^-
1925 el fait amer o fait haïr,
de tote rien fait son plaisir.
El m'a ce dit qu'ele fera
que li vasals retornera,
0 me fera entrobliër,
1930 que n'avrai soing de lui amer,
et por ice m'a comandé,
que ge face faire un grant re, ■6tcûAi^
mètre i face les guarnemenz,
toz cels dont il me fist presenz,
1935 et s'espee qu'il me laissa,
le lit 0 il me vergonda;
1910 GEF et si devise, HID et si d. — 1911 DEFG set (F siiet);
EHI esconser; HI le s. f. bien e. {omettent et). — 1912 Tous, sauf A, a mie
di; EF m. en r., G m. o r. — 1913 HI droit a. — 1914 A et de; G et 1. 1.;
I autretant. — 1915 GF et p. — 1916 DEFG en la s. — 1917 et 1918 sont
omis dans HI; D et si fait 1. o. jj. — 1918 GEF et les eues arier torner
(G aler). — 1919 FI trait infernax figures; G fruis, EH fures, D fuers. —
(G 1920 HI aferment ses argures; EFHI augures, G auguirs, D auguers. —
1921 GE les eues, F descames; EF del mont. 1921 — 1925 sont omis dans
HI. — 1923 D les p. — 1924 GEF fait; G et molt d. — 1925 D ele f. a.
et h , HI el f. a. el f. hair, GEF el f. a. home (E h. a.) et h. (F ou h.). —
1926 III toutes riens. — 1927 HI Enconuent ma q. f.; GD Ele ma dit, F
et macondit; E et ma c. d.; A que el f — 1929 HID Ou le (H el) me
fera oublier. — 1932 D omet ge. — 1934 D euz ceulz d. m. f. les p. —
1935 HID lespee; D que me.
LA SORCIÈRE 73
tôt face ardeir et tôt destruire,
et el fera par son auguire,
par merveillos enchantement,
1940 que s'amors me me griet neient.
En une chambre a recelé
me faites faire tost un re,
se m'i metez les guarnemenz
al Troïën, ki sont laienz,
1945 totes les armes et le lit
0 feïmes nostre délit;
ne voil del suen rien retenir.
La sorcière ferai venir,
si m'aprestez un sacrefise,
1950 qu'il estuet faire a cest servise." .aAArtrt-£.4^ /uàla^ûju^
Celé vait aprester le re,
quant la dame l'ot eomandé;
ne s'aperçut ne el ne sot,
por quel celé le coroandot.
1955 Dido remaint en son ostal,
dont ele esguarde le vasal,
ki en la mer s'ert bien enpeint.
S'amors l'arguë et destreint, cuAmtJ^tn/y^A, ^/oLut^yrujn
amors la fait sovent pasmer
1960 et refreidier et tressuër; j\jLlrij»xxLJ)j JH.curuL^Lj\4,Aj
el tort ses poinz, deront sa crinfî, ^ ' ^^^^./^^^l^Aa -éc^
0 la manche del blanc hermine cJ>juuûjju^
1937 I a. en un moment. — 193S 1 el f. par experiment {omet et). —
1939 I et par force dench. — 1940 GEFD omettent que; DEF samour ne
grèvera, (I samour ne me greura; HI que de s. ne miert noient. —
1941 Alinéa dans HI ; G et eu ma c; EF e. u. c. en (F ou) secre liu ; A au r. —
1942 HIGDtost faire; EF omettent tost; y un grant; EF feu. — 1913 HI
si i portez; G si me faites mètre dedens. — 1944 (i del T. les garuimens. —
1945 G et les armes et puis le lit. — 1946 (i u nous f. no délit. —
1947 G u. V. de lui. — 1948 F le losengier; A fêtes. — 1949 G si aprestes
le s. — 1950 I mestuct; EF a tel s. — 1951 I El fet appareillier. — 1952
HI si com 1. (I sa) d. ot; G la c. — 1953 D sapercoit; DGF ne nele sot (G
selt), HIE nele ne s. — 1954 G p. q. le comande li eut; DE ele; A li. —
1955 E demeure. — 1957 HIF sest, G sa. — 1958 G Amors; DHIFG et la d.;
E s. si 1. et d. — 1959 E muer. 1959- 1960 manquent dans A. — 1960 y
ajoute deux vers. V. les notes. — 1961 EF estraint s. p. si ront s. c. {omettent
el). — 1962 HID a; GEF les manches, HI sa m.; GHI de bl.
74 DIDON VOIT
le *i'aceine cent feiz et cent,
mais ce ne li monte neient,
1965 car cil ne puet pas retorner,
, le dit as deus ne puet passer.
ctffuÀ4A, A •iiCiU.44^, Ele le huche et aceine, ù^^uàM^ ^aju .^^^ ^
amors l'arguë et demeine,
ne la laira, ce m'est avis, , ](^*-^ ^^^
C)
1970 des i q[u'ele ait un trebuc pris, "^ua^ a. ûa-^
Quant veit que li vasals s'en vait
et que s'amors a mort la trait,
ele comence a sospirer,
a sei meïsme a dementer:
1975 „Heu lasse, ira s'en il ainsi,
que faz ge donc que ne m'ociV
quant vei que il m'a escharnie, -ô.'i-4^ Tn^)^
ne puis ge molt haïr ma vie?
De lui n'avrai ge mais confort,
1980 esloigniez s'est ja molt del port!
nel verrai mais, ce m'est avis,
ne vendra mais en cest pais. 1
Quant n'avrai mais nul bien de lui, j
por queil vi onc ne ne conui?
1985 por quel vint il a cest rivage?
por quel le reçui en Cartage?
por queil colchai ensemble mei?
por quel trespassai ge la fei
1963 E et le, F ele; EF huche. — 1964 EF mais tôt cou ne li valt
noient; HI valut. — 1965 A il; HI p. mes r. — 1966 A ne cornant as dex
trespasser, III muer. — 1967 GHI si lacaine. — 1968 G car a.; E a. si
largue; HI et la d. — 1969 HI ne finera. — 1970 H devant q., I tant q.;
F eut en t. mis ; D quil ait un trebus p. — 1911 Alinéa dans l). GA vit; A ses
amis. — 1972 F amors, D lamor. — 1973 A si recoraence. — 1974 F et s. m.,
HI a soi seule; D meismes d. — 1975 DEL; E Heu he ha 1.; F ira il sen,
HI sen ira il. — 1976 GD qui. GEF xjlacent ici les vers 198S et 1984.
1978 I ne doi; A ge dont; EF et ne p. g. h. Jj^m ce vers DGEF en
ajoutent deux autres. V. les notes. — 1979 GHID n. ja mais; EF n. mes
nul c. — 1980 HI sest molt de ce port; GEF est molt bien; Dja est bien
esl. de port. — 1982 I v. plus. — 1983 et 1984 sont omis dans HI. E Q. nan
ai. — 1984 D pourquoi y vint ne congnui. — 1985 est omis dansJ), 1985
et 1986 sont omis dans A. E eu c. (rivage est effacé). — 1987 HI pour-
quoi le c. je o moi; FD pourquoi coucha; HIDE e. o m.
ENÉE s'en aller 75
que ge plevis a mon seignorV
1990 por quei me venqui si m'amor?
Or est la fiance raentie,
ne de cestui n'ai ge or mie;
por molt petit ai trespassee
la fei qu'aveie tant guardee,
1995 mais or me vait tôt a^-etant ^eJA/Yrjurit.
por le petit com por le grant:
altresi ai la fei mentie,
eom s'il m'eiist tote ma vie.
Quant ne m'avra eist a moillier,
2000 irai ge donkes mais preier f^juaru
cels dont ne voil nul a seignorV
Ferai ge donc tel desenor?
Quant il voldrent, ge ne deignai,
or de rechief les preierai? cLa. infiLUi^Ckn
2005 Nel ferai veir, mielz voil morir,
quant altrement ne puis guarir."
Tant entendi al dementer a' ûcxjuL^a- cLl,
et li Troïën al sigler,
des nés ne pot une choisir. znyi^J
2010 Donkes cuida de duel morir,
son piz débat, ses chevels ront.
Granz est li duels que sa genz font,
ne la pueent reconforter,
nus nen ose o li parler.
19S9 UI promis. — 1990 GEF omettent me; A ja me v. ; GEFA v.
ensi; HI samor, D amor. — 1991 HI ai ma f. Alinéa dans D. — 1992 GEF
nen ai je mie, A navrai je mie. — 1991 HI ma f. — 1995 Alinéa dans H.
HI mes meffet y ai aiitretant ; F mais ce me v. ; G valt ; DEF autrement. —
1997 DEF est; G ma f. — 1998 G c. si li fiist, D conseillie meust; y sa
V. — 1999 HI et quant ne ma prise a m., GF q. il ne m. a m.; E omet
cist. — 2000 EF i. je donc mes por p., G i. en je d. p.; HI d. cens p.,
D donc autre p. — 2001 HI dont je ne veull n. a. s., D ou ceuz que ne
veul a s. — 2003 EF q. il me vorent nés d., G q. me v. nés adaignai. —
2004 G lor p. — 2005 DGFHI Non. — 2007 sans alinéa dans EGEF. HI
Que quele entent au dementer; D a. d.; G doloser. — 2008 A T. tant al s.;
D a s. - 2009 D omet nes; A puet; GHI nule c. — 2010 G Adonc. —
2011 D vis. — 2012 HI grant deul trestoute s. g. f.; F ses gens. —
2013 EF pooient conforter. — 2014 HI nus ne lose nes apeler, D nulz
hom a li ne sot p., F ne nus nosoit a 1. p., E nil nosoieut a 1. p., G ne
nus nen ose a 1. p.
76 DIDON
2015 El vient errant corne desvee,
enz en sa chambre en est entrée,
0 sa suer ot fait un grant re -^ûAa/v;
et ce que ele ot comandé.
Devant ce l'ot fait apeler
2020 et la chambre bien délivrer: eviacftA^
ne voleit pas que ele i fust,
qu'ele ne li contrestettst m' trfxcot^oJb
et ne fust par li destorbé
ce que aveit en volenté.
2025 En la chambre est tôt seulement,
n'i a ki li destort neient
la desverie que vuelt faire;
l'espee al Troïën vait traire:
quant li dona, ne cuida mie,
2030 par li delist perdre la vie.
El tint l'espee tote nue,
soz la mamele s'est férue;
0 tôt le colp sait enz el re,
que sa suer li ot apresté,
2035 el lit desor les guarnemenz
al Troïën se colche adenz, ^u*rJ JU- ift^n^huL.
el sanc se_v;olti:ë. et demeinc. j^jl. mouaJyil.
Ele parla asez a peine:
„Cez guarnemenz ai molt amez,
2040 tant com de plot les ai guardez,
2015 F et V.; G ele sen vint, D elle errant; A vait. — 2016 HI desi
en sa ch. pavée, D desi quen la ch. pavée; A la ch. — 2017 D ou sa
sorrour o. f. im re. — 2018 HI si comme el li ot c, D et ce que li o. c,
GEF et tôt ice quot ((t qna) c. — 2019 HI D. lot faite a.; G D. de leur
fait a. — 2020 I sa ch. — 2021 D mie quelle y aut. — 2022 A (I?) con-
treneust. — 2023 E destourne. — GEHID ce quele. — 2025 Alinéa
dans DHL D omet est. — 2026 D nest qui li destorbé n. — 2027 HIG
quel. — 2028 A de 1. al T. traire; D veul, C vait. — 2029 HI quant il
(H el) vint la. — 2031 D elle, F et; FD tient. — 2032 HI en, G sor. —
2033 EFIII a; G sali el re. — 2034 HI suer avoit a., D serror ot; G que
li ot sa s. a. — 2035 HI et droit desus, GEF et (G el) vait desos. —
2036 G a. t. colchier a. — 2037 G en son sanc; D el sanc voleté de d.;
E si viltre, G se vitre, A se volte; HI voutre et se d. — 2038 HI p. ce
fu a p. — 2040 I dex.
SE TUE 77
ne puis avant ma vie estendre; £hymOjL.
desor eez dras voil l'ame rendre.
P^^^^^XcUM'^*^ M§J vi onkes eez guarnemenz,
il me furent comeneemenz
2045 de mort et de destrueion;
mar vi celui ki m'en fist don,
eome foie l'ai trop amé,
a grant contraire m'est torné. a. qjI^ ^UL^rx^%.M^
Sor eez dras voil fenir ma vie
2050 et sor le lit o fui lionie;
ci lais m'enor et mon barnage, jUaJ , A^^c^M-^rt^Ju
ci déguerpis senz eir Cartage,
ci perc mon nom, tote ma gloire,
mais ne morrai si senz mémoire,
2055 qu'on ne parolt de mei toz tens,
vels non entre les Troïëns. oUm nmjerùrLcJ
Molt fui anceis et proz et sage, cu-^-jfio-^i.ctATo^
que me donast amors la rage,
et molt fusse buene etiree, ^ju^^^^j^ù .
2060 se ne venist en ma contrée
li Troïëns ki m'a traie,
por cui amor ge perc la vie.
Il m'a ocise a_molt grant tort; j^rilu-uf-e-^^r^^^rit,
ge li pardoins ici ma mort;
2065 par nom d'aeordement, de pais /iû_^u?wûi-£^ûi-»t^>n)
ses guarnemenz et son lit bais.
Gel vos pardoins, sire Eneas."
Le lit baisë o tôt les dras;
ja ert del sanc tote escorue iruile^
2041 G voel. — 2042 GEFD desos, HI desus. — 2043 Alinéa dans D, —
2046 D m. v. al qui iiieu fist le don; GEF qui fist le don (E quen f. 1.
d.). — 2047 D ai. — 2u48 G ma. — 2049 EF sos, HI sus. — 2050 HI sus;
D ce lit. — 20.52 A et d. — 2053 HI faut m. n. ci faut m. g. — 2055 EF
remplacent les vers 2055 et 2056 par 4 vers, qu'on trouvera d<ins les notes.
D quen parleroit. — 2056 DHI au mains e. — 2057 BI> Alinéa. D Tant;
HI iere avant. — 2058 A tel r. — 2059 lEF bien e. — 2062 A par cui
ainsi. — 2063 DF omettent molt. — 2065 HI dacort damor et pes; D p. fin
ac. — 2066 D ces g. yci en bais; A g. an s. 1. — 2067 E ge. — 2068 y
baisa; HI b. et puis; E tous ses d., G tos 1. d. EF intercalent ici de^ix
vers. V. les notes. — 2069 Alinéa dans HI. D ele ert de s.
78 ANNA LA TROUVE
2070 et la parole aveit perdue;
ele ronflot et sengloteit,
corne la morz la destreigneit. >ô<,o>^.^ù>t
el sospirot molt a grant peine;
ja li failleit tote l'aleine.
2075 Quant sa suer vint, quant el la veit,
idonc a primes s'apereeit; ûX^-i-â^
l'espee vit droit en son cors,
le rai del sanc vit saillir fors;
ja se refust el cors férue,
2080 quant ses meschines l'ont tenue. ^/^*^ru4-4^ -liU
Ele plorë et crie et brait
et ses chevels ront et detrait.
„ Lasse", fait el, „male eliree,
ge meïsmes ai aprestee
20S5 la mort dont ele s'est oeise.
Suer, est ce donc li sacrifise,
que rovastes apareillier,
esteit ce donc a cest mestier?
Ge vos ai morte veirement,
2090 mais ne l'ai fait a escient;
ge fis ce que me comandastes;
or vei ge bien que m'engignastes,
or m'en repent, mais c'est a tart.
Suer, est ce donc icil esguart jMfJjd'ile-yit,
2095 que deveiez aveir trové
2070 EF et la raison. — 2071 HI soupirs et granz sanglouz gitoit
(H ronfles et g.) — 2072 ïllD si coni; EF si comme m. — 2073 HT sous-
pirs gitoit mes ciert a p. (H apele); FD a molt g. p. — 2074 HI ja li ert
faillie 1., D ja en ert faillie la vie, GEF ja li aloit falant I. — 2075 Alinéa
dans D. DHI vient; y et el. — 2076 E adonques p.; FHI adonc; D lorres. —
2077 D voit; v. parmi s. c. ; G droite. — 2078 HI ru d. s. qui sailloit (I issoit)
hors; GE de s.; F raier f. — 2079 A omet se; I el feu f. — 2080 H les; D
sa maisnie, I ses puceles; HI veue. — 2081 HI sescrie plore et b. — 2082
D6EF les. — 2083 HI dist; mss. mal euree; E ajoute com de maie ore je fui
née. — 2085 E est afinee. — 2086 HI e. ice le s. Omis dans E. — 2087 HI
que me feis a., E quel me rouua a., F q. me r. aparlier. — 2088 HI por;
H tel. — 2091 F icou que c; G que vos c. — 2092 omis dans D. HI
bien voi malement m. — 2094 G sont ce; HD icel, I icest; EF d. le bon
regart. — 2095 GEF d. que vos dévies.
SUR LE BÛCHER 79
et porvett et esguardé, ^ciAO^^fu^
coin vos sereit amors legiere? j^Ae..^^ , jolcJJjl.
Et 0 est ore la sorcière, ^
ki si forment set enchanter,
2100 ki vos deveit faire obliër?
Ge vos ai fait molt lait servise,
car par mon fait estes ocise;
la sorcière dut enchanter,
par quei deiistes obliër.
2105 Ci a molt lait enchantement,
ce veion nos apertement,
bett avez poison mortal
por entrobliër le vasal:
ne vos memberra mais oan ctjttà- outvrïljL, - cji
2110 de l'amistié al Troïan."
Molt demeine grant duel la suer,
a poi ne li parteit li cuer.
Dido s'esteit a mort férue,
et la morz la presse et argue,
2115 et la flame de l'altre part,
ki ses membres esprent et art; û-rv^Z^m/naA.
ne puet parler ne hait ne bas,
fors tant qu'ele nome Eneas.
La flame l'a tant apressee, erpft^^ji^fn/L
2120 l'ame li est del cors sevrée,
sa blanche char et bêle et tendre
contre le feu ne puet deffendre;
ele art et brulë et nercist,
2098 F le losengiere. — 20<)9 HI f. se set vanter. — 2100 D que,
HIGF quel.— 2101—2105 omis dans A. Les vers 2101—2109 interveHis
dans GEF ainsi: 2105—2109, 2103. 2104. 2101. 2102. — 2102 E quant
vous par moi; GF vos ai o. — 2103 Alinéa dans D. — 2104 G cel deustes
entrobliër; F por que; D p. q. ce d. o. — 2105 EF c. a mauvais e. —
2107 HI bien a. ci p. m. — 2111 G demenoit. Alinéa dans A. — 2112 A
failloit; E et poi quele ne pert, F a p. que ne perdoit, Gap. navoit
parti. — 2113 sans alinéa dans A. E estoit. — 2114 DUl omettent et; HI
lempresse. — 2116 A qui tôt son cors; E ses m. li espr. (omet ki). — 2117
D pot. — 2118 D que nomma. — 21 19 I ampressee. — 2120 D 1. du corps
li a ostee. — 2121 D ch. belle e. t.; F et mole et t. — 2122 GEF pot. —
2123 GE art tote; D a. b.
80 VOYAGE
en molt poi d'ore se desfist. ^^ c^jrwAu^yvO.
2125 Grant duel demeinent environ,
ses puceles et si baron;
forment regretent sa proece
et son saveir et sa riehece.
Quant li cors fu devenuz cendre,
2130 sa suer a fait la poivre prendre; p^ouO^jL.
en une asez petite chane "hxu^a^
mistrent la dame Tiriane;
enz el temple l'en ont portée,
a grant enor l'ont enterrée,
2135 puis i firent molt gent tombel, -/cT>rvA<^u<-
p^OiAuA àU- 'H^cjL jCirneÙJjU- fait a esmals et a neel ; 'rJuJJU^
" one plus riche nus oem ne vit.
Un epitafe i ont escrit;
la letre dist que: „Iluec gist
2140 Dido ki por s'amor s'ocist;
onkes ne fu meilor paaine, ùcuA-m/ru^
s'ele n'etist amor soltaine, ,4^^ijtei.^ifl_
mais ele ama trop folement,
saveirs ne li valut neient.>^ ^ûa^-^ajC-
2145 Eueas est en halte mer,
ki nen ji jiOing^jde^ retorner; nrjL. aê- .^&ucÀjl y
ne veit terre nule partie;
aler en vuelt en Lombardie;
nagent et siglent a effort.
2150 Molt se sont esloignié del port,
quant de travers sait uns orez
ki vers destre les a botez. perijJUjL^
Il est tornez as Sichains porz,
2124 m deure defenist. — 212(5 HI les p.; D li b. — 2128 HI et sa
valeur et sa hautesce." — 2130 D sa serror f. — 2132 GEFD metent. —
2135 EF molt i lisent puis (E plus) grant (E biau) t.; HI f. riche t. —
2137 GE aine, HF ainz. — 213S HIE epitacle. — 2139 Alinéa dans G.
GHI quileucques. — 2141 tom les mss. (sauf GF) meillor. — 2144 EF ajou-
tent avers. V. les notes. — 2146 HI qui talent na; D que na cure de
seiorner. — 2149 et 2150 omis dans A. D effrois, F effors. — 2150 G
eslongie s. alques ; EF départis sont bien lonc ; D e. s. molt bien ; FD
des pors. V. les notes. — 2151 G q. d. t. es u. o.; GAD ore. — 2152 EF
de devers {omettent ki); GA qui devers d. la boute; D porte, HI menez. —
2153 EF D sont; AEF a S.
d'énée B1
iluec 0 ses père fu morz.
2155 Danz Aeestés les recoiiU, (yiA-coA^^i^ ^
molt richement les i servi:
cil ert de la Troiëne geste, aaxa,
Eneas fist une grant feste
et geus a la tombe son père:
2160 l'anniversaire idonkes ère.
La nuit après, quant fait oscur,
que tote riens ert a selir,
home, bestes sont en repos 6<«-6-'
et taisent champ, selves et bos, -irv^
2165 danz Eneas en son lit jut ^
et ses père li aparut;
treis feiz l'apele par son nom,
en après l'a mis a raison.
„Fiz Eneas, entent a mei,
2170 li deu m'ont ça tramis a tei,
en Lombardie te comandent
que tu ailles, et si te mandent
que tu puez bien ici laissier
la gent ki ne t'avront mestier,
2175 les vielz, les fraiz ki vuelent pais,
ki travaillier ne pueent mais.
0 tei menras la juefne gent,
ki ne s'esmaieront neient
de granz travalz longues sofrir
2180 et des batailles maintenir;
car molt i soferras travalz
2I.=>4 F dilleuc. — 2155 F le r. — 2156 EF et m. r. les s. — 2157 HI
de t. g. — 2158 HI a Heneas fist; EFHI f. molt g.; F grande. — 2159 HI
droit desus (H devant) la; GEF laiens a 1. t. — 2160 HIGE adonques,
F adonc; D et laversaire donques. — 2161 Alinéa dans HI. D fu, GHI
fist. — 2162 EFD est. — 2163 e^ 2164 sont omis dans HI. G bestes
home erent; EF a repos. — 2164 G camp se teurent s. — 2167 y lapela. —
2168 D après si la. — 2170 HI ci. — 2171 A ce c. — 2172 D q. t. en a.
ce t. m.; GE auges, FHI voises. — 2173 D q. t ne p. bien ci 1. — 2174 G
(jui toi naroit m. — 2175 HI 1. v. hommes qui, E 1. v. frailles qui, F 1. v.
1. frans qui. — 2178 D sesmaient d. n. Après ce vers GEF en ajoutent
deux autres. Y. les notes. — 2179 F et les t. — 2180 GEF ne de b. —
2181 D que m.
Bibliotheca Normaimica IV. Q
82 . APPARITION
çhampels, batailles et âsak.
Mais de tôt ce guarras tu bien,
ja mar t'esmaieras de rien,
2185 tu veintras bien tote la guerre,
puis maintendras en pais la terre,
la fille al rei prendras a femme,
puis ne sera fins de ton règne:
de tei naistra reials ligniee,
2190 par tôt le mont iert essalciee.
Mais or t'estuet primes aler
parmi enfer a mei parler
el champ as buens, o ge convers; ^4^du>v/n-A^
iluec n'est pas li laiz enfers;
2195 ge sui es Elisiëns chans,
n'i ai ne peines ne ahans: dùu4ju4/-^A^ , luu^ru
la est li convers as buens homes,
en grant repos iluekes somes.
Sibilla t'i porra conduire,
2200 une femme ki set d'auguire;
de Cumes est devineresse,
et molt i a sage prestresse.
El set quant qu'est et qu'est a estre,
de deviner ne sai son maistre,
2205 del soleil set et de la lune
et des esteiles de chascune,
de nigremance et de fusique, ''h-jLcJLojbùrJL,
de retorique et de musique,
2182 HI et crueulz batailles raortax; GEF caples. — 2183 EF ce te
garde bien, G ce garde très bien. — 2185 D. t. vainqueras bien tote g.;
EF te g. — 2186 A m. tote la t.; F te t. — 2188 HI rois et sires seras du
r., E et si sera sires du r. — 2189 E istra. — 2190 EF partout sera molt
e. — 2194 HIE m. il t. — 2193 A es chans, EF en ch. — 2194 G nest
pas iloc. — 2195 HI es delicieus c. — 2196 A ni a, HI je nai; EF peine.
2197 A repos; F a bon. — 2198 A convers. — 2199 Alinéa dans DGEF.
EF te; E sara. — 2200 HI u. vielle, G u. dame. — 2201 HI des choses,,
GEF des homes. — 2202 GD molt par i a {omet et). — 2203 HI Des choses
set qui sont a e. , D Elle s. quencore est a e. , E Ele set tout conques!
est a e., F Ele s. quan que est a e.; G qanque encor e. a e. — 2204 HI ne]
trove m. — 2207 et 2208 sont omis dans HI. G musique. — 2208 GJ
fusique. Ce vers manque dans F.
d'anchise 83
de dialectique et gramaire.
2210 Un sacrefise t'estuet faire
devant ce a l'enfernal rei.
Celé te conduira a raei,
tes batailles te mosterrai
et toz les reis te nomerai
2215 ki de ta ligniee naistront:
seignor ierent de tôt le mont.
Ge ne puis mais ci demorer,
li jorz me haste de l'aler."
Quant ce ot dit plus ne demore,
2220 esvaniz est en molt poi d'ore. -à^' ^Jt. UAJiOi/r\wuJ^
Eneas pense et sospire
de ce que li a oï dire,
les mais dote, com faire puet,
qu'il set que sofrir li estuet,^AA^
2225 anceis qu'il ait de terre reie; CLAXcxnnh a<^*
mais plus dote l'enfernal veie:
de ce esteit en grant freor.
Il est levez oël le jor, ^^ ^yCurrji^ U^rrUi^ clujl
toz ses barons a asenblez, ^
2230 cels que il sot les plus senez;
a cels a dit et reconté
ce que li deu li ont mandé;
demande a toz comunalment
2209 et 2210 sont omis dans GEF. D omet de. HI de nigremance et
de g. — 2211 et 2212 sont intervertis dans EF. HI a sébile et 1. r.; EF
par lotroi de. — 2212 HI taconduira; E o m. — 2213 HI trestouz tes festes
m., E t. b. devisera; G te conduirai, F te conduira. — 2214 EF nomera. —
2215 EF qui de tesclate naisteront. — 2216 D seront; GEF par tôt, D
sor tôt. — 2217 HI plus, D pas. — 2218 A de râler. — 2219 Alinéa
dans D. G a dit p. ni d. — 2220 GEDHI esvanoiz est (HI sest) en p. d. —
2221 HI p. et si s,, GE p. si s.; sans alinéa dans D. — 2222 A que il ot;
GEFHI quil. — 2223 G 1. m. oi; HI c. plus il p., E que f. p. — 2224 D
douter. — 2225 G voie. — 2226 HID et plus; H li infernal v.; DI d.
inf. V. Après ce vers GEF en ajoutent deux. V. les notes. — 2227 A celé,
G cel; HI est il; G a g. f. — 2228 HI tôt droit au j., D au point d. j.,
G avolc i; j., EF o. al j. — 2229 GEFD les b. — 2230 G ce que; HI a une
part trest des miex nez; F quil savoit; GEF a plus s. — 2231 E a eus. —
2232 A li ont li d,
6*
84 ÉNÉE CHEZ
s'iluec laira la feible gent.
2235 Cil li diënt que fairel deit,
quant li deu vuelent que fait seit:
od Aeestés puet bien laissier
cela ki ne pueent travaillier,
et il lor donra de sa terre,
2240 car il n'ont soing; d'altre conquerre. "^i^
Eneas fait lor loement, am^fu^/. Aet4XLu>rUi
iluec laissa la feible gent
ki de guerre nen ont mestier Tvfc A-errJt ûa^
et ki ne pueent travaillier; '**^
2245 il lor compassé une cité, '>ru-ô-w-^A.
et Acestés lor a doné
de sa terre m oit grant partie.
Li altre aprestent lor navie;
cil ne sot guaire qu'il en meine,
2250 mais mal pueent sofrir et peine.
Des remananz a pris congié,
plore et sospire de pitié.
0 sa maisniee entra es nés.
Il traient sus ancres et très,
2255 siglent a fort par halte mer;
dreit a Cumes vuelent aler,
(la ert la profetiseresse,
Sibilla la sage prestresse),
et nuit et jor ont tant siglé
2234 A povre. — 2235 HI cil li ont dit fere le d.; mss. faire el d.;
E omet que. — 2236 A quensi soit. — 2237 G pues. — 2238 EF ceus
qui 0 toi, G c. q. caiens; GEF naront mestier. — 2240 HI quil n'ont
mestier dautrui; D quant; E car nen ont; F omet soing; A de altre guerre.
— 2241 Alinéa dans GEF. — 2242 DF sa; A povre. — 2243 HI qui nout
mestier de guerroier; G uorent m.; D de guerroier nont. — 2244 HI ne
qui ; G porent. — 2245 A et lor. — 2247 HI t. une p. — 2248 H la n. —
2249 DGEF que il m. — 2250 HI mais s. p. mal et p., D molt p. m. s. et
p.; E m. il p. travail et p. — 2251 A del remanant; HI de ceus quil lesse.
— 2252 GE omettent et. — 2253 HIDE entre ens es nés, F eu entre es
nés. — 2254 GED traisent. — 2255 Alinéa dans F. G et s. fort, I S. for-
ment; D en h. m. — 2256 FG valront. — 2257 HI la estoit la devineresse;
E la droit ert; F profetiserie. — 2258 F profesie. — 2259 HI tant ot et
jor et nuit s.; G et j. et n.
LA SIBYLLE 85
2260 que a eel port sont arivé.
Eneas ist des nés a terre,
puis est alez Sibilla querre;
senl Achatés mena o lui;
a piez alerent anbedui.
2265 Tant sont aie qu'il sont venu
al temple o la prestresse fu.
Ele seeit devant l'entrée,
tote chenue, eselievelee; zcAAJ\^dUli^
la face aveit tote pâlie
2270 et la char et neire et fronoif,; ^UmUm^
peor preneit de son reguart,
femme senblot de male^^art. dL ' jurUt^
Devant li vienent li baron; ^
Eneas l'a mise a raison.
2275 ,Dame% fait il, „en cest pais
m'ont ça li deu a tel tramis; I^jL
ge sui prochains de lor ligniee,
nez sui de Troie l'essiliee;
par lor cornant m'estuet aler
a mon père en enfer parler,
n'i puis aler se par vos non,
mais vos m'otreient a gui on. acca\aLa^r^
Jadis i ala Orpheiis
et Hercules et Theseus,
2285 repairié sont plusor mortal
ça sus del regnë enfernal.
Preier vos voil me conduiez,
de par les deus ne me targiez."
2260 D qua icel; G aancre. — 22(31 Alinéa dans HI. — 2262 G p.
en ala. - 226a EF s. un enfant; A ala. - 2264 G il ont tant aie a -
22bo IIIEF ont a. - 2268 A nus piez; E canue t. e. - 2269 Hl inter-
vertissent ce vers et le suivant, I. f. iaune et enpalie; EF t. enpalie -
22^0 HI la cbiere (H face) avoit n.; A et la char n. et f. — 2271 HI p
orent; EF esgart. 2271 et 2272 sont omis clans D. - 2276 GF a toi li
deu. - 2278 G si sui. - 2281 F ne. -■ 2282 HI de moi mener serez g.,
D m. vos motrie a g., EF m. vos mi troevent a g., G m. vos mi troueres
g. - 228o HI sont home m. - 2286 I jadis, H phisours, D de ceulz, F
casques. — 22S7 A pri vos que vos; D veul ne me targiez, F v. que c. —
2288 D que jusqua la me conduisiez; G ne vos t., HIEF ne matargiez.
2280
86 ÉNÉE TROUVE
Quant Sebilla l'oï parler,
2290 que en enfer voleit aler,
les sorcilles leva amont,
les oilz ovri qu'erent parfont;
el le reguarda fièrement; oCm^tX. ■7nA<rÛ4UuL
de son reguart peors li prent. AùuuAtti
2295 Ele crolla son cliief chenu, jUL4imJuck.
al Troïën a respondu.
.Sire", fait el, ,veiz ci l'entrée
del grant enfer la plus hantée. •^-lOA^.u/nJ'Aa^
L'entrers en est asez legiers,
2300 mais molt est griés li repairiers, /^tiA^ ; ^
et nuit et jor i a entranz, dA^A^^rtM
molt i a poi de retornanz;
le revenir fait l'en a peine,
se buens conduiz ne l'en ameine.
2305 Mais quant li de le m'ont mandé
et tes père le t'a rové, -
tôt salvement te conduirai j
des i qu'a lui et ramenrai. |
Mais se tu vuels deus feiz passer 1
2310 l'eue d'enfer et retorner
de celé tenebrose terre, j
un ramet d'or t'estuet donc querre, •(i^'iâmûAft. \
en cest bois est tôt seulement; 1
del rain t'estuet faire présent 'ù\ù^r\«J^ju
2315 et don la reine d'enfer. *- > CA.eiACkMA^ \
2289 sans alinéa dam GEF. — 2291 GEFHI 1. sorcils, D 1. sorcille;
GEFD en leva a., HI dreca contreinont. — 2292 D quelle ot p., G qui sont
p. — 2293 et 2294 sont omis dans GEF. A regarde. — 2295 A lo chief. —
2296 GFD le T. ~ 2297 HI ci près fait ele est'l. — 2298 F el g.; A
baee. — 2299 D Lentree; G L. i est, HIE Li e. est. — 2300 EF mais g.
en est; D fort a repairier. — 2:J01 et 2302 sont omis dans A. HI j. eu i
vient tant, D j. vienent e. — 2302 HI mais trop sont poi li repairant; E
des r. — 2302 GEHI retorner; HI set nus a p. — 2304 F le remaine. —
2306 F parens. — 2307 A sainement; HI seurement {omettent tôt). —
2308 GHI desi a lui, D enz iusque la. — 2309 A v. denfer p. — 2360 A
1. .ii. foiz; HI le Aura d. — 2312 HI un rainsel te convient, D u. rain
d. fin or t. q. - 2313 D et t. s.; I ce, H cel. — 2314 G de cel t. —
2315 HI doner 1. r. d., D et dont i a r. d.
LA BRANCHE D'OR 87
A lui trencnier mar querras fer
ne nul trenchant ki seit d'acier,
il se laira bien arachier, ay^y^AcAé.*^
se Jupiter vuelt et otreie ûlc^c^\Mjl^
2320 que tu enpreignes ceste veie,
et s'il nel vuelt, ce puez saveir,
li rains est molt forz a aveir,
nus oem ne l'en puet esrachier,
nel puet aveir fers ne acier.
2325 Quant de l'arbre est li rains rompuz,
sempres i est altre cretiz.
Senz icel rain n'est pas legier
çai sus d'enfer a repairier,
et se tu puez cel rain trover
2330 et tu me puisses aporter,
donkes irai ensemble tei,
ne tarderas neient par mei."
Eneas est d'iluec tornez,
en la forest en est entrez,
2335 par le bois vait le raim querant
et toz les deus vait reclamant. Jyr^^^meULek/f^L.
La déesse d'amor, sa mère,
li mostra l'arbre o li rains ère, ^
par merveillose demostrance /UA^fi.iAi4.^tv
2340 et par molt g-rant senefiance. ^C^U^t'LA. oià- /a^cûa^ eLot^
Quant il le vit, molt s'en fist lié, cLLax*^
legierement l'a esrachié,
sempres i est altre venuz,
2316 HI ne convient fer. — 2317 D t. cisel dacier; HI nantie t, —
2318 F sen; F enragier, E esrachier, I enrachier. — 2320 HI q. te conduie
en c. V. — 2321 HI ne v. bien p. s. — 2322 A 1. r. tiert. — 2323 HI nel
(I ne) porroit; GEF nel p. pas e.; D ne le p.; GHI arachier, F enr. —
2324 D ne len p. a. f. nacier; HI trenchier. — 2326 HI tantost i rest; HID
lautre c. — 2327 HI se nas cel r,; GEF legiers. — 2328 H dinfer casus
a r., I dinfer arrière r., D a ceuz d. a repairier; F cascun d. ; GEF li
repairiers. — 2330 HI et tu le p.; GEF et tul. — 2331 HIEF e. o t. — 2332 G
natargeras; D pour m. — 2334 A sen. — 2338 GEF mostre. — 2339 d 2340
omis dans A. — 2341 D el; A se; G si sen (omet molt); F en fu lies. —
2342 — 2346 omis dans E. G aracie, I anr., F esrachies, — 2343 HI tantost j
GFHI creus.
88 DESCENTE
semblanz a eel ki est rompuz.
2345 Eneas fu joios et liez,
dreit a Sebille est repairiez,
le ramet d'or M a mostré;
un sacrefise ot apresté,
al deu d'enfer sacrefia
2350 et molt humblement le preia.
La ot une fosse parfonde,
il n'ot plus laie en tôt le monde, icuAi- ,
et granz et large esteit l'entrée; "inneui/^A
de bois esteit avironee
2355 et d'une eue neire et fanjose. ■jo^rxjyfUAM^^
La fosse eii; laie et tenebrose,
molt esteit orrible et pollente: ùuLOvJ-t.
ja riens ki celé puor sente
ne vivra puis une seule ore;
2360 quant li oisel volent desore,
des qu'il sentent la puor fort,
en_es le pas chieent jus mort, ^xuv Jb^ cJia^yt.^
Ce diënt cil de la contrée,
iluec est l'enfernals entrée,
2365 ne nuit ne jor l'entrers ne cesse,
del revenir n'i fait nus presse ; VduX*-
des que l'ame seivre del cors,
en es le pas qu'ele en est fors, <6àjuv Aâ. t^dn
la l'en estuet sempres aler,
2370 par celé fosse trespasser.
2344 HI samblable a cil, A s. ert c; D samble a cel qui fu r. —
2345 F est. — 2346 1) omet dreit. — 2347 HI rainsel; 1) le raiu tout dor. -
2348 HIF ont; E en a voue; F aporte. — 2349 D aus diex; HI damer. —
2350 HI et h. li demanda, D et h. si leur p., EF et humblement (F hurae-
lement) li p., G et dolcement li depria. — 2351 sans alinéa dans HIEF. —
2352 HI il na si 1.; AGE omettent il; GE nen ot; F ens el m. — 2353 HI
grant est et large a 1. A omet le premier et. — 2354 HI mes de bois est
a.; E del b. — 2355 et 2356 omis dans HI. GEF d. e. n. et angoissose
(omettent et). — 2356 GEF li fores 1. — 2357 HI iert, D est; GEF m.
ert et o. — 2358 HI ja nus. — 2361 A quant il, GEF tresquil. — 2362 F
isnelepas, D isnellement. — 2364 EF que ce est. — 2365 G et n. et j.;
mss. entrer. — 2366 EF repairier, G retorner; D de r. — 2367 GEF très
que; III seuist. — 2368 GEF ist. — 2369 HI tantost a.
DANS l'enfer 80
Entre Eneas et la prestresse,
la Cumaine devineresse,
a la fosse vienent andui.
Ele parla un poi a loi.
2375 „Vasals", fait ele, „a mei entent,
c'est l'infernal deseendement,
pro t'estuet estre et vasal, nrcuJLtûi^rJt,
se venir vuels de la aval.
La jns descendent tuit li mort,
2380 l'empire tient Pluto par sort, i JLa, ajuIàl. et ' jmtù ^n/uïA
il en est reis, et Proserpine au, A^r^L.
en est deessë et reine;
li de del ciel n'i ont que faire,
lor poesté n'i monte guaire.
2385 Quant en enfer devon descendre,
ici poon la veie prendre;
gnarde que mar t'esmaieras
de tôt ice que tu verras.
En enfer a poi de vette; iu/yriCu^JL
2390 t'espee porte tote nue.
Siu mei si com ge te meurai,
la veie avant te mosterrai."
Un oignement li a doné,
qu'ele aveit o sei aporté;
2395 onc puis qu'il en senti l'odor
ne li fist mal la fort puor. p-i^'.eurj^uj.fxj
2371 s^ans alinéa clatis A. — 2372 HI tressage d., G commune d.,
F huimaine d. — 2373 HI mes el p. avant al. — 2374 est omis datis G.
Alinéa dans HI. I dit. — 2375 EF vois 1. d. — 2376 GF p. te convient. —
2377 H se revenir vous; DGEF dois; GEFH se repaiiier dois de lavai. —
2379 D laiens. — 2380 G tint; H 1. en t. — 2381 D il i e. — 2382 GE en
est et déesse. — 23S3 G nen ont. — 2384 HG ne m.— 2385 HI Se e. e.;
D Q. enfer nous convient d. ; EHI volons, F voles. — 2386 HI ci nos con-
vient, GEFD ici porons. — 2387 I gardes que de chose que voies, H g.
de rien que tu verras; GE raax. — 2388 I que tant ne quant ne ten es-
moies, H ne tant ne quant tesmoveras. — 2389 et 2390 sont intervertis
dans HI. I qui nous sera pou deveue; H quen e. — 2391 EF si comme
io irai; D et suis moi; GHI ensi c; HI corne te dirai. — 2394 yD que
ele a a soi porte. — 2395 et 2396 intervertis dans D. y aiuc; D onques
p. quen s. 1. — 2396 E ne ot nul mal de le p., F nen ot nule maie p.,
uot mal dicele f. p.; HI m. celé puor; D grant p.
90
DESCRIPTION
'yncJM.àùjL.
2400
' 2405
2410
j^trrfvrrJuJL
2415
2420
C^rM^
S'espee trait, ne targe mais,
el vait avant et il après,
par l'oseurté tienent lor rote,
ainz onkes n'i veeient gote.
Sempres en eel eomeneement
truevent iluee m oit laie gent:
iluec esteit morz et dolors,^.,^ p*^
fains et sofraitë et puors d<At^Zù.
et enfertez, triste vieillece
et coardisë et pareee
et mortels cure et tricherie ù-^-ucu^
et plaint et plor et félonie,
travail et peines et faintiez V«a/m^
discorde et enemistiez, AtnJtUd^
mortels batailles, guerre, tort,
soine ki est eosins a mort.
Iluec ot un arbre branchu,
molt ancien, lait et mossu, Trv^ix-AA**»
les foilles pendeient de songes,
de fantosmes et de mençonges; >rvi/rv^^n4*.^
en enfer sont le jor la jus (X ^^^ 6û-^
et la nuit vienent ça desus.
Li Troïëns ot peor grant,
cels trespassent, si vont avant; V^AA>e-'vA^^n^
enprés truevent mostres orribles yrurryfjé-u.^
et granz et laiz et molt terribles;
2397 — 2405 viennent dans D après 2418. EF traist; G nataria. —
2398 D devant; GEF et cil a. — 2400 HI pou ou noient i v. g.; D ni
virent; tous les mss. {saufD) voient. — 2401 HI Illuec en cel c., EF Apres
icel c, GE A primes el c. — 2402 HI t. i plente d. 1. g.; D molt de la g. —
2404 GEF frois ; I f. et souffrance ; A s. et peors. — 2405 HI enf. tristesce
V. {omettent et); E et e. tristour v.; G tristies v. — 2407 et 2408 omis
dans E. A felenie; HI m. oeuvres, D morte oeuvre; F cure trecherie. —
2408 A tricherie. — 2409 F faintises; A anfertez {omet premier et). — 2410 GF
discordes; ED et descorde; F inimisises. — 2411 HI g. et tort. — 2412 EHI
songe; GEF cosine. — 2418 Alinéa dans HI. EF rancu. — 2415 HI i
pendent; F as songes, G des s. — 2416 D de fauseries et de m.; G des
f. et des m. — 2418 D voient. — 2419 Alinéa dans G. GF Li Troien
ont. — 2420 D cil. — 2421 D maintes o, F molt très orible. — 2422 F et
1. et très oribles; HI grans et liideus et molt t.; E pénibles.
Il
DE l'enfer 91
iluec les veient a meesme p/xâ^ d*-
et a s'espee feit cil esme, Vt-cx, , o-^*^.^^
2425 que il en euide alcun ocire. Qamâ^uu,' jua^
Celé li comencë a dire.
„De ce", fait ele, „ n'est mestier,
ja n'en porras un atochier: if-eu-cJy&AJ
ce sont trestot vies senz cors,
2430 mar iert por els t'espee fors.
Ce sacheiz bien, por cest afaire
cU^mAm£icu. ne la rovai ge mie traire, MÙ\â^ (V s^aâS^
mais por veeir de sa clarté vdI^
errer parmi ceste oscurté."
2435 Tant ont erré la val parfonde,
qu'il aprisment l'enfernal onde. Hùm-
Iluec esteit la presse grant,
la s'asemblent li avenant: OA/CuJ'o/rch*
de ceis ki vienent est la feire. -Ukr^ju
2440 L'eue est parfonde laie et neire.
Caro esteit reis del passage,
icil guardot le notonage; >nâ/wnA^
vielz ert et laiz et regroniz riùMaih^^r^a^
et toz chenuz et toz fronciz;
2445 le vis ot maigre et confondu, -fâJjL.
le chief mellé et tôt bossu,
oreilles grandes et velues,
sorcilles grosses et mossues,
2423 HI près deus 1. v. — 2424 HI Heiieas fait de s. e.; GD od s. en f.;
E a sespee lor fait a e.; F a s. en font. — 2425 HI ciiidoit. — 242(i HIGFD
comenca. — 2427 I de ce faire nest nul m.; H el nest nul m.; D na, G
nas. — 2428 F ja ni p. a un tochier ; A nul a. — 2429 H âmes de c. ; G
vie. — 2430 HI ne met por ce; D t. p. e. — 2431 HI saches tu bien
{omet ce): A cel. — 2432 HI ne la te fis; D ne ia revoie m. t.; E ne te
r.; GEF mie fors t. {omettent ge). — 2433 HI la cl. — 2435 Alinéa datis
DHI, mss. (sauf A) le v. — 2436 D que a. — 2437 G i. avoit presse molt
g. — 2438 HI sorvenant; F sasambloient li auquant. — 2439 HI a la
f, A an la f.; Maire, G la voire. — 2440 HIDG laide noire; F et 1. —
2441 Alinéa dans EF. GEFD dex del; GEF rivage. — 2443 E chiens estoit
lais; EF recroisies, G recrecis, HI rechiniez, D regerriz. — 2444 HIEF
fronchiez; G floris. — 2445 D omet et. — 2246 HI chanu, DGEF locu. —
2448 F sorciels groisses.
92
LE
2450
O^rrJi -trox-uJj^ 2455
Ci- cujjt^ jut dM- 2460
2465
2470
7*^
û^rw>u
2475
roges les oilz corne charbons,
la barbe longue et les grenons.
Cil ert guarde de la navie, qù^^jiÀ'»^^
une nacele aveit porrie, tuuuJJ^
vieille, defraite et dequassee -^oi-ûxc
et^bondonose et raclutee. JxofJutxjLA^
A ieel rivage aeoreient
de totes parz cil ki moreient;
ja ne finast l'ame del mort
des i que fust a ieel port.
Cil ki aveient sepolture
et lor costume et lor dreiture, ex,
Qljr^ celé eue les najot
Caro, dont nus ne retornot;
les uns receit, les altres laisse,
a cel rivage a molt grant presse.
Cil i remainent esguaré pcLUAni-^ i eU^fi/néi^
ki n'esteient pas enterré:
il n'i poeit ame passer,
dont li cors fust a enterrer.
Eneas ot la grant temolte,
il les esguardë et escolte,
merveilla sei de cel concile. £x.à^ta^rrUjr0.4^
11 en araisona Sibile.
^Dame", fait il, ,car me fai sage,
que ce p\iet estre a cel rivage;
de totes parz vienent grant gent,
2450 D omet et. — 2451 HI Cil iert giiarde dune navie, GF Cil cstoit
g. dol n.; D II; F grande. — 2453 A viez ot d.; E dega.stee. — 2454 HI
boutonneuse, D boudineuse, A bondonosse; H raclumee, A usée, EF recla-
vce, G renclutee. ^ 2455 GHl a ieel r. coroient; ADî>F eel. — 2456 A
venoient. — 2458 lE quele, H quel. — 24(51 A passoit, G traioit. —
2462 \>\m nus de cals ne r. ; EF repairoit. — 2463 HI 1. u. passe. —
2464 ED ot; D omet molt. — 2465 GEF cil qui. — 2466 HI qui encor ne
sont e., D qui norent este e., GEF qui ains (G aine) ni furent e. —
2469 sans alinéa dans A. HI o. et si escoute. — 2470 III la grant noise
la grant temolte ; D il esgarda, GF il le regarda ; DE et si e., F r. si e. —
2471 et 2472 intervertis dans G. — 2472 E il en a apele. — 2472 D dist il
ce me; GEF i. or me f. s. — 2474 G que ce est la, EF ce que p. e. ;
D en ce r. — 2475 A i vient g. g.; D la gent; G i v. gent.
LETHE
')rv«^/^iXA.
r
la s'asemblent espessement;
iluekes vei un notonier, "nAnJif-OTrùo^
ki onc ne fine de nagier,
d'aler et de venir ne cesse;
2480 a l'entrer a forment grant ])resse,
les uns l'i vei loing deboter /u^dUAA-4^
et les altres oltre passer."
La prestresse dist al vasal:
,Veiz ci le fluevë enfernal
2485 et la palu que parvirer jha^u'L'^AAK^
n'osent li deu ne trespasser,
et la granz genz ki s'i attne él, aJWUt^
ce sont âmes; n'en i a une
ki la puisse oltre passer,
2490 dont li cors est a enterrer;
de ça le flueve vajant vont,
devant .c. anz n'i passeront. ,
Celés ki ont bien lor dreiture u. j^ con/j^A^nt,
et dont li cors ont sepolture, ,u,/uUho\£~
2495 cil les passe, ne sert d'el faire;
puis nen est conte del repaire, ÀJ^ tx ' ma- ùo^ aujAha-rùi
et quant de la sont trespassees,
d'une palu sont abevrees; ciM^AÀ^^Cru^AXJ
des qu'il en ont un poi beti,
2500 oblië ont et tôt perdu
quant qu'il aveient fait lai sus:
•fout, U. ÙJUL^
2476 G comunement. — 2477 A iliiec voi ge; G a un n. — 2478 HI
qui ne les fine d. n.; GE aine, F ains; D finent. — 2470 DG ne de v. ; EF
d. de revenir. — 2480 G iloques a souent. -- 2481 HI outre passer; DU
voi ie; D v. de loins bouter. — 2482 HI de ca passer (I lessier). —
2483 — 2387 viennent dans F après le vers 2488. Alinéa dans A. HI Sé-
bile respont, — 2484 GEFD ce est li flueves inf. — 2485 DGEF palus;
D trespasser. — 2486 D parvirer. — 2487 et 2488 omis dans E. FHI et
les granz g.; H aunent. — 2489 HI qui ait pooir doutre p.; D qui ia p.,
GE qui p. ia. — 2490 y se, D quant; F se cors nen est. — 2491 F de ja;
HI f. ou auquant v. - 2492 G deçà. - 2493 GEF bien ont. — 2494 D
a s. — 2490 A celés p.; E passent; F set; G nert sert. — 2496 G p. nest
contes de son r. ; H nest; D de r. — 2497 HI et q. sont de de la pas-
sées. — 2498 G si sont dun p. a. — 2499 EFD très. — 2500 D o. o.
senipre est p.; GF tôt et p. — 2501 HI q. que il a. 1.; D et quanqua voient.
'J-.oetAiXA
r
94 CHARON TRANSPORTE
ne lor en menbre puis ça jus, >cû4l 'ùa^
d'en ariere n'ont remembrance.
Lethes a nom ceste obliance".
2505 II ne se sont plus atargié,
vers la rive sont aprismié.
Caro les vit et aperçut,
entre les altres les eonut,
l'espee vit reflanbeier; UA^rrUn*u>J ^ /u-uM-^th
2510 il les araisona premier.
„Di va", fait il, ,ki estes vos,
ki en cest règne tenebros
armé vos estes enbatu? v^tu^ v/auA- a4t^
Dites, por quei estes venu? ^tjulfi**
2515 Que querez ci? Ce est enfers,
ce nen est pas humains convers. jjjux. ©u- L' t
AAJLtr^ ^jM^- Ci n'abitent se âmes non, A*-*«t
corporel rien n'i reeevon;
onkes n'i vint nus oem mortals
2520 ne nos volsist faire toz mais:
danz Hercules i vint jadis,
nostre portier en mena pris,
lié l'en traist a molt grant peine,
retorna puis en nostre règne.
2525 Enprés i vint danz Theseiis,
ensemble lui Piritotts,
le rei d'enfer voldrent honir
et sa femme prendre et tolir.
N'en i vient nus dont nos Iommi, (aa- JiùUAJ^i
2530 onc ne nos firent se mal non. ^«^A^
2502 D menbera ia plus; E la j. — 2503 Hl dont a., E de nule rien. —
2504 AD cest, E cel, F celé. — 2505 sans alinéa dans DGEF. G si. —
2506 F repairie. — 2507 Alinéa dans DEF. A C. les a aperceuz; GE sis
aperçut, F ses aperçoit. — 2508 HIF âmes; A e. les a. coneuz; F co-
noit. — 2510 D araisonne. — 2511 G Dites. — 2513 G aves. — 2516 D
ce nest mie. — 2517 EF Ici, G II ni a.; I nabite, D abitent; GEF sames. —
2518 G c. cors; y ni reçoit on; D retenon. — 2520 HI aucun m. —
2521 Alinéa dans D. — 2523 HI tret; F lient le t.; G et a g. p. —
2524 EF repaira; H fraigne. — 2526 DHI e. o 1. — 2527 D lor roys;
G trair. — 2528 DF omettent et au commencement du vers. — 2529 G aine
ni; GEF vint. — 2530 G quainc, E aine, FHI ainz.
1
LES DEUX VISITEURS 95
Estez, iluec por rien venez,
car ja par mei n'i passerez,
ne ne vendreiz a altre rive;
ge ne puis creire orne ki vive."
2535 Cil s'esmaia quant il l'oï
et Sébile li respondi,
,Di va", fait el, „ c'est Eneas,
por nuire vos n'i vint il pas,
one ne vint ça por vos tort faire,
2540 ne por honte ne por contraire,
mais a son père vnelt parler.
Setirement le puez passer.
Li nostre deu l'i ont tramis,
par els i vient, gel te plevis:
2545 de ce ne t'estuet pas doter,
les enseignes t'en puet mostrer."
Eneas ti'ait le rameissel triU^cJis^
que il aveit soz son mantel.
Quant cil le vit, si s'apaisa,
2550 la naeele li atorna,
les âmes a loing debotees, /LA^oti.tù.i*-K/
ki d'entrer erent aprestees;
en son batel le recoilleit
et la dame quil conduiseit; y-i i^ aaaa*
por le grant fais la nés puisa, cAa-^-aa.
par crevaces l'eue i entra.
Caro governe tant et nage,
que il les mist oltre al rivage;
2531 DEFHI nient; G i. ni enterres. — 2532 DGEF que. — 2533 A a
lautre r, — 2534 D ne p. mais c. — 2535 Alinéa dans HI. HI sesmaie;
D q. il ce vi. — 2537 Alinéa dans D. F ele. — 2538 GEF p. v. n.; GEFH
nuisir. — 2539 D ne vint ca p. v. nul t. f.; GE aine, FHI ainz. — 2541—2545
omis dans A. — 2544 D par eulz v. il en cest pais ; H ie t. p., G ce te p. —
2545 G ne te pues ni d. — 25\6 y lenseigne t. p. bien m. — 2547 Alinéa
dans DEF. — 2549 F il. — 2550 EF et le nef vers lui amena, G et la n.
li toraa; HI leur a. — 2551 HIG a arier botees; EF a. au loing a botees.
— 2553 HI le recoilli, D recoilli la ; AGEF la r. — 2554 HI et la prestresse
avec lui; D qui conduit la. — 2555 G par; D pessa. — 2556 HI par cel
(I ce) vessel 1.; GEF omettent i; EF p. les c; G li mers e. — 2558 A m.
a lautre r.; F o. le r.
2555
96 DESCRIPTION
de la nacele sont issu
2560 et a la porte sont venu.
Cerberus ert d'enfer portiers,
guarder l'entrée ert ses mestiers,
molt par est laiz a desmesure
et de molt orrible faiture; jj^v^rw*,
2565 jambes et ])iez a toz veluz
ûrJ<jLLkJ et les artelz a toz erochuz, CAjytJ-u.*'^
tels ongles a come grifons
ûOiAr\/\H^ eL^ juur^ tjUAA>u, et coez est come gaignons; dio^Ju4^
a^*-*- agu dos a et recorbé /\LLeru^^M-(L
2570 et le ventre gros et enflé;
ao^JKâ- une estrume a desor l'eschine, û.t/yÎA-^j^
et maigre et seehe la peitrine,
espalles grailes et braz gros,
les mains a teles come cros, tKcc»
2575 treis cols a gros et serpentins,
CôiiiAu^wruL et de colovrë a les crins; CAlvéuy-
treis chiés a tels come de chien;
onkes ne fu plus laie rien.
Com chiens aboie par costume;
2580 de sa boche chiet une escume, i^UMrrJL
«/j„/v^ une erbe en uaist mortels et laie,
nus oem n'en beit, a mort nel traie,
senz mort n'en puet nus oem goster;
Aû^rù-à aconita l'oï nomer:
2585 ce est l'erbe que les marastres
2,561 A sans alinéa^ dont C. estoit p. — 2562 A g. la porte; FHI
, est. — 256) HI trop par. — 2564 HI trop. — 2566 HI cornus; D or-
teilles. — 2567 et 2568 viennent dans A après le vs. 2576, mais une main
postérieure a redressé la faute. HI granz ongles; A com de grit'on, GEF
coin lins g. — 2568 HI et est c. ; DEF omettent et; D encoiz est; E eu-
caines est comme graignons; F encacis est; G et encoes com uns g. —
2571 HI une grant boce a sus 1.; A an son 1. — 2572 EF et m. col et
1. p. (E le col, omet le premier et); D a la p. — 2574 HI 1. m. crochues;
D telz ongles a; EF c. un tors, GD c. un c. — 2575 HI granz. Les vers
2575 et 2576 oynis dans GEF. — 2576 D et des coulourez sont. — 2577 G
testes a t. c. uns chiens. — 2578 G vi si I. — 2580 G sait. — 2581 E qui
molt par est. — 2582 A nan b. nus hoijj. — 2583 EF p. ion pas. — 2584 y
Aconta lai oï n.
DE CERBÈRE 97
donent a beivre a lor fillastres. ijclÀ^' -iiLLâ^
Quant Cerberus vit eels venir,
forment comença a glatir, oUfte^ft^
trestoz enfers en resona;
i^ji^u/^^ , .2590 de maltalent se lieriça. •^^^U.^aa. a«>v p»U.
] cUf>*^ Les colovres se comoveient ^ ' oAiJcynh
ki environ son col esteient,
ne eessoent d'aguilloner jO-iAu»^
ne de frémir ne de sibler. f^H^t *>'
2595 Si grant peor ot Eneas,
n'osa avant aler un pas;
s'il le dota, ne m'en merveil.
La prestresse dist a conseil i,^-> ^olùaxJi
É entre ses denz tôt bêlement ûi»u.tA^rru>^r^
^rumuÀA, 2600 Ain charme et un enchantement;
fi'.A^o<LAA/r<k^m^.p^-q^^ jj charmes fust feniz, ftA)tk/^vt Jm4.
fu Cerberus bien endormiz;
^ ^ il est colchiez toz en reorte éiLL^rv iorL/rr\^ cL .u->-uâ-
û. C^it (^ en sa fosse joste la porte. i^itufincM^ +o\dux, .^^^
2605 La porte passent ambedui AJJj.- "irrxx^rra.
seUrement dejoste lui. ô. toi*- 4^
Quant il furent oltre passé,
premièrement i ont trové
les compaignies des enfanz.
2610 des petitez, des alaitanz, •i%:hi/rif^
cels que as mères toli mort;
braient et crient, plorent fort;
iluec aveit noise molt grant
2586 D suellent doner; GEFI omettent le second a. — 2587 sans
alinéa dans GEFD; HI les v. v. — 2591 A san c, DHI ses c, G se hiri-
coient. — 2592 HI ses cox, D son chief, A le col, G lor cols. — 2594 HI
sifler, EF cifler, G trambler. — 2596 E aler avant. — 2597 D se il d. - -
2599 taxis les mss. (sauf A) tôt bêlement e. s. d. — 2600 tous les mss.
(sauf A) enchantemens. — 2601 HI son cli. — 2602 D sest C, EFG Cer-
berus est (G fu). — 2603 HI sest. — 2604 A en sa roiffe, G en la f.; HI
delez la p. — 2605 Alinéa dans D. — 2608 HI si ont p. t.; G seurement. —
2609 HI la compaignie; D aus e. — 2611. A cals quas nieres tolirent
mors; EFD c. qui; G cels dont les mères orent m. — 2612 HI et p. c. f.,
E p. c. et b. f., F p. et c. b. f. — 2613 EF ouiettent molt.
Bibliotheoa Norinaanica IV. 7
,
98 ÉNÉE
del duel que meineiit li enfant.
2615 Minos getot enprés ses sorz (M-UxA^ cuu. ^^u
4/4.CLfmi/rMit et enquereit la vie as morz;
a chascune ame sortisseit
^^Uierr^> sone ce que deservi aveit:
les buens enveie es sues ehani^,
2620 les mais tramet sofrir ahans. cLtMJbu^^'^^ t A**-
Eneas est avant alez,
enz en un val a eels trovez
ki por amor perdirent vie;
de eels i ot grant compaignie.
2625 Entre les altres i eonut
celé ki por s'amor niorut:
ce fu la dame de Cartage.
Molt fu dolenz en son eorage, ]
que morte esteit; il s'abandone jcjl. f^-Aur eU^
2630 vers la dame, si l'araisone,.
«Dame", fait il, „por meie amor
avez sofert mortel dolor,
ge vos sui adieisons de mort, tft-«<Afl>
mais ge n'i ai colpes ne tort.
2635 De vos parti estre mon gre
et senz la meie volenté,
et si vos jur par toz les deus
del ciel et par les inferneus,
ne fu par mei que vos guerpi;
2640 molt a_enviz de vos pai*ti. û. ruuafjiL
Li departirs me fu contraire, oLlàclxi r\eU>iL i
mais ge nel poi altrement faire: ■
2614 GHI brait. — 2515 sans alinéa dans HI. F sen sort. — 2616
et 2617 sont omis dans EF. — 2618 HI selonc que; EF selonc ce que
servi avoit. — 26 1 9 HI omettent enveie ; I es délicieux ch., H en esliseus
ch., D en ses ch. — 2621 Alinéa dans DHI. — 2622 A omet un; G e. el v.;
D lieu. — 2624 G i a grant manantie. — 2625 A a. bien c. — 2626 GAE
celi. — 2627 et 2628 sont omis dans HI. — 2629 DEFG qui; EFG si s. ~
2630 G a la d. — 2632 A aviez. — 2634 G oi certes nul tort. — 2635 D
outre m. g. — 2636 A et encontre ma v. — 2637 HI bien le vos jur; D
ice jure; EF et ce. — 2638 GI denfer; I et par les diex des ciex. — 2639 HI
parti. — 2640 A a grant poines, G a grant dolor, HI a grant enui; G nieu
départi; HI guerpi. — 2641 G men. — 2642 HI in. ne le poi.
VOIT DIDON 99
ainsi m'aveient comandé
li deu del ciel et bien mandé.
2645 Par lor cornant resui venuz
en icest règne et deseenduz;
quant ge de vos me départi,
ne cuidai pas que fust ainsi,
ne trovesiez aleun confort
2650 ki vos pleiist mielz que la mort."
Quant Dido l'ot ainsi parler,
ele nel pot one esguarder, f\jLA»/vdJ-^
car molt li esteit enemie;
enz en un bois s'en est fuie
2655 0 Sichetts ses sire esteit,
ki en s'amor a graignor dreit.
Por ce qu'el li aveit mentie
la fei que li aveit plevie,
ne s'osot pas vers lui torner,
2660 ne ne l'osot dreit esguarder, ot/v^Lè
ne près de lui ne s'aprismot:
por son forfait se vergondot. A^ttixtAtru^
Avant al a li Troïëns,
ne demora guaire de tens
2665 qu'il vint en icel champ o furent
cil ki par bataille morurent,
ki maintindrent chevalerie
ça de desus tote lor vie.
En icel champ ert Adrastus,
2670 Polinicés et Tydeus,
Ipomedon, Partonopeus,
Amphiaraus et Capaneus.
2613 F et si; D le m. mande. — 2644 D et comande. — 2645 G
par le c.; A siii ci v., E 1 sui v., F me s. v., G men siii v. — 2646 DHI
cest; EG en cestui r. — 2648 HI quil. — 2649 HI que neussiez. — 26-51
EFG la oi p. — 2652 A el nel pot onques; GE aine, F ains, D plus;
EFG regarder. — 2654 HI dedenz un; y en. — 2656 DHI ot; A maior,
EFG mlllor. — 2657 HI mes por ce que 11 ot m.; G quele li ot m. —
2656 A quel. — 2659 E ne s. envers 1. t. — 2660 GFHI el, E et; GE nis
agarder, A mie e. — 2662 HI meflfait, — 2663 Alinéa dans IF. E Tant
a aie, GF Atant san va. — 2664 G ni d. — 2665 D que vint en ce cb.
ou il f. — 2667 D tote lor vie. — 2668 D chevalerie. — 2669 D fu. —
2670 HI Ipomedon et. — 2671 HI Polinicés.
100 LA CITÉ
Molt vit de cels de son païs
ki a Troie furent ocis;
2675 entor lui sont tuit acorn,
de totes parz i sont venu.
Vient i Hector et Priamus,
vient i Paris, Deïpliebus,
plusor altre de son païs.
2680 Ne lor osot torner le vis,
tant com poeit se reseonsot Çmâ^ cc^tJ^JU^ )
^ et envers els se vergondot, ^/i^t-t^Aj)
^ ^j.fr\j cUJ (X A. Xa, por ce qu'il s'en enbla fuitis .luAt^tV
dju^-^ix^ d'entr'els, quant il furent ocis. '
2685 Enprés vint la chevalerie
de la Grezesche compaig-nic:
iluec ert li proz Aïaus,
ensenble lui Protheselaus,
Agamemnon et Achillés
2600 et Menelaus et Titidés.
Quant le virent armé li Gre,
il se dotèrent que li de
euveié l'aient por venjauce
de la Troiene trebuchance; cUJcJJ^
2695 il comencierent a fuir,
quant le virent vers els venir,
senblant faiseient de crier,
si ne poeient mot sofier. ^ùb^^jMjuJ
Desor senestre a cil guardé,
2700 si vit une molt grant cité:
ce est la maistre sjez d'enfer. /ijuÂrCU^nc^L.
2673 GF i vit gent. ~ 2674 D en T. — 2675 DEF s. cil a., G sont
acoreu. — 2677 GEF vint. — 2678 GEF vint. — 2680 DHI ose, E osa.
2681 et 2682 omis dam D. HI reponoit. — 2683 HI que il senbla.
2684 EF q. furent tôt o. — 2685 GEF vit. — 2686 HI greioise, GD
griesche, EF grivoise. — 2687 GEFD estoit. — 2688 HI et avec lui
(I aux), D e. o 1. — 2690 HI Thelamon et Diomedes, E M. et Dioiuedes,
G et M. et Ulixes; EF omettent le premier et. — 2691 Alinéa dans D.
2693 D laient tramis la. — 2697 G et samblant fisent. — 2698 GHI mais
ne; G porent .i. m. s. — 2699 -A Sor s. ra; sans alinéa dans D. — 2700 HI
une bêle cite; D fort; EF omettent molt. — 2701 HI ciert la m. cite; D
la maistresse d.
DÉS TOURMENTS 101
Li mur esteient tuit de fer,
une eue ardanz cort environ,
Flegeton a li flueves non.
2705 En la cité a cil oïz
et plors et braiz et m oit granz eriz
et batemenz et molt granz peines,
le son d'enfer et des chaeines;
molt i aveit mortel dolor.
2710 De ce qu'il ot ot grant peor,
arestut sei, si escolta
et la prestresse araisona.
„Dame", fait il, ,,que puet ce estreV
Molt oi granz criz ça sor senestre,
2715 une cité vei ci molt grant,
environ cort une eue ardant;
de la oi criz et batemenz A^j*tirvo., Uà. •i>uXO\jL.
et molt granz peines et tormenz."
La prestresse dist al vasal:
2720 ,,Ne te puet dire oem mortal
la grant dolor ki est lai enz,
ne les peines ne les tormenz;
oem ki vive ne te puet dire,
quel duel i a et quel maiiiire, ^ra^i^vi'wu. ^ Au^^t l'cç
2725 mais gel sai bien, qu'i ai esté,
qu'i ai vette la cité;
Thesifone la me mena,
totes les peines me mostra.
Radamantus a cil a non
2702 D les murs en e. d. f., F 1. muier e. d. f. — 2703 A une ardant
e.; D yave a. coroit; HI art e. — 2704 D ot; HI celé eue n., EF cil flus
a n. — 2706 HI granz p. granz b., A et p. et plainz, EF et b. et p.; I
omet molt. — 2708 I les sons, G les ondes; y del fer (G de fer, H des
fers); G omet et. — 2710 Gag. p. — 2711 HI arestez sest; FD aresta. —
2713 AGEF ce que p. e. — 2714 D ci; HI sus s. — 2715 DGEF i voi. —
2716 D e. est. — 2718 HI omettent molt, et granz tormenz. — 2720 HIGEF
Nel; EF N. puet ond.; G N. pueent d.; mss. home. — 2721 GEF
les grans dolors ne les tormens. — 2722 GE qui sont laiens, F ne les
ahans. — 2723 lEF nel; G ne poroit d. — 2724 HI le (H ne) duel qui est
ue le m.; EF ne q. m. — 2726 HI et lai veu et esgarde. — 2729 F ot.
102 LA CITÉ
2730 ki est sire de cel donjon;
iluee fait ses cruciëmenz Jé^ouyi^'mA.fnM^
et ses flaels et ses tormenz:
la sont tor mente li jaiant
ki par orgoil et par bobant (xu>^aju^lL
2735 voldrent par force el ciel monter
et toz les deus deseriter.
Un en i a ki volt gésir
0 Diane et li honir;
icil ot a nom Tieilis,
2740 il gist envers, et de desus
sor sa peitrine a un voltor vùJjdtrtuo
ki le manjue nuit et jor
le cuer et tote la coraille; tmshù!ii.i»<^t
ja n'iert que cil tormenz li faille,
2745 car quant que li voltors manjue,
tost est l'entraille recreue.
Enmi une eue est Tantalus;
jusqu'à la gole de desus toLUJt. - 1
P^^tlcU^t^ li dépendent li chargié raim, h-\cuiritJ\A^ cAa'1
2750 de seif se desvë et de faim,
ne de l'eue ne puet goster,
ne des pomes une adeser. /ôlc^Aa^
Iluec sont li torment divers,
molt par est laiz icil convers,
2755 la sont les peines permananz,
et li travail, les puors granz; pAjLAftM ^^ \^i
icil torment sont pardurable. jâV^^^/y^aX^
Iluec a un feu permanable,
2730 I renon. — 2731 D les c. — 2732 I et s. paines et s. t., G et les
f. et les t. — 2735 GHID al c. — 2736 I et 1. 1. d. voult déserter. — 2737
A ot. — 2738 F avoec D., DI a D. — 2739 I icelui an. — 2740 I as
denz, H adenz. — 2741 HI sus; IGEF la p. - 2742 EF m. et nuit. —
2743 A piz; F et contre 1. c. — 2746 HI est tost ariere revenue. ^-
2748 D desque, GEF tresqua. — 2749 et 2750 intervertis dans F. D la
pendent jus, GEF la d.; A cli. li r. — 2750 G. se muèrent. — 2754 EF
icis înfiers. — 2756 D les t. et les p. g., G les paors et les paines g.; EF
poors. — 2757 HI s. molt penable, GEF s. permanable. — 2758 EF siet;
GEF pardurablc.
DES TOURMENTS 103
n'en ist lumière ne clartez,
2760 il art et brusle les dampnez,
il les oscurë et tormente,
ne de repos n'ont cil atente; tu./it£Jtt*nJLé^
il sont en mal et en dolor
et molt les çrucig peor: 7*j>t*-v>*»A/rv<4-.
2765 peoros sont et sofrent mal.
Ainsi ne sont pas li mortal:
quant alcuns crient un grant torment, -foixA/rr^ù^rJ^
la peor pert des qu'il la sent,
mais cels crucie la peor
2770 comunement o la dolor;
li mal sont grant et peoros,
li feu ardant et tenebros.
A fin les traient li torment,
il durent senz definement. aa/tva. -P^^*^
211b Iluec vit morz et fins comence,
definement i a creissence, C/tdù^Aorifiju
destrucion restorement; /\jJt>U>CUA>L''»r\j»^irU^
ne fait peors por le torment,
molt les tormente et crucie,
2780 et il ont pardurable vie, i/ia. ^iJ^fcvïofl^^
a fin les trait parfitement pùuUpiiU-'rnA.^rjL
et dure permanablement.
Cil sont torné de devers destre,
la cité laissent a senestre,
2785 Eneas a le raim laissié,
2759 HI n. iert. — 2761 HI i. 1. art et il les t. (I et si 1, t.); G oscur-
cist. — 2762 A de nul repos ni ont a.; F il ; HI n. nule a. — 2763 HI en
torment s. — 2764 F cursie; AG puer. — 2766 E nen ont repos ni .i.
iournal. — 2767—2775 sont omis dam E. G voit le g.; A le fort t.; F c.
con fait t. — 2768 A puor; D quant; AFG tresquil. — 2769 A puor; GF
crucient les paors; I tormente. — 2770 D et 1. d., GF od les dolors. —
2771 D et a pavors. — 2773 HI nés t. — 2773 G si vivent. — 2777 G
destorement. — 277S y ne (G ni) f. por fu ne por t.; D p. nulz tormenz. —
2779 DEF mors les t., G li mors les t. — 2780 H et si ont, D et y ont. —
2781 et 2782 sont omis dans A. D definement, G defitement. — 2782 D
cil d., EF il d.; DF durent, E durront; G et vivent. — 2783 sans alinéa
dans D. HI Atant se tornent, G Cil sen toruent; DE par d. d., G de-
vers senestre; GHI omettent de. — 2784 G ont laie a destre. —
2785 A son r.
104 LES CHAMPS
-^K^4A.^^CAMain) fjj^^^^^ el fore des veies l'a fichié; jIm^ t /UA^rJUe ,
iluec les soleient laissier ^^ci^
cil ki erent venu premier,
ki en enfer suelent descendre;
2790 la reine les fait la prendre.
Tant est alez li Troïëns,
qu'il vint as chans Elisiëns,
iluec 0 li buen home esteient
ki nule peine ne senteient.
2795 En icez chans aveit clarté
et grant repos et grant belté,
soleil et lune i aveient.
en grant dolçor iluec esteient.
Li champ erent flori trestuit,
2800 grant joie i a et grant déduit;
iluec joent a la palestre, pc
iuit; 4o^
toz tens i a leece et feste. -icrU,
Cil n'esteient pas corporel,
ainz esteient esperitel;
2805 alquant chantoent et sailleient,
a grant délit se deduieient;
/ ,û^Wvrv4A,\ n'i conversot nus des dannez
" en icez chans benelirez,
mais li buen home ki guarderent
2810 dreiture et les deus enorerent. -^i^-tJi-^fu^
Quant venuz est li Troïans
0 la prestresse es sues chans,
ses ancesors i a veiiz,
de eui ligniee ert descenduz;
2786 HI en un quarefor 1. f.; A es fors; F la ciet, D est f. —
2787 HI le s. — 2788 HI seulent venir p. — 2789 DGEF voelent. —
2790 D li, GHI le. — 2791 Alinéa dans U; GEF a aie. — 2792 A es c. -
2794 HIE soufroient. — 2795 E plente. — 2796 HI omettent et, g. r. et
beneurte; E clarté. — 2797 G lunes. — 2799 D fiirent, F i sont; HI trestot. —
2800 HI g. j. i a tôt tens a bot; E ont, DGF ot. — 2802 III tout jors; EG
et jeu et f. — 2804 HIF aincois e. spiritel; G spirituel. — 2805 HI li un
c. et jooient; F saloient et c. — 280G G déduit; GD demenoieut. —
2807 A ne. — 2808 y bons eurez. — 2809 et 2810 sont omis dans III.
D gardoient. — 2810 D honnoroient, GE aorerent. — 2811 Alinéa dans
HI. — 2812 F en ses c.
ÉLYSÉES 105
2815 li ancien ki firent Troie
iluec esteient a grant joie.
Avant ala, si vit son père
ki sor la rive d'un flum ère, -jJjLu-^^y^^
0 il anomhrot ses nevoz, {_c.ûr)nn.jpi-*j^)
2820 ki a venir erent, trestoz.
(Li.-'oti.^u.ytx-'^ o^^En cure ert d'els apareillier, o^ùj^cÀJÀm^
eom deveient naistre premier,
veit les toz ordeneement, ji^ru ^a^//u^
si com de l'un l'altre descent, OA.^ruj'- 9M^
2825 pères avant et fiz enprés; e*-^uu^
ainsi ordenot Anchisés.
com la ligniee deit descendre;
icil aveient cors a prendre,
et de cel règne sozterrain
2830 deveient naistre el soverain.
Quant vit que venuz ert ses iiz
parmi les enfernals periz, ^hjuCJLl'
plore, sospire de pitié;
des deus d'enfer aveit eongié
2835 que a son fil poeit parler,
respondre et lui araisoner.
Andeus ses braz vers lui estent, .zj^c^nxi^
si l'aparla premièrement: curtyxdù^
„Fiz Eneas, or sai et vei,
2840 quant venuz estes ci a mei.
que piëtez venqui peor, ^/uA^e-
Atendu vos ai ja maint jor,
car bien saveie senz dotance, x^s^ru^ citnxé^
2815 et 2816 sont omis dam GEF. — 2818 HI sus; D fluef. — 2810
I abuuroit. — 2823 HI et puis; GHI tôt. — 2821 HI con li uu; G s. c. luns
de 1. d. — 2825 HI devant. — 2826 G ensis, HI a. les; HI ordane, DEF
ordone. — 2828 HI tuit cil, E u il. — 2829 HI et du règne aval souerain:
D de celui r. — 2830 HI doivent n. cil sousterrain; A al. — 2831 A
voit que venuz est; D fu. — 2832 I pertuis. — 2S33 DEFHI p. et s. —
2834 FD de d. — 2835 A peust. — 2836 A et als araisoner. — 2837 G
a lui. — 2838 HI lapela. — 2839 Alinéa dans D. — 2840 I que v. es
ceanz pour moi, D que e. ca v. por m.; H v. es cajus; GEF ca. — 2841
F car; HI de pitié as v. p. (omettent que); D pitié; E a vencu. — 2842
HI Je tai ja atendu m. j. ; E Car a., ja est omis. — 2843 HI car tôt tens
avoie espérance,
106
ENEE
toz tens aveie en espérance,
2845 (lue vendreies a mei parler;
ue iinoe des tens nombrer,
que deveies ça jus descendre; 1^ isou>^
ma pensée ne puis reprendre, -ùtA^rru^
que ele aveit tôt porvett: ùrU^ru^
2850 el ne m'a mie decett.
Fiz, molt avez sofert peors,
mais et travalz et granz dolors,
molt me dotai de cel ostage J\.ci^^fxihUXd-e^ j
que vos etlstes en Cartage,
2855 n'en guerpissiez tôt vostre afaire,
0 vos tornast a grant contraire."
„Pere", ce respont Eneas,
.,ge ne poeie laissier pas,
ne venisse parler a vos,
28(50 sovent en erë angoissos,
vostre image me destreigneit j^t^tx^^/mja.^'ihcùJL ^
ki tote nuit m'aparisseit.
As Sickains porz ai deguerpie
tote ma gent et ma navie, >ru^ sieuMA^jeu*^
2865 parler sui ça venuz a vos
parmi enfer le tenebros."
Eneas plorë et sospire,
a celé feiz ne pot plus dire,
ses braz li volt al col geter
2870 por lui estreindre et acoler, j^J^uù^ruO^Ji'
l'image fuit, qu'il ne la prent,
2844 et le savoie sans dotance, D de touz temps a. espérance, E et
si a. mesperance, G et 1. 1. a. espérance; F omd, en. — 2845 d 2846 sont
omis dans A. FD que vos venries. — 2846 HI du t. — 2848 A nen. —
2850 EF si ne; D ele ne ma pas d. — 28.ïl G dolors. — 28.52 HI m. et t.
paines d.; A poines t.; G fors paors. — 2853 F hontage. — 2854 EF feistes;
GEFD a C. — 2855 A perdissiez; G no a., FI nostre a.. — 2856 DHI
molt vos, G si vos. — 2857 Alinéa dans HI. — 2758 HI je nel voloie;
D nel. — 2859 I se v. — 2860 GHI s. e. estoie. — 2863 I As seur port,
H As seurens pors, D As soren p., G As comains pors; AF A S. p. —
2864 FDI mesnie. — 2865 HI ca sui venuz p. a v., G venus sui ja parler
a V. — 2867 sans alinéa dans DHIEF. G p. si s., HIE p. et si s. —
2S(;9 (tT son b.; A an col li volt. — 2870 A omet lui. — 2871 G qui ne latent.
VOIT SON PÈRE 107
semblant a songe o a vent. ^ ^
Avant un poi est cil alez, ^'>«-^ A-'i.^v^jfe.
en un moneel est arestez, cMÂJivxjt^
2875 cels apela dejoste lui; û- cÈ^ cU~
la s'aprismierent ambedui,
et la dame et li vasal
qu'el eonduieit la jus aval.
„Fiz Eneas, voil tei mostrer
2880 ta ligniee tote et nomer
cels ki a naistre sont de tei:
empereor seront et rei."
„Sire", fait il, „ge voil saveir,
se ce puet estre donkes veir, ûJL&\.^
2885 que cil ki ore sont ça jus JjU. -drô-A-»
pregnent ja mais cors la desus
,^uu,ii>b- cuuj^ ^* ^i®"* ^^^*°^^ corporel,
'^f paf^Mff^j^^^^\\^\ç. seient et mortel."
Cil h respont: „riz Eneas,
2890 ja mar de ce te doteras,
ge te dirai la vérité,
ne te sera par mei celé.
Icil ki muèrent la desus
en enfer vienent tuit ça jus, .^^cji i^cu^
2895 sonc ce que chascuns deservi, aê-^^^-v
tant dementiers que il vesqui; ùMr\Aav^ ju-
car de desoz li est rendu.
Tant com vesqui se buens oem fu,
ne sofre peines ne ahans,
2S72 HI semble que soit ou s., G alsi com ce fust s.; EFD et a
V. — 2873 HI Cil est .i. pou avant a., EF Quant .i. poi est cis alasses,
A A. est Anchises a. — 2874 HI sus; A sest acostez. — 2875 DGEF
apele. — 2876 G saresterent. — 2877 A prestresse: HIAD le v. — 2878 I
leanz; H ou val. — 2879 A te. — 2880 EF ta 1. tote n. (F mostrer); G et
tote n., A et toz n. — 2882 GEF erent. — 2883 Alinéa dans EF. F iel v. —
2884 D si celle gent seront ton hoir; E auques; G donques e. — 2886 I
ore cl.; F de la sus. — 2887 D que a. — 2888 D pansible, y pas-
sible. — 2890 H ce en d., A ce mes d.; GF ja mais de ce mar d. —
2891 A ten; E d. de v. — 2894 I en vont tuit c: GE casus. — 2895
FHID selonc que. — 2896 H dementre, GID dementres. — 2897 HI la
de desus li fu r. — 2890 EF ne sueffrent paines ne abans; GUI peine.
108 DISCOURS
2900 ainz vient es Elisiëns chans.
Cil ki furent de maie vie,
ki toz tens firent vilenie,
sofrent les mais et les tormenz,
les feus et les cruciëmenz; ^^^tjUi^^mB^rJ^
2905 quant il ont tôt espeneï i/^LpilL-
le mal qu'aveient deservi
et par peines et par ahans,
puis vont es Elisiëns chans,
puis sont ici en grant dolçor
2910 et en repos, n'ont puis dolor.
Quant i ont pièce conversé, ûjLLO.ifuit'M/rn^;^^
et il lor vient a volenté
que il vuelent aler lai sus,
une eue a en enfer ya jus, (o-^e^tAriA/ij)
2915 uns oem i est ques en abeivre, = ^f^*""" "^"^^
et quant de l'eue les deseivre, ^m^cuu-hj^
ne sevent rien dire lai sus
de quant qu'il ont trové ça jus, ^tsuM CLjL. a
ja puis a nul ne memberra
2920 de tôt ice que ça jus a.
Li deus les met de recbief fors, oU. yxâUAji
la sus revont prendre humain cors.
Veiz en ici grant compaignie
ki deivent prendre mortel vie,
2925 ki te seront fil et nevoz,
2900 A puis; D vait, EF muent; HI celestiens. — 2'J02 GEF et tos
iors; D que 1. 1.; EFHI félonie. — 2903 GEF s. grans paines ot t.; D et
les travax. — 2904 I) fainz; HI omettent et. — 2907 HI omettent et,
par soufrir paines et a. — 2909 HI illoques s. en; G et sont. — 2910 FD
nuit et jor; G puis nont, A plus nont. — 2911 HI q. grant pièce i ont c.,
D q. il ont .i. po c., GEF q. il ont po se c. — 2912 F vint; DEF en
volonté. — 2914 GD un floeve. — 2915 A remplace les vers 2915—2919
par deux autres vers. V. les notes. D un diex qui y est les a., E qui
molt est boine et douche a boivre, F uns qui illeuques est a., G cil qui
la est les en abeivre. — 2916 F descoivre. — 2917 HI sauront. — 2918
D quanque ont; HI ont eu c. — 2919 GEDHI neu. — 2920 HI de quant
que il c. j. aura. — 2921 G len lu. — ^ 2922 HI vont. — 2924 DGEF prendre
d. — 2925 et 2926 viennent après 2928 dans HI. HI et tes filles et tes
nevous.
d'anchise 109
veiz les, ges te nomerai toz,
mosterrai tei eom il vendront,
tôt en ordre eom il uaistront.
et enprés ce te nonaerai o^ûa-^-a-^
2930 tes batailles, et te dirai
les mais que t'estovra sofrir,
ainz que puisses a ce venir. a.vA^>o^ ^<-«-<-
Cil dameisels ki celé lance
tient en sa main par conoissance, yno^^ocdi' j -ù-t-^ru^
2935 cil ira primes de ça jus
yùu.fOAAÀjU'i^éi soverain air la desus; cû^
Lavinia l'avra de tei
ki est fille Latin le rei;
en une selve cil naistra -V^"^^
2940 et Silvius a nom avra;
il sera reis et de reis père
et si tendra d'Albe l'empere.
Enprés eestui quarz estera
cil ki forment te portraira /i^-^^^-^to/^^s/ia.
2945 de nom et de grant pieté
et de proece et de belté;
Silvius Eneas ait a nom,
molt i avra riche baron,
de lui naistront et rei et dus.
2950 Veiz celui la, c'est Romolus.
cil ert setmes de ta ligniee,
par lui sera molt essalciee;
2926 I se tu veus ies n. t.; H se veus ges; GFD v. 1. ja te. — 2928
HI en ordre corn de toi n.; D eom descendront. — 2929 A en après les
te n.; GEFD mosterrai. — 2930 A et les b. t. d. — 2931 A quil. — 2933
Alinéa dans HI. — 2934 A contenance. — 2936 A al; G es premerains ans;
HI de la sus. — 2937 HI Lavine si 1. — 2939 G ci n. — 2941 D il sera des
rois emperere; EF et empereres. — 2942 A et dalbe sera empereres;
F lalbe; E lalve senpere. — 2943 Alinéa dans D. HI quant finera, D quant
resera, GF q. en sera, E un en sera. — 2944 HI un qui; E omet cil, qui molt
très bien le p.; y porsivra. — 2945 G dun home de g. p.; I et de molt g.
p. — 2946 DHI et de p. de bonté. — 2947 Alinéa dans G. HI aura nom,
D aura a n., GEF ait nom. — 2948 HI en lui a. — 2950 HI V. cel autre
ciert R., D Veez celui c. E.; EF cert. — 2951 I cel tierz si ert, H setismes
iert, G cert li semés. — 2952 HI par cetui sera e.; DEF par celui ert.
110 DISCOURS
ieil tuens niés Rome fera
et de son nom la nomera.
2955 Del mont iert ehiés eele citez, yTneuuhjt^
partot ira sa poestez.
De la lig-niee Roraoli
et de la ton fil Julii
iert JuliUs César li proz,
2960 de proece sorveintra toz; 4.<,<-^^â.4A«-a4.
sor le mont iert sa poestez
et puis l'ocirra li senez: Jjz, ^ji^yic^
ce est icil ki t'est promis
de par les deus, molt a ja dis.
2965 César Augustus iert enprés,
en son tens iert molt ferme pais,
et grant dolçor et grant belté,
li monz iert soz sa poesté."
Ainsi li a demostré toz AJL^iÀ^ j. A/n/nor^
2970 et fiz et pères et nevoz,
si com deivent de lui issir cjDrYy%rmjurJb>
et l'uns avant l'altre venir.
Mostrez li a toz les barons,
de toz li a fermez les nous, ^uum-*-*-' cL '
2975 et bien li a tôt aconté ima^rùJ^^ji^ ^àMi
l'empere d'Albe' la cité,
qu'il fera tote premeraine,
et puis iert la citez Romaine
ki chiés sera de tôt le mont,
2980 si eir toz tens la maintendront.
Tôt li a noncié Anchisés
et puis li a mostré enprés cuyuM-^f jLymuÙJI^
les batailles que il fera
2953 E car il R. f. ; HI cil Romulus Roume fera. — 2954 EF n. la-
pelera ; A et son nom li anposera. — 2960 DEF sormontra, HKt les vain-
tra. — 2961 HI sus; G ta p. — 2963 A celui qui. — 2964 H m. a de dis,
I m. a demis, EF ja a m. d. — 2965 Alinéa dans HI. — 2966 G icist tanra;
F i. m. fermetés.. — 2967 G d. ara; HI et g. plante. — 2968 A an s. p. —
2960 Alinéa dans A. E II li a d. trestous; G et si. — 2970 est omis dans
D. — 2973 D ses b. — 2974 D et de touz li ferma. — 2975 I et tout li
a b. a.; F a et a. — 2978 HI sera cite. — 2979 E cil. — 2981 A niostre;
D li anonca, HI li anonce. — 2982 A noncie.
d'anchise 111
et les travalz qu'il soferra.
2985 Molt est danz Eneas espris
de ce qu'il a iluec apris,
molt se fait lié de sa ligniee
qu'il veit ki tant iert essalciee,
que li monz iert vers lui enclin
2000 et régnera toz tens senz fin.
Enz en son cuer en a grant joie,
oblié a le duel de Troie,
et nequedent pensis esteit p^tMtJha^rJi-
des batailles que il avreit,
2005 des mais que li estuet sofrir.
ainz que il puisse a ce venir, ouja^rJ: Of*-*^
Deus granz portes a en enfer,
nen a en nule fust ne fer: -i^ôi^
l'une porte est eborine é>/r^ i/î/otlA4U
3000 et l'altre enprés si est cornine. c>^ ùD-^-^n^^
Par ces portes issent li songe, Aerï\Al.^
et cil ki tornent a mençonge
vienent par la porte eborine.
li veir vienent par la cornine.
3005 Par l'eborine les en meine
Anchisés fors, a molt grant peine
est tornez d'els et departiz;
son fil laissa a grant enviz, a- f^iù/niL AfiAAAM-
mais il ne puet plus demorer,
3010 car n'a congié de plus ester;
et cil s'en vient par estoveir,
2984 A 1. 1. que il s.; D que s. — 2985 Alinéa dam D. — 2988 HI quil
set qui ert si e.; D que tant; EF qui ert t. ; G v. qui la tote essalcie. —
2989 F et li m.; DGEF a lui. — 2990 A il r. — 2992 G tôt o. le d. ; EF la
oblie 1. d. — 2993 et 2994 sont omis dans HI. G et nonporquant. — 2994 D
vouloit, GEF veoit. — 2995 HI et les m. que il doit s. — 2996 DGEF aincois
quil; A ainz que viegne a terre tenir; DGEF puist. — 299" sam alinéa
dans D. — 2998 HI en lune na se f., G il a en lune ne f., AEF na e. n.
Ce vers est omis dans D. — 2999 HI si est broine; GEF ert. — 3001 HI
p c. .ii. p. i. s. — 3002 HI mes cil, F icil. — 3003 et 3004 sont omis dans
E. HI issent. — 3004 FGHI issent. — 3005 HI par eborine (I ebroine). —
3006 D A. a m. très g. p.; ED omettent fors. — 3007 D t. est, F et t. —
3008 GE molt a anuis. — 3009 y mais ni (EF ne) pooit. — 3010 G loisir;
D parler. — 3011 et 3012 omis dans HIF. GE vint, D muet.
112 ARRIVÉE
car ja poeit del jor veeir;
cil s'esvanist en molt poi d'ore.
Al départir Eneas plore,
3015 a sa maisniee vient tôt dreit,
ki a la rive l'atendeit.
Tant l'a la prestresse mené,
que a sa gent l'a asenblé, /iêJjutÛ,
puis a congié del vasal pris,
3020 si s'en rêvait en son païs.
Eneas tome del rivage,
en halte mer s'enpeint a nage; nmU: au -Iûl. 'vi
il traient sus sigles et veiles, jfirjur^
si laissent corrë as esteiles. z/xtIjUa^
3025 Et nuit et jor ont tant coru,
qu'en Lombardie sont venu:
ce est la terre et le païs,
que Jupiter lor a promis.
El Teivre ariverent lor nés,
3030 il metent jus sigles et très, x/rv» ■ireui-'
aancré sont, mais ne saveicnt
encor, en quel païs esteient.
Des nés sont fors issu a terre,
vitaille vuelent aler querre,
3035 mais ne la cuident pas trover,
ne il n'osent pas loing aler.
Lor guarison prenent des nés, ^tnH.^ur^?->^
cel tant ki lor esteit remés,
après s'asistrent al mangier:
3040 molt en aveient grant mestier.;
Del pain pristrent et des crosteles, tn^fuJiiu^
3012 G le jor. — 3013 d 3014 sont placés dans G après 3010, et sont
omis dans D. HIesvanois sest en poi d. — 3015 y vint; E en v. — 3010
EF au rivage. — 3018 A ajoste. — 3019 HI deneas pris. — 3020 F sil sen
rira; E tourna. — 3021 A remplace les vers 3021—3105 par 8 vers. V. les
notes. D se p., F sespasse; G enp. sa nage. — 3024 DGEF la nuit; D
singlent, GEF corurent. — 3026 DGEF en. — 3027 G ce fu. — 3028 GD ot
p. — 3029 F En troivent; DEF les n. — 3030 HI voiles et t. — 3035 G le
porent, DGEF près t. — 3036 DGEF ne il nen (F non) o. 1. a ; G près a. —
3037 G garniment traient; F garsson; E es n. — 3038 GE et vivre, I ce tant;
G ert. — 3039 DGEF el pre; E sasieent. — 3041 DGEF prendent; G omet et.
1
LOMBARDIE 113
tables en font et escuëles, ^44tê/eAy
sor lor tables metent lor mes,
par faim les manjuënt par oes. doj^ nruo-At^J^
3045 Ascaniiis comenee a rire
et par gabeis lor prist a dire: naxJUxJ^^-J— ^
„Forment nos a fains angoissié, yj»t*.A>on£^>->i^-«.-^
quant noz tables avon mangié;
ne remaint table ne relief, ^e^ n£^U^^ qj^.' iy>~J a^tM-^^*^
3050 n'aion par faim pris de reehief." ^^ ■>u«^^i,^^'^ ^c^Mji^
Quant Eneas, ses père, l'ot,
enz en son cuer molt s'en esjot;
dont sot que il ert el pais
que tant li ont li deu pramis,
8055 et qu'iluec ert lor remanance. oLe-yrù-^ûJ-e^
Venu li est a remembrance
(bien l'aveit en son euer escrit)
ee que ses père li ot dit,
que tant l'avreit la fains destreit, ru^ujujurJ ^ ojyrJbu^»^^.^ ,
3060 que il ses tables mangereit: /lA^^na.
ce seiist bien tôt senz dotance,
qu'iluec esteit sa remanance
et ses travalz avreit finez.
Eneas est en piez levez,
3065 de joie et de leece plore, -jotA-
trestoz les deus del ciel aore.
Sa compaignie resbaldist; ^/ru:.occJ^uiu^,caL,
il nel sorent, très qu'il lor dist. -Iolaûj^' à, cjt~ <luue-
3043 HI et par desus m. 1. m.; FD les t.; D les m. — 3044 HIE
m. après. — 3045 G prant a sosrire. — 3046 F prent; GD g. comenee a
d. — 3047 HI Si fort. — 3048 HI nous tailleours a. m. — 3049 E ni r.;
HI et escuelles et r. — 3050 HI avon; G pas f. — 3051 Alinéa dans D. —
3052 D dedenz s.; HI c. grant ioie en ot. — 3053 E adont s. quil sont;
GF set; D quil erent. - 3054 DEF lor o. - 3055 HI iert sa r. — 3056 D
en r. — 3058 HI sa mère. — 3059 H laveit; D que quant fainz 1. si d., E
et q. laueroit fains tant d., F quant la venroit fains tant d., G et quant 1.
f. si d. — 3060 HI que son tailleor. — 3061 HI sot il b.; GF b. donc s.
l d. ; E omet tôt. — 3062 G seroit. — 3063 GEF avoit. — 3065 F aplore. —
1 8066 G tôt em plorant les dex a. ; EF et tos d. {une main 'postérieure a
\ajouté dans F les). — 3068 HI ne (I nel) s. tant q.
BibUotheca Normanuica lY. g
114
JOIE
„Seignor", fait il, „c'e8t la contrée
3070 que nos avon tant desirree,
c'est Lombardie li pais
que tant nos ont li deu pvaniis;
ci sont nostre travail fine,
ici feron nostre erité.
8075 Li deu nos ont mis a cest port.
Le dit mon père bien recort, "^^rix. runf^ziÙJi.. c
ki profetisier me soleit, p/\jLcLù\£^
quant nos avreit fains tant destreit, /uu^^x&jl^^
que noz tables manjerion, -^cu-^unnAjf
3080 ja puis avant mar querrion a. hxxM.
remanance, terre ne feu:
celés nos donoent li deu.
Ge ne le voil querre plus loing,
quant nos avon ci par besoing rJ-t.t 6,6 V/f ,
de^uasifîfîfi- totes noz tables; CaI^
ici voil estre remanables." if*^*-*^ t /ûr/vm^^v-'n
Li Troïën, quant ce oïrent,
n'est merveille se s'esjoïrent,
car molt aveient desirré
3090 la terre o il erent entré.
II démenèrent molt grant joie,
lor deus qu'aporterent de Troie
réclamèrent, ses ont fors mis,
et cels apelent del païs,
3095 ses depreient molt dolcement, ^^wée^j-^^
fyu>y>ix>4, qu'il aient propre avènement; a/-,j^U.>^>^*^
trestoz les deus del ciel aorent,
djLhjuih 3085
3969 Alinéa dans D. E dist il. ~ 3072 D tout. — 3074 DEF sera. —
3085 I ce port. — 3076 HIE les diz; HI ma mère. — 3078 E tant f.;
D auronz; HI si d. — 3079 HI platiax. — 3080 I ja inar avant plus q. ;
E ja rien q. — 3081 EF leu. — 3082 lE dévoient. — 3083 I la. — 3084 F
car. — 3085 HI degaste et plastiax et t. — 3086 G demorables. — 3087
sans alinéa dans GEF. D q. il o. — 3088 HI si s., GEF sil s. (G esj.). —
3092 DF que portèrent; E les d. aporterent; G quamenerent. — 3093 — 3097
omis dans EF. G si sont; D fornis. D place après le vers S093 les vers
3097 et 3098. — 3094 manque dans D.HI apele. — 3095 D si d. m.
liumbleuieut, G si les d. d. — 3096 HI que laienz p. arestement. — 3097
EF cens proierent et cels a. Les vers 3097 et 3098 sont omis dans G.
DES TROYENS 115
d'nn sacrefise les enorent.
Coru sont a l'eue del Teivre,
3100 por els laver et enprés beivre;
lor mains lavèrent et lor vis,
les deus reelaiment del pais,
iiiolt grant leece démenèrent,
la nuit jurent et reposèrent.
3105 Quant Eneas vint el païs
que li orent li deu pramis,
liez fu, que onc n'ot mais tel joie
puis que li sièges vint a Troie; -û-c^-^a-
fait a ses nés el Teivre traire,
3110 n'en euida mais aveir que faire, 9x^ ptut^ -y^*^ dMij^rr^a
ne que li aient mais mestier.
Toz ert lassez de naviër; ^aJklAvua,
or euidot estre aselirez
que ses travalz ettst finez,
3115 mais or comence la granz guerre
al règne et al pais conquerre:
molt iert aneeis del tens aie cuA^ù^vctAya^r^
que si travail seient fine.
Demandé a et bien enquis, jL/r\XLuji^ ^ dt^ty^A^nelo^
3120 ki esteit sire del païs;
il a oï a plusors dire
que Latinus en esteit sire,
uns reis ki ert d'antiquité. -LuJb ojt^
Laurente aveit nom la cité
3125 0 il esteit a son barnage;
3099 EF de T. — 3100 EF puis si lavèrent tôt eu oire. — 3101 1
m. i lavent, H m. il lavent; EF 1. m. et lor boce et 1. v. — 3103 H 1.
y d. — 3104 EF tote le nuit se r. — 310G HI li d. li o. — 3107 F quainc;
G f. onqiies; D f. conques n. t. j.; HIF mais not; F tele j. — 3108 y fu.
— 3109 D f. s. n. au gravier t.; EF en T.; G ses nés a f. e. T. atraire.
— 3110 GEF ne; I cuident, H cuidoit; DGEF quide m. aveir afaire (G
contraire). — 3111 G qui; H eut; D mais 1. a. — 3112 y del. — 3112 D
cuide. — 3114 HI et s. t. avoir f.; D et que; E fust; G si travail soient.
G intercale deux vers. V. les notes. — 3115 GEF desor c. — 3117 ef 3118
sont omis dans GEF. D a. cher compare. — 3119 ei 3120 sont placés
dans G après les vers intercalés plus haut. D d. bien et a e., GEF d. a
bien et e. — 3121 G il a pluisors bien o. d.; EF as p. — 3125 BIEF o.
8*
116 ÉNÉE ENVOIE DES
n'ert guaires loing de eel rivage.
Enea8 prist ses mesagiers
des i qu'a trente chevaliers, ^<''-*V^ ' ^
ses paroles lor encharja, cotMIol.
3130 al rei Latin les enveia
pais et concorde et amor querre,
et que segurs seit en sa terre. Hyri) ^ci-^uJ-^
Por force et por maintenemeut ùerujhU^v\>
li enveia riche présent,
3135 une corone et un mantel
et un esceptre et un anel
que li dona par druërie OAyJjhx^ , currt&Luj
Dido, quant el devint s'amie,
Cmx^ et une cope a chiers esmaus fJj^t^cua^ cU. irij'
3140 que li dona reis Menelaus JL/n\oùÂA
desoz Troie sor le rivage,
quant vint a lui en un mesage. ynX/i^Mi^
Li mesagier s'en sont torué
ki vont al rei a la cité,
3145 et Eneas ala guarder
par les faleises de la mer,
se vit une molt large plaine
ki ert en som une montaigne; 2/r\j -kcuJ::-
une fontaine enmi sordeit ^^/sujUi-cLûXt
3150 dont li ruisels en mer coreit;
forz ert li leus naturalment.
La amena tote sa gent;
devers la mer sus el moncel, Côtii>rxa^
3126 GD mie. — 3127 Alinéa dans DHI. HI chevaliers. — 3128 GHI des
i a; HI quatre mesagiers. — 3129 EF s. p. si lor eh., D s. p. lor a chargies;
G li e. — 3131 IFD acorde. — 3132 A fust. — 3133 F et p. seurement;
D omet et. — 3135 A creone; EF anel. — 3136 D et un merveilleus
chier anel; y ceptre; EF mantel. — 3138 HI quant ele fu; D omet el. —
3139 EF 0 cent e. — 3141 D de dessouz T. el r.; GEF par desos T.;
G a un r., HI sus 1. r., E sous 1. r. — 3142 D q. fu a lui en son m., G q.
a lui ala a message. — 3143 sans alinéa dans D. — 3144 A al r. an vont
{omet ki); EF en. — 3146 D par le rivage. — 3147 G laide. — 3148 Ce
vers est omis dans D. G la sus e. s. ; A qui ert deioste u. m. — 3149 G
en son s. — 3150 G domax; D estoit. — 3152 HDF amené. — 31. '^3 D
près de 1. ui., EF de hors 1. m.; GEF sus un m., HI droit ou m.
MESSAGERS AU ROI 117
la lor compassé un ehastel,
3155 et nuit et jor ont tant ovré
a la trenchiee et al fossé, cAo-k^^^-a^^^ , poMU^x^^de^
as bretesehes et as paliz Le^ruauJ<^ rj^J^.j/^,
et a faire ponz torneïz, />err^jh^ •h^vu.^rt^i^r^
ainz que fussent vint jor passé
3160 orent il fait tel fermeté
et un donjon fort et si hait,
qu'il ne eriement negun asalt:
n'ierent mais pris senz grant bataille.
La traistrent tote lor vitaille
3165 et lor armes et lor eonrei, ihjoJLrJ
lor nés mistrent en un requei IJin /^r/^.
soz le ehastel jus el gravier yo^oAC-
en un regort joste un rochier. Qot^
Li mesagier ont tant erré
3170 dreit vers Laurente la cité,
que l'enderaain i sont venu.
El palais entrent, ki granz fu,
al rei vindrent, sel saluèrent,
parfondement li enelinerent.
3175 Ilioneus parla por toz.
ki molt esteit sages et proz:
, Entent a nos, bels sire reis,
bien as oï que li Grezeis
ont Troie prise et craventee cUxtUtu.
3180 et la cité tote guastee;
abatu ont et murs et tors,
3154 HI eomenca, GE conipassa: D la coniencierent. — 3156 HI et
a la terre, Y^V au tranceis. — 3159 GFHI qiiainz; I .iii. j., DH .viil. j. —
3160 G ot il faire. — 3161 HI e. u. d. qui ert tant h.; A et f. et h., EF
tant f. et h.: G et si grant si bel et si h. — 3162 DGEF que il; HI cre-
inoit, A crcinstrent, GEF crient; GHI nis un a., DEF nul a. — 3163 G
Ja n. pris. — 3164 GEF traient. — 3166 E traisent, F traient; EF resoi,
G roncoi. — 3167 1) près du eh., G sor 1. cli.; G en un g., D j. e. vergier,
A anz e. g. — 316S A joste u. r. lez un r , G la fisent lor nés atachier.
— 3 168 Alinéa dans HIEF. — 3171 EF que el d. — 3174 GE et p. len-
clinerent, F p. si lenclinerent. — 3176 DGEF car m. e. — 3177 GE moi.
— 3178 D b. as y ay corn 1. G. — 3180 G robee. — 3181 A et torz et
murs ont abatuz.
118 LEUR DISCOURS ET
ocis les granz et les menors.
Un poi de gent s'en escliapa,
que Eneas en amena;
3185 par le comandement as deus
y * ^ estorsimes d'entre les Greus.
A*^^ <?v.y*>y^^x/xA- j p^^jg avon molt sofert ahanz
par plusors mers plus de set anz;
granz tormentes et grant orage
3190 nos ont botez a maint rivage ^€rt.iA.^ ^ û^uz^^
le mont avon avironé, a/u>©ru. /<**^ ^ /»u^
el Teivre somes arivé; ^
la est remes la genz menue,
ki a grant peine se remue.
3195 Eneas est od els remes
fi^ por guarantir els et lor nés;
" ly' ^^^ ça nos en a a tei tramis,
ûLûUnruJ'^^ quer\îonsentes en ton païs
et que l'acoilles en ta terre.
jU^ul 4&uÀA.^f^ 3200 Ne te sordra ja par nos guerre,
ainz te seron toz tens ami.
Nostre aneestre fu nez de ci, -ûû^
ki fonda Troie et le donjon;
bien sai que Dardanus ot nom;
3205 par les deus somes revertu /iX./^t-(.A,/>TA-A>
ça dont nostre lignages fu.
En ta terre volon remaindre,
ne te porras ja de nos plaindre, -^ piAiru
3182 A menuz. — 3183 y en. — 3185 G par le mandement a nos
diex; HA grex. — 3186 HI fumes estors, E escapames, G esters somes;
y des mains as G. — 3187 HI p. a. s. mains ahans, F p. a. nos s. a. —
3188 D p. p. fois. — 3189 D et g. tormenz; mss. {sauf G) orages. — 3190 omis
dans D. EF avons eus par molt r. ; mss. (sauf G) rivages. — 3192 GHI
en T. — 3194 A a g. anuiz. — 3195 Alinéa dans G. A ayoc r., EF illuec
r. — 3196 E tout por garder els et 1. n., F p. els garder et por 1. n. —
3197 D se n.; HI a vous t. — 3198 H cest p. — 3199 EF et quel con-
sentes, E et que lappelles. — 3200 HI par lui ja ne te soudra g., D no
vous mouura ja par lui g.; G ja ne vos s. — 3201 HI a. t. seromes tuit
a. — 3202 HI furent de ci; D n. yci. — 3203 D que fu a T. et le dist
non; G omet et. — 3204 GD a n. — 3205 HI revenu, E ca venu. —
320S HI ja ne t. p. d. n. p., EF n. t. p. de nos ja p.
^
LA RÉPONSE DE LATIN ^^^^^^
que te forfaçon de neient; ia*^La-y)^ oUl -TnA^
3210 nos ne somes mie tel gent.
ne ta terre volon guaster,
ne sor tei prendre ne rober; irz>ta^rt^
de celé part o nos seron
avras molt grant defension, oLÙa,rr>M4^
3215 par nos n'abaisseras tu pas.
Ci t'enveie danz Eneas
grant paiiie de son trésor,
une molt cliiere cope d'or
et un eseeptre et un anel,
3220 une corone et un mantel.
Se lui et nos vuels retenir,
serviron tei a ton plaisir."
Idone li baille le présent;
il le reçut molt lieement,
3225 les mesagiers a responduz:
,En cest pais est bien venuz
vostre sire, si corn je pens;
il le verra a poi de tens.
Gel maintendrai a mon poeir.
3230 Molt sui vielz oem, si n'ai nul eir,
ne mais que seul une mesehine,
ma fille, ki a nom Lavine.
Ge l'ai pramise estre mon gré
et encontre ma volenté
3235 a un prince de cest pais,
Turnus a a nom li marchis;
32uy et 3210 intervertis dans GD. HI te mesfacons; E te forfai-
choraes n.; G que ja te f. n. — 3210 EF omettent nos, ne s. mie tele g. —
3211 EF que 1. 1 - 3212 HI sus. — 3213 GD dicele p. — 3214 A avra molt
g. tlestrucion; GDI a. tu g. — 3215 D nempirerez vous p. — 3218 y riche. —
3219 Mss. ceptre; GFD une c. — 3222 D avoir nous puez; G vos. —
3223 HI Atant, GD Adont; HIEF baillent; D A. lor firent lor p. —
3224 A dolcemant. — 322.5 Alinéa dans D. DA as m.; AI respondu. —
3226 AI venu; D estes venus. — 3228 IDE je le verrai; HID en p. —
:v229 D manderai. — 3230 D m. par sui v. si, GEF jo sui v. bon si. —
:'.231 HI fors seulement u. m.; EF eune sole m. — 3232 A de ma moillier
([ua n. L.; D Une f.; EF celui appelle on L., G molt est gente sa n. L. —
3236 D il a n. T. li marcbis, HI T. a n. icil m.
120 SUITE DU DISCOURS
ma moillier vuelt qu'il ait mon règne,
^ et Lavine ma fille a femme,
f^-^^*^^'^^ ^£^>ûo^ ™3is sorti est et destiné ^
' 32^0 et tuit li deu l'ont esguardé, eruUn-^^rju ^ dtctclA
que uns estranges oem l'avra,
de cul reials ligniee istra.
Par tant eom ge vos oi ci dire
cuit ge que ce seit vostre sire;
3245 li deu vuelent, ce m'est avis,
qu'il ait la femme et le pais;
viegnë a mei, ge li donrai,
li de l'otreient, bien le sai.
Trametrai li chevals de pris,
3250 riches et chiers treis cenz et dis,
freins ne sele nen iert a dire, jru. '>nù^r\ù^iM.'\A^
De meie part li porrez dire /**^
que ma terre li abandon,
de ma fille li faz le don."
3255 Cil furent lié, quant il l'oïrent,
n'est merveille s'il s'esjoïrent.
Li reis fist venir les chevals
o freins o seles o peitrals, ptyohuvdL^
livrer les fist as raesagiers.
3260 Cil les baillent as escuiers, derr^^r^AyrtAz-
congié pristrent, n'esturent guaire,
tost se remistreut el repaire.
Tant ont erré que al quart jor
3238 H et ma fille L. — 3239 G devine. — 3240 A d. ont créante. —
3241 GD un hom e. — 3242 HT qui de roial 1. — 3243 A p. ce si c. g.
V. o. d. ; HI comme g. v. o. d.; G vos en o. d. — 3244 D yert. — 3246 lE
la terre et. — 2247 GF m. et jo. — 3248 GHID 1. d. le volent; G jo le
sai. — 3249 HI envolerai c. — 3250 G c. de pris. — 3251 DE niert. —
3252 Mss. poez. — 3253 G fille. — 3254 y et d. m f. (G terre) 1. f. don.
— 3255 D. Tuit f. ; E 1. qui; HIEF ce o. {omettent il). — 3250 G et du-
rement sen e.; HI se joie en firent, A sil sesbaudirent, D sil esj. —
3257 Alinéa dans I; GHI fait. — 3258 G a f. a s. a p., EF et f. et s. et
p., D o f. et s. et p. — 3259 G fait; HI escueirs. — 3200 HI par le co-
rnant as mesagiers; G livrent, EF rendent; G messagiers. — 3261 D ni
furent, EF ne furent, G ni misent. — 3202 HI mais t. s. niistrent; EF
si se; G al r.
DE LATIN 121
qu'il tornerent de lor seignor
3265 vindrent a lui a son ehastel,
que il faiseit tôt de novel;
contèrent li qu'il ont trové
al rei o il erent aie,
de sa fille qu'il li otreie
3270 et des chevals qu'il li enveie;
l'un avant l'altre li mostrerent,
de par le rei li présentèrent.
Eneas ot forment grant joie;
ses deus qu'il aporta de Troie
3275 fist avant traire, ses aore,
d'un saerefise les enore.
Li reis Latins se porpensa 4'ûa^aû-
que sa fille mariera,
niolt desirrot en son eorage
3280 del Troïën le mariage.
La reine l'a dessentu, tf^«-6^j^cuft^i^t*v^
dolente et correçose en fu.
El vint al rei, lez lui s'asist, ^
son buen et sou talent li dist. -ot^-xnrJ-e^
3285 ^Reis", fait ele, ,raolt me merveil
0 tu as pris icest conseil
que nostre fille vuels doner
al Troïën. Nel te penser!
que Troïën n'ont point de fei,
3290 ne il ne tieneut nule lei.
Bien as oï comfaitement
3264 III retornerent {omettent quil). — 32<)5 E en s.; I ostel. —
:\'2m IIIEFD quil faisoit faire de n. — 3267 HI ce cont t., D que ont t. —
32(;8 I orent este. — 3269 D que, F qua. — 3270 A les c.; I qui li, D que
li. — 3271 et 3272 sont intervertis dans HI, après. — 3272 GF et par. —
3273 Alinéa dans GEF. HI ot de ce; D molt très g. j.; G a f. de j. —
3274 E tous les diex chaporta d. T.; G les d. — 3275 G sis. — 3277 sans
alinéa dans DGEF. — 3279 F m. le d.; HIEF désire. — 3281 I entendu,
G ascntu, DG deffendu. — 3282 DHIEF corouciee. — 3283 GEFI) et vint;
A lune lui s. — 3285 EF m. inesuieruel, G io me m. — 3286 F que tu;
G si fait c. — 3287 HI q. ta f v. marier. -- 3288 A T. doltre la m.;
F nel repenser. — 3289 DEF car T., HI li T.; GEF nont nient. —
3291 G veraiement.
122 SA CONVERSATION
Paris al a celeement
enbler la femme Menelaus, inyttji^
dont il lor a puis fait tant maus:
3295 tant la tint cil en avoltire a^dUJJc^yjL.
que tote Troie o son empire
en fu destruite et essilliee.
Ge ne ererrai ja lor ligniee.
Cil a mestier grant de sejor,
3800 car il a travaillié maint jor
d'aler najant par celé mer.
Se ta fille li vuels doner,
il la ])rendra molt lieement,
mais ja si tost n'avra buen vent,
3305 que il la nos avra guerpie: ocu^tt^JL
-d4L ^ùàtLCjJL^ jOjUl dU- ™ol* l'^D i^rt poi s'il l'a bonie.
De lui n'atendre tu ja el,
il a aillors fait altretel:
Dido la dame de Cartage
3310 mar vit onkes le suen ostage;
il tist de li sa volenté;
quant il ot pieee sejorné, ùJuUjjAjaJI-t.'ry^i'^
si s'en torua a son navire,
et el s'ocist a grant martire.
3315 Laviue puet estre a settr,
n'avra de lui meillor eiir;
il la prendra, asez ce crei,
mais ja ne li portera fei.
3292 G comme P. celeement. — 3293 G embla, L) ravir. — 3294 IH
(1. leur est puis veniiz t. m., EF d. il lor fist puis itaiit m., G cl. puis lor
revint li grans max; D yces m. — 3296 III en est or pire; E et leuipere,
G et li e. — 2397 HI d. en est. — 3298 EG querrai. — 3299 HIl) grant
m. d. s., E m. de grant s. — 3301 HI en uagier par mi, — 33(»3 GFHI
bonement, E doucement. — 3304 G ja tantost. — 3305 ID vous. — 3306 HI
pou len sera. — 3307 HIE nateudes; G n. ja a el. — 3308 HI aillors a il
f. a., G car il a fait a. altel. — 3309 Alinca dam EF. — 3810 EF son her-
begage. — 3312 HI q. grant pièce i ot s.; 1) q. elle ot; F converse. —
3313 IJ si sen vint cist o s. n.; EFI navie. — 3314 EF ele remest si fu
bonie; HID elc s. {omettent et). — 3315 G L. ne puet. — 3316 omis
dans G. EF ja nen aura. — 3317 HI volontiers la p. ce c. ; G p. molt
bien; GEF je c. — 3318 A m. u. 1. p. ja f. ; F m. il n.
AVEC LA REINE 123
Bien li done, quant tu vuels faire;
3320 il li donra molt grant doaire, Uàu~aiKi.
tote la mer qu'il a siglee cim^Zjue-
puis qu'il torna de sa contrée:
n'a altre terre n'altre feu;
par son païs passèrent Greu,
3325 ne nule rien ne li tolirent,
ne nule rien ne li guerpirent.
Doner li puez, ge n'en sai plus,
mais a selir en est Turnus
et de la femme et de la terre;
3330 il nel laira ja senz grant guerre."
Li reis oï que la reine
ert en pensé por la meseliine;
bien sot que el ne voleit pas
que a moillier l'ait Eneas.
3335 II li respont asez briement,
se li a dit ce qu'il en sent.
^Dame", fait il, ,le mariage
dont es dolente en ton corage,
ne ])uis i)a8 faire en altre endreit:
3340 li deu vuelent que ainsi seit.
Turnus ne la puet pas aveir,
mais cist l'avra par estoveir; ûùa^ -yJ-tja.AAJjf^
se n'en vei altre demostrance yii/j<.iciJ^%ay^
;{;U1) HI doue li puisque le v. f. (omettent bien); D q. le v. f., E se le v.
f., G se tul V. f., F se tu v. f. — 3421 G que. — 3322 F p. que; HI parti,
G issi. — 3323 EF not a. t. n. lieu. — 3325 HI qui trestot le suen li guer-
pirent: F ains nule, E aine nule. — 3326 HI ne len tolirent. — 3327 D
ne s. — 3328 HI m. aseure {omettent en) ; HID iert T. ; G m. seur soies
({ue T. — 3329 et 3330 intervertis dans G. G ne de f. ne de la t. —
3330 GEHID omettent il; III ja ne laura nen soit g. g.; D que cist ne
laura, EG ne la perdra (G perdera), F il ne le prendra; GF ja sans g.,
E ja mais s. g. — 3331 sans alinéa dans A. — 3332 E en pensée ert. —
3333 HI b. set que ele ne velt pas; 1) nel v. — 3334 D que la preist
dans E., G ca m. leust. — 3335 G II li a dit. — 3336 HI tout son penser
(H pense) et son talent; G ce que il s. — 3337 I dit; D ce est outrage. —
3338 D que desvonlez ce mariage. — 3339 et 3340 sont intervertis dans D.
III ne puet estre ; D ne puet pas estre en cel endroit ; GEF ne puis je. —
3341 D mie a. — 3342 HI cil. — 3343 et 3344 omis dans HI. D ni v.
124 FUREur<
0 alciine senefiance. 4^^rna~ eU. "Ccl /DAr%é, ci^
3345 Ne la donrai pas a celui, **^'
li deu l'otreient a cestiii;
por ce l'ont il ça amené,
qu'ainsi l'aveient destiné;
il est prochains de loi* ligniee
3350 la nostre iert por lui eshalciee." ywAûx«-4A<^
La reine ot que Latinus
de sa fille ne fera plus,
al Troïën la vuelt doner.
Quant veit que nel puet destorner,
3355 i)lorant et o raolt laie cliiere HÙj^.lu.jl.
en sa chambre re\ int ariere ;
de mal talent fremist et trenble,
andeus ses palmes fiert ensenble.
Enprés quant ele pot parler,
33(30 se eomença a deraenter.
, Lasse", fait el, „quel destinée,
que ma fille sera donee
a un home d'estrange terre,
ki toz est essilliez par guerre,
3365 ki s^enenbla par coardise z^' Z/r^ oJU.cu ô. â.(x
de la cité, quant el fu prise; (ii,/x.»i>4.
0 lui s'en vindrent li coart,
tuit se traistrent a une part,
de cel vasal firent lor rei.
3370 Dont est il reis? ne sai de quel,
• 3345 G tanrai; D luie; III a Tiirni, EF a cestiii. — 3i)-l(i III ccii,
EF cehii. — 3348 D ajoute deux vers. V. les notes. HI quil soit fait a
leur voleute; A quen lui, F ensi. -- 334^1 1) cist. — 3350 D par lui iert
1. n. e., EF li n. e. ert tote essillie; HI en sera, A est; G et li n. eu ert
e. — 3351 Alinéa dans HIDEF. — 3352 GEF ni f. — 3354 GEF vit;
F que neu puet estre destorner; Il quel; A trestorner. — 3355 HI for-
ment plore et fait 1. ch., GEF plora et si fait 1. eh. (G et molt fist). —
3356 HI entre a., D revient a., GEF sen vint a. — 3359 et 3360 omis dans
EF. D a mult grant paine p. p.; HI puet — 3360 GH si se coraence, D
puis c. — 3361 A e. mal auree. — 3364 HIEF de g. — 3365 I de c. 1>
remplace les vers 3365 et 3366 par 6 vers. V. les notes. — 3366 HI de
Troie q. ele f p. — 3368 GF t. sen; G tornent, HIEF tornerent; HEFG
dune p., I dàutre part. — 3369 HI de celui v. f. r. — 3370 HI de quest
il; D d. e. r. je ne s. d. q.; GEF li r.
DE LA REINE 125
fors de ne sai quantes naeeles,
Ge li ferai oïr no vêles,
bien tost li cuit moveir tel guerre,
qu'il nos en guerpira la terre,
3375 0 il eu perdra tost la vie.
De ma fille n'avra il mie,
se il molt ehier ne la compère; (XcA2j/-t. , Aj^ùLl.
ja ne la fille ne la mère
n'avront par lui maintenement, ^^cu^Ka^tJ
3380 De duel morrai se il la prent;
mar fu onkes Lavine née,
se a cestui est mariée.
Ne cuit que ja Turnus m'en faille,
qu'il ne l'acoille de bataille." a:tCcu:^i.*e.
3385 Quant la dame ot pièce ploré,
son duel et son complaint mené, ^aicû'nrj-e-
si apela un escuier
dont ele fist son mesagier;
ses paroles li encharja,
3390 dreit a Turnus l'en enveia
et manda li celeement,
que ce seiist certainement,
que Latinus li guenchisseit C-jtùiii^ , oubeàJruLo^y^^ru>%J^
et sa fille li retoleit; (n4,p^iA.r>.d-^xÂ. û.q.cAr. eu^'ar^' a.
hcicA^L^ d'j 3395 porchaçast sei seuz demorance ' a^i»i^y-i4u
*^^'*"^) que il li tiegne convenance;
3371 DEF f. ne s. de q. n. — 3374 y que il n. g.; D quil nous g.
toute t. — 3375 HI ou il du tout perdra la vie; D et quil; GEFD perdera
la vie; EF i p. — 3377 G s. i ancois ne 1. c. — 3378 F ne li père. —
3379 F por. — 3380 D ja mes ne vivra sil la p. — 3381 A fust; D ma
fille née. - 3383 G n. c. ja que T. me f. ; I len f., A men f. — 3384 HI quil
la praigne sans grant l, D q. ne li rende grant b., GEF quil la perde sans
b. — 3385 Alinéa dans HID. HI q. ot grant pièce einsi p. ; D ot molt p. ;
G a p. p. — 3386 D s. d. sou complaint demene; E sen plainte; F et s.
d. e. sen plait mené. — 3387 G son e. — 3388 DG de oui; D elle f. m.;
GEF a fait. (G omet ele) — 3389 HI sa volente. — -3390 EG et a T.:
E droit len voia, F si 1. — 3391 HI mande; G veraiement. — 3392 HI que
bien s., E et seust bien, G que il s. — 3394 HI et que sa f. 1. toloit. —
3395 HI porchace; G mais p. sans d. — 3396 D quil li, EF que li; GD
teuist; IIIDEF sac.
12G ELLE ENVOIE
al Troïën mueve tel guerre
que fors le mete de la terre."
Li mesagiers s'en est tornez,
3400 dreit a Turnus s'en est a'.ez,
a son chastel l'a cil trové
près de Laurente la cité.
Turnus le veit de son mangier;
quant vit venir le mesagier,
3405 bien le conut, si l'apela.
Li escuiers le salua,
a une part traist le marchis,
al chief d'un deis se sont asis; ihJyU,
son mesage li prent a dire. \
3410 , Entent a mei", fait il, ^bels sire, \
la reine m'a ça tramis
et mande tei qu'en cest pais
est novelment uns oem venuz
de cels de Troie, des veincuz.
3415 El Teivre ariva des l'altr'ier,
al rei vindrent si mesagier
por pais et por seiirté querre;
il li abandona sa terre,
enveia li chevals de pris
3420 toz enselez treis cenz et dis;
ensorquetot sa fille a femme ^>rv ^uy^A.
li otreia o tôt son règne.
Ce saches tu bien senz dotauce, au/tU^ oi^^^A
ne te tient pas ta covenance,
3397 D celle g. — 3398 EG que il le cace; A sa t. — 3399 Alinéa
(lam HI; D en e. t. — 3401 HT en un; E a .i. sien eh. la t. — 3403 sans
alinéa dans y. — 3404 AE voit. — 3406 D Cil vint a lui sel s. —
3407 Alinéa dans G. GHI qui intervertissent ce vers et le suivant. HI
li escuier et li m.; EF trait; G dune part il et li m. — 3408 HI a une
part, DHEF el ch. del d. - 3411 HIEG ci t. — 3412 G et m. que e. c. p.;
D vous. — 3413 HI e. nagueres, D e. de nouuel; EF uns home estranges
est V. — 3414 qui di(?) lignage est Dardanus. — 3415 G ens el T. a. 1.;
EF très 1. — 3416 D li m. — 3417 ci 8418 sont omis dans E. — 3418 GFD
lor. — 3420 D omet toz, e. quatre c; EF tôt; HEF ensamble. — 3422 y
et t., D a t, ; EF le r. — 3423 D Sachiez vous bien, E Ice s. tôt s. ; GHI
tu tôt s. d. — 3424 D vous, G luie c
A TURNUS 127
3425 de sa fille n'avras tu mie,
se tu nen as molt buene aïe; g/pfa^
mais ce te mande la reïne,
ki vuelt que aies la mesehine,
tote la terre et le pais,
3430 que ce porchaz par tes amis. (j^cAa^^ cL ' eù-h^vu/^^
Prent soldeiers, asemble gent, ^^tA^Jhj
ne te targe mais de neient,
^ le Troïen coite de guerre, ^.û/^v^t^.v / /Cla-a-a^u.^ )
^u^ot*, a. ex *u-^ tant qu'il te guerpisse la terre,
3435 0 que l'aies veineu o pris,
0 qu'il s'en ait par mer fuitis. '^f^^^
Vien a Laurente la cité;
si com li reis t'a tôt doné,
si maintien tôt et si deflfent
3440 et l'escombat d'estrange gent.
Encontre tei n'a cil rades ; .c^uMà^^ ^ qa^A^^sf-^^-
saches, ja ne sera tant os Aa/iàLL
que bataille prenge vers tei.
Tu as ett l'otrei del rei, t' ûAj:f'erJiutM^!ery-j
3445 vien, si te fai de tôt saisi;
li reis est vielz, tôt a guer])i;
ki qu'en face demesurance,
n'en baillera escu ne lance,
de quant que il t'a fait le don; tW*^ c^l. ùuuc^
3450 la reine et li baron ^
t'otreient bien tote l'enor. -it^ ^ /i-^âAfc»nc,
3423 G ne de s. f. n. m.; E nen aras m. — 3427 D vous m., G
demande. — 3428 GEFD que s. — 34.30 HI porchace toi a t. a., D que
pourchaciez par vous a., EF si (F ci) te pourchace a t. a.; G sel porcace.
— 3431 D chevaliers; E et autre g. — 3432 HI et ne ti atargier n., E si
ne tesmaie d. n., G si ne tatarge m. n. ; A tardi. — 3433 HI asaii, D coitent.
— 3434 D si quil deg. — 3J35 GED et pris. — 3436 EF o quil sen soit
p. m. fuis; G en. — 3438 GD le ta d. — 3439 A sel d. — 3440 HI et tesc,
GEFD si 1.; A de tote g. — 3441 HI Car contre. — 3442 EF s. très bien
Ja niert; GA nestera; HIEF si os. — 3444 D oi; DHI le r. — 344,5 HI
v. si pren tout et ten s. ; D v. si resta; DEF du t. s. — 3446 G a tôt g.
— 3447 et 3448 intervertis dans I; D que f. — 3448 D portera. — 3449 D
de tant com; E que il a ta f. don, F d. q. q. a a f. 1. d. — 3450 G et 1. r,
— 3451 t. trestoute.
128 RÉPONSE DE
Vien, si te fai de tôt seignor.
Ce senblera molt grant desrei cU^trudAJi- ^
s'estranges oem s'enbat sor tei; c^rt^tu^
3455 s'il conquiert ce dont es saisiz
donc seras tu en fin honiz,"
Turnus respont al mesagier:
,Bien l'oï dire des l'altr'ier
que Eneas ert arivez;
3460 mais icil plaiz m'esteit celez,
que Latinus li doint son règne
ne Lavine sa fille a femme.
Il m'en a fait piega le don, citfi**-**^) jtenri^:^
ne la perdrai mais senz raison.
3465 Se cil la vuelt vers mei conquerre,
ja n'aie ge femme ne terre,
se ge vers lui ne la deffent.
Molt me merveille de tel gent, ^
ki sont veincu et recréant, ^ifl.4it^*'
3470 que bataille vont mais querant;
puis que conquis sont une feiz,
si se reposent, ce est dreiz!
Li reis est vielz et toz defraiz; -ixi^Lta^
se contre mei les a atraiz,
3475 nés porra guaires maintenir. ^
Ne me deust de dreit guenchir, TnAnj-u*^ ^
maint grant mestier li ai ett; /^
a malvais gre m'est revenu,
mais bien li peist o mal li sace,
3480 dreit li estuet que il me face.
3452 6 tan f. — 3455 HI se il c. dont. — 3456 HI d. es tu recréant
faillis; D en fai, GEF del tôt. — 3457 sans alinéa dans A. — 3458 EH
très. — 3459 DGEF est. — 3460 A icist; D molt miert c, E miert bien
c, F miert c, G mest molt c. — 3462 HIDGE et L. — 3464 GFHI ja ne
le p. ; E si s. r. — 3465—3479 omis dans EF. GDH sor m. — 3466 A ja
ior naie, I ja ni ai ge. — 3468 HI jai grant m., GD molt est m. —
3469 HI V. sont. — 3470 HI puis q. — 3472 HI r. soi que c. e.' d. —
3473 HI V. crolanz et frais; G si est defrais. — 3474 G sencontrc. —
3477 HI molt g. m. — 3478 H revertu. — 3479 HI ou li desplaee. —
3480 III d. estovlent.
TURNUS 129
n m'en a fait pieça saisir, dcAt < t aj jLerr^'h^rr^fi^iJ
ne m'en puet mie retolir /xtfiriA^ndA/L. ^-^-^ • ^^ onrJ^
ne la terre ne la meschine. ôl ^^^>vvuX.
Va t'en, se di a la reine
3485 qu'a Laurente iere a la cité,
ainz que veie tierz jor passé.
Se bataille vuelt Eneas, ^ v
en mei ne remaindra il pas; j^-uty^n^àL^véi^ ûl
se par lui perc plein pié de terre,
3490 mar porra donc altre conquerre."
Li mes s'en vait, Turnus remaint,
a ses privez amis se plaint
del rei, ki ne li tient couvent jart,er>rvA.A>à,L,
ne fiance ne sairement. /o-'^.fvrtMyrU:,
3495 Molt iert dolenz s'il ne s'en venge,
mais il ne set com il s'i prenge
qu'acheison ait de comencier i?c^*^-t>>^) ^ ùaM<Aâ'
le Troïën a guerreier,
et dit que, se tant li esfalt iA*^ iùuu^ 'ùvruL
3500 qu'il remaigne qu'il ne s'en ait,
ne laissera qu'il ne l'asaille ^a^L^ûùJjLu^ 3
et ne l'acoille de bataille. [attucLuà^^
Et nuit et jor se porpensot
de la guerre qu'il desirrot;
3505 ne se saveit vis conseillier àUyrru^^n^Lt^j ccm^AlL
com il la petist comencier,
com il etist dreite acheison
3481 A pieca fait. — 3482 HI ne me p. par droit r. ; E nel me p. —
3483 F de 1 t. ne de Lauine; E ne Lauine. — 3485 Hl que ge irai, D
que a L. ert; DEF omettent le second a. — 348fi H a. quel; A a. q. viegne,
EF a. q. soient; AG t. dis (G di), D .iii. jors, EF .m. jor; D passez. —
3490 HEF mal; HIDEFporai; HID lautnii. — 3491 Alinéa dans HI. —
3492 A amis p.; D sen. — 3493 F que. — 3494 EF et loiaute ne fine-
ment (E nafiement). — 3496 HIF omettent il; HI comment, F comme; H
en, D sen, EF se; F plaigne; I c. il lempraigne. — 3497 F del c, GE a
c. — 3498 DHI les Troiens; E comment le puist g. — 3499 et 3500 omis
dans EF. G et dist que se il li; HIG deffaut. — 3501 A ne laira pas;
D que. — 3504 D que. — 3505 DGF sen; DF s. ou c., G s. pas c. Les
vers 3505—3509 sont omis dans E. — 3506 GFHI omettent il, comment;
A poist; F guerroier.
Bibliotheca Normannica IV. 9
130 TIRUS, SA FILLE
de bataille, de contençon, CirrfUrcJb-
de meller sei as Troïëns.
3510 Mais ainz que viegne poi de tens,
i porra il a tens venir,
et al lancier et al ferir,
ki li porra chapler d'espee C.firy»v6rû.ttî\j»-
et receivre grosse colee. uru^ ^-ôtx-v jLu ctt
3515 Ne demora que quinze dis,
puis qu' Eneas vint el païs,
que la guerre fu comenciee
que Turnus ot tant coveitiee. ^s^^aca-é-/^
Por asez poi de començaille C^oyrurré^riCÂ^rfUfry
3520 sorst l'acheisons de la bataille,
et par molt petite aventure
mut la guerre, ki tant fu dure,
dont mil home furent oeis
et altretant navré et pris. (XuJ-o^nrJL
3525 Près de Laurente la cité
ot un petit chastel fermé.
Tirus le tint en eritage,
uns oem ki ert de hait parage, ^icrOU^u^
mais vielz et anciens esteit; o-mC
3530 deus filz et une fille aveit;
Silvia fu celé apelee,
n'aveit si bêle en la contrée.
Un cerf ot norri la pucele
que el paisseit a s'escuële ^cjujjUJ^
3535 et a son hanap l'abevrot ccf\^ù£^
et en sa chambre le eolchot.
Il esteit de seze ramors, r^ourt-ux-'xJL^i^
3508 HIF d. b. et d. "c, G et d. b. et de tencon. — 3510 HI a. quil;
D voient, G voie; F v. a poi. — 3511 G em pora il; GEF ases v. —
3513 HI qui il p. — 3514 G et prandre et randre grant c.; HI pesant
c., A mainte c. — 3515 Alinéa dans HI. — 3516 EF omettent puis,
que E. — 3518 GEFD queneas; D pourchacie. — 3519 DGEF par. — 3520
omis dans D. E fu, autres mss. sort. — 3521 GEFI omettent et; H et
pour m. petit dav., E par m. petitete a., GI p. m. très p. a. — 3524 G
e. a. loie ; EF et .m. n. et .iii.m. p. — 3526 omis dans D. — 3529 F molt
V. — 3530 A un fil. — 3532 A nen ot plus. — 3534 y quele; G q. ot pou;
HI en. — 3536 omis dans F. — 3537 HI le cerf ert; D il e. bien .xv.
ramor; GEF ases estoit de grant valor (G ert plains d. g. v.).
SILVIA ET LE CERF 131
il alot fors par toz les jors
par charapaignes et par boscages,
3540 ensemble les biches salvages,
0 les privées altretel; o^c^cA.wtn-A-tg-ô-'
la nuit reveneit a l'ostel.
La dameisele o lui joeit
et il tant bien la eonoisseit,
3545 que, des que ele l'apelot,
devant ses piez s'agenoillot,
les piez li torchot a sa main, ■i'^-J^-ttûuM,
a son eseoz manjot le pain, cxuurrù ^
a molt grant trait beveit le vin: '^^^^^^"-^
3550 por seissante livres d'or fin
nel volsist perdre la meschine.
Tant ert li cers de buene orine eruAÛri^
que la nuit serveit al mangier,
si ert en leu de chandelier cua. jLju^ cLl,
3555 devant le père a la pucele.
Merveilles ert sa teste bêle,
quant uns granz cierges li ardeit cx«-^^
sor chascun raim que il aveit. i^ux^n/iJu^
Ainsi serveit chascune nuit,
3560 molt l'ot la meschine bien duit, in-ic^^uuJJ:
et des que 11 sire beveit,
si se levot li cers tôt dreit;
3538 HI jouer aloit trestouz les iours, D et fors a. par tout le ior,
EF i. a. fors trestote jor, G i. a. par tôt hors le jor. — 3540 GEHI e. o
les, D avccques les; y bestes. — 3541 E et o les prives a., G o les pri-
ves tôt a. — 3542 A revertoit a ostel. — 3543 HI molt lamoit, D lesioioit,
EF le iooit, G le gooit. — 3544 HI si bien, D molt bien, EF itant. —
3545 HI que tantost com el 1., A de quel ore quel 1., F que ades
quelle 1. — 3546 D par devant s. p. se cessoit; GEF son p — 3547 et
3548 sont omis clam HI. D le pie li baisoit o la m., E del piet li man-
ioit le pain, F del piet li tocoit a le m., G les p. li lecoit et la m. —
3548 omis dans E. GD en s. escours; F et devant li maujoit son p. —
3549 HI et a g. t. — 3550 DEG por .1. 1. — 3551 G ne li v. — 355:J
EF car 1. n. — 3554 HI de lui fesoient, D et ert e. 1. de chevalier —
3556 DG Merveille estoit, EF et molt estoit. — 3557 HI car un; EF i
d. — 3558 I sus; HI s. c. cor. — 3559 — 3562 omis dans HI. Les vers
3559 et 3560 viennent dans GEF après 3562 en ordre inverse et sont
omis dans D. — 3561 EF car.
9*
132 COMBAT D'ASCAGNE ET DES SIENS
ne fu beste si serviable,
nus oem ne vit si entendable. -oin)kJjSx^^2..nL
3565 Ascaniiis ki valiez ère
a Eneas vint a son père, *
se li comença a preier
qu'il le laissast aler chacier
0 seulement un cerf berser. cJ:tiu>noO\^ oa^c a
8570 II li dona congié d'aler. -lù-^.
Il a de ses pers tant semons, jy^^^^nJ-e.^
qu'il furent bien vint compaignons,
puis est montez el chaceor cX^i/a^ cU. cJuuu^^
et li altre montent es lor.
3575 Son arc porta uns suens valiez
et uns altre son berserez; Qjxn^uM-en^
chascuns des altres prist s'espee,
car ne saveient la contrée:
il n'aloent pas por vener, cAxkM^Lc^
3580 mais por le dameisel guarder.
Tant ont erré et chevalchié,
de lor chastel sont esloignié,
-UM^^' et. ce. ^uA tant qu'el bois entrent de Laurente.
Enz entrèrent par une sente,
8585 une herde de biches virent, ^ -virO-^^
entre es espeisses la choisirent, -hnu^ -et
A celé herde ert asemblez
li cers ki si esteit privez,
que la meschine aveit norri.
3590 Ascanitis l'en a choisi;
j
3563 et 3564 viennent dans EF avant le vers 3559. — 3565 Alinéa
dans DGEF. — 3565 Lacune dans E des vers 3556—5954. F i vint Encan
s. p., G sen vint a. E. s. p. -- 3568 A sil le, G si li, D que le. — 3569 GH
por s., I et s. — 3570 F si li dona. — 3572 y quil ot o soi (I o lui) .xx.
c, D que il f. .xx.c. — 3573 HI montez est en son ch. (I sur s.); F cor-
ror. — 3575 et 3576 omis dans D. — 3577 HID et chacun deus; D a
pris s., HI porta s. -- 3578 III quil ne. — 3590 G lor d. 3581 A Molt; y
aie. — 3582 A forsloignie. — 3583 G vinrent. — 3584 I U bois e.; A II
errent parmi; D II e., G Dedens entrent. — 3585 HI herce. — 3586 HI e.
les buisons, D entre espines, F e. les bestes, G e. les autres; HI les c,
GF i c. F ajoute deux vers. V. les notes. — 3587 et 3588 intervertis dans
G. G qui a le h.; Avec eles iert a.; A An; D cette i F ert amelles. —
3588 D estoit si. — 3589 HI pucele. — 3590 HIF la bien ch., D li a ch.
AVEC LES FRÈRES DE SILVIA 133
se a dreit mais i puet venir,
penera sei de lui ferir.
Isnelement a pié se mist, ,
son arc et deus saietes prist, m- m-^*^ > aatô^
3595 enprés un bien grant ftist se traist ù^^JyxA.
et uns dameisels l'i atraist. cxjtx.iru^
Près li passèrent de devant,
, j.^^.^jjir^ et il visa toz tens al grant,
"kPdaarains veneit spentre; ctpjxju^
3600 il traist a lui, sel fiert el ventre,
andeus li perça les eostez.
Li cers senti qu'il ert navrez,
de la herde se part a tant,
a molt granz salz s'en vait fuiant,
3605 vait s'en parmi le plaisseïz poAX. j 4tJ\yt^u^^ ^^nruila^
a la maison o fu norriz;
forment li saignoent li flanc.
Cil met après son chien a sanc,
puis est montez, siuant le vait,
3610 molt par fu liez que dreit ot trait.
Li cers senti le colp mortal,
, afuiant vait a son ostal,
devant sa dame vint a peine,
ja li alot faillant l'aleine,
3615 jus a ses piez chaï a terre
et fist semblant de merci querre.
La meschine le vit sanglent,
de sa chambre ist isnelement,
3591 G a d. port; A en p. v. — 3595 HI du cerf ocirre est en grant
pêne, D dejouste .i. g. f. sestraist, F encontre un b. g. f. se trainst; G ses-
trainst. — 3596 HI len le li a duit et amené, D (omet et) u. d. li acemist(?),
F {omet et) li d. a lui lestrainst; G li acainst. — 3597 HI font passer au d. —
3598 G pansa. — 3599 HI que desrenier. — 3600 HI il lavisa; F cel cerf e. v.
— 3602 D que fu, GF quil fu. D ajoute deux vers. V. les notes. — 3603
et 3604 intervertis dans D. HI des autres sest partiz, D li vassaux li vait
parsuivant; GF san p. — 3605 HI vient; A un plasseiz. — 3606 A de la. —
3608 F c. vit le trace de son sanc; G cil mist a. s. ch.; HI les chiens; GHI
al s. — 3610 I est 1.; GHI quant; G a droit t., HI d. a t. — 3611 Alinéa
dans I. — 3612 I si vint fuiant; H et f., D en f. — 3614 F la li. — 3615 G son
pie. — 3616 HI fait. — 3617 Alinéa dans D% A. seignant. — 3618 HIG la c.
QjJLi^^
134 SUITE DE LA DESCRIPTION
a halte voiz cria aïe.
3620 Andui si frère l'ont oie,
demandent li que ele aveit,
et el lor dist que ce esteit
et que li cers son père ert morz.
A tant com il orent d'esforz cLb- -hn-tM^ ^'^^^^
3625 issirent fors, cels ont veii c»^^<ul. fu^^yxru^
ki aveient le cerf féru;
nés araisnierent tant ne quant, ■rujUjLejyn&.^rth
vont les ferir d^jm^intenant, i-^uJi. cU. ^Cu^ltU,
fièrent de pels et de maçues, -Tr^ù.uu.ai^.'
3630 li Troïën d'espees nues.
Li païsant de la contrée /^^ yûo^^uwrvû/
sont acoru a la mellee,
les Troïëns ont envaïz. dàta-e^uA^
Tirus i ert o ses deus fiz,
3635 ki voleient le cerf vengier,
mais il le comparèrent chier.
Issu sont fors come bricon, ^&h^
granz colees lor donc l'om,
les Troïëns ont encontrez
3640 ki lor depercent les costez;
ainz que la cuiriee fust faite, Ouj\jLû^
i ot mainte ame de cors traite
et molt en i ot de sanglenz
et de navrez de cels dedenz.
3645 Son arc teneit Ascanitis,
une saiete (nen ot plus)
mist en la corde, si a trait
3620 a quant si doi frère. — 3621 HI que ce estoit. — 3622
DHI (omettent et) ele 1. d. , F et ele en dist; HI que ele avoit, F cou
quen c. — 3623 HI est. — 3624 Dot. com orent des confors. — 3626
HI qui le cerf orent pourseu, DG qui le cerf avoient seu (G a. 1. c. s.). —
3627 D nés araissonnent ; F nés aresnent ne tant n. q. — 3628 I ferir 1.
V. — 3629 D f. despees de m. — 3630 GF et T. — 3632 G sont la venu
a recelée. — 3633 D esvais. — 3634 F i fu. — 3635 D que v. — 3636
DHI m. molt le c. ; G comperront molt c. — 3637—3641 omis dans GF. —
3637 D ainsi s. — 3638 HI douoit. — 3639 HI T. les ont e. — 3641 y a.
que mellee (F que li noise) fust desfaite. — 3646 G u. s. ot; D naient
plus, HG nen a. p. — 3647 A coche.
DU COMBAT 135
a un ki grant enchalz lor fait. jû&ua.ccÙJ-l.
L'ainzné des frères aconsut, (^aJttul'rxJ.i^^
3650 une saigniee li valut, Aû^(^yrj^
desoz la gole l'en a point
que l'os del col li a desjoint,
trenehié li a l'orguenal veine; 'irchcJU^ , ^^^fC^-fn.^irO^^
par la gorge li ist l'aleine.
3655 Cil eliaï morz joste son frère,
dolenz en fu Tirus ses père;
li suen se peinent del vengier
et cela comeneent a eoitier. -^^-'i/ïx.^ ^ p/\ja..^MA.y^
Tirus lor fait une envaïe, att^icuLUL.
3660 Ascanitis as suens eserie:
,Que faites vos, franc chevalier?
Li cers tarde a escorchier! ^luiuyxcAa-^
Bien i porron tant demorer,
que il n'ieiii mais cuiz al disner.
3665 Chascuns i fierë o s'espee!
Nos i feron bien fort pevree; rxyiAyxoAa^
a la viande deit l'en traire,
car de ce a chascuns a faire."
Molt bien les a cil esbaldiz, /o/v/^V
3670 il i fièrent des brans forbiz
et poinz et braz i font voler, jJjJji-
testes saignier, vilains criërj^,---^
espartent si la vilenaille MjLp ù^xt-^rji.
ki n'erent pas duit de bataille.
3648 G al mont; A li fait. — 3649 A an consut; D 1. de fiuz en
aconsut. — 3650 F u. saiaite; D dune enseigne qui 1. v. — 3651 GD
desor; G li a p. — 3652 A c. tôt li d. — 3653 A lorinal. — 3654 D
sen ist. — 3655 D quil c; A chie. — 3656 F T. en f. d. ; I lor p., H son
frère. — 3657 DGF de v. — 3658 HI et troiens fort. — 3662 G nos t.,
HI demeure; F de lesc. — 3663 et 3664 omis dans A. G ja poons nos; DF
ja i; D pouez, F puet on. — 3664 HI quil niert mie, G quil nert hui mais. —
3665 HIF de s.; G or f. ch. a lespee. — 3666 HI si i f.; HID forte p., F molt
grans p., G molt fort p. — 3667 HI v. devons t. — 3668 D quant; A celé,
F cel. — 3669 Alinéa dans FHI. HI Ascanius les esbaldi. — 3670 HI chacun
i fiert du branc forbi; G quil ferirent. — 3671 HI {omettent et) p. piez et
bras. — 3672 D t. sevrer, F espandre sanc. — 3673 HI bien départent 1. v.,
F e. folle villenage, DG départent soi li v. — 3674 F qui ne repont en la b.
13.6 DÉFAITE DE
3675 Danz Galessus, uns riches hom,
n'i evt venuz se por bien non
et por desfaire la mellee;
cil i recoilli tel colee,
qu'il chaï morz sempres a terre; (xuuufJrrt
3680 onkes ne li lut mire querre
por sa plaie mediciner;
ne li estut loier doner, àoJLaJjxjL.
ne mètre entrait ne Dignement; crn/^ue/rJ::.
ne langui mie longuement.
3685 Des que li estors comença,
uns escuiers s'en retorna,
ki al chastel l'ala noncier,
et dist que l'en lor ait aidier,
que al bois erent asailli,
3690 par force esteient envaï; attiuuj-O'
s'il n'aveient secors prochain,
toz les prendreient li vilain.
Quant Eneas ot que ses fiz
en la forest ert asailliz,
3695 n'est mie bien asetirez; Acau^M^t^J-
cent chevaliers très bien armez
li enveia hastivement.
Cil chevalchent serreement,
si com li escuiers les meine.
3700 Cil se deffendeient a peine,
car li criz ert molt espeissiez. cUA>éJrxu^ ûIm^ ^
3675 Alinéa dans GD. — 3677 I deffendre. — 3678 DF reçut tele
(D ytel). — 3679 GHI iloc a t. — 3680 y onc (F ains, G aine) ne li estut
m. q. — 3682 D mire endurer, FG mie mander. — 3683 ei 3684 oynis dans
D. A ne m. trait. — 3684 G vesqui. — 3685 Alinéa dans HI, Des lors que
lestors c. — 3686 G diloc torna. — 3687 HI {omettent ki) a Heneas; F le
va. — 3688 D li a.; HIF voist; G que lor venist a. — 3689 GHI car; D {omet
que) en la forest est; DF envai. — 3690 HI et de molt grant gent-, F ierent.
— 3693 sans alinéa dans III, de son fil (H filz). — 3694 G ert e. 1. f. a. ; HI
quen; HI est; I a essil, F envais. — 3695 Depuis ce vers jusqu'au vers
3705 les premiers hémistiches sont illisibles dans A. FD ne sest de rien a.,
G ne se volt pas asseurer. — 3696 G a fait armer. — 3597 D lenevoia;
G ses i envoie isnelement. — 3698 HIF chevauchèrent fièrement; D seure-
ment, G hasteement. — 3700 HI li leur se deffendent. — 3701 HI enforciez.
TIRUS ET DES SIENS 137
Et Tirus fu tant enforciez AAvJerujL-
et tant li fu creue aïe,
qu'as Troïëns fist envaïe ûitteiA^uJ-
3705 ki molt lor fu griés a sofrir:
molt esteient près de morir,
nule deffense mais n'aveient.
Quant deniers els le secors vêlent,
idonc se sont ravigoré,
3710 li cent sont o les vint josté,
y^A^di^i>eîn£ raeoillent les de mainte,aaiLt. -^aut, cU. jM.uJf4-,
Desconfit sont li païsant,
tôt lor estut le champ guei*pir,
si comencierent a fuir.
8715 Li Troïën les vont ferant;
ne se deffendent poi ne grant,
en la forest sont enbatu. ù.£rnh ^'Kiih^.A^ pn^cJjx*Jha.vn^nru
Cil ki a plain sont conseil atZa^^vit.
muèrent a glaive et a martire. £^aa.
3720 Tirus s'en vait, ki ert lor sire,
fuiant s'en vait al chastelet,
0 poi de gent dedenz se met.
Il a fait traire sus le pont,
as bretesches montent amont pa^uLpjiJ^^ cryunaJ.^^^
3725 et porprenent le heriçon: ^^tuu^i^xrvir
deffendre vuelent la maison! \-_ povi^hjt^ o/x^rrUjL.
Li Troïën i sont venu, ^ > .4,*»-^ oaùr^^»^ dU
sor le fossé sont descendu, -itjv
3702 HI sest tant porchaciez; D fu molt, G ert molt. — 3703 G li
force fu creue; A creu daie. — 3704 A f. tel e., D f telle e.; G cest sor
T. corue. — 3705 A de s. — 3706 F del m. — 3707 HI pou de d.; F d.
nen a. — 3708 q. il le secours venir v., GF q. des troiens secors v. (G
le s.). — 3709 H resv., DGF aseure. — 3710 HI se sont as; FI. c. as .xx.
se sont mesle. — 3711 DG recoillent, F acoillent. — 3713 GF tos; A estuet.
— 3714 A se; F il sen comencent. — 3716 y tant ne quant. — 3717 D
enbatuz. — 3718 G {omet cil) qui al p. furent c; HID au p.; D fu con-
seuz. — 3719 D morut; F a doel; G furent ocis a grant m. — 3720 F fuit;
D qui en est s. — 3721 D sen tome. — 3722 D a p.; GF a grant paor. —
3723 G sus traire. — 3724 G as grans b. monte a., D a. b. qui sont amont
— 3725 D montèrent et au h.; F or irechon. — 2726 DGF lor m. — 3727
Alinéa dans D. — 3728 I par, H por.
138 LES TROYENS S'EMPARENT
asaillent les hardiëment.
3730 Cil se deffendent asprement
et lancent loi* les pels aguz, c^la^uu^
dont il loi' percent lor escuz, j
jus les craventent el fossé. .
Grrant pièce a li asalz duré,
3735 et cil forment se defïendirent,
tant que lor armes lor faillirent,
ne trovoent mais que lancier,
ne saveient de que aidier.
Ne se voldrent pas laissier prendre,
3740 ainz comencierent a descendre
des bretesches, del heriçon, pcu^a^x&y^^ CA£jn£jj
si ont guerpi tôt a bandon ^a^»-^ cruL^^jt,^
et tornent s'en par un postiz f^LL*.^iM»jrr^yrr
ki ert devers le plaisseïz; ^^ p^i^^
3745 n'i a rem es petit ne grant -Vd>vux^^ ^/rxcM
Par l'espés bois s'en vont fuiant,
dusqu'il furent iluec entré;
si lor sont il tuit eschapé.
Li Troïën se rescriërent,
3750 amont le grant fossé montèrent,
ne troverent deffension,
si se pristrent al heriçon;
depecié l'ont et plaissié jus, ûCuhA^it
3730 F II; G aigrement. — 3731 HI lancierent leur grans piex a., D
et 1. les granz p. a.; GF lor espius a. — 3732 HI les e. — 3733 F j. asa-
loient, G il asaillirent, HI fort assilirent; A del f. — 3734 DGF estors.
— 3736 omis dans D. — 3737 HI troverent mes; G dont 1. — 3738 HID
ne ne s. dont a., F navoient de quoi a.; G ne se sorent. — 3739 HI II;
FD nil ne (F ne se) vouloient 1. p., G nil ne se volent 1. p. — 3740 G tos tans
entendent al deffendre. — 3741 G et li pluisor si com Hson. — 3742 HI si
guerpirent; D s. o. tout g. a b., GF sen sont fui tôt a b. — 3743 HI [omet-
tent et) fouirent; F et tornerent vers un p. — 3744 G un p. — 3745 F ni
remainent, G nen i remaint. — 3746 F par mi le bos; G an v. — 3747 et
3748 omis dans HI. D puis quil; F i. laiens e. — 3748 GF si furent il;
D sont tiestuit e. — 3749 A les r., F se rescrioiont, G sesvertuerent.
Alinéa dans HI. — 3750 HIGF et a. le fosse m. (F montoient); D haut f. —
3751 y ni; D tournèrent. — 3752 F si se pendent a lirechon. — 3753 A
depiecent lo et plaissent jus; G pris lont a force; D el plessie jus, F et
quase j., HI abatu j.
DU CHÂTEAU 139
de totes parz montèrent sus,
3755 senz contredit sont enz entré, ^^uru>^ op^o^ùJk^rù
negun home n'i ont trové.
Tote ont robee la maison, (ÙJjlii^
si ont tant pris de guarison, p^unrU-Urn^
trente somiers en ont chargiez,
3760 et puis fu li cers escorchiez. £juru:J^
Ascanilis a son chien pris,
ki en une chanbre esteit mis:
la pueele l'i ot mucié (UlcKC
et de sa ceinture lie;
3765 li dameisels le deslia,
de la cuiriee li dona. cuuAjui^
Le cerf ont défait et chargié,
uns dameisels prist le forchié ^ercu^-cA^.
et uns altre porta la teste: ^
3770 conquis l'orent par grant poeste.
Quant espleitié ont lor afaire, êm^^cujjU^ ^ 'tLA^'>ni4n^
si se remistrent el repaire, /ijj/rru.-'^ynX^^.A-^r^
la preie acoillent del pais, /i£uu^AyrrU>ti.^rih
tôt ont robe et tôt ont pris,
3775 mil somiers ont chargié de blé,
li escuier s'en vont trossé;
bien grant eschec ont le jor fait, irui/ùn)
En lor chastel se sont retrait;
que d'un que d'el l'ont si guarni ptru^^ri^i^ ^ nmxuYÙ^
3780 que plus d'un an tôt acompli
3754 G et puis en sont monte la sus. — 3755 G i s. e. — 3756 G
qui defifense n. o. t.; F n. home de mère ne. — 3760 DGF après; D ont
lor cerf. — 3761—3767 omis dans F. Alinéa dans El. HI cerf. — 3764
G {omet et) d. s. e. estroit lie. — 3765 A lan. — 3756 I et puis après si
lacora. — 3767 F .i. eskuier si lont liure. — 3768 F a Montalbem la cil
porte; G la quirie, HI le daintie. — 3770 A que il o.; H c. lont par
vive p.; I par tel p. — 3771 Alinéa dans GD. G Tant ont e. — 3772
HI si se sont remis, D si sentremistrent, F si se misent en lor r. — 3776
D en ont tourse, F sen sont tome; G tôt ont cargie et tôt torse. —
3777 F molt bel erkiet o. 1. j. pris; G gaaing. — 3778 F en lor re-
paire se s. mis, G e. 1. pais en s. r. — 3779 HI de ce dont il se
sont g., G adont furent il si g. — 3780 HI bien près d. a., G que
a un a.
140 LATIN
se pueent il dedenz tenir
et un grant siège maintenir.
La novele est tant espandue
que a Laurente en est venue;
3785 ce diënt tûit par la cité,
que Troïën sont arivé,
ki a essil metent la terre, c>U4,ihu4Xjk.£nrO
corne la genz qui aiment guerre;
diënt que bien m al vais atrait cujh.£rn> cU ûtti^
3790 li reis Latins a en els fait;
Tirus l'a premiers compare, sl^^m^
ocis li ont son fil l'ainzné.
Li borgeis se sont asenblé,
li plus puissant de la cité;
3795 en error sont et en esfrei, jx&ûyrUL,
a la cort vont parler al rei, ^
lor plainte et lor clamor i font. /xiuULo^^rrtoJv»',
Li reis demande que il ont,
et il li diënt l'aventure,
3800 content la grant deseonfiture cuJcuÀe^
que Troïën ont le jor fait, j
et maldiënt tôt lor atrait;
cent de ses homes ont ocis,
ars et robe tôt le pàïs.
3805 Plus li diënt que nen esteit;
por ce que li reis s'en esfreit,
diënt, se conselz nen est pris tcru^aUL
qu'il conquerront tôt le pais.
3781 F purent; G bien maintenir. — 3782 F et le g. s.; G {ovMt
et) bien tenir; HI s. bien soufrir. — 3783 sans alinéa dans A. HI tant
corue; F omet tant; G tost, D toute. — 3784 G si qua; A an L; DGFI
omettent en; D fu v. — 3785 HI {omettent ce) trestuit dient. — 3787 A
metront. — 3788 G aime. — 3789 FHI molt m. ; F a fait. — 3790 HI La-
tinus lor a f., G Latins lor avoit f. — 3791 y primes. — 3792 F ajoute
deux vers. V. les notes. Alinéa dans G. ~ 3794 HI vaillant; G p. et. li
membre. - 3796 HI li plusor v. — 3797 DGF li f. — 379S G H lor d. —
3799 A cil; G content. — 3800 D comment, G dient. — 3801 et 3802
omis dans F. HI q. li t. ont ia f. — 3802 D e. m. le lor a. — 3804 DGF
r. ont le p. — 3805—3808 omis dans A. F p. en content que il nen s.;
D quil ni e. — 3808 GF il c.
TIENT CONSEIL 141
A tant Turnus est descenduz, QjLdriA^
3810 a ces paroles est vennz;
aneeis ot la novele pïe
dont la citez fu estormie, -^r^uu^ i^r^ ûLLan/mt^
a merveille par en fu liez.
Devant le rei s'estut en piez,
3815 oï que li borgeis diseient
et la plainte que il faiseient,
et que li reis lor respondeit
que as Troïëns se pendeit
et molt les voleit retenir
3820 et en sa terre maintenir.
Turnus prist la parole en main,
si se torent li citeain. -AcUAs^A'riih^ cLt- ^vLàUm^
flSire", fait il, „molt me merveil
0 tu as pris icel conseil,
3825 que Troïëns vuels retenir.
Il ne sorent onkes partir;
ne vuelent estre meteier, ruti yi,' cl cmm. jIûl. '>ri£rtJ-iû-
nen ont cure de parçonie^ /'V^// ^JulL p/Lrij^a^^
aneeis vuelent le tôt aveir. ' ^
3830 Ce saches tu de fi par veir,
Troïën sont de tel manière,
que kis aquelt en la foriere, tûùlyui^ cL ^uu^rO LÀA/mJ^
que fors de tôt le champ le getent.
3809 sans alinéa dans DGF. — 3810 HI et a ces p. v., DF as p. est
sorvenuz, G as pavillons est revenuz. — 3811 HI la novele avoit ainz o.
— 3812 HI îert. — 3813 HI a merveilles en par; F a grant m. {omet par).
— 3814 HI se tut, F estut; GD lui est venus. — 3815 A ooit. — 3816
F otnet il. — 3817 A (omet et) ce que. — 3818 D apendoit; y quil (F que,
HI qui) as T. se tenoit. — 3819 HI et que molt les voloit chierir, DGF et
bien les i velt r. — 3820 A consantir. — 3821 Alinéa dans GFD. H a
m. — 3822 GF san toraent. — 3823 F mesmervel. — 3824 HI ou vous
avez pris cest (I tel) c; G si fait c. — 3824 et 3825 intervertis dans HI.
D voudrent, G sevent. — 3828 HI il; D nont c. destre p.; F ne nen ont
soing; G ne voelent avoir p. — 3829 G et tôt voelent par force a. —
3830 A an fin de voir; F {omet tu) très bien et de v.; G et tant pues
tu molt biens avoir. — 3831 et 3832 omis dans D. — 3832 HI qui les
a. en saclieeure; F a la f.; G kariere, A chaintriere. — 3833 HI que hors
du tout tantost le metent; A tôt de fors.
142 DISCOURS DE
^ de tôt en tôt dedenz le metent.
5835 Se tus aquels en cest pais, A^ ùu^
a tant en es de tôt fors mis.
Un recet ont fait en ta terre yi£M,u^j plaxji -
dont il remuevent ja grant guerre, '
ardent et preient et ociënt
3840 et tes homes a els aliëutj^^__ £(>yv^j'^*'**f^
s'ainsi lor leist longues errer, -yrtaj-uJ^^^
tôt te voldront deseriter.
Mais ce vuels tu, ce m'est avis;
tus a atraiz en cest païs, dJbtLr»^^
3845 tu ne vuels pas o els partir,
anceis lor vuels le tôt guerpir
et mei cuides mètre a neient,
si n'es vers mei par sairement. XiZJxymA'rù^
De ta terre m'as erité,
3850 0 ta fille m'as tôt doné;
ge l'ai plevie et afiëe; fMx^nrrùuuL.
ne l'ai encor pas esposee,
ne ne geiimes en un lit,
encor remaint par ton respit; dJUjouL
3855 mais de la terre sui saisi z,
et les chastels ai recoilliz, AÀJ^i^^^
g'en ai les tors et les donjons
et les liomages des barons.
Se tu me vuels de dreit guenchir, OrLû^îoAt*/ ,
3860 cil ne me porront pas faillir, "h»^ pt
3934 HI et ariere de t. le m., 6F et de tôt ariere le (G les) lu., D del
tout a droit naient 1. m. — 3835 HID se les; A an ton p. — 3836 HI par
eus en seras de hors mis; A a. tan es; D yers; G il ten aroit tôt defors
mis. — 3837 HT chastel; G tont. — 3838 HI maintienent, D te movent, G te
mainent. — 3839 I prannent et o. — 3840 HI {omettent et) tes h. et. ; A o
als. — 3841 HI s. les les 1. régner, D s. lor lais 1. aler, G se il ensi lor loist
e. — 3842 G il te. — 3844 HI ques as a., D atrais les as; AGF tu. — 3845 y
a als; D mie. — ;<846 F del tôt. — 3847 I et moi mètre tout a n., G et
moi vels torner a n.; A me c., DF men c. — 3848 DHI se; F vers moi
mesfais a entient; G si es a moi. — 3820 F et. t. f. m. tu d. — 3852 G
mais io ne lai pas e.; F encore e. — 3853 A et ne; G encor ne jumes. —
3S54 A et ne, I en toi r. , G et si r.; D tout en r. — 3855 y ta t. —
3856 G ai vers moi mis. — 3857 HI je ai. — 3859 D du reing; F guerpir;
G men voloies g. — 3860 F cist ne me pueent; G valront, D porroit.
TURNUS 143
tuit se tendront o mei de bot, --hfuM cU. .Ac^jJ^
ge sui pieça saisiz del tôt,
tu ne m'en puez mais rien tolir,
ne ge n'en voil plein pié guerpir,
3865 et li tolirs n'est pas legiers:
ainz en morront mil chevaliers.
0 bien te peist o bel te seit,
saches que ge tendrai mon dreit."
Li reis oï que Turnus dist,
3870 d'ire et de maltalent fremist, Ajlu\£u4^^ ^ JLa^ùJz,
mais envers lui ne volt parler ^
ne il nel volt plus escolter.
D'entre ses homes est levez,
en sa chambre s'en est entrez,
3875 ne mais que seul itant li dist: :h>ynh
ki plus peiist et plus feïst,
et tôt li mist el convenir
0 del laissier o del tenir:
la femme etist a tôt la terre
3880 cil d'els ki la porreit conquerre.
Turnus o les barons remaint,
ensenblë els del rei se plaint,
ki ses convenz li vuelt retraire,
demande lor qu'il porra faire
3885 des Troïëns ki senz son gre
3861 F tost sen terront; G avolc moi en venront; HIF a m. — 3862
F de t.; G de ce ni a il nul redot. — 3S63 A {omd tu) ne m. p. pas rien
retolir, D (pmtt tu) n. m. pouez m. r. t., F tu ne me pues mais men tolir,
G tu ne le me p. m. tolir. — 3864 HI ne ie nai talent du g.; D ne ne vous
V.; F jo ne te voel nient; G ne io nel quier mie g. — 3865 HIGF omettent
et, DF omettent pas; HI a tolir; F ne li t.; D y ne mest. — 3867 D ou bien te
soit, G u il te p., DFHI ou mal t. s. — 3868 F jo maintendrai je quid m.
d. — 3869 sans alinéa dam A. — 3870 D omet et. — 3872 D ne v. ; F ne
il ni vielt plus arester, G ne iloc ne valt plus ester. — 3873 A ses 1. —
3874 F eus ses cambres; G si sen est e. s. c. entres. — 3875 D fors que
seul ytant; F et se li mande et si a dit; AG lor d. — 3877 I len, U les;
F et jor li m. de revenir. — 3878 G ferir. — 3879 HI ait a (H et) toute
1. t.; F et le f. e. et. — 3880 F le peuist, HI porra; G qui sor lautre le
puet c. — 38S! Alinéa dans GHI; D sez b. — 3882 HI a eus trestoz;
D e. o eulz de soi; GF e. a als. — 3883 y (omet ki) ses convenans. —
3884 A demanda; D d. que il p. f. — 3885 HI sus, G sor.
144 IL CONVOQUE
ont el païs chastel fermé
et altre en ont a force pris,
a essil metent le païs.
Cil li loënt comunement
3890 que asenbler face sa gent,
mant ses barons et ses amis
et les veisins d'altre païs;
a quant que il porra aveir cjrrrJ>tM.*rù
molt tost les aille aseeir,
3895 et s'il les puet par force prendre,
si les face ardeir o pendre.
Turnus en a lor los creii, ccyuiajJL
le jor meïsme sont meii AJi- J:xcnnt. nru^ t^^y yr
et li corleu et li mesage, c^ua/ûaaa.^
3900 ki semondre vont le barnage JimnnM^
et ses homes et ses parenz,
et molt mande estranges genz;
de totes parz molt en atine, AjuuvjJt-
as Troïëns fera rancune: situriùp/i/nAA-
3905 bien ot serjanz et chevaliers
des i que a set vinz miliers.
D'alcuns des princes, des barons
vos sai ge bien dire les nous.
Mesencius i vint premiers
3910 et amena .m. chevaliers;
il ert uns princes d'altre terre,
3886 G en la terre ont c. f. — 3887 D lautre; F et autre mont par
f. p. ; G et un a. ont. — 3888 F mon p. — 3890 G que il mant ses h. sa
g. — 3891 G et s. b. — 3892 F barons, G princes. — 3893 A et q., GD
o q.; Fa tant corn. — 3894 III les aille tantost a., F a tant les auge a., G
et molt tost 1. a. veoir. — 3895 GF le p.; G a f . — 389C A ses f. toz; G si
le f. a. et p.; DFdesfaire u p. — 3897 sans alinéa dans UDF. — 3898 F
cel j.; G tantost m.; A venu. — 3899 A corner; G et si c. et si. — 3900
GF qui V. s. son b. — 3902 DF {omettent et) molt a mande; G manda; HI
destrange. — 3903 A de tote part; G fera ainq une. — 3904 G sil puet
commune. — 3905 et 3906 sont omis dans D. F a s. — 3906 HI .lx. ; GF
d. ca (G a) .xi. vins. — 3907 A Dauquanz; F Quasquens ne sai nomer les
nons; G p. et de b. — 3906 I s. molt bien, H s. très bien; D v. s. a d. touz
1. n., F de princes et de haus barons. — 3909 Alinéa dans GF. — 391o I
cil a.; D et ot .x.m. chev. — 3911 III il iert prince de haute; A de sa t.
SES VASSAUX 145
riches oem fii et duiz de guerre. A/rUi^huûJz.
Lausus i vint o lui, ses fiz,
uns dameisels proz et gentiz:
3915 onkes plus bêle créature
d'ome vivant ne fist nature.
Il en i amena o sei
plus de set ceuz o son conrei. J^ftct^a^t.
Aventinus i vint enprés,
3920 uns dameisels fiz Erculés;
cil amena mil chevaliers
esti-e la gelde et les archiers; ôu^hue^ 'ùertclAjh^ cl. ùIuL
del cuir d'un lion ot escu,
que Hercules aveit veincu;
3925 il le portot par molt grant gloire,
ce ert signe de la victoire
et de la grant vertu son père; Vûxi.i^VrvC4_
granz essenples de bien li ère.
Vint i li dus de Prenestine
3930 et li sire de Palestine.
Mesapus vint o grant barnage,
fiz Neptuni, le deu marage; oU~ nrr\AJv
cil li trova mil chevaliers
et les armes et les destriers;
3935 poltrels orent de Capadoce, ùâ^Unirru^
ki n'ont mehaing, jale ne boce, oLÙau^t, ^oi^_i^
d'un merveillos haraz de mer -A-cJux^^
et molt sont legier a armer,
ehevals n'a soz ciel plus vaillanz,
3912 D r. h. moult et; F ert - 3913 Alinéa dans D. G i fu — 3914
A chevaliers p. et hardiz. — 3915 G si b. c. — 3917 y Icil en a. , D il
li a. bien. — 3918 D .m. .m. GFHI. v. .c.; HIF en, G a; HI un c. — 3919
Alinéa dans HIGF. — 3921 F cent c. — 3922 I sans conter les arbale-
stiers; GD omettent et; D sa g. — 3923 HI dun cuir de lion; FD de c;
G un 1. — 3924 HI ot abatu. — 3926 HI c. e. enseigne d. v., D et por
enseigne de v. — 3927 A al p. — 3929 et 3930 omis dans F; A Pele-
strine. — 3930 GD Palatine. — 3931 Alinéa dans GD. — 3932 I Zephyrus
— 3933 A il, D qui; HI c. amena; — 3935 jusqu'au vers 3949 omis dans
F; Apouerel, D poutrains; A ot, HI iert. — 3936 AHI not; A iale, y
gale; D ialle soros ne 1. — 3938 y et molt les doit on bien amer (HI
merveilles les d. o. amer); D a danter. — 3939 G al mont si v.
Bibliotheca Normannica IV. 10
146 DESCRIPTION
3940 mais ne vivent que seul treis anz,
avant n'en puet uns seuls durer;
ne sont des ives de la mer 'iuyrr>*.rx^
ki en mer vivent seulement,
si com convient, totes del vent;
3945 molt par en sont buen li poltrel
et a merveille sont isnel,
et molt sereient de grant pris
se viveient nuef anz o dis.
Vint i Claudus, uns riches cuens,
3950 ki fu sire des Sabiëns;
venu i sont li Sabarin
et li Puillain et li Latin,
cil de Naples, cil de Salerne
et vindrent i cil de Volterne.
3955 Ne sai que acontasse plus,
car tant en asenbla Turnus,
que genz de pié que chevaliers,
qu'on les prisa set vinz milliers.
Enprés i vint une meschine,
3960 ki de Vulcane esteit reïne;
Camille ot nom la dameisele,
a grant merveille par fu bêle
et molt esteit de grant poeir;
ne fu femme de son saveir.
3965 Molt ert sage, proz et corteise
et molt demenot grant riclieise; >y^A>r«J!£,A>iu^^
a merveille teneit bien terre >-»<?>jAd
3940 B m. n. v. ne mes; HI sol que. — 3941 D a. ne puet nus
eschaper; GHI nis .i. d. — 3942 D mais s., G et s. — 3943 A et en ;
D viennent. — 3945 GD potrel. — 3947 D prains. — 3948 D ou mains.
— 3949 Alinéa dans GDHI. D C. i. v. — 3950 Hl iert; F Nubiens. —
3951 A Saracin, FI Barbarin — 3952 HI Puillois, A Polain, D Pullan.
DGF ajoutent deux vers; v. les notes. — 3953 HID et d. S. — 3954
HI et avec eus cil d. V., A et vindrent i cil de mil terre; GF et cil
i V. — 3955 D Que vous en diroie je plus. — 3956 H que t. 3957
y a pie. — 3958 A quil an p.; D q. li esma .ii. cm.; F .xv. vins. —
3959 D omet i. — 3960 F Vocasne, G Volscane. — 3961 A a m. par
estoit b. ; F tant f. b. ; G m, estoit b. — 3964 F de sen avoir, H de tel s.
— 3965 D m. e. courtoise preuz et sage; F prouse. — 3966 D et deme-
noit molt grant barnage.
DE CAMILLE 147
et fu toz tens nome en guerre
et molt ama chevalerie
3970 et maintint la tote sa vie.
One d'oevre a femme nen ot cure,
ne de filer ne de costure; (LàUjhu^ijL^
mielz prisot armes a porter, ^^A^f-Lrruû^ j Ci^cuuvtLùlzuJ:.
a torneier et a joster,
3975 ferir d'espeë o de lance:
ne fu femme de sa vaillance.
Le jor ert reis, la nuit reine;
ja chamberiere ne meschine V-^^r^'n'^ ^ cJ^AAnrUxu,
environ li le jor n'alast,
3980 ne la nuit nuls oem n'i entrast
dedenz la chambre o ele esteit;
tant sagement se conteneit -dz- c^nr^cLi ua a/^
é . / et en derrier et en devant â_ i^t.j.AJ jLii.£u^<Lu/
Z-tn) AouiJUJhe. q^g jjg en fait ne en senblant ^^^^ û..p,£aj\.c^r\£jC.
3985 n'i petist on noter folie,
ja tant n'eiist vers li envie.
De belté n'ert o li igals
nule femme ki fust mortals;
le front ot blanc et bien traitiz, {njun^ iP'^ ' '^^*
3990 la grève dreite et la vertiz, ruuJL. cet^y^/rUi-
les sorciz neirs et bien delgiez, -lùrui^ m iLj\J-eJ^'^^^^
les oilz rianz et trestoz liez; ^
bels ert li nés, en])rés la face,
3968 A el fu — 3969 HI molt par a.; y amoit — 3970 HI bien la
m., GF maintenu la. — 3971 HI ainz d. de f. not c, D onques d. a f.
not c. — 3972 D tissure. — 3973 DHI amoit. — 3975 G f. u d. u de 1.;
A et de 1. — 3976 F poisance. — 3977 F le i. quelle i fu ententiue. —
3978 F en sa chambre ert une m. — 3979 F quel part que ele sen a. —
3980 GHI ne ja la n. hom n. e., F la entreset nus ni entrast. — 3981 D
ens en sa eh. — 3982 F sainglement se deduisoit. — 3983 Les vers jus-
qu'à 4095 sont omis dans F; A nen darriere ne en davant. ; D et en
derrière et d. — 3984 HI quele ne faisoit nul s., G que a noiant de son
s. — 3985 A i p.; D ni pot home. — 39S6 D tant nen eust; G ja tant
nen e. on e. ; HI de lui e. — 39S7 DGHI vers li. — 3988 D femme nule.
— 3989 D ot bel. — 3990 y d. la g.; A an la v. — 3992 HI r. et gais
et 1., D r. en touz temps 1., G r. les regars 1. — 3993 G blans e.
10*
148 DESCRIPTION
car plus blanche ert que neis ne glace,
3995 entremellee ert la rogor
avenalment a la blanchor; ana cie.t ^j^^nrnA^r^
molt ot bien faite la bochete, ^«^V*. -ùmiJiAa,
non guaires grant, mais petitete,
menu serrées ot les denz, ,6*^'v\aa*'
4000 plus reluisent que nuls argenz.
Que direie de sa belté?
En tôt le plus lonc jor d'esté
ne direie ce qu'en esteit,
de la belté que ele aiveit,
4005 ne de ses mors, de sa bonté, 'yn^u-w^-'t'^
ki valent mielz que la belté.
Molt par ert bêle la reïne.
Vers l'ost ehevalche la meschine;
chevels ot sors. Ions jusqu'as piez, -Uten^yU^
4010 a un fil d'or les ot treciez;
bien fu la dame estreit vestue v^z-^fu^ cL' ^juru
de porpre neire a sa char nue; ctrLL
la porpre fu a or brosdee,
par grant entente fu ovree. ixcJAidJ-ei
4015 Treis faees serors la firent, £ia^tAJU\juL>
en une chambre la tissirent;
chascune d'els s'i essaia
et son saveir i demostra
et firent i peissons marages,
4020 oisels volanz, bestes salvages.
3994 HI plus blanc que nest noif ne gl.; D qui fu plus blanc; G
assez p. blans q. n. sor glace. — 3995 d, 3996 intervertis dans HI, e.
o la r. ; A color. — 3996 HI iert; A o. — 3997 HI sot mameles com .ii.
bocetes. — 3998 A nert g. granz, G ne mie g. — 3999 et 4000 omis
dans G; HI et ot menu serre 1. d. — 4000 D p. reluisanz que nest a., HI
plus blans quy voire ne a. — 4002 A en le plus lait; D en un des plus
Ions iors. — 4004 G il. — 4005 et 4006 omis dans HIG; D omet premier
ne, biaute. — 4006 D qui miex valent. — 4007 sans alinéa dans IDG; G
mescine. — 4008 D chevalchoit ; G molt cevalcoit bien là roine. — 4009
D blois jusqua ses p.; G cavels avoit dor dusqas pies; HI c. o. s. j. q.
p. — 4010 D furent t. — 4011 D molt. — 4012 G dun porpre noir. —
4014 G ricoise. — 4015 .m. senees s., HI .m. molt sages s. — 4016 HID
roche; G tendirent — 4018 HI et de s. s. i mostra. — 4019 HI ens il
(I i) firent.
DE CAMILLE 149
Vestue fu estreitement,
desus fu ceinte laschement JL' jL4y)na^ 'yruiJruù.Jij2_. p^j^
d'une sozeeinte a or brosdee, ^u^riAjejL
■it/nA/rr^A'rii: menuëment ert botonnee; 'i>iyu:ihnriyn£_a-.
Uj^ ^*»rî> 4025 chaleiee fu d'un siglaton, e^c^àixiM^ d ' £jMi^ p/a ej c^ . t^t
rr^fi^nt, cui^au^ gj soller furent d'un peisson
>^c^^rrUM-^) (Iq ggjjl colors meuu vairié; à. cLl. oeJÙU.^ ..^^nsfeA/^/aZii
a or furent lié li pié,
ses mantels fu riches et chiers
4030 et fu toz faiz a esehaquiers; ^o.'WJt^ cxryy-tyrruz. zj_^r^
Cxuxr\jt.eui t l'uDS tavels ert de blanc hermine cjcJ\ùjeLi-J.a^
et l'altre ert de gole martrine ; c&U-oJb cU, Tri/taAiZ^
^û-A-^n-iyu-^v-^yQlg fil (Je porpre impérial,
^ li tassel furent a esmal, /J^<jluu. dj. ny^zJhoJ^ JUrri^ujUU^
l^^£^-u!^^-<-'»-^ 4035 li orlés fu merveilles bels
et fu de gorges d'uns oisels
ki suelent pondre el fonz de mer.
Sor l'onde siéent al cover, tBUJ^>t.'\J
"hr^^tLAj^ cent teises covent en parfont; Cuul -ja-nxL
4040 de si chalde nature sont,
que se desus lor oés seeient,
de lor chalor toz les ardreient;
bien fu orlez de ces oisels,
des i qu'a terre li mantels.
4045 Ele en ot entroverz les pans,
que li parut li destre flans,
et chevalchot un palefrei
qui soz li meine grant esfrei. jtMj\j»L
Onkes ne fu tant gente beste:
4050 come neis ot blanche la teste,
4021 A V. an fu. — 4022 D desor; A cointement. — 4023 HID
ceinture; Hl bien ovree — 4024 HI m. dor b. — 4025 HI chauces avoit.
— 4026 D li. — 4027 et 4028 omis dans HL — 4028 A li lie p., D si
li espie. — 4029 A li m. — 4031 et 4032 omis dans HI; G colers. —
4023 D 1. art de gole de m., G et li autres de sebeline. — 4033 HIG
toz. — 4035 D sont de .ii. oysiaus; G li o. mervillos et b. — 4036 HIG
gorge; D qui molt par sont de gorge biaus. — 4037 D prendre es fonz.
— 4038 HI sus; A et s. 1. soUent cover; G colcer. — 4041 GHI q. se il
sor. — 4044 HI desi a; G dus qua t. fu 1. m.; D jus qua la t. — 4047
HI el c. — 4048 D s. li demenoit tel e.; HI desroi. — 4049 HI plus g.
b. — 4050 G le cors ot tôt blanc et la t.
1 50 DESCRIPTION
le top ot neir, et les oreilles i&u.^xejb
ot ambesdeus totes vermeilles, oojb^ <^ pe^
le col ot bai et fu bien gros, ^ ^r^\\
les crins indes et verz par flos; Cax-otxê-^-*-.
4055 tote ot vaire l'espalle destre
et bien fu grisle la senestre; <^al.âA-
les piez devant ot lovinez o(jl Jmix^
et fu toz bruns par les costez;
soz le ventre fu leporins oU- iit-v^-i-fi-
4060 et sor la crope léonins CA-eru^z. itXjrrù^r^A^
et fu toz neirs de soz les alves; irtmjhûjLJ^jL^ cLq~
les deus jambes devant sont falves, 'ûa
les deus desriers roges com sans;
les quatre piez ot trestoz blans,
4065 neire ot la coe une partie, ^U-jjujJL.
l'altre blanche, tote crespie,
les piez copez, les jambes plates:
molt fu bien faiz et bien aâtes.
Li palefreis fu bien anblanz, .
4070 et li freins fu molt avenanz; <^um^
de fin or fu li cheveçals, 4tAjL.^\A^
faiz a pierres et a esmals,
et les resnes de fin argent,
bien treciees menuëment; ioru^m£^ir>i:-
4075 la sele ert buene, et li arçon
furent de l'uevre Salemon,
a or taillié de blanc ivoire;
CuM.'U.^^^ l'entaille en ert tote trifoire, cruri£^^n-^A^^.^jL»o .û^,-^ ^
de porpre fu la coverture cU. fiff-jtx^axZa.
4051 D le corps ot n., GHI le topet n. — 4053 d 4054 omis dans
HI. — 4054 D indes vermeuz. — 4056 HI et toute g. la s.; A et bien
noire fu ; G et ot bien. — Le vers 4055 jusqu'à 4067 omis dans HI. — 4059
et 4060 omis dans G. — 4061 DG desor. — 4062 A iames d.ot f. — 4063
vermalz c. s. — 4064 G avoit tos. — 4067 HI piez ot petiz et j. p. ; A
le pie cope. — 4068 HI m. fu vistes, G bien fu coranz. — 4069 G et
molt par estoit b. a. — 4070 G li f. estoit m. a. — 4071 A ert. — 4073
GD renges; D furent dargent. — 4074 DHIG tranchies. — 4075 G sa
s. — 4076 HI erent; G a Jocuvre. — 4077 A a entaille. — 4078 G otnet
en; HI la taille e. e. tout a t.; A ert a or t.; GD fu. — 4079 G dune p.
ert, G d. p. estoit; I feutreure.
DE CAMILLE 151
4080 et tote l'altre a feltreiire, /:uZtM. oU, -UmjHjl.
et d'un brun paile andeus les eengles,
de buen orfreis les contreeengles;
li estrier furent de fin or, hH>Lij\.4^
li pei trais valut un trésor. ù^uhuLiLcj
4085 Camille vint molt richement
a l'ost et amena grant gent:
bien ot o sei de chevaliers
des i que a quatre milliers.
Quant a Laurente vint errant,
4090 temolte ot en la vile grant,
borgeis montoënt sus as estres, û^ppaAjkyyruL/ri^
dames, meschines as fenestres,
et esguardoënt la pucele
ki tant ert proz et tant ert bêle.
4095 A grant merveille le teneient,
tote la genz ki la veeient,
qu'el se deust onkes combatre,
joster ne chevalier abatre.
Parmi Laurente trespassa,
4100 de l'altre part se herberja,
soz la cité a une part;
la fist fichier son estandart;
une lieue tote environ
tienent li tref, li paveillon
4105 et les tentes as chevaliers
et les herberges des loriers. Â^-^ryT-i^-^-^i-tJ ^ ,ô.e.'^-é/f-^»MJ
Quant Turnus vit l'ost asenblee
4080 I coverture; G ajoute: et toute l'autre coverture et écrit le vers
suivant en deux lignes. — 408 1 D et dun paile, A et dun buen cerf. Ce
vers et le suivant sont omis dans HI. — 4083 G bon. — 4085 Alitiéa dans
GHL; F Icele v. — 4086 F a 1. en a.; HIDG molt g. — Les vers 4087 jus-
qu'à 4091 omis dans HI. ; D bien amena de ch.; G od li. — 4088 D en iusque
a .XV. m.; G que a un m. — 4090 G molt f. t. i ot et grant. — 4092 HI
d. puceles. — 4093 F regardoient. — 4095 G la t. — 4096 D estoient. —
4097 HI que tel famé d. c., F sambloit que se d. c, D que ele se d. c.
— 4098 D chevaliers; F j. u .i. ch. a. — 4100 GF par dautre p. — 4101
D sor, F SOS; G joste la vile en un bel sart. — 4102 GF drechier. —
— 4104 DHI durent, F tinrent; G pre. — 4105 D des c. — 4106 A de
lorers, F as peoniers. — 4107 sans alinéa dans A. I voit.
152 DISCOURS
de la grant gent qu'il ot mandée,
les dus, les maistres chevetaignes (ia^w>fe»-i>r»^-<i-'
4110 et toz les princes des eompaignes.
a un matin a toz mandez, j^aaj^'t^^
en un vergier a toz jostez, /
asez briement lor demostra
son buen et le besoing qu'il a. ^i>ù^erri,^
4115 ^Seignor", fait il, ,escoltez mei,
mon afaire mostrer vos dei,
por quei vos ai ci asenblez,
et se mon dreit i entendez,
sel m'aidiez tuit a maintenir, Acrusk^ru^ , aeu^rh
4120 de dreit ne me devez faillir. ^
Se vos oëz que ge tort aie,
pri vos ne m'en portez manaie, a-AA-ujj'a/rvCA-
mais dites mei que me repos,
et ge crerrai bien vostre los; ctmùûlL
4125 ne voil a tort rien eomeneier
ne vos ne m'en devez aidier. i
Li reis Latins est anciens, i
molt est vielz oem et de lonc tens j
et ne puet mais tenir son règne; ^
4130 sa fille m'a donee a femme I
et sa terre tôt ensement, j
senz nul altre retenement; Ae-Aî'-u-ûAirrv)
otreié l'ont tuit li baron; oj^lb-uLL
il n'a chastel, tor ne donjon
4135 dont il ne m'a pieca saisi;
en ma guarde ai tôt recoilli, cxc^aJsl.
les bornages des barons pris
et mes guardes es cbastels mis. ô<w^j^xA»r^
4108 HI de la gent que i. o. m. — 4110 HI et les seignors des
granz c. — 4111 F les a m. — 4112 F v. sis a. j. — 4114 HI s. b. por-
coi mandez les a. — 4115 DG entendes — 4117 HI p. coi ie vos ai ci
mandez; G ici mandez; F amenés. — 4119 GF si m.; I si le m.; HI omd
— Unt tuit. — 4120 F doient. — 4121 F vees; D que tort en aie, I q. t. y
aie. — 4123 F men r. — 4124 HI je (I ien) c. très bien (I molt b.); D
et jen. — 4125 GF par (G a) tort n. v. — 4127 Alinéa dans D. — 4129
HI si ne. — 4133 G o. 1. conte et b. — 4134 F ni a. — 4135 HIDG
raait. — 4136 HI et il mont partout r. — 4137 HI 1. h. ai partout p.
I
DE TURNUS 153
Sor ce sont Troïën venu
4140 puis ques orent li Greu veincu,
en eest païs sont arivé,
ci près ont un chastel fermé,
ardent et robent le païs
et un recet i ont ja pris. AjUuAt. ^ /Ja^m Z^**-*^
4145 Eneas a li sire nom, ^
ne sai se il est reis o non;
al rei vindrent ici l'altr'ier
o grant présent si mesagier
de soe part settrté querre.
4150 Li reis li manda que sa terre
et sa fille li otreiot,
de son reialme l'eritot;
toz mes convenanz me retrait
et tôt l'otrei qu'il m'aveit fait.
4155 Ge l'en ai puis asez requis, >nA. ^^ui^j o-oUji. aa<^ a ^
el convenir nos en a mis : o*- ùfù..a^
la femme otreië et la terre
celui ki la porra conquerre,
et por ice vos ai mandez,
4160 si com fui primes eritez
et de la terre sui saisiz;
et quant li reis m'en est failliz
et nos a mis el convenir,
mon dreit m'aidiez a maintenir.
4165 Cels ki tienent lor feus de mei,
bien les semon, com faire dei, â^-ko^J^^ -lAwjlMe^
et mes veisins, ki por m'amor
4139 HI sus ce; GF et sor ce — 4140 F p. que; G puis que Greu
les o. V. — 4142 GF ici p. o. eh. f. — 4143 G et praient. — 4144 GF
castel. — 4145 GDHI lor s.; DF s. a non. — 4146 A mis ou non. — 4147
HI a. r. Latin v. 1. — 4148 H pesanz; G a grans presens. — 4150 D la
terre. — 4151 F li donroit. — 4152 HI et de sa terre 1.; ce vers est omis
dans F. — 4153 HI mon convent ma issi r; G les. — 4154 HI et touz
les dons. — 4156 F en; D n. a tout mis. — 4157 D o tout la terre; G
otroia. — 4159 D et p. ce vos ai tos m.; F ont m. — 4160 y sui. —
4162 D que q.; G por que;I a f . — 4163 HI et mis nos a. — 4165 Gl
cil qui leur fiez t. d. m.; D fief. — 4166 HI cens s. ie si con je doi; F
et faire d. — 4167 F et voisins mes.
154 DISCUSSION
por lor franchise et por m'enor tx-cO^j^-'^^ , ^ ,
a mon besoing sont venu ci. ^d^'riùM.j\u.
4170 Molt umblement les en merci;
se par vos puis m'enor aveir, 'i*M, /up^clu-^ttvL
servirai vos a mon poeir;
bien sai, se me volez aidier, ^
le chastel ferai trebuchier A ' ^-û-'i-fi»w-"-^>'
4175 que fermé ont li Troïan.
Il sont entré en molt mal an;
plus chier nen acheta Paris
Heleine, dont il fu ocis,
que Eneas fera Lavine;
4180 tolir la me vuelt par ravine, 'iA.£ftaynX.A^
mais il le comperra molt chier,
se vos m'en volez tuit aidier,"
Mesencius a respondu,
uns cuens ki ert de grant vertu,
4185 et dit: „Veir8 est que tu dreit as.
A tort s'i enbat Eneas, ^z^ f^iAiuXfUJ-t.
mais ja par fei nel recevron,
n'estrange home sor nos n'avron ;
ainz serion tuit vieil chenu
4190 que l'eusson deconeii, riL.ccm>v%4^
ne il en pièce ne savreit âUur^ /^?r> A)4t-o-»jA^
de vos toz ki chascuns esteit.
Il nos voldreit deseriter
et noz terres a cels doner
4195 ki en cest pais l'ont seii;
4168 HIF par; G ma fr.; A omet et. — 4170 HI doucement, G
durement. — 4175 GF quen cest pais ont fait t.; HI ont ferme. — 4176
A autre an. — 4177 I p. c. ne lacheta, G p. chiere na cata. — 4180 HI
quil quide avoir par sa r.; D t. la cuide; FHI rapine. — 4181 d 4182
intervertis dans HI, je croi quil le c. c. — 41S2 HI se men volez par
foi (I vers lui) a.; F me v. — 4183 sans alinéa dans A. — 4184 H hons;
F fu. - 4185 GD dist. — 4186 F se conbat. — 4187 HI m. par ma f.;
D retenron. — 4188 D estrange de foi nous nauron, F e. home a signor
n. ; HI sus n. — 4189 G ains seriemes viel quenu, HI a. s. v. et ch.
— 4190 HI bien coneu. ; D que bien 1. congneu, F que len soiemes
coneu; A dequeneu. — 4191 A nen a p. n. s ; F auroit. — 4192 HI de
v. c. que ch. voudroit; D de touz nous; F cascuns de vos molt le haroit;
G quels c. e.
DANS LE CONSEIL 155
tôt en serion confondu,
il tendreit cels en grant chierté
et nos avreit en grant vilté. //>r%4û/vL<u<-/v' \
Ge ne lo pas ques atraion, cerrut^JijjU.
4200 fors de sor nos les esloignon,
mais nos devon faire mesure, xul. or\£>£)U~J\jt,^
ce m'est avis que est dreiture. c^ ^i'*^ c^wv*<>4rv^
Faire le deis araisoner
et de toz ses mesfaiz reter, clCjCa-*-aa^^ ^ ixic^'^mM.^
4205 que dreit te face en ta eort,
anceis que a noalz li tort, o^ojt^ au. * yoLâJ
se il de dreit faire s'estorce, /uUouàjL
ainz que sor lui ailles a force; oJa^r^ ^"^
enprés le fai donc desfiër /^^^'^ojoqa^lj^
4210 et de sa terre congeer." ùcnn(\Ar/*éf^
Mesapus dist: ,0r oi noveles!
Esti'ange cliose li conseilles,
que il le face araisoner,
et de toz ses mesfaiz reter. ac.uLtAA.hj , OteLnnru^
4215 II ont sor nos un chastel pris
et de noz homes cent ocis;
ne sai quel dreit en preïsson oUi&iM , -Iu^Hca-
se 0 les fers des lances non.
Entremeton nos de vengier;
4220 de desfiër nen est mestier. pfu>\/ùeujLe^yJ
Des qu'il forfirent en la terre, -icho^rJ:^ cLcl. 'TnAL
si comencierent il la guerre,
sor nos firent desmesurance,
4196 HI issi s. c, GF tôt en seriemes deceu (F convencii). —
4197 D i. t. en g. chierete; Gag. ch. — 4198 G et nos torneroit a
V.. — 4199 HI ne nos metons en tiex liens; F los pas quel. — 4200
HIF omettent fors, en sus de nos; D f. dessoz. — 4201 HI droi-
ture. — 4202 HI avis mest que seroit mesure; D qui e. d. — 4203 HI
quen le feist a.; GFDA les. — 4204 A et de tort fait lo fai r.; GF lor
m., D ces m. — 2405 HI et que d. feist; A tan f ; G ens en t. c. — 4207
I seflforce. — 4208 HI a. que voises sus lui; F auge. — 4209 HI dont
après. — 4210 A oniet sa.; F ta t.; I convier. — 4211 sans alinéa dans
A. — 4214 GFD de droit faire de deflfier (F et d. d., G del d.) — 4217
GF d. nous en prendron. — 4219 A del v. — 4220 F dels d.; HI nest
nul m., GD ni a m. — 4223 HI sus.
156 ÉNÉE SE
ge n'i sai altre desfiance; ««'^^if*^
4225 des qu'il firent sor nos folie,
si sorent il, n'en dotez mie,
que nos ne lor volon nul bien
et que nos nés amou de rien.
De lor part vint primes li mais.
4230 Demain selon tuit es chevals,
le siège lor alon tenir.
Nos nés en devon pas guarnir; cLv^^v/tk^ ,
l'en deit grever son anemi -f^vux^frrjuvni^-LJ^^
et si deit l'en bien faire issi, ]
4235 que l'en ne l'en deit pas guarnir, Os/ayJ-itj \
des i qu'il viegnë al ferir".
Geste parole creanterent ù.£uan,ùTu^i>tAX/nh
tuit li baron ki iluec erent,
par main les iront asaillir; ^uaaIzAÂ^
4240 ja n'i euident a tens venir,
que li Troïën ne s'en fuient,
mais molt sont fol quant il le cuient : puru^e^mt-
issi ne s'en iront il pas.
Bien aveit oï Eneas,
4245 que Turnus asenblot sa gent,
et il ne s'atarjot neient
et nuit et jor faiseit ovrer
et son chastel bien afermer;
il n'aveit talent de fuir. voton-U- , cU^m^u
4250 Ses bretesches fist bien guarnir pcu^cuiAJ^ ùa/a
et adrecier les monteors L^» p^tu^^ijroiKi ^ 'rrui
Le vers 4225 jusqu'à 4230 omis dans A. — 4226 F sorent il bien
que on die; G que que nus die, D nel doute m. — 4227 G vauriens. —
4228 HI ne nos amon de mile r., GF et que nés ameriens de (F amou
mes) rien. — 4230 A as creniax, D a cheval. — HIF nés en devo-
mes; D ues en devon de rien g. — Les vers 4232 jusqu'à 4237 omis
dam HI. — 4234 D et si le doit len, GF et bien le d. e. — 4236 D que
v. ; G desi que ce vigne al f. — 4237 Alinéa dans 111; A celé. — 4239
Alinéa dans D, irons; F par matin i. a. — 4242 F que icou quident. —
4243 F car il ne fuiront ensi pas., G il n. s. i. issi pas. — 4244 HI veu.
— 4245 HI grant g. — 4246 AGF omettent et; A il ne satardoient n.,
GF il n. s de n.; HI se t. — 4247 HI car. — 4248 D a son ch.; HI molt
fort fremer; G refermer. — 4250 D faisoit garnir; GF fait.
PRÉPARE A LA GUERRE 157
et afermer les aleors; ^oljLuu.a,^
tôt environ par les paliz cioVtxn-fi-^ ^ PùMu^j^acLlu
fist endreeier espiez forbiz, dUAp&tJi-^ ^ ûLax^^maj^j
4255 granz pierres mètre et pels aguz, ùÀjuw-
enseignes, lances et escuz.
/ru,/^ ci^ Munt^ Enhanster fist granz besagues ■Aa-cAi-û- eu dûJuM-
-^•^^^ et doleoires esmolues, cUle^t^^jeu^ ùit^jjLt^ixu ^^^^^^^^^^^-^
alves fist faire de desus ^
4260 et les laneieres al pié jus;
granz chars fist defors atachier, yrux.chMrvL^ cLl^ (juui^^^u
et quant vendra a l'aprochier
et cil voldront amont monter,
que l'en lor laist les chars aler:
4265 ki conseiiz en estera, cctiB^irrdL,
a m oit grant peine resordra. iLûA/yyiA-n-A^
Cent enseignes mist el donjon
et en mileu son gonfanon,
ki fu de porpre o listes d'or. >vua-a^ cC ff\J
4270 Soz Troie le conquist Hector,
quant il Protheselaus ocist,
ki la première joste fist; •^ôt*-^ y (^afti^^f-
premiers i vint o son esforz, jt^rmii»- cu-^jn^J^i^
premiers josta, premiers fu morz.
4275 M oit ert riches li gonfanons;
mil que enseignes que penons ûjt .., zh
d'or brosdees de mainte guise oy^^eurùX^tjL
i venteloent a la bise, -jAc-H-cUM^r^
4253 Ce vers et le suivant sont omis dans HI et les vers 4253 —
4287 sont omis dans F. — 4254 GD et drecier; G i e. f., D et e. t —
4255 et 4256 intervertis dans HI, et p. a.; G mètre p. et p. a. — 4257
GD enanster. HI enhanter. — 4258 H doleures, A deloires, GF doloires. •
— 4259 et 4260 omis dans HID; G engiens. — 4261 G gais. — 4262 D
que quant voudroient a; HI que q.; A lo depecier. — 4263 G al mur m.
— 4264 G en lor laira les gais a. — 4265 D cil qui c. en sera. — 4266
HI James nul iour ne r. , A a g. poines en r. — 4268 I et avec aus. —
4269 I lices, G letres. — 4270 D sor T.; A la c. — 4271 HI; D i. dant
Patroclus o. — 4272 D j. i f. — 4273—4395 sont remplacés dans HI, v.
les notes; D primes. — 4274 D primes i vint primes. — 4275 Alinéa
dans D, Dont fu. — 4276 A m. q. densoignes de p. — 4277 G lor bros-
des, D a or brude. — 4278 D il.
158 VENUS ET
Molt par senblot forz li cliastels
4280 et a merveille par fu bels,
de viande fu repleniz
et de buens homes bien guarniz,
ki furent molt bien duit de guerre. L^uJ-UAÙJ^-t
Li chastels sist en blanche terre
4285 et por ce distrent Troïan
que il avreit nom Montalban.
Quant Eneas ot apresté
et son chastel ot ordené, a/\/%£ur>jifl^
eels a loëz ki defendreient À^uu-c^j -oo^-^^aaj
4290 et eels ki el chastel sereient;
partot ot mis arbalestiers cu^J^tiO^^tû'^^^^
et ses serjanz et ses archiers;
mil chevaliers apareilla,
que, des que li besoinz vendra,
4295 que tendront le torneiement c^nnrjj^ti,
fors del chastel contre lor gent.
Des qu' Eneas vint en la terre ^
et qu'esmeiie fu la guerre, àfi^uÀLMaji^
Venus la déesse d'amor
4300 ert de son fil en grant freor,
ki enclos ert en Montalban.
El vint a son seignor Vulcan,
ki molt ert maistre de forgier jûrx.(x,t..^
or et argent, fer et acier.
4305 El l'acola estreitement hrck^rr-KtL/rrU^>r^
et baisa le cent feiz et cent,
molt le blandi et losenja. iicL.phcL , Ca^e^^A.
Il li demande qu'elle a; ^
4279 D fier. — 4280 A ert. — 4281 A ert bien raanpleiz. — 4282 D
preudommes. — 4283 D qui bien duit estoient de g.; G qui molt par f.
d. — 4285 A ovrnt et, p. c. d. li T. — 428G D quil avoit a nom M. —
4287 Alinéa dans D; F q. son castel ot aferme. — 4288 F descu de
lance bien arme; A tôt o. — 4289 F c. eslist; G aloia. — 4290 FD doig-
non. — 4291 D p. t. ot ses a., F p. mist ses a. — 4293 FD si devisa.
— 4294 A sera. — 4295 DH tendroient t.; F quil tiegnent, G qui tcn-
gent. — 4297—4559 otnis dans F. — 429S D et que meue. — 4300 G fu
de s. f. e. g. esror. - 4301 D fu. -- 4302 G et v. — 4303 G sages d.
f. — 430G D lui. — 4307 D lesbaudi. — 4308 G et li demanda.
VULCAIN 159
se Tequene le vuelt de rien
4310 que faire puisse, el l'avra bien,
jSire," fait ele, „que feras?
Ge vei que mes fiz Eneas
est arivez en Lombardie
0 asez poi de eompaignie;
4315 vers le rivage s'est entrait,
en un tertre a un chastel fait;
n'a nul secors ne nul rados, c^ujhuifrù , A^-^^^-y^^.
0 sa gent est iluec enclos.
Turnus, ki est ses enemis,
4320 nel vuelt consentir el pais, fiLôf><mû,tt>ui-
semonse a s'ost, grant gent attne, rijCujn>L
a mon fil vuelt faire rancune. •vevi^&ô-yuLû-
''T^j^^^-^'^rjifi^ ^, . Aserra le en Montalban,
^^■^«^Y^^m2S.% bien le puet tenir un an,
4325 car guarniz est bien de vitaille
0 bien li puet tenir bataille,
buenes armes li convendreit,
que, se Turnus l'aatisseit ù^iji^/ œuxCLxJb.
de combatre sei envers lui,
4330 cors contre cors tôt seul il dui,
qu'il eiist armes convenables,
a oés son cors bien deffansables. -2»^^ j^oajajuj^ oLa. y ûul
Ce te demant, ce te requier, -,A«-^/j,>t..fi.^ cL
or ai besoin de ton mestier.
4335 Se joïr vuels mais de m'amor,
or la deserf par ton labor: { yrxayuj^ic^ )
molt me deis bien le jor servir
ki la nuit puez o mei gésir,
4310 G quil sace faire. — 4315 G se sont t. — 431 G G ont. — 4317
D ne n. s. — 4318 A iluec est o sa g. e., G od tôt s. g. i est e. — 4319
Alinéa dans D.; G lui et ses homes velt conquerre. — 4320 Turnus et
cachier de la terre. — 4321 A semont son ost sa g. a.; G ost. — 4323
G a M. — 4324 G il le p. — Les vers 4325 jusqu'à 4355 viennent dans
G après 4382; G sest. — 4326 G et tenir puet molt bien b. ; A o bien
puisse. — 4328 A ia atissoit, D saatissoît — 4330 D c. a c. trestout s.
andui. — 4332 D avers s. c.; G et auol s. c. d. — 4333 A et te r. —
4335 G tu j. V. d. m. se — 4337 G doit. — 4338 D quant; G puet.
160 LES AMOURS DE
et se tu as alkes d'ahan ûtùt*lâ-u^ j ^omI/tul.
4340 bien t'en rendrai le contrepan." (LennnfU^ruuiik^errx
Vuleans oï que sa moillier
le requereit de son raestier,
otreie li molt dolcement
qu'il li fereit a son talent,
4345 et baisa la cent feiz et plus.
Celé nuit jut o lui Venus,
et fist 0 li ce que li plot
et tôt son buen tant com il pot. j
Set anz aveit toz acompliz ]
4350 qu'il ne fu mais de li saisiz, j
ne en un lit o li ne jut,
por la grant ire qu'antr'els fut.
L'acheison de cel maltalent Mxrduu^ , cU^u^
voil demostrer asez briement.
4355 Vuleans sot bien de fi senz faille
que Mars, ki ert deus de bataille,
amot sa femme et ele lui;
entrehaïrent s'en andui.
Vuleans ert maistre del mestier '?ruJ-ù^
43G0 et deus de feu et de forgier;
de fer fist une rei sotil, 'fi^UM ^t/nJ
molt en furent delgié li m; f^i^
entor son lit l'apareilla.
Des que Mars o li se colcha
4365 et il la tint entre ses braz,
si asenbla Vuleans ses laz, tcLt-^
enz en la rei les enmailla, ii:r\^j tXoy^ûu
trestoz les deus i amena
4339 D omet et, se tu en as; G et se ten as. — 4341 Alinéa dans
GD; G de sa ra. — 4342 G quel requetoit. — 4344 D fera. — 4345 A et
b. lan; D ou p. — 4346 D Icele n. j. o. V. — 4347 G et f. de li quan-
que. — 4348 A volt; G trestot s. b. qanqucs il peut. — 4350 D que. —
4351 G son lit. — 4352 A p. g. i. qui antraus f.; D crut. — 4354 G ai
demostre. — 4355 A an tin. — 4356 D diex ert. — 4357 D la f. — 4358
D entreheent soi ambedui; ce vers ert omis dans G. — 4359 G de forgier.
— 4360 G del f. et de mestier. — 4365 A des quil. — 4367 D lenniaillolla.
— 4368 G et tos.
MARS ET DE VENUS 161
et mostra lor tôt en apert
4370 celé avoltire a deseovert.
Celé chose desplot as deus;
por quant s'en i ot il de tels ^
ki volsissent estre ensement ^ ^ynA-^me^
laeié o li estreitemeni
4375 La déesse molt s'en marri
et son seignor molt en haï;
onc puis ne li mostra amor
ne bel semblant jusqu'à cel jor;
encor le feïst a enviz, û~ fiiupjiJ::-
4380 s'ele ne volsist que ses fiz
eUst halberc et escu fort
por guarantir son cors de mort;
ne fust por seul les armes faire,
en pièce nel prisast el guaire. ciM^rr^^ JUtru^i4jm^
4385 Son maltalent li pardona,
por son besoin se porpensa,
que l'en deit bien iluec preier
0 l'en vuelt alkes espleitier: -M^-^-^xm^^-^^^
blandir et losengier estuet
4390 et sopleier, ki mais ne puet.
La nuit lu l'acordanee prise, Axc-ann.Ci.iiAihJTrj
Venus s'en est en grande mise ^' .4.^^ "yriim^ .Lfr^ fi4 rt
por espleitier de sa besoigne, û>^juiujUj\)
Vulcans ne quist onkes essoigne, /> j/ ct^^g^
4395 l'endemain est matin levez,
toz ses ovriers a apelez
et preia lor de comeneier
4370 A celé aventure. — 4372 A p, q. se i ot il, D p. q. si en y ot,
G p. q. si ni ot il. — 4373 G v. tôt ensement, — 4374 G a li. — 4375 D
sesmari. — 4376 G s. en en h. — 4377 G aine. — 4378 D nul bel. GD
ajoutent deux vers. V. les notes. — 4379 D le feist elle molt e., G ne leust
el de rien requis. — 4380 G mais ele voloit. — 43S3 D n. f. seul p. 1. a. f. ;
G ces. a. — 4384 A a p. — 4387 D quil le. — 4388 D Vulcan veiilt a. e.;
G doit a. e. — 4389 G et sosploier ne puet. — 4390 et losengier qui mius
n. p. — 4391 Alinéa dans GD, la concorde. — 4392 D en garde m., G
molt entremise. — 4394 D nen, G ni. — 4395 HI Alinéa, Vulcans sest
par m. 1. — 4397 I a c, H au c, A danc.
Bibliotheca Kormanuica lY. l\
162 DESCRIPTION
l'ovraigne faire et espleitier.
Par les forges le feu alument,
4400 les forn aises ardent et fument,
bâtent le fer, tenprent l'acier.
Vulcans comencë a forgier,
ÀjrJJt^rùjxu^ ( é ) .. li gignor fièrent asprement,
^uArvii^^^ ( . ; ki bateient l'or et l'argent;
/X^ jMfi'xCJLfrit. 4405 molt s'arguënt et molt s'angoissent,
r^ as enclumes li martel croissent.
Ne sai que acontasse anpleis: ^<A/i>ft>rv>*a-AA
n'i mist mie Vulcans deus meis,
que les armes a aprestees.
4410 A sa femme les a données;
buenes furent, el mont n'ot tels,
nés peiist pas faire oem mortels,
ne il puis teles ne feïst,
ja tant ne s'en entremeïst.
4415 Li halbers fu tresliz d'argent, 4, yrt^ûMlt^
menu mailliez molt sotilment; -d.i^nA/rrUjnJb
forz ert et merveilles legiers, '
n'i feïst rien fers ne aciers.
Menu listez fu li halbers aa>u<-
4420 de mailles d'or tôt en travers,
• les manches et li cors trestoz
et ensement li pans desoz;
par colp que nus oem i donast,
ja une maille n'en falsast;
4425 et ensement les genoillieres
4398 A a f . — 4399 HI les feus, G lor fus. — 4401 H trempent. —
4402 HGD comenca. — 4403 HID ovrler; HI durement. — 4405 et 4406
omis dans HI. D et m.; A larguent. — 4407 HI n. s. que laloignasse
plus, G ne sai aconter lor esplois; D a. un plais. — 440S HI .m. mois
i mist ou (I un) petit plus, A ni par mist par pas V. .11. m.; D .1. mais. —
4409 HI quant ot 1. a. a., D quil a 1. a. a.; G ot a. — 4410 HI Sa f.
les a présentées. — 4411 D not hom talz. — 4412 I puet. — 4413 D
neis puis celles. — 4414 A j. t. bien s. e. — 4415 Alinéa dans DG. —
4416 G maillies menu; HI m. m. et s. — 4417 D f. estoit molt et bien I. —
4418 G ni forfeist f . — 4419 H iert. — 4421 D trestout. — 4422 D les cors
trestout, HI les p. d. — 4423 HI ja p. c. que on i d. - 4424 HI une
des m. ne f. — 4425 D genoilliers.
DES ARMES D'ÉNÉE 163
d'or et d'argent furent partieres.
0 le halberc ot helme cler
de costes d'un peisson de mer;
molt par fu forz et bien luisanz,
4430 ses preis fu de set vinz besanz; -ùe-A^A/rtJ^
ki de desus ferist d'espee,
anceis fust el tote esgrunee, ijL. -lut, iM^lcKlju
qu'el abatist de l'elme tant
ki amontast un peis pesant. perLdMj
4485 Forz et durs fu et bien entiers cL' u.*nâ^ ^ou-f a.
et fu listez d'or par quartiers;
sus el pomel ot quatre esmals
et quatre pierres naturals,
et li cercles ki fu desoz
4440 ert molt bien faiz a or trestoz,
a riches pierres, a esmals;
et d'une pierre ert li nasals
ki par arme ne fust cassée
ne tailliee ne endoblee. ïri/.ùaa. ccuo JU. "yruMlûM^
4445 De la coste d'un grant peisson,
ki est en mer, cetus a nom,
de celé ot fait Vulcans l'escu,
ne puis ne ainz si buens ne fu;
forz et legiers ert a merveille;
4450 la targe en ert tote vermeille,
4426 HI tontes plenieres, D f. entiers, A firent p. — 4427 Alinéa
dans H. I sus; HI fu liaume, G ot lelmel. — 4428 G et su fu dun p. d.
m.; A descorce, D de conche; I de p. — 4429 HI biax cler et 1. — 4430
I plus valoit de .m. c. b. GD ajoutent deux vers. V. les notes. —
4431 — 4435 omis dans HI. D qui dessus f. o lespee. — 4432 A ainz f.
ele ; D a. f elle e. — 4433 A que nabatist de nul leu tant. — 4434 G que
en montast. — 4435 HI f. et d. fermes et e. ; D f. fu et d. , G molt par fu
fors. — 4436 A fu litez bien. — 4437 HI desus en haut en un esmal. —
4438 HI ot une pierre natural. — 4439—4443 omis dans A. HI iert. —
4440 G de fin or tos. — 4441—4445 omis dans D. G fais est a p. —
4442 HI mais d. fine. — 4443 HI qui ne puet darme estre quassee, G
que par armes ne fust quasses. — 4444 HI n. t. ne esgrunee, G ne de-
trancies ne entames. — 4445 Alinéa dans HD, G dune c. ; A de g. p. —
4446 HI qui en mer est; D ert; G escu. — 4447 HI de celui fist, G de
cela f. — 4450 HI la color en estoit v., G et la t. ert t. v., D la t. e. t. v.
11*
164
SUITE
4455
4460
4465
4470
4475
'yrvftAO
senz altre teint, de sa nature;
molt ert luisanz et molt ert dure,
que ne peiist estre entamée
ne par lance ne par espee; , - Aj^
fers ne aciers, ki i fenst, ^ ^o
ne plus que pions n'i forfeïst. ùXerrrUf
D'or fu toz li escuz orlez,
de treis bendes parmi listez nouu^
0 molt sotil entaillelire
et 0 mult buene enleveiire; /ujUâJ
pierres i ot par leus asises,
et buens esmals a entremises; ùIù-ulà^ cu^^ yruA
d'un vert topace fu la bocle,
sus en Torle ot un escarbocle, "ir^^uL
ki par nuit getot tel clarté,
com se ce fust un jor d'esté;
la guige fu d'un buen orfreis;
onc tel escu n'ot cuens ne reis.
L'espee fu molt bien forbie, .
forgiee fu par grant maistrie, i
dis feiz fu li aciers moluz fKAnu'ut.
et par dis feiz fu refonduz,
mainte feiee fu tenprez
et bien recuiz et bien soldez.
L'espee fu molt bien tranchanz
et dure et clerc et reluisanz;
4451 A autretant. — 4452 HI cler et luisant (H c. reluisant); G molt
par ert fors; HIG et tant ert d. — 4453 A quel. — 4455—4458 sont inter-
vertis dans HI ainsi: 4457, 4458, 4456, 4455. — 4457 H bendez. — 4459
et 4460 omis dans HI. G molt soltiue ert 1. — 4460 et m. b. est li ol-
vreure. — 4461 HI plusieurs a., D un poi a. — 4462 I enchâssées en
esmal mises, H et en lescu en esmal mises, G et a e. bien e. — 4463 HI
espace. — 4464 D s. en lorlet fu lesc. — 4465 G iete. — 4466 G comme
solax el mais d.; HI el j. d. — 4467 HI 1. g. en fu; A d. cher a., D de
bon o. — 4468 D onques tel not ne c. ; G aine; GA tels escuz; I not
onques rois. — 4469 Alinéa dans HDG. HI fu m. reluisanz (cp. le vs. 4476);
D forgie. — 4470 HI omis jusqu'au vers 4476. D p. g. m. f. forgie. —
4471 G .II. f ; D fonduz. — 4472 G et .m. fies; D refu f. — 4473 D et m.
foys refu t., G m. fie f atempres. — 4474 D batuz. — 4475 D luisant. —
4476 HI c. et tranchanz, D c. bien 1., G c. et bien 1.
DE LA DESCRIPTION 165
fers ne aciers ne la tenist •
ne marbre bis, ki l'i ferist;
molt en reluiseit l'alemele, irtr^ eL' CXAjmt, ./lA'wc/vA/rjfe
4480 l'en la peust mètre en roële.
0 letres d'or les mers i fist "'
Vulcans et son nom i escrist. ^
Li helz en fu tôt de fin or
et d'ivoire li entretor; 'Jua* t. oLl ^ ' ^jù/m-
4485 de fil d'or fu desoz liez
. et molt estreitement laciez
por mielz estreindre et mielz tenir,
que el ne tornast al ferir.
D'un esmeralde fu li ponz
4490 en som l'espee, toz reonz.
Quant Vulcans l'ot apareilliee,
en s'enclume l'a essaiee,
0 il feseit sa forgeure,
ki molt ert granz et molt ert dure,
4495 set piez ert lee, espesse nuef,
ne la traisissent trente buef.
Il i feri, si la trencha,
jus qu'en terre li branz cola;
s'il ne l'ettst si bien tenue,
4500 ce cuit, ja ne fust mais velie;
onc en l'espee ne parut,
el ne pleia ne el ne frut.
N'est merveille s'ele esteit tels,
4478 I bien qui. — 4478—4481 omis dans D, — 4480 H pooit. —
4481 HI a lettres que par sens i mist, G les letres dor sa mère i mist. —
44S2 G et V. s. n. — 4484 D et d. tout l, G que mist vulcans de son
trésor, HI e. d. fu lentrestour. — 4485 G dun; HI fu estroit lié, A fu tres-
toz 1. — 4486 HI et e. enlacie. — 4487 D et a t.; GA ferir; G et por f.
— 4488 DG quele. — 4489 D dune; G dun achates estoit. — 4491 Alinéa
dans GD. Ce vers et le suivant sont omis dans 1. — 4492 G dedens s.
la fichie. — 4493 et 4494 intervertis dans HI. HI la ou f.; D la forgerie.
— 4494 D qui fu granz et m. par fu d. — 4495 A sis p.; D s. p. ot de
le despez n. — 4496 HI .nii. b. — 4497 D si en t. — 4499 et 4500 omis
dans HI. D selle ne fust. — 4500 D je cuit ja mais ne f. v., G il ue leust
j. V. — 4501 HI ainz; G aine a 1.; GD naparut. — 4502 HI nel n. p. ne ne
se mut, G ne ne p. ne se mut, D elle ne p. ne ne refust. — 4503 G fu.
l
166 SUITE
que ja l'aveit faite li deus
4505 ki les foldres saveit forgier,
que Jupiter soleit lancier.
A l'espee ot fuerre molt bon,
ki fu de la dent d'un peisson,
a or batu et tôt flore
4510 et entaillié et neelé. er^^M^ cU. yùjLiija-^
La r^nge fu d'un blanc diaspre, ixCMuL»JLû^hj
en l'un des chiés ot une jaspe, «{hm-» f a-
et en son l'altre ot un jagonee, ûcaa/u- £)/\txùt-UA
en or asis, chascuns d'une once. (-kAfàOL^Û/nih
4515 La lance fu bien aceree
^*^*^ yûl-u- et fu aïketes coltelee, ÇuiokuUiLâ, (7)
molt fu bien faite et esmolue
et bien trenchanz et bien ague,
ne la tenist aciers ne fers, //u>tf^»WiJ^
4520 ne nus escuz ne nus halbers.
La hanste fu de sicamor,
fermée i fu a deus clous d'or.
Venus i ferma une enseigne;
longuement l'ot Mars en demeine, Ci^xayiAuJ^
4525 il li dona par druërie,
quant el devint primes s'amie;
bien fu tissue et bien ovree
et par listes fu d'or brosdee;
4504 A et ja 1. f. uns d., D que faite lavoient les diex, G ja 1. f. Vul-
cans li d.; HI ja 1. forgiee li d. — 4505 HI soloit f., D suellont f. — 4506 G
selt trebuchier. — 4507 Alinéa dans I. — 4508 HI qui fu fet du cuir d.
p. — 4509 — 4515 omis dans III. D b. trestout f., G b. tôt enflore — 4510
G et enmaillie. — 4511 D liaspe, A diapré. — 4512 D en un des chies; GD a
un vert j. — 4513 D et dessor 1. ot .i. iasconconce (?); G a un j. — 4514 G
dun. — 4515 Alinéa dans lIDG. HI fu et grant et lee. — 4516 III et fu
auques bien aceree; D auques encoltelee. — 4517 III bien fu faite bien e.;
A et bien ague, G et bien molue. — 4518 D et moult t.; III bien fu t.;
A et esmolue. — 4519 II escu ne f. — 4520 II ne nul acier. — 4521 III
h. en fu; D la lance fu de sicomer; A liante. — 4522 III pertuis i ot,
GD férus 1 fu; D a clos dacier, HI a .m. c. d. — 4523 G et V. i f. len-
sagne. — 4524 — 4528 à moitié illisibles dans A. — 4526 III ele fu; D
premier. — 4527 HI molt fu bien fête et b. o. G omet fu et et. — 4528
III bendee.
DE LA DESCRIPTION 167
cent torsels valut d'altres dras.
4530 Par envie la fist Pallas:
ele l'ovra par grant maistrie, ^
quant Arannes l'ot aatie; pru>^otu*jaj^
els ovrerent a entençon, ^-^rv c.^ir\ cjm *Lr\.4.,rr\jLA^
dont fist Pallas eest gonfanon.
4535 Por ce qu'el fist meillor ovraigne,
Arannes mua en iraigne,
ki contre li s'ert aatie;
s'entente ot mis tote sa vie -4 ' àJ^cmÀ- û^pLa^uùi, ol.
•hydit'^ en teiles faire et en filer,
4540 por ce ne puet encor finer,
toz tens file iraigne et tist, ûj\ajLûfT\e.^.
sa filace de son ventre ist. j^'à^xf^g
Quant Venus ot tôt recett,
lialberc et helmë et escu,
4545
chalces et lance et espee, a/^»î^»t^x.i^<j2-^iAA-»
et el l'enseigne i ot fermée,
a son mesage les charja,
a Eneas les enveia
a Montalban, o il esteit.
4550 Le jor i vint li mes tôt dreit.
Ëneas molt s'apareillot
et del siège se conreot, ,<^/_ ûAjLpiuxrùJL
et s'il veneit a grant destrece,
qu'i guardereit sa forterece.
4555 Iluec li fu faiz li presenz.
4529 HIplus riche que nul autre d.; G v. bien de d. — 45:50 HIDG
P. estuide la; A lot fet. — 4531 et 4532 i7itervertis dans HI. G celé; HI i
ovra. — 4532 G lot aramie. — 4533 III courer voloit par contencon, GD
queles (D quelz) olvrerent par tencon. — 4534 D ce singlaton, G cel g. —
4535 GD per ce que; D que fu. — 4530 A Aranne. — 4537 III sest, G
selt. — 4538 II s. mist, DI s. y mist. — 4539 D que t. ; A pailes ; G tistre ;
ni et en fis. — 4540 III ne ce nest encore fenis; G onques f. — 4541 G
liraigne. - 4542 III de son cors. — 4543 sans alinéa dans A. — 4544 G
le hauberc le hiaunie lescu ; D omet premier et. — 4545 G les chances le
lance lespee. — 4546 D et en 1.; III omettent el; G et 1. qui ert f. —
4547 m tout ch. — 4548 III tout e. — 4551 III que Ileneas s. — 4552 HI
se conseilloit. — 4553 et 4554 intervertis dans HI. HI se il v., GD et molt
estoit. — 4554 G corn garniroit.
168 ÉNÉE CONSULTE
Tuit cil ki esteient dedenz
le comencierent a loër, 4x>ujlj^ , axoloÙl/o
chascuns par sei a esguarder,
Eneas a les armes prises
4560 que sa mère li ot tramises;
n'est merveille s'il les ama.
Toz ses chevaliers asenbla,
une chose lor a mostree
que sa mère li ot mandée.
4565 flSeignor", fait il, ,en ceste terre
somes moll acoilli de guerre. ûuttoAtL&A^
Turnus ne nos i vuelt laissier,
venir nos deit ci asegier;
se il nos puet par force prendre,
4570 toz nos fera ardeir o pendre,
n'en sereit prise raançon,
ne nul secors n'i atendon.
Venus ma mère m'a mandé
que ci près a une cité,
4575 dont Euander est reis et sire;
d'Arcade vint, si com j'oi dire;
contre la gent de ceste terre
a totes veies eti guerre.
La me mande que quiere aïe;
4580 se ge i vois, ne faldrai mie
que n'en amein altretant homes CLuJfci^nL
en cest chastel, come nos somes.
Se vos cuidiez que rien me vaille,
anceis que Turnus nos asaille, a\/Cur\t au4^
4585 en serai ge bien revenuz,
4556 HI leenz. — 4557 GD les c. — 4559 Alinéa dans IIIDG. F E.
fu bien porpenses. — 4560 et 4561 omis dans F. — 4562 F sa ses ch.
apeles ; D les c. ; GD apela. — 4563 D dune chose les aconta. — 4564 D
que sa m. adont 11 manda; GF li a m. — 4565 I dit, H dist. — 4568 le
dernier mot illisible dans A. — 4570 GF deflfaire ou p. — 4571 HI nen
prendroit nule; F sera. — 4572 A conseil; D nen a., HI nos nat. — 4573
I mande ma. — 4574 I une c. a. — 4576 HI i vint, F en vient. — 4577
III et a la g. — 4578 HI t. eures ; D a toutenelles ou a g. — 4579 A El,
F Le; GF ma mande, D me manda, — 4580 A si. — 4581 D que ie n., F quil
ni a. — 4582 IIIF com n. i s. — 4583 F nos v., HI vos v. — 4584 G mi a.
SES BARONS 169
secorrai vos o mil escaz.
Amont l'eue del Teivre irai
0 seul deus nés, plus nï menrai,
car la endreit est la contrée
4590 0 la citez siet Palentee;
et ki par terre aler voldreit,
ainz que par eue i sereit,
mais el païs a molt grant guerre,
plus iert selir en mer qu'a terre.
4595 Dites mei ce que vos en senble."
Cil li loërent tuit ensenble
que il en ait hastivement,
bel tens faiseit, si ot bu en vent.
Eneas ot que il l'otreient
4600 et por secors querre l'enveient,
ne s'est de rien plus atargiez,
congié prist d'els, ses a baisiez
et preia lor a toz molt bel
que, se Turnus vient al chastel,
4605 que il ne facent nul desrei aLC(i^eruiL\â~ ^ c^rijLcuu.a'rj
ne fors nen issent al tornei; carrrUftià, cl ûUju^
fors de la porte uns seuls nen ait,
deffendent sei s'on les asalt.
Tôt en plorant son fil baisa,
4610 al Teivre vint, es nés entra,
deus en a fait desaancrer.
Il eomença a avesprer;
4586 D secoura nous. — 4587 y de T. — 4588 D e sol deuz riens
ni m., F deus nés tant solement m. ; G que. — 4589 HI tant que vendrai
en la c.; D en treit; AD en la c. — 4590 G que la endroit se siet plan-
tée; F par lantree. — 4591 et 4592 omis dans III, 4591 — 4595 dans F.
G i porreit, omet et. — 4592 G ancois. — 4593 HI bien sai quel pais a
grant g.; G m. de g. — 4594 HI miex irons par mer que par t.; G sui
seurs ; D seurs e. m. quen t. — 4595 A D. men ; D m. donc que. — 4596 A
Ce li. — 4597 HIF voist; G quil i alast. — 4598 F f. savoit b. v.; G bel t.
avoit et seur v. — 4599 sans alinéa dans A. F lot, G sot; D quil li o.;
GFHI que tôt 1. — 4600 HI omettent et, p. s. q. li e.''— 4601 I plus d. r. —
4602 F omet dels, c. a pris; A prent; I sest esloingniez, H sest eslesiez.
— 4603 I et 1. p. ; F lor trestos. — 4605 GD nen f. — 4606 A ne i. ; HD
a t. — 4607 D nulz n. a. — 4611 GF .m.; F faites desancrer.
170 ARRIVÉE
il a fait traire sus les veiles,
la nuit siglerent as esteiles
4615 et l'endemain tôt altresi,
jusqu'al tierz jor en dreit midi.
Idonc vindrent soz Palantee,
bois ot par tote la contrée
sor le Teivre par le rivage;
4620 il aloënt amont a nage,
soz les arbres le covert tindrent,
tant que desoz la cité vindrent. -4^-t-A-A^^ û. La.
Li reis ert de la vile issuz,
sor la rive ert el bois venuz;
4625 iluec seeit a son mangier
0 molt grant gent soz un lorier.
Le jor aveit fait a sa guise
molt haltement un sacrefise claj<c 'L-t^uLLcou<» c
d'une festë, en remenbrance tJi'xèJrr^
4630 de la merveillose venjance
que d'un mostre fist Hercules,
a icel jor, iluekes près, ^oa-À-a- dt, jLo.
ki deguastot tôt le païs; cLLA/cuH^ûLLt.
quant il aveit un home pris,
4635 il l'acorot, son sanc beveit, 4^uui cut^iXicAAiè >
la char manjot, les os roeit; û/rJhjù
il ne manjot se homes non; aÀj^tù CiA^^t,
Cacus aveit li mostres nom. ^
Quant Hercules vint en la terre,
4613 HI t. amont, DF sus t. — 4614 D corurent; G tote nuit corent.
— 4615 G et el d., D a 1.; F ont a. — 4616 III jusqua; H a mie di; F
omd jus; HF a mie di, I d. en m. — 4618 HI iert, A a. — 4619 GFH
SOS. I sus; F les le r. — 4620 HI sen a., F a. il. — 4621 F tote laige lor
voie t. — 4622 GF jusqua d.; HI devant; F lentree. — 4623 sans alinéa
dans HI. — 4624 HI sus le rivage el b. menuz ; D defors fu enz ; F voie.
— 4626 GFHI a. — 4627 D f. sacrefice. — 4628 D et en lor guise. —
4629 GFD et une; III por r. — 4630 GF de la gloriose, III dune m. —
4631 GF que un m. ocist H. — 4632 F qui la estoit en un convers; G .i.
poi après, D illuec après. — 4633 F et d. — 4634 F omet il ; GF un h. a.
ocis. — 4635 I il loccioit, H il acoroit, G il lacoloit; F le sanc prendoit si
le buvoit. — 4636 HIF le ch. et les os en m. — 4638 A Carus, D
(Jassus; H cil m.
CHEZ EUAISTDRE 171
4640 a sa fosse l'ala requerre, cÀj^uJ^j-n/
por un forfait que il li fist;
par grant vertu iluee l'oeist, nj-cû-LLA/n-cc.
a un arbre pendi la teste.
A icel jor en ert la feste
4645 que celebrot o molt grant gloire
li reis, de celé grant victoire.
Encor seeient al mangier,
quant il oïrent cels nagier,
ki amont l'eue s'en aloënt;
4650 les armes ki reflambeoënt
entre les arbres aperçurent.
De ce que virent se comurent ù ' oujû^f-e^^xiL^r^
et furent tuit en grant esfrei.
Pallas, ki esteit fiz le rei,
4655 en sa main destre a pris un dart,
puis en ala tost celé part;
desor la rive s'arestut,
cels esguarda, nus n'en conut;
por poi le dart ne lor lança,
4660 mais primes les araisona.
flSeignor", fait il, ,ki estes vos,
ki si vos enbatez sor nos? aà^ ûnâ.cJLfùJ-tJ^
Armé venez en nostre terre,
ne sai se volez pais ne guerre.
4665 Se vos venez ça por mal faire,
vos ne volon de rien atraire; cL^bbirduxj
4640 D enz en la f. 1. querre; GF en la f. — 4641 d 4642 inter-
vertis dans HI. F p. maint; GF lor f. — 4643 F pendoit. — 4644 F j.
estoit la f. — 4645 D quen c, I quil c; IF celebroient; F otnet al, I omet uiolt;
GD a m. g. g. — 4646 HI pour la grande v. — 4647 D seoit il, F seoit
on. — 4650 HI virent leur a. qui fl. — 4651 G e. les nés; F virent luisir
si sapercurent; HI saparurent. — 4652 I des quil les v. les conurent; H
quil V., F ques v.; HF sesconurent. — 4653 G a g. e. — 4655 A en sa
mestre; HI art. — 4655 F a. vers c, HI a droit c, D a. ycele. — 4657
III desus. — 4658 I ses e., F els esg. ; G agarda; III n. ne c, G si les c.,
F nuln. — 4659 I li 1. — 4660 F premiers. — 4663—4666 intervertis dans
HI ainsi: 4665, 4666, 4663, 4664. I se vos v. en ceste t. — 4665 HI ci.
— 4664 A oez. — 4666 HI ne v. i v. pas a.; G sur nos a.
172 ACCUEIL
anceis que vos vegneiz a port,
sereiz vos tuit navré o mort."
Eneas estut en estant
4670 el chief de la nef de devant,
al dameisel a respondu:
„Ne somes pas por mal venu,
n'avon talent de faire oltrage, cujh.A.eia j jtrUz,
ne nus de nos n'a soing de rage. 7x£^ .û^ .caucj>
4675 De Troie somes l'essiliee [>, ^xo:J^UUd4L ^
et somes genz desconseilliee;^ .^^^^ ^^ yix-A-^
l'en nos chace de tote terre,
al rei venon por conseil querre
et mostrer li nostre besoing; -T^^g r<t a^'^^j CaJca
4680 de mesfaire n'avon nul soing.
Conseilliez nos, par deu, bels sire,
se ja nos savriëz a dire
0 troverion senz faillanee. ^uuru^ -jcujJ^
Aveiez nos senz demorance." .dA^y-i-A-- ûl<L^âù.
4685 Donc tendi ses braz vers la rive
et li mostra le raim d'olive:
ce esteit donc a icel tens
signe de pais entre paiens.
Pallas oï que il diseit
4690 et vit le raim que il tendeit, iyx^x/rxUyjL,
sot qu'il n'aveit talent de guerre;
il le rova venir a terre
4667 HI aiez pris p. — 4668 III destruit et m., F ou pris ou m., G
et pris et m. — 4669 sans alinéa dans A. A sestut; GF dedevant. —
4670 III par devant, GF en estant. — 4671 HI qui au d. respondi; GFD
le d. — 4672 III por nul mal ne venomes ci, F ni s. nient por cou v., G
ni s. pas por el v. — 4673 D de nul outrage. — 4674 III en nos cuers na
ne ieu ne rage. — 4675 D fusmes. — 4676 si s. — 4677 III en nos ch. ;
F cacha. — 4678 HID v. ca c. q., G v. c. requerre. — 4679 III et por m.
n. b.; F le n. b. — 4680 III de combatre navomes s.; F de mal f. ; A ne
ai ge s. — 4681 G C. n. fait il b. s. — 4682 A savries. — 4683 III ou le
roi truison sanz doutance; D truissons le roi; F ou le t.; G t. pais s. f. —
4684 III conseilliez. — 4685 G son bras. — 4686 G et m. lor; y un r. —
4689 Alinéa dans GIII. — 4690 F quil li; IIIDG tenoit. — 4691 III la pes
rovent mie d. g.; F dont sot, G sot donc; AD avoit; GF quil nert mie
d. g. — 4692 III il les r., D il li r.
DE LA PART D'EU ANDRE . 173
et cil nagierent tant a fort,
que endreit lui vindrent a port, j^aju^ cLl*
4695 Iluee atachierent lor nés
et alkes d'els i sont remés;
fors en issirent li plusor
ki alerent o lor seignor.
Pallas les a menez tôt dreit
4700 la 0 li reis ses père esteit.
Eneas parla tôt premiers;
le rei et toz ses chevaliers
a salué molt umblement
et li reis lui molt dolcement; ùancL'i (\ii~^innA.rrxh
4705 puis dist Eneas sa raison,
si se torent si compaignon.
„Reis, ne te tort pas a enui
ce que dirai; de Troie sui,
Ancliisés ot a nom mes père,
4710 Venus, la déesse, ma mère.
Quant la cité destruistrent Gre,
si me comanderent li de,
que 0 tote ma compaignie
m'en revenisse en Lombardie,
4715 la dont nostre ancestre fu nez,
ki Dardanus fu apelez,
ki fonda Troie la cité.
Ça 0 li deu ont comandé,
somes venu o quelque peine;
un chastel avon en demeine; yao^no-vl/*^
Turnus nos vee le pais, oLLUyruL
de guerreier s'est vers nos pris,
4720
4693 G et cil nagent t. a effort, HI et il naioient a effort; F donc
a f . — 4694 I quil les rova venir au p.; F quencontre. — 4695 D arive-
rent. — 4696 y alquant ; F d. illuec r. — 4697 F alerent. — 4698 D et a. —
4699 I les envoia, H les en mena, FD les amena. — 4701 sana alinéa dans A.
y tos. — 4703 HI a s. m. bonement, F a s. cortoisement, G a. s. m. dol-
cement. — 4704 GF humlement. — 4705 A lors. — 4706 HI tuit s. t. — 4707
D mie a e. — 4708 D ce que ie die. — 4709 A avoit nom; GF dans A.; F ot
nom; G cil fu m. p. — 4710 F V. la dame; GFD est m. m. — 4714 HÏD
venisse; F man alasse. — 4718 G lont c. — 4719 F a molt grant p. —
4721 G nie, FA vie. — 4722 F de guerre s. envers; G de torner sa a n. p.
174 . DISCOURS
il vuelt nostre chastel abatre
et contre nos se vuelt combatre.
4725 Vers les deus a pris eeste guerre,
ki nos otreient tuit la terre;
o bel lor seit o mal lor sace,
ce m'est avis qu'il nos en chace.
En la contrée avon oï
4730 que il vos ra tant acoilli ct^ttoAicA^
et guerreié molt longuement
por force et por maintenement. m-cozl/).^^
Somes ici a tei venu
que nos secores par vertu;
4735 se tu me vuels un poi aidier
et de ta gent alkes baillier,
ge vengerai et tei et nos,
a brief terme seron rescos. Ultùt^'yLuj
Se par tei puis veintre ma guerre,
4740 mon enemi prendre o conquerre,
tote m'enor tendrai de tei,
la seignorie t'en otrei."
Li reis oï qu'Eneas dist
et la plainte que il li fist,
4745 respondié li molt dolcement
et dist: „Molt es de buene gent;
a mon jovent a Troie fui,
le rei Priant molt bien conui
4724 D encontre. — 4726 HI qui nos otroierent la t., D qui nos oc-
troiont 1. t., F qui otroie nos ont 1. t., G qui nos ont otroie 1. t. — 4727
HI ou as diex poist ou le lor place, A ou bel nos s. ou mal nos sace;
D mal lo sache, G il lor place (?). — 4728 HI Turnus par force (I a f.). —
4729 HI Assez avons (H ravons) parole {H parler) oï. — 4730 y te (F ten). —
4731 GF et guerroia toi (F te) 1.; III molt 1. - 4732 y par f. et par. —
4733 A vos. — 4734 G a vertu. — 4735 GF nos v.; D auques a. — 473G
III un pou b. — 4737 III et moi et vos, D et t. et moi, G et vos et nos.
— 4738 F a poi de terme ermes r. — 4739 D tenir ma g.; G vos. —
4740 HI m. e. par toi c. ; I) vaintre et c. , GF destraindre fit querre; A
panre. — 4741 G tos tans. — 4743 lill) ot que Ileneas d.; I dit. ^
4744 A proiere quil. — 4745 III respondu a. m. d. — 4746 HI dist li m.
e. de haute g. — 4747 GF en mon vivant. — 4748 GF le roi et tos les
sieus c.
d'euandre 175
et toz ses fiz et ses barons
4750 et de plusors soi bien les nons,
et Anchisés eonui ge bien,
ton père; il me dona un chien,
un arc et un bon cuivre a or
et dis saietes et un cor;
4755 sor toz les altres m'enora
et molt del suen m'abandona.
Por ton père que molt oi chier
et por ton enemi plaissier, 'ireu.jn^.^iA^
vint mil homes te troverai;
4760 ge sui vielz oem, si remaindrai,
mais veiz ici mon fil Pallas,
que ge molt aim; lui en menras;
demain le ferai chevalier.
Seies segurs, si vien mangier,
4765 si t'esleece ensenble nos,
car cist jors est molt glorios;
nos celebron hui une feste
com Hercules trencha la teste
a un mostre ki ci esteit,
4770 ki toz noz homes oeieit."
Li reis a l'eue demandée,
en bacins d'or l'ont aportee;
Eneas lava et sa gent,
puis mangierent molt richement.
4775 Ne sai conte dire des mes
ki sovent vindrent et espés, .^/rv eLTiayn^U- OM-^i^viMiJ^
ne des bons vins ne des herbez, ^ /
mais il en orent tuit asez.
4749 D t. s. f. et toiiz s. b. — 4750 F et des p. de ses barons; G et
des plus fors. — 4753 HIF dor. — 4754 HI .xx. s. — 4755 HI sus. —
4756 HI et tout le suen. — 4758 F mon e. vengier. — 4759 HI char-
gerai. — 4762 F celui m., G cel i m. — 4763 et 4764 sont omis dans HI. —
4765 HI or t. e. o nos. — 4766 HI que c. — 4767 A ci une f. — 4771
Alinéa dans DGF. — 4772 GF les b.; A fu a., D li ont donnée. — 4773
Alinéa dans H. F o se g. — 4774 HI si m.; D liement. — 4775 HI tenir;
GFD dire conte. — 4776 HI mes s. v.; F i v. espes. — 4777 HI ne
des clarez; D ne d. vins ne des bonnes herbes; A et des h. — 4778 HI
dont il ont t. eu a.; FD m. quil.
176 DÉPART
Eneas leva del mangier,
4780 si apela un chevalier,
si fist venir ses tombeors, '<errisJUx4,^\.^
ses genz et ses enchanteors cJ\.A^rt3f^Au^x^
devant le rei, ki ot grant joie;
lor fist faire les geus de Troie.
4785 Cil del païs les esguardoënt
ki raolt forment s'en merveilloënt,
des geus qu'il n'aveient en \{%\ julcxloa.
les deus loërent de lai sus,
ki a lor feste et a lor joie
4790 ont amené la gent de Troie.
Quant il orent pièce joé
et en joie le jor mené,
et li reis vit qu'il avespra,
son hoste en la cité mena.
4795 En la veie li a conté
et tôt en ordre demostré,
eoment il vint de sa contrée
et eoment i sorst la mellee, AatuxMM.
por quel Turnus li mut la guerre
4800 et com il tint de lui la terre.
Tant li a dit et tant conté,
qu'il entrèrent en la cité;
petite et povre ert et deselose, ôt^u^Ai^
encor adonc ert poi de chose;
oJ-tru^
4780 HI apele un suen mesagier; AF et a. — 4781 HI venir a fait
ses jongleours; GF tumeors. — 4782 HI et ses mestres e., F et ses en-
giens e., G ses engins ses e. — 4783 — 4791 omis dans D. HIG r. a molt
q. j, — 4784 F lors; HI des g. F place après ce vers les vss. 4791 et
4792. — 4785 F et c. d. p. mervilloient, G sen mervilloient. — 4786 A et
m.; G qui volenters les esgardoient. — 4787 F av. eus. — 4788 F la de-
sus. — 4790 F gieus. — 4791 I q. il ont grant p. j. — 4792 F gloire; I
passe, H use. — 4794 A a la c. — 4795 GF niostre. — 479G FG et en
0. tôt aconte (F trestout c.); HI devise. — 4797 A corne, F si coni. —
4798 HI et c. sordi 1. m., D et com estoit de 1. m. ; F li s. — 4799 G lesmut
de g. — 4800 III et com il sourt a soi 1. t. , F et c. il aquita s. t. ; G a lui,
D vers lui. — 4801 HIG et aconte, F et raconte. — 4802 F quil en entrent,
6 q. sont entre. G intercale ici les vers 4843 et 4844. — 4803 A p. estoit
molt, D p. p. e.; G li cites ert forment d. — 4804 GFD povre ch.; D fu.
DES TROYENS 177
4805 mais puis sist Kome iluee endreit,
ki tôt le mont ot en destreit: 'yri^iJjh.cûjhxuL ,
de tôt le siegle fu reine, i-&u.j^^yru.^n)l-ûuJ:^
tote terre li fu aeline.
La nuit jurent en la cité.
4810 L'endemain sont matin levé;
li reis fist son fil demander,
armes li a fait aporter;
iluee fu adobez Pallas,
l'espee li ceint Eneas;
4815 puis a li reis mandé sa gent,
et il vindrent hastivement.
Al tierz jor furent asenblé,
a .XX. mile furent esmé; JUjoJLuJi-
cent nés fist eschiper li reis, /n...'pm^j
4820 viande i mist a treze meis.
Eneas a le congié pris,
0 grant gent s'est en l'eue mis,
comença s'en a repairier,
de demorer n'est plus mestier.
4825 Turnus ot la novele oïe;
l'endemain sot par une espie jtA^À-^snrO
que issuz s'en est Eneas,
a Montalban n'esteit il pas.
Il fu molt liez quant il l'oï,
4830 mais il ne sot neient de fi
quel part il en esteit alez.
Ses conestables a mandez Câri^r^cUyù^
4805 HI omettent mais. — 4806 HI a e. d. — 4807 HI de tote terre. —
4808 HI et toute fu a lui a.; F encline. — 4809 Alinéa dans IIFG. —
4810 GF el demain. — 4812 D 1. fait donc a. — 4814 G cainst, D mist. —
4815 F p. a m. li r. — 4817 GD a t. — 4819 HI les nés; A achater. —
4820 FHI vitaille; GFD .xxx. m. — 4822 HI s. diluée partis, A sest
ariere mis, G sa e. 1. m. — 4823 HI tuit se sont pris. — 4824 DFG
del d. , HI de seiorner; A plus nest, D nert mais, G na nul, HI nont
plus. — 4825 FHI a. — 482fi HI la nuit sen parti; G el d. — 4827 HID
quissuz sen estoit H., G que aies en fu E. ; D en e. — 4828 G en la
cite. — 4830 y mie d. f. ~ 4831 HI il pooit e. aie; G sen. — 4882 HI
Son seneschal a apele, F Les barons a trestos m., A S. c. comandez.
BibUotlieca Normaunica. IV. J 2
178 TURNUS ASSIÈGE
et comanda hastivement
que al cliastel meinent sa gent;
4835 il a ses grailes fait soner,
et l'oz eomencë a errer.
Al ehastel vindrent, si l'asistrent,
en grant freor cels dedenz mistrent;
il corurent lor armes prendre
4840 et s'apresterent de deffendre
et montèrent es aleors o^iû^v''^-*-*
et es bretesches et es tors;
le pont ont trait, la porte close,
molt bien apareillent lor chose,
4845 et nequedent molt se cremeient pâftxnjhk^rUi.
por la grant gent que il veeient;
dotent ne se puissent tenir,
ne il ne sevent o fuir,
ne avuee els n'ont lor seignor;
4850 n'est merveille s'il ont peor,
Turnus s'en est de l'ost partiz,
cent chevaliers en a choisiz,
al ehastel vint a grant desrei; û^ ^ "KùM,
que comencier vuelt le tornei.
4855 Liez fust se il le pelist faire,
mais il n'en pot un tôt seul traire.
Quant vit que il n'en fereit plus,
vint feiz ala entor et plus
4833 HIG omettent et; HI c. li h., G c. lor h. — 4834 Hl qua Mon-
talban menast; D viengnent; F lor g. — 4835 F omet fait; G fait s. g. —
4836 HI et lors comenca a entrer, GF li os c. a remuer. — 4838 HI cens
dedenz e. g. f. m. ; GF effroi. — 4840 HI et sapareillent, A apresterent soi,
F si s., G et cils aprestent. — 4841 HI puis m. — 4842 F et as b. et as. —
4843 HI les ponz ont trez les p. closes; A lor porte. — 4844 y bien aparil-
lerent lor ch.; D m. a. bien : HI lor choses. — 4846 D de la g. g.; G avoient. —
4847 HI criement; A d. quil n. p. t. — 4848 HI ne (I et) il navoient ou f —
4849 GF il norent mie 1. s. — 4851 HI sest de 1. départis; G en est. —
4852 I c. ch. en maine, H .c. c. o lui; y esliz. — 4853 A vient; D o g.
d. — 4854 GF car. — 4855 III sil les en p. traire. — 4856 H mais onc;
HI un seul forfaire, G .i. sol atraire, F un seul fors t. — 4857 HI ni f;
A feront, D fera; G quil n. isteroit nus. — 4858 F .x. f ; De. Turnus,
III et sus et ius.
LE CHATEAU DE MONTALBAN 179
por esguarder, por agaaitier (^uuJXu^
4860 par o les porreit domagier. yu^uu.
Dolenz 3t angoisses esteit
que fo's traire nés en poeit,
il ne ne teneit mie a geu
qu'il n'i troveit nul feible leu
4865 0 il lor petist asalt faire.
Il comeneent vers lui atraire
et il se trait alkes en sus;
vespres ert, n'i volt faire plus,
a l'ost s'en prist a repairier.
4870 Quant lor nés vit enz el gravier, ^cMu^
poignant s'en tome celé part,
et dist as suens: „Ja li eoart,
ki del chastel n'osent issir,
ne nos porront par mer fuir;
4875 or voil que lor ardon lor nés,
si nos seront en fin remés,
car il nen ont altre fiance,
ne d'els guarir nule espérance, A^i^.ûaa/v^>^
fors tant, s'il pueent eschaper,
4880 qu'il se metront tuit en la mer.
Se nos a nuit bien nés guaiton,
ja le matin nés troveron,
mais s'il nos eschapent issi,
donc somes nos en fin boni."
4859 G por espier et; D et pour guaitier. — 4860 HI cornent les p. d.,
A p. ou an porra d. ; F la ou; D le p. GFD ajoutent 2 vss. V. les notes. —
4861 D estoient. — 4862 HI quant f. t. ne les p.; G q. t. f. ; D ne les pou-
oient, F ne les p. — 4863 HI et ne tenoit neient, D il uel t. noient, GF ne
il nel t. pas. — 4864 HI nule forz lieu ; IF ne t.; A troue. — 4865 D y p.; AD
puisse. — 4866 D comence; HIG a lui. — 4867 D et s. t. auques en essus;
F cil se traist; G satrait, H se trest. — 4868 HI vespres; F il avespra si
nen fist plus; G voloit f. p., A v. donc f. p. — 4869 F et lost; DF se p.;
G sen voloit r. — 4870 A lus el g.. GF en un g. — 4871 D p. s. vait ycelle
p., G acorant san vint c. p. — 4872 G puis lor a dit. — 4873 G caste. —
4874 y ne sen p. — 4875 I que nos a. — 4876 A se. — 4877 — 4881 omis
dans HI. — 4878 A autre e. — 4880 D metroient e. 1. m., F meteront en
m.; G que il s. m. tôt en mer. — 4881 HI nés gardons. — 4882 F ja demain
nul nen t. — 4883 A si.
12*
180 NISUS ET
4885 A tant fist le feu aporter
et les nés totes alumer;
ta\xUiu^£Mj ardent funains. et maz et très;
en poi d'ore destruist les nés.
Quant Turnus s'est des nés vengiez,
4890 enprés a cels apareilliez
ki a la porte guaiteront
et ki l'issue deffendront,
et tôt entor mist ses guardens
ki veillassent la nuit toz tens,
4895 que ne s'en fuient a larron
cil del ehastel et del donjon.
Par tote l'ost feu alumerent
-(irtmrru. cAi^^j^ ^ ^^^ ^* grant jafur i démenèrent,
sonent tabor, noise font grant;
4900 li vins i ert a espandant, À. Vd^la^rn^
tant en beivent que tuit se tuent,
lez le feu gisent, ne remuent;
vers mie nuit tuit s'aclasserent, <d<- JMfù<iJtJ\Avvt
et cil ki sus el chastel erent,
4905 se guaitent bien, ne dorment pas.
A la porte ot mis Eneas
un chevalier ki la guardast,
nen aveit nul eui plus prisast
Nisus ot nom, si fu molt proz,
4885 Alinéa dans HI. D alumer. — 4886 G et lor n.; D firent embraser.
— 4887 HI tout ardirent et mas et très, F a. et fument mas et tref, G il ont
espris et mas; A mars. — 4888 HI en poudre ont destruite (I destruiz) les nés,
F ni a remes nés une nef, G destruites ont totes les nés; D destruit. —
4889 Alinéa dans GD. F v. d. n. — 4890 HI tantost; F après si a c. apeles. —
4891 HI qui aval au port g. — 4892 HI leue lor d. — 4893 HI t. e. a mis
s. gardanz. — 4894 D que, I quil; I valassent, A gaiteront, GF veillèrent. —
4896 HI ne du d. — 4897 A feus; F par tôt le fu a. — 4898 HI et grant rage
i d., F et grant rage la nuit menèrent, G et puis g. joie d.; D en d. — 4899 F
s. dabors de grant randon, G s. t. grant joie font. — 4900 D et 1. v. y vait e.,
F 1. V. i ert a grant fuison, G li vin a grant plante i vont. — 4901 F t. en burent
que tôt se turent, G tôt ensamble a fuison en burent. — 4902 A les feus ; GF
jurent ne se murent. — 4903 G envers m. n. seslasserent; HID sacoisierent,
F si se grevèrent. — 4904 HI et cil sus qui, G et icil qui; F ens el c. — 4905
I omet se, guetierent, F gardent. — 4908 III nen i ot nul que miex amast.
EURIALUS 181
4910 la cure ot del ehastel sor toz.
Cil aveit un suen compaignon,
Etirialus aveit a nom;
, amoent sei de tel amor
qu'il ne poeient de graignor:
4915 onkes plus veire amors ne fu
que d'els, tant corn il ont vescu;
l'uns ne saveit senz l'altre rien,
ne nen aveit joie ne bien.
A la porte la nuit veilloent
4920 cil compaignon ki la guardoent.
Msus ot le jafur oï,
les salz, la noisë et le cri /lûuO^
q^u'il ont la nuit en l'est mené,
vit que tuit erent aclassé, auJ^osul^
4925 porpensa sei d'une merveille,
a son compaignon se conseille.
„La fors en l'ost sont endormi,
ivre sont tuit et estordi, -jcJ^j^cult^
tant ont beii, tuit sont tué
4930 et li feu sont tuit alumé;
ki les voldreit or domagier,
molt i porreit ja espleitier, û-^i-^-j Qj'^ijut.4^^
uns seuls oem .m. en ocirreit,
ja nus ne s'en retornereit.
4935 Aler i voil forfaire en l'ost,
4910 m le los ot. — 4911 D si a. — 4912 G a. cil n. — 4913 AHI
tele. — 4914 G forcor. — 4915 et 4916 oints dans F. HID vraie; G on-
ques cose plus voir ne fu. — 4917 HI li un ne sot. — 4918 HIG ne na-
voient; HI repos n. b. G réiMe, ici les vers 4909 et 4910. — 4919 GFD a
la p. cil (F li) doi v.; HI veillierent. — 4920 GF et tote la nuit le g., HI c.
c. bien la gardèrent, D cil .u. c. la g. — 4921 HI N. avoit avant oï, G N. ot
ja en lost oï; D bafois. Alinéa dans GD. — 4922 HI la noise la rage (I le
hu) et 1. c; GD lassait; G et la n. — 4923 G que o. 1. n. a. 1. — 4924 D set
quil e. t.; HID accise, F asesse. — 4925 F porpense. — 4926 HIG le c, F
sen c, A la c. — 4927 GF estormi. — 4928 HI asoti; F ne font nul cri,
G si font peu crie. — 4929 GF tost s., D quil s.; F lasse. — 4980 HI delez
le feu s. agresse, F et endormi li feu quasse; D coisie, G aclasse. — 4931
HI qui or 1. y. d. — 4932 y en p. ; HIG bien e. — 4934 HI ja un seul
nen r., F ja .i. n. s. r. — 4935 et 4936 omis dans A. D omet i.
182 NISUS ET
ge revendrai a tei molt tost."
Eurialus ot et entent
qu'il vuelt faire tel hardement, aA«*tien> Càu/xûAu.
molt par s'en fist liez et joios,
4940 d'aler o lui fu coveitos, c^^^lIam-u^
et dist: „Ge n'i remaindrai pas,
en eest afaire seuls n'iras.
Cornent remaindrai ge senz tei
ne tu eoment iras senz mei?
4945 Donc n'iés tu ge et ge sui tu?
Ge cuit tu as le sens perdu;
une ame somes et un cors;
se l'une meitié vait la fors,
com puet l'altre çaienz remaindre?
ciCu'&^'^mAi^ j 4950 Des, or me puis ge de tei plaindre, ^ru, oLairu
cCi^ eu ùrJLo'^r^ tu me boises, ne me tiens mie j^a^^^j^^^j ^
amor ne dreite compaignie,
ne tu n'iras en l'ost senz mei,
ne ge ne remaindrai senz tei."
4955 Nisus respont al dameisel:
„Pa8 ne m'en peise, ainz m'en est bel,
se tu i vuels aler o mei,
molt par m'est buen et ge l'otrei,
et se poon rien espleitier
4960 et de noz enemis vengier,
si porron bien avant aler,
Eneas faire retorner;
bien sai la veie a Palantee,
4937 Alinéa dans GDHI. — 4939 F m. sen par f.; D joiant. — 4941
HI dist li ci ne r. p.; GF ne. — 4943 HI r. c. s. m., G remanras tu s. m. —
4944 IIID et tu; G et jo cornent irai sans toi. — 4946 G que as. —
4947 et 4948 omis dans A. D avons. — 4948 GFD omettent se; GF une
m.; GFD ira la f. — 4949 HI cornent p. 1. ci r., A c. p. lun sanz lautre
r. — 4950 HI doi. — 4951 III trair me veus; GF guencis. — 4952 G a.
et droite et c. — 4955 Alinéa dans IIIG. — 4956 D a. mest bel, F a.
mest molt b., G aincois mest bel. — 4957 D se vous voulez; y venir;
G a moi. — 4958 G il mest m. b., HI molt me siet bien; F bel; D et
si 1. — 4959 III omettent et, si poions r. e. — 4960 G ne de. — 4961 et 4962
omis dans IIIF. — 4963 F a le plantée.
EURIALUS 183
n'i a que seul une jornee;
4965 quant nos volon en bois aler,
bien près d'iluec poon passer,
nos l'en amenron ainz tierz jor.
Çaienz en sont en grant freor
et n'i truevent cui enveier
4970 por pramesse ne por loier. ^ûJUuajl.
Se cest besoing poon fornir
et de la puisson revenir
et faire le si com ge pens,
l'en parlera de nos toz tens.
4975 A tant laissierent le parler,
eoveitos erent de l'aler,
ensenble vindrent al donjon.
Ascaniiis et li baron
ne dorment pas, celé nuit veillent,
4980 et molt estreitement conseillent; <i£>v/t.c-<-tAfl-^>9a&/yj^
en esfrei sont et en error luJur^x.
de ce que il n'ont lor seignor;
ne s'en sevent vif conseillier,
qu'il ni truevent cui enveier,
4985 n'i a ki ost aler por lui.
A tant i vindrent cil andui
ki en pristrent le hardement. ùLUhu^rO c^uj^clcjujMâ-^
Nisus parla premièrement. 0
„Seignor", fait il, „escoltez mei,
4990 çaienz n'a point de nostre rei,
si nos i a Turnus asis,
4964 HI poi i a plus dune j., A ni a mes sol une j. ; GD quune sole j. —
4965 D q. sciions el b. — 4966 HIF solons, G devons. III ajoutent
deux vers. V. les notes. — 4967 DG les a. — 4968 G a g. f. — 4969 III
ne il, GF il ni. — 4972 II poon; A revertir. — 4973 III et f. issi com je
le p.; F et ens f. c. g. p.; G et f. ce. — 4974 F lontens. — 4975 Alitiéa
dans III. — 4976 G furent. — 4977 III assenblez furent, G esrant sen v.
— 4978 I et si b. — 4980 G orellent. — 4982 GF quil norent. — 4983 A
ne se s.; G ne sevent noiant c; III s. preu c, F s. u c. — 4984 III car;
F car il ni ont, GD ne il ni ont. — 4986 1 A. en vont; II omet i; HI icil
a. — 4987 F qui pris orent, G qui em prisent; GF tel h. — 4989 sans
alinéa dans IIIGFD. — 4990 III nest mie n. r., D na gent de nostre loi,
GF navons pas n. r. — 4991 A nos a ia.
184 NISUS ET
la fors nos a le siège mis;
s'il nos puet prendre par vertu
tuit i seron ars o pendu.
4995 Se Eneas fust o nos ci,
quel seiissent nostre enemi,
nos en fusson molt plus doté,
et si sai bien de vérité
que mielz nos porrion deifendre
5000 se avion a oui entendre, diÀjii-^
ki fust sor nos, que cremisson;
qu'il eomandast nos feïsson;
ja ne verreiz si grant compaigne,
se ele n'a son chevetaigne, cr^aiyiuVu,
5005 ne seit raolt tost esparpeilliee, g/t'é/a^^o gtf
oU4oJJ~t. desconfite, tote pleissiee. «iLhjuÀJ-t-
^ Se Eneas fust ci o nos,
nos en fusson plus corajos,
del tôt entendisson a lui,
5010 si en fusson plus fort, ce cui.
Se vos le nos volez loër,
nos en volon por lui aler,
asez vos porreiz tant tenir ^/^j^^ •>y^^tLy^ye/rwv>
que nos le vos façon venir.
5015 Se nos poon, ço iert molt tost;
nos iron bien parmi celé ost,
li guardenc sont tuit endormi,
4992 D por nos i a, G caians i a. — 4993 AG pueent; A o v., G a
V. — 4994 111 t. seromes, D t. en s., GF trestot s. — 4997 D n. e. fiii-
siemes p. d., G n. e. fuissomes p. d. — 4998 G par v. — 4999 D peiison. —
5000 F se nos s., G se saviens; GF a q. atendre. — 5001 F o nos; HI nos c,
GF qui c. — 5002 IIID qui c, G il c; F et nos mandast que f. — 5003 GF
ne verres ia. — 5004 III se seignor na qui ne se feigne, D que se il a ma
ch. — 5005 HI et tost ne soit e., D n. s. molt desappareillie, F nen soit
plus tost desp. — 5006 G d. toste et p., D et d. et deplaisie; III et mau-
baillie, F et desloie. — 5007 F Seneas f. ici; F omet les vers 5008 et
5009. — 5009 et 5010 omis dans III. D d. t. a 1. e. — 501O D g. c. q. p.
f. e. fiiissons; GF nos en; F fusiemes p. f. tos. — 5011 F se vos nos en
V. 1. — 5012 GF poons. — 5013 111 vos nos porrez bien; GF poes. —
5014 III ferons. — 5015 et 5016 omis dans III. G est. — 5017 III leur
gent se s.; A gardant, F garde.
EURIALUS 185
n'i ot l'en mais noise ne cri:
ivre sont tuit et engroté, yr^nénda.^/ ^
5020 entor les feus sont aclassé. Ma- 4i^mt. yyLp6iLAMJ
Se nos poon l'ost trespasser,
bien savron puis avant aler;
jusqu'à tierz jor vos prameton
que Eneas vos amenron."
5025 Aseanitis ot la novele
ki a merveille li fu bêle,
cent feiz les a baisiez et cent,
mercia les molt dolcement
de ce que il voleient faire.
5030 Dist lor: ..Se mes père repaire,
cest semse vos rendra bien,
ja contre vos n'avra mais rien;
se cest besoing poez fornir
et ge viegne a terre tenir,
5035 nos en esteron partot trei,
ja n'en sereiz peor de mei."
Cil ne se sont plus atargié,
des barons ont pris le congié;
Aseanitis les conveia OLULerrrv^cLCk^^riCL
5040 jusqu'à' la porte, ses baisa ;
a grant peine de lui partirent,
onc puis celé ore ne le virent.
Jus del chastel s'en dévalèrent,
celeement en l'ost entrèrent;
5045 les premerains qu'il ont trovez,
5018 HI ni a mes ne n. ne c; D ni avoit mes. — 5019 GFD endormi
sont et enivre; HI aquae. — 5020 HI lez 1. f. gisent sovine, GFD et tôt
li fu sont aquiee. — 5022 G nos sarons bien, F nos sauerons a. a.; A
auques aler. — 5023 III dedenz quart j.; A jusqual t. j. nos penerons. —
5024 D en ram. — 5025 san^ alinéa dans A. — 5027 III besiez les a .c. f. et
.0.; A len anclina. — 5028 HI et merciez. — 5031 IIID rendrai. — 5032 HI
naurai; D mais n. r., F ne vera r. — 5033 G voles. — 5034 IIIFG vien. —
5035 IIID nos en seron, GF vos en seres ; HI pareil tuit troi, D parteor t.,
GF par cou od moi. — ' 5036 D nen s. j.; GF pior par foi. — 5037 Alinéa
dans HIF. GDIII point. — 5039 et 5040 omis dans III. D et A. — 5041 HI
sen départirent. — 5042 lUF ainz, G aine; A o. p. icele o. nés v. — 5043
GHD en ; y avalèrent. — 5044 G aine puis celé ore ni rentrèrent. — 5045
et 5046 omis dans F. G en lost vinrent cels qui troverent.
186 NISUS ET
ont detrenchiez et decolez;
plus de treis cenz en ont oeis,
car en dormant les ont sorpris.
Des espees fièrent et botent ^©tx>«t>»-i2; ^ potà^kjm^
5050 et li navré les armes rotent; ney>^eLejr-^ Jj ct.rrrxA
molt i fièrent, grant ebaple i font (layi^rLAJsjL,
tote la veie que il vont.
Tant ont aie li compaignon
que il vindrent al paveillon
5055 0 Rannes jut, ki molt ert sages:
d'oisels saveit toz les langages
et molt saveit bien deviner
et geter sorz et enchanter; /x/yl^H^xx^ Z'aA>e>rto
soz ciel n'aveit meillor devin.
5060 Mais la nuit ot tant bett vin,
que tôt en ot son sens troblé
et son saveir ot oblie;
cil ki des altres devinot
de sei meïsme rien ne sot
5065 que sa mort li fust si prochaine,
mais bien aveit dit la semaine
que ce saveit il bien senz faille
qu'il ne morreit pas en bataille.
Et ne flst il, il a veir dit,
5070 car il n'i fu, n'il ne la vit;
ne sai cornent il i morust,
car ainz que la bataille fust,
li fist Nisus le chief voler:
ce ne sot il pro deviner. 'ruyU'Uyrrx.t^rvt
5046 G tos ocirent et décolèrent. — 5048 GF tos pris. — 5050 GF
que 1. n. 1. a. dotent. — 5052 F v. ou il v. — 5053 Alinéa dans ID. — 5055
A ou Arannes; F e. m. s.; GHI fu s. — 5056 HI des o. s. 1. 1., F icil s. tos
les 1. — 5058 III sort. — 5059 G si bon d. — 5060 II M. tant ot 1. n. b.
V.; D omet mais, b. de vin; GF but de vin. — 5061 D que tout son sens
en fut t.; F que il ot tôt; III sens en ot t. — 5062 G que tôt son s. ob-
liet, III et tout son s. o. — 5063 G les a. — 5064 I ne sot mot, D ne sa-
voit. — 5066 III lavoit. — 5068 HI que ja ne m. e. b.; D mie en b. —
5069 G Ne menti pas, F Icil ne fist, D Ja ne f. il ; FD il ot v. d., III de
ca v. d. — 5070 HI quil nel senti ne ne 1. v.; D ne ne 1. v., G ne si ne
V., F ne il ni v. — 5074 HI ci sot il pou d. d.; D si, G ci.
I
EURIALUS 187
5075 Avant ala Eurialus,
en un tref vint o Mesapus
giseit dormant entre sa gent;
après corut Nisus, sel prent,
a sei le trait, se li conseille,
5080 suëf li a dit en l'oreille, ciau.cA.Jrru^Yvt
qu'il n'ert mais leus de demorer;
il començot a ajomer,
et ainz que nus de l'ost les veie
dit que se metent a la veie.
5085 Cil ne s'en volt pas retorner,
près del feu vit un helme eler,
dit que senz eel n'en tornera;
il l'a saisi, si l'en porta
et puis l'a en son chief lacié.
5090 II ne se sont plus atargié,
il sozcremeient l'ajorner, c.ri.cu^<yrxcuA.^y-i±.
si comeneierent a errer.
De Laurente veneit uns euens
vers l'ost, ki aveit nom Voleens;
5095 il amenot o lui grant gent
et chevaliers bien plus de cent
et chevalchot a l'ajornee.
Idone ert la lune levée,
cels ki s'en vont de loin choisi V".
5100 par le helme ki resplendi,
5076 HI sentra ou tref Mesapius (H Mesiapus), A e. u. t. o fii Eusapus.
— 5077 HI dormant g. — 5078 HI Nisus court (I corut) Eurialus prent; D
le p. — 5079 DG latrait; F lui le c. — 5081 et 5082 intervertis dans III.
HI nestoit plus ; D que nert pas temps ; F pas leus. — 5082 HID quil c. —
5083 A aincois que. — 5084 DGF dist. — 5087 GF dist; HI cel hiaume dit
que ne laura; DGF ni t. — 5088 HI le s.; G puis si san va. — 5089 tan-
tost la. — 5090 GD si. — 5091 HI il cr. de 1., GFD il (D cil) se cr. daiorner
(F de lajorner). — 5093 sans alinéa dans HI. — 5094 HI o grant compeignie
des suens ; D Vulcanz. — 5095 et 5096 omis dans HI. Les vss. 5095 — 5098
intervertis dans A ainsi : 5097, 5098, 5095, 5096. GF a soi. — 5096 F de .c.
p. de .X. c. — 5097 HI si ch., GF chevalcoient; DF ainz la iomee, A a lan-
iornee. — 5098 lU La lune estoit adont 1., G Adonc 1. 1. estoit 1.; DF
Adonc. — 5099 HI les compeignons ont bien choisi; F qui se v., G quissi
V.; D a il ch. — 5100 HI tout por liaume; GF cler luisi.
188 NISUS ET
contre la lune flanbeia.
Volcens les vit, ses apela.
„Di va", fait il, „ki estes vos?
Estez, si parlerez a nos,
5105 de voz noveles voil oïr,
car de vers l'ost vos vei venir.
Com se contienent nostre genz, ^jl, UTr^eLu^^^^-^^^
tienent se cil encor dedenz?
Dites nos en la vérité."
5110 Cil ne se sont pas aresté,
ainz comencierent a fuir,
quant les virent vers els venir;
dont se mistrent en mescreance Ziex\^(jcrrO
et en esfrei et en dotance:
5115 car s'il parlassent fièrement ■
et tôt aseîireement,
et se fussent aresteti,
il ne fussent ja mescrett,
qu'il ne fussent de cels de l'ost;
5120 mais il s'en fuirent trop tost;
par tant s'en est apercettz pcj\^ -Lei.
Volcens, si les a porseiiz.
Nisus fu molt isnels des piez,
molt tost lor fu tant esloigniez,
5125 s'il n'atendist sa compaignie,
ja n'eiissent de lui baillie. [.caâ.^^ )
Eurialus s'en vait soentre, qm.^i^
en une espesse brocaille entre, ■ir^cnjuc.bxJiLiÂ..*-J
cil l'avironerent entor, ji^nyi>U.^n^,r^A^jL^rJ:
5102 HI le quens; F i vint; A molt sesmaia, F si lapela. — 5104 HI
E. ici parlez. — 5100 GF ca d. — 5107 HI maintiegnent. — 5108 HID
t. sencore cil d.; G il. — 5110 D mie a. — 5111 D a. sen comencent. —
5113 III li quens sen mist; F en effreance. — 5117 III ja ne fussent aper-
ceu, A et se fussent aperceuz, G et sil f. a., D et il se fuisent arestu. —
5118 m ne ne f., I ja ne f. — 5119 G il ne f. — 5120 III mais ce quil f.
si t. — 5121 III por ce. — 5122 III li quens; D ses a enprez sens. —
5123 Alinéa dans GFD. AD de pie. — 5124 III bien esl. — 5128 F ne
puet avant en .i. bos e., G ens en .i. molt espes bos e. ; HI brochete. ^-
5129 III c. lavironent tôt e.
EURIALUS 189
5130 n'est merveille s'il ot peor;
ne li menbra del helme oster;
cil le veeient luire cler,
ne lor poeit tant esloignier
qu'il nel veïssent flanbeier.
5135 En un espés buisson s'est mis,
ne pot avant, iluee l'ont pris, ^-ca.^ Xo-utrO
Nisus lor ert tant esloigniez,
ja mais ne fust par els bailliez;
de son compaignon li menbra,
5140 arestut sei, si esguarda;
il ne l'oï ne il nel vit,
ne fu dolanz pas un petit,
molt a grant duel, forment sospire,
des poinz se fiert, ses chevels tire.
5145 „Ha las", fait il, „quel la ferai
de mon ami que perdu ai?
Porté li ai molt maie fei,
quant il est pris ne morz senz mei;
come eoarz l'ai deguei*pi,
5150 trop criens la mort, si m'en fui,
mais ge euidai qu'il me siuist,
ge ne vi pas eom il le fist;
ge detisse très bien remaindre;
ne feïsse pas trop a plaindre,
5155 se fusse morz et il fust vis.
Eurialus, bels dolz amis,
5130 ni a p. — 5132 m luisant et c. .— 5134 HI ne le voient; D
que; F veoient. — 5135 G sa m. — 5136 HI puet. — 5137 Alinéa dans D.
G est; F omet ert; GF trop e. — 5138 A ja n. f. mes ; HID j. m. p. e. n. f. b. —
5140 IIID arestez sest; GF resg. — 5141 A looit; III nil ne le vit, D ne
ne le vit. — 5142 HI dolent fu et non pas p., GF ne fu mie d. p. ; D mie
p. — 5143 I m. g. d. a ses cheveux tire, H mes g. d. a sovent s.; D g.
d. en ot; G del coer s. — 5144 I ses cli. ront et fort soupire; F sa
crine. — 5145 A H. chaitis; F ke f., D quel le f. — 5147 III ce mest au
cuer grant desconfort. — 5148 III quil est sanz moi ne pris ne mort; F
primes m.; D près de m. — 5149 A le d. — 5150 H crain, Gp criem; F cremi
m. — 5152 III sil feist il las sil poist; F jo ne sai preu, G mais jo ne sai;
D point. — 5153 F trop bien, D très lui. — 5154 D car ne foisse mie,
F et n. f. t.; HI tant a p. — 515G HI omettent dois; A om,et bels.
190 NISUS ET
por vostre amor perdrai la vie,
soentre vos ne vivrai mie. (u^^Ù-aj
Tant mar i fu vostre jovente;
5160 en vos aveie mis m'entente, -k^ cl^cuÙ^ /xLclcji. '>ru
perdu vos ai en molt poi d'ore. CJUj^cJ^er
Or m'est avis que trop demore
que la meie ame n'est jostee jxjCu-vUjl.
a la vostre ki'st esguaree;
5165 ele i sera hastivement; û-\J-ex, -AoLi-^
mais ge cuit bien veraiement,
n'est encor pas morz mes amis ;
ge sent mon cuer, il est toz vis;
se il sentist dolor mortel,
5170 mes cuers le sentist altretel;
bien puet estre que il l'ont pris,
mais il ne l'ont encor ocis,
onc ne firent tel cruëlté,
que par mal l'aient adesé. ■hru.eJu.
5175 Ki tochereit tel criature?
Ohi, cliaitis, quel aventure,
que eschapai d'entre lor mains!
Se il a mal que ge sui sains,
retornerai la o ge fui,
5180 iluec o ge parti de lui;
se ge nel truis, poi pris ma vie;
se il n'est altre ki m'ocie
sai ge bien que ge m'ocirrai,
soentre lui petit vivrai."
5158 HI après vos ne v. je m. — 5159 D mare fu nostre jornee, F et
t. m., G t. m. fu li v. j.; III vo bêle j. — 51fi0 D en vous a mis toute m. —
5^1 Gl G molt e. p. d., Hl en petit d, — 5164 F a la v. boiuo euree; IlIAD
quest. — 5165 D omet i; G el. — 5166 D m. ice cuit; III tôt (I toute) vraie-
ment. — 5167 DGF n. encore m. — 5168 III j. s. quencor est mon cuer v. —
5171 D il est p.— 5172 Anoiant o. — 5173 IIIF ainz, G aine. — 5175 III ocir-
roit, D touchèrent. — 5176 III Halas; AHI quele. — 5177 HIG q. iesch.
— 5178 A ot; IIIDG et ge. — 5179 III retorner voil cest sanz refui. —
5180 HI la ou je me, G i. ni o p. — 5182 I sil ni a a., II se ni a a., D et se
il n. hom; F sil n. a. qui ne m. — 5183 III certains soit il q. m., D si s.
je b. que m.; GF je s. b. — 5184 HI que plus après lui ne v. ; D oultre lui.
EURIALUS 191
5185 II a laissié le dementer, -^o/JTU^w^^ijttJsj-j
si eomença a retorner,
ariere vint tote la veie
jusqu'à une elere sapeie. AASiAjnMAj^JL.
Arestat sei, si a oï
5190 la noise de eels et le cri,
ki aveient le donsel pris;
il l'aveient a raison mis,
il ne voleit de rien respondre,
Nisus s'ala près d'els repondre,
5195 entr'els vit pris son compaignon,
nés osa pas mètre a raison,
anceis se traist a une part,
el mileu d'els lança un dart:
por els départir le faiseit,
5200 saveir se il lor estordreit. m^ ixA£>.fipt,^c>Uz.
Un chevalier en a féru,
en mi le piz tôt nu a nu, à~ irouL,
mort le cravente jus a terre. /i^./>-vv.*.-a-A&-
Cil comencierent a enquerre e/r^^/,tXw>^ , ûU^mja^cUj\J
5205 de quel part ert li cols venuz;
cil ne fu pas apereetiz.
Quant il les vit aseUrer, /^ nct^t^'i ^c\.'
un altre dart lor lait aler,
un altre en a el cors féru,
5210 entr'els chiet morz sor son escu.
5185 Alinéa dans El. HI Atant lessa. — 5186 H demeurer. — 5187
Alinéa dans D. F otnet vint, en ariere; A vient; HI une v. — 5188 HI
delez une espesse s.; A desquen une. — 5189 FHI Aresta; D ses a oi. —
5190 D d. c. 1. n. — 5192 y ajoute deux vers. V. les notes. — 5193 G
il ne lor valt; GHI noiant r. ; F nel v. — 5194 HI N. ala por eus con-
fondre, F contreus resp.; G vers aus r. — 5195 et 5196 omis dans HI.
A e. e. ont pris, D e. e. choisi. — 5196 F il n. o. m., G si ne s. m. —
5197 HI près deus se trest, G satrait. — 5198 HI enz en mi eus; F en
m. d. 1. son d. — 5200 GF se cil; HI sen e.; D sil lor eschaperoit. —
5201 GF a conseu. — 5202— 5240 omis dans I. A t. n. et nu, F trestot
a nu. — 5203 H trébuche. — 5204 D II. — 5205 H li cous ert; GFD fu. —
5206 H ne sen sont. — 5207 GDH raseurer. — 5208 H d. lessa a., F laisa
voler. — 5209 H un chevalier en a f, G .vn. de cels lor en ra f. — 5210
HI quil chai m. sus.
192 NISUS ET
Volcens vit ses homes morir,
ne sot dont ce li pot venir,
molt fu iriez, le donsel prist
par maltalent et se li dist: -i^M^ju^^ , cL^ù^
5215 „Ki que mes homes m'ait ocis,
ja iert de vos venjance pris,
vos le comparreiz ja molt chier,
sor vos m'en voldrai ja vengier;
gel vos vendrai, ki que l'ait fait."
5220 Molt fu iriez, s'espee trait,
halya le colp por lui ferir; -A/u-t-A^.A. , £u%/€l.
dont ne se pot Nisus tenir,
mais a la mort s'abandona, 4^ ' jiih.njO>^
sailli avant, se lor cria.
5225 „Di va", fait il, „ne le tochiez,
mais mei prenez, si vos vengiez.
Cil n'a ne poi ne grant forfait,
mais ge seuls ai tôt le mal fait,
toz seuls espeneïr le dei; dy^oix>>^
5230 laissiez l'aler, si prenez mei,
Molt a dur cuer kil tochera,
kil vuelt ocire onkes n'ama;
onkes de buene amor n'ot cure
ki tochera tel criature;
5235 ge métrai mon chief por le suen,
se muir por lui, molt par m 'iert bu en".
5211 Alinéa dans GFD. HI quant li quens voit sa gent m. — 5212
HI et ne set d. c. puet v., F or ne savoit que devenir; G ce pooit v., D ce
pot avenir. — 5214 HI par les chevex. — 5215 HI mait mes h. — 5216 HI
de vos sera; GA niert; A vangemanz; D venj. de v. p. — 5217 G et v. 1.
c. molt eh. — 5217 et 5218 omis dans HI. — 5218 F v. mon doel v.; D me v.
— 5219 G randrai; D qui quil 1. f., F ki ki 1. f. — 5220 y lespee. — 5221 HIF
halce. — 5222 A donc. — 5224 HI Av. s.; A li c, G 1. pria. — 5225 FUI ne
lociez. — 5226 III m. p. m.; G et lui laissies. — 5227 III je sui celui qui la f.,
D cist na nule ch. f. ; F il ; G car cis na p. — 5228 HI cil ne vos a lancie
ne tret; G m. ge tos s. a. 1. m. f.; F les maus. — 5229 HI ge seul. — 5230 F
or laisies lui. — 5231 F molt demore qui mocira; HI qui locirra, D qui lui
toucha, A quel t. — 5232 III quel v. ; D ocire ne lama, — 5238 I nonques. —
5234 H ocirra, D toucheroit, GF ociroit. — 5235 GF mon ch. métrai je
(G meterai). — 5236 IIID il mest (I miert) m. b. (D omet molt) ; F mest
EURYALUS 193
Volcens n'ot soing de quant qu'il dit,
molt l'en tochot al euer petit,
al dameisel trencha le chief.
5240 Nisus le vit, molt li fu grief,
un espié vit gésir a terre, jifuuu.c^
il l'a saisi, sel vait requerre,
grant colp li dona en l'escu,
que del col li a abatu,
5245 et perça li un des costez;
mais ne fu pas a mort navrez; -^^^4-^.^4-
et puis a trait le branc d'acier
por son ami qu'il vuelt venehier;
dis en a morz en molt poi d'ore.
5250 De totes parz li eorent sore,
il l'ont enclos, entr'els l'ont pris,
tant i fièrent qu'il l'ont ocis.
A son compaignon rajosterent,^yu^t,t-n„i.^t^}
les chiés ont pris, ses en portèrent,
5255 et lor seignor en ont porté
en une bière, un poi navré.
Il se remistrent el chemin,
en l'ost vindrent bien par matin.
Truevent la gent, ki grant duel font,
5260 plorent por cels ki ocis sont,
ne saveient kis aveit morz.
Quant Volcens vint o son efforz, .i^xau^ cuumAja-^
cil lor a dit et reconté
com il aveient cels trové
5237 Alinéa dans HI. G V. na s. de q. que d., HI li quens n. s. d.
ce quil; DF cure; D de son d., F de q. qua dit. — 5238 G m. li t.; HID
toucha. — 5241 GF espiel; D voit. — 5242 F si; D vint. — 5243 III donne
sus 1. — 5244 lU que de son col la a.; A cop. — 5245 A lun. — 5246
ID mie. — 5247 HI Nisus a t. — 5248 G que v. — 5251 HI encloent le
ne 1. pas pris. — 5254 HI le chief; I si len p., D ses aport. — 5255 et
5256 omis dans A. D a 1. s.; F ont en p. — 5256 HI b. molt n. — 5257
D II sen; HI metent, G misent; HIG a lor ch. — 5258 HI a 1. en v. b.
m., F et a 1. v. p. m., G et v. a 1. p. m. — 5259 FDHI lor g. — 5260 F p.
lor gent; G de c; HI que trove ont. — 5261 FDAHI ques. — 5262 HI li
quens; GD a s. e. — 5263 HI qui leur ont, D icil ont, GF cil 1. ont; G et
comande. — 5264 HI que il; G cornent a.
Bibliotheca NoTmannica IV. [3
194 NISUS ET
5265 ki aveient toz cela ocis,
diënt qu'il en ont les ehiés pris,
mostrez lor ont par les ehevels.
Et Mesapus, ki ert entr'els,
a son helme reconeu,
5270 que il cuidot aveir perdu,
qu'Eurialus en ot porté,
(mais molt l'aveit chier comparé!),
-a^iv ù>ûaa^ Alkes se sont en l'ost haitié, mjl, -ô^tv^ ruumxjU
quant sevent que il sont vengié,
5275 et diënt tuit comunalment
quel vengeront molt asprement;
cil del chastel le comparront,
se il pueent et aise en ont. c/t>LXuùjôrr\)
Turnus a fait les testes prendre,
5280 devant la porte les fist pendre,
sa g-ent comanda a armer,
puis a ses grailes fait soner.
Toz en resona li pais,
diënt, ja ert li chastels pris,
5285 set mil enseignes i ventelent,
a torneier fors les apelent
et molt forment les contraliënt, aûô.c.4^r»t
mais n'en istront por rien qu'il diënt.
Il montent sus es aleors
5290 et es bretesches et es tors,
mais molt s'esmaient, quant il veient
5266 G lor cief. — 5267 A les ont, F lor ot, G lî ont. — 5268 HI
omettent et, Mesiapus; GFD fu. — 5271 HI E. len ot p. — 5272 G m. il
lot molt ch. acate, F m. il la m. c. c. — 5273 Alinéa dans D. D lUuecques
s. a 1. h.; GFHI a. en s. — 5274 HI q. il s. quil s. v., D q. surent que fu-
rent; GF quil en s. v. — 5275 HI bien jurent. — 5276 HI que vengiez se
sont; FD ques; G quil san v. a. — 5278 GF sil p.; F et il aise, G et aaise.
5279 sans alinéa dans FD. DF T. en f.; D fist; F la teste. — |5280 HI
près de; F le; A fet. — 5281 HI ses genz; DF comande. — 5282 HI et
touz ses g. a s.; G p. a fait. — 5283 GFD resone; HI tout en retentist le p.
— 5284 D est. — 5285 GF e. venteloient. — 5286 F al t. f. aparelloient,
G al t. les apeloient. — 5288 D il nen i. — 5288 — 5292 omis dans F. —
5289 D II montèrent es a., G II m. puis as d. — 5290 G et es batailles. —
5291 HI m. molt sont dolent; G omet mais, molt sosmaierent; GD virent.
EURYALUS 195
les testes ki defors pendeient;
sorent que mort sont li mesage
ki aloënt en tapinage, jiyr\> ccuJ'^iJttk^
5295 por faire venir lor seignor.
Bien les eonurent li plusor
et de lor mort forment s'esmaient,
ne Guident pas que secors aient,
que Eneas a tens i viegne
5300 ne que li cliastels tant se tiegne
que il puissent secors aveir,
/rCu '>ruyrr\jL^ nis des le main des i qu'ai seir. ^jjuuaxu^ ' eux..
Mesentilis o sa maisniee,
ki molt fu bien apareilliee,
5305 les asailli de devers destre
et Mesapus de vers senestre;
Turnus et la soe genz vont
devant la porte el chief del pont;
de totes parz les avironent,
5310 a l'asaillir mil grailes sonent,
ki cuer douent al plu8_coart__^ -^ajoct-^*''^
Volent quarrel, pilet et dart, ûa-^o-ax-^^ ^ÀuJ^^-ul^ CctAAJx
volent saietes barbelées
et javelot et granz plomees ^^tA.^'^éJLS^i.té^i^ cLt. ^:J^»rrJr
5315 come pluie sus el chastel;
ne puet nus remaindre a crenel, CA.£,.^nja.cux..
n'il n'i oseut l'oil descovrir, ùrtA..nj-\Lr^
cil ki traient les font tapir; cclcKs./^
et li altre ki sont armé
5292 GFD pendirent. — 5293 D lor m. — 5294 G el t. — 5297 HI
deus meimes , GF et de la m. — 5298 III n. c. ja. — 5299 HI ne que-
neas. — 5300 GF ne li c. a als s. t. — 5301 III ne quil. — 5302 III crie-
ment qu'il soit pris ainz le soir; DG non des (G de) 1. m.; F des le
matin dusques au s. — 5303 III ot, G a. — 5304 HI iert; GF.que a molt
bien. — 5305 HI cil les asaut. — 5307 HIF sont. — 5308 D devers. —
5310 I a lasembler. — 5311 tous les mss. sauf F aus plus coarz. G omet
qui, c. douèrent. — 5312 III V. saietes volent darz; A V. pilet; G
Lancent qariaus espius et dars. — 5313 et 5314 omis clans HI. —
5315 F si come p. el ch. — 5316 A nan p. garir uns; GD ni; GUI al;
III quarnel. — 5317 HI ni ose nul; D ne nen o. cil d.; GF ne si osoient
descouvrir.
13*
196 TURNUS ATTAQUE
5320 poi,£;nent amont sus al fossé.
Ne se vuelent pas trop haster
ne lor armes en vain geter,
ji/ru 'Yruo^^nJujLAfrM -(jk, ne a faillance traire en loing,
-0*^ des i que viegnë al besoing;
5325 mais des qu'il virent le mestier
et il les virent aprismier, CLfCi^a/u>cÀ^-'^
si se pristrent ensenble al pel, 04,1^^
qu'il euidierent n'i eiist el,
mais que senpres fussent tuit pris.
5330 Idonc se sont a bandon mis, ©vv6 CjBrrrU>oU:tcc
cil sont desus et cil en bas, ^ om^Km^,
de maintenant fièrent el tas ^/rv ynAJuji^
et botent les par les lancieres,
brisent escuz, percent ventrières,
5335 les chars lor laissent jus aler,
treis mil en i ont fait verser,
ki el fossé chieent el fonz.
Iluec les ociënt a jnonz; j/yr^ ùJHàuj
ne puet estre, ki iluec chiet,
5340 que a grant peine s'en reliet. ^tjL. AgjiJii/Q.
Tels treis asalz lor font le jor,
toz tens en ont le noaillor. crr\^ ^ dU^CA-otx
5320 G corent, HID montent; D en m. dessor le f. GFD ajoutent deux
vss. V. les notes. — 5321 G Ne voloient pas; D point. — 5322 HI cil
dedenz ne (H et) eu v. ; A gaster. — 5323 D na f., Frnen en f. ; GF omettent
en. — 5324 III que v. au grant b., G dissi quil virent le b.; A quil. —
5326 A et cil les vindrent aprismier; DF et quil; DG virent cels a.; Dy
aprochier. — 5327 III si caucun se prenoit a. p., F quensamble sont venu
a. p., G s. s. p. esrant a. p.; D et se p. — 5328 III bien virent que (I quil)
ni avoit el. — 5329 I m. q. trestuit if. p., Il m. q. trestuit f. tôt pris. —
5331 IIIF c. s. el mont; III li autre e. b.; GF cist; A sont bas, F a bas, GD de
bas. — 5332 III par mautalent. — 5333 F et potoient par, G et boterent
par; III entrieres. — 5334 III froisent e. ; GIII rompent v. — 5335 GF les
gaus; F lor lisent. — 5336 III en i font, F en i lisent, G en firent; GUI f.
en verser; A ruser. — 5337 F ens e f. tient; G gisent; III c. damont. —
5338 m ne james jor nen lèveront. — 5331) D e. quilueques c. — 5340 III
que il ja mes sain en r. ; D sanz p.; F qua g. p. ne s. r. — 5341 D T.
.nu. a. furent; GF i font 1. j., III firent 1. j. — 5342 HIGFD en fu; HI
leur le peor, D le noiant lor, GF li noaus lor.
LES TROYENS 197
Quant Turnus veit que rien ne valt,
ne nés pot prendre par asalt,
5345 et si lor en a ja fait treis,
lancier lor fait le feu Grieis; ,
de eel n'estordront il neient;
ce euida il veraiement,
qu'il n'eschapent de cel péril.
5350 Mais il furent guarni d'aisil, irfc/n^kcvvJ-
0 ce l'esteignent isnelment;
altre secors n'i valt neient,
ne nule riens ne l'esteindreit,
se aisils non; en l'eue ardreit.
5355 0 ce ne repot il rien faire,
il fait sa gent en sus retraire.
Molt fu dolenz en son eorage,
des suens i ot molt grant damage,
plus de treis mil en i ot mort;
5360 c'est a buen dreit, car il ont tort;
et bien en i ont mort dedenz
a treis asalz plus de deus cenz.
Devant sei veit ses enemis,
5343 sans alinéa dans A. HI voit T.; F noiant v. — 5344 III prendre
ne les puet, F ne nés prandront, G quil nés prandra; GF par (F por) nul
a. — 5345 III et si grant leur en a f. t.,; F se se les trovent fors et rois;
D et si en il a. — 5346 G lancie 1. a., F 1. 1. font. — 5347 et 5348 inter-
vertis dans GHI. III que esteindre nel peussent; G que de cel n. n. ; F
de cou. — 5348 HI il cuida bien tout vraiement, GF c. c. bien a essient. —
5349 HI ne eschaper, A quil nestordront, D quil eschapent; F ne guen-
cirent vers c. p., G faire lor quide g. p. — 5350 F m. i. gariront par aisil. —
5351 III de ce estaint il erroment; D et ce lestant, F co les restuist, G celé
restaint; GF isnelement, delivrement. — 5352 DGHI a. licor, F car autre
estor. — 5353 G nUle rien ne lestainderoit ; F nul autre rien; HI nel des-
teingdreit. — 5354 F se laisil non cou est tos droit, G s. a. nert en eue a. ;
A en leue, D en feu. — 5355 HI Quant il a ce ne pot r. f ; DF o ce
(D cel) ni peut (D pot) il, G par ce ni porent ; GFD r. for faire. — 5356
HI si a sa gent ensus fait traire, D il a s. g. fait en suz t., F il f. s. g.
tôt en sus t., G sa g. a f ariere t. — 5357 I molt grant duel ot, D m. d.
fu. — 5358 D omet molt. — 5359 et 5360 omis dans A. F ont m., G a m. —
5360 D ce est bien droiz que; G a t., I ot t. — 5361 A et b. an ont mort
cil d., F et b. ont mors de cels d.; G en i a, ID en i ot, H en i rot. —
5362 GHI as t. — 5363 Alinéa dans HI. HI Quant Tumus v.; FD D. lui.
198 DESCRIPTION
qu'il cuida senpres aveir pris;
5365 il ne lor puet guaire forfaire, -iouAJL, cLul Tt^aJ
tant ne lor set lancier ne traire.
Tôt environ vait aguaitant
et le chastel tôt porveiant, eM^t^ryii/riA^nt.
la 0 plus feible le verreit.
5370 Tôt ensement Turnus faiseit,
corne li lous ki est al plain ^A'n^ ^ ùJÉ.cù.'nt,
et vient a la falde al vilain: -ùt^x-^x^Jca.
environ vait molt fameillos, ^A>>oTXi<Â-<^
'ir\.iJj'^^ les berbiz veit dont est gelos, Cdyi-v^û'^e**^^
5375 les aignels ot dedenz bêler,
guarde par o porreit entrer.
Près veit de devant sei la preie,
si que n'i a mie treis deie;
n'en puet goster, de denz cembele; 0J^tÀJ\JL^ ,
5380 et li vilains ses chiens apele, a^rtveriXA
des i qu'el bois le vont menant, I
ûLl 4e.f*rwu^ x»a^ -U^^/i^ d'ores en^_altre peliçant; iiA^cLcA^^nt. -^ piuu.
^^v^ ^^ tant i revient et vait sovent,
ptuu^ la pel i lait, se bien se prent. t,errn/rnâ^¥^cA^
5385 Tôt ensement Turnus faiseit;
* .
ses enemis devant sei veit,
si ne lor puet de rien forfaire;
cil font a lui lancier et traire;
5364 HI q. quidoit tantost ; F quide. — 5365 HI quil leur puise grant-
ment f., D et il ne lor pot rien f.; F et ne lor pot; G noiant f. — 5366 G
t. lor seust; D sot. — 5367 I trestout entour; F esgardant. — 5370 I Trestout
ainsi; H autresi. — 5371 A a pi., F en pi. — 5372 III et v. droit au piège a.
V., F vient a la f. del v., G quant voit le falde del vilain. — 5373 F vont; G
tôt f. — 5374 D les brubis vont es ialeus. — 5375 F tels tannauls ; G voit.
5376 g. cornent; F que il désire a olcer. F ajoute deux vers. V. les notes. —
5377 HI Si près de li choisist s. p., D Bien près de lui a veu la pr., F Et
près V. devant lui s. p., G Et après voit devant s. p. - 5378 HI avis li
est prendre la doie ; GF quil. — 5379 III quant ni puet entrer si trepelle,
A ne p. g. ses denz cepelle, G ni p. entrer de fors cembele. — 5380 FD
son chien, G les c. — 5381 F por que el b. le vient m.; G dedens le bois. —
5382 GII defors a a. p. — 5384 AG quant bien s. p.; G si p. — 5386 GF près
de s.; D lui. — 5387 III et si ni p. riens esploitier, G et si ne 1. p. rien f ;
A noiant f. — 5388 III de ce cuide vis esragier; F cil purent lui; A il.
DU COMBAT 199
s'en pais ne laisse le chastel,
5390 il i laira bien tost la pel.
Fors del chastel, al pié del pont
ot un petit moncel reont; c^Ct-Lr^..^
une bretesche i ot fremee Cô>v6>t-t4-4Xû^
por deffendre devant l'entrée.
5395 Dedenz aveit set chevaliers
et dis serjanz et cinc archiers:
cil deffendent devant le pont
et le graignor damage font.
Cels asailli Turnus de bot, j-mAJL dA, jUjÙJf-^
^j^^^^j^OO s'entente i a torné de tôt,
le mielz de l'ost i fist venir.
• La bretesche fist asaillir,
et cil dedenz fort se deffendent
et merveillos estor lor rendent. QjonrrU^aJL
5405 Ja par asalt ne fussent pris,
mais de desoz ont le feu mis,
ardent le pont et la closture;
A*jeix.f\.e'uMA. tote desjoint la latfceiire, /ixa-t^ru^-A.*,
l'une meitiez brisot et art,
5410 cil se traient a une part;
faillent li pont, chieent les ais, p^.u^n.cJ\LAJ
la o cil sont pendi li fais,
ariere chiet tôt en_im_mont, /J jLutu -ùu^iJ -^'a^uJ^^^
tuit cil de denz craventé sont.
5415 N'en pot estordre de toz els,
5389 HI sil ne lait en pais. — 5390 D moût t.; F sa p. — 5391 F
Près; G al cief d. p. — 5392 HI chastel. — 5393 et 5394 intervertis dans
GFD. G ont; GD levée. — 5394 A por deflfanse devers 1. — 5397 HI cens;
A devers. — 5398 HI omettent et, 1. g. vasselage font; Gif. — 5399 HI
Dant ï. les asaut d. — 5400 GDHl mise del tôt. — 5401 HI le plus; D fait. —
5402 D fait. — 5403 I bien s. d. — 5404 G li rendent. — 5405 FD ne seront,
G ni sera. — 5406 I m. le feu ont par d. m.; D m. de defors, GFH m. par d.;
F sont li feu m. — 5407 HI le merrieu a.; D art le p. et le aleure. — 5408
FD et t.; F deffont; HI lenlaceure, D la clostrure, F la cainture. — 5409 HI
en bruit et a. ; D depiece, GF bruist. — 5410 A tuit se traistrent a u. p.,
GF et cil s. t. dautre p. — 5411 HI f. pilier fendent les es, F li postic f. cli.
ais. — 5412 HIFD il; D pendu. — 5413 FD a terre; GI chient. - 5415 HI
nen eschaperent, G ni puet remaindre, F ne puet e.; D de euz touz; y cels.
200 SUITE
que tuit ne seient mort fors deus,
Licus fu l'uns, l'altre Elenor;
jadis fu escuiers Hector.
Il saillent sus, Licus s'en vait
5420 et Helenor l'espee trait,
dis en a morz et detrenchiez,
Turnus l'ocist. ses a vencbiez,
et li altre ki s'en fuieit
vers le chastel s'en vait tôt dreit.
5425 Nel porent pas coillir si tost, ^û!*-ci^v
quant uns archiers le vit de l'ost;
amont lez le palais s'estait; û, Cci^ eU^
cil i visa a lui, si trait,
si l'a féru parmi le cors
5430 qu'il l'a cosu al pel defors. oXoiUA*
Li altre i traient plus de cent,
iluec l'ociënt o il pent,
dont se resont molt esbaldi, i.rnCM-i^^itiijb^
la quarte feiz l'ont asailli,
5435 molt en i muert a cel asalt
de cels de denz; petit en fait,
que cil de fors n'i sont entré,
ne fust que cuer lor a doné
Ascaniiis, ki s'escria
5440 et ki forment les rehaita, -^^nû/w-^A^iAA^ju
dont i fièrent de maintenant -teru-t dA^ ^t'^'fk^
De cels de fors ont ocis tant,
ki esteient près d'entrer enz,
5416 F que il ne s. mort par els ; DHI m. que dous. — 5417 F fors seul
Licus et Elenor. — 5419 HI Cil; F sesmait. — 5420 A sespee. — 5422 GHI
T. la mort; A quis a v., F si a v., G sis av. — 5424 GFD en va. — 5425 F
Ne le p.; G pueent; HID choisir, GF prendre. — 5426 D del tôt. - 5427 HI
si com au paliz se prenoit, D a. les pallis estoit ; GF a. vers le p., A a molt
1. 1. p. ; G sestoit. — 5428 HI et celui vise si a t. ; F sel t. — 5430 GDF q. le
(GF la) choisi au pel; D lahors. — 5431 AD omettent Li; GF Apres. — 5432
GFD locireut. — 5433 D d. sarestut si sesb. — 5434 A ja quatre foiz, G par
quatre fois; FUI ont. -- 5435 D m. muirent a icel sault; G m. en morut,
F m. e. muèrent. — 5436 A son. — 5439 Alinéa dans A. F escria. — 5440
D racheta, G ramprosna. — 5441 G tôt i ferirent m. — 5443 et 5444 omis
dans A. F de cels ki voelent e. e.; G qui près e.; HI a lentrer.
DU COMBAT 201
que li fossez est toz sanglenz,
5445 que l'en n'i poeit arester;
les morz font aval reoller /^^fijJjLf\j
la jus al fonz, ki toz ert pleins.
Turnus en ot dis mille meins, 'rrca^un..^
anceis que fust tierce passée,
5450 qu'il n'ot gehui a l'ajornee; eu^otdj^' "KtuJL,
de l'altre part en ot asez
de eels de denz morz et navrez.
Un suen serorge aveit Turnus, {h-oml. - -ùjui^
molt pro, ki ot nom Romulus, veûJJLeufJsi
5455 riches oem ert de liait parage Tv^^y^a-AA^ , '7\£LLù^4UkyrujL-
et molt aveit grant vasalage. -^'>V<^^A^
Les Troïëns forment coitot, .^>a^ />j/- . /vs^y^^/^:/-
de parole les laidenjot. i^^^ujiititt
„Di va", fait il, „car vos rendez,
5460 malvaise genz, si me créez,
repentez vos, criez merci,
fuiant vos en tornez de ci!
Se vos volez merci crier,
nos le vos feron pardoner;
5465 un oil o un poing i perdra
chascuns de vos, puis s'en ira.
Se vos nel volez faire issi,
que vos rendeiz, si com ge di,
ja sereiz tuit par force pris
5444 HI q. 1. fosse en sont s., F est li f. trestous s., G que les fosses
sont si s.; D fn. — 5445 et 5446 intervertis dans HI. HI si que nus ni p.
entrer, D que homme ni p. ester, F onques nus hom ni pot ester, G que
nus hom n. p. entrer. — 5446 HI les mors font la jus r. ; D voler, GF ron-
deler. — 5447 HI de ce soiez tuit bien certains; DGF que; D t. est p.,
G t. fu p. — 5448 HI .vu. M., GF .ii. M. — 5449 G prime. — 5450 HI quil
not hier main; F molt fu pesme la j., G dolerose fu li j. — 5451 F de Lau-
renfe, et daltre p.; HD rot, A ont. — 5453 sans alinéa dans A. F sol s. —
5454 A Remullus. — 5455 y fu; F de molt p., G de grant p. — 5456 F et
a. m. ; G et si a. molt v. — 5457 D doutoit. — 5458 D devioit. — 5460 D
car m. c. — 5461 HI fuiez deci, F tomes de chi. — 5462 omis dans I. F vos
torneres. — 5464 GFD nos vos en lairons vis aler (D touz a.). — 5465 A
ou o. ou; G u. oel o poing i perdera; FDIII et un p. — 5466 D si s. i., G
p. en i. — 5467 D ne. — 5468 HI ne rendre vos. — 5469 et 5470 omis
dans A. HI tuit i s.; HIF a f p.
202 PANDARUS
5470 et sereiz tuit ainz nuit ocis; ou/Ok/rih.
nel tornereiz longues a geu. ("yû^uu^^^A^^ u. tûu
Guidiez vos que ce soient Greu, JLLojJLhU;^
vers cui vos pelistes deffendre "
dis anz, qu'il ne vos porent prendre?
5475 Ça fors n'est pas Diomedés,
Protheselaus ne Ulixés,
ainz est Turnus, ki vos prendra,
ja demain jors ne passera."
Parler l'oï Ascaniiis,
5480 ki el donjon esteit lai sus;
parmi une fenestre a trait
a lui, ki de desoz estait;
par desoz l'orle de l'escu -CrcrLcL
enz en la gole l'a féru, cM^AJt
5485 que par derrière li eissi
la saiete, ki l'abati.
Mort chaï jus de son cheval,
ne lor dist puis ne bien ne mal.
Li Troïën s'en esjoïrent
5490 par le chastel, ki cel colp virent,
et cil de fors les aprochierent,
de loing lancent et de près fièrent.
Al pont fu li enchalz molt granz, ia, p^tA.\^àu^
mais de la ligniee as jaianz
5495 ot deus frères el donjon sus;
li ainznez ot nom Pandarus i
et li plus Jones Bicias.
Molt par s'i fiot Eneas,
5470 et tuit (I et puis) pendu ars et o.; G et si seres; D a nuit. —
547 1 HI ne le tendrez ; A noiant a g. — 5472 HI que nos seions, GD dont
que soions. — 5473 et 5474 omis dans HI. — 5474 GF qui, D que. —
5477 H pendra, — 5478 GFD demi j. — 5479 Alinéa dans y. III Ces
(I Telz) moz entent A. — 5480 D e. dessus. — 54S2 III celui; GD qui
desos lui, F qui de defors. — 5483 DF desor, I desus; D lorlet. — 5484 I
la dedenz 1. q. f.; II gorge. — 5487 A M. labati. — 5490 IlIF le c, A
ce c. — 5491 III mes cil; G omet et; I de loins, GF de lost; G bien
les a. — 5492 D de lonc lancent de parfont f . ; A et a plain f. — 5493
Alinéa dans GD. D Du p.; IIID assauz. — 5494 I des lingnies, A del
lignage. — 5490 III li un avoit.
ET BICIAS 203
jO-^utO ) ^OAi^cLo^et sor els deus ot mis partie ^
5500 de la cure de la maistrie. pBu^^Lt&t^ oU^ ynatjha^
Il deseendierent del donjon
plus fièrement que dui lion,
vindrent aval, la porte ovrirent,
tote la presse départirent.
5505 Pandarus fu de devers destre
et Bicias fu a senestre.
Iluec lor deffendent l'entrée;
molt chierement l'ont comparée.
Cil ki virent la porte ovrir, , ^
5510 les altres voldrent devancir, p/xâd ri*-^
senpres cuidierent entrer enz;
cil dui les ociënt a cenz,
et merveillos domage i font.
Tant en gist mort desor le pont
5515 que n'i pueent li vif passer;
cil les font toz ariere ester.
Turnus ert de l'altre partie,
ki a celé novele oie,
que la porte lor est o verte
5520 et de sa gent i a grant perte,
car deus jaianz aveit dedenz
kis ociënt iluec a cenz.
Molt tost i est Turnus alez,
mil chevaliers i a menez
et vint al pont o son efforz. j^r^^^^ o/v»^^
5525
5499 F en els ot mis molt grant p. ; G en sol ans, HI et sus eus. —
5500 H et d. 1. m. — 5502 HI andui plus fier que nul lion; A que nus 1. —
5503 HI aval vindrent. — 5504 GDHI derompirent. — 5505 I iert; GF par
de vers. — 5506 I et B. iert a s., GFDH et B. devers s. — 5507 F I. d. cil, G
I. deffendirent. — 5509 HI vindrent. — 5510 HI la porte. — 5511 HI tan-
tost. — 5512 GF li d.; D occirent — 5514 A desoz, HI desus, G desos. —
5515 G que il ni pot nis uns p., F que ni puet nés uns sels p. — 5516 I
arriéres les estuet e., G cil les f. tôt a. e. — 5517 sans alinéa dans HI. —
5518 D quant; y q. c. n. a o. — 5519 I p. estoit o.; A ert. — 5520 GFD et
que s. g.; HI ot. — 5521 G que; F car li g. ki sont d.; A a la d., G i a d.; I
leanz. — 5522 I qui ainsi les aloit tuans, II qu iiluec les tuent a c; F les o. 1,
a c, G qui ja les o. a c. — 5523 Alinéa dans HI. GD Tantost; GFD est
celé part aies. — 5525 HI au pont en vont o son e. ; F o ses e., G a s. e.
204 PANDARUS
Il passa par en som les morz,
dusqu'a la porte sont venu.
Li dui frère orent grant vertu,
ki l'entrée forment defïendent
5530 et merveillos estor lor rendent;
cil del cliastel celé part corent,
vienent as frères, ses secorent.
Molt lor rendierent grant estor,
molt en i muert a grant dolor,
5535 escriënt sei, verser les font
bien loing ariere oltre le pont,
nés ont mie loing* porseii,
a la porte sont revenu.
Turnus a ralié sa gent
5540 et rasait les plus asprement,
par vive force en entra enz
et de sa gent plus de deus cenz;
de.cels de fors grant torbe i entre; /©<-«/«-
la porte clostrent cil soentre,
5545 li dui frère, derrière as dos;
de cels dedenz i ont fors clos.
Or est Turnus molt entrepris .e>m/r<x>t^û^,A^
enclos avuec ses enemis,
mestiers li est molt granz d'aïe;
5550 de cels de fors ne l'avra mie.
Dedenz les a molt estormiz, 'yrù^^ t^rJ oé^A/gnà
5526 HI si passèrent par mi 1. m., D il i passa par mi, GF il passèrent
desor 1. m.; A passe. — 5527 HI p. en sont v. - 5528 G u li f. erent arestu. —
5529 H que. — 5530 G i rendent. — 5532 G vinrent; F v. cajus si les s.;
G si s. — 5533 ni Adonc i ot molt g. e., G A Turnus livrent fier e,; F m. i r.
— 5534 FI omettent en; D omet grant; HI maint; FID muèrent. — 5535 et
5536 omis dans A. HI il crient; G aler, D ruser. — 5536 G en sus del p. —
5537 I ne les o. pas 1. p.; H pas hors 1. p.; A parseu. — 5538 A s. re-
vertu, H resont venu. — 5539 Alinéa dans H. F rasamble, GD alie. —
5540 HI et les r., D et rasaillent, G et rasali, F et ses r. — 5541 HI est
entre e., D en entre e. — 5542 F et de ses gens plus de .n. c. ; HI .ni. c.,
G .V, c. — 5543 G force i e. — 5344 GF closent. — 5545 et 5546 inter-
vertis dans HI. HI leur sont au dos. — 5546 HGFD dehors; A i ront, F i
vint; HID enclos. — 5ô47 sans alinéa dans y. — 5548 F endroit. — 5549
HI il avoit grant mestier; FD e. de grant a. — 5550 H nen aura m , GFD
naura il mie. — 5551 et 5552 omis dans A. HI Ceus dedenz.
ET BICIAS 205
forment les i a envaiz,
tenu lor a bataille fort.
As primerains cols i sont mort
5555 andui li frère en es le pas, ^ci-t-^ J^ cAo/»*^
et Pandarus et Bicias.
Li Troïën s'en esmaierent,
cil s'escriënt, forment i fièrent,
tôt ariere les vont menant,
5560 porsiuent les, cil vont fuiant.
Ilioneus i est venuz,
ki del donjon est deseenduz,
as Troïëns a escrië:
„Que faites vos, coart prové,
5565 sereiz vos donc si pleinement
conquis et mort par tant de gent?
Que faites vos? Tornez ariere,
nés espargniez, chascuns i fiere."
Il a „Troie" crié, s'enseigne,
5570 cel d'els n'i a ki puis se feigne Aa.4-<-/«-
que n'i fiere demaneis tant, 7h>ué. aU- -ùM^À-i^c.
qu'il vont ariere reculant;
dont fust Turnus morz a estros, Ct^CuyrxM.yrriCr^
ja par sa gent n'i fust rescos, ^ùâ.cervi.r»u4^
5575 quant uns des Troïëns corut
la porte ovrir et si reçut
cel s ki orent esté fors clos.
Turnus li vint derrière al dos;
5552 GF durement les a e., F forment les a. bien e., I et f. 1. a e. —
5553 F or i a molt b. f. ; D tenra 1. b. f. — 5554 GFHI A primerain i furent
m., I Aus premerain i f. m. — 5555 GF li dui f. — 5557 Alinéa dans G. —
5558 HI et cil plus forment les requièrent. — 5559 GF botant. — 5560 D
p. 1. de maintenant; A sil, F si. — 5561 HI Alinéa. G Ascanius. — 5562 GF
cliastel. 5564 D mauuais p. — 5565 HI par tant de gent; F si fai-
tement. — 5566 G si pris; A ne mort; HI si plainement. — 5567 HI Or
tost fait il. — 5569 I II escria ; A II a trois foiz crie s. — 5570 HI ni a celui ;
D delz ni a nul qui mais s. f., G il i na cel dais qui s. f. ; F qui plus. —
5571 HI qui ni fièrent de maintenant; D quil ni fièrent; GF qui. — 5572 HI
les vont a. remenant; GF ques. — 5573 F fu. — 5574 F por. — 5575 I
corust. — 5576 F ovri; A rascut, I recust; D et les r., G et sis r., HI et
cens r. — 5577 HI omettent cels, qui avoient; D cels que avoient fors en-
cloz. — 5578 HI leur; F ert.
206 ARRIVÉE
la 0 il teneit le flael,
5580 tel li dona el haterel o-x^u-^^^^jul.
qu'il chaï morz; Turnus s'en vait,
mais de sa gent le plus i lait;
a grant peine s'en est estors,
molt par fu liez, quant il fu fors.
5585 Donc comença a avesprer;
sa gent a fait ariere aler,
as herberges s'en retorna
et ses guaites apareilla,
ki deveient la nuit veillier,
5590 et prie lor de mielz guaitier
qu'il n'orent fait la nuit devant.
En l'ost firent noise molt grant
et molt resonent el chastel
J^^ori^ûA^^ôeA/ cors et buisines et frestel. -jUji/ejux^
5595 A l'endemain bien par matin
n'i reprist onkes Turnus fin.
Des i que al chastel revint,
molt grant pièce l'estor lor tint. ih/rvy^^J
A molt grant peine se teneient
5600 cil ki le chastel deffendeient ;
li plus d'els sont navré a mort.
Il ont guardé aval al port
et veient ariver les nés
et mètre jus sigles et très;
5605 sorent que Eneas veneit,
5580 I et tel li done, H tele li done. — 5582 HI grant perte i fet
(I i est). — 5583 G a e. — 5584 A m. p. est 1.; F m. en fu 1.; I q. en
fu h., D com il f. h. — 5585 HI Adonc comence. — 5586 HF en fait; 6 s.
g. comande a. a. — 5587 HI a sa herberge r.; F si sen torna. — 5588 GF
araisona. — 5589 G qui la n. d. v. — 5590 HI molt les prie; GFD proia;
H de bien g. — 5591 H que n. ; F ne fisent. — 5592 HI ioie. — 5594 F
festel. — 5595 sans alinéa dans A. H En, A Et; F Ens el d., G Au 1. —
5596 FDHI ne ; D ne requistrent cil auques fin. — 5597 et 5598 otnis dans A.
D revindrent. — 5598 D m. g. estor lor contretindrent. — 56(i0 D cil du
ch. et d. — 5601 I 1. p. en sont n. et m.; H li p. en iert, D li pluisors s.;
F li plusor dels m. u navre; G mort et navre.' — 5602 D il esgardent;
GF aval al port garde. — 5603 HI omettent et, virent i a. leur nés. —
5604 D metent; GD sus.
b
D'ÉNÉE 207
que al cliastel les secorreit.
Molt lurent lié, si s'escriërent,
molt firent mal, trop se hasterent,
car s'il peiissent ariver
5610 en pais, eissir et els armer
et petissent celeement,
venir en l'ost eovertement
qu'il lor fussent deniers as dos,
ses eussent entr'els enclos,
5615 si fussent cil en fin veincu;
mais ce lor a forment neii,
que cil del chastel s'escriërent
et cil de l'ost se reguarderent.
Veient les nés près del rivage,
5620 ki a terre vienent a nage:
se il ne sont a l'ariver, aJ^traU^
il i porront tost meschever. JxA^ujtr^
Turnus les veit, le chastel lait,
que nul asalt puis ne lor fait,
5625 0 tôt sa gent point vers les nés;
nen i a nul en l'ost remes
ki nen ait la grant aleiire. ^hjxi^rù^ ^nA^cAjC-
Ja i avra desconfiture, cUJcÛJil-e,
tost i avra targes perciees .
5630 et treis mil hanstes peceiees;
entr'els nen a mur ne fossé,
ja i avra mil feiz josté.
5G06 HI et que le ch. s. — 5607 G m. fièrement les e.; F si e. —
5608 HI mes mal firent. — 5609 D car si se p. a., F car si laisasent a. —
5610 GH a p.; D et ariver. — 5611 F et laisasent. — 5012 HIG en lost venir;
FD a lost; G olvertement. — 5613 tt 5614 omis dans HI; A as cl. — 5614
DF si e., G sil e. — 5615 HI Turnus i fust. — 5616 F mescu. — 5617 F
escr. — 5618 FD les esgarderent. — 5620 DG vindrent; GDA o nage. —
5621 A ni s. — 5622 I li; A iam. — 5623 G le; GF vit. — 5624 A q. a.
puis ne lor a f.; F plus. — 5625 HI a tout; GF a lor nés. — 5626 HI en
lost nen est (H a) un seul r., G il nen i a nis un r.; F nul de lost. —
5627 HI qui ne venist a laventure, F qui la nalast g. a. — 5629 HI haubers
et granz t. p.; A ja i. a. — 5630 AHI hantes; F depecies. — 5631 et 5632
intervertis dans HI. GFD il na entraus m. n. f.; HI quentreus; I na
ne mur.
208 ÉNÉE
Turnus i est venuz premiers,
ocis i a treis chevaliers
5635 0 la laneë et o l'espee
Cil a comencié la mellee;
tuit cil de l'ost i sont venu,
et cil furent des nés eissu,
si comencent a torneier
5640 joste la mer, par le gravier.
Molt sereit fort tôt a nomer
et les jostes a aconter,
les proeces que chascuns fist,
ki i fu morz et ki l'oeist,
5645 mais molt en i muert a merveille,
la mers en est tote vermeille.
Par la bataille Eneas vait,
molt grant destruciou i fait,
s'espee i a bien essaiee,
5650 celé que Vulcans ot forgiee;
ki une feiz en est feruz,
se bien en est aconseiiz, ûJstUifrxb
ja n'i estuet recovrer puis.
Le jor i fist de sanc treis muis, m.u.ioL^j
5655 n'i a celui ki son colp veie
ne li face volentiers veie.
Molt se contient bien Eneas ,04- Cû-rt-aUcit
et molt i refiert bien Pallas;
onkes nus oem de son aage
5660 n'ot graignor lo^ de vasalage, cÂcvnju
5633 Alinéa dans D. — 5634 G lor a. — 5685 HI a la 1. et a 1., A
o la 1. un dans o lespee, D o sa 1. et o s.; GF et od 1. 1. — 5636 D il;
F et comenca tost; G omet cil. — 5638 I et cil des nez. — 5639 I et c,
G cil c. — 5640 lez le g., D enz el g., F sor 1. g. — 5611 sans alinéa dans
HIGFD. I Dont s.; DM. par s. f. a n. — 5642 HI raconter. — 5643 G
des p. — 5644 GF qui mors i fu et qui o.; HI ne qui 1. — 5645 GF molt i
muèrent a grant m. — 5647 sans alinéa dans A. — 5648 HI d. de gent i f.,
D m. g. destruit de gent i. f., GF grant damage des siens (F de gent) i f. —
5654 F De s. i f. le jor; HI n. m. — 5655 I qui le convoie, A es cols v.,
D cel c. V. — 5656 D v. ne li face veie. — 5657 G M. si; HI bien si main-
tenoit; D se combat. — 5658 HI i referoit P.; D i feri, F i feroit, G le
refait. — 5660 D not loz de g. v.; F millor, G forcor.
1
AU Combat 209
ne ne fu nus de sa valor.
Merveilles fist iluee le jor,
n'eneontre nul ki ne se plaigne
ne ki en la sele remaigne;
5665 bien fiert de lance et mielz d'espee,
bien a la veie délivrée. 'oicLuL
Il a reguardé contremont,
vit Troïëns ki fuiant vont;
Turnus les siut derriers al dos,
5670 ki ne lor lait aveir repos;
'mû^fL a no se metent a la mer;
il en i fist trente floter, -i^LcHi^
bien i fereit sor els a tas, ^♦v '^-A-*f f
Celé part est alez Pallas,
5675 as Troïëns cria de loing:
„Molt estes buen al grant besoing;
ki vos meinë en altre terre,
grant chose puet par vos conquerre;
ne feriez pas eoardie
5680 ne malvaistié por perdre vie; £ùxAjBJ^
jD&unjj/û/nt. porquant mil en i fuient ja
por un tôt seul de cels de la.
Que querez vos en celé mer?
Revolez vos a Troie aler?
5685 Vos n'i passereiz pas si tost.
Mais retornez ariere en l'ost.
Se vos entrez en celé mer,
5661 HI fu bons. - 5662 HI f. darmes 1. j. — 5663 H ne n. nul ne s. p.;
HIF sen pi. — 5064 GFD et qui ; D en celle pui r. — 5665 G omet et. — 5667
HI Vers la mer garde c, D II a garde encontre m., F II regarda en contre-
mont. — 5669 A les fiert; A as dos, D a dos. — 5670 F omet ki; FDH ne lor
laisse. — 5671 HI ano (I aincois) les fait entrer en mer; A a non. — 5672 HI
raolt en a fait dedenz entrer (I plunger), G le jor en fist maint afondrer, F .lx.
en i a fait voler.. — 5673 HI car il feroit, D et il se fiert, F cil ferirent, G b. i
fièrent, A cil i f. — 5675 HI crie. — 5676 F a g. b. — 5677 G et qui; D que v.
p. q. esmut; HI estrange t. — 5678 I par vous p. g. ch. c. — 5679 y vos ne f.;
HI V. n. f coardise; D mie. — 5680 HI en nule guise. — 5681 HI p. mil de
vos f j., D ne p. q. m. en f. ja; GF sen (F en) i f cent ia. — 5683 AF a
c. m. — 5684 — 5688 omis dans D. — 5685 HI omettent Vos, ne p. or. —
5686 HI revenez; H a loêL r^bQSl et 5688 omis dans HI. F rentres.
Bibliotheca Normannica IV. j 4
5695
210 PROUESSES
ne vos i poez jdto fier, ''y^ujili^rrruiynL
n'i avreiz point de forterece.
5690 Mais ci mostrez vostre proeee.
Quant vos volez en mer neier,
si vos venez aneeis vengier,
si ne morreiz pas a tel honte.
Ne sai que deit ne que vos monte >t>»^ûdM<A
que une mort eschivereiz (acÀl^cI^'^
^■4.-^^ et en peior vos enbatreiz, ('Hâ- />^^'^yii'^>i'.^
Amez vos mielz asaoler ^^^/^j^Va^j
les granz peissons en eele mer
de voz charoignes, de voz cors, cAa/usO/jtca^
5700 que paistre les oisels ça hors?
Estez iluee, n'alez avant,
l'en ne conquiert pj;o en fuiant; nru^UM^m^.'yyL
M-coiM*^ vostre recosse nen est proz,
quant uns seuls oem vos chace toz;
5705 s'il retornot vers mei, ce cui,
ne fuireie plein pié por lui,
et tenez mei a recréant,
se ge ne li vois ja devant."
Turnus l'oï, sa resne tint,
5710 retorna sei, contre lui vint,
demanda li ki il esteit,
ki contre lui s'aatisseit. /yi^vcAuauJ:
Pallas li a dit ki il est.
5688 GF petit vos i pores f.; D point f. — 5689 et 5690 intervertis
dans HI. Hl que navez autre; D ni auroit; G ni a rien fors de f. — 5690 HI
Et si m., GFD M. or m. — 5691 HI Ne vos alez. — 5692 HI mes venez
vos ca hors v. — 5693 et 5694 omis dans G. D mie. — 5694 I N. s. dont
vient; A que ce m. — 5695 HI quune m. eschiver volez; G quant. — 5696
IIID V. enbatez, GF entrer voles. — 5697 F m. a conraer, HI en eele mer. —
5698 HI asaouler, A de eele m. — 5699 1) de la char vive ; G carogne et. —
5700 HI que 1. o. p. — 5701 G naler. — 5702 F quon ne c. ; D mie, GHI pas. —
5703 G li vostre r. nest p., HI vostre conquest ne sera p. — 5704 I q. uns
h. vos en ch. t. — 5705 HI sil retorne vers moi ie sui; D se il tornast;
GF se retornes certes od moi. — 5706 HI qui ne fuirai (I fuira); D nen
feroie un pas p. 1. ; GF ja ni (F ne) fuirai p. p. p. soi. — 5707 ei 5708 omis
dans III. — 5708 A v. au d. — 5709 Alinéa dans HIDG. DGF son r. —
5710 D et torna soy. — 57 1 2 HID envers Lj-fl^iae atissoit, A san hatissoit.
• ■ ■ ^
DE PALLAS 211
et qu'il le trovera tôt prest
5715 de bataille, s'il la vuelt faire:
a l'un d'els iert a, grant contraire. '^*«-^ -lu/riA^it»
Andui furent el plain gravier;
l'uns vers l'altre point le destrier;
Pallas le fiert parmi l'escu
5720 que tôt li a frait et fendu,
et le halbere li desmailla;
près del eosté li fers passa,
li cols s'en escola defors, ^Li^tuJL'
qu'il nel navra neient el cors.
5725 Grant eolp li redona Turnus;
il chaïrent anbedui jus.
Turnus se lieve en es le pas, ^u/a/ jèjl^ tA^^Ynj^
tantost refu en piez Pallas;
il ont andui lor lances fraites,
5730 si vont avant espees traites.
Granz cols se sont entrefernz,
hasteles font de lor escuz.
Pallas le fiert en l'elme amont,
treze des pierres ki i sont
5735 et un quartier a tôt l'esmal
en abatié jus contreval,
si qu'il en chancela trestoz;
por poi qu'il ne chaï desoz.
Turnus a le grant colp sentu,
5740 bien set que cil a grant vertu;
5714 m dist q. 1. 1., D et quil retomera. — 5715 D li v. — 5716 HI
auquel quele viegne a c, D a 1. d. sera le e., Gai. dais .n. ert g. c. Apres
ce vers A a une intercalation. V. les notes. — 5717 G Quil d, ; D fièrent,
G feront. — 5718 A luns point vers lautre 1. d. — 5720 D ront et f. —
5721 GF le bon h. — 5722 G glaça. — 5723 D en; I escliiffa. — 5724 I
qui, F que; G omet quil, ne le n — 5725 F donc li a T. — 5726 — 5732
omis dans I. F que a. c. j.; G quil c. — 5727 A sen 1., GF sait sus. —
5728 GFD senipri's; F en fu, G sait sus; D r. sus danz P. — 5729 GFD
andoi orent. — 5730 H requièrent soi; D et, GF il, A se. — 5731 GF
Molt ont g. c. iloc férus. — 5734 D trente d. p., GF trance les pieres. —
5735 A o ; F q. tôt le nasal. — 5736 F tôt c. — 5737 D ainsi quil. —
5738 HI p. p. ne chai a genouz; A par p., FD a p. — 5739 Alinéa dans
D. GF T. a bien s. c. s. - 5740 GFD sot; D cil avait v.; F ot.
14*
212 MORT
s'une altre feiz i puet geter,
n'i estovra mais reeovrer.
Il s'est eoverz, hurter le vait; j^v^u^o^^aJ
tant reidement Pallas s'estait,
5745 ne remua por lui plein pié;
•^^^^i^^ûdJ desoté l'a et aguaitié,
desoz l'eseu li a botee
parmi le cors tote l'espee.
Pallas chai, ki navrez fu,
5750 gete l'espee, lait l'eseu,
ruLQi>rrUya. -ai, /\CkjioUL eschalcira et s'engloti,
' l'ame del cors li départi.
Morz est, ne li puet mais chaleir ^îM dMrufitrJk»
ki que puisse la femme aveir,
5755 0 l'ait Turnus o Eneas.
Comparée l'a chier Pallas,
onc ne fu puis ne ainz cel jor
en bataille ne en estor;
donc i est il trop tost venuz;
5760 mais molt s'i est ainz chier venduz:
ocis en a premièrement
de cels de l'ost bien plus de cent.
Turnus le vit mort devant sei,
un anel choisi en son dei
5765 que Eneas li ot doné;
molt i ot bien encastoné -A^o-ûAa-a-a.^
5742 HID ni co vendra puis; G plus; GF demorer. — 5743 F est. —
5744 HI si; IG durement; D estait, GFH restait. — 5745 D quil ne remut. —
5746 HI mes Turnus la bien a; GF engignie la, D deceu la. — 5747 GFD
lauberc. — 5748 HI enz ou ventre 1. 1., GF amont el cors t. sespee. — 5749
H feruz. — 5750 HIF guerpist lespee; HI et puis le fust, F et 1., G trait 1.
— 5751 HI outre sen va cil s.; D il souspira. — 5753 HI or ne li puet il. —
5755 HID or; D laist, GF soit. — 5756 D compare la molt ch., F primes
la acate, G mais achatee la. — 5757 HI onc ne fu aiuz ne puis nul j.;
GF onques ne fu; F estre c. j., G fors icel jor. — 5759 HI encor i est,
GF mais or i est. — 5760 D mes ancois sest molt c. v., GF et nequedent
cbier sert v. — 5761 HI i a p. — 5763 Alinéa dans HI. GF Devant lui
mort T. le voit. — 5764 GF vit un anel quil ot el doit. — 5766 HI molt
par iert bien encastoné, D molt par i estoit bien ouure, GF por son gent
cors por se bonté; A bon ancestane.
DE PALLAS ^ 213
un lioncel fait d'un jagonce; (.■^^t^ocu.nrr^^-^
d'or i aveit bien plus d'une once.
Il s'abaissa, del dei li trait,
5770 el suen le met. Por fol le fait:
puis fu tels jors, se il settst,
que ja par lui bailliez ne fust, /^*/\^
se il s'en peiist repentir,
car par l'anel l'estut morir.
5775 Turnus s'estut devant le mort.
En une nef ki ert al port
ot un archier ki l'esguarda;
il trait a lui, se li perça
quatre des mailles de la broigne, Cjuuj\'^^^-^
5780 un poi le navra soz la loigne. ruLÀ-^r^f
Turnus se sent un poi féru, 4fto./i^xM^
guarda dont ce li est venu
et vit celui ki l'arc teneit.
Grant pas en vait vers la nef dreit,
5785 al destre bort trova le pont ^^rus^
par 0 il est montez amont:
celui trova ki se tapist ,44. ctlcAa,
desoz el fonz; le chief en prisi
Dementres est l'ancre rompue ùiyrtd-ArrjL CJl ^^^ttlal*
5790 par quel la nés esteit tenue;
devers la terre vint li venz,
a la mer bota la nef enz.
5767 et 5768 intervertis dans GF. GF od un lion. — 5768 A bien
i avoit dor; F a. une grant once. — 5769 HI le mist, D la mis; F se mal
a. f., G Molt mal a f., III que f. 1. f. — 5771 HI miex li venist; F fust;
G sil le s. — 5772 A b. p. 1., GFD por 1. b. — 5773 G p. ia r. — 5774 D
quant. — 5775 sans alinéa dans GF. HI se tut, F restut, GD estut. —
5776 F que u. n. — 5777 GF ert uns archiers; D lagarda, F le g. Après
ce vers y intercale deux vers. V. les notes. — 5778 HI a lui trest droit et
fausa li; G si laproca. — 5779 G q. m. trence d. 1. b. ; HI du hauberc. —
5780 HI en la cuise li fist let (I tel) merc; D sor, GF en. — 5781 Alinéa
dans G. HI Quant T. sent quil fu feruz. — 5782 A garde ; HI li cop fu venuz.
— 5783 HI il y.; GF voit. — 5784 HI sen v. a la n.; D v. a lui tout d.; G g.
partes en va celé part d. — 5785 GFD port. — 5786 y ert. — 5787 I c.
tantost si se t. — 5788 HI et il (I cil) tantost. — 5790 GF par u, D a. q. —
5791 GF par devers destre; y 1. v. vint (GF vient). — 5792 y onques la nés
ne se retint (GF retient). Après ce vers y en intercale deux. Y. les notes.
214 TURNUS
Quant Turnus ot ocis l'avchier,
a sa gent cuida repairier,
5795 mais il en ot molt grant essoigne; ùjuj*\t,^
la nés s'en vait, ki s'en esloigne, QAr\4fa.f*^^^^
en halte mer l'en porte l'onde,
asez plus tost que une aronde. 'hjùy.emcUU.JA^
Il ne governe, ne ne nage,
5800 car tel duel a, par poi n'enrage;
sa gent veit a terre morir
et si ne pot a els venir.
Quant veit qu'il ne pot retorner,
si se comenee a dementer.
5805 „Ha las", fait il, „quel la ferai?
Ja mais joie ne pais n'avrai;
l'en dira ce que ge m'en fui.
Chaitis, dolenz! eom mar i mui,
quant ge en eeste nef entrai!
5810 Li deu me heent, bien le sai,
eombatent sei por Troïëns,
il les maintienent de lone tens,
il lor aquiteront la terre.
Folie fis, quant lor mui guerre;
5815 eombatent sei por els li vent,
ki m'ont ravi sodeement, Kaz.i./>iyd-»nA*-i^
de la terre m'ont esloignié,
n'en avrai mais seul un plein pié,
ne ne m'i leira pas morir.
5793 Alinéa dans HI. — 5795 y m. il en ot (F i a) essoigne grant. —
5796 y 1. n. s. v. molt tost esrant (6 v. esrant corant; HI t. corant); D du
port s. — 5798 GHI ne vole a., A que nule a. — 5799 I nil ne n., H nul
n. n. — 5800 HID omettent car; HI tel doleur a; D tel angoisse a p. n.
rage; F por p., G a poi; HIG nesrage. — 5801 HI a terre v.; G vit; F s.
g. V. ni puet retorner. — 5802 et 5S03 omis dans F. A ni; D mais retenir. —
5803 G vit; D que n. p.; GUI ni pot. — 5804 D si commença. — 5805 D
le f., A la feras. — 5806 GHI nonor n., F nul ior n., D ne pris n. ; A navras.
— 5807 GF que m. f., HI que ge m. fui. — 5808 D le vi, GHI i fui. —
5810 G io 1. s. — 5812 H des 1. t. — 5814 G qui en m., F q. lor mis. —
5815 A por aus se c. — 5816 HI qui trop mont (H molt mont) nuit s. —
5818 HI g. ne ni métrai j. m. le pie; D jamais naurai .i. s. p. p., F jamais
nen avérai p. p., G jo nen arai jamais un pie. — 5819 et 5820 omis dans
HI. F loirai {illisible dans G), A laira, D lairai; F n. m. 1. pas revenir.
EMPORTÉ DANS LA BARQUE 2U
5820 Ge u'i cuit ja mais revertir;
en la mer sui qne vette; a ê^rn^uaud^t^ JU^ i^tit. , cl
tote la terre ai perdue. /^oyiiU, da- nj-uuL»
Ge voil en eeste mer saillir -Ao^/fi-'
0 de m'espee el cors ferir;
5825 l'un de cez deus m'estuet il faire,
car neient est mais del repaire;
Quant ne vendrai ja mais a rive,
ne sai comfaitement ge vive.
Mais nequedent bien porreit estre o&td.^tJ^^i^rjL'
5830 que, se cist venz desor senestre
voleit un petitet venter,
ge porreie bien retorner.
A nuit vendreie encor a tens
a desconfire Troïëns, aiùacA.M^
5835 encor en ocirreie a nuit
a m'espee quarante et huit."
Turnus se dementot forment, ,4^ M-a^rfU-Ai^f^ÙJk.
n'i vendra pas hastivement,
anceis verra tierz jor passé.
5840 II ariva soz la cité
dont Daumus ses perë est sire.
Il ot grant duel et molt grant ire;
devant tierz jor n'avront mais mie
la soe genz de lui aïe;
5820 D quier; GF revenir. — 5821 d, 5822 intervetiis dans GFHI.
ni ne sera mes, F jamais par moi, G ja nestra mais ; y par moi veue (F
nestra v.); A une lieue. — 5822 y la terre ai ja tote p.; A deperdue. —
5823 y mieus me vient il (I me venist) saillir en mer. — 5824 HI ou
mespee en mon c. ; y bouter, y ajoute 2 vers et puis GF encore deux.
V. les notes. — 5825 D me conuient f. — 5826 H que; GF est de mon r.
— 5827 — 5831 omis dans HI. G verrai ja m. la r. — 5828 G jo ne sai
mais coment. — 5830 H devers. — 5831 HI se ne vente le vent de mer;
GF un sol petit. — 5832 HI sil vente bien puis r. — 5833 HI encor
encui vendroie. — 5834 D destruire li T. — 5835 A ainz nuit, I ennuit.
— 5836 HI .m. .c. — 5838 HI ne. — 5839 — 5843 omis dans HI. F ains
que ne fust, G ains que venist. — 5840 D quil arive, F ariva il, G est
arives. — 5841 GF Dardanus, D Damaus. — 5842 D II en aura et duel
et ire; G dolor et fort ire. — 5843 D que d. .m. jors n. mie; mss. {sauf
D) maisnie.
216 ÉNÉE
5845 facent le mielz que il porront,
car ja anceis nel reverront.
La 0 Turnus ot mort Pallas,
i sorvint senpres Eneas, ûJUMAÀjfvt
molt ot grant duel en son corage.
5850 „Amis", fait il, „ee est domage,
que vos estes por mei ocis.
Amenai vos d'altre païs,
nostre amors a petit duré,
malvais guaranz vos ai esté.
5855 Vengerai vos, se faire puis,
morz est Turnus, se or le truis."
Eneas part d'iluec a tant, ^/^n-^
par le champ vait Turnus querant,
nel trova pas, car il n'i ert,
5860 n'encontre nul ki nel compert. Q/^aà^
Mesentiiis de l'altre part
des Troïëns fait grant essart. ymk^^^^^c/u^
Eneas point encontre lui,
il s'entrefierent anbedui.
5865 Mesentiiis bien le requiert, ^^atti^A^'^
desor l'escu grant colp le fiert,
mais la lance s'en escola; (^lU>ca.
il n'i parut ne ne perça,
ne mut de la sele Eneas.
5870 La soe lance porte bas,
parmi la cuisse l'a féru,
que del cheval l'a abatu,
A la rescosse sa genz corent,
5845 HI du m., GIF al m. — 5846 HI car devant tiers jor ne lau-
ront, D car ja mais hui ne le verront, Gl-" car a nuit mais ne le verront.
— 5848 HI .1. pou après vint E., D sempres i s. E. — 5850 y corn g. d.
— 5851 F par. — 5852 HIF en cest p. — 5853 D araistie a p. d. — 5854
G malvaise amor v. ai porte. — 5855 A faire el puis. — 5856" y se io
1. t. — 5859 A troue. — 5860 HI rien n.; F que, G quil. — 5861 Ali-
néa dans GF. — 5862 HI fesoit e., A refet e. — 5864 A bien s. — 5866
HI desus lescu, G sor son escu. — 5867 HI fors esclissa, D escouloria,
GF fors esciflfla. — 5868 IIID quil n.; A nil ne p., G ne nempira. —
5873 Alinéa dans D. III ses g.; D courut.
ET LAUSUS 217
il en i ot cent kil seeorent;
5875 8or son escu l'en ont porté
dreit al Teivre, si l'ont lavé,
car la plaie forment saignot.
Lausus, ses fiz, molt grant duel ot,
quant vit son père abatre a terre.
5880 Le Troïën ala requerre; ûJCCct.ûLux./u
s,'il ne se puet de lui deffendre,
il li cuide ja molt chier vendre -jcÙa^^ *M-pujuu
qu'il l'ot navré et abatu. ^
Il a devant sei mis l'escu,
5885 l'uns vers l'altre point le cheval,
si s'entrefierent li vasal.
Lausus le fiert en l'escu hait,
desor la bocle; ce cui chalt?
Onkes la lance n'i entra,
5890 il nel fendi n'il nel perça,
et Eneas a lui féru
0 grant vigor desor l'escu,
qu'il li a frait et peceié,
l'albere rompu et desmaillié.
5895 Lez le costé desoz l'aissele
li a conduite l'alemele, ia^^ dL' cui/mt^ :h.c^^r\ûJuurJ^
il ne le tocha giens el cors, 'ru^U.tâ.^rruuri^t
mais de la sele l'a mis fors;
par som la coe del destrier
. 5900 le trébucha jus el gravier.
Lausus ne jut guaires a terre,
l'espee trait, sel vait requerre. CkJb^LCLUAJU
5874 G Cent en, III mil en; D lont secourut, F qui s.; I qui le res-
queurent, GH qui le (G les) s. — 5875 HI sus. — 5878 GÏÏID f. g. d. faisoit,
F f. g. d. menoit. — 5880 AG Les Troiens. — 5882 A son père li quide ch.
V. — 5883 et 5884 oyyiis dans III. D que lot, A q. vit. — 5884 D Devant lui
a m. son e. — 5885 D porte el c. — 5886 HI fort s., A si antref. — 5888 III
desus 1. b. mes cui ch. ; G sor 1. b. mais lui que calt; F b. mes q. c. ; DF
que. — 5890 HI ne nel f. nil ne empira; GFD ne ne p. — 589 J HI ra, GF sa;
A E. ravoit 1. f. — 5892 HIF par g. v., GD a g. v. ; HI sus (I sor) son e. —
5893 F que. — 5894 F le hauberc ront. — 5S95 F Lonc del c, G Lonc le c,
— 5897 HI nel toucha pas dedenz li cors, F il nel t. pas ens el c. ; D latoucha;
GD mie. — 5898 HID le mist. — 5899 HI p.sus la keue. — 5902 G sil.
218 ÉNÉE
1
11 est a pié, cil a cheval,
n'est mie parti par igal;
5905 Lausus a le cheval féru
que tôt li a le chief fendu;
et le seignor et le destrier
fist en un mont jus trebuchier.
Eneas est sailliz en piez; ^cuxJ^
5910 maltalent ot, molt fu iriez, ,
sus el helme tel li dona,
des i es denz li brans cola;
û^é^u-^nx. M>^f\* ^T^j estort son colp, mort l'abati.
oo^ 4A^ i-û^u^ cU tna^Y^^^ ^, destrier, si l'a saisi
5915 (cel dont esteit chaeiz Lausus),
de plaine terre sailli sus
et vait avant bataille querre;
celui lait mort gisant a terre
ki son père cuida vengier,
5920 mais il le compara molt chier.
Lausus gist morz el champ adenz, ia~ iau, Cffr^
environ lui esteit sa genz, ^ iu^'M^i/^o-
ki molt menoent grant tristor
et molt grant cri et molt grant plor,
5925 et diënt tuit que mar i fu.
Il le mistrent sor son escu,
porté l'en ont al Teivre dreit,
la 0 ses père se giseit,
ki navrez ert molt durement
5904 G ne sont mie parti ingal; HI le jeu. — 5906 HI que tôt le
ch. 1. a f., A que jusquas danz la porfendu. — 5908 I fait tout a terre t., Il
tout fait en .i. m. t., F tôt en .i. m. f. t., G f. tôt e. .i. m. t.; D fait. —
5909 mna alinéa dans IIIF. G a sailli. — 5910 DFHI si fu. — 5911 HGF
sor; y son elme. — 5912 D que jusques d., F jusques e. d. — 5913 DIII
si 1. — 59 U omis dans G. IIIF cheval. — 5915 III dont c. e. L., F c.
d. estoit Lausus cajus. — 5916 F est sallis sus. — 5917 et b%\8 omis dans
A. III avant ala — 591S III c. lessa gesant, GF cl. m. gésir. — 5920 F
il lacata illeuc m. ch.; III la compère, G la acate. — 5192 Alinéa dans G.
D est m. — 5922 Illerent, A vienent; IIIA ses genz. — 5923 D m. de t. —
5924 GF fort cri; G m. fort plor, F grant dolor. — 5925 G il li d. q. ; D que
navre fu. — 5926 III puis 1. m., G porte len ont; A forment lor est mesa-
venu; F un e. — 5927 G ce mest avis a. T. d. — 5928 D illuec on son
p. g. — 5929 GHI qui n. estoit d.
ET MESENTIUS 219
5930 et demandot de lui sovent;
donc deveit por lui enveier,
car a merveille l'aveit eliier,
car molt en ert en grant effrei
et en pensé plus que de sei.
5935 Oï le duel que demenoent
cil ki le mort en aportoent;
l'en li a dit que morz esteit
Lausus, ses fiz, dont tant cremeit,
que Eneas l'aveit ocis:
5940 de bataille s'ert vers lui pris,
por ce que vengier le voleit,
mais malement l'en ert chaeit.
Quant ot que ses fiz esteit morz,
il ert asez de poi d'efforz, ià^-cju
5945 car molt esteit griement navrez;
a un arbre s'est adosez, ^'jt^ />^^»d^^
molt ot grant duel, onc n'ot graignor;
ne li menbra de sa dolor,
de sa plaie ne de son mal;
5950 il demanda son bon cheval,
il ert armez, ne tarja plus,
mètre se fist es arçons sus
et dist: „Se or truis l'aventiz, Xj^a^nAé/i/
ja en sera vengiez mes fiz, ^
5955 et le grant colp qu'il me dona,
li uns de nos le comparra;
5930 GF forment. — 5931 et 5932 omis dans D. y p. lui devoit
(HI voloit) donc e. — 5933 HID et m. — 5935 et 5936 omis dans HI. —
5937 et 5938 omis datis F. — 5938 AD omettent ses fiz. A se dementoit,
D se cremoit, III se dotoit. — 5939 G car. — 5940 GI a lui. — 5942 D
lan avenoit, GF li ert c. — 5943 y que mort est le suen fiz (GF estoit
ses fiz). — 5944 HI il iert mes foibles et aflis, GF molt estoit feble et
aflis; D de bon d. — 5945 D e. forment, G ert durement. — 5946 omis
dans G. — 5947 G forcor. — 5948 F membre. — 5950 D demande a; y
il a demande son ch. — 5951 HI puis sest a.; G nataria. — 5952 G sa
fait. — 5953 et 5954 omis dans HI. GF se or le voi as els ; D la mortis.
— 5954 E la en s. v. ses dieus; GF mes dels. — 5955 HI dit que
son filz vengiez sera; F grief c. — 5956 HI et le grant colp quil
li dona.
220 ÉNÉE
se a la joste puis venir,
0 mei 0 lui estuet morir.
Mesentiiis sist el cheval
5960 et point par le gravier aval;
en la bataille vient tôt dreit.
La 0 le graignor chaple esteit, CaonrUrat,
iluee a Eneas veti;
un chevalier a abatu;
5965 devant lui vint molt prestement, \Aj^
ûJyc\dji^ aparlé l'a molt fièrement.
„A mei", fait il, „t'e8tuet joster,
cez altres lai trestoz ester,
mon fil m'as mort et mei navré,
5970 ja estera chier comparé,
ja en seron vengié andui", ^
A tant s'est eslaissiez vers lui, JuM CkjUjL- ô- rw
de l'un pié a point le destrier, ^y^^
car ne se pot de l'altre aidier;
5975 li chevals cort a l'esperon,
n'ala avant se molt poi non,
petit colp fiert desor l'escu,
car de sa force ot molt perdu
et molt esteit afebleiez
5980 de sa cuisse dont ert plaiez;
et Eneas ra lui féru
de la lance sor son escn,
5957 A j. an p. — 5958 F estra, G covient. — 5959 Alinéa dans
GDIII. E siet, III point. — 5960 I par le gravier qui ert égal. — 5961
y vint. — 5962 HI la ou le grant chaples estoit, D la ou la grande
chaples estoit, EF la ou li caples grans e., G la ou li graindre estor
estoit; A c. voit. — 5964 HIEF ot. — 5965 HEF tout p. — 5966 I et
lapela, H apele la, A aparaillie, E et aparle, F aparla le; G si la aparle
vistement. — 5967 G parler. — 5968 D les a.; E lai clies a. t. e.; F lai
or autres; G c. a. tos laies ester, — 5969 y as m. — 5970 HI ja e. guer-
redone; GEFD ja ce sera. — 5972 G sont; DGEF a lui. G répète les
deux derniers vers (mais change a lui en vers lui). — 5973 HI d. 1. des
piez point; D de lune part; F dun pie a p. le bon d. — 5974 EF puet. —
5975 — 5979 omis dans HI. D a e. — 5976 D se petit non. — 5977 G
feri en 1. — 5978 D avoit perdu, GEF a m. p. — 5980 GFD de la c,
E en le c.; G quassies. — 5981 A E. ravoit 1. f.; DEF a. — 5982 D des-
sor 1., E en s. e., F en son lescu, GHI parmi lescu.
ET MESENTIUS 221
conduit li a parmi le cors,
que mort l'enbat des arçons fors.
5985 Cil nen a pro son fil vengié, y\AAÀJLà^Yr^jt.^nJtl
por neient l'a tant menacié.
Tant a la bataille duré,
tant ont féru et tant josté
et tant dura li chapleïz, t^^rUiC^^^
5990 que la nuiz les a depaiiiz. xu^pa/-ut^
As herberges 11 un tornerent,
las et sanglent et navré erent,
et li altre vont al chastel,
qu'en ont ett tôt le plus bel.
5995 Dedenz en fu portez Pallas,
ne le volt guerpir Eneas,
n'entre les altres mort laissier,
la nuit le fist molt bien guaitier.
En l'ost n'orent pas lor seignor;
6000 en l'endemain matin al jor
li conte et li duc s'asenblerent
et comunalment esguarderent
qu'a Eneas enveiereient,
a quinze dis triue prendreient, A^vx^y
6005 por faire les morz enterrer
et les navrez medeciner.
Torné s'en sont li mesagier,
5984 DHIEF 1. paint, A labat. — 5985 HI C. na pas bien, D Icil na
point; E pent s. f. v. — 5986 F forment lavoit molt m., G p. nient lavoit
t. m.\ III a tant, D lont tant. — 5987 Alinéa dans GHI. — 5988 HI féru
tant ont; E et t. frape. — 5990 G répète les vers 5889 et 5990. — 5992
A et les sanglenz navrez portèrent; E et n. et s. — 5994 HI qui en ont
eu le plus bel; FD qui; D q. eu o. t. — 5995 A La dedanz fu; D D. i.
f. p. — 599G y laissier. y {sauf F) ajoute 2 vers. V. les notes. — 5997 et
5998 omis dans DIII. E ains les fist bien la nuit gaitier, F ne ne le volt
a camp. 1., G nis un garçon ni valt 1. — 5998 E nis un garçon ni vaut
laissier, F ains le f. b. la n. g., G bien les fist tos aparillier. — 5999 sans
alinéa dans EFHI. E seior. — 6000 HI au point du j., D veu le j. —
6001 E li duc li c. s. — 6002 I sacorderent, H sasenblerent, G agard. —
OOO.'i GF envoleront. — 6004 E et q. d.; DFHI trives; D querroient, GF
prendront. — 6005 D lor m. — 6006 E omet et, les malades m. — 6007
Alinéa dans III. G chevalier.
222 • ON ENVOIE DES
chaseuns tint un raim d'olivier:
ce esteit signe a ieel jor
6010 de pais, d'aeordë et d'amor.
Par main vindrent H mesagier
a Montalban; n'i ot portier
ki lor osast porte veer, dj.li^ul'^j^
quant lor virent les rains porter.
6015 Senz contredit el chastel vont, Ac<yrxAJ aj'per^uji'iufr^
des i que el donjon amont,
iluec 0 Eneas esteit,
ki de Pallas se complaigneit, -û^, ^Jjûù.^irt£>lh
que il aveit si tost perdu:
6020 m oit l'en esteit mal avenu.
Li mesagier devant lui vindrent,
rains d'olivier en lor mains tindrent.
Aventinus dist le mesage,
lui en teneient a plus sage.
6025 „Sire", fait il, „un poi m'entent,
ge te dirai asez briement
por quei somes ici venu:
nos nos somes molt combatu;
cest chastel avon asailli,
6030 al prendre avon encor failli,
et molt retorneiames ier
vers tei la jus en cel gravier.
0 fust a droit o fust a tort,
de nostre gent i ot molt mort.
6008 omis dans E qui place ici le vers 6012. — 6009 GE signes estoit
donc a c. j., FHI s. e. a icel j.; D signe a cel j. — 6010 III dacordance,
E et dacorde, G de concorde. — 6011 omis dans E. Alinéa dans G.
HI Bien tost v., GF Molt tôt v. — 6012 se trouve dans E api'es le vers
6008. — 6013 et 6014 omis dans DEF. GIII vausist. — 6016 I dosi jus
quau d. a.; Il desi ques. — 6019 F lavoit. — 6020 HI mesavemi, G m.
convenu. — 6021 sans alinéa dans yD. — 6022 A les r. doHve. — (i023
Alinéa dans GIII. — 6024 III celui t. au p. s., D icelui tindrent au p. s.;
GEF lui tenoit on; GF por le plus s., E plus por le s. — 6025 flIE a
moi e. — 6027 HI s. a toi v., F nos s. ci v. — 6030 D a. nos f. — 6031
y et asses t. i., D et molt i t. — 6032 D vers euz 1., E lajus vers tei,
G lajns aval. — 6034 I de ta g. i ot il; D y a.
MESSAGES A ÉNÉE 223
6035 et molt des tuens et molt des noz.
Turnus, ki asenhla les oz
et manda gent d'altre pais,
nos ne savon s'est morz o vis.
Tuit li baron ki la fors sont
6040 comunalment parlé en ont
et nos en ont a tei tramis,
que trilles doignes quinze dis, y^^>Q>e<iu
si feron noz morz sevelir,
ardeir en rez et enfoïr; {x^aAe^>\.^
6045 nés devon pas laissier sor terre,
as morz ne deit l'en faire guerre.
Se entre tant ne vient Turnus, ^cji.y.'iuyLayr-^ cje. y^^or>yaaj>
fins est de lui, ge n'en sai plus,
et s'il ne repaire ja mais,
6050 de nos avras tu bêle pais.
A_oés. les morz vos queron triues, Q-^r-^ ~^cui/^uu^ cLsl ^ Clu^
il est bien dreiz que tu nos siues; ^je.A-a>iX^ cul.
des tuens enterrer pren conrei, /x^\a.^rioL ^C'&uyn)
r^c^^-^cU^^ ^^ ^^ ^^''^ gisent mort por tei.
6055 Nos fotreion trestot a chois à_ cKcn.A^
la busebe as rez par toz nos bois, ùi2^LJ\c^
et tôt aillent selirement
li tuen as noz comunalment."
f)035 I et aussi ot il m. d. n. — 6036 GEF ces o. — 6037 I dautrui. —
6038 D ne savons sest ou ni. — 6040 HI a parlement tuit este ont. —
6041 m et ci nos ont, EF et qui nos ont, G et il nos ont. — 6042 I .v. et .x.,
HE .XV. et dis. — 6043 D s. f. les m. enterrer. — 6044 III en feu; D es r. et
enterrer; GE a. en cendre et e., F a. et en c. e. — 6045 G nel d. — 6046
IIIDEF dois; Dy pas f. g. — 6048 III fait est de lui; DGEF nen (D ne) sa-
vons plus. — 6049 III sainsi est quil ne v. m., GEF et se il n. r. m. — 6050
EF aies bien ferme; III bone. — 6051 et 6052 omis dans HI. E Avoec, F
Avoes ; D q. v. ; GEF m. requeron. — 6052 G si est. — 6053 III des siens (H
des tons) prendras ainsint (H aussi) c. — 6054 HI qui sont ocis par grant
desrei, D qui la defors g. p. t., E que aussi sont ocis p. t., F que mort
gisent ausi p. t., G qui sont altresi m. p. t. — 6055 et 6056 omis dans
IIID. GEF n. t. de par les nos. — 6056 GEF la busche prendre (G pren-
des) par le bos (G en nos b.). Après ce vers y en ajoute deux autres puis
HI encore deux. V. les notes. — 6057 III viegnent voisent comunement,
D et tuit ta gent s.; G comunement. — 6058 D les nous aus tuenz, G li
tien od les nos salvement; III seurement.
224 ÉNÉE ACCORDE
Eneas Tôt, un poi sozrist,
6060 as mesagiers en après dist:
„Vos requérez triues as morz;
ne voil que nostre en seit li torz,
nos les donrion bien as vis,
se il voleient, a toz_dis, -^bt^ax^LA^e^
6065 ne vos vendreit ja por nos mais;
nos vos donon triues leials."
D'anbedeus parz les afiërent, pA-oyntZtcrU:. i
li mesagier s'en retornerent, -juyiAjnt
en l'ost diënt qu'il ont trové,
6070 que les triues ont afië,
et font banir par tote l'ost p^ijyiJjomju^
que il facent les rez molt tost,
tuit li mort seient aporté,
si seront ars et enterré.
6075 Des que il fu par l'ost noneié,
ne se sont il mie atargié;
li un se hastent de rez faire
et li altre de busche atraire, (x^xpenJ-e.^
et li altre vont por les morz,
6080 tuit i oevrent a grant efPorz.
Dis mil en aportent o chars,
es rez les metent, ses ont ars,
la poldre en est en terre mise
a la lor lei et a lor guise.
6059 m sen rist. — G060 I et après as m. d.; A mesages; G main-
tenant. — 6061 G r. la trive. — 6062 I je v.; EF nos e. s. — 6065 HIE ne
lorv. — 6067 I sentrafierent. — 6068 G et li m. s. t. ; A mesage. — 6069 y
ce quont. — 6070 II et des trives cont a.; I que de t. — 6071 HI lors f.;
El crier. — 6072 y quil saparoillent tôt m. t. (El omettent tôt, que il;
I omet molt, q. i saparaillassent t.) — 607.'{ HIE que li, GF et li; I cors fus-
sent; III enterre. — 6074 EF et s.; D et si s. tuit e.; GEFH soient, I fussent;
III et conree. — 6075 GEF très; G t. puis quil; III d. quil fu par tout
1. n. — 6076 H puis rien a., I puis point a., E de rien a., F pas riens a.,
D puis plus. — 6077 y du bois atraire (GEF de busche a.). — 6078 y de
grant feu faire (E tost de fu f). — 6079 III li autre v. querre 1. m. —
6080 GT) omettent grant; D t. i acorent, III ses aunent, E busche atraient,
F buisse atornent, G si les atraient. — 6081 III en portèrent; G.m. en i a.;
D a ch., y en ch. — 6082 y el feu; F jetent. — 6083 y ont. — 6084 I tout
a 1. 1., G a lor manière.
UN ARMISTICE 225
6085 Cil del chastel font ensement,
trenchent le bois comunalment,
portent les morz et font lor rez;
il les ont ars et enterrez, ^
et molt i firent grant servise -^^-^w^c^ -^dx>n-AZ/5-^
6090 a une part, a la lor guise;
a l'enterrer firent grant joie
selonc la costume de Troie.
Quant cil de l'est orent tôt fait,
a Laurente se sont retrait,
6095 diënt, se ne revient Turnus
dedenz huit jorz, n'i seront plus.
Mais tant erra que il i vint
ainz le quart jor et ses retint.
Des triues li pesot forment,
6100 ki duroent si longuement,
et dist, se faillies esteient,
li Troïën le comparreient.
Eneas ot fait enterrer
toz ses homes qu'il pot trover,
6105 dist que Pallas ne retendra,
a son père l'enveiera.
Apareillier fist une bière, '
ki molt fu riche et molt fu chiere:
d'ivoire furent li limon,
6110 faillie a or des i qu'en som,
et les barres tôt ensement
bien entailliees sotilment; ^;^<i/>-uî.^>n^^aé
6086 I le b. t.; D les bois; G menuement. — 6087 III dont il fai-
soient les granz rez, GEF a grant effors fisent lor fus. — 6088 III en
coi il ont les mors jetez, EFG lor (F les) mors portent sor lor escus (G
emportent sor escus). GEF ajoutent deux vers. V. les notes. Les vss. 6089
et 6090 omis clans III. — 6089 GEF iluec firent molt g. s. (G iloques
f. lor s.). — 6090 A a la lor Ipi et; GEF de lune p. — 6093 Alinéa
dans IIIGD. G si fait. — 6094 I a leur tente; D sen s.; F atrait. — 6095
G et d. se ne v. T. — 6096 III nen feront. — 6097 III M. t. e. Turnus
quil vint; EF que il revint. — 6098 D et sen revint, HI et les r. — 6100
A tant 1. — 6101 A et dit; y disoit se f. e. — 6102 D que T.; E en c. —
6104 D que p. — 6105 AH dit; HI P. nenterrera. — 6106 F a s. p. ains
lenverra. — 6107 D fait. — 6108 FDI et molt chiere. — 6110 EF jus ques.
Bibliotheca Normannica IV. [5
226 ON VA RECONDUIRE
de seie fu li cordeïz, .^o^^I^-lj
molt fu bien faiz li laeeïz.
6115 Mist i un feltre Tiriën ■iju.jihui^^ 'hctfû.j^
et un tapiz Galaciën;
de desus ot coite de paile, iùL aU. £ilu^mj2_
Paris l'aporta de Tessaile; 'y>-uijL»/y^^
d'orfreis fu brosdee de fors,
6120 quatre esmals ot as quatre cors.
Pallas vestent d'un vestement
tissu a or molt maistrement: ûJùtJL -yrxolM-^J.^ei^
a Eneas le présenta
Dido, quant elle l'enama.
6125 Colchier le fist sor la litière,
quatre destriers ot a la bière,
desor lui mist un covertor
(onkes nus reis nen ot meillor, ^ ^ p \
Prianz li dona o sa fiUe]^^" Mf^^ ^ '
6130 et d'une ehace volatille cAcuc^tL^ [J)
puis fist desus un aombrail /j,!^,,^^^^,^^^ ^ Uj^cAe_
tôt environ come buschail. i[hxf>i^ C^,)
-j-ffuJt, tx- ciuJL, Quant que Pallas aveit conquis,
^ ainz que Turnus l'eust ocis,
6135 devant lui volt faire porter
por sa proece demostrer.
Puis fist monter sor les destriers
des i qu'a trois cenz chevaliers,
ki tuit aillent avuec le mort;
6113 et 6114 intervertis dans HI. — 6114 D m. bien f. f. — 6115 HI
enz un f. T. — 6116 HI un feutre G. — 6417 H desoz ot mis, I d. d.
mist; EF de desous; D une coûte ot desoz; G desos avoit. — 6119 D
dor f. b. par d., HI d. b. par d. hors; EF brosdes de d. — 6121 y P. avoit
u. V. — 6122 HI cosu. — 6124 HI primes la ama. — 6125 HI sus; G s. celé
bière. — 6126 G cevax ot asses ot bons a le litière; D mist. — 6127 III par
desus m. — 6128 HIEF n. homs ne vit (F sot); G not son paror. — 6129
HIEF le d. a s. f — 6130 HI cortine ot de soie soutille, D et une chiere v.,
GEF dun drap de soie molt soutille. — 6131 D mist dedesor a un ombrail;
III et dedesus fait, EF et fist desor, G f. par desor; y un abitail. — 6132
G c. un b. y ajoute deux vers. V. les notes. — 6135 A f. aporter, HI f.
mener. — 6136 A remenbrer. — 6137 G p. a fait m. es d.; HI sus 1. d. —
6138 HIEF a .XXX., D a .mi. eh.; G dusqua .xl. ch. — 6139 H qui tuit en
vont a. 1. m., I qui t. alerent o 1. m., G qui tôt en voisent od le m.
LE CORPS DE PALLAS 227
6140 n'i a celui eierge ne port
et ne face armes porter
por plus seiirement aler.
Quant tôt orent apareillié,
Eneas a le mort baisié,
6145 parla a lui molt dolcement,
mais il ne l'ot ne ne l'entent.
nPallas", fait il, „flor8 de jovente,
ja mais n'iert jors, ne me repente
que ça venis ensenble mei.
6150 Malvaise guarde ai fait de tei,
quant tu senz mei recoillis mort; (^/\£.jCJUiOtJ\>)
g'en ai les corpes et le tort, -iouLtMM^
encore en prendrai la venjance,
0 0 m'espee o o ma lance,
6155 del traïtor ki par boisdie -jjiXaTÛjL,
et par engin te toli vie. /xtu>.i^
Trop a esté fortune dure!
Se ce ne fust mésaventure, yyxcuLAuu^
ja ne fussiez conquis par lui,
6160 ne morz ne pris, si com ge cui.
Tu aveies meillor corage
et graignor pris de vasalage,
mais nel pot mais sofrir envie
que ne perdissiez ainz la vie
6165 que eusse conquis la terre
6140 HT par compaignie et par déport; G il ni a cel. — 6141 Hl
mes tuit font leur a p.; G et qui ne; D facent. — 6142 HI errer. — 6143
Alinéa dans G. — 6144 I lessie. — 6145 HI a lui p.; D o lui. — 6146 y
cil; D lot pas ne entent. — 6147 HI Alinéa. — 6148 E ja n. m. j.; F men.
— 6149 HID que ci v. , G que tamenai; DHI e. o moi. — 6150 D Bien
deusse penser de toy. — 6151 HI receus. — 6152 EF jouai. — 6153 F e.
en prenderai v., E encore e. p. v., D ja em preisse 1. v. — 6154 HI a mes-
pee, D ou a m. ; GEF u de m. u de ma 1.; DHI ou a m. 1. — 6156 D vous.
— 6157 y Halas (GEF Ahi) dolent (F chaitis) quel aventure; D t. ta e.
G intercale deux vers. Y. les notes. — 6158 HI Se ne fust par m.; D f.
malle a. — 6159 y par foi. — 6160 y ge croi. — 6161 A molt bon c,
HI plus vaselage. — 6162 GF millor; HI que Tumus et meillor c. —
6163 HI m. ne pooit s. e., GEF m. ne le pot s. — 6164 I que tu ne p.
1. V. — 6165 HI q. jeusse; G conquise terre.
15*
228 LAMENTATIONS
ne finee par tei la guerre.
Quant eîisse le tôt conquis,
ge te partisse le pais.
De tei est or la terre quite, ouÙJttu. , HMJUrruj^
6170 la toe parz en est petite.
Grant duel porra aveir tes père,
freide novele orra ta mère,
quant de ta mort lor iert noncié.
Le jor que ge pris d'els congié,
6175 les aseiirai ge de tei
qu'en bataille ne en tornei
ne sereies senz mei ocis.
Or es tu morz et ge sui vis,
menti lor ai tôt plainement.
6180 II seront mais toz tens dolent;
lor vie ai"misë en tristor,
ja mais joie n'avront nul jor;
il se plaindront toz tens de mei,
car mal les ai menez de tei.
6185 Amis, ne sai que ge te die;
molt par est fraile ceste vie;
tant estiez bels ier matin,
soz ciel n'aveit plus gent meschin,
en poi d'ore te vei mue,
6190 pâli et tôt descoloré:
ta blanchors est tote nercie
et ta colors tote persie. cLu^^t^y-uiu, i/iuc
Bêle faiture, gentiz chose,
6166 EF se (E de) finasse; GEF ma g. — 6167 D q. e. je tôt, IGEF
q. jo eusse (I leusse) tôt; H jeusse. — 6168 I je dep. — 6170 GDHl ert. —
6171 Alinéa dans D. — 6172 y maie n. — 6174 A p. lo c. — 6178 A Ja
e. t. m. — 6179 HI a. de (H du) couuenant. — 6180 G Or e.; HI Touz jours
mes en seront; GEF erent. — 6181 D lor v. a. mue e. t. ; A 1. joie; y en
grant t. — 6182 HI nauront joie; G narai .i. jor. — 6184 HI que mal bailliz
les ai d. t. — 6186 III mauvaise et fleble est nostre vie; A flaire, EF
feble. — 6187 GEF t. par e.; EF hui m. ~ 6188 E el mont; IIIFD plus
bel, G si gent. — 6190 y noirci; H n. tout et d., I tout n. et d. ; G et
molt d. — 6191 HI la blanchor de toi est; G rogie. — 6192 HIFD
rogours; III la r.; I t. efifacie. — 6193 D Clere f.; y Douce jovente g. ch.;
A gente c.
i
D'ÉNÉE 229
si com solelz flestrist la rose,
6195 si t'a la mort molt tost plaissié oJ>CL^tu,
et tôt flestri et tôt cliangié.
De tant est plus mes cuers dolenz,
quant tu ne m'oz ne ne m'entenz;
tu ne me respondreies mie.
6200 Ge ne sai plus que ge te die;
t'ame n'ait peine ne ahans,
ainz ait es Elisiëns chans,
iluec 0 li buen home sont,
delà le grant enfer parfont.
6205 II n'a guaires que ge i fui,
mon père vi, parlai a lui.
La toe ame seit ajostee rdUuurJuL,
0 la soe buene ettree!" A-c^-^-a^^^^i^^
A tant se tôt, ne pot plus dire,
6210 al cuer ot duel et molt grant ire,
desor le mort chaï pasmez,
et quant il s'en fu relevez,
le mort baisa tôt en plorant.
La bière fist aler avant,
6215 adonc les a mis a la veie.
Fors de son' chastel les eonveie, Ouc^emnftû-QTJL.
une grant lieue tote entière
ala a pié après la bière;
sa genz le firent arester,
6194 y de vos est corne de la rose (G si est de toi, EF ansi d. t.).
y ajoute, six vers. V. les notes. — 6195 111 aussi ta la mort tost brûle;
A tôt tost; GEî" mue. — 6196 IlIF et tost (F tôt) nerci, GE et t. cangie;
III et tost mue, GEF et tost bruUe. — 0197 et 6198 intervertis dans 111.
EF e. m. c. p. — 6198 111 las tu, F que tu; 11. tu ne ne m.; D point ne
mentenz. — 6199 y a moi (GEF et moi) ne respondras tu mie (GEF res-
ponderas mie), D et que tu ne me respons mie. — 6200 1 s. mes. — 6201
A poines. — 6202 y ainz soit; GEF en joie mais tos tans, 1 es delicieus ch. —
6203 et 6204 omis dans D. — 62u4 Hl de ca, GEF oltre. — 6205 1 11 ni a g.
que gi f. — 6206 HIDGE p. i v. — 6208 HIDG a la; HID beneuree. — 6209
Alinéa dans D. — 6210 G a duel; D ot molt de duel et dire, 1 ot grant d.
et grant i.; G fort i. — 6211 EF d. 1. cors. — 6212 D en, y se. — 6214
III Puis fist 1. b. a. a. — 6215 A se les a donc, HI lors les a tuit (H lores
les a). — 6216 I et hors du ch. les c, GEFH f. du ch. les en c. — 6218 EF
ala avant; D a. après euz a 1. b. — 6219 GEF le font iluec ester.
230 ARRIVÉE A PALANTÉE
6220 le mort laissa avant aler,
et quant il vint al départir, ^c^e^oux^iihjiirJ
maint plaint geta et maint sospir.
Onkes ne s'en volt retorner
tant com le pot veeir errer. "Wru^ ')nr.ùJ^xJ\MJ^
6225 Quant il en perdi la vetie,
a molt grant enviz se remue, uioi.UiA s/â.
retorna s'en a molt grant peine,
sa gent a Montalban en meine.
Cil 0 le mort vont a ^p^leit oa^^ul, jj^j^j^., .
6230 a Palantee trestot dreit; ov\t/r>t.
et jor et nuit ont tant erré
qu'il sont venu a la cité.
Le donjon virent et la tor
par matinet oël le jor, e^^r^ '>>nA-»r^^ 34^»7yu^ ocul
6235 et si com li solelz leva,
la bière en la cité entra.
La novele fu tost oïe,
la vile en est tote estormie, A ^jujt aJxuumXa^
contre le cors li borgeis corent
6240 et les dames crient et plorent;
tuit regretent le dameisel.
Li reis ert amont el chastel,
^xtru^ el bore oï la noise grant,
il i enveia tost corant
6245 saveir dont celé noise esteit,
de quel la genz s'estormisseit.
6220 D atant. — 6221 HIEG ce vint. — 6222 F m. plor. — 6223 A
pot; I arester. — 6224 EFHI les p.; HI aler. — 6225 y et quaut; I il ot
perdu, E il en pert; GFH omettent il. — 6226 III encor a anuis (I a en-
viz encore) se r., E molt par envis dont se r., F m. a envis en par r. , G
m. par a e. s. r. — 6227 A retorne; D a quelque p. — 6228 y a M. s.
g. en m.; G remaine. — 6229 et 6230 sont placés dans G après 6256. A
Cist. — 6231 A que jor que nuit, D le j. la n. — 6232 D que prez furent
de, y que il vindrent en. — 6233 — 6237 omis dMns y. — 6234 D aveuc. —
6235 A issi. — 6237 HI Quant la n. f. o.; D fust. -- 6238 III la ville fu
t. e., GEF dont 1. v. fu e. — 6239 D vont. — 6240 D c. amont. — 6241 III
et r.; GEFD lor d. — 6242 y estoit sus el eh. — 6243 et 6244 omis dans
EP. — 6244 GHI il e. molt t. c; D envoie. — 6245 EF il ne sot dont li
n. e. — 6246 y por coi; GF estorm.
DU CONVOI FUNÈBRE 231
Cil cui li reis i enveia
vint ariere, se li nonça
que ce esteit ses fiz Pallas:
6250 mort l'i renveot Eneas,
le duel en meinent li borgeis.
Quant la novele oï li reis,
ses crins, qu'il ot blans et clienuz,
a ses deus mains a derompuz,
6255 sa barbe arachë a ses deiz,
il s'est pasmez plus de vint feiz,
-WûJi^fJL. hurte son chief, débat sa chiere, -ùtxh -ùCl. -Uj^^uj^a^
^ plorant en vait contre la bière.
Et quant l'ot dire la reine,
6260 son vis depiece et sa peitrine,
de la chanbre ist el palais fors
et vait corant contre le cors,
eschevelee et tote pale. j£aA^\/ tÂJUL,
Enz el porche devant la sale,
6265 la encontra son fil li père,
de l'altre part i vint sa mère;
de desor lui mil feiz se pasment
et toz les deus chosent et blasment, ^Vi/iM/i^t^a^^^y^
ki chascun jor lor comandoent, //U-c.^r>rv>Txct.'ri<:^L«/^ 3
6270 a lor altels sacrefioent,
que lor enfant lor guarantissent,
en bataille le deffendissent.
6247 FD que. — 6248 D vinrent arrier; I racouriit et le 1. n.; GEFH ra-
cort a lui. — 6249 y Pallas ses fiz. — 6250 y li pros li biax et li gentis.
y ajoute deux vers. Y. les notes. — 6252 I entent, H ot. — 6253 A les c;
D que. — 6254 A o ses. — 6255 HE esracha, D enr. ; G e. tote a. d. —
6256 GF il est, HI si s.; D il se pâme; GEF .m. f. — 6257 G li rois hurte
et d. s. c.; I et bat. — 6258 I ala. — '6260 EF son pis; HI deront, E dé-
bat. — 6262 E et p. V,; y plorant. — 6263 HI e. et morne et pale, G e.
tainte et p. A omet et. G e. tainte et pale. — 6264 D En la; ED porte,
F porcil. — 6265 EF encontre. — 6266 F et dautre p.; GHD la m. — 6267
HI andeus s. 1., GF par d. 1., E deseure 1., D de dessuz ; GIIEF .c. f., I .xx.
f.; D se pâme. — 6268 H molt forment b. ; I et trestouz leur diex forment
b.; D en chose en blâme. - 6269 EF u ch. ; D li c, HIEF le c, G les c. —
6270 IltDGF autel. — 6271 III que il 1. e. 1. garissent, D q. 1. e. garantesis-
sent; GEF garesissent. — 6272 D et de mort le d., G et en b. d.
232 DOULEUR
A l'uis devant la sale fors,
iluec ont descendu le cors;
6275 enz el palais l'en ont porté,
mil cierges i ont alumé.
Li Troïën vindrent avant,
al rei firent un présent grant,
menez 11 ont cinc cenz chaitis
6280 liez que Pallas aveit pris;
r^^-^^y^jf-xi^^rUi mostrent les armes, les destriers
a plus de deus cenz chevaliers,
que en bataille aveit morz toz;
recontent li com il fu proz,
6285 com il faiseit chevalerie,
come Turnus par félonie
MJ^j\-f-^\^ le dessota tant qu'il l'ocist.
Mostrent la plaie qu'il li fist,
d'un grant paile liëe esteit.
6290 Duel ot li reis quant il la veit,
ne la puet la mère esguarder.
Quant il oïrent reconter
de lor enfant tels vasalages,
tels proeces et tels barnages,
6295 n'est merveille se duel menoent
père et mère, ki tant l'amoent;
6273 Alinéa dans HI. y d. 1. s. a luis de fors. — 6274 EF descen-
dirent iluec le mort (F mors) ; G descendu ont i. — 6275 H ou ^rant p.
len o. p. ; A p. lont aporte. — 6276 Hl maint grant c. i o. a., E et cent c.
o. a., F et c. grans o. a., G mil c. grant sont a. y ajoute deux vers. V. les
notes. — 6277 Alinéa dans GEFD. — 6278 III un grant p. — 6281 I a. et
les d. — 6282 HI .v. c. — 6283 A quen la b. ; G après li content com
ert pros. — 6284 F molt li content ,quil estoit prous, G car il les avoit ocis
tos; E com estoit p. — 6285 G content de sa ch. — 6286 G et com; I par
grant envie. — 6287 D le deffia quant; F le jetât mort que il; HIGE lagaita
tant que il 1. — 6288 G mostrent. — 6289 III d. bon samit, EF d. gent p. ;
D dont grant plaie li estoit; A estroit. — 6290 EF com il. y intercale
deux vers. V. les notes. — 6291 HIG la mère nel puet e., EF or nel pueent
mes e. ; D pot. — 6292 G looient. — 6293 A tant v., HI le vasselage, EF
tel vaselage. — 6294 A tant p. et tant b., III si grant prouece et tel bar-
nage, I sa g. p. et son b., D telle proece tel b., EF et tel proece et tel
barnage ; G ne t. b. — 6296 GEF car molt 1.
I
d'euander 233
de tant corne cil plus valeit,
ki plus l'amot plus le plaigneit.
Devant son fil li reis s'estot
6300 et en plorant se tlementot.
,Bels fiz", fait il, „trop ai vescu,
quant ai le tens, le jor veu
que tu es movz et ge sui vis.
Ki niaintendra or mon païs,
6805 mon reaime, tote m'enor,
dont tu fusses eirs alcun jor?
N'ai mais enfant ki mon règne ait
ne nul baron ki me manait,
car tuit sevent bien mon poeir
6310 et vielz oem sui, si n'ai nul eir,
n'avront mais rei de mon lignage,
ki sire seit par eritage.
Por tei cherrai en grant vilté ^ruMA-i^
tôt le sorplus de mon aé."
6315 Forment se dementot li père,
de l'altre part plorot sa mère.
„Bels fiz", fait el, „tant mar vos oi,
vostre vie a duré molt poi.
Mar vi onkes les Troïëns,
6320 plaindre m'en puis mais d'els toz tens.
6297 m c. il, GF corn icil; F miels. — 6298 D plus 1. et plus 1. pi.;
E et tant plus fort le eomplaignoit ; A lan pesoit. — 6299 sans alinéa dans
A. yD estoit. — 6301 I dist; G molt. — 6302 A ne t. ne j.; H q. jai tens
ne le j. v., I q. le pens quai le j. v.; F q. tai; GEF et t. et jor (E liu) v. —
6303 E Quant tu. — 6304 HIEF m. mes cest p., D m. mais m. p., G m. icest.
— 6305 y (sauf F) et tote. — 6306 y rois, D loir ; HI et seignor, EF a
ton j., D chascun j. — 6307 — 6311 omis dans HI. G M. n. ; D Je nai e. —
6308 F ne mais b. ; A qui noiant ait. — 6310 DF que v. — 6311 I navoit
plus oir en m. 1. ; H ni a plus oir, GEF nai mais home , D n. m. hoir. —
6312 I sires fust; F de miretaie, GD par liretage, HI de leritage. — 6313
DGEF Par; I en g. folage, G en ma v. — 6314 A toz les jor s mes;
I aage. GEFD ajoutent deux vers. V. les notes. — 6315 Alinéa dans
GHID. HI Molt demaine grant duel 1. p.; D Souuent; EFD démente. —
6316 HI et dautre part revient; G gisoit; EFHI la m. — 6317 GEF omettent
Bels; HID omettent tant; yD ele; EF si m^r; HI v. vit, D v. voy. — 6318
HI a d. petit. — 6319 I vistes o. T. — 6320 HI p. m. porrai mes; E que
p. men puis a tous tens ; A me ; GF ja mais 1. 1. ; D puis de euz t. t.
234 LAMENTATIONS DE
Onkes n'oï d'els se mal non
et félonie et traïson.
Maldite seit loi* sorvenue,
tote ma joie en ai perdue.
6325 Fiz, vos l'avez chier comparée,
lor raale fei vos ont mostree;
il vindrent ça por secors querre,
car molt erent grevé de guerre;
onc Euander ne me volt ereire,
/^/vXu-^rwu ) ^^^^ ^ ^^^ ^^^ ajosta en eire, s/^uacLt,
et avuec els vos en menèrent.
Malvaise fei vos demostrerent,
mar les conui et mar les vi!
Poi a que tornastes de ci,
6335 or vos en ont enveié mort;
a nos en font malvais confort:
ci nos enveient tel présent
0 a malvais restorement, c©ynAi,t-yvû^iA^>v»
et ces prisons ses conqueïstes,
6340 et se en bataille oceïstes
par proece les chevaliers
dont vei les armes, les destriers,
tant lor espleitastes vos plus,
molt en afebleia Turnus.
6321 I O.deus noi; D 0. n. par eulz s. m. n. — 6322 A et folie, I et
fausete. — 6323 et 6324 omis dans GEF; après le vers 6322 ils en inter-
calent d'autres. V. les notes. — 6324 I jen ai t. j. p., D t. j. y ai p. — 6325 yD
compare. — 6326 III vous a grève, GEFD v. o. mostre. — 6327 — 6330 inter-
vertis dans I: 6328. 6329. 6327. 6330. I quant v. — 6328 H coitie. — 6329
GEF nel volt laissier. — 6330 HI a eus; GEF por moi aine ne soi (F nen
sot) tant plaidier (G aine tant nel seu prier), D ceuz vous aiousta en laroire.
GEF ajoutent 6 vers. V. les notes. — 6331 HI ensemble o eus, GEF et vif
et sain. — 6334 I vos i portèrent, D vos i mostr. — 6335 D renvoie. —
6336 H done vos ont, I rendu nous ont. — 6337 E qui. — 6338 F Ahi m.
r , E ci a m. r.; A recovrement. — 6339 H c. p. que vos c, I ces prison-
niers q. c, EF se vos ces presens c, G et cel p. si c, D et c. p. les oc-
ceistes. — 6340 EFI et en b. o., D et sa b. o., G en b. sis c, H en b. et o.,
A et sen b. les presistes. — 6341 III ce dient ,ii. c. ch. ; GEF cent ch. —
6342 I et les d.; F les a. d. — 6343 HI de tant les avez vengiez p., GEF
tant e. v. els p. — 6344 HI que (I et) plus en est foible., GF et plus en
afaibli, D m. en i aâaibi, E plus e. a.
LA MÈRE DE PALLAS 235
6345 Vos estes morz en lor servise;
ne sai entendre en nule g-uise c.ayr\4i^i£>rul^\A^
quels proz seit cist confortemenz, a.va^>-i*^«,
anceis nos fait molt plus dolenz,
car or savon le vasalage
6350 ki ert en vos et le barnage:
tant com vos oon plus loer,
de tant nos en deit plus peser,
Ja mais noz deus ne preierai
ne mais enor ne lor ferai;
6355 ja n'avront mais de mei servise.
Mal ai or fait le saerefise
que lor faiseie chaseun jor
molt haltement a g-rant enor; coJjO-l, ^>^-cujLcec<J:i dUL
0 il ont esté endormi Cju^J^/rrusruu^
6360 0 mes preieres n'ont oï
0 ne pueent home salver,
guarantir vie ne tenser.
Il m'ont mostré molt malement
qu'il se sorpuissent de neient. -iuuuijur^t C-Cl^clM-ùl^
6365 Fiz, fait vos ont malvaise aïe,
molt vos ont poi guardé la vie.
Lasse, ja n'avrai mais confort
de ma tristor jusqu'à la mort;
tote menrai ma vie en duel,
6370 la morz me prendreit ja mon vuel." xuJ-à^nj ovvAri-/ AjLl*^
6345 I §crvises. — 6346 III ne puis; I guises. — 6347 HI que p. s.
li c. ; A quel. — 6348 E nos en fait p. d., D f. le cuer d., F n. ai f. p. d. —
6349 et 6350 omis dans HI. G c. nos. — 6350 A est; GEF toi. — 6351 EF
plus vos; I de tant com vous pueent 1. — 6352 E et tant; F omet de, d.
il p. p. — 6353 EF nus deus nen amerai; GHI nul deu naorerai. — 6354
m n. e. mais , GEFD ne ja e. — 6355 HI ja mais n. ; D omet ja, nau-
ront mes. — 6356 EF m. lor ai f. tant s., D mar ai dit sauf le s., GHI m.
a. 0. salf le s. ; A lor s. — 6357 G faisoies. — 6359 F villeraent estes. —
6360 A que ra. p. — 6363 HI mostre mauvaisement. — 6364 HI que il
puissent onques noient, D que il se puissent de naient. — 6365 GEF molt
maie aie. HI intervertissent les vss. 6365 et 6366. — 6366 HIEF m. p. v. o.
sauve; D tense; A an v. — 6367 EF ja mais n. c. — 6369 A toz tens
manrai, HI t. userai, D t. métrai. — 6370 GEF prendereit m. v.; D
prengne or le veil.
236 MISE EN BIÈRE
La reine se dementot,
li reis molt sovent se pasmot;
ki lor veïst ce duel mener
ne se tenist ja de plorer.
6375 Li reis fist ses serjanz venir,
son fil rova ensevelir
a la costume de lor lei,
com l'en deit faire fil de rei.
Premièrement l'ont despoillié
6380 de toz ses dras et desclialcié, cU-cJ\m.imcuu^
le cors et la plaie ont lavé,
primes de vin, puis de claré.
Ja ert alkes nerciz et pers;
d'un drap de seie l'ont bien ters, /u^xujuuu^
6885 ses blois chevels li ont treciez;
enprés fu aromatisiez.
Il ert molt bels, barbe n'ot point.
De fresc basme l'ont il bien oint
por ce que puis ne porreïst
6390 ne maie odors de lui n'eissist.
Vestu li ont dras de chainsil ^hkJ.£^ iyta/fxcAa. et
que la mère dona son fil, "i^''''^^
blialt de paile li vestirent
que treis de lor déesses firent
6395 (a or l'orent tôt entissu),
et saldaires ot de bofu ; ÂcrvU. cL ' ij^^Ht^
6371 sans alinéa dans IIIE. G molt d.; F soupiroit. — 6372 HIE et
li r. s. s. p., G 1. r. s. se repasmoit, F 1. r. s. s. desmentoit. — 6373 HI
V. duel démener, GEF v. ce démener. — 6374 II pas d. p., I nus d. p. y
intercale 6 vers. V. les notes. — 6375 sans alinéa A. — 6376 III comande.
— 6377 F le loi. — 6378 A comme lan devoit faire r., F si comme on doit
faire roi, G si com 1. d. f. de roi. — 6380 I et après si lont d. — 6384 GEF
fu b. t., D 1. esters. — 6385 EF blons; AD trenchiez. — 6386 F et puis
Ion a. -^ 6387 HI Lors fu plus b., G II ert joveues; A ni p. — 6388 I et
après de b. 1. o.; II de fin b. 1., GEF de bon b.; DU tout enoint, F
omet il. — 6389 A pas ne. — 6390 y ne nule. — 6391 y la mère fait vestir
son fil. — 6392 III dune chemise de chainsil, E jusques as pies dun buen
cainsil, GF del cief as pies de bon cainsil. — 6393 A b. de porpre. —
6394 GHI q. t. gentes puceles f., EF q. t. damoiseles tissirent. — 6395 A
et dor ; D lavoient tout t. — 6396 HI les ehauces furent de b,, D essau-
daires ont de bout fu; GEF li suaire fu; EF dun b.
^ DU CORPS DE PALLAS 237
espérons d'or li ont chalciez lKcuuju^
de bon orfreis encorreiez. ^UtcicKtit^ ûcuJ ûU^ ùsn^c^^^Mi.
Tôt le conreient corne rei, /.o^-fy^#^y,/
6400 anel li mistrent a son dei,
pierre i ot buene, un chier onicle. crru^
Vestu li ont sor en conicle,
el ehief li metent la corone;
li reis son esceptre li done,
6405 et quant il l'ont tôt eonreé
al temple as deus l'en ont porté.
Iluec firent grant sacrefise
a la lor lei et grant servise. -ùt^r^nnujL. ~jjuu>ruib\Â~
Defors le temple a une part
6410 ot fait li reis par grant esguart ûcui^ nùi^&CuJxlor^ (7 )
une volte a sa sepolture,
ki molt fu riche a desmesure.
Forment par esteit bels li leus
et toz i ert prez li sarqueus;
6415 iluec cuida que il geiist,
li reis, quel ore qu'il morust,
mais mis i ert ses fiz anceis;
de tant est plus dolenz li reis.
La volte esteit tote reonde,
6420 nen ot plus bêle en tôt le monde;
n'i ot fenestre ne verrière njîjhijL.
6397 A ot an ses piez. — 6399 F coronent. — 6400 E ens el doi, FHI
en son d.; G et li misent anel el doi. — 6401 y asis i ont (HIE ot) un
c. 0.; HI bericle. — 64U2 y et dejoste un bon (G et d. lui un) bericle (HI
un molt chier oricle), D après li vestent son cunicle. — 6403 d 6404
omis dans 1. y misent. — 6404 y que ses père li r. 1. d.; AD eseherpe.
— 6405 G et q. il lorent c.; I et après si lont; HIF corone. — 6406 I et
el t. a. d. p. — 6407 HI grans sacrefises. — 6408 HI et les chancons et
grans servises (I et leur c. et leur s.) ; GE et a lor 1. ; GEF et a lor guise. —
6409 Alinéa dans GHI. — 6410 E ot li r. f.; Fa g. e., G et p. e. — 6411 F
omet sa. — 6412 H qui riche estoit; GEF chiere; I et fort et dure. —
6413 y molt estoit biax li ars volus (I voltiz?). — 6414 HI et molt estoit
biax li s., EF et bien ert pains (F ot paint) tos 1. s., G et molt est plains
tos 1. s. — 6415 A quidot. — 6416 GHI de quel ore que il m,; D que m. —
6417 G ancois ses fis. — 6418 G de ce fu li rois molt maris; HI tant en
est p. d., F de t. estoit d. — 6419 G fii. — 6420 HI navoit p. b., GEF
plus bêle not (E si b.).
238 DESCRIPTION
ne mais une seule derrière;
de jagonces et de beriz, -{^e^y^
d'argent esteit toz li chassiz. cAo^jUm»
6425 De fors fu tote la maisiere yn-cu^
de bon marbre saine et entière; dA^Jiajjft*
aa»A«-A^ cmIl^^^u^ li quarrd sont de cent colors,
Coa^jX^-a-/ taillié a bestes et a flors.
La coverture de desus
6430 fu tote faite d'ebenus; jM^njo^
une aguille ot amont levée
tote de cuivre sororee ; cUrjuL.
tresgeté i ot ti'eis pomels; à.UjJif4À^
sor celé en som sist uns oisels
6435 ki fu de fin or tresgetez, MJu^JLf^iU^
n'esraut por vent ne por orez.
sfbuM^ La volte sist en poi de leu
dedenz fu peinte a or museu,
tôt environ ot pilerez
6440 a tabernacles et archez
et altres uevres en peintures
et molt buenes entailleilres. OtJ-cùJjLu^ké^
Molt i ot or et buens esmals ^ ^
et chieres pierres naturals;^ ^ ûA^f^"^^"^^
6445 pilier, cimaises, chapitel cymA«.A^^
sont a guerfil et a JiQe\,yUjUl^
et li pavemenz de desoz
6422 F par d. — 6423 et 6424 intervertis dans y. — 6426 G fors
et e. — 6427 y mil c. — 6428 A t. o biches et o f., D t. et deboisie a f . —
6429 G par d. — 6432 y de fin argent bien s. — 6433 D .ii. p. — 6434 HI
amont desus sist, A dedesus sest sis, G sor cel amont sist; EF sor cens
en son ot trois o. — 6435 EF qui dor fin furent t. — 6436 GIII por vent
ne muet ; D ne mue a vent ne a ore, EF ne se muevent pour nul ore. —
6437 I La ou se siet. — 6438 D toute fu painte a or rauseu, y par estuide
la (G li) firent Griu ; C musu, AB melu. — 6439 et 6440 omis dans EF.
GHI trestot a dorez p. (G olvres p.). — 6440 GHI a arches. — 6441 EF
molt i ot 0. et p.; D et p., III a p.; G omet en. — 6442 III et a b. —
6443 m m. i avoit or et e., E et molt par i ot b. e., F et m. i ot de b. e. —
6444 G et bones p. — 6445 EF et li p. et li q.; III p. cimentel; GHI et
quarel. — 6446 HI s. tuit fait dargent (I tieuent) a n., G sont f. dargent
et a n., E s. tout dargent f a n., F s. dargent fait tout a. n. ; A guelfil.
I
DU TOMBEAU 239
d'iris et de cristal fu toz.
Soz la volte dreit el miieu
6450 fist H reis mètre son sarqueu
qu'il ot apareillié por sei.
N'estut querre meillor a rei,
m oit fu riches et m oit fu chiers,
de vert prasme trestoz entiers, ^^-utt cU. p<Mj\.^j^
6455 Asez fu granz et clers et bels ^^ ''^'"'*
et sist sor quatre lioncels; Ajum.(uxujLj/i.
de fin or furent tresgeté, AtxxL^'i-M-
bien sont poli et neelé,
asis furent as quatre cors.
6460 Iluec dedenz fu mis li cors,
li bels, li genz, li proz Pallas,
toz conreez de reials dras
et 0 l'esceptre et o l'espee.
La teste li ont soslevee,
6465 un oreillier ont desoz mis
por pendre avant un poi le vis.
Deus cbalemels de fin or pristrent, d^c^i' ^ *rr\a rti\.\L
les cbiés dedenz les nés li mistrent,
les altres deus en deus vaissels,
6470 li uns fu d'or merveilles bels,
un sestier tint et neient meins; /jaf^u^
cil fu de basme trestoz pleins; -^«u^^rr^^
6448 D diriz, A dires, I distre, H dif ; EF fu de c. paves, G dor et d. c
fu; y trestoz. — 6449 GEF Sor; HI Dedenz 1. v. enz el m.; GEF qui en mi
fu. — 6450 D mètre soulreu, HI fere le s.; EF son escu. — 6451 E a soi. —
6452 I nestoit m. faire; H n. fere, F n. gaires. — 6453 HI m. f. r. et biax
et eh., EF m. par fu r. et molt fiers. — 6454 HI dun vif basme, D un v.
p., EF dun brasme fu; G dun fin brasme fu tos e. — 6455 A genz; I et
bons et b. — 6456 EF et fist i paindre; I sus. — 6457 D orent t. — 6458
I et bien s. p. et n. — 6459 HI biau fu dedenz riche dehors. — 6460 G
li mors. — 6461 F li pros li gens. — 6462 D couronez; A o r. d. —
6463 GHI et ot le sceptre et ot 1., E et si ot le c. et 1., F et ot 1. s. et
lespee. — 6465 EF ot d. m. — 6466 G el vis. — 6467 G dor fin si p. —
6468 Dy les .ii. chies; y es narilles (EF narines), D enz el nez. — 6469
Eï' li un de ces d. v. ; A cisiaus. — 6470 EF a merveilles furent (F fu Êiis)
dor biaus. — 6471 HI ne plus ne m.; E tienent. — 6472 EF et si f. d.
b. tous p.
240 SUITE DE LA
li altre fu d'une sardine, ^CLfuJLerujLjp
et fu toz plains de terbentine. y^^;,X^>.^;>'iMJ/rxe
6475 Li vaissel furent estopé, iovu-kA^
0 buens covercles seelé, j^ ^j i^*^.
que de l'odor n'alast point fors,
se par les sistres non el cors;
dedenz lui aillent les odors
6480 de cez espeeiëls licors; ^^'^aulh^A'
toz tens le guarront de porrir ^àt>u\^^Ji^
0»ur\^u^ et de malmetre et de \^\m\ ùuJLfO
ja mais li cors ne muëreit
des i que eue i tochereit.
6485 Quant ce ont fait en tel mesure,
desus mistrent la eoverture,
ki fu tote d'une ametiste;
làrtx/n^kt ^ CA£jU~ desus la creste ot une liste, iUAfu^ a,
de fin or fu, deus vers i ot, ■àrUi.ùAl^ài^t^r^
6490 la letre et li escriz sonot: Aon/mXMjt
,En eest tombel gist ci dedenz
Pallas li proz, li bels, li genz,
ki fu fiz Euander le rei:
Turnus l'ocist en un tornei."
6495 La tombe esteit alketes halte; jx^nj p£jM
il ot del betumei d'asfalte -Oi^cumû^ cu^JxhcM^
al seeler la sepolture.
6473 A sarzine. — 6474 G qui t. f. p., HI thelemine. — 6475 G estobe. —
6476 y de, D a; GEF noiele. — 6477 HI que la fleror nen alast fors, DE
que lodor n. noient (D gaires) f.; GF n. nient f. — 6478 y le nés non
ens el c. — 6479 D se d. li vont, EF d. len voisent; HI vont ices d. —
6480 GEF de .c. e. — 6481 I touz le guerront, EF quil gariront bien. D
omet les vss. 6481—6527. — 6482 E et de mauvaisement puir. — 6483 G
ni; HI muera. — 6484 HI devant que leue i touchera; E jusques iawe; GF
liave. — 6485 I Car; A ot; G a t. m., I par t. m. — 6486 HI metent; EF
desur lui misent c. — 6487 et 6488 omis dans G. HI tote fu. — 6488 EF
■ de sous; A c. non mieliste. — 6489 y d. f. o. f. doevre molt chiere (F fu
durement c). y intercale deux vers. V. les notes. — 6490 GFHI qui ce
sonent et volent dire, E qui en roumans veulent ce dire. — 6493 GF fils
fu; HI Leander. — 6494 I que T. o. e. t. — 6495 — 6505 omis dans EF.
I 1. t. e. molt très bien h., G et li tombe e. alques h. — 6496 I ni ot de
nule part de faute, H ni ot de b. de faute, G il ot de betum en la faite;
A dalfalte, C dassaut. — 6497 GHI a s.
DESCRIPTION 241
Li betumeis a tel nature: -ùxJk^^^'^n^
la 0 il est un poi séchiez
6500 ja ne sera puis dépeciez, ûLi-cJxAyxji-
ne mais que seul par une rien;
il n'est pas gent ne bel ne bien
que l'en l'en ost apertement, ofc
jurù XiCu^^^M:- s'a conseil non priveemeni ^t^*^ ^a^-^iAx^
6505 Molt fu riche la sepolture
et molt par fu bien a mesure
al chevalier ki granz esteit;
ne plus ne meins n'i estoveit.
Il ne remest pas senz velie: (Lourrùl^xJ^
6510 une lanpe ot desor pendue;
d'or esteil tote la chaeine,
la lanpe fu de basme pleine;
ce fu merveillose richece,
-t^Jihcrro de beston en esteit la mece, ■yrve..cJ'\^
6515 d'une piere que l'en alume,
tel nature a et tel costume: /
ja puis esteinte ne sera,
ne nule feiz ne desfera. al~ carvc^u^mjeJ^CL.
Li reis fist la lanpe alumer,
6520 n'onc puis n'i estut recovrer; n^cuxjz.^^
cent feiz baisa defors la brasme, Aer^-^ cU. pc^.^'-ijxjL.
al départir sovent se pasme, n^jB-cce ci^i
et la reine grant duel fait,
a molt grant peine s'en rêvait.
6525 Quant il furent tuit eissu fors
6498 GH Icil betum; I Ot un bâtons de t. n. — 6502 G et nest mie
ne bel ne bien, HI nest mie gent ne biau ne b. — 6503 HI que 1. ne
lost, G que on lerront. — 6505 I r. f. — 6506 GHI et fu asses longe a
m. — 6508 HI covenoit. — 6509 E san verrière. — 6510 HI 1. i ert;
E u. 1. i ot molt chiere. — 6512 G es toit. — 6513 et 6514 intervertis
dans HI. HI qui molt estoit et dure et sèche; F cestoit. — 6515 G une
p. — 6516 F del n. et del c. ; G matere. — 6517 G ja nule fois nestain-
dera. — 6518 I ne pour ardoir ne defrira, H ne ja de rien ne defira; E
dekerra. — 6519 Alinéa dans G. — 6520 I ja puis ni e. feu p.; GHE
omettent nonc, p. ni e. feu aporter (GE pas feu p.); F ains p. nestut fu
alumer. — 6521 EF desous; I la bière. — 6522 I fist leide chiere. —
6524 G sen tenait. — 6525 F la e. f.
Bibliotheca Normannica. IV. \Q
242 CONSEIL DE GUERRE
et enz orent laissié le cors,
si fist li reis l'uis estoper, ircrujLhuo
qu'on n'i petist ja mais entrer.
Li Troïën ont pris congié
6530 del rei, si s'en sont repairié,
a Montalban sont revenu
tôt dreit le jor que termes fu ^e-rryû^-»
que les triues furent faillies
ki aveient esté plevies.
6535 Or sont de bot al guerreier, -iovU:. d^ juit4<.
al eombatre et al torneier.
Li reis Latins est a Laurente,
0 m oit se plaint et se démente
de ce que perdue a sa gent
6540 par grant folie et por neient.
Il a toz ses barons mandez,
en son palais les a jostez; ajLutu^^
Turnus i f u o els ensenble.
^ Li reis lor dist ce que li senble.
6545 ^Seignor", fait il, ,ieeste guerre,
ki a esciî meine ma terre
et dont nostre ome sont ocis
et mainte genz d'altre païs,
saeheiz que ce nen est par mei;
6550 ne bel ne m'est, ne ne l'otrei,
onkes nel voil, n'encor nel vueil.
Comencié fu par grant orgueil;
cil en remaindront tuit chaitif
6526 GEFI et il o. — 6528 D que len n. p. m. e. ; GF qui p. — 6529
Alinéa dans EF. — 6530 I si sont arriéres r. ; H au roi; GF d. r. sen sont
tôt r. — 6532 G al j. - 6535 y venu al g. — 6537 GEFH ert. — 6539 G por;
E quil; EF a perdu. — 6540 HI omettent grant; ED omettent et. GED por
g. f. — 6542 E p. et ajoustes, G p. est a. — 6543 HI T. estoit; I o lui. —
6544 I Dist li a ce que bon 1. s. ; GAE dit. — 6545 I dist. — 6546 D ma mis
m. t. — 6547 I nostre gent; F omet dont; G mi home. — 6548 F et maint
home, GEHI et molt de g. — 6549 HIF s. q. ce nest pas par m. , D s. que
nest mie par m., GE s. ce nest mie p. m. — 6550 lE ne je nel veil n. n. 1. —
6551 A et bien sachiez que pas nel voil; F o. n. volt, G o. n. vais; D en-
cor, HI ne or. — 6552 A est. — 6553 HI tuit cil e. r. c; D revindrent;
EF honi.
DE LATIN 243
ki vers les deus ont pris estrif; ûjuê^r^^uL.
6555 car ce set l'en bien de toz tens
que il deffendent Troïëns ;
il sont prochain de lor lignage,
n'est bien que l'en lor face oltrage.
Se mais ne destorbiers lor creist, V€..^^.CL:h.cnru^
6560 cuidiez vos donc qu'as deus n'en peist?
Ce poez bien de fi saveir
ques maintienent li deu por veir;
encontre vos lor ont aidié
le jor qu'il furent asegié;
6565 a un seul d'els estiez quatre,
et quant venistes al combatre,
contre un des lor ki morz i fu
avez des noz quinze perdu.
Bien loereie des or mais
6570 que nos lor queïsson la pais;
asez en a l'en ja mal fait,
crieme est encor que pis n'i ait.
Une terre a en cest païs
ki a esté guasté toz dis
6575 et ne fu onkes abitee,
jtoM&vuxeji^ guaaigniee ne laboree:
ce est 468" l'eue de Toscane
(des i qffal flueve de Sicane.
Grant terre i a, d^un tenant dure ,^4/n^ JyrJ^-t.J\J\u/:^i^^^^
6580 quatre jomees d'erreiire; -/i^mj^c^uu
molt par i a bêle contrée,
6554 E estri; F ont mes pris strif. — 6556 GFI que il aident T. (I
aus T.) ; D maintienent. — 6558 A lan ne lor doit pas faire o. ; G n. drois. —
6559 D se mal encombrier lors recroist; GI et d. — 6560 I qua d., GEF
as d. — 6561 GHI tôt de fi. — 6562 HI q. m, a leur pooir. — 6563 D et
contre. — 6564 DGF que f. a. — 6565 D encontre un d.; E e. vos q. —
6567 D a un. — 6568 I .xl. des nos mors i fu; D en aviez, EF en avons
nos, GH en i aves. — 6570 I q. queissions {deux fois) pais ; GEFH q. q.
que il fust pais. — 6571 I a. en a len or mal fait, GEF a. i a on ja mesfait
(E omet jai). — 6572 I criement encore; EG et criem encor que plus ni ait; F
molt le desir que pais i ait; Ai ait. — 6574 D qui gastee a este tout d. —
6575 GE qui ne. — 6276 E cultivée. — 6577 y entor cort 1. — 6579 I quant
ele d., Il dont ele dure, D et tant bien d. — 6581 H bone c.
16*
244 SON
bone et riche, s'ele ert poplee;
forez i a granz et plenieres Jiil^yrxcU't.i..*^
et praeries et rivières
CL^t'^^^*-^^ 6585 et bels costels a vignes faire.
Iluec les poon bien atraire,
onc ne nos fist la terre bien,
ne nen eiimes onkes rien.
Se aeorder nos en poon,
6590 ge lo molt bien que lor doignon,
et facent i et murs et tors,
fossez, chastels, viles et bors;
0 nos aient tote eomune,
lor genz et la nostre seit une.
6595 S'il ne vuelent remaneir ci,
prendre la terre que ge di,
que il vuelent aillors aler,
lor nés lor feron restorer,
ki lor furent arses a tort
6600 la 0 els esteient al port:
celés rendron tôt a lor chois,
car a plenté avon del bois;
il n'i metront ja costement, <p6i4^»vô^
tôt feron faire a nostre gent;
6605 or et argent, pailes et dras
6582 G omet et; I s. e. hantée, GE sert habitée; F b. et de ricesse
abitee. — 6585 A costez, D cortilz, y laris; G vigne. — 6586 GHI la les
poomes (I p. nous), EF la les poriemes. — 6587 F ains, G aine; D rien. —
6588 I nous nen, GEF ne ni ; A eustes ; D o. bien, G nule rien. — 6589 1
ne a.; EF sa eus a. nous p.; A i p. — 6590 HI g. 1. très b., GEF je lotroi b.;
F si 1. d., E si li d. — 6591 I si i f., D et i f., GEFH et si f. — 6593 HI
si quil aient nostre c, GEF si que aions tôt en c. (E toute c.). — 6594
D 1. g. et n. seient une. — 6595 HIE et sil n. v. manoir ci. — 6596 lA
pregnent. — 6597 I et sil v., H quil vousistent, A se il v. — 6598 GEF
1. n. faisomes ; D ferai ; HI retorner. — 6599 A a. au port a tort. — 6600
HI lais aval a nostre p., DF la ou elles erent (F furent) au p., GE la ou
il furent a lor p.; A il, — 6601 HI nos leur rendrons tout a lor grez,
GEF ce lor rendon tôt a lor ses (F grès; E celés r. tous a 1. s.); A totes
a c. — 6602 y car de bon bois avons asez (I c. du bois avons nous a., H
c. du bois avomes a.). — 660.S EF ja ni metent (E metront) nul c. — 6604
D ferai, GE feront. GF omettent a.
DISCOURS 245
a son plaisir ait Eneas,
chevals et murs et palefreiz.
G'en ai pensé ja plusors feiz
et esguardé eomfaitement
6610 nos concordon o celé gent, ^iMu-t»^ Tt^u^ CLCcc^-di^-r^^
que nos savon que li deu aiment, ,
en cest pais par els se elaiment. ouiCurJUi'rJi. dLt^ fy%A~'
Mais ce sachiez, n'en ferai rien, jife-nrJ^t-o^u
se par vos non, ne mal ne bien:
6615 l'acordement ne querrai mie, o-^i-c^eruÀ^
se nel volez, que que g'en die.
-/-^v^è U- au/L Quant que loer m'en osereiz, cun-uijJJJje.j^
ferai ge tôt, ice sacheiz;
ne sui pas cil ki los ne creit;
6620 ki conseil quiert siure le deit;
l'en ne se deit pas conseillier
de rien dont l'en ne vuelt laissier
tôt son corage por l'altrui,
quant ot que l'en dit mielz de lui.
6625 De faire pais a eeste gent
ferai tôt vostre loement." ùcrrujuM ^ a^iyuJ
Entr'els le diënt li baron
que li reis a molt grant raison
que Troïëns vuelt retenir:
6630 car s'il le voleient servir,
6606 GEF a s. talent. — 6607 I c. muiez ; GFD muls, E mus. — 6608
HI Gi ai; D Je i ai p. mainte f., EF Lyons et chiens faucons ostoirs. G
ajoute 2 vers. V. les notes. — 6009 AE esgardon. — 66J0 y puisons avoir
acordement (GEF p. querre). — 6611 y a celé gent. — 6612 HI par eus e.
c. p.; GEF dais se recl. — 6613 HI mais sachiez bien; I ne f. r., GE ni
f. r. — 6615 HI acordement, DGEF dacordement; GE nés q., HI nen q. —
6616 omis dans G. HIEF s. n. loez, D se par vous non; DEF q. q. ie d. —
6617 y nen ferai oan rien par moi (GEF fin p. m.). — 6618 y se jo nen ai
de vos lotroi. — 6619 A ne se pas. — 6620 I querre 1. d.; EF q. c. naime
arrière s. — 6621 GF nus ne; D consurer, I merveiller. — 6622 HI se ne
le (H len ne) v. 1., GEF se il ne v. 1. — 6623 F por autrui. — 6624
GFDI dist. — 6625 HI Pour f. p. — 6626 DGFHI sivrai; E si ferai je tout
vo 1., H s. je v. 1., F s. je tôt valeement. — 6627 A E. d. tuit 1. b. —
6629 HI quant. — 6630 GHI car il le volent bien s., D c. se il le veulent
s., EF a gre le voelent bien s.; A les v.
246 RÉPONSE DE
il le porreient molt bien faire;
AciAgM'C^A^ sens est se il les puet atraire. cUsbûxjLhJ
Draneés s'en est en piez levez,
uns riches oem bien enparlez oLUuAJb
6635 et ki molt ert de hait parage;
nen ot en la cort nul plus sage
ne mielz seiist en eoii; parler,
ne un bien grant conseil doner,
ne mielz contast raisnablement, AAi,AArvnû.^>^t/r,v£^
6640 ne mielz feïst un jugement.
De parole ert molt engignos, aJyunJ::. /itUiL
mais n'esteit pas chevaleros.
„Sire", fait il, ,,ge respondrai
por toz cez altres, mais bien sai
6645 que Turnus me het a grant tort;
al mielz que puis ge m'en déport, jia- ^^ ^cuttjxm^
ge m'en guarrai bien tôt oan, cnJbbL. ù-r^^rJU^ - cL
car ne pris guaires son boban; ^rix^uAjJi
sor mei ne cort pas ses destreiz, "jL/rrUfCLKtuuLj
^ckM-Cf>Mx. j . 6650 nel blandirai ja nule feiz. ^ati^inA.
Ne m'en tairai neient por lui,
ce que g'en sai et que g'en cui.
Tu as bien dit et si est sens
que pais feras as Troïëns,
6655 de ta terre lor vuels doner,
se il s'i vuelent arester.
Mais tu dis poi, ce m'est avis,
6631 et 6632 Omis dans HI. GEF et il le pueent. — 6632 A et se
il les peust a., EF a boin conseil le (F se) doit on traire ; G biens est. —
6633 G en est, F se est. — 6634 GEF et molt e. — 6635 E et molt estoit, —
6636 y not e. 1. c. io croi (HI ce cuit) p. s. — 6637 — 6640 intervertis dans
D: 6639. 40. 37. 38. — 6638 y ne un c. loial d. (E ne miex c). — 6639
HI il parloit r. — 6640 HI et bien faisoit. — 6643 y ge parlerai, D or r. —
6646 HI mes au miex que puis m. d.; D le me d., GEF si m. d. — 6647
HI sofrir men puis encor cet an, GEF bien garirai encor cet an. —
6649 HI sus. — 6650 HI ja une f., GEF oan ancois. — 6651 A Ge ne t.;
y ne ja por lui ne men tairai (G rien nen t., F ne me t.). — 6652 III de
ce que pense en aurai, GEF de ce que (E quen) pens ne que je sai (G
de quanque p. et que jen s.). — 6653 HI Rois bieu; A ce dit; EF est
biens. — 6654 III faces. — 6656 HI i v. — 6657 D p. ce nous est vis.
V Cû/ijfl-AAX^vAi.
DRANCÈS 247
quant les retiens en cest païs:
done ta fille a Eneas,
6660 a lor seignor; tu l'otreias,
quant vindrent ça si mesagier;
^ t-ffvrvw^^^"^^^'' tu ne la puez mielz enpleier; CllcoxAaj^J
-j^ /'^''^f^^^ ^^^ ^®^° ^^^^ ^^^* mariage.
I^^*^^2^a>*^ J Enn^ i as ja molt grant damage
''^' 6665 que ne li a esté donee?
Maint home l'ont ja comparée;
encor en iert fait molt noalz, ûo^
se de covenant li defalz.
Turnus ne vuelt que cil la prenge,
6670 aveir la vuelt, si la ehalenge,
dist que la femme deit aveir,
et de la terre l'as fait eir
et tu li feïs afiër: ^oyricJU'^a^ ^ -^umvlaj
ne la petis ailiers doner;
6675 se puis en as fait nus otreiz ( clC£..C'\^Llj\Jj
al Troïën, nen est pas dreiz,
ne n'en perdra neient par tei;
il s'en fait ja seignor et rei
et dit qu'il ne laira neient
6680 ne seit vendu molt cliierement;
ainz en morront quinze millier,
6658 HI nés r., G tes r., F tu retins. — 6660 y puis que (HI que
tu) pieca li o. — 6661 HI q. ca v.; E li m. — 6662 HI tu ne peus m.
esploitier (I m. voir e.). — 6663 y n. 1. tôt le m. — 6664 mss. En; D ou
i aureis ja g. d.; I omet ja; HI Tu en; A i a. Y. la note. — 6665 y que il ne
la pieca eue; D ceste d. — 6666 y M. h. en a vie perdue (GE Mais; E i a). —
6667 y e. e. ert mains hom dolens (HI e. seront maint h. d.). — 6668 y
se tu lor fais de convenens (HI li f.). — 6670 HI et la. — 6671 EFH
dit; GHI velt a. — 6672 GHI ta t. — 6673 et 6674 intervertis dans HI.
HI car tu, D et tout, GEF et que. — 6674 HI dont (H dit) n. 1. p. a. d.,
GEF ne la (F nel) pues mais a. d. — 6675 D se puis Eneas fet nul
otroit, HI ne la perdra par toi des mois; F .m. o. — 6676 HI ce dit
et sen fet sire et rois; GED nest mie d. — 6677 et 6678 intervertis
dans D, omis dans HI. G ne ni p.; GEFD por t. — 6679 HI bien
dit, GFI et dist; D et dit nen perdera n.; E que ne 1., 6F q. nel 1. —
6680 HI que nel comperent mainte gent. — 6681 D i m. .m. cm.; EF
.XXX. m.
248 TURNUS PREND
que genz de pié que chevalier.
Il les i met legierement, JjLeùùu/rru^rié,
car ce ne li coste neient;
6685 molt l'en est poi, ce m'est avis,
se nos en somes tuit ocis. y^^jA-r^
A ce sereit il or son vuel, jufvu cI^-am^
il en fereit asez bel duel,
OùrXiA/vix. Au^ msds qu'il eiist la terre en pais,
6690 et la femme ne querreit mais;
ne li chalreit ki morz en fust
mais que enprés l'enor etist.
Nos disomes entre nos ci,
qu'il ne devreit pas estre issi,
6695 mais quant il vuelt ta fille aveir
et que faces de lui ton eir,
se il la vuelt et il tant l'aime,
quant veit que cil sor lui la claime, AUÂa^rnA.
si s'en combate contre lui,
6700 entr'els la départent il dui; iji, cLùuuuJ-c^rUi.
chascuns i seit por son besoing, ouM^i^^cÀ^ax
et nos en esteron de loing,
et ki veintra, nos le verron,
■i-mAjL cU J^ju*Jk^ de bot o lui puis nos tendron.
6682 GFI a pie. — 6684 GFI car il; I coûtent; D lor c. — 6685 HI
m. 1. seroit pou ce mest vis; G petit len est. — 6686 HI sen estion trestuit
o.; GE i s. — 6687 F Icou s.; HI A ce serion nos s. v., A A sen sérient
il s. V.; E s. ce or. — 6688 E feront molt poi de duel; H f. petit d. —
6689 et 6690 oynis dans HI. D se il avoit 1. t. en p. ; F ains quil; GF a
pais. — 6690 EF guerroit. — 6691 D ne li chaut rien. — 6692 HI m. q.
1. en pais e., I) m. q. aprez lui tout e. ; GEF ne mais; F que il 1. e., G
quenpres 1. e., F quen pais 1. e. — 6693 GEF Mais nos disons; HI E. n. d.
issi. — 6693 et 6694 viennent dans A après 6696. — 6694 G que il ne
doit; I puis que il veut quil soit ainsi; D mie e. — 6695 I que il ta f.
veille a., H puis que il v. t. f. a., D m. q. Tumus v. tout a., G m. il qui
V. t. f. a. — 6696 HI velt que de lui f. t. e. — 6697 G quant; A se
tant la V. ; D laint. — 6698 HI et v.; D et Eneas nul droit ne claint;' E
se cl. — 6699 EF se. — 6700 HI si (I et) la partissent anbedui, EF si le
partent entreus andui, G se départent entraus andui. — 6702 GHI et n.
lesgarderons, D et nous e., F et n. les esgardrons, E et n. les agardons. —
6703 HI cil qui; F les v. — 6704 HI du tout a lui; G od lui; D tout nos t.,
F p. nen t., G si nos t.
LA PAROLE 249
6705 Seuls la conquière et seuls l'ait;
n'iert mie bien, s'altrement vait."
Turnus oï que Drancés dist,
d'ire et de maltalent esprist, ^* £./rUi£L/rrutr>,a.
sailli avant, se li a dit:
6710 „Nos conquerron par vos petit.
Toz est encor sains vostre escuz,
-^tfi-cx-A*.^:.*^ * onc en besoine: ne fu vettz.
Se avion plaiz a tenir,
molt vos i feriez oïr,
6715 vos nos enparleriëz toz,
^ iluee seriez vos molt proz;
mais la o vos volez combatre,
ne vos volez vos pas enbatre: Vôu.a-' pr^jucifuJ^^
il s'i enbat tels kil compère ; jl^ùJjl.
6720 n'i a des enfanz vostre mère
ne mais seul vos; cest esguardez;
ce est grant sens, de loing estez.
Vos n'estes pas buisnarz ne fols; yiicu.^^
se vos ne cremiëz les cols,
6725 bien tost iriez vos avant;
ferriez i de main tenant,
se cil 0 vos combatriëz
aveient toz les poinz liez.'
6705 vD le; D conquerroit ; y et toz s. — 6706 GED nest. — 6708 D
omet et, fremist; GEF de m. et d. e. — 6710 HI par vos conquere ie p. —
6711 GHIF Encor est t. s., E Encor est entiers. — 6712 G onques ne fu
en ost V.; E aine, F ains. — 6713 GEF mais saves (G savies) plait a main-
tenir. — 6714 HI bien vos; GEF vous vous feries sor tos o. — 6715 y
deffendriez, D esparleriez; GEF d. bien t., I d. de t. — 6716 GF i. esteries m.
p., E i. esteres v. m. p. — 6717 HIEF ou len se doit c; G vees c, D doiez
c. — 6718 GED combatre; D mie c. — 6719 HI tiex sie. qui le c. ; GF combat.
— 6720 F père. — 6721 H omet seul. GEF plus que v. s.; I si le gardez,
GEFH si vous gardes; A ang. — 6722 omis dans EHI. GF ce ert savoir. GF
ajoutent deux vers, dont EHI n'ont que le dernier (qui rime alors au vs. 6721).
V. les notes. — 6723 HID musart. — 6724 D se vous ne cr., E car ses
voies tendre, F car cels nestendre, G car se vos ne c. — 6725 HI bien
croi que vous iriez a. (H omet vous), GEF b. t. ce croi i. a. — 6726 y
et f. de m. (GEF et f. i d.). — 6727 D s. c. a cui vos c; F v. vos com-
bates. — 6728 A avoit les p. trestoz 1., EF estoient tel molt estrles 1.
250 RÉPLIQUE
Voz armes sont chier achatees, cl£Ji/u^<u^cl>>
6730 si deivent bien estre guardees;
se vostre escuz esteit perciez,
vos seriez trop domagiez;
0.4.*^*^ i^Tx^UArfUj tant com l'avreiz sain et entier,
p"^ ne donreiz en altre denier.
6735 Cheval avez eorant molt tost,
n'a si isnel en tote l'ost,
mais vos l'avez si bien apris,
s'il veit armes, tost est restis, nijhlJ
mais molt est bien duiz de fuir,
6740 a lui ne se puet nus tenir;
s'un poi vos tornë a destrece, p!uU4.
plus vos fiez en isnelece.
Que ne faites en vostre espee?
Ja par vos n'iert ensanglentee.
6745 De parole vos sorpoez, ê^c-a^ ccllcJAju
0 la langue vos combatez.
Ne conquen'ai neient par vos,
malvaisement serai rescos dliihruif aj^^Ja ^^T
par vostre escu, par vostre lance; *
6750 en vos en ai poi de fiance;
ne la mescbine ne la terre
ne quier ge pas par vos conquerre."
Drancés a la parole oïe
que Turnus dist par félonie: •j^cux.u^ajtLc, \
6755 de coardise l'a noté, ^ ; ^ ^ « : . .•' i
6730 GE estre bien. — 6732 I v. en s. d.; GEF t. adamagies. —
6733 et 6734 omis dans E. y t. c. 1. issi entier. — 6734 HI ne le covendra
pas changier, GF nestra pas altre cangier, D ne deuroiz a. d. — 6735 A
si tost. — 6736 AI en trestot lost. — 6737 et 6738 omis dans HI. — 6739
HI m. il est. — 6740 y ne sen puet nus a lui t. (F se pooit ja a 1. 1.). —
6741 HI quant un pou vos t.; EF et se vous estes retournes; D tornez
a destre; G a la d. — 6742 I p. tost fuiez que chien eu lesce; H ensi
ne lecc, D ou sinestre; E a le destrece vos tenes, F al destrece puis
vos fies. — 6743 I ne vos fiez; E ni traires ja le v. e. — 6744 E ne
nert, GF ja nert; EF pour v. — 6746 y de la 1., D a la 1. — 6747 y jo
c. petit; E pour v. — 6750 I ai petit de f., H ai ge povre f., A en ai
bone f., GFD ai ge p. d. f. — 6752 DGE quit. — 6753 sans alinéa dans
A. — 6754 n dit. — 6755 y et si vilment la aparle (I apele).
6760
DE DRANCÈS 251
dist li: „Ce est bien vérité,
ne m'en mis onkes a^ grant fais, /lû.£- cLârr^^rolj-^ cU. -é-^
ne ne ferai pas oan mais; (uXtL. a*vy%A4^- cl. CiouJnA^^
molt deit estre bien en l'afaire
ki tôt en oui de le pro traire; t.* ûuto-cunJ-Qjejji^
0 la perte sor lui revert,
ge n'i guaaing ne ge n'i pert;
se ge mon cors en puis guarder,
mei n'i lairai mie afoler;
6765 se g'en giseie morz toz freiz,
ne m'en plaindriez nule feiz.
Asez vos vei or grant duel faire,
plaindre, plorer, voz clievels traire
por eels ki por vos sont tuit mort.
6770 Molt en estes de bel comfort!
Tel duel com faire vos en vei,
feriez vos asez de mei.
Se g'esteie por vos oeis
et vos eussiez le païs
6775 et menissiez vostre posnee, j/y\,c^r0^rr\aL.
m'ame sereit buene eiiree; •Aûn^tO-L'A''
se teniez la fille al rei,
vos feriez bel duel por mei;
molt m'avriëz tost oblié.
6780 Ça ariere m'en sui guardé, fc/^AyroiUjA. acu^xLl «à. ^^^
6756 y de coardise (GE félonie) la rete. y ajoute, deux vers. V. les
notes. — 6757 GEF ne men mis aine; HI en g. f., GEF a grans essais. —
6758 y ne ne f. en cest an mais. — 6759 DF bien estre, HI e. preuz. — 6760
HI qui tôt le pr. en c. t., D oui qui tant c. 1. p. t. — 6761 y se 1. p. (F
et se li p.) ; EF a lui r., HI sor vos r. — 6762 GEF jo nen ai soing car
rien ni p. (G quant, E que), HI g. n. gaaigne ne ni p. — 6764 y ne mi 1.
pas a. — 6765 y sor (HI se) gen estoie mors ietes; D ge. — 6766 y vos
dels (HIE le d.) seroit tost oblies (I le d. en s. tost plores). — 6767 E
v. vostre d. f. — 6768 y et p. et v. c. detraire. — 6769 y vos en s. m. —
6770 A Vos en e. — 6771 I tel com faire de eulz v. v. ; D au d. que f. ; E
que f. — 6772 GEF en f.; 1 or bien, H bien tost, E ce croi, GF jo quit; GEF
por m. — 6773 D Se jen; DGE ère, F fuses. — 6776 y (saufE) en s.; HI
beneuree. — 6777 D quant tendriez, GEF se vos t. — 6778 HI petit duel
feriez p. m.; GEF v. en f ; A de m. — 6779 HI molt tost seroie oubliez,
GF m. m. puis t. v. — 6780 D Ca en arriez, I Se ca a.; GEF Se a. men
ai g.; HI gardez.
252 ON PROPOSE
si ferai ge encor apré?.
Par fei, ce n'est mie Draneés,
ki tant en voille por vos faire!
Ne vos en quier losange traire -UxMju^ax.
6785 que por vos voille encor morir.
Ne revoil pas a tant venir; \fUÀJL eU, "n.àujjjUu
de meie part dirai par v«ir,
puÀ^^ui^ si corn volez le tôt aveir,
primes la femme et puis la terre,
6790 si la vos lairai ge conquerre."
Il se tornë envers le rei.
„Sire", fait il, „entent a mei,
la fin avon ci porparlee, cLU-unkjt^
si deit bien estre recordee; noM^tÀJUL,
6795 tuit i entendent cist baron,
OJUL<enÀJL^rJL otreient la, si est raison:
ta fille al Troïën donras,
de la terre l'eriteras,
et se Turnus la vuelt deffendre,
6800 bataille en puet bien vers lui prendre:
se cors a cors la puet conquerre,
si ait la femme o tôt la terre.
Bien ce te di, pas n'otreion
qu'en muire mais s'uns d'els deus non."
6781 y ge mais ci a. — 6782 HI sachiez ce niert (I nest), F car cou
nen est. — 6783 D qui t. v. ore p. v. f., F que nul mal v. p. toi f. —
6784 HI voil; E atraire. — 6785 et 6786 intervertis dans HI. D v. v. ore
m., E V. i V. m., 6F v. v. pas m. — 6786 omis dans D. y je nen (E ni) v.
mie. — 6787 y p. vos di p. v. — 6789 E f. por le t.; D omet et. — 6790
HI par vos la vos 1. c, EF s. v. 1. le bien (F lairaie bien) c. — 6791 G Puis;
HI Atant se (I sen) t. v. 1. r.; GEFD sen torna devers. — 6792 I parlez
a m., H entendez m. — 6793 HI 1. f. que vos ai ci mostree; D deparlee,
GEF demostre. — 6794 HI acordee. — 6795 HI t. si a.; A cil b., F ii b. —
6796 HI et dient que ie di r., D o, li sil est r., GEF otries le gi (E si)
vois r. (G sares r.). — 6798 E le^recerras. — 6800 I puez; DE p. en vers
lui; G a 1. — 6802 HI et la f. et 1. 1.; EFD et 1. 1., G a tôt 1. t. — 6803 y
Je te di bien; D Bien dison pas ne loctroion, A b. ce d. mes pas n. —
6804 D omet deus. E que nus en m. se aus deus n. ; H mais nul seus deus,
I m. se ces deus.
LE COMBAT SINGULIER 253
6805 Turnus sailli avant en piez, ,
envers le rei s'est aprismiez; a'x£>^ a-^iJiJwcAM.
de la bataille tent son gage ^olao,
iluee veiant tôt le barnage,
et dit que tote fins en iert
6810 par seul son cors, s'il le conquiert,
et quant la corz le rei l'otreie, ia. ceru-^o
bien est que l'en la fin en veie.
Li reis li vit son gage tendre,
mais ne le volt encore prendre,
6815 dit que primes enveiera
al Troïën, si mandera
que or sera fins de la guerre,
se par son cors la puet conquerre.
Bataille avra, se il l'otreie;
6820 li jors seit pris que l'en la veie;
en celé isle de la defors
n'i ait que seulement lor cors,
et ki vaintra l'altre en bataille,
si avra tôt conquis senz faille." CA>^>a*«*-iA->rriX-yv6
6825 Ainsi l'a otreié Turnus;
li reis esguarde, n'i a plus,
quels mesages il trametra,
quei et par cui li mandera.
Quant il erent en cel esguart
6830 qu'il enveiassent celé part,
uns mesages vint acorant
OSOô sans alinéa dans A. I atant. — 6S()6 G est; GF aprocies. —
6807 Alinéa dans A. — 6809 HI et dit que la bataille e. i. — 6810 HI bien
la requert; D la c. — 6811 HI puis que. — 6812 E bien est drois que 1.
1. f. V. — 6814 GF m. il ne v., HI m. nel v. ; GFH pas encor p., ID mie
e. p. — 6815 IGEFD dist. — 6816 HI et m., D si li m., GEF sel m. —
6819 y sil lotroie bataille ara (H se il le veut, I sainsi le v.). — 6820 y a
un jor quon lesgardera (F au j. que on, E au j. con i; H quant on). —
6821 HI omettent de; H en c. bel ille; E en cest ille la la d. ; F la de def.,
G par la d. — 6822 y ambedoi tuit seul (G sont tôt) cors a cors. — 6823
HI cil qui; E v. celé b. — 6824 y et femme et terre ara. — 6826 F les
g. — 6827 I quel mesage; F ses, G cels. — 6828 A queus, GHI quant;
EF et cornent ce li m.; HI le m. — 6829 Alinéa dam DHI. — 6830 D
cui; E que envoiast on c. p. — 6831 HI v. apoignant, G sen v. esrant.
254
ATTAQUE IMPRÉVUE
6835
6840
parmi la sale molt criant,
que Troïën en sont venu,
par le païs sont espandu, ^^ .A^yvé. rvtfù^nduju
asaillir vuelent la cité.
Trop a li parlemenz duré:
en la sale ot molt grant trepeil, OLùjJ-eJtMjn)
départi sont tuit del conseil,
saillent tuit sus, plus n'i demorent, i
et ki ainz ainz as armes corent. tk^ fJLu^ i-a^
ùix^'U
6845
6850
6855
Tote la fins est obliëe
que il aveient porparlee; ûLU.cmJ-c-
Turnus toz seuls et Eneas
par lor deus cors nel feront pas,
ainz i ferrent ensenble tuit.
Fremist la vile tote et bruit,
espés sera ja li torneiz,
ja en i avra mil de freiz. ^r^rvA
Cil aprisment a la cité,
li borgeis sont as murs monté,
portent pierres et pels aguz,
espiez et lances et escuz.
Dames, borgeises et puceles
vont as tenples et as chapeles
et sacrifient as alteus
et prient toz les damedeus
qu'il deffendent la vile, et guardent
qu'il ne la prenent ne nen ardent.
6832 G droit en 1. s.; HIDF errant, G corant; G tôt c, F tôt e. —
6833 HI q. T. sont ja v., DGEF que li T. s. v. — 6834 HI par tout le pais
e. (H parmi 1. p.). — 6835 HI viegnent. — 6836 GEF 1. p. a t. d. — 6837
Alinéa dans EF. D omet molt. G a. — 6838 GHI tôt s. d. , D d. se sont. —
6839 I saillirent sus. — 6840 GEFI et qui mieus mieus, A qui ainz poent. —
6843 HI entre T. et Heneas; G T. io croi; A s. contre E. — 6846 HI La
V. f.; EF Toute la v. f. et b. — 6848 HIF mil en i aura; GFHI a. de tous
frois, E a. mil tous f. ; D ja i gerront mil de toz frois. — 6849 yD omettent
a; HI C. aprochierent, D et cil a., GEF Icil a. — 6850 D amont monte, G al
mur m. — 6851 EHI omettent et; HI p. i p., E p. il p. ; F prendent. — 6855
HI omettent et, sacrifient sur les (I leurs) a. — 6856 HI et deprient leur d.,
D et p. toutes a lor dieus ; E lor d. — 6857 G que il d. lor cite. — 6858 I que
11 Troien pas ne lardent, H que cil n. 1. p. et a., D que cil n. I. p. et lardent,
F quil ne la p. ne ne a., E que il ne la p. ne a., G quil ne soient ars ne robe.
DU CÔTÉ DES TROYENS 255
li Troïën ki defors sont
6860 et en la vile asis les ont.
Turnus fu armez toz premiers
et ot vint mille chevaliers.
H vait avant et cil après,
desarmé a vett Drancés,
6865 dist li: „Molt par creist or bien joie
et molt granz proz a cels de Troie,
que voz armes sont hui en gages;
molt feïssiez ja granz damages,
la morte genz le comparast,
• 6870 vos en feïssiez or grant guast." (iû-v^uLâC-
Drancés li dist: „Por vostre afaire
ne quier ge ja m'espee traire,
ne mon escu ne ruis porter,
colp receivre ne colp doner.
6875 Vos ki le tôt volez conquerre,
par vostre cors finez la guerre,
mais ce ne volez vos neient,
faire volez par altre gent.
Vint mil en metez devant vos
6880 ki ja par vos n'ierent rescos.
Vos fereiz bien, car n'est pas geus,
periz est d'orne en plusors leus;
6859 G par Troiens ; I car de la vile un po hors s. , H 1. T. de d. s.,
EF cil de Troie q. d. s. — 6860 HI et (I mes) cil dedenz encontre vont,
A et de bataille toz pris s., EF et cil dedens tôt fors en vont, G cil de la cit
trestot en vont, y ajoute 2 vers V. les notes. — 686 1 Alinéa dansB.ÏFGt.
— 6862 GE .x.M. — 6864 y ajoute dewx vers. V. les notes. — 6865 HI
molt pueent hui avoir g. j., GEF molt par croist hui certes g. j. — 6866
E et grant pourfis, F et molt grands puns(?), G et grans honors; HI la
gent d. T. — 6867 HI de vos a. qui s. e. g.; EF gage. — 6868 HI hui
leur f., F car ja eussent, GE molt i eussent-, EF grant damage. — 6870
A molt e. f.; F v. f. ja deus g. g.; HI f. g. essast, D i. hui g. g. — 6871
sans alinéa dans EF. — 6872 GEF quit. — 6873 A ne puis, D nen quier.
— 6874 EFHI ne c. r. ne d. — 6875 EF v. qui trestout. — 6876 HI
fêtes , GEF feres. — 6877 HI m. de ce navez vos talent. — 6878 E ains
le faites, GF f el v.; D nostre, GEF vostre. — 6879 HI tiex .m.; GEFD
mètres. — 6880 A niront. — 6881 HI nen poez mes il nest, D vous sa-
vez ce nest; GEF vos feres bien. — 6882 HI de combatre vosent tout
seux: D en touz 1.
256 CAMILLE
tant com porreiz gent arainir AjÛL-tjùttJ\J
ki se laissent por vos morir,
6885 n'ireiz avant pas al besoing,
triés els vos estereiz de loing. oLu^aÀm^-u^
Vers mei en parlez vos en vain;
vos avez la teche al vilain, ù.^ ynAtMJ-nlùx, <i*^i^
ki la endreit hue son chien ^a^ncx. â^tJ o^iciiMxr
6890 0 il n'ose aler por rien, pe^jv cLt^ c/Ùa
et vos le faites ensement,
car vos huez la vostre gent
0 vos ne volez aler pas.
La fors vos atent Eneas,
6895 ki la femme vient chalongier. -titU^v^^ cLùuiui^Ji)
Alez, ja vos poez vengier!
Poigniez le destrier chastelain!
Vos voldriëz par altrui main
le serpent traire del buisson;
6900 molt tien por fol et por bricon J^dt
ki vos en sert de tel folie;
sacheiz, ce ne ferai ge mie,
ge n'enbatrai ja les buissons
por ce qu'en mangiez les moissons." WxJ^xunrtAj
6905 A tant point Turnus le cheval
et vint jusqu'à la porte aval.
Iluec a Camille trovee
6883 EF recouvrer. — 6884 D quil; GF lairont; F tuer. — 6885 HI n.
pas a. au b. (H en b.); D n. mie a. — fi886 HI aincois vos tendrez de bien 1.,
D derrier e. e. d. 1., GEF ains esteres derier als (F derrière, E d. en) loing. —
6887 A nan parlez vos ja mes e. v.; GEF i parleries. — 6888 D la loi. —
6889 I qui en tel lieu, H qui celé part. — 6890 HIEF ou noseroit, G la il
nen o. ; D ou il niroit por nule r. — 6892 HI c. la h. vos. — 6893 I ou v.
a. n. V. p., G la ou vous noses a. p. — 6894 HI 1. f. ou a. — 6895 HI famé
et terre v. c; D vint — 6896 HI la vos; EF aies i tost por desraisnier. —
6898 y Mais vos volez. — 6899 E lespervier. — 6900 D m. fait por f.; E
celui tien ie p. f. b.; GFIII a f. et a b. — 6901 HID q. v. en sieut, EF q. v.
crera, G q. v. querra. — 6902 HI s. de voir, GEF mais ce s.; y nel f. m. —
6903 yD omettent ge ; I ne hocherai pas, HGEF ne batrai mie, D nenbaterai
pas. — 6904 I dont pensez cueillir, H dont vos ja coilliez; G p. quen man-
gies les oisillons. — 6905 sans alinéa dans E. DGEF Atant Turnus p. 1. c. —
6906 D omet et; HI et vient, A i vint; G et v. droit a la p. a.
ENTRE EN SCÈNE 257
0 el l'atendeit tote armée
bien o treis milie chevaliers
6910 toz conreez sor lor destriers;
n'i a celui n^ait a devise à, ^.*i.tAAl^
conoissance de mainte guise.
Camille ot molt bêle maisniee
et el fu bien apareilliee
6915 et sist desor un vair destrier
ki valeit d'altres un millier.
D'ermine esteit la coverture,
environ ert la brosdettre,
d'une porpre tote vermeille;
6920 molt ert bfen faite a grant merveille,
et ensement sa conoissance.
Apuiee fu sor sa lance;
a son col aveit son escu,
0 bocle d'or d'ivoire fu,
6925 et la guige en esteit d'or freis. d^ruio^ cLâ. L* AJtu.
Ses halbers ert blans come neis
et ses helmes luisanz et clers,
de fin or esteit li cerclers. qjuïxJU. eU*- CAbAtM^
La coife del halberc fu faite
6930 en tel manière qu'ele ot traite
sa bloie crine de defors
que el li covri tôt le cors:
derriés li ventelot aval
6908 I qui ja estoit, E qui 1. ; El trestote a. ; H qui Ja 1., 6F qui 1. la, G
ou elle latent. — 6909 H et bien t. — 6910 1 1. aprestez sus bons d.; E les
d. — 6911 A qui nait d.; HI cel (I cil) nait a sa d. — 6914 HI si fu, GEF
et fu, D et si fu; y molt bien. — 6915 HI desus. — 6916 GE dautre. —
6917 A sa c. — 6918 HI bordeure, D bendeure, GF dobleure. — 6919 EF
dune chiere p. (F p. ch.) v., G d. p. est inde et v. — 6920 omis dans I. F et
molt fu f. — 6921 HID autresi. — 6922 I qui fu cousue a une lance; D A.
estoit ; G A. fu a se 1. — 6923 y ses escus fu de bon (HI blanc) ivoire. —
6924 y et 1. b. ; HI dun fin (H dor fin) trifoire, EF fu tote doire, G en refu
tote oire. — 6926 y et s. h. b. — 6927 y clers et 1. — 6928 HI et li cer-
cles reflambloians , G li cercles dor molt flamboians, E li cercles dor re-
flamboians, F por le cler or reflanboians; A ert toz par carters. — 6929
GEF 1. c. fu del hauberc f. — 6931 GF la; GEF gaine. — 6932 y si que
derrier; HI covri son dos, GEF covroit s. c; D et li couvrirent.
Bibliotheca Normannica IV. ] 7
258 SA CONVERSATION
desque sor le dos del' cheval.
6935 Turnus la vit, celé part vait,
la meschine vers lui se trait,
parla a lui en sozriant:
„Vo8 nos alez trop demorant; ruiJHutxLA/rvb
la fors sont ja li correor tesufd^MJuJXoi^^wtk^ri^
(5940 et nos demoron tote jor;
se ne vos eiisse atendu,
contr'els fusson la fors issu,
ja n'eilsson ocis trois cenz;
il nos ont enclos ça dedenz;
6945 par poi ne senble coardise
que nos tarjon ci en tel guise."
Turnus respont a la pucele.
flDame", fait il, „une novele
vos voil dire que j'ai oïe;
6950 bien sai par une meie espie
que Eneas est loing ariere
et passera une charriere
ki est desoz une sapeie; 4CLfJi>nÙ.Aja,
molt est encombrée la veie, ^(a- /^>>/>a^^
6955 onkes nul meillor leu ne vi
por assaillir son enemi.
El bois m'en irai enbuschier
desus por le chemin guaitier;
se il entre en la charriere,
6960 ja n'en retornera ariere;
avant ne passera il mie
6934 D dessor la crupe; E cors. — 6936 I et la pucele; E lui atrait,
F lui la trait. — 6937 EF tout en riant. — 6938 HI delaiant, G démenant. —
6939 D lor corteour, H leur c. — 6940 G tôt le jor. — 6942 HI la hors f.
contre eus i. ; GEF a als f. — 6943 HI ja eussions meu contenz ; D ja en e.
6943—6947 omis dans EF. — 6944 GHI enclos nous ont; UI tuit ca de-
dent, G trop ca d. — 6945 DG por p. — 6946 A q. atendons, D q. n.
traions; GHI t. tant e. t. g. — 6948 IF dist. — 6952 G et p. a la kariere. —
6953 G qui est dessor le grant s.; HI saucoie. — 6954 D enc. est forment,
E molt est encombreuse, GF sest encombreuse molt. — 6956 A a a. —
6958 I d. le ch. p. g., E d. p. en cajus g. — 6959 I bien sil e. en 1., H bien
sai sil e. 1. cli. ; D et sil entre, GF et se il e, ; A a la ch. — 6960 HI ja mes
ne tournera; G repaierra. — 6961 EF iluec n. p.; G a itant ne p. m.
AVEC TURNUS 259
que il ne perde anceis la vie.
Uns oem en i oeirreit cent,
car deffense n'i valt neient
6965 Se iluec le puis entreprendre, JUu\.^^/^ja^ri.cLhjL,
molt par lui cuit dur estor rendre.
Mil chevaliers menrai o mei;
vos remaindreiz ci al tornei
et Mesapns o vos remaigne;
6970 bien avra en vostre compaigne
plus de vint mille chevaliers, ^ ,
ouiNi- estre la gelde et les archiers." M^id^^^c^ a. fiXj-eL
Ainsi l'a Camille otreié,
et Turnus prist de li eongié,
6975 0 sa gent s'est mis a la veie,
enbuschë sei en la sapeie:
se or s'i enbat Eneas, /la^ û^ulcIa-jM^*-
deseonfiz iert a cel trespas. f/iVr> «J-- ^A'A^aé
Camille issi fors al tornei,
6980 cent puceles mena o sei,
bien armées de covertures,
tôt de diverses armelires;
molt par i ot bêle compaigne.
Quant els furent fors en la plaigne,
6985 li Troïën les esguarderent,
a grant merveille les dotèrent;
quant poigneient a els damesses,
cuidoent que fussent déesses
6962 I se il ne veut perdre; EF ni p., G nen p.; H avant 1. v. —
6963 H en o. bien c, D en occist bien telz cent. — 6964 I la d. ni vaudroit
rien. — 6966 y ge li cuit molt chier (EF grant, GI fier). — 6968 I et v. r.
au t. — 6969 GDH av. — 6970 I aurez; G en lui ares bone c. — 6972 I
sanz laide de ceuz a piez ; E omet et, les geudes. — 6974 D prent ; G et
il a pris; F a 1. c. — 6975 y se mist. — 6976 GEFH si sembusca, D
embusca s., I si se muca ; F les 1. s. — 6977 HID sore. — 6978 A est. —
6979 sans alinéa dans EF. — 6981 HI a c, GEF od c. - 6982 DF
toutes d. a. — 6983 I par avoit. — 6984 I Q. ele fu en la champaigne;
H Q. ele fu hors, EF Q. furent fors, G Q. defors furent; A an mi 1. p. —
6985 Alinéa dans D. GEDH agarderent. — 6987 et 6988 interveHis dans
HI. HI qui la venissent por pramesses, AB q. p. les damoiselles, G q.
p. a ademesses; C quant elles peignent as eslesses; E deuisses, F des-
lesses. — 6988 HI cuidierent; A c. ce f ; B novelles.
17*
260 ELLE ATTAQUE
ki deffendissent la cité;
6990 raolt en furent tuit eifreé,
ne s'osoent vers els deffendre
ne n'en voleient nule atendre:
a merveille les redotoent.
Les puceles les enchalçoent; ùou/uutu>reùjurJL
6995 quant cil vers els ne deffendeient,
n'est merveille s'els i fereient.
Molt i fièrent bien les meschines,
gésir les font sor les eschines,
molt i font sanc en poi de tens.
7000 Orsilocus, uns Troïëns,
vit les puceles s'i combatre,
ferir et chevaliers abatre;
il trait, si fiert une donzele,
Larine ot nom, soz la mamele,
7005 abatue l'a del destrier,
morte chaï jus el poldrier. Cf^uuLjJcéJiJL.
Li Troïën ki cel colp virent,
a grant merveille s'esjoïrent;
quant il sorent qu'eles esteient
7010 tels femmes ki morir poeient,
acoillent les de main tenant,
desqu'es rues les vont menant,
en la cité les enbatirent.
Li Troïën tant i ferirent,
7015 des morz ont la porte estopee: irorVLcAtJL.
se donc fust délivre l'entrée, /JUra.
6989 I ainz deffendirent 1. c. ; D deffendoient. - 6990 I et cil furent
molt e. — 6991 EF vers elles nossent pas d.; GDH a als. — 6992 E
volent nis une a., F osent nés une; GD une. — 6993 omis dans RI. —
6994 HI sus eus feroient. — 6995 III et il point ne sen d., GEF q. v.
eles n. d. — 6996 omis dans HI. D sil; E seles f , F se le sofroient, G
sil encalcoient. — 6998 I molt firent sanc en po termines; D par les e.;
E leur e. — 6999 I m. en abatent, GFDH m. firent s., E m. i fissent. —
7000 A Orsileus. — 7001 D meschines. — 7003 y et f. — 7004 A si fu
molt bêle, GEF sor 1. m. — 7006 A m. chiet j. el poldroier; D ou gra-
vier. — 7007 Alinéa dans D. — 7008 A molt furent lie tuit i ferirent.
A ajoute deux vers. V. les notes. — 7009 E q, i sot. — 7011 F tôt m. —
7012 G tresques, EF dusques, HI jusques. — 7013 D remb. — 7014 G les
f. — 7015 HI d. m. fu; GEF cors. — 7016 H se or, GEF sadonc.
LES TROYENS 261
senz contredit fussent entré ^àu^^u^ of^^ocuMtanrO
eomunalment en la cité,
mais des morz i geseit il tant,
7020 ne poeient aler avant.
Et cil ki erent sus es tors,
es murs et par les aleors,
traient, lancent, granz pierres ruent,
trop erent près, asez en tuent.
7025 Un poi se sont ariere trait;
Mesapus un enchalz lor fait yOôu-^-^-^-uJ'd-
et Camille, ki o lui fu.
Fors as plains chans sont revenu,
la reconiencent les torneiz;
7030 li Troïën par quatre feiz
les menèrent en tel manière
ferant en la cité ariere,
et cil toz tens les ramenoent
fors as chans o il torneioent.
7035 Camille point parmi les rens,
sovent joste o les Troïëns,
tels cent en i a fait verser,
onc ne lor lut puis relever.
Bien fiert de lance et mielz d'espee,
7040 a grant merveille fu dotée; tAjxZrnd^^
ne getot pas son colp en vain;
ki feruz esteit de sa main,
7019 HI mes des puceles gist mort tant; A g. itant; D m. de ces m.
i g. t., GEF m. que de morz (G des cors) i g. t. — 7020 HI quU ne
puent, D que ne pueent. — 7021 A e. fors es t., HI estoient es t. —
7022 y quant il virent que li estors. y ajoute 4 vers. V. les notes. —
7023 GE t. lances et p. r., F t. et 1. p. r., HI t. et 1. et piex r. — 7024 A pro.
— 7026 D assaut. — 7028 E droit a p. c. — 7029 A si rest comanciez li t.;
D recomence les t. — 7030 A et li josters. — 7031 EF de grant m. —
7032 HI en la c. fièrent a. — 7033 et 7034 omis dans HI. G et 1. 1. cil. —
7034 E la fors as ch. ou t., GF as cans la fors ou t. (G ou il tomoient). —
7035 sa7is alinéa dans D. — 7036 HI joustoit, D joustent, GF i joste;
y as T. — 7037 D en i f. enverser. — 7038 Dy onc (HIE qui, G aine,
F ains) puis ne porent r. — 7039 GD omettent et. — 7040 D estoit d.,
EFHI est (EF ert) redoutée. — 7041 G ni g., A ne giete; HI ne getoit
pas ses cous; D point. — 7042 G qui el consiuoit a s. m.
262 ïARCO
ne languisseit pas longuement,
mire ne li valut neient,
7045 la morz siueit son colp toz tens; •hfuÂesu/i,^^
n'i aveit neient de deffens
por buen halberc, por fort escu:
ele i fereit de grant vertu.
Bien i fereient les puceles,
7050 as Troïëns font vuidier seles,
verser i vont maint chevalier,
dont li cheval vont estraier. jÉAi/\Avii: .-ùa^tim^
Par le chanp gisent li escu, nvxXJuL-
li goufanon a or batu,
7055 lances, espiez, halberc tresli,
covertures, helme forbi.
Quel part que les puceles vont,
li Troïën veie lor font,
nés pueent longuement sofrir,
70C0 si comencierent a fuir.
Tarcons, uns Troïëns, les veit,
celé part vint acorant dreit.
Il lor comença a hucbier:
,0 fuiez vos, malvais guerrier?
7005 Revenez ariere en la place.
Donc ne savez vos ki vos chaceV
Ce sont femmes; or ait vergoigne i^ff^M,
ki por eles fuit de besoigne. i^t^i^ou^^ji,
7043 GF ue pooit nuire 1. — 7044 G ni valoit puis in. n., EF m. ni
V. plus n. — 7045 HI ses cous. — 7046 y ni eust ia point. — 7047 I ne
pour escu, HD p. bon e. — 7048—7054 omis dans DF. GE li gonfanou,
HI por confanon; GEHI a or batu. — 7049 GHI b. i refierent, E b. re-
feroient; I ces p., Il ses p. — 7052 HI sont; G dont vit remainent li de-
strier. — 7053— 7(t57 omis dans HI. — 7054 F ne par bon elme a or b. —
7055 D 1. espees h. fourbis; G 1. escu. — 7056 A de vert sauii, D h.
brunis. — 7059 F ne p.; y porent; HI pas longues, GEF por nient; D nés
poroient mais plus s. — 7061 sans alinéa dans A. I Akeus, H Aireus,
D Parsun, EF Toran, G Marcon. — 7068 HIEF v. poignant tôt d., D
l)oint tantost tôt d.; A vet. — 7063 D comence. — 7064 HI franc che-
valier. — 7065 D Tomes arrière; E a la p. — 7066 G d. vees vos. —
7067 I est v. — 7068 HI q. pour eus fuira d. b., G q. p. nos fuit de
la b. y ajoute deux vers. V. les notes.
l'insulte 263
N'alez avant, estez ariere,
7070 nés dotez pas, ehascuns i fiere."
Vers Camille se retorna,
molt fièrement l'jiraisona.
„Dame'', fait il, „ki estes vos,
ki ci vos enbatez sor nos?
7075 Noz chevaliers vos vei abatre.
Femme ne se doit pas combatre,
se par nuit non tôt en gisant;
la puet faire home recréant;
ne ja prozdom o les eseaz
7080 par femme ne sera veincuz.
Laissiez ester desmesurance,
metez jus l'escu et la lance
et le halberc, ki trop vos blece,
et ne mostrez vostre proece.
7085 Ce nen est pas vostre mestier,
mais filer, cosdrë et taillier.
En bêle chanbre soz cortine
fait buen combatre o tel meschine.
Venistes ça por vos mostrer? 'Tn^yjhjo^rij
7090 Ge ne vos voil pas achater; ac/^y^t^^
por tant blanche vos vei et bloie;
quatre deniers ai ci de Troie,
ki sont molt buen de fin or tuit;
cels vos donrai por mon déduit j^irU,
7069 GF raies a.; 6F nestes a., Ill tornez a., E restes a. — 7070
DGEF ne; D point. — 7071 HGEF sen. — 7076 D mie c' — 7077 HID
et en g., G u en g. — 7078 E doit; F orne f. r. — 7079 HIEFD mes ja;
HI preudom viex ne chanuz, D nul p. o lescu; GEF par lor e. — 7080 I
ne doit par f. estre v.; G de f. — 7082 DGEF lescu metes jus. — 7083
y cel h. — 7084 GEHI ne nous m., F vos mosteres, D ne m. point; EF
tele p. — 7085 E ici nest pas v. m., GF ce nest p. de v. m., HI c. nest
pas de (I pour) femme m., D ce nest mie v. m. — 7086 GEFD mais bien f.;
I coudre filer; D c. ou t. — 7088 A esbatre. — 7089 I venistes v. ici m.,
II V. vos vos ci m., GEF v. vos a nos m. — 7090 HI ne vos vo-
lons; D mie a. — 7091 D pour quant; y mais por ce questes b. b. —
7092 I aurez; A ai de mouoie. — 7093 I q. molt sont bon et de fin
cuit, II qui m. s. b. de fin or cuit; EF dor fin trestuit. — 7094 H
que V. d.
264 ELLE LE
7095 une pièce mener o vos;
ge n'en serai ja trop jalos,
baillerai vos as escuiers.
Bien vos voil vendre mes deniers;
se tant i pert, pas ne m'en plaing;
7100 vos en avreiz doble guaaing:
l'uns iert que de m'enor avreiz,
l'altre que vostre buen fereiz;
mais ne vos sofira neient,
ge cuit, s'il en i aveit cent;
7105 vos porriëz estre lassée,
pas n'en seriez saolee." rteuuxuUju^
Camille ot bonté et molt grant ire
de ce qu'ele lui oï dire,
le buen cheval broche et point,
7110 vers Tarcon vait, a lui se joint.
Ele le fiert par grant vertu
desoz la boele de l'escu,
d'or en altre li a brisié
l'alberc tresli et desmaillié;
7115 mort le trébuche del destrier,
puis li a dit en reprovier:
,Ne vinc pas ça por mei mostrer
ne por putage démener, Vv^viA^-v
mais por faire chevalerie.
7095 HI II. p. gierre, EF une fois i serai. — 7096 y et nen s. (EF et ja
uen ère); D s. point t. j. — 7097 GHI liverrai v., EF dont vous merrai. —
7098 HI Bien vos vendre toz mes d. — 7099 I et se ge pert pas. — 7100
HI vos i ferez, GEF et vos aures. — 7101 HI que mes deniers a. — 7103
G sofrira, IDEF sofiroit. — 7104 I non pas sil, A ce que sil; D se il estoient
cent. — 7105 H bien p., D v. ne p., GF v. em p., E v. nen p. — 7106 I mes
ja nen s. s., H mais n. serez ja s., D ne s. mie s., E ja mais nen s. assadee,
GF mais n. s. pas soolee (F rasasee). — 7107 I honte et grant ire;
GD C. ot grant dol et fort i., F C. ot doel et m. g. i., E C. ot molt grant
duel et i. — 7108 A que el. — 7109 HI enbronche soi le cheval point;
G broca. — 7110 I v. Areus v. a. 1. j.; H Aireus, EF Taron; A let a L
si j., GEIID et a lui j. — 7111 I de tel v., D de g. v. — 7112 DGEF
desor. — 7113 I dun bout a lautre, GFD dorle en autre, E que deur
en lautre. — 7114 HID et 1. t. d.; GF 1. rompu; F a d. — 7117 D
vieng point.
TUE 265
7120 De voz deniers ne voil ge mie,
trop avez fait foie bargaigne; ^T-ta^êXt.
ge ne vif pas de tel guaaigne; acU^rJ
mielz sai abatre un chevalier
que acoler ne doneier; "iûù^u. À,' û^>rf\»uj\>
7125 ne me sai pas combatre en verse. "AA/rw^-^v-o^,^
A tant poignent a la traverse i-'^rv A^A<ii.Ci
dui chevalier, si l'ont férue; û^iUT
¥
par lor deus lances ne remue
ne ne parti pas de la sele.
7130 Tarpee, une soe pucele,
point celé part a la rescosse,
l'un en feri, sa lance estrosse, 6^^-L,
l'espee trait al trestorner, ^4>UA/ru^V
se li a fait le chief voler.
7135 Camille ra l'altre féru,
molt chierement li a vendu
le colp que il li ont doné:
anbedui l'ont chier comparé.
Uns Troïëns, Arrons ot nom,
7140 cil ne faiseit s'aguaitier non, ouu^Xtu^^
eome Camille le faiseit,
com el jostot, com el fereit,
com ele alot par le tornei.
Ne se fiot pas tant en sei
7145 que il osast o li joster,
ne seul de devant li aler,
mais derrière la parsiueit
7120 HI nai mile envie, GEF ne mis ge m.; D omet de, vostre
denier. — 7127 A qui 1. f. — 7128 HID p. 1. 1. ne se remue; F nest ceue. —
7129 m ne ne guerpi estrier ne s., D ne ne se p. d. 1. s. — 7130 H
Carpane, A Tarpege, D Taparge. — 7132 I 1. trousse; D lun feri sa sa
I. e.; A estorse. — 7133 HI retorner, GEF trespasser. — 7135 A C. an ra.
— 7136 A randu. — 7137 A a d., I ot d. — 7138 G achate. — 7139 sam
alinéa dans A. HI Tacus, E Aiaus, F Arax, AD Arranz. — 7140 DFG se
gaitier n. — 7141 GHI cornent; I feroit. — 7142 I et cornent forment
jousteroit, H et cornent roidement jostoit, D c. elle jostoit tornoioit, GEF
c. el feroit c. el jostoit. — 7143 HI quant e., F et e. — 7145 HIEF a li.
— 7146 D ni seul pas d. ; E par devant; HI ester. — 7147—7153 omis
dans HI. D m. de d. la siuoit; G m. par derrier.
206 ARRUNS LA
a chascun tor qu'ele faiseit;
il li estait toz tens enaise, /yui^t* _^^ ùlcaa^ tr*.
7150 saveir s'il veïst leu ne aise, ectA-UMrO
qu'il la ferist en dessotant, juuj\jfiJ\jur)jCi^nJb
0 bien de près o en lançant. -yuh^^rU:. cLt^ -jiCLs/dLa
Quel part que la pueele vait,
Arrons est toz tens en aguait
7155 et est guarniz de li ferir,
se il en puet en leu venir, Gc>cxuu£jt\)
Ele nel set, n'ele nel veit,
ne nule guarde nen aveit
que la deust guaitier derrière
71(30 ne parsiure de tel manière.
Chloreus esteit en cel tornei,
ce ert uns prestres de lor lei,
Troïëns ert de grant valor;
il n'i aveit un seul des lor
7165 ki si richement fust armez,
car il esteit trestoz dorez;
a or ert tote s'armeiire
et conoissanee et coverture,
et aveit un helme tant cler
7170 que nus nel poeit esguarder:
contre soleil reflanbeot.
Sus el porael une pierre ot
7148 D a c. pas. — 7150 EF se ja verroit ne l, G sil en aroit ne 1. —
7151 D en son talant, GE en se pendant, F en sorprendant. — 7152 D
ou de b. p. ou en alant; GEF ou a maint tas. Dans G le premier
hémistiche est indistinct. — 7153 A Que, GF Cel. — 7154 III Tacus tôt
tens (I toz jours) est, GEFD toz tens A. (E Aiaus) est. — 7155 A et toz g.
— 7156 E sil; F i p. son lieu veir. — 7157 EFIIID s. ne nele v. , G sot ne
nel veoit. — 7158 IIIEF prenoit; I ne p., G ni a. — 7159 GFI quil; D
quon le d. g. d.; y de rien (F derier) gaitier. — 7160 IIIEF ne p. ne en-
ginier, G ne p. ne espier. — 7161 sans alinéa dans GD. HI Laures, A
Poreus, D Loces, EF Chores, G Quores. — 7162 I u. p. estoit, H ques-
toit uns p., E ce est un p.; G que cert li p. de la. — 7166 D vielz
ert quil e. t. d., y vis ert que t. fust d. — 7167 D trestoute s. —
7169 GD si c. — 7170 D que len; I coni nus liouis vis puet e., GEFII
con nel pooit nis e. — 7171 y si reluisoit (I tant), y ajoute deux vers.
V. les notes. — 7172 D s. el cbief une p. a voit, y icelo estoit de tel manière.
TUE 267
ki esteit bien de set colors;
en fin or sist, taillié a flors;
7175 toz li cercles et li nasals
ert a pierres et a esmals.
Camille a l'elme apercett
al Troïën, ki riches fa,
poi-pensa sei que, s'el ne l'a,
7180 malvaisement se preisera. ^Ucyû/\^fi,t«-^.^L
Le cheval broche, sel reqmevt/ciZZù^ujMfij '^
desor l'escu doré le fiert,
l'alberç, li desmaille et deront,
mort le trébucha en un mont.
7185 Ele a sa resne retenue,
del buen cheval est descendue,
vait la 0 cil gist en la place,
l'elme saisist et sel deslace.
De grant neient s'est entremise,
7190 mais ainsi vait de coveitise:
mainte chose coveite l'on
dont l'en n'avra ja se mal non.
El s'en peust bien consirrer: ^Cc cru./\j-c^ j ^' a^ù^J^c^rûj^
ne l'en leira mais retorner,
7195 ses mais et sa morz i giseit
la 0 desor le mort esteit.
Arrons estut de l'altre part,
ki l'aguaitot, se tint un dart,
lancié li a par grant vertu;
7200 par som la guige de l'escu, O/rvû^ o^ jL^jC&u,
7173 D qui estoit de, y que bien estoit; D maintes c. — 7174 HI
îisise a or; GEF en f. o. or fu t. trestos (E fu entaille toz). — 7176 HI
estoit de pierres naturaus; A faiz, EF fu; G a fin or fu. — 7177 Alinéa
dans DGEF. EF ot. — 7179 HI porpense; GFDHI p. s. sele ne la. —
7180 I pourverra, EH provera. — 7181 F si le fiert. — 7182 HI desus; D sor
lescu dor tel cop 1. f , F d. 1. un cop le fiert; E 1. a or. — 7184 D si le t.;
DE trébuche. — 7186 HI de son ch. — 7187 D la vait. — 7188 I et le h.
li d., H le h. molt tost li d., D le h. s. et d.; GEF si li d. — 7189 y de folie;
G sa. — 7193 HE consieurer, I consierrer; A poist. — 7194 HI ne sen saura,
D ne li 1.; AD laira; GEFD ja r. — 7195 D mais maulz, HI son mal. — 7196
HI desus; HIEG le cors.— 7197 I Artus, H Arcus, E Aiaus, ADArranz;
GEDHI estoit. — 7198 HIEF si t., GD et t., E si traist. - 7200 III par sus.
268 DOULEUR GÉNÉRALE
dejoste la senestre aissele,
la fiert el cuer soz la mamele,
El chiet morte, molt lié s'en firent
li Troïën, ki cel colp virent:
7205 Arrons fu liez de ce qu'ot fait
et peor ot, fuiant s'en vait.
Une pucele l'a veti,
el point a lui, si l'a féru
que mort l'abat, puis li a dit:
7210 „Ceste joie a duré petit;
de ma dame ai pris la venjance,
vos n'en ferez ja mais vantanee."
Camille jut a terre morte,
sa maisniee s'en desconforte, Ajl^ ^A f ^^^ ^^
7215 guerpi ont le torneiement,
celé part vont isnelement.
Grant duel demeinent ses pucelcs.
Ses mains ki tant esteient bêles
en poi d'ore furent nereies
7220 et ses faces totes persies, àU/^.>t^ru<Â^ i>4xutL^
sa tendre chars tote muée.
En la cité l'en ont portée.
Grant duel demeinent cil dedenz,
remés est li torneiemenz. Caô^x.
7225 Turnus esteit en son aguait,
uns mesagiers noncier li vait
que morte esteit la dameisele.
7202 E sor. — 7203 Le second hémistiche dans y est: granz fu li
cols, puis y ajoute Pj^ vers (V. les notes), dont le dernier a pour second
hémistiche celui du vers 7203. Mais HI omettent les vers 7203 et 7204 (na-
turellement au premier hémistiche de 7203 près). EF se f. — 7204 GEF si
anemi ; F quant c. c. — Apres ce vers y ajoute 2 vers. V. les notes. — 7205
HI Arcus, EF Aiaus; GF qua f. — 7206 HI mes p. ot, D et ot p. — 7208
D et p.; HID après, GEF avant. — 7209 HI omettent que, mort labati; F
se li dist. — 7210 GEF ta d. — 7211 yD omettent la; GFH prise. —
7212 E ne f.; H hui mes. — 7213 sans alinéa dans A. y gist. — 7214 G
si d. — 7217 GE en mainent; E les p. — 7219 III f. e. p. d. n. — 7220
II et ses faces andeus p., lE et sa face toute p. ; A colors ; GF furent p.
— 7223 HI en m. — 7225 GEF ajoutent deux vers, puis GHI deux autres.
V. les notes. D T. oi. — 7226 A mesages.
A LA NOUVELLE DE SA MORT 269
Quant il en oï la novele,
/
de duel cuida vis esragier; dLL^\jt^ru^ i-fr^^A^
7230 il ne se volt plus atargier,
de l'aguait ist de la sapeie,
et Eneas par altre veie
de la forest esteit issuz,
defors al plain esteit venuz.
7235 II se sont bien entrechoisi, j^ 4;^9rJb -Vi^-c^ ^'xt^yv X'clu»
près chevalchent li anemi,
mais ne se vuelent aprochier
por joster ne por torneier,
car asez bas vesprë esteit.
7240 Turnus vait a Laurente dreit
et trova morte la meschine.
Plore li reis et la reïne,
borgeis et dames et serjant,
duel font li petit et li grant;
7245 tuit regretent la dameisele,
ki tant ert proz et tant ert bêle
et diënt tuit que mare fu;
forment lor est mesavenu,
molt ont perdue grant aïe,
7250 afebleiee est lor partie.
Sovent se repasmot Turnus,
7228 y q. i. oi celé n. — 7229 A enragier. — 7230 I iluec ne vot,
F ne se volt pas, G il nés vialt p. a. — 7231 I de sa saucoie. — 7233
E ert ja issus. — 7234 A d. e. a. p. v.; D a p. ; GF en ert v. — 7236
G puis san revont si a. — 7237 D voudrent; y encontrer. — 7238 y p.
tornier ne por joster. — 7239 HI e. si bas li v. e., EF c. issi bas v. e.,
G c. V. issi bas e. — 7240 III que nus son preu ni conoisoit, E li uns
près lautre ne veoit; F que luns lautre, G li uns laltre; GF pro ne
veoit. y ajoute avers. V. les notes. — 7241 HI omettent et; I il t. m.,
H t. il m. — 7242 D plorent, GEF ploroit. y ajoute deuac vers. Y. les
notes. — 7243 G li b. d., HI b. escueir. — 7244 HI menoient tuit dolor
molt grant, E molt grant d. f. p. et g., F g. d. f. tôt p. et g., G tôt plo-
roient p. et g. — 7245 E et trestout por 1. d.; F molt r. — 7246 HI qui t.
e. courtoise et b., E qui t. par estoit preus et bêle, G q. t. estoit et pros
et b. — 7247 GEI que mar i fu, F quele mar fu. — 7248 EH molt lor
en est; EF mal a. — 7249 E molt orent en lui; HIE bone a. — 7250 HIE
afeblie est lor compaignie, GF afeblie est molt 1. p. — 7251 HI repaume;
D Molt s. se'pamoit t.
270 ÉNÉE FAIT
dit qu'il n'a soing de vivre plus;
quant la pueele est por lui morte,
de nule rien ne se conforte
7255 que il oie ne que l'en die:
al nonehaleir a mis sa vie. r>i^jaAcAA^
Eneas fu defors Laurente, ^
et dist que il metra s'entente <A 'ûy^o/tût^^LA^u ?
a ce que la citez seit prise: ^'
7260 n'en tornera en nule guise,
des i que sa guerre ait finee.
Li chevalier de la contrée,
li païsant, li vavasor
et li baron tuit li plusor
7265 venu li sont de bot aidier, t^&u-A eU. mlIM.
car molt eremeient le dangier
que Turnus lor voldreit mener,
s'il en poeit desus aler.
Toz li pais o lui s'alie,
7270 prametent li molt grant aïe.
Il comença a avesprer
et li solelz a resconser; 444- CclcJ^c^
de la cité ont enveié
a Eneas, si ont preié
7275 qu'il lor doigne triues set dis,
si enterreront les ocis
7252 DGEFI dist; A que; I perdre. — 7253 GF sa p.; A ert. —
7254 I de riens nule; A sen c. — 7255 D quil o. que len li die; F que il
d., GHI quon li die. — 725(5 IIIDEF en, G a. — 7257 DE ert. — 7258 HI
bien dit toute m. s.; DGF quil i m. — 7259 et 7260 intervertis dmis y.
HI devant quaura la c. p., GEF que li e. ne soit ains p. — 7260 GE
dist ne laira. — 7261 y ou la guerre sera f. (HI iert du tout f., EF ert
affinée). — 7263 GEF li bacelier. — 7264 HI des barons. — 7265 GEHI
li sont V.; I du tout a. — 7266 F dotoient, G haoient; D lor damage. —
7267 F voelle, GE voloit. — 7268 HI s. pooit an; D se il le povoit sor-
monter, G sil al desor p. a.; I d. monter, HEF deseure a. — 7269 D li
pais tout; y a lui s. — 7270 G et li p. g. a., D si li p. g. a., F tôt li
p. g. a., E molt li p. g. a.; I si g. a. — 7271—7281 omis dans III. Alinéa
dans G. — 7272 GEF esconser. — 7274 D lont p. — 7275 A que 1.
dongent; GFD li d.; GEFD t. .viu. dis. — 7276 G tant quaient lor
mors enfois.
CONSTRUIRE UNE TENTE 271
et les chevals refreschiront,
els meïsmes ki pené sont,
et il refacent altretel.
7280 ôtreia lor, il n'i ot el.
Devant Laurente ot un moncel, ùcrCLÙruL,
jadis fu sièges d'un ehastel,
entor esteit buens li fossez;
se un petit fust reparez, AjLfiOLnj^
i^n^ /U-*^ 7285 alkes i ot de forterece.
Dedenz dure bien la planeee jQÀcuùru^
granz quatre traiz d'une arbaleste. ûL^U^aXLiU,
Danz Eneas iluec s'areste,
alkes i aveit de deffens.
7290 II apela ses Troïëns;
iluec rova fichier sa tente ^j^um^ z (Uc>r<jLfJ
que l'en la veie de Laurente.
A la lune ont la nuit ovré,
portendu ont tôt le fossé C^ixrv-tJ^
7295 d'une tente qu'ot Eneas,
de diverses eolors de dras,
j\£juL^ faite par listes, par merels, 'yrxOJi.eJÂé..^
0 bretesches et o crenels;
toz ert quarrez ainsi entière,
7300 corne quarrel sont en maisiere. yrujLrJ
De loing senblot, ce fust chastels,
a grant merveille par ert bels:
n'ert mie fait por forterece,
7277 GEF et lor c; G qui refresciront. — 7278 A il; D et enz que
moult penez estoient. — 7280 D o. le lor ni o. e.; E i ni a el. — 7281
EF d. L. en .i. m. — 7282 HI devant i ot eu (I veu) cli., AD sege a
un ch. — 7283 E estoient boin li fosse. — 7284 I mais un poi soient r.,
H mes quun p. soit r.; EF regiete. — 7285 HI un poi i ot; GEF eust.
— 7286 HI desus; HIEF duroit, D auront; G estoit grans. — 7287 HI
plus dun grant tret; DEF dun. — 7289 HI un pou i a. — 7290 F apele
les. — 7291 HI la comanda. — 7292 HI si quen. — 7293 E tome. —
7297 HI fait fu p. 1. p. m., E fu faite p. 1. p. m., GF faite par liste et a
m., AD fait p. 1. et p. m. — 7298 D o chastiaus; GEF a b. et a c. —
7299 D t. ert ainsi ouvre e., y partires fait en tel manière. — 7300 A c.
lan fet une mestriere; I a m. — 7301 D s. estre c; HI que f. — 7302 A
et a m.; I merveilles estoit b. — 7303 A n. noiant.
272 DESCRIPTION
mais por belté et por richece.
7305 Tôt environ fu portenduz
0 pels, 0 cordes et o fuz,
Lor chastel ont molt tost dreeié;
quant defors l'ont apareillié,
dedenz ont lor tentes asises,
7310 mil et cinc cenz de maintes guises.
Eneas fist tendre el mileu
son tref que il conquist d'un Greu:
bien près de Troie l'enoeist, jkjM.
le tref et les armes en prist.
7315 Li très esteit de cent colors,
tailliez a bestes et a flors
et a girons et a merels
et a listes et a tavels.
Desor toz les altres pareit,
7320 donjons senblot, car granz esteit;
une aigle d'or ot en son mis
que l'en veeit par le pais.
Tote la nuit ont tant ovré
que il orent tôt apresté
7325 et lor tentes asis par rues
et lor cordes totes tendues
et lor chastel bien afermé oÀUjytrùu
tôt environ sor le fossé.
Asez fu tost faiz li chastels;
7330 ne fu pas forz, mais il fu bels.
Quant vint a l'endemain al jor,
7304 D leesce. — 7305 y a p. a c. et a f. — 7307 HI Le ch. —
7309 EF 1. 1. o. d. a.; A les t. — 7311 GEFD en m. — 7313 et 7314 omis
dans D. HI quant locist. — 7315 E mil c. — 7316 A o bisches et o f., F
par bendes et par f. , E par b. et par f. — 7317 et 7318 omis dans HI.
D taviaus; A o g. et o m. — 7318 D et a bendes et a meriaus; A o
1. et o c.; E crestiaus. — 7319 HI Desuz. — 7320 F car molt e., GED
que g. e. — 7321 F u. a. i ot; I ot sus assis. — 7322 1 quen v. p. tout
1. p. — 7323 H En celé n. — 7324 I que il ont trestout a.; GD lorent,
— 7327 A et lo ch. b. ordene. — 7328 I sus. — 7329 et 7330. omis
dans GEF. HI A. tost fust pris cist ch.; D mis. — 7330 HI car niert;
A mes molt. — 7331 Alinéa dans GDIII. E au demain, F ens el
demain.
DE LA TENTE 273
cil de Laurente de la tor
et cil ki sor le mur esteient ^
as batailles, le chastel veient, 'mOMJx^h'Ui^u.^^ ^ CAjUirJiM^
7335 les tentes et les paveillons:
U, -yuj-^^r.^-^iUi^ ^Ql grant cuident ce seit donjons.
Tuit ont oï par la cité
que Troïën molt ont ovré,
ki la nuit ont un chastel fait.
7340 Chascuns ki l'ot eorant i vait,
d'en son le mur le vont veeir
et afichent trestuit por veir o4^C'Cr>ynr%£>n^
qu'il est de pierre et de mortier
et que cil sont molt buen ovrier,
7345 ki tant ont fait et tant ovré
en une corte nuit d'esté,
que altres homes quatre tanz
n'en fereient tant en treis anz.
Molt fait vers els mal guerreier, a4^iMiA,âuLrJ
7350 a conquerre ne sont legier, -JIclAJLl. '
car molt sont duit de mal sofrir; A^rtAjhuùJ^J
ne font pas senblant de fuir.
Peor ont grant en la cité,
forment en sont tuit effreé,
7355 le rei blasment, ne pueent mais,
que as Troïëns ne fait pais.
Turnus fist par matin banir
que les morz aillent sepelir. fl^n^a^i^^i-t^
7333 HI sus les murs. — 7334 I a creniaus le biau eh. v.; H et as
quarniax, EF a b. — 7335 EF et ces t. ces p.; G et ces t., A et les t.;
AG des p. — 7336 D pluisor c, GEF li gent cuident (G cuide); HIDEF
que s. — 7337 EF ont veu. — 7338 HI ont tant o., G sont molt dote. —
7339 E et dient tout castel ont fait; A que 1. n.; G tel c. f. — 7340 y
veoir le v. — 7341 HI desus les murs, GDEF desor 1. m. — 7342 A ce
a. — 7343 q. e. de chauz. — 7344 A il s. — 7345 HI et manovre. —
7347 I car; GHI daltres; EF que autre home .xl. tans. — 7348 HI ne
le f. en t. a.; HD ne f. mie; GF plus. — 7351 GD nul s. — 7353 D
grant paour o. — 7354 HI molt en sont forment e.; A f. par s., D f .
y s. — 7355 D lor r.; A nen p. — 7356 HI quas T. ne faisoit (I facent)
p., D de ce quas T. n. f. p., EF que au Troien faice le pais; G quil. --
7357 Alinéa dans D. — 7358 HIE enfouir, GADF sepelir.
Bibliotheca Normannica IV. J §
274 DÉSESPOIR
Il ont apareillié les rez,
7360 ars ont les morz et enterrez.
Li Troïën tôt ensement
reconreerent la lor gent; AJ-^cujuùj>jUrJb.
a la costume del pais
les lor ont ars, en terre mis.
7865 Turnus esteit en la cité,
molt se teneit a malmené
de Camile, ki morte esteit,
griement de li se complaigneit.
„A las", fait il, „quel destinée!
7370 Molt m'est fortune trestornee!
One ne me pot nul bien venir
de eeste guerre maintenir:
gel detisse seuls comparer, ^j^n^u^
sor mei deiist il retorner,
7375 neient sor vos, gentiz pucele;
tant estiez corteise et bêle,
tant amiëz chevalerie,
vos en avez changié la vie.
Ne fu femme de nul parage
3780 ki enpreïst tel vasalage, Çd-^r^hj-^i^/u^n-^U^
ne ki de ce s'entremeïst. -A'-fl-rvAAAxV cun^r^
Grant mal m'a fait ki vos ocist;
perdu en ai, por vostre mort,
a toz tens mais joie et déport. -fî&îjL
7359 HIDEF et il i vont; HI tant ont erre, D fait sont li rez, EF
tant ont ouvre; G et il tant ont ensamble olvre. — 7360 HIEF quars sont
li mort et enterre, GD que il furent tôt enterre (D enterrez). — 7361 et
7362 omis dans D. — 7362 E tout 1. g., F lor lor g. — 7364 HID 1. ont ars
et e. t. mis. — 7366 HI qui molt se tient; FD por m. m. — 7368 III molt
durement se c. — 7370 G com ma f. malmenée; EF délivrée. — 7371 et
7372 omis dans A. G il ne me pot aine bien v.; EF aine ne me puet. — 7372
F g. a ni. D ajoute deux vers. V. les notes. — 7373 E je d.; D je le d.; ,
A nel deussiez pas andurer. — 7374 HI sus m. d le mal torner; GF d. tôt
r. — 7375 HID non pas sus (D sor) v. — 7376 I qui t.; HI e. plaisant; GEF
t. par estes. — 7377 DEF et t. — 7378 HI que en avez perdu la vie; D
omet en, vos avie ; GEF or i a.; G a. perdue vie. — 7379 I n. f. onc f. de tel
p.; A de tel corage. — 7380 G emcargast. — 7382 A molt ma mal f.; F a f.,
D me fist. — 7384 I toute joie et tout confort; D omet mais; EFH et confort.
DE TURNUS 275
7385 Vos venistes por mon servise,
^^j*^ ^^■"ïfc' ' si vos i estes del tôt mise; iixuL a. 'icû^
^^^*-^ "'^ maies soldées en avez. /ujUiu\jAM^ ^
Molt est Pallas chier comparez,
un chevalier que lor oeis;
7390 molt le m'ont or bien en leu mis, ip>vé. iOeu^ , crriÀL
le contrepan m'en ont rendu, c^yrJ^t-r^utMtfir^ J\£rrxjlu.
par vos m'ont il tôt confondu, pt/xcLuLi cULhuxJuL
perdue en ai tote ma vie.
Afebleiee est ma partie,
7395 ki maintenue esteit par vos;
ne sai par cui seie rescos.
Vos estiez a mon besoing a. ^rx^rj û^ f cm^^A^
preste toz tens, fust près o loing:
Mar fu onkes vostre valors! y/ouU^tcifn^ji,
7400 D'altres femmes estiez flors;
onkes nature, ce me senble,
en un cors n'ajosta ensenble Çajua^^tu^^
si grant proece o grant belté.
Ki en voldreit dire verte,
7405 il senblereit que ce fust fable; yru^n-t-cmAa^
molt par esteient dessenblable
vostre valors de vostre aage,
vostre vis de vostre corage;
vos estiez une donzele,
7385 G en m. s., D a m. s. — 7386 Hl molt vos en estes entremise,
GEF si vos estes molt entremise (F si en estes, E sen esties). — 7388 D
M. en est P. c. — 7389 G que jo o. — 7390 HI malement le mont, GEF
or le me ront bien, D car or le mont bien. — 7391 HI mal c; GD con-
trepois. — 7392 HI la vostre mort ma c. — 7393 HI or ai perdu toute maie,
EF perdu en ai molt de maie ; D ore m. v. — 7394 HI Aflebi e. m. com-
paignie, GEF Ma compaigne est tote (EF molt) afeblie ; D Afloibie en est. —
7395 E m. fu, F m. fust. — 7396 A serai, E soies; G n. s. cornent soient r. —
7397 et 7398 intervertis dans HI; I touz jor e., GEF de tôt e. — 7398 HI ou
fust de près ou fust de 1., D p. ou fust ou près ou 1., GEF p. mesties et p.
et 1. — 7400 DGEFI la flors. — 7402 A .u. meillors ne josta e. — 7403 GDHI
tel b.; H e t. b., G a t. b. — 7404 GEF qui (E quen) voudroit dire vérité. —
7405 E sambloit. — 7406 A tant p. estiez, y car molt par erent ; G delitable,
EF devisaule, A desfansable. — 7407 yD et v. a. — 7408 y vostre sens (GEF
et V. s.), A V. avis ; yD et vostre (GEF vos) c. GEF ajoutent deux vers. V. les
notes. — 7409 et 7410 intervertis dans HI. y Ou estes vous ma damisele.
18*
2V6 MISÉ EN BIÈRE DU
7410 corteise et avenanz et bêle,
si estiez hardie et forte.
Ja li cuiverz ki vos a morte
ne vos osast seul esguarder,
s'il vos veïst vers lui torner;
7415 il vos feri en dessotant, .^ti-'j^tt/iA/yi^sLné
il ne vos vint pas el devant.
Ha las, dolenz, tant mar i mui!
0 ère ge, quant ge n'i fui?
Ne fussiez pas ainsi ocise,
7420 graindre guarde fust de vos prise;
ne morissiez senz mei neient,
ge vos guardasse feelment
corne la meie chiere amie.
Ge ne sai mais que ge vos die,
7425 mais dolenz sui de vostre mort,
ja mais ne cuit aveir confort. "
Turnus se dementot forment
et molt se repasmot sovent
et regretot la dameisele.
7430 Atant la gent Camile apele,
il fist les puceles venir,
lor dame lor fist desvestir.
Ele esteit tote ensanglentee,
d'eue rosade l'ont lavée,
7435 sa bêle crinë ont trenchiee,
et puis l'ont aromatisiee.
7410 y ou estes vos gentil pucele (Hl Hai, hai g. p.), Dca merveilles
b. — 7411 et li\2 omis dans A. y qui si e.; III etpreus etf. — 7412 D couart.
— 741.3 GEHI nis e., F mais e. — 7414 A aler. — 7415 et 7416 omis dans y.
D f. soudeement. — 7416 D ne v. v. mie par d. — 7417 HI Ha quel agait,
GEF H. 1. fait il; GEF corn m.; A fui. — 7419 D mie ainsi. — 7420 ADHIE
greignor. — 7422 HI avec vos fusse feelment; D ni m. — 742.3 GE soie. —
7424 y g. n. s. las ; HI que de vos die. — 7426 GEF quier. — 7427 HI dé-
mente. — 7428 HI et après se pasme s. (H et si se p. molt s.) ; E dementoit.
— 7429 HI puis regarda vers la pucele (I regarde); GEF et regardoit; E
forment la bêle. — 7430 omis dans G; HI Adont. — 7431 y ses p. — 7432
I la d.; A descovrir. — 7433 GHI molt e. — 7434 y deve chaude 1. bien 1.;
D dune yave rose. — 7435 A lont t. ; y ont (GEF ot) bien trecie. — 7436
DGEF omettent et; D après 1., E p. 1. bien, GF p. si lont.
CORPS DE CAMILLE 277
Et basme et mirre i ot plenté,
le cors en ont bien eonreé.
D'un drap de seie d'Almarie
7440 fu la mesehine ensevelie,
et puis l'ont mise en une bière
ki molt fu riche et molt fu chiere.
Les ban-es et li dui limon
furent de la dent d'un peisson,
7445 a or furent tuit entaillié û^ric^rjuji)^
et 0 pierres apareillié. cnynjL.
De cordes de seie fu toz
11 laceïz ki fu desoz;
li liz fu de coton enpliz
7450 et desus fu mis uns tapiz.
Coste de paile ot en la bière
ki covri tote la litière;
li pailes dont la coste fu
esteit ovrez a or menu, 2u oU. AiJ-i/<i. M^^^U^^rircUjLûJi^
7455 eatablati molt chiers esteit, c.A^^tU>(.£ijtti.£>rù
nus mieldre pailes nen esteit;
la coste esteit et longue et lee,
de café enbafe esteit brosdee.
Coissin de paille tribola thjJAcJ-^-err^
7460 ot a son chief, quel sozleva,
et dedesus un oreillier;
7437 HIEF b. et m. ont (EF ot) a p. — 7438 G molt ont le cors; HI en-
basme. — 7439 HI en d. (I dras); G dalmatie. — 7440 y pucele; G sevelie. —
7442 HI qui m. iert précieuse et ch , G qui m. i fu et r. et eh. — 7443
DGFF timon. — 7444 y des os (E de los) dun grant p. — 7445 D dor f.
t. entret. — 7446 HID a p., E as p. — 7447 D des cordes liées f. t., EF de
cors de s. f. trestous. — 7449 y eslis. — 7450 D et de soie ot mis ; G el
t., HI uns samiz. — 7451 et 7452 intervertis dans A. HIAD coite, GEF
keute. — 7452 I emplie de plume bone et chiere, D qui recouvri t. 1.
bière; EFH covroit. — 7453 E Cil; HIAD coite, GEF keute. - 7454 D
ert touz ouvrez. — 7455—7459 omis dans HI. D car aplate, G car haplati,
EF cataplati. — 7456 D uest adroit. — 7457 HIAD coite, GEF keute; D
1. c. fu 1. et 1., GEF 1. c. fu et 1. et 1. — 745S C doer en autre, D de cata-
lat'e, GEF a (G od) un cassandre; AB brostee, D bordée, G orlee. —
7459 D tribulat, G tribolat. — 7460 I ot au c. qui le s.; H qui s., A qui
li leva, D q. soslevast, G q. soslevat. — 7461 HI et par desus; E et par
dedens ot o., F et dedens ot un o.
278
ON l'envoie
la taie en fu d'un drap molt ehier
et fu cosuz toz de fresels. <^iaj^/r2likx.^ia.^
La plume en esteit d'uns oisels
7465
7470
7475
ki en cez terres lai sus sont;
H rei en lor palais les ont.
leil oisel ont nom ealade; ;
tel nature ont que un malade '
puet l'en par els espermenter, yyxaJXn^i^ o.
s'il deit morir o respasser; quju\x^ V o-^^ajuj-'^^
ki un l'en ameine devant,
se il deit vivre en avant,
li calades le set et veit,
en mi le vis l'esguarde dreit;
et se morir deit de cel mal,
il en mostre signe mortal:
son ehief tornë altre partie,
le malade n'esguarde mie.
Iluec dedenz jut la raeschine,
un eovertoir de sebeline
ot desor li, bien fu ovrez,
tôt environ fu engolez, a-.^i^
c^û/vmj'uAA- vols fu de porpre enperial.
Desus la bière ot un chassai
de vert cendal et de vermeil,
por tenir l'onbre del soleil.
Quant tôt orent apareillié,
quatre buens murs ont atachié
a la bière suëf porter.
7480
7485
(L ' JjLnnû. ^^^ (ce^
dbumju- j^&iJL^
7462 A toile. DG omettent en. — 7463 HI par f. — 7464 D fu de
tiex o. — 7466 Hl li ^rant seignor o eus, GEF en lor p. li roi. — 7467
y Cil o. ont a n. c. — 7468 D que dun m., F comme m., GE que h.
m. — 7469 GEF bien esprover. — 7471 D que homme amaine d.; III
cui on les a. — 7472 G sil d. v. a en a. — 7474 GE li garde. — 7475 A
sil. — 7477 y sil son c.t. ; D daltre p. — 7478 yD li malades; y nen
vivra mie, D ne verra mie. — 7479 D dessus; HI gist, A ot. — 7482 D
omet fu. — 7483 I de drap, HEF en vols, G et vols; y de paile e. —
7484 I et sus; y un cendal. — 7485 y qui fu de vert et de v. — 7487
Alinéa dans HI. D q. il ont tout a., EF q. ce orent. — 7488 I q. mules
0. a.; H sont a. — 7489 A por 1. b. ; G sovent p.
DANS SON PAYS 279
7490 Quant apresté furent d'errer,
de la sale sont issu fors.
Turnus a eonveié le cors, ooi^^vyjûA,^^
soentre vait a pié plorant,
démente sei et fait duel grant.
7495 La bière conveia li reis; ^i^ctfT-r-i^oAA^-^
li chevalier et li borgeis, '
dames, borgeises et enfant
après vont grant duel démenant;
par les rues o la bière entre,
7500 plorent, crient trestuit soentre.
Molt ot grant duel en la cité,
a merveilles sont eifreé,
tôt fors de la cité la meinent,
al départir grant duel demeinent.
7505 Li reis s'en retorne plorant,
Turnus ala grant pièce avant,
puis que tuit furent retorné,
grant lieue loing de la cité.
Al départir baisa de fors
7510 cent feiz la bière o gist li cors,
trente feiees se pasma,
a grant peines s'en retorna.
Vont s'en cil ki le cors en meinent
et de l'errer forment se peinent, 7nA/uJu^^
7515 tant qu'il entrent en son païs;
7490 m q. f. a.; A daler. — 7492 A al convoier. — 7493 Hl Tur-
nus a pie vet après plorant, D Apres la b. vont p., EF Sovent va as
pies p. — 7494 D démentent s. font duel si g.; y d. fait molt grant. —
7495 sans alinéa dans yD. — 7497 F b. li e. ; A et serjant. — 7498 y a. li
vont g. d. faisant, D a. v. tuit g. d. menant. — 7499 et 7500 omis dans HI. —
7500 D p. corent; E p. et c. tout s., F p. c. totes s., G p. en vont corant s.;
A t. ansanble. — 7501 Alinéa dans GD. HG ont; Hl pari. c. — 7502 y
merveille. — 7503 Dy {sauf F) len. — 7504 F dolor mainent. — 7505 et 7506
omis dans y; D sen torna a itant. — 7507 D f. tuit. — 7508 I une g. 1.
d. 1. c. — 7509 y intercale deux vers. V. les notes. — 7510 I .x. f.; GF
primes la b. puis le c. — 7511 I et par plusieurs foiz, H par .xx. fiées,
D plus de t. fois, GEF par t. fies. — 7512 E se r. — 7513 Alinéa dans
GEHID. F Voisent cil. — 7515 GE t. que; HID soient en lor p.; EF
laient, G vinrent.
280 TOMBEAU
il i mistrent bien quinze dis.
Quant il vindrent a sa cité,
tôt ont le duel renovelé;
quant la novele fu oïe,
7520 la vile en fu tote estormie. -yrù^c^ £^w-> cJjCuurru
Encontre H corent plorant,
duel font li petit et li grant;
tote la genz est effreee.
Al tenple ont loi* dame portée,
7525 iluec la guarderent treis meis
si chevalier et si borgeis
et si baron et si ehasé, vou^touv^
tant que il orent apresté
la sepolture o el girreit:
7530 n'ot si bêle en cest siècle a dreit.
Set merveilles a en cest mont;
de totes celés ki i sont
n'i a nule ki seit graignors
ne plus estrange ne meillors.
7535 Près del tenple a une planece, ùhu^t\u.^ xu^^ctc
de mtir ert close en reondece; jf^^^^w^Z \ pêck^
la place esteit large dedenz, ^ ^itnrÂA^ —
de marbre esteit li pavemenz.
Il i aveit quatre perrons,
7540 tailliez a guises de lions.
7516 I bien .v. et .x. — 7517 HI et q. v.; DGEF la c. ; III en s. c.
— 7518 I si ont 1. d. recomaucie, DH le d. ont t. r. — 7519 E ont. —
7520 A est; GFHI molt e. — 7521 E Contre lui acourent. — 7522 III
molt font grant duel, GEF grant d. en font (F mainent) p. et g. —
7523 G omet est. — 7524 HID la d. — 7526 GEF li c. et li b. — 7527
D si sériant si baron fieve; G et li b. ; DGHI et si (G li) fieve, F et si
prive. — 7528 F que illeuc erent a. — 7529 FD omettent el. — 7530
y ne quit (EF croi) que tele el s. soit (G que al mont t. s.), D n. el
siècle si belle a. d. — 7531 sans alinéa dans FDI. HI Mainte merveille
a, A Cent m. a, D Si est m., EF Des m. a. — 7533 y ni a nule jo
croi (HI ce cuit) g. — 7535 y ajoute deux vers entre le premier et
le second hémistiche de ce vers. V. les notes. A planée. — 7536 GA
reondee; D close de mur en r., III enclos de mur a r., EF de
mur enclose en r., G dun m. enclose a r. — 7538 G ert tôt. — 7539
G .1. p. — 7540 DEF en; IIIEFD guise.
DE CAMILLE 281
molt maistrement i furent mis;
de desus ot deus ars asis, "^touM^à^ jLrru clj^c^
en eroiz esteient vols amont, cicLj\^y~Ùjkxj\£^ cxnjrùxJ^i^
a aguilles taillié reont; sxcn-LoL
7545 dreit en mi furent asenblé,
par maistrie furent soldé. A^ruAjui^
Desus sor la jointure dreit
uns granz pilers asis esteit,
de marbre de mainte eolor;
7550 granz set teises ot de haltor; -toi^^-J»^
la base ki seeit desoz
et li pilers fu tailliez toz
a flors, a biches, a oisels,
et ensement li ehapitels. c/a^oL/^-^x^j,
7555 La sus amont sor la cimaise Cju.^y^^cùuiA^
ot fait une oevre ki s'eslaise; ^'iy^-^x^i^
fors s'eslaisot bien igalment À-OcUfi^n^-^Ji^rJz.
tôt environ reondement;
tôt a compas tant s'estendeit /CUf^r*-\juhJ. A4.4.ijrrx4,rrJti.
7560 que en toz sens vint piez aveit.
De desus cel esvasement é^irù-i^ji.^rrxt.^r^
ot fait un bel entablement;
iluec ert la maisiere asise '>ruLi/x^
0
dreit eontremont tôt en tel guise ^^r^ ^hcujJb
7565 que dedenz fu tote entérine: .^^n^-ix^^
n'i ot fenestre ne verrine;
et tôt de fors cez pilerez
7541 I m, menestriement f. m, — 7542 GUI et desor, D dedenz. —
7543 G en vols e. droit a. — 7544 HI la voûte fu {omis dans I) toute en
reont, A a cuiere tôt an reont, D longues t. r., G matisie et t. r. —
7545 — 7637 omis dans HI. — 7546 G par nature. — 7547 — 7551 omis
dans F. G sist 1. j. — 7548 A u. genz p. desus e. — 7549 GE d. m. ert
d. m. c. — 7550 A sis t. — 7553 A o b. et o. — 7554 D et autressi;
GEF ensement ert li ch. — 7555 A Desus; GEF en le c. — 7556 G ot
mis u. o. q. e. — 7557 A sesloigne; E omet bien; G comunement, F tôt
i., D molt i. — 7560 A de t. s.; G queu t. s. .i. pie ni a. — 7561 D
dessuz cel envaissement. — 7562 ED entaillement. — 7564 D d. en eon-
tremont en t. g. ; EF faite en t. g. — 7565 G tote terrine, F tote entière.
— 7566 EF verrière. — 7567 D defors ot seize p., EF et defors ot fais
p. (E omet et); G les p.
r
7575
282 TOMBEAU
tôt environ ot fait archez.
La maisiere ki dreite ert sus
7570 vint piez ert halte, neient plus,
•^[^ de fors esteit tote trifoire; cnyru^rrxAyrjl^L £yr^ -fp^
c^^^^rnxh^^ .C.^r.^f^^'^^ desor aveit voLs d'un ivoire; cU, perJ^iouL
en som esteit a pavement ^
et a molt grant esvasement, ttj^LÀjumMrJ^
que a compas fors estendeit xiy>val>hu!4XLû>)rntf.'>^
plus que li pilers ne faiseit, ^
Desus fu la maisiere asise, irhJ^ , filacL
bien ovree tôt d'altre guise
que eele de desoz n'esteit:
7580 vint piez en contremont aveit,
trente pilers ot environ
'ygruLy^-^ H-^f^^ Ol>%c^ a ars de molt bêle façon.
Altre volte sist ensement
de desus celé el pavement,
7585 li esvasemenz fors alot
tôt environ, ki plus durot
que li premiers ne li segonz;
a compas ert faiz toz reonz,
ovrez de diverse manière. ;
7590 Desus sist la tierce maisiere,
ki trente piez ot de haltor; \
pilers ot asis tôt entor. j
Sor la tierce maisiere amont
ot chapitel volt et reont, \j pic^
7568 D t. e. f. a archez, G avoit fait environ a. — 75(19 D qui ert
dessus; G droit. — 7570 D .x. pies ert haute un poy phis, EF .x. p. ert
haute et un poi plus , G .m. pies ert haute n. p., A v. p. avoit et n. p. —
7571 A desus. — 7572 A desoz; D deseure a. un corvoire, E et par
dedens de fin i.; F un civoire, G un i. — 7573 D dessus, F et son; GE
el p. — 7574 D et ot, G et od. — 7575 GEF car a c. f. sestendoit. —
7576 GEF premiers. — 7577 et 7578 omis, dans EF; DG Desor. —
7578 D en a. g. — 7579 GD de desor. — 7580 E omet en. — 7581 G
avoit en son. — 7582 A o ars. — 7583 et 7586 omis dans D. G ot e. —
7584 E dedeseure cel p. , F dedesor cil eup. , G desor celés el p. —
7585 D li env. — 7588 D estoit t. r., F t. f. r. — 7589 A dovre. — 7590
DGEF desor. — 7591 E en h. — 7592 DGEF intercalent deux vers. V.
les notes. DGEF p. ot a. e. — 7594 GEFD ot un capel vols tôt r.
DE CAMILLE 283
7595 de desor cel entablement
fu acordé molt maistrement; ûuuJi^
la coverture de desus ^
fu bien roiste cent piez et plus, a^cxjlJu- ; jlùc^ûj^ ^-AA^
de manece ert la coverture
7600 par girons a entailleiire
et 0 tavels de mainte guise; c.ùj^J\mjCU^-^
en som ot une aguille asise
0 treis pomels dorez entor.
De desus ot un mireor;
7605 iluec pueent très bien veeir,
quant l'en les vendra aseeir,
0 fust par mer o fust par terre.
Ja ne fussent conquis par guerre;
bien veeient el mireor
7610 ki ert asis en som la tor
lor enemis vers els venir,
dont se poeient bien guarnir,
apareillier els a deffendre;
n'erent legier pas a sorprendre.
7615 Graignor merveille n'estuet querre
(car ce n'esteit en nule terre)
des deus ars ki grailë esteient y^JU^ ^ Trùjnx.tuj
et si grant oevre sosteneient, ,^»wU,jr,cÙ£^^r^
et del piler ki sist en som,
7595 D entaillement. — 7596 DGEF omettent molt; GF fu acordee
soltilment. — 7597 GEF qui fu sus. — 7598 GFD ou plus. — 7599 GEF
de manière. — 7600 A ot landanteure ; F lent. — 7601 E et a taules,
GF et un tavel. — 7602 A et an s. o. une aigle a.; D desor ot. — 7603
D a t. p., E quatre p., GF et t. p. — 7604 E et deseur, F de desore;
G et par desor un m. — 7605 D pooit bien len v. ; E porroient b., F po-
roit on b., G pooient b. — 7606 D q. 1. si vendroit a., E se aucuns le ve-
nist assir, F si les venroit plus asallir, G se nus les poroit aseir. — 7608
1) ja mais ne fust, E ja ne fust on. — 7609 D verroient au m., E ver-
roient un m.; A veoit an. — 7610 A desus 1. t. — 7612 F poroient. ,^
7613 D a. a e. d., GEF et a. de d. — 7614 E nestoient 1., GD n. pas le-
gier. — 761-5 E nestoit. — 7616 GDEF que ceste estoit (D est). — 7617
D de; GEF qui si graille estoient. — 7618 EF et issi gramment sesten-
doient. — 7619 — 7623 omis dans EF. D ert; G et des pilers qui sont
en son.
284 TOMBEAU
7620 ki reportot celé maison,
ki fors de loing tant s'estendeit;
et de sor celé une altre aveit
ki plus de celé s'eslaisot; ^ ' Qjt/ruLaJb.
une graignor sor celé en ot;
7625 bien ert large celé desus
treis tanz que les altres de jus;
quant que l'oevrë alot montant,
tivrJ/'xek.tiJi.cùJ^ , Cjnrf^ji^iû.*yi>uk plus poi"preneit en eslaisant. ^/rv ^ ' oJih'fruLatr^L
Grant merveille senblot a toz
7630 que graindre ert desus que desoz;
bien reteneient li plusor
a merveille le mireor.
Sus en la volte daarrame, pU^'^/-ujU\jb~
amont en la plus soveraine, AJ-ttyq^Jin^JL.
7635 ki peinte ert de mainte color,
a or, a pierres tôt entor,
iluec a l'en la tombe mise,
Camile vestent de chemise
et d'un blialt de baldekin;
7640 corone ot en son chief d'or fin,
le ceptre tint en sa main destre,
desor son piz tint la senestre.
Enmi la volte fu a sise ojjl, 'ytjJUûjl^. (Jjl
la tombe o Camile fu mise;
7645 d'electre fu li sarqueus toz, û^rrdt>M~ -iûJjur>A.
quatre images d'or ot desoz,
7620 D qui soustenoit itel m., G qui departoit si grant m. — 7621 A
del lonc; 6D de lun 1. s. — 7622 mss. cel; D estoit, G pavoit. — 7623 et
• 7624 omis dans E. F et qui plus de els sesmaiot; G sesvasoit. — 7624 omis
clans D. G et un forcor, F et un g.; GF sor cel ravoit. — 7625 EF bien
estoit larges cil d. ; D dessous. — 7626 D bien .m. tans que celle dessus.
— 7627 GEF qui que. — 7628 DF comprenoit. — 7629 Alinéa dans D.
— 7630 D plus grande, E camont; GF que molt e. g. que d. — 7631
GEFD luolt r. — 7632 G del m. — 7634 EF a. en haut en le s. — 7636 A a
or o bises. — 7637 HI illeuques; D ot; 111 bière. — 7639 A de fin b. de
balcasin. — 7640 HI la c. ot el ch. — 7641 A la cepre; III la umin. — 7642
A eu son s. p. ; HI et sus ; E le p. ; D sa s. EF ajoutent deux vers. V. les
notes. — 7645 HI de leutre, D de cletre, E de letre. — 7646 HI q. i. 1
ot d., E q. i. ot dedesous, G q. i. ot dor d., F q. imagenes i ot d.
DE CAMILLE 285
ki sostindrent as quatre cors.
Vaissels ot asis lez le cors,
pleins de basme et d'altres lieors
7650 por refreschir la des odors.
Desus fu li covereles mis,
molt sotilment joinz et asis, ^
toz fu entiers de calcédoine, Cj^JtuLcLoi-jr^^
'^o.tiprirrAi ^^ jagonees et de sardoine; ^iuuxciem.^^
7655 d'altres pien-es menu triblees, -/j^^^/a x^
0 sanc de serpent destemprees, >^^/»y^/i» ^ . ^ yrulo/r^jLt^
fu li mortiers toz seelez
et li sarqueus bien asenblez.
Une liste ot d'or el tonbel,
7660 letres i ot fait a neel,
son epitafe i ont escrit.
La letre sone, li vers dit:
,Ci gist Camile la pucele,
ki molt fu proz et molt fu bêle
7665 et molt ama chevalerie
et maintint la tote sa vie.
En porter armes mist s'entente,
ocise fu desoz Laurente".
Desor la tombe en mileu droit
7670 une chaeine d'or pendeit,
amont ert mise en la polie, ûôtjdUjL,
et descendeit par grant maistrie. 'r7n-A^uhu..^A., ^ OJ'Jh-
A l'un des chiés de la chaeine
7647 D quelle; HIF a q. c. — 7648 HI Deus v. ot, GEF V. ont
mis; y joste 1. c. — 7649 HI omettent et; D et de 1. — 7652 y qui le
cors gardent des o. (HI de puors). — 7651 GEF desor; I assis. — 7652
I sodé et mis, A i fu a. — 7653 HI t. f. entre (H entres) de {omis dans
I) c, GE t. estoit fait de c; y calcédoines. — 7654 y sardoines. — 7656
IIIF de s., GEH a s.; A dun s. — 7657 HI fort fu le m. s., GEF dont
f. 1. m. s. — 7658 A s. et a. — 7659 F omet dor. — 7660 D fait i
ot 1. — 7661 AD fu e. — 7662 EFHI et li v. d. — 7664 HI qui tant fu
p. et tant; GF ert bêle. — 7665 HI qui tant. — 7666 I et la m., GF et
sel m. — 7668 A o. an fu. — 7669 HI Desus. — 7670 D dor i p. —
7671 et 7672 omis dans El. D m. et ploie; GEF en le puelie (F pucele)
estoit botee. — 7672 GEFD diloc venoit aval doblee.
286 TOMBEAU
pendié la lanpe, ki fu pleine
7675 d'un chier oile de tel manière
que molt geta clere lumière;
ne ja par feu ne defaldra, TnA^rvAoA^^A/
toz tens ardeit, toz tens durra.
Celé lanpe fu alumee,
7680 toz jors ardra mais a durée, -fmxiffUAAj
se l'en ne la brise o abat. •-«.
Ele ert d'un jagonee grenat,
opùjruUuAJ n'ot de son grant si chier vaissel
en tôt le siegle, ne si bel.
7685 Li altre chiés de la chaeine,
ki la lanpe conduist et meine,
a un piler de travers vint,
pXjU-CT^ uns colons d'or el bec la tint,
soldez esteit sor la cimaise,
7690 de la tonbe ert asez enaise. a/iia.
Ja mais la lanpe ne charra
tant com li colons la tendra;
il là tendreit "toz tens mais bien,
se nen esteit seul une rien:
7695 un archier ot de l'altre part, o^iMa/v^
tcuJLpi-L. tresgetez fu par grant esguart,
endreit le colon ert asis
sor un perron de marbre bis;
son arc tôt oateâé teneit -k^ncUx.
7700 et celé part visot tôt dreit.
Li boldons esteit encochiez
7674 I une 1. pendoit qui plaine; GEFD pendi, H pendoit. — 7675
I fu dune huille. — 7676 G g. de 1.; GEFI getoit, HD gete; I grande. —
7677—7680 intervertis ainsi dans y: 7681. 82. 79. 80. D por; El ne de-
staindra; GEF ne ja li fus nestaindera. — 7678 HI mes illoques tôt i
ardra, GEF tous tens (G jors) illeuques ardera; A arde. — 7680 D ardoit.
— 7681 H El fu. — 7684 GFHI le monde. — 7688 y en som 1. 1. — 7689
et 7692 omis dans HI. — 7690 A a. a aise, D assis e. — 7692 HI car le colon
bien la t.; E se t. — 7693 — 7727 omis dans HI. GEF tostans ades (E
ja mais) bien le tenroit. — 7694 GEF se une cose nel toloit, D se nestoit
seul por u. r. GEF ajoutent deux vers. — 7695 D uns archiers ert. —
7696 D getez i fu. — 7701 D Li boutons estoit enchoiciez, GEF li boions
ert bien (G si) empenes, A Lo boldon avoit ancochie.
DE CAMILLE 287
et esteit si apareilliez,
OiÀt^ que le colon de bot ferist, T^ai^^ ^sU. xu^luU.
tantost com de la corde issist.
7705 Li archiers puet longues viser
et toz tens mais l'arc enteser,
mais ja li boldons n'en istreit,
se primes l'arc ne destendeit
JLa-Clj li laz d'une regoteore iihjUrujcJ-\û^
7710 ki apareilliez ert desore,
ki teneit l'arc toz tens tendu.
A un sofle fust tôt perdu:
ki soflast la regoteore,
et el destendist en es Tore /mxt cU~ ^ù-i-û-^-t^
ll\h et li archiers idonc traisist
dreit al colon, si l'abatist,
donc fust la chaeine rompue
et la lanpe tote espandue.
Quant Camille fu entonbee,
7720 l'uiserie fu estopee,
toz les aleors en desfont oUyrrxcCUu^
ki esteient lai sus amont,
par 0 Camile i fu portée.
La sepolture ont délivrée. je^ry-n-^ÀiA. a .
112.0 Endementiers que ce fu fait ûJL'nMM.viM- ^jf^^^
li reis Latins volt faire plait
as Troïëns d'acorder sei.
7702 D et ert ainsi a., GEF et si drecies acesmes; A aparoillie. — 7704
D t. comme de coiche i., GEF t. c. li corde traisist. — 7705 d 7708 omis
dans F. A pot. — 7706 D son a. teser. — 7707 A ni trairoit; D ja 1.
bouzons mais nen istroit, GEF ja nen istera li boions. — 7708 D se de
devant ce nestendoit, GEF ne nara garde li colons. GEF remplacent les
vers 7709 — 7713 par huit autres. V. les notes. — 7709 D regoteure. —
7710 D de mesure. — 7713 et 7714 omis dans D. E qui soulevast le re-
gietoire. — 7714 GEF il d. en icele ore (G ens en es lore, E en esses
loire). — 7715 G e. 1. a. dont destendist; EF donques t. — 7716 EF
au coulon dor, G al colombel. — 7717 A fu. — 7718 EF lues abatue (E
fust a.). GEF ajoutent 8 vers V. les notes. — 7719 Alinéa dans DE. —
7720 GEF ont puis e. — 7721 A et les autres ansemant font, D et tuit
li a. d. — 7723 I C. ont portée. — 7724 y ajoute deux vers. V. les notes.
— 7725 sans alinéa dans DE.
288 TURNUS ACCEPTE
Turnus le sot, se vint al rei,
ki sa cort ot grant asenblee;
7730 sa parole li a mostree,
a toz les altres ensement ^ ^
a descovert tôt son talent. 'JtfLtnni/-^ ^ cLuMfxJ
^Seignor", fait il, ,bien sai et vei,
ne vos tenez pas tuit a mei,
7735 li plus de vos me vait boisant, ^pu.Lû/nJL icuv^ in
mais ja d'ieest jor en avant ^ i
ne quier que nus de vos me vaille; cùjdù. j /m (|
bien ofre a faire la bataille 1
ki l'altre jor fu porparlee ; qCucuj^^ul.
7740 de meie part est agréée,
combatrai mei contre Eneas.
Li jorz seit pris; se gel trespas,(^'ViûÙA//-a*^yû/i^j»
que ne seie prez de bataille, ^t-^^rrcujU.
que de fornir la me défaille, >^^u-v^^À^
7745 donc avrai ge le tôt perdu, ^
toz tens me tenez por veincu,
ja puis ne l'en movrai contraire, M-OiUjLhyt/iùiL'.oU
l'enor et la terre d'Itaire cfMji-CuJJc.:.
0 Lavine quite li claim,
7750 ce est la riens que ge plus aim:
tôt li lais quite et tôt le prenge,
se m'en defail, senz nul chalenge. C^rilfe^û)*t!«»v
Molt m'a a grant tort envaï, CitthiAu^
ge li ferai un geu parti, cJu^^^TIIjhl ^diu^
7728 GFD vint. — 7729 A omtt ki, an sa c; HID avoit a., E ot
grande. — 7731 I et aus chevaliers e., H as chevaliers a lautre gent. —
7732 HI oiant touz a dit; EF et d. — 7733 GE jo sai. — 7734 A o m. —
7735 A vont. — 7736 D m, des i. — 7737 A inan v. — 7738 HI prest sui de f. ;
HID ma b. — 7739 HI creantee. — 7740 HI afiee, GEFD creantee. — 7742
GEF et tel t. — 7743 d 7744 omis dans D. GEF ni s. — 7744 EF et
que por (F par) moi adont d., G et de f. dont men d.; HI que ne d. —
7745 HI si aie (I ai) bien, EF bien aie dont, G dont aie bien. — 7746
I et me tenez tuit, H et tuit me t.; F tiegne; A a v. — 7747 et 7748
omis dans HI. — 7748 GEF bien ait la feme et tote I. — 7749 HI la
pucele, GEF la femme bien (F tote). — 7751 et 7754 omis dans HI.
E toute li quite et t. prenge; D la p. — 7752 GF se len d. — 7753 HI
A grant tort ma ci e.
I
Çjii"'^-
LE COMBAT SINGULIER 289
7755 0 ge l'oeirrai o il mei;
chascuns de nos s'estache en sei ; dMe^rnA, .cat ^v/i/jjOA^
ne voil que altre en muire mais, T/ou-otAJ
par l'un de nos en iert la pais;
li quels que seit, morir estuet,
7760 0 anbesdeus, se estre puet.
Or en veie l'en le plus fort,
0 ki a dreit o ki a tort.
Se ge i muir, né me chalt puis
se il tient ce qu'aveir ne puis,
7765 et se g'en puis estordre vis, ot^ '^-ûr^A/ya^^
ge vos serai ainsi amis
eom vos le deservez vers mei. 'Tn^/ûs^e^
Et vos, sire", fait il al rei,
,metez terme de la bataille, -IUm-a^ JU. 4c^rruiù^ dU^
111^ ne Guidiez pas qu'en mei défaille,
mandez le bien al traïtor,
ki desraisnier vuelt vostre enor, ULltJnaUuL
et ge la voil vers lui deffendre,
n'ai mais cure de plus atendre;
7775 l'en en puet traire a une fin
encor ennit o le matin.
Les triues faillirent ier seir.
Venuz nos est près aseeir,
par mei afinera la guerre;
7780 se par mon cors le puis conquerre,
nen avra home en sa compaigne,
7755 E u il mocire u je soi. — 7756 HI c. i soit adont, GEF c. d. n.
en (F i) s. ; y par s.; D sestoise. — 7757 G omet que. — 7758 GEF soit li p.
(E plais). — 7759 E ne quel. — 7760 HI bien e. p., G sestre se p. — 7761
HI verra. — 7762 y et tôt le d. et tôt 1. 1. — 7763 EF men c. — 7764 E trait
ce-, F a. en p. — 7765 DGEF ge p. — 7766 HI itieus a. — 7767 EF v. de-
servires; G c. v. d. envers m.; D o m. — 7768 I dist. — 7770 F n. croies; HI
que jen d., D que men d. — 7772 A ceste e. — 7773 I ainssint la veil, H
cainsi la voil, DGF et se le doi. — 7774 HI je nai cure, D nen ai mais
soing, E nen ai soing, GF jo nen ai song. — 7775 HI einz en voil, D 1. le
p. ; E on ne p. t. a nule fin. — 7776 HI encore nuit, DGF encore a nuit. —
7778 D près nous est venus aseoir; GEF por a. — 7779 D par moy finera
ceste g.; HI p. m. en f. — 7781 HI il naura h. en sa c. , A navra h. an
la c, G nen ara un de s. c; D nil n. li., E nauera homme,^F ne verai h.
BibUotheca Noimaniiica IV. \^
290 SA Discusstoi^
des Troïëns, ki ne s'en plaigne:
asez lor ferai puis maltraire,
mar nos chalengierent Itaire."
7785 Li reis oï ce que diseit
Turnus, ki la bataille ofreit;
ne voleit pas qu'il la feïst,
oianz toz les barons li dist.
„Aniis", fait il, „entent a mei!
7790 Un covenant fis envers tei
de ma fille, que t'otreiai,
et de ma terre t'eritai,
bien a passé plus de set anz.
Ne t'en puis pas estre guaranz
7795 contre les deus, ki tôt otreient:
a Eneas trestot enveient.
Ja contre lui n'i métras fin; iHjL/ruùtù^ cl -ùvu
ce nos diënt nostre devin,
que ça l'ont li de amené
7800 et d'Itaire l'ont erité.
Quant li deu vuelent que il l'ait,
tu vuels enprendre trop fol plait,
. « ki combatre te vuels o lui:
.^2;^ 'Vî^A^ mescherra t'en, si com ge cui.
' 7805 Jo ai molt grant pitié de tei;
lai ce ester et si me crei,
asez porras aillors choisir
al très femmes a ton plaisir;
ceste 11 laisse en pais aveir.
7783 HI contraire. — 7784 A mal; DGEF m. mi; HI mar vindrent
chalengier; I la terre. — 7786 D T. que b. vouloit, E que le b. ainsi o. —
7787 G que. — 7788 EF ses b. — 7789 D dist. — 7791 D te donnai, HI
totreoie. — 7792 G de ma t. dont t.; H de ma fille, I et ma t.; HI dont
teritoie. — 7794 I nen puis mie estre plus g.; H puis e. plus, D puis
mie e., E puis mais e., F puis estre mais; G jo ne teu p. e. g. — 7795
A tuit, GEF latroient. — 7796 HI a E. et ca 1., D a. E. trestout aident,
G a. E. del tôt e.; A tote; AF lanvoient. — 7797 HID ne m., GF tu m.;
A metron. — 7798 A ce dient tuit n. d.; GEF voisin. — 7802 D fort p. —
7803 D ten v.; y a 1. — 7805 HI peor. — 7809 et 7810 viennent dans F
après 7812, sont omis dans E. HI lai la cetui, F celui le 1.
AVEC LATIN 291
7810 pren la meitié de mon aveir,
si laisse ester ieest desrei; fi( à^cnd-f^û^ t cenrUctuujnrJ
jo ai molt grant pitié de tei."
Turnus respont: „0r oi enfance. Z^rJOLrrjkàÀM^ ^ pcuterbi.
De mei n'aiez vos ja pesance, naXmj- ^* ^Wo^^
7815 ne ne vos en seit ja neient,
s'il m'en chiet bien o malement.
Ne ruis que eu seiez en cure; i^b.' oullcùé^ dA\
vos me failliez tôt de dreiture, J^lu^-j^cjl^
ma femme me volez tolir
7820 et me rovez aillors choisir,
et claim quites mes covenanz;
mais ainz serai vis reereanz.
A Eneas faites saveir:
se la bataille vuelt aveir,
7825 demain me trovera tôt prest;
li quels ki muire, fins en est;
tôt ait ki l'altre conquerra.
Trametez i ki vos plaira." je^n-v^^-^
Li reis oï de la bataille
7830 que la fera Turnus senz faille, C£-'i>'rauVxc>rrïA>rv6.
après la vuelt aterminer, '■li^^.4^ jLcl. dcUc s^^
nel la quiert longues demorer.
Molt li peise qu'il la vuelt faire;
quant veit que ne l'en puet retraire,
7835 ses mesages apareilla,
a Eneas les enveia
"810 m si pren par mi tout m. a., F li deu voelent qui lait por voir. —
7811 et 7812 omis dans HI. EF et 1.; G cest grant d. — 7815 HI ne ne
vos en prent an.; A ne v. e. s. il, GF si ne v. e. s.; F s. a n. — 7816 HI si
bien vos soit, GEF se bien m. c. (F vos c). — 7817 y voil; D ne quier
ja quen s. e. c; F que ja s. e. c, G que ja en aies c. — 7818 HI que vos
me f. d. d. ; D tuit, A toz. — 7819 D voilliez. — 7821 HI c. vos q. vos c;
G se c; GEF quite. — 7822 HI m. ja nere, D m. je nere, EF mais ne
mourai (F nen m.), G jo seroie; D villz r. — 7823 GEF sil. — 7826 A
quen m. — 7828 F Envoies; AI oui. — 7829 sans alinéa dans GEF. —
7830 G q. T. le fera. — 7831 A près la lor v. a.; y le. — 7832 D ne
quiert pas longue d., G ne la velt 1. d., A et nel q. 1. d.; F quit. — 7833
E qui. — 7834 GF mais q. v. ne len p. r.; HI quil. - 7835 F en apela;
y messagiers. — 7836 DE au Troien les en e.
19*
292 CONVERSATION DE
et manda li qu'a l'uime jor,
en une isle desoz la tor,
fust la bataille par els deus,
7840 Turnus l'en atisseit toz sens, p^uNcxu/ucùÀ:,
et ki veintra tôt ait en fin.
Li mes s'en tornent par matin,
a Eneas en sont aie,
defors sa tente l'ont trové.
7845 " Il li ont dit que vuelt Turnus:
par lor deus cors, que il n'ait plus,
seit ceste guerre traite a fin,
a l'uime jor bien par matin
le trovera prest de bataille;
7850 et Eneas dit que senz faille
se combatra o lui eel jor,
et ki veintra si ait l'enor.
La bataille est aterminee,
d'ambedeus parz est creantee; ouLf/xouïxytà^ ,
aeyricLckyrU: 7855 endementiers ont triue pris C^nrJLÛurru
et ferme pais jusqu'à uit dis.
En sa chambre esteit la reïne,
cel jor araisona Lavine.
„Fille", fait el, „bieu sai et vei
7860 que cist mais est mettz por tei,
ki a essil met cest païs i
et dont tant home sont ocis.
Turnus te vuelt aveir, ki t'aime,
et Eneas sor lui te claime
7837 DI manda I. qua luitisme j.; HI mande. — 7840 GF sor tos. —
7844 HI dedens. — 7845 HI dit li ont ce, G il lor a dit. — 7846 HI que
vos en diroie je (I or) plus ; G par vos d. c. ; GEF que (E ki, F quil) ni ait
p. — 7847 et 7848 omis dans HI. DEF celé. — 7848 D omet a, luitisme
j.; G a luitisme j. p. m. — 7849 HI Heneas dist que la b.; A troveras, G
troveres. — 7850 I sere luitiesme jor, H sera a luime jor; GEF dist. —
7851 y a lui; HI a lui s. c. — 7854 GEFH omettent est; GEF et dambes
(E d. deus) p.; D fu; GEFH acreantee, A agraee. - 7855 HI tant demen-
tiers. — 7856 I et f. p. .vm. jours tout dis. EF ajoutent deux vers. Y. les
notes. — 7857 A Ens es chanbres ert. Sans alinéa dans I. — 7858 HI un
jor a., G premiers a.; A mist a raison L. — 7859 D Belle; F ele très
bien v. — 7860 GEI venuz; y par t. — 7863 D T. si v. a.; HIGE prendre.
— 7864 HI sus lui, D vers lui; F 1. reclaime.
LAVINIE AVEC SA MERE 293
7865 et par force te vuelt eonquerre,
mais il le fait plus por la terre
que il ne fait por toe amor;
ja mais ne t'amera nul jor.
Se puis saveir en nul endreit
7870 que de s'amor neient te seit,
lui ne deis tu de rien amer,
mais ton corage en deis torner,
et coveitier que Turaus t'ait, c^A^ù^ù^a.^^
ki por t'amor sa terre lait,
7875 por tei seule que vuelt aveir.
Molt par l'en deis buen gre saveir.
Ne l'aimes tu de buen corage?
Par fei, tu es de tel aage
que tu deis bien saveir d'amors
7880 et les engins et les trestors ~huA^ d.' £uL\a..tué, , pj^nAj^i^^
et les reguarz et les eligniers. il^^l^/nA*Tv4-rT^ ^
Tu t'i deis traire volentiers ^ A.£^n^Uu.
envers celui ki forment t'aime;
celui ki a force te claime,
7885 de tôt ton cuer le deis haïr,
car ton seignor te vuelt tolir.
Turnus est proz, sel deis amer." ^^jl, yP^i-*-^^-*-^ / ^^^^^Jju^.
— Ge ne_ m'i sai pm atorner! — yujJU^Jmcjnt '^
„Et tu l'apren." — Dites le mei,
7890 que est amors? Nel sai par fei. —
,Ge nel te puis neient descrire."
— Qu'en savrai donc, se ne l'oi dire? —
,Te8 cuers t'aprendra a amer."
7865 et 7866 intervertis dans HI. HI que il v. p. f. c. — 7867 et
7S68 intervertis dans I. GEF face; EF que il n. f. p. tamor; I ne le fait
pas por. — 7868 E n. t. j. m.; GF tamerai. — 7870 H tamor; AI li s. —
7871 I noiant a. — 7872 HD omettent en; I oster. — 7875 AHD qui, FI
quil. — 7877 F par coi naimes d. b. c; A an ton c. — 7880 I les leesces
et les t., EF et d. e. et des t.; A agaiz; D estors, HIEF tristors. — 7881
A et les angins et les gruniers. — 7882 y te d. — 7884 G et 1. qui; GHI
par f reclaime. — 7885 HI dois tu de 1. 1. c. h. — 7888 HI pas a. ; D me.
— 7889 I lapraingnes, EF laprens. — 7890 I cornent très bien amer le
doi; H dites le moi, A ge no sai coi; D ne s. — 7891 HI Nel te pouroie
pas d.; GEFD ne tem; D mie d, — 7892F sera d. quant; I los d.
294 SUITE
— Se nen orrai altrui parler? —
7895 „Tu nel savras ja par parole."
— Toz tens en cuit donc estre foie. —
„Ainz en porras tost estre aprise."
— Comfaitement, se n'i sui mise? —
„Comence, asez en savras puis."
7900 — Et ge cornent, quant ge ne truis
ki me die que est amors? —
„Ge te dirai de ses dolors,
de sa nature que g'en sai;
bien me sovient que ge amai.
7905 A peine en puet dire neient
ki n'a amé o ki n'en sent.
Se aveies une enferté, inoJLùji-Là^
mielz savreies la vérité
des angoisses que sentireies
7910 et des dolors que tu avreies;
ki t'en voldreit donc demander,
nel savreies mielz aconter,
ki en sereies bien certaine,
que ge, ki en sereie saine?"
7915 — Oïl, mielz le direie asez;
est donc amors enfermetez? — yn-oJAcLiL,
„Nenil, mais molt petit en fait,
une fièvre quartaine valt.
Pire est amors que fièvre ague,
7920 n'est pas retors quant l'en en sue. ouuA^Jt'tJrr))
D'amor estuet sovent suer ^
7894 yD Si; El orras, H orra. — 7896 H tout iors; El en c. je. —
7897 EF en poi de tans seras a. — 7898 GIII et en quel guise. — 7900
D et je comme quant je ne puis. — 7902 HI licours. — 7903 E car je en
sai, P car bien sai. — 7904 A men; HI jai ame. — 7905 I savoir. — 7906
GEF et qui n. s., D q. ne sen sent. — 7907 III Sen, DGEF Sor. — 790S
HI en s. V., E en s. la verte; G par v. — 7909 A quen. — 7911 HI qui
lors t. V. d., EF qui donc te v. d. — 7912 E nel s. mie m. c; G nen s.;
FUI tu m. c. — 7913 A et nen seroies mialz c, F qui nesteroit bien c,
F que une istoire bien c. — 7914 HI a celé qui en seroit s.; D qui tout
s. s., EF qui bien s. s. — 7915 EF ou je mieus le diroie a.; GHI m. en
saroie a.; A diroit; D li d. — 7916 E dont est. — 7917 I sen fait. —
7919 D est assez. — 7920 A que lan. — 7921 Alinéa dans GF.
SUITE 295
et refreidir, frémir, trenbler
et sospirer et baaillier, ércuUJjuO
et perdre tôt beivre et mangier
A ' Clc^cU^ 7925 et degeter et tressaillir,
muer color et espalir,
cjJL/frjj>:> giendre, plaindre, pâlir, penser
^ et senglotir, veillier, plorer: ^cxA-^^ÀJihjO
ce li estuet faire sovent
7930 ki bien aime et ki s'en sent.
Tels est amors et sa nature.
Se tu i vuels mètre ta cure,
sovent t'estovra endurer
ce que tu m'oz ci aconter
7935 et asez plus." — N'en ai que faire. —
,Por quei?" — Ne puis neient maltraire. —
„Cist mais est buens, ne l'eschiver. mj^hJ^j^
— One de buen mal n'oï parler. —
, Amors n'est pas de tel nature
7940 com altre mais." — Ge n'en ai cure. —
„Et ja est ce tant dolce chose."
— Ge n'en ai soing. — „0r te repose,
tu ameras encor, ce crei,
si n'en feras neient por mei.
7945 Ne m'en porras longues deceivre; cUuLAjjtru^ , jhunrti^^â^
se puis saveir ne aperceivre
que ton cuer voilles atorner
al traïtor de Troie amer,
0 mes deus poinz t'estuet morir;
7922 I et r. et eschaufer. — 7923 d 7924 omis dans D. — 7926 I
vert couleur prendre et puis pâlir; H enpalir, DGEF espasmir. — 7927
et 7928 intervertis dans D. E g. pâlir pi. et plourer; H pasmir. — 7928
D s. V. et p.; E et s. et sospirer. — 7929 EF tout ce e. — 7930 EF celui
qui aime et amor sent (E sentent); G cil qui bien aime; HI et loiaument.
— 7931 Alinéa dam D. D Belle est. — 7933 HI co vendra. — 7934 E
omet tu, F omet ci ; I ici conter, G ci raconter. — 7935 E ne sai que f. —
7936 HI ne poroie m. t., A ni pais mon cuer atraire ; D mie m. ; G nem p. —
7937 H cil; yD dois n. 1. — 7938 GE Aine, F Ains. — 7940 ID come
autre, E cuns autres. — 7942 HI cure; GEF te r. — 7943 HI lameras; GEF
je e. — 7944 D nel t.; A par m. — 7945 et 7946 intervertis dans G. A
noiant d. — 7946 IDG sel. — 7947 A puisses. — 7949 y a; G mains.
296 SUITE
7950 ce ne puis ge onkes sofrir.
Turnus t'aime, si te vuelt prendre;
vers lui deis tu d'amor entendre.
Aime le, fille!" — Ge ne sai. —
„Gel t'ai mostré." — Et ge m'esmai. —
7955 „De quei?" — Del mal, de la dolor
ki toz tens vait siuant amor. —
,Et ja est ce tels soatume. i^ctr^quii-^i^"
ci»uMUmA^^0Qiix3i\i mal ki l'acostume; ^
se il i a un poi de mal,
7960 li biens s'en siut tôt par igal.
Kis et joie vient de plorer
û/rfjuJ^^^fj^*^^ ^tt granz deporz vient de pasmer,
V baisier vienent de baaillier,
enbraeemenz vient de veillier,
7965 granz leece vient de sospir,
fresche color vient de pâlir.
Encor s'en siut la granz dolçors
ki tost saine les mais d'amors;
senz erbe beivre et senz racine,
7970 a chascun mal fait sa mecine;
n'i estuet oignement n'entrait, On^^ûJUA■v^Jp■
la plaie saine que il fait;
se il te vuelt un poi navrer,
bien te savra enprés saner.
7975 Guarde el tenple comfaitement
Amors i est peinz folement
et tient deus darz en sa main destre
et une boiste en la senestre:
7950 HIG ce ne poroie; EF ce ne veul ge; HI p. pas s. — 7951 Ali-
néa dans HI. — 7952 I envers I. d. d. e. — 7953 I A. lai f, G Ames le
belle. — 7954 GED Ge; H G. te mostrai trop men e.; E ef si m. — 7955
HD des maus; D et des dolors, A de ma d. — 7956 HID vont. — 7957
I tout sont atome, H tout son atume; EF grant s. — 7958 D S. travaille
la c. — 7960 HI le bien len sieut; D siue p. i. — 7962 A omet et, grant
déport vienent de pasmer; E dolor. — 7963 et 7964 viennent après 7966 dans
GHI. — 7967 HI et après vient la grant d., A el cors en sont les g. d.; GF
encore siut. — 7968 E tous s.; I le mal. — 7969 DE omettent et. ~ 7970
HI faut s. m. — 7971 EF sans o. et sans e., G ni e. mètre ongent n. — 7972
EF s. 1. p. ; D qui la f. — 7973—7993 omis dans HI. — 7974 omis dans D.
— 7976 G A. est peinte.
SUITE 297
li uns des darz est d'or en som, JUr^ -Kùuxii
7980 ki fait amer, l'altre de plom, nler/rUj-
ki fait amer diversement.
Navre et point Amors sovent,
et si est peinz toz par figure
por demostrer bien sa nature:
7985 li darz mostre qu'il puet navrer
et la boiste qu'il set saner; (xuifu^
sor lui n'estuet mire venir
a la plaie qu'il fait guarir;
il tient la mort et la santé,
7990 il resaine, quant a navré.
Molt deit l'en bien sofrir d'amor,
ki navre et saine en un jor.
Bien deis estre de sa maisniee; „c*jùM. , -jCLnuJUjL-
se de lui t'eres aprismiee, ^
7995 molt amereies son servise,
en poi d'ore t'avreit aprise
ce que por mei faire ne vuels.
Se tu t'en plains et tu t'en duels,
totes veies t'enbelira; ^h/xuam,
8000 se en as mal, molt te plaira.
Entenz i tu encor neient?"
— Quant ge ne l'oi, ne sai coment. —
„Ne te di ge les traiz d'amer?"
— Molt me senble sur et amer. —
8005 „J{i vient après la granz dolçors,
7979 et 7980 intervertis dans G. A lun d. d. est navrez en s., EF
li uns est dor tresci quen son. — 7980 A lautre est d. p. — 7981 EF cil
f. ; G hair. — 7982 A navre a mort et p. s., G se sane amers et p. for-
ment. — 7983 et 7984 omis dans D. GEF ensi e. p. — 7984 G p. bien d.
— 7985 E qui puet s. — 7987 GE e. mie v. — 7988 D pour 1. p.; G velt
g. — 7990 G loes r. ; E quanque an. — 7991 A m. par d. bien s. d., EF
por ce doit on s. d. ; G s. amor. — 7992 EF quil n. ; G qui plaie et s. en
un sol jor. DGEF ajoutent 2 vers et puis EF encore 2. V. les notes. —
7993 D estre démesurée. -- 7994 G a 1. ; HI acointie, D aproiche. — 7994
et 7995 omis dans E. — 7997 A par m. — 7999 HI ten menberra. — 8000
HI se mal en as, EF se tu nas mal, G se ten as mal; A bien t. p. — 8001
DF E. t. encore n. — 8002 HI Certes nenil et je c; G nen s. — 8003
A lo trait. — 8004 HI Cil trop sont dur et a.; GEF samblent; A s. fier
et a. EF ajoutent 2 vers. V. les notes. — 8005 HI Sen v.
298 LAVINIE
Au^u^\^i/ù>r>t asez en a l'en ain_z dolors.
Amors saine, quant a navré."
AMf>^j^^\iûA^ — Molt est anceis chier comparé. —
„De quel chose?" — De mal sofrir. —
8010 ,Molt estuet chier espeneïr /Lup^it^
le bien, anceis que l'en en ait."
— Fols est ki a escient fait
pi^r\ML. dont l'en cuide tant mais aveir
com j'oi nomer, nel quier saveir.
8015 Or sui en pais et a repos,
ne m'i métrai, car ge nen os,
en tel destreit dont ge n'ai cure;
forz est li mais a desmesure.
Ge n'enprendrai qan amor, cuUt, a.^rvnju^ -c
8020 dont cuit aveir mal ne dolor. —
Molt est salvage la meschine.
A tant la laisse la reine,
ne la vuelt de plus esforcier, Aoxti^hj
quant veit que ne li a mestier.
8025 Buenes triues et seiirté
ot entre cels de la cité
et cels de fors de l'altre part;
nus d'els n'a de l'altre reguart z^^-où-m^t,
que il le cuit ne qu'il l'asaille
8030 des i qu'ai jor de la bataille.
Eneas issi de sa tente
et esguarder ala Laurente;
toz desarmez a grant compaigne Ceyr\potArÛA.
a cheval fu en une plaigne,
8006 D ainz en a en molt grant d., EF on en suefre molt g. d., G a.
en a en mains d. — 8008 DGEF acate. — 8009 E et il de quoi. — 8010
D dont e.; GEF testuet. — 8011 HI len ne lait, A lan lan ait. — 8013 EF
ce dont c., HI d. il c. — 8014 — 8019 omis dans I. EF or loi n. ; A sachiez
que ja nel q. s. ; G quit s. — 8015 H Je s.; ED a p. — 8016 II ne mi voil
mètre c. n. o. — 8017 et 8018 omis dans H. A e. t. d. ge nen ai c. — 8018
G nentreprendrai o. a. — 8021 Alinéa dans F. A ert. — 8022 D laissa. —
8023 D ne len voult dont p. e.; EF len. — 8025—8031 omis dans GHI.
EF Fermes t. — 8028 EF li uns na de 1. r., D n. d. n. mes daltre r. —
8029 D que le touche; EF que il le fiere ne a. — 8031 Alinéa dans y. —
8032 HI car aler velt veoir, G et esgarda devers L., DEF por e. a. L. —
8034 G fu desarmes, HIEF fu a ch.; HIGF en mi la p.
1
VOIT ÉNÉE 299
8035 ki ert aval desoz la tor. £.a-u {*r>t^>
Cil de la vile li plusor
vont as crenels del mur monter
por les Troïëns esguarder.
Ce diënt tuit eomunement
8040 que soz ciel n'a plus bêle gent;
bien sont vestu et conreé,
mais toz les passe de belté
Eneas, ki lor sire esteit.
Molt le loe chascuns kil veit,
8045 diënt que molt est genz et bels,
grant los en font par les crenels.
Lavine fu en la tor sus,
d'une fenestre esguarda jus,
vit Eneas ki fu desoz,
8050 forment l'a esguardé sor toz.
Molt li senbla et bel et gent,
bien a oï comfaitement
le loent tuit par la cité
et de proece et de belté;
8055 bien le nota en son corage
la 0 el fu en son estage. A-tUAjf-AM-^Jn^
Amors l'a de son dart férue;
ainz qu'el se fust d'iluec mette, ^^lé, .l^^ AÀoxjt^yx^
i a changié cent feiz color. ' ^
8060 Or est chaeite es laz d'amor: i^xc^
voillë 0 non, amer l'estuet.
Quant veit que eschiuer nel puet,
8037 HI quamiaus, EF crestiax; E as murs m., H des murs m.; G ester.
— 8038 A lo Troien. — 8039 HI Bien d. — 8040 DFG si bêle g. — 8044 F
omet le ; DEF m. 1. 1. c. qui le v., GHI ch. le loe qui le v. — 8045 et 804G
intervertis dans EF. — 8046 HI molt le loent par les (I cil des) quamiaus.
— 8047 sans alinéa dans GE. — 8048 A garda j., HI esgarde j. — 8049 EF
E. vit. — 8050 GHI f. lesgarde desus (G desor) t. — 8051 HI M. le vit bel
et grant et gent. — 8052 EF b. ot cornent tote se gens. — 8053 HI le loe-
rent p. 1. c. — 8054 E de grant p. — 8055 HI retint. — 8056 HI la ou estoit,
EF la ou ele ert. EF ajoutent deux vers. V. les notes. — 8057 HI La si
A. dun d. f., EF De lorin(?) dart est bien f. — 8058 HI a. que diluée se
soit m.; GDEF a. quele fust. — 8059 H a ch., I a bien ch., D chanja elle,
GEF a el ch. — 8060 y cheue. — 8061 HID ou v. ou n., E v. ou ne
voeille. — 8062 D quanque e. ne le puet; EF ne puet, A nen p.
300 l'amour
vers Eneas a utorné fcrtc^^nju
tôt son corage et son pensé;
8065 por lui l'a molt Amors navrée;
la saiete li est colee
des i qu'el cuer soz la mamele.
Tote ert seule la dameisele,
l'uis de la chanbre ala fermer,
8070 revient a la fenestre ester
0 el reçut le eolp mortal.
D'iluec esguarde le vasal,
ele comence a tressuer,
a refreidir et a trenbler,
8075 sovent se pasmë et tressait,
senglot, fremist, li cuers li fait,
A'ù-û^uU, degete sei, sofle, baaille.
Bien l'a Amors mise en sa taille! J^rnJ^
Crie et plore, gient et brait; ouC/y-^
8080 ne set encor ki ce li fait,
ki son corage li remuet. ^fiuJjL\/L.
Démente sei, quant parler puet.
„Lasse", fait ele, „que ai ge,
ki m'a sozprise, que est ce?
8085 Or ainz esteie tote saine,
or sui tote pasmee et vaine, AûÙU>U^
dedenz le cors une ardor sent,
mais ne sai pro ki si m'esprent, ,rrjuJJU-^ry-,ji.,r^
ki mon corage me remue \,ûAWi.\/â.
8090 et dont ge sui si esperdue,
dont mes cuers sent dolors mortals,
8063 EF a tout t. — 8064 EF et son c. — 8070 HI puis vient, GEFD
revint. — 807 1 EF ou ele prinst., G la o reçut, I ou ele rot. — S072 GD
regarde, El esgarda; D la aval. — 8074 EF et a frémir et a t. — 8075 HI
p. puis t., G p. et si t. — 8076 omis dam E. — 8077 et 8078 omis dans HI.
DGEF s. et b. — 8078 GF Dont la A. — 8079 A c. et p. et g. et b. ; G gemist.
— 8080 D elle ne set, EF encor ne set. ~ 8081 D ne qui son coraje; DEF
commuet. — 8082 A Quant se redrece et p. p., HI d. s. p. ne p. — 8083
Alinéa dans GD. HI cai eu (I eue). — 8084 H s. que ai eu, I s. et esmeue. —
8086 A t. espalie, F si espaumee, GII t. espamie. — 8088 1 m. je u. s. dont
ce me vient, EF qui les membres trestous mesprent; H q. ce m. — 8090 EF
si que gen (E ge) sui; GEFH tote e. — 8091 EF omettent dont, m. c. en s.
s'empare d'elle 301
se ce nen est li euiverz mais AA'^U<Ajl.
dont ma mère m'aeontot ier
dont el me voleit enseignier;
8095 ne sai amors o corn a nom,
mais ne me fait se tôt mal non.
Ge cuit, mien escient, jo aim,
des or vendrai bien en reclaim; ^ -ia^cu- 'irta-^r^ p^j\iâ^
ge sent les mais et la dolor '^ friox
8100 que ma mère me dist d'amor.
0 est li rasoagemenz, ^iôvUccAt^mAf^
la boiste o tôt les oignemenz.-*
Ce me diseit ier la reine
que Amors porte sa mecine
8105 et qu'il saine sempres la plaie.
Ne cuit que ja secors en aie;
quant sa mecine me demore, cÀAyrr\jU4A.J^ AJ-^^-t^
ne sai, lasse, ki me secore.
Ge cuit que la boiste est perdue
8110 0 la poisons est espandue;
bien sai par tant com jo en sent,
que m'a navrée malement.
S'il ne resaine tost ma plaie,
donc est malvaise sa menaie. ou^U, , CL-u^it^euruj^
8115 Ahi, lasse, tant mar i mui!
Ja m'estranjoe ge de lui, (j^ca^^^Jk^t^ ^ jid.^yi^7\ejO^
son vengement en a bien pris, ^
en grant esfrei a mon cuer mis.
De sa maisniee m'estuet estre; /x,uù/e^ it^^rrùUM^
8092 I si ce nest celui félon mal, H se ce nen est cist punez mal, D se
ce nest ycel cuivert mal, EF je ne sai voir se cest li maus. — 8093 EFHI
que m. m.; EDHI me contoit, F acontoit, A maconta. — 8094 I engingnier.
— 8095 EF 0 cornent non. — 8097 HI e. que jaim. — 8098 GEFD a t. —
8099 y les dolors. — 8101 A rasougement. — 8102 I la bouete aus o.; GEF
et t. ses (G li) o., A o tôt son oignement; DGEG toz. — 8104 HIDE qua-
mors p. sa (E le) médecine. — 8105 HI et qui s. tantost; A senot; G saine
soef; GEFD sa pi. — 8106 FD que je s. — 8107 HI car; I médecine de-
meure. — 8109 E otnet que. — 8111 A corne ge sent; E jo entent. — 8112
HIDE quil. — 8113 DEF sa p., A la p. — 8114 GEFD la m. — 8115 et
8116 omis dans HI. Alinéa dans D. — 8116 EF eschive voloie estre vers
lui. — 8117 HI a de moi p.; E ai. — 8118 GEF a g. e.; AD cors.
302
ELLE SE
-^^ùJjU*^
j-^ULfUrr^Cfn^ , 8130
813^
8120 ci m'a saisie a la fenestre,
dont le Troïën esguardoe;
nule guarde ne m'en donoe
que ge l'amasse a ceste feiz.
Or est mes cuers por lui destreiz,
8125 ore panteise et or tressait,
en poi d'ore ai et freit et chalt.
Le Troïën m'estuet amer,
mais molt le me covient celer,
que la reine ne le sache,
ki m'en destreint et m'en menache; yru^n/uu,
ne vuelt que vers lui prenge amor.
Qu'en puis ge, lasse, se ge plor?
Que l'aim ge? Hui m'en ert petit . . .
Foie Lavine, qu'as tu dit? ...
Amors me destreint molt por lui ...
Et tu l'eschiue, si le fui! ...
Ne puis trover en mon corage . . .
Ja n'eres tu ier si salvage . . .
Or m'a amors tote dontee . . . eL»yr\fJ~iui^
8140 Molt malement t'en es guardee . . .
Molt m'en ert poi gehui matin, ûujui^ujxAJ' "kui
or me fait faire maie fin;
ne vivrai pas longues issi . . .
Por quel t'arestas tu ici? ...
8145 Por le Troïën esguarder ...
Bien t'en pettsses consirrer . . . .44, /Xfu-Jiy^^^
Por quel? . . . Ne fu neient saveir ^ 'o-èe^/c^
8121 HI que 1. T. esgarde, D d. que 1. T. e.; G agardoie. — 8122 F
ni nule garde m. d.; A me; HI done. — 8124 G Molt est; GHI p. 1. m. c.
— 8125 I or pensoie; E et si t. — 8126 GH en petit dore ai f. — 8128
GE m. il me. — 8129 HI ne voil quel sache la roïne, GEF que ja 1. r.
nel (E ne le) s. — 8130 HI ele en auroit vers moi haine. — 8131—8207
omis dans HI. DG ne v. a lui aie a. (G que a lui). — 8133 D Or lain hui
hier men, EF or 1. hui mais men. — 8136 GF leskives. ~ 8137 GEF Nel.
— 8138 D Ja en ers; E Ja naurai le cuer s. s. — 8140 GEF ti es g., E
et es g. ~ 8142 G ti f., EF te f.; GD traire. — 8143 A garrai; D v. point.
— 8144 E et quoi tarestra tu ci, GF a q. aresteras (G tarestoies) tu ci. —
8147 et 8448 viennent dans G après 8150. A fust; D mie s.; E ne me
fist on s.
PLAINT 303
quel venisses ici veeir . . .
Maint altre en ai ge ja veil,
8150 one mais de nul rien ne me fu.
L'en n'aime pas quant^que l'en veit; 'éotj-^ cm. ^M-^*-
trop par sereie en grant destreit,
se ne poeie home esguarder
que mei ne l'estelist amer:
8155 0 merveilles en amereie
0 molt poi en esguardereie.
Ai ge forfait por ce quel vi?
N'avra Amors de mei merci?
Il me navra en un esguart,
8160 en l'oil me feri de son dart,
de celui d'or, ki fait amer;
tôt le me fist el cuer coler.
Ge cuit que seule fui navrée,
dont m'a Amors a tort menée;
8165 li Troïëns ne s'en sent mie,
ne li est guaires de ma vie,
guarder ne deigne eele part;
Amors l'a point, ce cuit, del dart
ki est de plom et fait haïr;
8170 dont m'estuet il a duel morir.
Lasse, coment porrai amer,
se ge ne truis d'amor mon per?
Ce m'est avis que ge folei,
sel voil amer et il n'aint mei:
8175 il en estuet deus en un copie
et chascuns seit vers l'altre sople Au.JipLLM^r\L- ^àturrùiJ
8148 E que je venisse ci v.; GFD que tu (G tul, D le) venis. —
8149 A M. an i ai; D omet ja. — 8150 DGE aine, F ains. — 8151 D mie
quencon. — 8153 A seroit; D omet grant. — 8153 D li home. — 8154
D que il ne mesteust a.; A esteust. — 8155 G et m. — 8156 G p. i e. —
8159 G en mon e., EF en son e. — 8160 A en loing; G 1. ma pointe. —
8162 E tost le me f. — 8163 A fui sole. — 6164 EF par t. — 8165 D le
sent mie. — 6166 F nest. — 8168 EF A. je c. 1. p. ; G je c. — 8169 EF
q. d. p. e. ; G qui f. h. — 8170 G d. men estora il m.; EF de duel. — 8171
Alinéa dans D. G durer. — 8174 E se je li aim, F se jou aim lui; A et
il naient m. — 8175 D y e.; G il estuet d. en une c., EF .n. en e. en
une c. — 8176 EF lun se faice vers 1. s.; G a laltre s.
304 ELLE SE
et face li ses volentez.
Or sai ge ja d'amor asez;
bien me diseit ma mère veir,
8180 n'en poeie pas tant saveir
par nul altre corne par mei;
molt en sui sage, bien i vei;
Amors a escole m'a mise,
en poi d'ore m'a molt aprise.
8185 Amois, molt sai bien ma leçon;
or ne m'as lett se mal non,
del bien me redevreies lire;
or m'as navrée, or seies mire.
Amors, or me saine ma plaie.
8190 Molt est malvaise ta manaie, a-itU. , CUMi4.ihùJr\ce.
ge ne te sai tant bel preier ù/iZi^
que me voilles de rien aidier;
tu me meines a grant desrei, cLu>^rtcU^^ L»rdu^
il m'estovra clamer de tei. rrr\x. pLcù/rai/xL. du.
8195 A cui ferai ge ma clamor?
Ki me puet faire dreit d'amor? -^u^A^tA-
(h- QjulL /uJji\fi'' Sor eui maint il? En quel jostise?
*' -4" IL . Ge ne sai pas sa manantise, ^ujuJ^Mù^n-LL
Sor lui n'a seignor en nul leu,
8200 molt tient legierement son feu,
"hruJt tji^ Clu ' quant que il vuelt a en destrejt, iL 'hiâi^Vai^
ne fait por altre tort ne dreit. 4ou.\./mfi.^
Amors, tu m'as tornee el val.
Amors, car m'aliege cest mal! çuL^c^
8205 Amors, en ceste novelté n\Ayujj {.0.4^4^
me demeines trop grant fierté. x
8178 EF omettent jsi. F Ore sai ge d, a. — 8180 F jo ne poroie t. s. —
8182 GEF molti v. (G en voi). — SlSSAlinéa dans GD. D a tescole, GF
a tel cose; D mas m. — 8186 EF bien a. — 8185 et 8186 omis dans G.
D or s. — 8186 mss. mat tu lu (D lit). — 8187 EF devereies. — 8189 GFD
car me s. — 819U E manece. — 8192 G que tu me voilles r. a. — 8193 meïs.
- 8194 E il me couuera c. d. t. — 8197 GEF sos; D en cui j. — 8198 GEFD
omettent pas; D recreantise, E rewardise. F reseantise. — 8199 et 8200 omis
dans G. E sos. — 8200 E m. trait. — 8201 G car quanquil. — 8202 G por
nului, F p. autrui. — 8203 A an mal, E en val. — 8206 FD m, d. g. fierete.
cLt'^^eri/rrUu^ ^
PLAINT 305
Amors, rais m'as el cors la rage,
un seal petit me rasoage, ^^ï ^ ^^
que me puisse resalener; /x.tui^iaJn.ai^'^-^ •/uii^û-*-*'^
8210 mielz reporrai mal endurer.
Ge sui une meschine foie!
De novel m'as mis a escole.
Tôt ai apris en meins d'un jor
les mais, les peines, la dolor.
Forment me plaing, griement me doil. ^h-u. ojLûvuu
Amors, me retornes le io\\, J.i^uUjLU, , -UullUJb.
de l'altre part me fai guaraer! ^
8215
s V ^ ^i Des or redevreie taster 4^iUXLUi^
7^>L, X f^Aê>UJnc ^^j ^.^^ ^^ ^^ j^ soatume ; ^h^a^ûu^Xtaj^l
8220 el cors m'as mis une amertume
MaJul peior que suie ne que fiel. H-i»-^
Amors, redone mei del miet,
si rasoage ma dolor ^ft^jJ^^^
par alcune buene savor! ,4JuS-Lll/o
8225 Bien sai des mais que tu puez faire,
mais de tes biens ne sent ge guaire,
encor ne m'en as mostré mot.
Que as tu fait de l'antidot cur-jhLcLci-t,
que soleies jadis porter
8230 a tes maies dolors saner?
Amors, troblé m'as mon corage;
8207 A ma mise; FDHI cuer. — 8208 HI un petitet; GEF mi, A
men ; A asoages, E rasaulage. — 8209 A raseurer, F rasoeler, E reseeler.
— 8210 EF puis porrai mieus mal e.; GDHI m. en porrai. — 8212 I Mis
a este a bone e., A Novelement mas a tescole ; EF sui mise, H ma m. —
8213 HI Tost a. a., EF T. en a. — 8214 A la poine. — 8215 et 8216 omis
dans HI. EF Molt sui lasse forment men (F me) d.; D et si me d., G et
raolt men d. — 8216 GEF A. car r., D A. r. moi; DG retorne; A ton f. —
8217 et 8218 intervertis dans HI. HI de ma joie forment haster; F me
faciès. — 8218 F desor me, G des ore; A redevroies, D deveroie, GF
devroie; A torner. — 8220 EFHI cuer; HI car au cuer ai, G el c. mal mis;
EF ma m. — 8221 HI plus maie que s. ne f , G p. de s. ne de f. — 8222
A redonez. — 8223—8229 omis dans E. — 8225—8231 omis dans HI; D
bien sent les m.; GFD ses f. — 8226 G ne mais del bien; DGF sai. —
8227 A e. ne mas m. noiant. — 8228 A loignement, G lantigot. — 8229
DG s. od toi p. — 8230 E malades d. — 8231 EF A. molt torbles.
Bibliotheca Normannica. IV. 20
306 SUITE
un seul petit le m'asoage.
Vis m'est (\i\e sui tote muëe, cAatvaéuu
enpalie et deseoloree.
8235 Ma mère set molt de tel rien,
et el s'en apercevra bien
a mon viaire, a ma color, v^^aùa.
que sorprise sui molt d'amor.
S'el me demande que ge ai
8240 et se ge aim, que li dirai?
Cornent li porrai ge celer?
El me verra eolor muer,
frémir, trenbler et espasmir
et sospirer, giendre, pâlir; Ac^n-u^xf
8245 se ge li ceil, bien le savra
a cez senblanz qu'ele verra.
Ne quier mentir que ne li die
que j'aim, ne li cèlerai mie;
s'ele me demande après cui,
8250 eoment li nomerai celui,
dont ele m'a tant deveé? ^UM'^xAajl
Qu'ele en conoisse vérité,
el m'ocirra, mais mei que chalt?
Altre mecine ne me valt,
8255 ne cuit aveir altre confort
de ceste angoisse, fors la mort.
Ge l'ai enpris trop folement,
8232 DHIG il me (G i) pert bien a mon visage ; EF masoulage. —
8233 HI car la face ai. — 8234 I molt pale, K et pale, E paile. — 8235 et
8236 intervertis dans G. HI Ma m. ce cui nen set rien; G car ele set; EF
de ses r. — 8236 D elle saperceuera b., EF ele s. très bien; HI mais ele,
G ma mère. — 8238 DHI que je (HI molt) sui s. d. — 8239 DF Se. —
8242 EF Bien m. v. — 8243 î tr. paumer et puis frémir. — 8244 y taindre
et p. — 8245 et 8246 omis dans HI. — 8246 F a cel s.; GE al s. que e.
V. — 8247 G Ne puis, E Nel q., D Nen q.; EFD bien ne 1. d. — 8248 G
que jo aim nel c. m.; DEF que aim. — 8249 et 8250 omis dans E. G et
sel; HI et sele m. d. c. — 8251 et 8252 omis dans AI. HF que ele; H ma
tout iors vee. — 8252 H con len conoistroi (?), G se jo len conois v. —
8253 EF ele m. moi quen ch.; G et moi q. c, HI mais ne me c. — 8254
A que m. v. - 8255 A nan c. a. — 8256 E de ces angoisses; F de san-
gosses fors que I. m., G naître mecine que 1. m. — 8257 EF Ge ai apris.
SUITE 307
sel deiisse faire altrement:
ge ne deiisse m'ainor pas
8260 atorner si vers Eneas,
n'en eiist Turnus altre tant; cuAJhù^r^
nus n'en deiist aler avant,
n'en detisse plus amer l'un,
mais bel senblant faire a chaseun
8265 et faire si, coment qu'alast;
li quels ki d'els me desraisnast,
ne m'en peiist saveir mal gré
que ne l'eusse aneeis amé.
Ne sai que est a avenir,
8270 se detisse m'amor partir,
que chascuns l'eust igalment;
ce cui, ne me netist neient,
l'un et l'altre deiisse atraire; cUtùu^
ainsi peusse ge bien faire,
8275 se ges amasse andeus issi;
donc ne faillisse a un ami;
li quels que fust morz o veincuz
l'un en eusse de mes druz . . .
Foie Lavine, qu'as tu dit?
8280 Or resés tu d'amor petit.
Puet l'en donc si partir araor?
Or le tiens tu por changeor! 'wcL^ûuiUfCL,
Ki bien aime ne puet boisier, :ih,^yn,/xij-j
8258 HI jel; F si d., E si le d. — 8259 et 8260 omis dans A. — 8260
I si a. V. e. — 8261 HID que nen e. T. a. (HI autant). Les lettres ini-
tiales des vers 8261—8271 illisibles dans G. — 8262 H que n. d. — 8263 El
ne d. — 8264 EF omettent a. — 8265 HI et si fere, E et si f., F et si ferai.
— 8266 HI 1. q. deus qui m. d., A 1. q. dels deus me d. — 8267 D me;
GF seust, A puist. — 8268 HI ne que 1. ; G laltre eusse a. a. — 8269 HI
quest deus, A que sest; D que ne sai quest a avenir; GA devenir. —
8270 lEF si. — 8271 et 8272 omis dans HI. D et que c. — 8272 EF je cui
ne me (E men) nuisist n., G no me neust io quit n. — 8273 E lun al. —
8274 D si le p., E et sel p.; G ensi deusse. — 8275 et 8276 omis dans HI.
— 8276 GEF falsisse. — 8277 GED qui. — 8278 G jo eusse lun d. m. d. —
8279 Alinéa dans GEHI. — 8280 EF Or ses tu ci d. p. ; G Ore ses ta. —
8281 et 8282 omis dans HI. E P. on si départir; G cangier. — 8282 D les,
— 8283 et 8484 omis dans DEF. GHI set.
20*
308 ELLE VOIT
s'il est leials ne set changier;
8285 buene amors vait tant seulement
d'un seul a altre senglement; ,dÉ/>ô>^*-vriA*%ir ^
puis qu'on i vuelt le tierz atraire, /^I^ttl^Jo^,
/iiâ.m> puis n'i a giens amors que faire.
Ki fermement vuelt bien amer,
8290 son compaignon ait et son per;
del tierz après ne sai ge mie;
puis senble ce mareheandie. yr\A'^^cK£t<rricL*li^
Rire puet l'en bien a plusors,
mais ne sont pas veires amors
8295 dont l'en apaie deus o treis; c.ûU/rr\t. Ajic^nclii
ne tient d'amor preeepz ne leis
ki plus que un en vuelt amer.
Ne se vuelt pas amors dobler.
Par fei, ge nen aim pas ainsi,
8300 Eneas tien por mon ami.
Ge l'aim! Ce ne ferai ge mie
que de m'amor face partie,
ne lui voil pas d'amor boisier,
o lui n'i avra parçonier; CjJiul. c^^ui' (iûL^Jcx^.
8305 que qu'il m'en deie avenir,
ja de s'amor ne quier partir;
ge ne sui mie encor a change, cujtru, À. cJuLfn^
Molt esteie ier d'amor estrange,
or sai ge molt de sa nature;
p r- j—
^
8284 A si est feible ne puet c, G estre doit 1. sans c. — 8285 et 8286
omis dans G. HI en a. ; A tôt s. — 8287 HID des que len veut, EF p. que
on veut; G p. que en i v. deus a. — 8288 HI dont ni a plus, D p. ni a
rien; EF iluec na gens a. q. f.; GF a faire. — 8289 EF qui v. f. droit en
amer, G qui bien velt loialment a. — 8290 HI aint. — 8291 et 8292 omis dans
HI. G de laltre a. ni. — 8292—8302 omis dans D. E ce sambleroit m., F
plus s. co marceandise, G p. vait corne m. — 8293 EF Joer; GEF as p. —
8294 y vraies. — 8295 IG ne t. — 8:'96 A d. prou cels ne 1., I d. ne par n. 1.;
F amors. — 8298 HIEF Amours ne se veut pas, A ne si v. p. a.; A trobler,
HI douter. — 8299 HI je naime, F jo namai, G jo nen ai. — 8302 A qui; EF
samor. — 8303 D trahir. -- 8304 D o 1. aura ja; G arai. — 8305 HI q. q.
men soit a a.; G q. que m. d. a a. — 8306 HI de s. ne me q. p.; E et de;
G quit. — 8307 HI je ne doi pas amer par ch. , D ja ne s. m. e. au ch.,
GEF jo ne sai mie colre (F core) a c. — 8309 HI or en sai m.
ÉNÉE s'en aller 309
8310 m entente i métrai et ma cure. — M'ô^^tM,
Or me rest'buen et or le voil,
or ne m'est guaire, si m'en doil, Tn,' A^fru ùLùlutu^
or sent mon cuer, or voil amer,
or en voldreie molt parler.
8315 S'or trovoe ki m'escollast
et de mon conseil me celast,
g'en savreie maint buen trait dire.
Se il m'a fait coroz ne ire,
refera mei bien a eort terme;
8320 onkes mes oilz n'en geta lerme
ki ne me seit tôt mis en leu; /iCLijMjL, ; AJLtxàLcLû^
joie en avrai et ris et geu;
n'en ai eii dolor ne mal,
ne me rende tôt par igal
8325 le bien après et la dolçor.
Molt me plaira al chief del tor! a- 4jC»~ if^^
Ne sai, lasse, que ce sera!
Bataille ont pris, et ki veintra
senz chalenge me deit aveir; Cxmil^.'àMeiJt>cr^
8330 mais une rien cuit bien saveir:
se Turnus veint, ne m'avra mie;
ge voil anceis perdre la vie,
se Eneas i est oeis,
que ja Turnus seit mes amis."
8335 Tant entendi la dameisele ^ ' o-ccju^ûl. f?Ct_
a desraisnier s'amor novele,
que Eneas s'en retorna;
8311 et S312 omis dans HI. EF or mest molt b. ore 1. v. ; G Or me
repent. — 8312 A or men est grief et si. — 8314 H trop amer, G m. amer.
— 8315 DHI Se t. — 8316 EF et m. c. molt bien c. (F bien me c.) —
8317 F ja s. — 8318 HI Samours ma fait, F Sil ni a f.; GFD et i. — 8319
111 bien me r. ; E referai le bien a sen t. — 8320 I ja uen istra de mon
oeil 1.; GF ne g. 1. — 8321 EF que; A men. - 8322 F jou en raurai; GE
et pris et g. — 8323 A sen ai eu d. mortal; F jo nai e.; GD et mal. —
8324 D ne men r. — 8325 I 1. b. en après la doulour; F les biens. —
S327 y quant ce s. — 8328 GF b. o. prise qui v.; H ai p. — 832î) I cha-
lengier. — 8330 HI m. u. chose c. s. — 8332 HI mieus v. — 8333 et 8334
intervertis dans F. — 8335—9993 omis dans I. DGEF Quant; sans alinéa
dans AD. — 8337 D se r.
310 SON
vait s'en qu'il ne la reguarda.
Donc cuida el de duel morir
8340 et fist un molt parfont sospir,
a terre chiet, si s'est pasmee,
et dist, quant se fu relevée:
„Las8e, dolente, que fait il?
Retorne s'en? Par fei, oïl,
8845 et si ne parlera a mei;
de ce ne prent il or conrei. pri£.^ruiL /^Àvm)
Ge ne cuit pas que il s'en ait ...
Foie ehaitive, tei que chalt? . . .
Trop m'en chalt il, car il m'a morte . . .
8350 Comfaitement? , . . Mon cuer en porte,
il le m'a de mon sein enblé . . . irt^Jî^
Molt folement l'as donc guardé . . .
Mes cuers avuec le suen s'en vait,
desoz l'aissele le m'a trait.
8355 Amis, vos ne retornez mie?
Molt vos est poi de vostre amie.
Ne puis aveir de vostre part
un bel senblant n'un dolz reguart?
Ma vie est tote entre voz mains.
8360 Oui chalt, quant vos n'estes certains
que ge vos aim de buen enrage?
Ne m'en os creire en nul mesage
par cui vos feïsse saveir
que m'amistié poez aveir,
8365 et nequedent ge trovereie p cru^J-û-^rUi-
8338 A quil ne laraisona; EF que. — 8339 11 Lors; EFII ele bien
m. — 8340 D une p. s. — 8342 E q. ele fu r., GD quant fu sus r.; H si
fu. — 8343 A L. fait elle. — 8344 EF nenil. — 8347 HEF quaiusi s. a. —
8348 H F. Lavine; EF quen c. - 8349 A quant il. — 8350 H et il co-
rnent, Gr et il porcoi. — 8351 A de mon ventre. — 8352 EF Mauvaise-
ment; G lai. — 8353 EF en v. — 8354 D deseur; G hors de maissele. —
8355 A ne retorneroiz mie; D ne vous r. — 8358 II nul b. s. nul d. r.,
A un dolz s. nun bel r., DG un sol s. ne .i. r.; E tant seulement un, F
solement mie un. — 8359 G Ja sui tote mise en vos mains. — 8360 EF
Vos que ch. q. n. e.; G q. nen e., A q. vos ni e. c. — 8362 II fier; A n.
m. aérerai an m.; GEFH a n. m. — 8365 H et neporquant; A je otroiroie,
EFD gel t., G bien t.
DÉSESPOIR 311
par cui mander; mais ge criembreie
m'en tenissiez por prinsaltiere, prJ^ryy^^ ^ fjjl/^^ q^
se vos mandoe amor première.
Et quant m'avreiz senz contredit àa^'n^ cfp^^i^i^cJh^aini)
8370 (car ce sera jusqu'à petit),
cuideriëz que tel atrait
corne g'avreie vers vos fait,
redettsse ge faire aillors,
noveliere fusse d'amors. 4-^-^-^ ûu^rru:- Xa- cJ\£k^rx^a^rmjrd.
8375 Amis, ce ne cuidiez vos mie;
se puis de vos estre saisie,
la vostre amor ne changerai;
seiez segurs: se ge vos ai,
ja n'amerai home fors vos,
8380 ne seiez ja de mei jalos."
La meschine ert a la fenestre,
ne poeit dire tôt son estre, ojhut , cUju)oxi3hjD)rù^ C&yuJuJ^»
ne ce que sent de son ami.
Quant veit que il s'en vait issi,
8385 0 l'oil le siut tant com el puet,
guarde soentre, ne se muet,
des i que nel pot mais veeir.
Trestot le jor, des i qu'ai seir,
s'estut iluec, si esguarda
8390 le leu par o il s'en ala:
8366 EF mander se je voloie. EF intercalent 2 vers. V. Us notes.
— 8367 H t. men a p., A que vos m. t. propere; D que m. tiguiez, EF
vous me terriez. — 8367 et 8368 intervertis dans EF. — 8369 H omet
et, q. mauriez. — 8370 GHI et ce s., EF ce qui s. — 8371 A vos diriez,
EF c. bien. — 8372 A javoie; G a. a vos. — 8373 H cautel d. f. a. — 8374
A novellerie fust. — 8375 H omet vos; EF crées. — 8376 A a toz jors
serai vostre amie. — 8377 et 8378 intervertis dans HEF. DH ja v. —
8378 EF seurs s. — 8379 et 8380 intervertis dans DGEF. H n. mes h.
seur V., D ja naurai homme f. que vos, E namerai h. f. que v. — 8380
H ja mar de moi serez jalos, EF de moi ne s. ja j. — 8381 H Lavine e.
— 8383 HG quel s. — 8384 GEF sent. — 8385 H des eulz, EF a luel;
A \o vit. — 8386 H molt lesgarde si ne s. m. , D garder s. ne sen m. —
8387 H tant quel ne le puet m. v., D d. que ne le puet v.; G quel ni. —
8388 GF le main descal s.; DHE d. i au s. — 8389 H se sist, EF estuet;
E lesg. — 8390 EFD cil; E torna.
312 ELLE A UN
molt li senblot la veie bêle.
Tant entendi la dameisele ^ ' crtx.'LLpa^ d^
a l'esguarder et al duel faire
et al plorer et al maltraire, -7y^aZA.A-^^^-^
8395 ODC ne se volt d'iluec moveir,
des i que nel pot mais veeir.
Encor donc a enviz s'en torne, a. /ujLAyub
molt fu dolente et triste et morne.
Por dreit neient s'ala colehier,
8400 car tote nuit l'estut veillier
A^OuùM.^ et degeter et tressaillir,
deseovrir sei et reeovrir;
el lit se torne de travers
et donc adenz, puis a envers,
8405 et met son chief as piez del lit.
La nuit ot poi de son délit,
trait ses clievels, bat sa peitrine,
grant duel demeine la meschine.
Asez aveit mal en dormant,
8410 n'aveit raie mielz en veillant.
Quant li tressailleient li oil,
ki toz tens erent en remoil, ynMjJuU*.LriA^
donc li_est_vi§ que le teneit; ÀjL Jbuji jOi^trUrU.
de la joie qu'ele en aveit
8415 tornot sei en celé freor,
si acolot son covertor;
et quant ele se porpensot /uyrv^^xùM ,
8301 E sembla. — 8392 H T. i entent; E ataudi. — 835J3 E a c. et
a d. f. — 8395 GEFD aiuc. — 8396 II desi qiiil fist oscur et noir; GE quel.
— 8897 II et lores a anuis; DGEF omettent a; D encore lors, GEF e.
adonc. — 8398 GEFH d. t. et m. — 8400 sans alinéa dans HDGEF. —
8401 G et tresjeter. — 8403 GH dentravers. — 8404 DH primes a. et p.
c., G et puis a. tôt a e. — 84U5 H omet et, son chief remet; EF et ses
pies puis au ch. d. 1. — 8407 EF s. cb. t. — 8408 G dolor maine. — 8409
DGEF veillant. — 8410 GEF n.noient m. en dormant. — 8411 ef 8412 omis
dans H. E Tout, F Dont. — 8412 G ki sovent e. — 8413 H avis li est;
GEF quel le t., A quil la t. — 8414 H Heneas grant joie faisoit; FD J.
que ele a. — 8415 H en celé freor se tornot; D tornoit enz. — 8416 H
son c. si acolot; G embracoit. — 8417 Alinéa dans D. A el se rep., D
ele sapercevoit, EF ele se percevoit.
SOMMEIL AGITÉ 313
qu'il n'i ert pas, si se pasmot.
El cors li ert li feus, ki l'art;
8420 el se tornot de l'altre part,
relevot sei, si s'aseeit, p> itsixL. cL&. .ô-ôto^ Jxrr^
et donc se recolçot a dreit -ùe^ (LerVLcAajbL ûLe, '7\enuj\>ccLJu^
et apelot celui de Troie
tôt soavet, que l'en ne l'oie. oUrujuL^TUjrJz.
8425 Entre ses denz dit bêlement:
„Amors me meine malement,
le jor ai mal et la nuit pis;
amors ne tient guaires de pris ^-^a^u^^ ccia.> }
d'ocire une pucele tendre
8430 ki ne se puet vers li deffendre.
Tu m'apreïs hui grant leçon,
onc n'i ot vers se de mal non.
Car me relis de ta mecine ...
Repose tei, foie Lavine,
8435 ceste leçon deis molt fermer ...
Trop la sai ge bien recorder . . . Aûff^jU^
Entent i molt, si la retieu . . .
Tôt sai le mal, poi sai del bien.
Amors, de ma vie n'as cure,
8440 trop me meines grant aleiire; Vuiulv^ ^ "rrxojiAiL.
a ce que m'as chargié grant fais, cu-irru^
lasser m'estuet, se ge n'en lais
le sostenir et l'enchalchier;
8418 E que il ni e. s. s. p.; GD que ni. — 8419 et 8420 intervertis dans
II. — 842(t H quant se retorne dautre p., D elle s. t. dautre p.; E retorne
soi, F retornoit soi. — 8421 et 8422 omis dans EH. F sus relevée puis ra-
seoit; D p. se seoit. — 8422 F et d. recole; D tôt droit. — 8423 et 8424
intervetiis dans H. HEF omettent et ; HI apele adonc, EF si a. — 8424 A
t. bêlement; EFH que nus n. 1. — 8425 EF coiement. — 8428 H ne test,
F ne as, G ne tert. — 8430 HDE v. toi, G a toi. — 8431 A or, EG ier, F
trop. Mss. {sauf D) me p. — 8432 DGEF omettent onc, ni ot un vers (G
mol). — 8433 A c. maleges de t. m., G c. masoage ta m. — 8434 omis
dans D. — 8435 G bien d. c. 1. f.; H d. bien f. — 8436 H Voire mes ge
truis tôt amer; G reposer. — 8437 et 8438 omis dans HE. D i bien, G
1 donc. — 8438 G trop ai de mal poi sent de b. ; D et p. de bien. — 8439
A de menace; H na c. — 8440 A moine; HGD maie a. — 8442 F laissier,
G morir; GEF nel 1. — 8443 et 8444 omis dans H.
314 SA MÈRE
m'esraaie molt a l'aprochier. "
8445 Molt traist la nuit mal la raeschine,
et l'endemain, quant la reine
la vit ainsi deseoloree,
sa face et sa color muëe,
de son estre li demanda,
8450 et ele dit que la fièvre a.
Bien sot la mère que menteit,
altrement ert que ne diseit;
ele la vit primes trenbler
et donc en es le pas suer .ô^x.^ JU. cJucurr^
8455 et sospirer et baaillier,
(J\j^»\£jA^ (U. tM^^fi^^A. teindre^ nereir, color changier:
bien sot qu'amors l'aveit saisie,
ki la teneit en sa baillie. ù^umoux)
Demande li se ele amot;
8460 celé li dit qu'onkes ne sot
que est amors ne que set faire.
La reine ne l'en creit guaire,
que qu'el li die qu'ele n'aint;
el dist: „Ge conois bien cest plaint
8465 et cez sospirs ki si lonc sont:
d'amor vienent, de molt parfont;
plaint et sospir ki d'amor vienent
sont molt traitiz, près del euer tienent, XerrujA'
Fille, tu aimes, ce m'est vis."
8470 — One de tel geu ne m'entremis. —
8444 G Je lue dolc m.; GEF de 1. — 8445 Alinéa dans HG. Il m.
t. de mal 1. n. lavine. — 8446 EF ens el d. — 8448 D omet et, — 8450
GDH omettent et, ele li d. — 8451 EF B. voit. — 8452 E cautrement. —
8453 DEFH voit. — 8454 F tantost, D et puis. — 8456 H cent foiz le jor
c. c; D n. t. Il ajoute deux vers. V. les notes. — 8457 E set, F sent;
H la en baillie. — 8458 H qui si a sa coleur pâlie. — 8459 GD demanda.
— 8460 H Lavine dit, EF celé (E ele) respont; D que ne savoit — 8461
E camers est, F que a. e., II qui fu a.; A ne quil s. f. — 8462 H Mes
sa mère; E le c. — 8463 II que ele die que el n. ; GEFD que que 1. d.
— 8464 DF et d. — 8465 A a ces. — 8466 F del cuer v. — 8467 A
qui de loing v. — 8468 H s. m. destroit qua c. se t., D sont près du cuer
et se se t.; G traitif. — 8469 Alinéa dans GD. — 8470 A Unques damer;
GEF Aine.
L'INTERROGE 315
,Tu ses des traiz, de sa nature."
— Ne sai que c'est, ge n'en ai cure. —
„0 tu voilles 0 tu ne deinz,
tes vis en est pales et teinz.
8475 Amors t'a pointe, bien le vei;
tu me ceiles, ne sai por quei;
ce m'est molt bel, se vuels amer,
tu nel me deis neient celer.
Turnus t'aime molt a lonc tens,
8480 se tu l'aimes, gel tien a sens : Lù^-ru:^' ^ ce nt '^^
tu deis amer de buene amor
celui ki t'aime par enor.
Ge ne t'en sai neient mal gre,
ge le t'ai bien amonesté x^imjHjuùJz
8485 et bien t'en ai en veie mise;
bel m'est que or t'en vei sorprise.
Or pjen çonrei que il le sache jcuxâ^jr^^ ^ù^^i-frO
que tu l'aimes." — Ja de ne place
qu'il m'amor ait! Non avra il! —
8490 ,Coment, ne l'aimes tu?^ — Nenil. —
„Et ja voil ge." — Vos l'amez bien. —
„Mais tu l'aime." — Ne m'en est rien. —
,Ja est il bels et proz et genz."
— Poi m'en tochë al cuer dedenz. —
8495 ,Bien as en lui salve t'amor." C^'u^.s/â.^'^
— Ge ne l'amerai ja nul jor. —
-Et ki as tu donc aamé?"
8471 A tu sens. — 8472 FD que est; DGEF ne nen. — 8473 D o tu
ne V. 0 ne d. ; EF o tu ne veus; G qui quen soit malades ou sains. —
8474 A paliz; EF t. v. est noirs (F tes) p. et t. — 8475 A Fille tu aimes,
D A. ta tainte. — 8476 D tu le c., E tu le me c, F tul me c, G sel me
c. — 8477 d 847S intervertis dans GH. — 8478 G omet me; GDII mie celer.
— 8481 et 8482 omis dans GH. D amer le dois. — 8482 A par amor, D
a honnor. — 8483 F s. de nient; IID mie m. g. — 8484 A Ja tai ge, F
Jel tai je; II molt a. — 8485 G a v. — 8486 H core, F cor si, G que jo;
G t. ai s. — 8489 DE que m. — 8491 H et ge le voil, A et gel v. ge, E
ja le voije, F ja nel voel ge. — 8492 yD aimes. — 8493 EF En est il asses
preus et g. — 8494 HEF molt p.; A me t.; G a mon coer d. — 8495
EF en lui est bien, HD b. est e. 1. — 8496 HEF omettent Ge, ne 1. ja
(EF mais) a n. j. — 8497 DGEF en ame.
316 SUITE DE LEUR
— Vos i avez tôt oblië
la premeraine question,
8500 a saveir se ge aim o non. —
„Ce sai ge bien, esprové l'ai."
— Ce savez donc que ge ne sai? —
„Ne ses? Ja senz tu les dolors."
— Donc n'a l'eu mal ne mais d'amors? —
8505 ,Oïl, asez, mais nequedent
on puet veeir certainement
a ce que tu pale es et vaine pÀJjtû^
que tu te muers et si es saine,
que bien aimes; n'as altre mal.
8510 N'est giens enfermetez mortal: -ruUtsi.^mA^c^é.
l'en en a peines et dolors,
mais longuement vit on d'amors.
Bien sai que sorprise es d'amer."
— Ce m'avez encor a prover. —
8515 „Ni estuet altre provement,
ja le veit l'en apertement."
— Dites le vos por mes dolors?
A l'en tels angoisses d'amors? —
„Oïl, et de plus forz asez."
8520 — Ne sai dont vos m'araisonez,
mais grant mal et grant dolor sent. —
„As tu de nu] home talent?"
ryxor^ — Nage, fors d'un, d'altre n'ai soing,
molt me desplaist que trop m'est loing. —
S498 H molt o , A trop o. — 8499 H en 1. première q. — 8500 II h
ce s. se jaim; A se jai ami. — 8501 H Ge le s. b., D ge sai b. et; y prove
lai; GEF et p. 1., H car p. 1. — 8502 A plus en s. que je; EF d. s. c. —
8503 EF oynat ne ses, ja en sens tu les granz d. ; G ja ses. — 8504 D d.
nas tu mal for seul damor, EF cis maus que as (E cas) ce fait a. (F te
f. a.). — 8505 EF II ni a point de doutement. — 8506 EF on le connoist,
G lem p. aveir; GDH apertement. — 8507 A omet tu, pâlie; y es pale. —
8509 GEF tu a. b. — 8510 D n. pas, y nas pas. — 8511 et 8512 omis dans
A, intervertis dansEF. EF et sest langeurs et fors dolors. — 8512 EF
molt 1. — 8513 A esprise. — 8514 EF Cornent le me poes p. — 8516 H
ge le V. b , A ja voi ge bien, EF ja v. on bien, G on le v. bien. — 8517
EF me dolor. — 8518 EF damor. — 8523 HD Nenil; H que d., G fors
un. — 8524 H m. m. poise; H quant si e. 1., G que tant m. l
CONVERSATION 317
8525 fl Qu'en voldreies, que t'en est vis?
que ensenble fussiez toz dis?"
— Molt me fait mal que ge nel vei
et que il ne parole o mei.
Quant ge nel vei, si'n ai dolor. —
8530 ,Par fei, tu l'aimes par amor."
— Cornent, aime l'en donc ainsi? —
,Oïl." — Donc sai ge bien de fi
que ge aim bien, mais ne saveie
gebui matin que jo aveie. ûu^cu/ui* -^um,
8535 Dame, jo aim, nel puis neier,
vos me devez bien conseillier. —
„Si ferai ge, se tu me creiz:
quant or tes cuers est si destreiz, 4A.>i,^i-fi- _, /ei^^wn^.vïJ'^
tu me deis bien dire por cui."
8540 — Ge nen os, dame, car ge cui
que vos m'en savriëz mal gre;
vos le m'avez molt desloé, r/^ r^^-^j.A j Jû /}
vos m'en avez molt chastiëe; <a.v/l^/>C
de tant m'en sui plus aprismiee: -mjL, ju^ui^ CUuoj^^cÂ^
8545 amors nen a soing de chasti. /^p^^^'^^q mf r^t
Se vos nomoe mon ami,
ge criembroe que vos pesast. —
„Onkes ne cuit que bien amast
ki nul amant vuelt chastiër."
8550 — Jo aim, nel puis avant neier. —
,Done a nom Turnus tes amis?"
— Nenil, dame, gel vos plevis. —
„Et coment donc?- - Il a nom E . . ." '
8525 G que ten samble. — 8526 GFDH fuisson. — 8527 E que ne le
V.; G quant. — 8528 y a moi. — 8529 D jen ai, G si nai, HF si ai, AE
san ai. — 8530 FDH tu aimes. — 8531 D a. dont len, F a. on donkes. —
8535 GDH quier. — 8536 GDH men. — 8538 y q. or ert si; D q. ore en est
t. c. d. ; GEA mes c. — 8540 H Ge nos d. que je bien c. — 8541 G seussiez.
— 8542 E si le m. ; H m. devee, E tost d. — 8544 GEFDH omettent de ;
D t. mi sui ge p. a.; E et tant mi sui; HD aprochie. — 8545 H na cure
d. c, E na nul s. d. c., GF na s. de nul ch. — 8547 EF je redout quil ne v. p. ;
H quil V. p. — 8550 H g. a. certes nel p. n., D g. a. je nelpuis mais n.,
E j. a. si ne le puis n., GF j. a. nel puis or mais n. — 8551 GEF D. na; E
omet nom, T. nest t. a. — 8552 II N. par foi le v. p. ; GEFD jo v. p.
318 SUITE
donc sospira, puis redist: „iie . . .",
8555 d'iluec a pièce noma: „as . , .", û. ûjuéJLefuc. 4-
tôt en trenblant le dist en bas. ^ aU
La reine se porpensa /ui^^x/ult
et les sillebes asenbla.
,Tu m'as dit E et ne et as,
8560 ces letres sonent „Eneas"."
— Veire veir, dame, ce est il. —
,Si ne t'avra Turnus?" — Nenil,
ja nen avrai lui a seignor,
mais a cestui otrei m'amor. — (^^ttf\xiJL
8565 ,Que as tu dit, foie desvee, 'îfi'^-^
ses tu vers cui tu t'es donee?
Cil cuiverz est de tel nature /}>>yV/<Vf .
qu'il n'a guaires de femme cure;
il prise plus le plein mestier;
8570 il ne vuelt pas bische chacier,
molt par aime char de maslon; ^rrjJU^
il prisereit mielz un garçon
que tei ne altrë acoler.
A femme ne set il joer, _ ' ^'kff**^**^
8575 ne passereit pas al guichet^ •^^■^^'"^^
molt aime froise de vallet. 'irttuMM. , ^\ûu>
En ce sont Troïën norri.
Molt par as folement choisi.
N'as tu oï comfaitement
8580 il mena Dido malement?
Onkes femme n'ot bien de lui,
8554 A puis s. se r. — 8556 DGEF et bas. — 8557 Alinéa dans HD.
— 8558 H ajousta. — 8559 A e puis ne. ~ 8560 H ce sone fait ele. —
8561 A Voire d. par foi cest il, D V. voire d. cest il. — 8562 H Dont n.
t. T. — 8563 H ja Turnus naurai a s., D je ûe lauroi jor a s., EF lui n.
iai je a s. — 8564 H m. a Heneas doing m.' — 8565 sans alinéa dans
yD. — 8566 GH a qui. — 8567 GE ditel n. — 8568 E que il nen a de
f. c, D na d. f. g. c; A femes. — 8570 H b. a ch., A biset changier. —
8572 H ameroit, D prisera. — 8573 A q. t. ne a. naatre a.; y ne a. a a.
— 8574 FD a femelle ne set voler, E a f. ne se sot j.; A o f — 8575
H de vilain mestier sentremet; GEF ne passeroit pas, D ne passera mie;
GEFDA a g. ; A parleroit. — 8576 H cuises, EF siècle, D frosse. — 8577
H Troyens sont de ce n.
8585
SUITE 319
nen avras tu, si com ge eui,
d'un traïtor, d'un sodomite,
Toz tens te elamereit il quite, •/- ' Cbùz^^n-^LaruroAuxU:
se il aveit aleun guadel; (^cucc^rnj ci'ux/»^ yû-ti^lv^^»^
ce li sereit et buen et bel
quel laissasses a ses druz faire; ayyri.csu.^uiuj^ ourruxrrih^
s'il les poeit par tei atraire,
ne trovereit ja si estrange
8590 qu'il ne feïst asez tel change, jL,cAa.A^AfL.
que il feïst son buen de tei
por ce qu'il le sofrist de sei;
bien le laireit sor tei monter,
s'il repoeit sor lui troter. c/^vûLUjuAjLny
8595 II n'aime pas pel de conin.
De cest siegle sereit tost fin,
se tuit li home ki i sont
esteient tel par tôt le mont;
ja mais femme ne concevreit,
8600 grant sofraite de gent sereit; cLUuJbt»^
l'en ne fereit ja mais enfanz,
li siegles faldreit ainz cent anz.
Fille, molt as le sens perdu,
quant de tel home as fait ton dru,
8605 que ja de tei nen avra cure;
et ki si fait contre nature,
les homes prent, les femmes lait,
la naturel copie desfait.
Guarde, nel me dies ja mais,
8583 tt 8584 omis dans F. E du t. — 8584 E T. j. ; D T. t. t. recleime
il bien q.; A clamera. — 8585 H danzel, A godel, GD cadel, EF wadel. —
8586 E ce li ert vis asses plus b. — 8587 et 8588 omis dam HI. — 8589 H
nen, DEF nel; H t. nul. — 8590 H que de toi ne feist bien ch.; E ce ch.,
E cest ch. — 8591 — 8595 omis dans H. G ainz quil f., F quil ne f. —
8592 G poroe. — 8593 yD laira. — 8594 D trouuer; GDEF sil le repuet
SOS soi torner (E se il le p.). — 8595 D n. point. —8596 E A cest s. ; G
que s. prenderoit. — 8598 A erent an tel. — 8599 et 8600 intervertis dans
EF. E ni c. - 8601 non n. f., F or n. seroit. — 8602 GEFD faudroit li
s.; G a. .vil. ans, D a ytant. — 8603 Alinéa dans D. — 8604 GEF qui d.
t. h. — 8605 D que ja jor navra de toi c. — 8608 G la nature al c. d. — 8609
et 8610 intervertis dans H. E dje, G dire; H gardes que tu ne laimes m.
320 LA REINE
8610 ceste amistié voil que tu lais,
del sodomite, del coart;
ton corage tome altre part!
Aime celui ki t'amera,
ce est Turnus, ki set anz a
8615 que tote a mise en tei s'entente: ^ cjtACjt, jL.»^
guarde que il ne s'en repente. ^^^^^
Se tu joïr vuels de m'amor,
donc laisse ester le traïtor
et t'amor tome vers celui
8620 dont ge te pri, si lai cestui,
que te sereit toz tens estrange.
— Ge ne puis pas faire cest change,
ce que ge voil. — „Nel deis amer."
— Nel puis en mon cuer atorner. —
8625 «Que t'a forfait?" — Mei? nule rien. —
„Car l'aime donc et si t'i tien."
— Altre ai choisi, ge nel puis faire. —
„Si ne te puez d'amor retraire?" /d y^cJk^^eyv
fUf^— Nage, par fei n'est mie gas,
8630 n'est Cupido frère Eneas,
li deus d'amor ki m'a conquise?
Vers son frère m'a molt esprise!
Quel deffense ai encontre amors?
N'i valt neient chastels ne tors,
8635 ne halz paliz ne granz fossé:
8611 le s. le c. — 8612 EF tome t. c. — 8614 A qui ta amee .vu.
a. a. — 8615 AH qui; GH q. mis i a tote s., EF a il en toi mise s., D
que a m. sor toi s. — 8617 — 8625 omis dans G, intervertis dans H. —
8618 H lèses e. 1. t., EF donc naime pas 1. 1. — 8619 EF sor c. — 8620
EFD p. laisse c. — 8621 H quil te s. tôt jors estranges, EF que trouue-
roies si e. ; A cil. — 8622 D point; H tiex changes. — 8623 EF se moi
desplaist n. d. a.; H v. dois bien a. ; A ne d. — 8624 H je ni puis m. e.
a.; FD Ne p.; EFD a m. c; D atanster, E acater. — 8626 AE laimes;
EF si (F molt) feras bien, GHD et sel retien. — 8627 H si nel; EF c. ne
puis nient faire (F jo nel p. n. f.). — 8628 FA se; H de lui r. — 8629
HAD Nenil. — 8632 D si ma e., GH ma si e. — 8633 H que d. nai;
DGEF a; mss., sauf H, amor. — 8634 EF Je nai vers lui chastel ne tor;
G Ne valent pas; AD chastel, H chatiaus; mss. tor. — 8635 H ne g. p.;
IIG ne haut f.; EF palais.
s'en va B2l
soz eiel n'a celé fermeté -<Ua,><-d.A^-A-AA-
ki se puisse vers lui tenir,
ne son asalt longues sofrir.
Parmi set murs traireit son dart
8640 et naverreit de l'altre part:
l'en ne se puet de lui guarder.
Le Troïën me fait amer,
por lui me tient en grant destreit. jiyrrUxci^'^^^.^i^ , p.eJ^^m^
Guidiez vos donc que bel me seit
8645 et que gel face de mon gre?
C'est encontre ma volenté!
Amors me tient en sa baillie, p^^M/en^
ne sai coment gel contredie, crii.ùSQJL'
ce que il vuelt, que ge nel face
8650 ne por destreit ne por menace.
Ki contre aguillon esehalcire J\£.AurrU>t, j Ai. J\£tiAuJr
deus feiz se point, toz jors l'oi dire.
^ . Ge ne l'os mie correcier,
-/grio^ A. "^^^-^ car del tôt sui en son dangier. dLerrrxl/r\.cJt^rO
8655 Amors, ge sui en ta baillie,
en ton demeine m'as saisie. jdfiprJc^Jtl
Amors, des or me claim par tei. ^)nru. ^xttù^ruj
Amors, ne faire tel desrei! aa i f^p't *^-*^^»>--i
Plus soavet un poi me meine! — cCyuùi^rr^O'^nJL
8660 A icest mot perdi l'aleine
et pasma sei; seule l'i lait
la reine, si s'en rêvait,
en altre chambre en est entrée.
8636 D nulle f. ; EF nen a celé ferte. — 8638 A gramment. — 8639
et 8640 omis' dans H. — 8641 H nus n. s. p. damors g. — 8642 G mestuet
a. — 8643 A me met, GHE mi t. — 8644 H vos or; D que men b. s.;
EF omettent que. — 8645 D omet que. E je f. — 8646 A et ancontre,
GDH ce est contre. — 8647 A met. — 8648 GEF jo c. — 8649 et 8650
sont placés dans EF après 8652. EF je que veut que ge le f.; HG ne f. —
8650 EF et par estrif (F es fri) et par m. — 8651 EF Quencontre. — 8652 GE
toz tans 1. d, D ca i oy d., FH si com loi d. — 8654 E quel du tout. — 8655
Alinéa dans G. — 8656 EF a te maisnie. — 8657 Alinéa dans D. — 8658
E faites. — 8659 A Amors soef u. p. m. m. — 8660 H me faut 1. ; D salaine.
— 8661 H pasmee sest, D et pasme s. — 8662 D 1. r. et si s. r., H 1. r.
qui s. r. — 8663 Alinéa dans A; un autre ch. an, H en sa cli. sen; E alee.
Bibliotheca Normannica IV, 21
â22 MONOLOGUE
Set feiz s'est Lavine pasmee,
8665 ne pot durer n'en repos estre.
El s'en râla a la fenestre,
la 0 amors l'aveit saisie;
la tente Eneas a choisie, irtco-
molt volentiers la reguarda
8670 et celé part son vis torna.
El n'en poeit son oil torner;
bien tost, s'ele pettst voler,
fust ele 0 lui el paveillon;
ne poeit penser s'a lui non
8675 et rediseit al cbief del tor: ^ ^ vjy^
„En fol leu ai torné m'amor, ^
ja n'en cuidai aveir corage.
Car te repenz, si fai que sage.
Foie Lavine, aies mesure,
8680 n'atorner pas a ce ta cure,
ne te puisses d'amor partir
des que te voldras repentir.
Ki puet amer en tel manière
ne retorner ainsi ariere? . . .
8685 Puis que Amors m'a si saisie
et qu'il me tient en sa baillie,
ne m'en leist mie resortir X.tAM>/>à^
ne a ma volenté partir.
Amors est molt de mal atrait; CLxjAmCé^
8690 cui il prent, a enviz le lait. ^ /LtiiAJib
8664 H Lavine sest sovent p., EF Lavine sest s. f. p., G tote sa
Lavine p. — 8665 F na r. — 8666 EF si en rêva. — 8669 F le r. — 8670
A droit c. p.; GDH ses oilz t., EF se retorna. — 8671 GH ses els t. —
8672 GEF s. i p. V. — 8673 H f. ele alee, G f. avolc lui. — 8674 HEF
ne puet p. se a 1. n. ; G se la non. — 8675 D et si redist. — 8677 H molt
sui ore de fol c., F or ai jo voir malvais c; GED ja nen quit; GE bien
a. c, D mais a. c. — 8678 D ten; GII repent; EF fais. — 8679 Alinéa
dans G. F ai mes m. — 8680 H ne tome pas, D natome point ; E en ce.
E répète ce vers en changeant les derniers mots en: en ceste cure. — 8682
H quant tu, G tresque; GDH ten; E d. q. tu voeilles r., F certes or as
molt fol désir. — 8683 et 8684 omis dans F. — 8684 E et r. ; G un poi a.
— 8685 E p. quamors m. ainsi s. — 8686 H quel, D qui, EG el. — 8687*
IID laist. — 8689 II Ancois. — 8690 H et qui si granz a anuiz let, GD
et ki laquelt envis 1. 1., EF et qui le p. envis 1. 1.
DE LAVINIE 323
Trop l'ai Itiissié sor mei monter,
ne m'en puis mie délivrer,
quant que il vuelt puet de mei faire;
ne m'i guardai pro a l'atraire,
8695 mais bien me devreit alegier 'ûUjU,^tA^
et l'orgoillos alkes plaissier 6f\^uxuUJji-UY Cubatt^>JL-
por oui ge sui en tel destreit.
Amors ne me fait mie dreit,
quant ge m'en plaing et il s'en rit;
8700 muir m'en, et li en est petit.
Mais que sai ge de son pensé,
se il nel m'a si tost mostré,
se l'en puet il estre altretant
0 plus que il ne fait senblant?
8705 Sages oem est, si atendra,
des i que tens et leus vendra.
Et ge quel la ferai, dolente?
A mon ^es est maie l'atente, cl 'yy-i.err^ jo^cpuiûL
ne puis mie tant endurer, "
8710 ne mal sofrir ne doloser, '^v-^jt, çit -ix £^^ *^
si longuement ne voil mal traire , . .
Coment le voldras tu donc faire ? . . .
Et ja li voil faire saveir . . .
Quel mesage porras aveir? . . .
8715 Ge ne quier nul altre que mei ...
Iras i tu? ... Oïl, par fei . . .
8691 GDH sor moi 1. m. — 8693 et 8694 omis dans G. E de mi
p. f. — 8694 D ne men g. mie au t.; E point. — 8695 A m. b. m. redevroit
legier, EF or me d. b. a.; H ralegier. — 8696 H et 1. un poi p.; EF ploier.
— 8697 E par. — 8698 D point de d., E nient de d., GF mot de d. —
8699 A me p.; EF en rit. — 8700 A m. moi; HEF et il len est p. —
87U1 H M. je q. s. — 8702 EFD sil ne le ma. — 8703 et 8704 intervertis
clans D. Il si len est il espoir autant ; EFD sil en est p. e., G il len est
puet sestre. — 8704 G con se il en mostrast s.; D quil nen f. le s., E
quil ne me f. s.; F nen f. — 8705 GD et a., E et si a. — 8706 H lieu
et t. ; GF aura. — 8707 E que en f., F quil le f. — 8708 GEF mal. —
8709 A consirrer. — 8711 H s. 1. n. voil pas faire, A se ne v. 1. m. t.;
G ne 1. — 8712 E C. li v. ; H C. le veus tu donques f.; G C. que poras. —
8713 H a s. — 8715 GEDH ni q.; H ja a., D mie a. — 8716.DEF omettent i;
D I. tu o. p. ma f., F Iras tu oi jou p. f.
21*
324 ELLE VA ÉCRIRE
A grant honte t'iert ^orné . . .
Cui chalt? se faz ma volenté,
molt m'en iert poi que l'en en die ...
8720 Toi, ne dire tel vilenie,
que ja femme de ton parage
enpreigne a faire tel viltage, 'iriJj^>rJji.
qu'a home estrange aille parler
por sei oflPrir ne présenter.
8725 Aten un poi, ja t'avra il ;
tu sereies toz tens plus vil,
et il noalz t'en prisereit iù^
enz en son euer, quant il t'avreit . . .
Que ferai donc? Cèlerai li? ...
8730 N'est biens que il le sache issi . . .
Et cornent donc? ... Un poi atent,
li termes iert prochainement
que la bataille en estera,
et se il veint, il te prendra,
8735 dont vendras tu bien a tôt tens; j-nMO^^^i^
sofre un petit, si sera sens;
et se il est morz et veincuz
et Turnus seit a ce venuz
que il te deie a femme prendre,
8740 sel poeit savoir ne entendre,
que eusses cestui amé,
8717 GH vilte. — 8718 HD sen f., G se îaî. — 8719 FH est; H que
quen en d. , G que quon nos d. , EF quoi que on d. — 8720 E Ja ne
ferai, Il Tes toi n. d., D Tais ne di point, G Tais va ne dire; GH tel
folie. — 8722 D telle raige, GEH tel oltrage. — 8723 EF voist; G qua
un h. e. ait p. — 8724 GE et p. — 8726 D tous temps en s. p. v., EF il
te tenroit t. jours por vil; G il ten aroit; H un pou p. v. — 8727 H et
molt n., EF et il noians, G et asses mains; D et il demains te prisera. —
8728 H dedenz s. c, E en ens s. c.; F com il. — 8730 E nest mie bien
que faice ensi; GD n. drois. — 8733 F en naistera; D sera. — 8735 H
lors i vendras assez a tens; GEF donc i v. ; G onxet bien, E omet tôt, F
omet tu; D dont te vendra bien; DGF a tous t. — 8736 H s. tun pou
si feras s., EF s. un petit testera s. (F ce s.' s.), G s. un poi ce s.
grans s. — 8737 G et si li. — 8738 GEH est. — 8739 A quil; D deigne.
— 8740 D se il puet; E et il puet s. ni e.; G et e. — 8741 H que uses
c. aame, G qUe c. e. a.; D que tu e.
UN BILLET A ÉNÉAS 325
toz tens t'avreit mais en vilté . . .
De ce n'ai ge nule peor,
car lui n'avrai ge a nul jor;
8745 se Eneas i est conquis
0 par mésaventure ocis,
oeirrai mei, ge n'en sai plus;
ja vive ne m'avra Turnus,
por lui ne quier ge celer pas
8750 que mes druz ne seit Eneas;
a lui me tieng, choisi l'en ai,
ja mais d'amer ne li faldrai.
Mais ge ne sai cornent gel face,
com ge porchaz que il le sace J^U/^â. ùL ' oi>4t^rù^
8755 que s'amor m'a en grant destreit;
car ainz que la bataille seit,
li voil primes faire saveir;
s'en iert plus fiers al mien espeir.
Se de m'amor est a setir,
8760- molt l'en trovera cil plus dur,
molt en prendra grant hardement,
s'il sot onkes d'amor neient.
Por mei se devra molt haitier u^ju A^ôt-ci^
s'il n'est de cel malvais mestier
8765 dont la reine le blastenge; ôLt^n^i.
se ce est veirs, com puet s'i prenge.
Saveir m'estuet, si com ge cui,
S742 H t. jours mes t. e. v., E 1. 1. ten aroit e. v.; A a v. — 8743 A de
cel; E d. c. navon. — 8744 A lui navrai ge ja a seignor, E c. 1. nauerai a
nul j. — 8746 DGEH et par. — 8748 G ja Lavine nara T. — 8749 F nel q.;
HE quit. — 8750 H que li mien ne s. e.; D quamis drois. — 8751 et 8752
omis dans H. A o lui; E et c. 1. {le second hémistiche indistinct dans
G). — 8752 D damor. — 8753 H com il le sache, GD c. le f., T c. que f.
— 8754 II ja ne laure que ne li face, D que porrai faire quil le sache,
E ne porchacier cornent le face, G del porcachier com il le s. — 8755 et
8756 omis dans II. GF a g. d. — 8757 II certes prochenement s. ; F a s. —
8758 F si ert. — 8759 et 8760 intervertis dans G. EF ert. — 8760 H Tur-
nus len t. p.d.; EF troueroit. — 8761 et 8762 omis dans H. EF prendroit.
— 8762 G s. s. d. onques n. — 8763 EF d. rehaitier; HD d. plus h. —
8764 A sil veut fere malves m.; D cil nest. — 8765 A dune la raine iel
lostange. — 8766 H et se il en est; F voirs est. — 8767 H s. m. encor
encui.
326 ELLE APELLE
8770
s'il m'amera, se ge aim lui.
Tôt escrivrai en un brievet,
manderai li par un foillet ùtJ-CM^ -itM^-^-^
tôt mon estre, tôt mon corage,
asez porchaeerai mesage i^-gUJu^'^.am, cL * àùicjr».
par cui li trametrai l'escrit.
Il savra bien jusqu'à petit,
8775 ainz demain nuit savra mon estre."
Adonc leva de la fenestre
et quist tost encre et parchemin,
si a escrit tôt en Latin.
La letre dist ki ert el brief :
8780 saluz mandot el premier chief
a Eneas son chier ami
et dist après qu'el l'amot si,
ne li ert mais de nule rien;
ne j'a n'avreit repos ne bien,
8785 s'il n'en pensot prochainement. i>^ua* ùûxx.
Tôt li descuevre son talent ^
et a el parchemin bien peint
que molt l'angoisse et la destreint
l'amors de lui, si qu'ele en muert;
8790 par molt grant dolçor l'en requiert
que li prenge de li pitié
e l'asseurt de s'amistié.
Quant ot escrit ce qu'el voleit,
le brief a pleié molt estreit,
8795 comença sei a porpenser
8768 A quil m.; E se je en lui. — 8769 EF feuUet. — 8770 II en
un f.; EF brievet. — 8771 F t. m. e. et m. c; G et t. m. c. — 8774 GDII
lara, F rara; E omet bien, il le s.; A desqua p. — 8776 II Lors se, F
Dont ce. — 8777 GH et a pris e. — 8779 Alinéa dans GDII. E questoit,
F qui est; A dit qui fu. — 8782 H quil, DGEF que. — 8783 H de nului plus
ne li iert r., EF que ne li caloit dautre rien. — 8784 D n. j. naura, EF ja na-
veroit, G nele n. — 8785 GD hasteement, II hastivement. — 8786 EF des-
covrist, D descouvri. — 8788 E et m. 1. et d., GF q. m. pajr 1. et d. —
8789 GEFD omettent en. — 8790 GE que m.; y le r. — 8791 et 8792 omis
dans GII. D quil li. — 8792 EF et li otriot ses amistes; A et la saisi. —
8793 Alinéa dans II. F que v. ^- 8794 II plaie le brief a; E bien e. —
8795 H comence.
UN ARCHER 327
en cui el se porrat fier,
par cui el li puisse enveier.
Ne s'en saveit pro conseillier,
a la fenestre s'en râla,
8800 mist fors son chief, vers l'ost guarda,
et vit que Eneas veneit
vers la cité, corn il soleit;
ele en fu molt joiose et liée.
Il s'arestut une traitiee fienJ^jL. cL' a\4^
8805 près de la tor de l'altre part:
por les triues n'i ot reguart,
La dameisele a le brief pris,
environ la flèche l'a mis
d'une saiete barbelée;
8810 la letre fu dedens tornee:
0 un fil estreit le lia.
Un archier le rei apela.
«Amis", fait ele, „trai mei tost
ceste saiete a cels de l'ost,
8815 ki sont la jus soz ceste tor;
ici aguaitent tôt le jor,
ge cuit que ce sont lor espies;
se les triues erent faillies,
bien ont vett et esguardé
8820 0 il a meins de fermeté
et ki peor est a deffendre,
et par iluec nos cuident prendre."
^Dame", fait il, „ triues i a,
8796 E a cui; GEFH poroit, D peust. — 8797 D le p., GEFH li
peiist (F le p.). — 8799 DU ala. — 8800 II lors esg., D dehors g., F si
esg. — 8802 D si corn s. — 8803 G omet en. E e. e. f. lie et j. — 8804
E si s. ; G partie. — 8805 A p. de lautre p. de la t. — 8807 Alinéa dans
D. — 8808 H eutor une f. — 8810 H bontee. Le premier hémistiche illi-
sible dans A. — 8811 HE a un fil; H e. tout 1. — 8812 G et un a. en a. —
8813 GEF me t. — 8814 G une s., H ceste flèche; HGEF vers; GEF
vers cel ost (EF celé o.). — 8815 EF a ceus qui sont; AE soz celé t.,
F vers c. t. — 8816 F illuec a., E que ci a. — 8818 E desque t. — 8820
A ou il aiiroit moins de ferte. — 8821 H et le peeur lieu, GEF et u est
pire. — 8822 H car p. i. — 8823 sans alinéa dans HEF. GF f. cil.
328 ÉNÉE APERÇOIT
et desfaiz iert kis enfraindra;
8825 n'ont nul reguart ne nos n'avon: L/i.tiurJt^
bien l'ont afié li baron."
El li a dit: «Bien le puez faire,
ge ne te ruis pas a els traire,
por ce qu'en deies nul ferir,
8830 mais por els faire départir.
Trai devant els que il la veient,
ne puet chaleir s'il s'en esfreient,
mais que nen i ait nul tochié:
molt avrion mal espleitié." ol^
8835 Li arehiers tent son arc d'albor, cuUrcrtLKi
la saiete trait de la tor;
el chaï sus Vor del fossé Àà, ij^yuL
0 cil esteient aresté;
près chaï d'els, mais ne fist mal,
8840 ne a ome, ne a cheval.
Cil se traistrent un poi en sus,
entr'els le diënt, que Turnus
aveit les triues trespassees
que il aveient afiëes.
8845 Eneas a dit a sa gent.
nSeignor", fait il, „hastivement
voil enveier en la cité
dont nos avion setirté
et avion triues par fei.
8850 Quant enfraites les ont sor mei,
8824 H maubaillis iert qui e., F d. en e. ques e., G et d. qui les e. ;
D qui e. — 8825 EF ne il ne nous r. n. ; D et n. n. — 8826 H afie 1. tuit;
E fiancie. — 8827 HEF Ele respont, D Elle li dist; EF puis. — 8828 A
ne ne; D je ne ruis mie a, e. atraire; G pas als atraire. — 8829 E p. coi
en. — 8830 HD m. p. f. les d. — 8831 EF e. si quil 1. v. ; D sen voisent. —
8832 Le dernier mot indistinct dans A. — 8833 GFH blecie. — 8834 E car
donc a. ; GFDH avriez. — 8835 Alinéa dans GD. F t. de 1. d. — 8836 E
traist. — 8837 EF et c. ; D elle c. sor le f. ; GEF sor 1., A sos lorle ; G duu
f. — 8838 G assamble. — 8839 D p. d. c. ; H d. ne fist nul m. — 8840 D a h.
a pie ne a ch. — 8841 y traient. — 8842 D quant il oyrent q. T.; G ce
d. — 8844 EF que ou avoit par foi jurées. — 8845 sans alinéa dam A. —
8846 H ignelement. — 8847 GH a la c, — 8849 et 8850 omis dans D. —
8850 GEF enfreintes ; E et e., F que e. ; A les a s. m.
LA FLÈCHE 329
manderai lor que ne tien mais
vers negun d'els triues ne pais,
et s'il s'en vuelent desraisnier
qu'il ne l'aient forfait premier
8855 et desor nos la triue enfraite,
la saiete ki nos fu traite
seit mostree, sel proveron;
s'il le neient de traïson,
bien mosterron que il ont tort.
8860 Alt uns de vos, si la m'aport."
Uns d'els corut, et si l'a prise,
a Eneas l'a el poing mise.
Choisist le brief, sel deslia;
la dameisele l'esguarda.
8865 Eneas esguarda l'escrit,
tôt a veli que li briés dit;
en la letre veit et entent
que Lavine l'amot forment
et que segurs fust de s'amor,
8870 car ja n'avreit altre seignor.
Tôt a vett quant que manda, -^ùuJL ca V^*-
molt s'en fist liez, bien le cela:
ne volt que sa genz le setist
ne que nus d'els s'apercetist.
8875 Devers la tor s'en retorna.
Lavine vit ki l'esguarda,
baisa son deit, puis li tendi,
et Eneas bien l'entendi,
que un baisier li enveiot,
8851 F nés. — 8852 II envers nul d.; D devers euz ne t. n. p.; G
trive. — SS53 H et se il, D et sil le v., E et sil^en v. — 8855 H desus.
— 8856 H por 1. s. qui f. t. — S857 H si les p., GEE sis p. — 8858 H
touz ensemble, D se fii traite. — 8859 E b. monstreront qui! ont a t. ; G
prouerons. — 8861 EF Li uns e. — 8S62 E u p. la m. — 8863 HEF Le
brief ch. ; A ses d. — 8864 H la pucele le regarda. — 8865 Alinéa dans
GD. Il esgarde, DGEF regarda. — 8866 GEFH bien av. — 8867 EF par
1. 1. — 8868 DH laime. — 8871 HE quant quel. — 8872 H en fu 1.; E si
le c. — 8873 Illisible dans A. H que nul des 1. s. — 8874 H se naper-
cust, E laperceust, F sen pereheust. — 8875 HE se r. — 8876 A quil 1.,
GH si 1. — 8877 EF s. d. b.; y si 1. t.
330 l'amour s'empare
8880 mais nel senti, ne il nel sot,
de quel savor ert li baisiers;
il le settst molt voleutiers.
Tels cent l'en enveia le ior,
de la 0 ele ert en la tor;
8885 onkes ne sot, que il saveient,
que dusque lui ne parveneient.
Il l'esguardast molt dolcement,
s'il ne s'atarjast por sa gent;
ne reguardot pas de dreit oil.
8890 Celé cuidot que fust orgoil
et qu'il ne la deignast amer.
Quant il la voleit esguarder,
si eomençot de l'altre part,
et puis conduieit son esguart
8895 des i que endreit li veneit,
en icel point ses oilz teneit,
tant com poeit li afichot, •lû^^ùh
en trespassant la reguardot. p£t^,^Ar^
Maint senblant se firent d'amor.
8900 Quant vint a l'avesprer del jor,
si s'en retorna Eneas,
vers l'ost s'en ala tôt le pas, hyut cLl Jjuiuk-
la cité reguardot sovent
8880 H n. m. savoit ne pas ne s., D m. il nel sent ne ne le s., GF
ne mais savoir pas ne pooit. — 8882 EF sentist. — 8883 EF en env. —
8884 A omet de, la ou ele estoit e. 1. 1., E de la u ert ens e. 1. 1. — 8885
EF aine ne senti. — 8886 HEF ne jusqua lui; G ne de quel savoir il
estoient. — 8887 A lesgardot, D esgarda. — 8888 D mais il satarja, GH
sil ne sen tarjast, F. s. n. se tarjast; A la g. — 8889 H ne lesg., EF ne
nesg., G ni r.; D point, ies vers 8889 — 8894: sont en partie illisibles dans
A. — 8890 D Elle; GH C. li tornoit a o. — 8891 H cuidoit ne 1. d. —
8892 H deiguoit; EF Q. il v. vers li g.; GHD regarder. — 8893 et 8894
omis dans H. — 8894 DG regart. — 8895 H dolente en iert molt len pe-
soit. — 8896 et 8897 intervertis dans F. H toute voies ses eulz tenoit. —
8897 H vers lui et tôt iors lesgardot; E si a. — 8898 H et de samor la-
seurot. — 8899 Alinéa dans GH. H Molt s. f. s. d. ; A i f. ; EF le jor. — 8900
D a a de cel jor; EF qui (E et) molt pleurent al dieu damour. EF ajoutent
deux vers. V. les notes. — 8901 G repaira; EF quant avesprer vit E. —
8902 H sen aloit, A chevalche ; EF si sen repaire a lost 1. p. — 8903 D esg.
DU COEUR d'énée 331
et donc rediseit a sa gent
8905 que molt par esteit la tors bêle:
plus le diseit por la pucele
qu'il ne faiseit por la maisiere.
Al paveillon revint ariere,
il deseendié devant sa tente;
8910 ses corages ert a Laurente:
amors por la fille le rei
l'ot molt tost mis en grant esfrei.
Onkes ne li tint de mangier,
de hait vespre s'ala eolchier,
8915 molt li delitot a penser
et son corage a recorder
com la pucele l'esguardot,
kl les baisiers li enveiot.
Tôt ot noté en son corage
8920 et son senblant et son visage;
al cuer l'en toche grant dolor.
Cupido, ki ert deus d'amor
et ses frère charnels esteit,
en sa baillie le teneit;
8925 onc nel laissa la nuit dormir,
ainz li fist faire maint sospir.
n se degetë et estent,
tome et retorne molt sovent;
onkes la nuit nen ot someil:
8930 amors l'ot mis en grant trepeil, û.aô^c«A.<w^
amors le faiseit trespenser, ruuUjLcki^
amors le faiseit tressuër J^i^JrUiéÛAtJiJ
8904 HE et puis, D et lor. — 890H A tôt 1. d., E mais plus le dit. —
8907 A que. — 8908 EF dusca sen tref. — 8909 H si d., E et d. — 8910
D s. corage estoit. — 8911 Alinéa clans D. — 8912 H la m. t.; E 1. mis
en molt très g. e.; G fort e. — 8913 et 8914 omis dans H. — 8914 D
ala. — 8915 H m. se d. — 8916 DEH en s. e.; F remenbrer. — 8917 E
ou 1. p. — 8918 H ses b.; D b. ne e. — 8919 H tôt a escrit. — 8921 A
U t. la d.; DGH touchoit; D g. doucor. — 8922 EFHD est. — 8923 H qui
ses f. — 8925 GEF aine; E ne 1. — 8926 A molt 1. f.; H traire. — 8927
G deieta; E sestent. — 8931 Alinéa dansD. D tressuër, — 8932 D tres-
penser 5 H et sanz trop grant chaut t. — 8933 GDH tressalir.
332
SES SOUFFRANCES ET
ûiAuUùrnmaSQSh
lAU.
8940
8945
8950
8955
8960
et refreidir et espasmir
et sospirer et tressaillir.
Amors l'arguë et eomuet, ÛLùuUt- , i-i^ûi/eL
tressait que reposer ne puer;
en son séant se rest asis,
molt esteit mornes et pensis
et rediseit en son corage:
„ Amors me fait molt grant oltrage,
ki me meinë en tel manière: ^Kcûj^
soz ciel n'a si vil chamberiere
que il menast plus a desrei oUU^-^J^xd, c^rdu^
ne plus vilment que il fait mei, ^
ki sui ses frère et il est miens.
De lui me dettst venir biens,
tôt mal me fait et tôt me mate; 4uj^
veirs est que privez mal aebate.
Amors, nen ai vers tei rados, ^^^u^-ù^fJ , QOAA'rA
tu ne me lais aveir repos, ^
nus oem estranges, par ma fei,
n'eust noalz que ge vers tei. /o^^
Tu m'as de ton dart d'or navré,
mal m'a li briés enpoisoné
qu'entor la saiete trovai.
Por fol le lis, mar le baillai:
ja m'en deveie ge clamer Tn, * ,4^» £ilal^cL>u,
et cels de la de ce reter ùxJuj^tM^i -blci^mJLrJ
qu'il aveient la pais enfraite
por la saiete ki fu traite . . .
Tais, Eneas, or as tu tort . . .
8933 GHD tressailler. — 8934 GH espamir. — 8935 GEFH largua; H 1.
le c. — 8938 H mornet esbahis et p. — 8941 EF demeine. — 8942 G na s. c.
— 8945 y si (F qui) s. s. frères et il miens; GEH si s. — 8947 H grant mal
m. f. trop fort me m. — 8948 A prie; D je lachate. — 8949 Alinéa dans G.
D A. nai vers toi nul r., y A. jo nai vers t. r. — 8950 EF omettent tu, ne me
laissies. — 8952 D n. mains; GDH que jay v. t.; H de t. — 8953 G mon. —
8954 H mar; D emprisonne. — 8955 A quant 1. s. t. — 8956 H molt fis que
fous, A p. f. lo sui, EF corn fol le lis, G p. f. le fis, D p. f. me tieng; DH quant
1. b., AG mal 1. b. — 8957 GD me ; EF deusse. — 5958 D et c. d. 1. recereter,
F et c. d. le decoureter. — 8959 H qui a. ; GFH la triue e. — 8959 et 8960
intervertis dans G. — 8960 A par 1. s. — 8961 Alinéa dans D. EF Taiste.
SES PLAINTES 333
Cornent? Ge sui navrez a mort!
Cornent tairai? Com puet remaindre,
ki batuz est, qu'il ne s'ost plaindre?
8965 La saiete ki traite fu,
m'a malement el cuer fera ...
Tu menz, molt chaï loing de tei ...
Ele aporta ma mort o sei,
angoissosement me navra . . .
8970 Ne ses que diz, ne te tocha . . .
Non veir . . . Cols ne plaie n'i pert . . .
Mais li brievez ki entor ert,
m'a molt navré dedenz le cors . . .
Et li cuirs est toz sains defors;
8975 li briés coment? ... Ja me mostra
ce que Lavine me manda . . .
Donc n'es tu altrement navré
se del brief non ki t'a mostré
que Lavine te vuelt amer?
8980 Ge non ... Ne t'en deis pas clamer, -h 'jLfr^ ^UA^urt.A''^^
Ki te fera dreit del foillet?
Lais ce ester, si t'entremet
et si pense de ta bataille.
Ne sai que ceste amors te vaille,
8985 car se tu veinz, tu puez saveir
que donc la t'estuet il a veir; ,
se veincuz est, si l'as perdue,
si en fera altre sa drue . . .
Ce est tôt veir, mais nequedent fiai-^A^^tt/^
molt m'a doné grant hardement: c^tuajXao^
ne cuit qu'uns cors de chevalier
8990
8963 H com se t. — 8964 H quest b. qui ne sose p., E que bastus
ne sose pi.; GFH qui ne. — 8966 GF laidement; A cors. — 8967 H t.
m. ainz ch. près de t. — 8968 A aportot. — 8973 G entor 1. c. — 8974 EF
cuers, G bries ; D e. s. dedefors. — 8975 et 8976 omis dans A. F La m.
m. — 8977 EF d. nas tu autre enfermete. — 8978 HD fu m., G test m.
— 8979 H se. — 8980 H De ce ne te d. ja c; EF l^aje. — 8981 GEH
feroit; GH brievet. — 8982 yD Lai ce e., A Laisse e. — 8983 GEF la b.
— 8985 A ce p. — 8986 GEH que Lasùne t. a., F que donskes le t. a. —
8987 D e. tu las p. — 8989 H bien v. — 8991 cors indistinct dans A. D
quencors.
334
SES
8995
vers mei la puisse desraisnier. dûAr^AA-» ùm^ iuM
Molt par li dei saveir buen gré
qu'el m'a primes amor mandé,
et molt me métrai a grant fais, 'Tw-i- ûLânt^'TLAAU
dc^ Axk.
ainz que la perde et que la lais .
Et nequedent femme est molt sage
JUrr^MÀ/rj^J d'engignier mal en son corage;
il puet bien estre que Turnus
9000 a de s'amor o tant o plus,
et qu'ele est a seiir de lui;
parler pueent ensenble andui,
s'amor li a puet estre ofert
si com a mei tôt en apert;
9005 une chose nos fait entendre,
al quel que la viegnë a prendre,
que ele l'ait anceis amé;
del quel ki l'ait vuelt aveir gre;
femme est de molt maie veisdie . .
9010 Or ai pensé grant félonie;
el m'a mandé tôt son talent
par son escrit priveement
. et mostree m'a la dolor,
le mal qu'ele trait por m'amor. Jlla,»uj^40
9015 Ge cuit, se ele ne sentist
tels angoisses, ja nel deïst:
ne puet parler d'amor neient
/U.ùf\.
'^jU.^nruU^
8992 D la peust envers d. ; E le puist, F le peust ja; G repairier. —
8993 EFDH len d. — 8994 H qui, D quant ; E que premier ma samor m. ;
G a. p. m. — 8995 EF et molt en souflferai g. f . ; y men ; HD en g. f. —
8996 H p. ne ne les, D prende ou que 1. 1., F p. ne le 1., G p. ne quel 1. —
8997 H Et neporquant, GEFD Mais n. — 9000 EDGII altant op.— 9002
G p. em p. — ^^^"il Alinéa dans H. H s. li a espoir o., EF s. p. e. li oferte ;
A testre. — 9004 EF si corne moi t. e. aperte. — 9005 H bien puet e. quel
fet e. ; GEF or cest eure, D a ceste eure. — 9006 A liquels ; H qui ja la doie p.,
GD quele v. a. p., ÉF q. v. de li p. (F vendre). — 9007 et 9008 inter-
vertis dans II. E soit, G la. — 9008 HF quele a., E que soit. — 9009 Ali-
néa dans DF. E omet molt. — 9010 G pensée f. ; DEF vilenie. — 9011
D Elle m. m. s. t. — 9013 H sa d. — 9014 A que ele t. por moie a.;
GHD p. amor. — 9015 E se ele je c, D g. c. que selle; H nel s. — 9010
F tele angoisse; E ne d.
PLAINTES 335
ne dire rien, ki ne s'en sent.
Bien ai el brief apereeti
9020 ki par engin tramis me fu,
que molt se duelt et molt se plaint;
ge ne cuit mie qu'ele n'aint . . .
Si fait . . . Par fei, mais ne sai cui . . .
Puet estre qu'ele aime celui
9025 qu'ele puet veeir chascun jor,
et ce qu'ele sent por s'amor
me fait entendre qu'est por mei ...
Fereit le ja? Ne sai por quel;
ne cuit neient, s'el ne m'amast,
9030 que ele ja le me mandast.
Bien puis saveir des l'altre jor,
que primes fui desoz la ter,
a ce que tant me reguardot,
de si buen oil, qu'ele m'amot;
9035 des i donc m'en aperceiîsse,
se ge d'amer vilains ne fusse;
ne saveie que ce esteit:
onc ne fui mais en tel destreit;
se ge ettsse tel corage
9040 vers la reine de Cartage,
ki tant m'ama qu'el s'en ocist,
ja mes cuers de li ne partist;
ne la guerpisse en mon vivant,
se ge seiisse d'amor tant,
9018 A qui ne aime et qui nen s., EF de le verte qui ne le s. ; H sel ne
s. — 9021 GEF sen p.; GD sen d. — 9022 EF ge ne croi pas; E quele ne
raint; FA maint. — 9023 EF Ele aime bien m. n. s. c. ; A mais fiz ne sui. —
9024 A que p. e. car neint celui, D p. ce e. que cest celui, H p. ce e. aime
celui ; G sestre, — 9025 A met ici le vers 9032, mais s'est corrigé. D omet les
vers 9025—9031. — 9026 G quel s. por soie a. — 9027 H cest. — 9028 A
Fera; H n. s. par foi. — 9029 Je ne cuit pas seul ne m.; GF ne croi n.; E
sele mamast. — 9030 EF que e. ensi; G ne me m. — 9031 EF peu s., GH
poi s.; EF très 1. j. ~ 9032 A quant. — 9034 omis dans E. A o. s. b. o.,
G poi jo savoir. — 9035 H des lores, EF dieus sadont (F adont), D des
lors bien. — 9036 E se jour; H damors v. — 9038 EFH ainz, DG aine;
G ainz mes ne fui; HDG a t. d. — 9039 D se ge en e. — 9041 HF quele
s., DE que s. o. — 9042 HG ja mes cors del sien. — 9043 y a m. v.
336 SES
9045 com ai des ier matin apris.
Molt m'en est plus bels cist païs
et molt m'en plaist ceste contrée;
molt par fis ier bêle j ornée,
quant m'arestui desoz la tor
9050 0 ge recoilli ceste amor;
molt en sui plus et forz et fiers,
molt m'en combatrai volentiers;
quant de s'amor m'a fait le don,
molt me métrai en abandon -^nx ' .£»vaaa£a4^ ^
9055 0 de la mort o de la vie; " àj-^t^j /u.
hardement me donc m'amie.
Se Turnus la vuelt desraisnier Qùuûrri^ â^ Jiu.
molt le cuit forment chalengier, cLûc/^^Jf^^
molt li cuit rendre grant estor;
9060 quatre mains m'a doné amor.
Amors molt fait orne hardi,
amors molt tost l'a enaspri. o^cXj^
Amors, molt dones vasalages!
Amors, molt faiz creistre barnages!
9065 Amors, molt es de grant eflforz!
Amors, molt es reides et forz!
Amors, tu m'as molt tost conquis;
en poi d'ore m'as si sorpris
que ge ne puis repos aveir.
9070 Coment le porra el saveir,
que ge li ai tôt otreié
ma druërie et m'amistié?
Manderai li? ... Tais, fols, ne faire,
9045 A iai. — 9046 H plus biau men est tôt cest p. — 9047 EDH
et mielz; GFDH me p. — 9048 GH bone j. — 9049 E jarestai, F arestai;
D dessor. — 9050 D o. g. ciiilli. — 9052 A me c; HEF combatre men
plus V., G et plus c. V. — 9053 A me f. — 9054 H tout m. m., EF or m.
m.; A m. men m. ainz; GD a a. — 9055 D ma m.; GH ma m. o de ma
vie. — 9056 GEH ma done ; F hardiement ma doce a. — 9057 II cha-
lengier. — 9058 HEF je la c. ; H molt bien desrenier, G griement c. —
9059 H len cuit; G fier e. — 9061 D lome; DEF fais. — 9062 A a. la
m. t. anaspri; II mas, D as, EF las. — 9063 et 9064 viennent dans GH
après 9066. G done; A vasalages. — 9064 A corages. — 9068 G a molt
fort ore si ma pris; D si m. s. — 9071 H cou ge.
i
PLAINTES
337
ne la deis pas sor tei atraire,
9075 ne faire tel senblant d'amor
dont te repentes alcun jor ...
Ge ne m'en cuit ja repentir ...
Ne faire, on se deit molt eovrir;
ne deit pas tôt son cuer mostrer
9080 a femme, ki la vuelt amer;
un poi se face vers li fier, 4^ Z*-^^'^
que de l'amor ait le dangier, dcrrrUyruiJxje»}
car se la femme le saveit
qu'el fust desus, il s'en plaindreit.
9085 L'en deit femme faire doter, c/iairuUAjL.
ne li deit l'en pas tost mostrer
come l'en est por li grevez; aCLàoLù/u-aU^i^
de tant aime ele plus asez . . .
Ce est tôt veir, mais nequedent,
9090 s'ele ne set de mon talent
et que ge l'aim en tel manière,
ge criem que el resort ariere. 4J- j\jLih,£LtJ^
Se ge s'amor pert a mon tort,
bien avreie deservi mort.
9095 Dolce amie, bêle faiture, -/y-x^yy^^
vostre amors m'a mis a niesure,
por vos me plain, por vos me doil;
ier m'esguardastes de tel oil
que tôt le cuer m'en tresperça."
9100 Donc l'en sovint, si se pasma
et reehaï el lit ariere.
9074 D mie a toy a., EF pas ensi a. — 9076 EF a nul j. — 9077 et
9078 omis dans A. H Ne ne m. c. — 9078 H mes home se d. m. c, D
homme s. d. m. bien c; FG sen. — 9079 G pas lom s. c. m. — 9080 GH a
f. que il doit a., EF a le f. quil (F que) v. a., D que il veut a. — 9081 G de
li f. — 9083 F f. len avoit. — 9084 A quil f. desoz et se p. ; EF quele fust
sus. — 9085 EF Femme d. 1. faire d. ; D faire f. — 9086 DE tout. - 9087
D coment ; EF die li quest. — 9088 E laime eles ; F tant le aime p. a. —
9089 H neporquant. — 9090 A se el. — 9091 GHD de t. m. — 9092 H quel
ne sen traie a.; EF que sen r., D que se r., G quele r.; ADG resorte. —
9093 G par m. t., A an m. t. — 9094 D b. auroi d. la m. — 9095 Alinéa
dans GHD. — 9096 Indistinct dans A, v. a. ma tarte (?) sanz m. — 9097
A por ce; D et si me d. — 9100 HD Lors. — 9101 A r. iluec a.
Bibliotheca Xormannica IV. 22
338 LaviIste en colère
Tote nuit fu en tel manière
que il nen ot bien ne repos,
ne por dormir n'ot son oil clos.
9105 Tote la nuit fu en dolor,
ne li amenda pas le jor; cUJLû, yrùjuju^
s'il ot la nuit devant maltrait,
le jor après noalz li vait.
One ne pot monter en cheval,
9110 a sa gent dit que il a mal;
environ lui plorerent tuit,
en l'ost nen ot le jor déduit,
ne il n'i ot ris ne joë;
molt par furent tuit esfreé;
9115 près ert del jor de la bataille,
il criement qu'en lui ne défaille
et que il ne se puisse aidier,
quant il en avra le mestier.
Lavine fu sus en la tor;
9120 bien matinet, oël al jor, ^^ yrl^rr^ ^c^rryn^ eu,
revint a la fenestre ester, ^
vers l'ost comença a guarder,
savoir se el verreit son dru.
Molt longuement a atendu
9125 s'il la vendreit ja reguarder
la 0 se soleit arester.
9103 et 9104 omis dans A. D not ne bien; G quil n. o. ne bien. —
9104 H navoir 1. c, G nen ot 1. c. — 9105 GEH dolors. — 9106 GEH
n. 1. a. prou li jors; H aleja. — 9107 GH sil ot eu le nuit traval. —
9108 GH il ot le jor (G et 1. j. ot) assez noal. — 9109 H sus c, EF
sor c, GD al c. — 9110 H dist; HI quil avoit m. — 9111 D ploroient,
F por orent. — 9112 F e. 1. en ont; H norent le j. d., 6 n. o. point d. -
9113 HF ne ni ot ne, E il ni ot ne. — 9114 EF ains estoient molt e.;
G m. en f. — 9115 H est; y li jors. — 9116 H peor ont, D si c, G et c,
EF et cremoient ; GEFH que en (EF quen) lui ne faille ; A que en 1. d. —
9117 DF et quil; EF puist; F et quil ja, E et que il. — 9118 H q. i.
vendra au grant m., E au jour quil en a. m.; D auront. — 9119 sans
alinéa dans EH. F fu en en 1. t. — 9120 H Au m.; H au fil del j., D
au point du j., F ades le j., G com vint al j. — 9121 F et vint, G sen
vint; D sa f.— 9122 H comence a regarder. — 9123 F vera. — 9124 DH
la a.; A antandu. — 9125 et 9126 omis dans H. A la r.; D esgarder.
CONTRE ÉNÉE 339
Quant ele veit qu'il ne repaire,
molt a grant duel, ne set que faire,
crient que s'amor ait refusé.
9130 „Ce est", fait ele, „verité,
que ma mère m'a de lui dit;
de femme li est molt petit,
il vuelt le déduit de garçon,
n'aime se masles putains non.
9135 S'un Ganimede a avuee sei,
asez li est or poi de mei;
il est molt longuement en ruit, /iujL
as garçons meine son déduit;
quant a mené o els son galt,
9140 de nule femme ne li chalt.
Buer sera or la femme née ûûuu^ -^^>v 'i^fy-Jsa^uuV
ki a tel home iert mariée!
Molt avra de lui bel confort
et bêle amor et bel déport: a/mM^M^vr%e..,^né^ , ^^'^
9145 il l'espargnereit longuement,
ne l'en prendreit longues talent.
Bien vei que de femme n'a soing;
il n'a de tel déduit besoing;
onc puis que sot quel vols amer
9150 ne deigna celé part guarder;
puis qu'il me vit a la fenestre,
9127 G q. ne le v. nil ni r. — 9128 H dolente en est. — 9129 EF
crient qu'il ne laint ne soing nen ait, G que samor nait crient refuse; H
refusée. — 9130 EF par foi dist ele mal ai fait, H cest f. el v. provee.
EF ajoutent deux vers. V. les notes. — 9131 E corne. — 9133 H 1. d.
aime, A il voldroit d. ; EF dun g. — 9134 H n. se geune potriau non, EF
jovenchiaus a. feme non; G naimes; AD maies. — 9135 et 9136 omis dans H.
GF se un garçon, E Se g. — 9136 G e. petit de moi. — 9138 A a garçon. —
9139 EF q. mené a a aus senfant, G q. a a. m. ses fais. — 9139 et 9140 omis
dans H. D sault. — 9140 AD ne n. f. ; G molt 11 est pou de femes mais;
D chault. — 9141 H Bon; A dame. — 9142 GF t. gent. — 9143 H car de
lui a.; GEFD auroit; A bon c. — 9144 H et biau solaz, DE et bonne a.
— 9145 et 9146 intervertis dans H. H sil 1., F il esp. ; A espamera. —
9146 H poi li ferait de son talent, EF nen aroit gaires de t. (F quil na-
roit); GEFD gaires., A prendra. — 9147 H quil na de f. s., F que des-
fense n. s. — 9149 GEH aine, F ains; y quil. — 9150 F p. que m. v.
22*
Mo ÉNÉË SE MONTRE
que li ai fait saveir mon estre,
n'i estetist il a nul fuer: ùaI^
de mei veeir ot mal al cuer.
9155 Molt me prisast mielz Eneas,
se g'eiisse fenduz les dras
et qu'etisse braies chalciees -^-lA-û^ cÀûmuujij^
et lasnieres estreit liëes. éa.'rûjL^^x^
Il a asez garçons o sei,
9160 le peior aime mielz de mei,
fendue trueve la chemise;
maint en i a en son servise,
lor braies sovent avalées: Vû-t^d^J djLA^CÂ.>rycUiA,
issi deservent lor soldées. ^
9165 Maldite seit hui tels nature
d'ome ki de femme n'a cure;
il est de ce toz costumiers.
Molt par est malvais cist mestiers
et molt par a fol escient
9170 ki femme lait et home prent.
Ge l'amasse, se buen li fust;
mei fust molt bel, se li pleiist;
quant li ne plaist, gel laisserai,
et sel puis faire, gel barrai,
9175 se en mon cuer haïr le puis;
molt a enviz l'amerai puis, CL AJicynA^
car sovent aime l'en tel rien
dont il li peisë al cuer bien.
9152 H et li; EF eut f., GH oi f. — 9153 F par n. f. — 9154 H aU
mal c, D a molt mal c. — 9156 H les f. d.; GEF se jo e. f. d. — 9157 et
9158 intervertis dans EF. EF les braies toutes d.; G et seusse. — 9158 EF
et les 1. deslachies, Gai. bien atacies. — 9159 II II a ses g. avec s. —
9160 G le poi ce a.; EF a. plus. — 9161—9165 omis dans G. A lor chemise,
E le servise. — 9162 H molt; EF il en a m. en son s. — 9163 DE ses b.,
F les b. — 9165 EF or t. n. — 9166 F Home. — 9168 G M. en e. m. li m.;
H Maudit s. h. iteus m. — 9169 H car m. — 9170 DEF que f. 1. — 9172 GDH
molt me f. bel (D bien). — 9173 DGEF jo me l, H je le 1; yD lairai. —
9174 F et se jo puis; EF si le h., G sel hairai. — 9175 EF se en m. c. le
puis trover; GH se de m. c. — 9176 EF narai cure de li amer. EF ajoutent
deux vers. V. les notes. — 9178 H d. il p. al c. très b., A d. an 1. p. a .c.
bien, E d. il au c. p. molt bien, F d. len p. a. c. b., G d. il p. a. c. molt bien.
^Ct-LlJUkX. 7n^^ oMùujfC^
ELLE SE REPENT 341
Se il amer ne me volsist,
9180 il esguardast, si eonsentist
et otreiast que ge l'amasse.
Nel vuelt sofrir, ehaitive, lasse!
ne 0 m'amor ne vuelt partir,
ne seul que l'aim ne puet sofrir.
9185 Tant sui ge, lasse, plus dolente;
ge n'i métrai ja mais m'entente;
itant corne ge Guiderai
que il aint mei, tant l'amerai."
La dameisele por s'amor
9190 démena grant duel tote jor,
ne saveit pas que il faiseit,
eome s'amors le destreigneit, ^ânu.^.'yT^t^nyttiè: j^aj^^^ÎU
com il en ert paliz et teinz
et toz muez et si ateinz,
9195 ne poeit beivre ne mangier. ^
Mais por sa gent alkes haitier ti^ AjBL-éàrL'^-'i^
' soentre none se leva, Jh^yt^^ ^a^j^^ ^> cU. -Z ûJO/^À^ -
sor un destrier liart monta, gC^u^^^rit. Lau^Éu^cAj ^rrJudjL
molt de sa gent mena o sei, ^i/^tl^-tVut cLl ^yJi^
9200 si rest alez en esbanei. ^j^ cUtL t^r^ /^^l^yrui^rJLu
Vers la cité chevaleha dreit, ^^^^
la s'arestut o il soleit,
tôt dreitement desoz la tor,
iluec 0 il reçut l'amor.
9205 La pucele le vit venir,
9179 D et se il a. me v. — 9180 H si me gardast; A et c, — 9181 F
ou o. — 9182 GED Ne; H faire. — 9183 A menor; E ne a m. — 9184 F de
s.; G ne que jo l; D ne veult s. — 9185 EF je certes p. d. — 9186 EF
or ni. — 9187 EF ne mais i. com quidirai; D fors i. com. — 9188 D q.
il maime. F ajoute deux vers. V. les notes. — 9189 Alinéa dans DGEF.
— 9191 D n. s. mie quil f. — 9192 II coment amors. Ce vers est omis
dans G. — 9193 EF et il en ert; GEF pales. — 9194 HG et si m.; DF
et tout a. — 9196 H s. g. esleecier, EF ses hommes rehaitier. — 9197 H
en mi le jor dont se 1. — 9198 H sus, D en; GDH cheval. — 9199 D de
sa gent mena molt os. — 9200 A si rest a. enz el gravoi; y est; F râ-
lez; G ens el tornoy. — 9201 F chevalce. — 9203 II d. ala a la t.; F tôt
solement, G d. par; E desor. — 9204 H omet iluec, ou il r. primes 1. —
9205 sans alinéa dans HDE.
y
342 ÉNÉE ET LAVINIE
comença sei a repentir
de ce que l'aveit blastengié,
et dist: „Molt ai mal espleitié, qac.
trop ai parlé corne desvee,
9210 ge cuit qu'amors m'a encusee i\cti^t^t
de ce que tant en ai mesdit;
or m'en repent, trop l'ai sordit. CjaÀ.enrnyr>MU^
Bels dolz amis, tenez mon gage,
molt par vos ai dit grant oltrage,
9215 ferai vos dreit et tôt plaisir.
Bien m'en devreie repentir,
ki tel blasme vos ai "mis sore. pa^ ^^^^^f.^^
Ohi lasse, trop m'i deraore
que il de mei ne prent son dreit.
9220 Bels dolz amis, se vos plaisait,
nuz piez ireie a vostre tref;
molt me sereit buen et soef,
se traireie mal ne dolor.
Ge mesparlai par grant folor,
9225 ge vos blasmai a molt grant tort.
Amis, bien ai deservi mort;
se vos volez, n'est proz ma vie, '^'^'^^ "^ *>i*^». /
et se vos plaist, si sui guarie." ^^ "^ûXauu^
Donc li refist un dolz reguart;
9230 Eneas guarda celé part
et aperçut qu'el l'esguardot;
donc sospira que mais ne pot.
9207 D de ce que tant lot b., H de cequavant lot b., E de ce quele
1. b. ; G quel I. — 9208 D et d. or ai, EF et dist jou ai; G a m. e. —
9210 D ce cuit; F niait acussee. — 9214 EF sus vous ai mis trop g. o.
— 9215 HD droit f. a vostre p.; EF d. vous f.; GEF tôt a p. — 9216
EF Certes bien men doi r. — 9217 GEFD que; GED a m. s. — 9218
D 0. 1. comme d., GEH Or mest avis que t. d. ; A Ahi. — 9220 Alinéa
dans H. HE sil vos. — 9222 D douz et s. — 9228 D ne senteroy, F sen t.,
GEH nen t. — 9224 H je ai parle, EF mes parle ai; D si fis f. — 9225 A
ge lai blasme, HGEF blâme vos ai; E par m. — 9226 HEF omettent Amis;
H bien auroie d. m., EF bien en devroie avoir le m. — 9227 GEF se il
vos plaist. — 9228 GD et sil v. p., H et se volez; EF mais or sachies que;
D je sui. — 9229 Alinéa dans EG; DH Lors 1. r. — 9230 HGE garde. —
9231 DGEF que 1. — 9232 EF car m., G que plus; GD ni p., HF nen p.
SE FONT DES SIGNES 343
Tait si baron, ki l'ont vett,
s'en sont molt tost aperceii;
9235 entr'els le diënt li plusor:
a Tel guardant a en celé tor,
se ses eonselz en ert cretiz,
tost nos avreient receiiz:
se tuit li altre l'en ereeient,
9240 molt hastivement se rendreient."
^Sire", font il a lor seignor,
„veez, molt est bêle la tor,
mais il a un piler lai sus
ki alkes peut vers vos ça jus.
9245 Veez com la maisiere est plaine,
li pilers dreiz et l'oevre saine.
Molt est bêle celé fenestre
lez cest piler, de ça sor destre,
mais il s'i esta uns archiers
9250 ki molt traireit ça volentiers.
Sire, car vos traiez en sus
que il ne traie a vos ça jus."
Un poi s'en sozrist Eneas,
ki entendi molt bien lor gas,
9255 et nequedent si s'en guardot
que veiant els l'oil n'i tornot.
Mais al trespas li refaiseit
alcun senblant, quant il veeit
qu'il n'entendeient pas a lui.
9260 Itant poeient faire andui
9233 A t. li b., EF li uns de cels. — 9234 D se. — 9235 H omet le ;
D El tref 1. d. — 9236 E Ja tel gart a, F II a tel garde, GDH Telle garde
a. — 9237 D se son conseil estoit c. — 9238 F deceus. — 9239 D le c.
— 9240 EF omettent molt, hast, se renderoient. — 9241 Alinéa dans G. —
9242 DEF omettent veez; D molt par e. b. c. t., EF or poes veir b. t.; H a la
b. t. — 9243 H desus. — 9248 HD 1. le p.; FD vers d. — 9249 et 92^0
omis dans F. D m. il estoit la u. a., G m. iloc estoit u. a. — 9250 HE qui
ca t. molt V. — 9253 D se s., E en s. — 9254 F q. e. bien tous 1. g.; H
entendoit; A très bien; GH les gas. — 9255 H et neporquant ; E si lagar-
doit, F si le gardoit. — 9256 EF q. v. e. se retornoit (F sen r.). — 9257
H AvaincC?) foiz en trespassant; F M. autre pas, GED M. a t. — 9258 H
q. i. V. a. s.; D com il v., A que il lamoit. — 9259 H et quil, A quant
il; D mie. — 9260 H dont sesgardoient anbedui.
344 ON PRÉPARE
d'els esguarder, de senblant faire.
Quant il se remist el repaire,
si comença a sospirer
et la dameisele a treabler;
9265 molt lor fu griés la départie.
Cil reguarde sovent s'amie,
ele tendeit sa main vers lui.
Il traistrent maie nuit andui,
l'uns ne pot pas l'altre obliër,
9270 ne poeient lor cuers oster,
que l'uns de l'altre ne pensast.
Wi aveit cel ki rien dotast,
ne il de li, n'ele de lui,
qu'il ne s'entramassent andui.
9275 Les triues faillirent a tant,
temolte ot en la cité grant,
il n'orent soing de plus atendre,
vint milie en vont lor armes prendre,
prennent halbers, lances, escuz.
9280 Li reis Latins s'en est issuz,
et faiseit ses deus aporter
desor cui deveient jurer
cil ki combatre se deveient,
issi eom porparlé l'aveient:
9285 qu'il n'i avreit nul altre plus
ne mais Eneas et Turnus,
altre ne s'en entremetreit,
9261 H nen pooient lores plus f.; E regarder. — 9262 II Andui se
mistrent. — 9264 D omet et, la d. et a t.; E et li pucele a doulouser. —
9265 D m. fu g. la 1. d., EF m. 1. greva lor d. — 9266 EF regarda, G
regardoit. — 9267 H et ele tent, GED et el t. — 926S H Molt m. n. tres-
trent a., A Signe faisoient anbedui, — 9269 11 li u. n. p. 1. o.; GDH puet.
— 9270 GEFH nen porent (F ponoient) 1. c; DGH saoler, EF torner. —
9271 H a 1. — 9272 H ni ot celui; EFD nil ni a. que r. d. (F nul ni). —
8273 et 9274 intervertis dans II. A dele. — 9274 H sentraiment anbedui.
— 9275 sans alinéa clans A. D faillent a itant. — 9276 EF en la c. t.
o. g. — 9277 D nil; E de chou a. — 9278 A omet en, les a. — 9279 EF
p. h. prenant e. — 9280 DHGE en. — 9281 A et f. toz s. d. porter;
G les d. — 9282 D sor quoi il d. g. — 9283 E abatre. — 9284 ED
avoicnt. — 9285 que ni. — 9286 H fors que. — 9287—9299 omis dans H.
LE COMBAT SINGULIER 345
ne mais d'esguarder ki veintreit.
Turnus esteit toz desarmez
9290 et fu desoz Laurente es prez,
son destrier fist traire après sei,
porter ses armes, son eonrei.
Eneas vint de l'altre part,
a cui merveille senblot tart
9295 que il eust pris o perdu.
Li Troïën i sont venu;
les montaignes reflanbeoent
de lor armes que il portoent.
Li reis Latins fist le champ faire,
9300 en sus les a fait toz retraire
et le cerne bien eslargir.
Enprés a fait a toz banir,
ne se mueve nus d'els por rien
que il veient, o mal o bien.
9805 Un paile ot estendu el pre,
desor sont li deu aporté
et les idres o il creeient,
de desor cui jurer deveient
Turnus et Eneas andui.
9310 Li reis et cent baron o lui
desraisnoent le sairement,
et ki jurot premièrement.
Lavine fu sus en la tor,
0 el demenot grant tristor
928S D fors de g. q. vainteroit; G fors sol; EF de g. — 9280 Alinéa
dam G. — 9293 Alinéa dans D. GD ert. — 9294 D estoit t. — 9295 D
leust ou pris ou p. — 9297 et 9298 amis dans A. — 9299 Alinéa dans GEF.
GEF fait. — 9300 H et touz les fist ariere traire, EF bien les a f. en sus
(E loins) toz traire, G ensus les a trestos fais traire ; D en loing ; A faiz.
— 9302 H E. fait crier et b. ; A Et puis. — 9303 H que nus ne se m.;
A ne san m. — 9304 HEFD voie; H que que il voie m. o b.; F quil en
voie. — 9306 A ou li deu furent a., E deseure s. 1. d. pose, D d. y s. 1.
d. porte. — 9307 H omet et, 1. i. que i. curtivoient; GE que il; D omet il;
G ydles, DE ydoles. — 9308 H desus les diex, A d. d. aus ; EF desor qui
il j. d. — 9309 Alinéa dans D. — 9310 A et li b. — 9311 GH devisè-
rent, D escherissent. — 9312 A cil qui j., F qui jueroit, GEH quil jurè-
rent. — 9313 Alinéa dans y. G estoit. — 9314 F ou elle fasoit; H demaine.
346 ÉNÉE DÉFEND
9315 de son ami, que ele veit
ki près de sei combatre deit,
Ke set cornent l'en avendra,
angoissose est, grant peor a;
en son eorage a esguardé
9320 et bien fermement proposé,
se Eneas i est ocis
0 par son enemi conquis,
qu'el se laira por soe amor
chair aval jus de la tor:
9325 ja enprés li ne vivra ore.
Molt se démente et molt plore
et toz les deus sovent reclaime
qu'il guarissent celui qu'ele aime.
„Molt ai", fait ele, „eii mal sens,
9330 ne sui mie de buen porpens,
quant mes amis nen a ma manche;
il en ferist molt mielz de lance;
0 se li eiisse enveié
ma guimple, bien fust enpleié,
9335 molt en tranchast hui mielz s'espee,
Turnus en recelist colee.
Porpensee me sui trop tart,
aveir deiist de meie part
une entreseigne a cest besoing-,
9340 mais se il a de m'amor soing,
ci me verra a la fenestre,
molt en devra plus hardiz estre."
93 J 5 DGEF qnele veoit. — 9316 H quileiic c. se devoit; D que tous
près de c, EF que de c. près; GEFD estoit. — 9317 H que il eu a.; D
y a. — 9319 E porpense. — 9320 H b. f. et porpense, EF et a certes bien
p. — 9321 F que seneas. — 9322 DEF ne par. — 9323 H 1. de la tor. —
9324 II j. por samor. — 9326 H omet et. EF Formant s. d. ; GH forment
p. — 9324 E et molt s. I. d. r., F et s, 1. 1. d. r. ; G forment. — 9328 D garan-
tissent que plus aime; F qui laime. — 9329 D m. a. e. f. elle m. s. — 9330
FH de grant p. — 9331 et 9332 omis dans H. D q. li mienz a. ne ma
m. — 9332 A omet molt, de sa lance. — 9333 H car se. — 9335 et 9336
intervertis dans H. E omet mielz. — 9336 E T. r. grignour c. — 9337
HDE men, — 9338 D a. la d. — 9339 HA un entreseing, G alcune en-
saigne; A a son b. — 9340 G de m. a s. — 9341 H cil me, D comme. —
9342 H si en, E bien en.
SES DROITS 347
Anceis que nus d'els s'i armast,
ne que sairement i jurast,
9345 mostra Eneas sa raison;
tôt sei li reis et li baron:
flSeignor, mon dreit mostrer vos voil
que nel me torneiz a orgoil
que par force voille conquerre
9350 altrui enor ne altrui terre.
De ci fu mes ancestre nez,
ki Dardanus fu apelez,
de ceste terre s'en ala,
en la nostre s'edefia.
9355 Molt fu forz oem et molt vesqui
de son lignage, truis issi,
ki Troie fist et le donjon,
et se li enposa son nom.
Mes père fu de son lignage,
9360 molt dura Troie en grant barnage,
des i que li Greu le conquistrent.
Li damedeu d'iluec me pristrent,
ça m'enveierent el pais
dont mes ancestre fu nais;
9365 otreiee m'ont tote Itaire,
ki fu mon aive et mon besaive.
Quant arivai en cest pais,
mes mesages al rei tramis,
qu'il me consentist en sa terre:
9344 GD ne q. il s. j., F ne q. nus dels sor sains j. — 9346 H li r.
se tut, D tout sot 1. r., EF 1. r. lentent; GH et si b. — 9348 HG que
vous nel tenez, D que il ne me tort ; A matornoiz. — 9350 GEF amor. —
9351 A De ce, G Dici. — 9354 D et 1. n. edefia; G et e. 1. n., Il en 1. n.
la; HG dévia. — 9355 EF hom asses v -- 9350 H descendi; F trois i.,
G tros que ci. — 9357 A qui fonda T. — 9358 A et qui; G le n. — 9360
GD en son b. — 9361 D la c. — 9362 EF Adont (F et dont) li Griu bien
tost (F illeuc) me p., GII et que par la force le p. G ajoute deux vers.
V. les notes. — 9363 H li uostre deu mont ca tramis. — 9365 EF donnée
mont trestoute I. ; G Italie. — 9366 H q. f. m. aieu et m. tresave, E qui
héritages fu mon aive, F que erites fu a men avie, G qui fu mon aive et
mon traive; AD aire; D treaire, A besaire. — 9367 EF q. arestai; G quant
je a. el p. — 9369 A qui, E que.
348 TRAHISON DE LA
9370 ne li sordreit ja par mei guerre.
Il me manda soe merci
que bien seusse ce de fi
que la terre m'otreiereit,
0 sa fille la me donreit.
9375 Issi la claim, venuz sui ci
toz prez de desraisnier issi.
Ge vei que Turnus la chalenge;
seie setirs, cornent qu'il prenge,
se ge i sui veincuz ne morz,
9380 que mes fiz o tôt son esforz
segurement s'en ait ariere;
n'i ait mal en nule manière;
senz nul reguart, senz nule dote
s'en tort ma compaignie tote.
9385 Et se ge puis celui conquerre,
ki me desforce ceste terre,
bien vos pramet", fait il al rei,
„tant com vivreiz, que ja par mei
ne sereiz descreiiz de rien:
9390 vostre terre maintenez bien.
Mais donez mei a une part,
0 vostre fille par esguart,
0 faire puisse une cité,
après vos aie l'erité."
9395 Li reis et cil k'iluec esteient
bien l'aseurent et otreient
9370 D nen s. j. ï)ar nous g. — 9372 DF que ce s. bien de fi (F que
jo s.); GEH jo de fi. — 93^3 II que il la t. motreoit, E que 1. t. bien
inotrioit; G sa s. — 9374 GHD avolc s. f. m. d. (Il donoit). — 9375 G
Por ce. — 9376 G près sui a d. L; F del d. — 9377 G G. v. T. qui le
calenge. — 9378 H seur voil estre com quil p., DF soiez s. c. il p. (D
quil p.), GE s. s. c. que p. (E qui p.), A soit bien s. com puet si p. — 9379
G et m. — 9380 E tous ses e., F t. mes o. — 9383 EF s. r. — 9384 EF
sen revoist me c. t.; H s. aut. — 9385 GD cestui. — 9386 G quil me,
DEF que me; HEF chalenge; D deffent yceste t. — 9388 EF ja nesteres
destrus p. m. — 9389 EF tant com vivres de nule rien; H nen s., G ne
serai. — 9390 GH maintenrai. — 9391 GH men; H aucune p. — 9393 H
o p. f., G empres vous aie. — 9394 GEF enpres. — 9395 sans alinéa
dans DH. — 9396 H li a.
Î'ART DES LAtINS 349
que, s'en bataille est le jor morz,
Aseaniiis o son esforz
s'en puet aler tôt quitement
9400 a Montalban seiirement,
un meis, se il vuelt, i sejort,
d'iluee avant plus n'i demort.
Endementiers que il parloent,
icele fin qu'il devisoent,
9405 uns chevaliers de la cité
oï que il ont poi^parlé;
vint as altres, si lor a dit:
,Molt nos poon prisier petit,
quant por nos toz se met Turnus,
9410 et somes altretant o plus
que cil ne sont de l'altre part.
Molt par a ci malvais esguart;
sor un home nos somes mis;
se il i est morz ne conquis,
9415 si somes tuit en fin veincu.
A honte somes revertu,
se veincuz i est hui Turnus
et Eneas ait al desus;
a maie gent avron afaire,
9420 toz tens seron mais tributaire.
Franc chevalier, nel sofrez ja,
9397 GH que se il (G sil i) est vencuz ne (G et) m. — 9398 EF e
ses efforz (F o s. e.). — 9399 H sen poura a. q. — 9401 G iloques s. i.
V. s.; EF se li plaist. — 9402 GH d. en avant ni d. — 9403 GH Alinéa.
D quil dep. — 9404 H et que celé f. d., DE la fin et quil la d. ; DEF des-
rainoient. — 9406 H devise. — 9407 H as a. v. — 9409 E que p. n. t.; D
sen vet, A se mist. — 9410 GEH si s. — 9411 que ne soient cil a. p. (F
dautre p.). — 9412 H regart, GD agart; EF vilain e. — 9413 H sus; E
sor houmes soumes t. m., F s. u. h. s. tôt mis. — 9414 H et se il est,
GD que sil y e.; D mors ou occis, GH venqus ne pris. — 9415 H si se-
rons t. pris et V., G s. s. t. mort et v. — 9416 H serons; EF a molt grant
h. ermes vencu. — 9416 ef 9417 placés dam H après 9420 et omis dam G,
DEF s. T. i est h. v., A et s. T. i est v. — 9417 D et E en vient d.j
F vient, E soit. — 9418 G avon. — 9419 G t. jors mais el mes t., H
anui nous feront et contraire. — 9421 Indistinct dam A, nel dentés
ja(?). G ne dotes ja, FH n. sofrons ja.
350 ÉNÉE EST
combaton nos a cels de la,
ne nos meton en tel mesure
sor un seul home en aventure."
9425 A tant s'eslaisse, si feri
un Troïën, mort l'abati;
cil fu en es le pas vengiez.
Li torneiz est recomenciez,
molt en i verse en poi d'ore,
9430 d'ambesdeus parz se corent sore,
''^'a*,^,, as fers des lances se requerent,
a cenz et a milliers i muèrent.
Ge ne puis mie tôt nomer,
molt sereit fort a aeonter
9435 ki i josta, ki i chaï,
ki morz i fu, ki l'abati,
mais molt s'entrefierent forment,
il ne s'espargnent de neient.
Li reis vit la chose meslee;
9440 la fin qu'il aveit porparlee,
li estut tôt en fin guerpir,
si s'en comença a foïr.
Entre ses braz portot ses deus,
il nés teneit neient a teus
9445 qu'il li peiissent rien valeir,
ne nul guarant par els aveir:
9422 A o c. — 9423 Gai m., H por t. m. — 9424 H desus u. h., G
desor u. h. ; E tel h. — 9425 Alinéa dans D. A seslessa; E s. en eus ferir,
F s. en eus feri. — 9426 GEF abati. — 9428 H car 1. 1. e. c, EF Li estours
fu (F est) r. — 9429 DE en veissiez; H versa, G versent. — 9431 A se
descovrent, EF sentrefierent. — 9432 H si que enz ou cler se maillent, E
dambesdeus pars bien se requièrent, F li un les autres bien requerent;
D fièrent. — 9433 D toz. — 9434 EF raconter. — 9435 H qui mieus
j.; H qui mieus feri, DE et qui ch., G qui i feri. — 9436 H qui i fu
m., E liquels fu m.; GEFH abati. — 9437 omet mais, G molt sentre-
ferirent f. — 9438 G i. n. sentrepargnent n.; H omet il, ne sespamie-
rent. — 9439 sans alinéa dans E. — 9440 D quil orent. — 9441 E 1. e.
il toute g., HG 1. e. tote déguerpi r. — 9442 D comence. — 9443 y
porte. — 9444 HE mais il nés tenoit pas a t. (E tient mie por t.); D il
nés tenoient; GDF mie a t. — 9445 A qui, F que; H puisent. — 9446
E por e.
BLESSÉ 361
en tost foïr raielz se fiot
qu'en toz les deus que il portot.
Eneas fu toz desarmez,
0450 vit que li plaiz esteit meslez,
molt l'en pesa, dolenz en fu;
a son col pendi son escu,
celé part point isnelement,
crie et huche a sa gent
9455 que il se traient tuit en sus
et que n'i ait mais josté plus.
Molt les blastengë et dit lor,
qu'il li vuelent tolir l'enor,
ki ont la parole troblee
9460 que li reis aveit porparlee;
sa bataille li ont toleite.
Asez crie, mais poi espleite,
il ne puet mais remaindre a tant.
Il lor fait 0 son braz senblant
94(55 que il se traient tuit en sus,
n'i ait josté ne malfait plus;
angoisses ert a desmesure.
Uns archiers trait par aventure,
il ne visa, ne pas nel sot,
9470 el braz le fiert, qu'il degetot,
la saiete ficha en l'os;
9447 EF el. — 9448 A que en ses d. — 9449 Alinéa dans HD. E
ert. — 9450 E il v. q. li p. ert m.; D ert touz m. — 9451 F len pesé,
GD li pesa; G et d. f. — 9452 H a mis. — 9453 G vint. — 9454 H c.
et comande, D crioit et huoit, E il crie et si h., G a halte vois crie;
F a sa gent crie hautement. — 9456 E que il ni ait me j. p., F et que
il n. a. j. p., GH ni ait j. ne mal fait plus; D jeté. — 9457 H Molt les
ledenge; G Forment; DGEF dist. — 9458 G que il li veut; HDE enor. —
9459 G quant il 1. p. ont t. — 9460 y esgardee. — 9461 E coilloite. —
9463 EF il lor faisoit as bras samblant, G i. n. p. remanoir a. t.; H p.
pas. — 9464 H A lespee 1. f. s. , G A ses deus b. lor f. s. , D II lor a
fait de son s., EF et si crioit a vois molt grant. — 9465 G quil se trai-
sissent. — 9466 A et que nus dans ne fiere p., HG et quil i vait nul
mal f. p. (H f. n. m. p.); E ne rien f. — 9469 et 9470 intervertis dans
EF. H omet il, ne sen garda; G il ni v. ne mais nen pot, EF mais ne-
quedent pas nel vooit. — 9470 F qui d.
352 NAPÏANABUS ET
li braz enfla, sempres fu gros,
0 l'altre main la flèche en trait,
molt durement le fer i lait.
9475 La plaie li dolut forment,
mené l'en ont hastivement
AscaniUs et li baron,
colchié l'ont en son paveillon
et enveierent querre tost
9480 un buen mire ki ert en l'ost.
Turnus l'ot bien aperceii,
molt par fu liez, quant ot veii
que Eneas esteit navrez,
molt hastivement s'est armez,
9485 monte el cheval, destort l'enseigne
et dist as suens, nus ne s'i feigne
qu'il ne fiere sor Troïëns.
Il s'eslaisse parmi les rens,
bien fiert de lance et mielz d'espee,
9490 mainte sele i a délivrée;
ne li poeit nus contrester.
Enuiz sereit a aconter
toz eels ki abatu i furent,
ki i ferirent, ki morurent,
9495 mais grant destruit en fist Turnus.
Uns Troïëns Naptanabus
li dist, par alkes de noblece
demostrer voleit sa proece.
9472 H tantost e. ; E manois sempres devint tous gros, G sempres
enfla et fu tus gros. — 9473 EH al.; H 1. braz. — 9475 GE doloit. —
9476 H ignelement. — 9477 EF si b. — 9478 GF en un p. — 9479 G
q. en lost. — 9480 D par toute lost, G qui i vint tost. — 9481 sans ali-
néa dans EFH. GEFD la. — 9482 H m. en fu; D m. f. 1. q il ot v.; EF
la V., H lot V. — 9484 H dont sest ignelement a.; G est a. — 9485 H
destrier; D senseigne. — 9486 HEF se f. — 9487 EF que il; E fièrent;
H sus T., D sor les T. ~ 9488 A il seslessa; EF il laisse courre entre
deus r.; D entre 1. r. — 9489 EF f d. 1. et de lespee (F f. de le 1.); G
omet et; D omet mielz. — 9490 D omet i. — 9491 G nen i pooit nul en-
contrer. — 9492 GFDH a raconter, E de laconter. — 9494 HEF qui les
feri, DG ques y feri; HGD qui i m., EF li quel m. — 9495 H m. g. desroi
i fait; G A molt g.; G ocise; DG i fist. — 9490 GEFD Nept.
ET TURNUS 353
, Vassal", fait il, .estez ariere,
9500 ne vos menez en tel manière!
Molt nos Guidiez aveir sozpris
et toz vencuz et toz conquis.
Por ce que Eneas n'i est,
ne cuidiez que nus s'i arest
9505 ki ne s'en fuie devant vos?
Mais vos avrez afaire a nos!
Se or esteit morz Eneas,
por ce ne recrerion pas;
se il n'i aveit chevetaigne
9510 ne mais seul mei en la compaigne,
si voldreie ge tôt conquerre
vers vos, et la femme et la teiTe;
se Eneas ne veneit mais,
por ce n'esteriez en pais.
9515 Por tant com puisse aimes baillier,
gel vos cuit ja vendre molt chier;
s'or n'estes maistre d'eseremir
et bien ne vos savez covrir,
ja iert molt tost venjance pris
9520 de noz homes qu'avez ocis."
Naptanabus le parler laisse,
point le cheval, vers lui s'eslaisse,
0 molt grant ire le requiert,
desor l'escu a or le fiert;
9499 Alinéa dans G. G Sire v. en tel manière ; D dist ; HD tornez.
— 9500 G m. tornez ariere. — 9502 A ocis. — 9504 GDH omettent ne,
G c. q. n. ne s. a.; EFD i a. — 9505 D que, EF quil. — 9506 GD M. v.
avez; EF II vos convient torner vers nous; Aon. — 9507 A ore. —
9508 A ne nos r. nos p., Dp. c. ne nous recrerons pas, EF p. c. ne r.
nous pas, G ne requérions nos por ce pas. — 9509 — 9515 omis dans EF.
D sil ni eust plus c; G et sil. — 9510 D fors que moi seul, H n. m. que
m. — 9511 H si i v. ge c. — 9513 — 9517 omis dans H. G se ne v. E. m.
— 9514 D ja por ce ne seroit il pais, G por ce nen séries a pais. — 9515
F que p. — 9516 G jo le v. c. v. m. ch.; E je. — 9519 H ja sera t., E
jan ert bien t. — 9520 D qui sont o. — 9521 Alinéa dans GH. — 9522
IIDEF 1. c. p.; E le lance baisse, G a lui s. — 9523 HEF par m. g. i.; G
air. — 9524 A lescu dore.
Uibliotbeca Normannica IV. 23
354 ÉNÉE ET
9525 sa lance s'en escolorja,
qu'il nel fendi ne nel perça;
onc n'i forfist rien l'alemele,
ne Turnus ne mut de la sele.
Il refiert lui sor son escu
9530- que d'or en altre l'a fendu,
et le halbere a desmaillié;
parmi le cors li mist l'espié
et l'enseigne jusqu'as penons:
mort le trébuche des arçons.
9535 Turnus le vit tôt freit a terre,
et dist: „De vos n'avrai mais guerre,
par vos ne serai mais conquis,
laissié m'avez tôt le païs,
plein pié ne demi n'en avreiz,
9540 ne mais seul tant o vos girreiz;
livré vos ai vostre peture
asez a escharse mesure."
Endementres qu'il se combatent
et s'entrociënt et abatent,
9545 Eneas fu el paveillon.
Asehaniiis et li baron
environ lui plorent forment,
peor aveient de lor gent
9525 HDE la 1.; GH fors en (G sen) escola, E sescoloria, F sen
escoloria. — 9526 EF qui; F qui li toli que ne p., GH il ne f. ne ne p.;
E ni ne p. — 9527 D onques n. f lalenele, EF aine ne li fist riens 1.; G
aine. — 9528 DEF omettent le premier ne ; D T. ne se muet, F T. ne re-
muet, E T. ne se mut; G ni m. — 9521 H ainz r. 1. sus s. e. ; EG Turnus
fiert lui. — 9530 D de lor a lautre; GF deur en a. li a f., A que tôt li
a frait et f. — 9531 EF lauberc li a outre passe. — 9532 A met; EF
lespiel p. m. 1. c. boute. — 9533 HD j. qua p., E dusca p., GF jus quai
penon. — 9534 GF de larcon. — 9535 E T. si le vit mort; A voit; HEF
mort. — 9536 H si d.; E et qui de lui nara m. g. — 9537 G n. s. m.
p. V. c. — 9539 H ja pie ne demi nen aurez ; G tenres. — 9540 D fors
que s. t.; H que t. — 9541 — 9545 omis dans II. A peture, EF penture,
D painture, G mesure. — 9542 G molt a escarsse sépulture. — 9543
sans alinéa dans D. GEF Endementiers. — 9544 G et il ocient. —
9545 Alinéa dans H. EF fu E. — 9546 D et A. — 9548 EF car p.
ont molt.
LE MÉDECIN 355
et d'els meïsmes molt graignor.
9550 El tref demeinent grant dolor,
diënt que tuit sont mort et pris.
Uns molt buens mires lapis
i est venuz et vit la plaie,
senti le fer, molt i essaie,
9555 saveir se traire l'en porreit;
nel pot aveir en nul endreit
a tenailles n'a ferrement,
et Eneas crie forment.
A sa maie li mires vait,
9560 prent une boiste, si'n a trait
del ditan, si l'a destempré,
beivre li fist; quant l'ot passé,
la saiete s'en est volée
et la plaie sempres sanee;
9565 en es le pas toz sains refu.
Li ditans est de tel vertu
et li chevrolz a tel nature,
quant navrez est, tôt a dreiture
cort al ditan, a sa mecine;
9570 seit de foille, seit de racine,
des qu'il en a le col passé,
si a son mal tôt resané,
et se li fers li est el cors,
par ce l'en estuet voler fors.
9575 Eneas fu toz resanez,
9549 H m. ont paor. — 9550 H tristor. — 9552 H un m. b. m. del
pais, E un b. m. qui fu eslis, F un m. b. mies et eslis, G u. b. m.
Cyapis. — 9553 H voit. — 9554 GFH le fer i sent; D si i assaie, F si
assaie. — 9555 H le p. — 9556 H puet. — 9557 A o tenaille no f. —
9558 H omet et, Heneas c. durement; D cria, G crioit. — 9559 F mies. —
9560 GEH si en trait. — 9561 A destope; G d. d. quant lor d. — 9562
GEFD b. len; EF fait. — 9564 A et lespalle; H tantost s. — 9565 et 9566
intervertis dans H. H que en es le p. t. s. fu, G isnellepas et sans refus.
9565 — 9575 omis dans D. — 9566 GEF grant v. — 9567 G bieureus. —
9568 H e. n. — 9570 EF ou s. de f. ou d. r. — 9571 H quant, EF très,
G tros. — 9572 H s. a tout son mal oblie, EF sen a sen m. molt tost
sane, G il a le mal tôt oblie. — 9573 A et quant. — 9574 H li diten len
boute tout hors; G aler. — 9575 sans alinéa dans A.
23*
356 ÉNÉE GUÉRI
molt hastivement fu armez
et fist crier par tote l'ost
que tuit en issent o lui tost;
n'i a garçon ne escuier
9580 ki n'i ait ferir o lancier.
Molt ert granz mestiers a sa gent
ques secorust hastivement,
car Turnus les alot vencant;
por poi n'esteient recréant:
9585 en la fuie les aveit mis,
toz les cuidot aveir sorpris. —
Si etist il hastivement,
quant Eneas vint o grant gent,
ses fist ariere resortir,
9590 Tost en i firent mil morir,
a la fuie les ont tornez;
donc s'est Eneas escriëz:
,0r i ferez, franc chevalier,
ja vos poez molt bien vengier,
9595 torné sont a desconfiture,
d'els espargnier nen aiez cure."
Donc i fièrent de maintenant
li Troiën; cil vont fuiant,
que ne pueent vers els deffendre.
9600 Eneas ne volt pas entendre
a cels ferir ki vont fuiant,
mais par le champ alot querant
9576 HG en eslepas; H se rest a., G fu tost a., A sest a. - 9577 H
fait. — 9578 A que tuit viegnent a lui molt t. ; DH sen i. — 9579 A ait,
H ot; GEH sergant. - 9580 HEF voist; A qui ni viegne traire ou L;
E ne 1., GH et 1. - 9581 E M. g. m. a a s. g. - 9582 G quel. - 9d83 t.
que T.; H mené ferant, G a. coitant, E a. satant, F a. cacant. - 9584 A
ne sont tuit r. - 9585 D seue. - 9586 H cuide avoir mors ou pris; JJ
cuida- EF a. tous p. - 9587 H asez briement, EF prochainement. — 9o88
GEFD V o; HD sa gent. - 9589 H ariere les f. r., G qui les f. a. sortir;
D cens f., EF ques f. - 9590 D t. en f. lors mil m. F om^t i. - 9591
F en resnie 1. o. t. - 9592 GFDH est. - 9594 H or v., F vos doel; A
très b., H vos b. — 9596 DG naies mais c., H naies ja c. — 9597 H Tuit. —
9598 D si V. f., E vos ont f. — 9599 H qui deus ne se p. d., D q. ne s.
p mais d.; A car. - 9600 D mie; DF atendre. - 9602 A le vait q.
PREND PART AU COMBAT 357
se il verreit son enemi.
Mais Turnus se destomot si,
9605 ne voleit celé part aler
0 il le cuidast eneontrer,
car tôt aperteœent veeit
que del tôt li mesaveneit
et fortune li est contraire.
9610 Ne set com il le puisse faire,
car molt li ert mal a foïr,
n'il ne voleit encor morir.
Eneas nel pot eneontrer,
ki molt voleit a lui joster;
9615 quant veit que il trover nel puet,
0 molt grant gent d'iluec s'esmuet
et vait poignant vers la cité,
set que tuit sont defors el pre,
molt en a poi remés dedenz;
9620 n'i a de toz homes treis cenz,
tuit erent fors en la bataille.
Anceis qu'Eneas les asaille,
s'en volt l'une partie rendre,
li altre se voldrent deffendre;
9625 coru sont as portes fermer
et vont desor le mur monter,
nés voldrent pas dedenz coillir.
Eneas les fait asaillir
et fait a els traire et lancier
9630 et esche] es al mur drecier.
9604 H et T.; D m. il sen d. ainsi; EF ne m. T. guencissoit si. —
9605 F que celé p. nosoit a. — 9606 y peust. — 9607 HDEF bien a. ; EF
savoit. — 9608 DGEF de. — 9609—9613 omis dam H. — 9610 GEF
sot. — 9611 EF est; D a souffrir. — 9613 Alinéa dam DGEF. A piiet.
— 9614 H vousist; A o lui. — 9615 A que ancontrer, E qui! t. ne le poet.
— 9616 GEF a; D se muet. — 9617 H par 1. c. — 9618 D bien s. que
tuit sont fors aie; EF d. aie. — 9619 E est p. — 9620 H n. a pas dômes,
G nen a dedens mie. — 9621 y a la b. — 9623 A une. — 9624 E et I.
a. se vont d.: F voloit. — 9625 H les portes corurent fremer, G il corent
lor p. f.; F les p. — 9626 H desus; HDF les murs. — 9627 H nel; D ne
V. point (omet dedenz) ; E et ceus ne v. recollir, F dedens nés v. recoillir.
— 9630 H as murs.
358 TURNUS PROPOSE
Donc a le feu fait aporter,
tôt le baile a fait alumer.
La citez en est alumee,
en poi d'ore est tote enbrasee.
9635 Donc entendent al feu abatre
li citeain plus qu'ai combatre
ne al deffendre la cité;
cil defors i fussent entré,
ne fust li feus kis destorbot
9640 et les entrées encombrot:
n'i a plus de retenement,
car del deffendre esteit neient.
Turnus a celé part guardé
et vit esprise la cité;
9645 bien sot que Eneas veintreit
et que guaires ne demorreit
que il avreit la cité prise;
a feu, a flame l'aveit mise.
Sa gent fist a une part traire
9650 et mostra lor que il vuelt faire,
briement les a rais a raison.
^Seignor", fait il, ,, gentil baron,
tant com fortune m'otreia,
chascuns de vos toz bien m'aida,
9655 et encore le feïssiez
molt volontiers, se peussiez.
963 1 Alinéa dans D. Il Lors ; G D. a fait 1. f. a. — 9632 omis dans
D. EF le b. a f. tout a. (E 1. b. fait); H le bore. — 9633-9637 omis dans
H. Sans alinéa dans yD. D et enapres tout embracer; A ont cil a.; G
embrasée. — 9634 omis dans D. G alumee. — 9636 GED qua c. — 9637
D que a, ED qua, F ne quai; H sachiez de voir quen 1. c. — 9638 H
fusent cil de lost tuit e. — 9639 G questordissoit. — 9640 H deffendoit,
A deveot, D deforcoit, G essorboit. — 9641 H ni ot; GE detenement. —
9642 F al d., A de d.; EF na n. — 9643 Alinéa dans GEFH. — 9644 H
voit qua prendre iert lac; G esprendre. — 9645 H set; D queneas vain-
teroit; H vaintra. — 9646 G ni; EF et g. ne demouerroit; H demorra. —
9647 et 9648 omis dans II. A avoit. — 9648 E et a f. a f. m. — 9649 E
s. g. a fait une p. t. — 9650 D et lor moustre que vouloit f. — 9652 le
second hémistiche indistinct dans A. — 91)53 II me monta, EF lotroia. —
9654 F vos molt bien m,; G tos mi a., A tant m.
LE COMBAT SINGULIER 359
Li deu ne vuelent, ce m'est vis,
qu'aie la terre et le païs,
as Troïëns l'ont tôt doné;
9660 vos en sereiz deserité.
Asez en i a mort por mei;
ge ne voil pas ne ne l'otrei
que nus de vos en face plus,
mais tuit vos estez loing en sus.
9665 A Eneas me combatrai,
en aventure me métrai:
mielz voil en bataille morir
que vis recreire ne foïr."
Li suen comencent a plorer,
9670 quant l'oïrent issi parler,
mais ne li pueent aidier plus.
Tornez s'en est poignant Turnus,
vient a Laurente, ki ardeit,
que li Troïëns asailleit.
9675 Turnus comença a crier
que il laissast la vile ester,
ne la destruient, ne nen ardent,
de loing s'estachent, si esguardent;
toz les ruevë ariere traire,
9680 prez est de sa bataille faire;
s'Eneas vuelt o lui joster,
9658 H que je plus aie cest p., DG que ja mais aie (G aient) cest
(G le) p., E que jou aie cesti p., F que jou ja aie cest p. — 9659 A al
Troien. — 9660 EF nous en somes (F ermes). — 9661 D poi de moi. —
9662 A li deu ne voilent ge lo croi; D ne je noctroy, E mais ne notroi,
G ne ne le loi. — 9663 D y f. p. — 9664 H m. e. v. trestuit, EF or soies
mes restous, G mais estes v. tôt 1. — 9666 H men m., G mi m. — 9667
F aim. — 9668 D que vif retorae ne f., G q. v. ne recreans f.; EF retraire.
— 9669 A Tuit comencerent. — 9670 G q. i. 1. p. — 9671 porent. — 9672
E intercale le vers suivant: Or soies mais trestout en sus. G A tant sen
est t. T. — 9673 D la cite, GFEH que ardoient. — 9674 D quil ardoient
0 grant barne, GEFH li Troïen et assaloient (EF essiloient). — 9675 Ali-
néa dans G. — 9676 H lessasent ce e.; DG laissent; G le cit e. — 9677 et
9678 omis dans H. DE ne ne lardent, G ne ni a. — 9678 G en 1. ; GEF
estoiseut. — 9679 HEF trestoz les r.; G rova. — 9680 GEFD la b. — 9681
et 9682 omis dans G. A Eneas.
360 LE
viegne avant, jal porra trover.
Eneas ot que Turnus dist,
molt liez et molt joios s'en fist,
9685 del tôt a fait l'asalt laissier,
le combatre et le torneier;
quant combatre se vuelt Turnus,
ne vuelt qu'en i muire mais nus,
ne cil dedenz ne cil defors:
9690 faire le vuelt par seul son cors.
Toz les a fait ariere traire
et la place molt large faire
et les armes totes oster:
ne lor estuet de rien doter
9695 que nus altre s'i mete mais,
par l'un d'els deus en iert la pais.
De loin s'estut tote la gent.
Senz altre plait, senz sairement,
senz menaces, senz desfiances
9700 se requièrent as fers des lances.
Turnus point le destrier movant,
fiert Eneas el piz devant
par som la guige de l'escu.
Li halbers se tint, ki forz fu,
9705 que onkes maille n'i falsa,
et Eneas se redreça,
desor la targe l'a féru.
Andui se sont entrabatu.
9682 A ja p. t., DF ja le puet t., E sel p. t. — 9683 sans alinéa dans
GEF. — 9685 G lencals laier. — 9686 EF et le geter et le lanchier. GD
omettent et. — 9688 y plus; GH que mais en m. plus. — 9689 G nicil
dedenz nicil. — 9690 H la v.; D veul; EF son sol c. — 9691 D f. en loing
retraire. — 9692 GEH bien 1. f. — 9694 H les e. ; H ja mes d., D mie d.,
E de nient d., G noiant d. — 9695 D q. n. deuz si m. ja mais, G q. n. a.
ni mete pais, II q. n. fors eus sen mueve m. — 9696 G estera mais, F en
sera p. — 9697 Alinéa dans G. EF Ariere en vont toute lor gent. —
9698 G s. malvais p. comunement. — 9699 et 9700 intervertis dans EL. —
9700 D requistrent. — 9701 Alinéa dans II. G ceval; GH corant. — 9702
Alinéa dans D. D El fiert. — 9704 A santi, EF le tient; D bien que fort
fu. — 9705 A quonques m. n. desfausa; D que une m.; G car; HD nen.
— 9707 et 9708 intervertis dans A. 11 a lui hurte de cors descu; A desoz.
DUEL 361
Molt tost resont venu en piez
9710 et ont les branz d'acier sachiez,
requièrent sei molt fièrement.
Turnus le fiert premièrement
desor l'escu que Vulcans fist,
li deus ki grant entente i mist.
9715 Onkes de eel eolp n'i parut,
il ne fendi ne il ne frut,
et Eneas le referi
desor l'elme del branc forbi;
un quartier l'en a abatu;
9720 li cols descendi sor l'escu,
de l'une part l'eschantQla.
Turnus le vit, molt s'esmaia,
bien veit, se il puet recovrer
et a délivre un colp doner,
9725 que tôt estera de lui fait;
ne puet estre qu'il ne s'esmait.
A l'escremir sont revenu,
combat sei fortune o vertu.
Al chapleïz des alemeles
9730 en volèrent mil estenceles.
Un entredeus porta Turnus,
fiert Eneas en l'elme sus,
onkes mie n'en esgruna,
mais l'espee parmi brisa;
9709 H Mais t. r. v. saillis. — 9710 GH e tous nus s. — 9711 EF si
se r. f. — 9713 H desus. — 9716 A unques nel f. ne ne f., E ne il ne
la fiait ne fendut, F il ne la pas frait ne fendu; H ne ne se mut — 9718
EF sor son elme; GH de b. f. A répète ici les vers 9713 et 9714. — 9719
EF en. — 9720 D dévala, GEF avala; H sus. — 9721 H lesquartela. —
9722 D tout s., GE si s. — 9723 DEF set, G vit; A cil. — 9724 E et un
autre c. regiter; F jeter. — 9725 H q. t. en sera; D q. t. sera de son cors
f. ; EF que il sera de lui tout fait. — 9726 H muer. — 9727 D resont venu,
A s. revertu. — 9728 EF si se combatent par v. , DGH combatent soi de
grant v. (D o g. v.). — 9729 H Ou ch.; EF as ch. de a. — 9730 H vole
le feu les e. — 9731 omis dans G. H un autre cop jeté T.; DF jeta. —
9733. H 0. un point, F que il mie; A n. esgrena, EF ne lespargna. —
9734 H m. sespee p. bruisa, F sen branc dacier par mi b.
362 TURNUS EST
9735 a terre ehiet une m citiez.
Donc s'est Turnus molt esmaiez;
quant veit qu'il ne l'a dont requerre,
l'altre moitié geta a terre,
parmi le champ s'en vait fuiant.
9740 Tôt truevë encombré devant,
avirouee esteit la place
de gent; il ne set que il face,
fuiant s'en vait tôt environ,
ses amis apele par nom,
9745 secors et aïe lor rueve;
il n'i a cel ki ja se mueve,
toz les ont mis el covenir.
Quant Eneas le vit foïr,
al dos le vait siuant derrière,
9750 puis li a dit en tel manière:
„Ne veintreiz mie par foïr,
mais par combatre et par ferir.
Retorne tei, si vien avant."
Eneas s'arestut a tant,
9755 sa lance prist, k'iluec giseit,
et Turnus de devant sei veit
une grant pierre ki ert mise
por chans boner et por devise;
a deus mains la leva de terre,
9760 le Troïën ala requerre,
Molt li geta de grant vertu,
9735 EF a t. en ch. — 9736 H Lors, D est. — 9737 G vit; F que. —
9739 F Aval 1. c. — 9740 GH encombre t. tout d.; GD trova. - 9741 G
de la gent trestote la pi. — 9742 H de sa g. il ne s. que f. ; EF d, g.
ne set mais, G adonques ne sot. — 9744 y apela. — 9745 EF s. li facent
ce 1. r. — 9746 DEF ni a celui; HD sen; F qui sen remueve; GH il ni
a celui qui s. m. — 9747 et 9748 intervertis dans A. H du tout lont, G
tôt li ont; EF or sen vausist il repentir. — 9748 E len v. — 9749 G si-
vant le va al dos d. — 9751 D por c. et por. — 9754 A E. estut a itant;
F saresta. — 9786 GH et quant T. devant soi voit; EF devant li v. —
9757 H une p. qui iert m.; A une g. roche. — 9758 EF illuec por bousne
et par (F por) d. — 9759 EF a ses m.; A o. — 9760 D et en vait le
T. r., EF et va 1. T. r., G après vait Eneas r. — 9761 H la g., A li riva;
G par g. V,
VAINCU 363
lez la bocle fiert a l'escu,
que la pierre s'en resorti;
il nel quassa ne nel fendi,
9765 ne de eel eolp riens n'i parut,
ne Eneas plein pié n'en mut.
Donc li a la lance enveiee,
de molt grant vertu l'a lanciee,
l'escu li perça et fendi,
9770 parmi la cuisse le feri,
que il chaï a genoillons,
veiant sa gent et ses bâtons,
ki si forment s'en escriërent
que tuit li bois en resonerent.
9775 A genolz le vit Eneas,
avant ala tôt son grant pas.
Turnus le vit, ki peor ot;
quant veit que il avant ne pot,
andeus ses palmes li tendi,
9780 et puis li a crié merci.
flSire", fait il, ,a tei me rent,
veiant tes homes et ta gent;
bien veient tuit que m'as vencu
et tôt conquis par grant vertu.
9785 Nule deflFense n'ai vers tei,
Lavine est toe, ge l'otrei,
9762 GD omettent fiert; D 1. 1. be son e., G 1. 1. b. solonc 1.; EF
on lescu, H de 1. — 9763 H et la p. ariere s.; GEF quant 1. p.; F se r. —
9764 H nel ne perça, F que ne q., E mais n. q. — 9766 E n. E. point
ne se mut; HF ne m., G nesmut. — 9767 H Lors. — 9768 E et de m.
g. V. l, G par g. V. li a 1. — 9769 H les es. — 9772 H la g., F ses gens;
HD et les b. — 9773 E qui formentes sen e., F qui s. f. se rescrierent,
G qui si durement sescrierent. — 9774 H que le pales, EF que les iauues;
GHD retinterent. — 9775 sans alinéa dans DHGEF. HA g. ala E , EF
quant verse (F verser) le vit E. — 9776 E celé part sen courut le pas,
F a. a. cort le grant pas, H a. a. plus que le pas. — 9777 Alinéa dans
G. GEF eut. — 9778 EF merci li quiert si com il peut (E seut); G peut.
— 9779 EF ses mains ambes .n. 1. t., GH ambes deus ses mains 1. t. —
9780 H et puis si li cria m., EF et doucement cria m., G puis li ala crier
m. — 9781—9791 omis dans EF. — 9782 GH mes h. et ma g. — 9784 D
et c. par ta g. v., G par ta v. — 9786 H bien 1., D ie octroi, G et io 1.
364 ÉNÉE LE
0 li te lais tote la terre;
ja mais par mei n'i avras guerre,
se tu m'en laisses vif aler.
9790 Ge ne te puis plus demander,
tes oem serai, a tei me rent."
Donc prist son helme, se li tent.
Eneas en ot grant pitié,
Turnus li a l'elme baillié.
9795 Endementres qu'il li tendeit,
en son dei l'anel Pallas veit,
qu'il li toli, quant il l'ocist;
tôt son grant duel en refreschist,
quant de Pallas li remembra.
9800 Toz teinst d'ire, si sospira
et dist: „Tu m'as crie merci,
tôt m'as laissié et tôt guerpi
cest règne o la fille le rei.
Ge eiisse pitié de tei,
9805 ne perdissiez vie ne membre,
mais par cest anel me remembre
de Pallas que tu ocesis;
el cuer men as molt grant duel mis.
Ne t'ocirra mie Eneas,
9810 mais de tei se venche Pallas."
A icest mot passa avant,
si l'a féru de maintenant;
0 le branc que Vulcans forja
en prist le chief: Pallas venja.
9815 Morz est Tumus, tuit ont veti
9787 H je te les ci. — 9790 A je ne le p. ; G ten p. — 9791 EF sire fait
il a t. m. r. — 9792 EF S. elme prist et s. 1. 1.; H Lors; GH prant. — 9793
GD Alinéa — 9794 A laissie. — 9795 II Dementieres ; G tendit. — 9796
ÏIF 1. P. vit en son doit; G vit. — 9797 E que li; H quil t. Pallas q. 1. —
9798 H len, GEF li. - 9799 et 9800 omis dans GH. — 9802 H et tôt 1.;
E tu m. 1. tôt et g. — 9803 F et le f. le r. — 9804 D Je e. bien p. —
9805 GFDH ni p. — 9806 E de cel; A men r. — 9808 E en el c. men
as g. d. m.; A mas; F mas m. g. dolor, D men as or g. d. — 9810 G
ains vengera de t. P., H de t. se vengera P. — 9811 A sailli. — 9812
GF tôt m. — 9815 Alinéa dans GFH. D lont v.
TUE %5
que Eneas aveit vencu,
dont i ot noise merveillose.
La genz de Troie fu joiose
et cil dolent de l'altre part.
9820 Mais nequedent donc lor fu tart,
puis que si lor est avenu,
qu'Eneas aient receii.
Tel sont dolent ki font semblant
contenance de joie grant.
9825 A lui se vont li baron rendre,
li reis li fist enz el champ prendre
de ses barons les feeltez
et rendre li les fermetez.
Grant presse ot entor lui le jor,
9830 tuit le reçurent a seignor.
Il n'ala pas donc a Laurente,
ainz s'en retorna a sa tente;
li reis Latins le conveia.
Al départir le jor noma
9835 que il esposera Lavine;
il sera reis, ele reïne;
de ce fu li termes asis
par lor esguart jusqu'à uit dis.
Lavine ot oï et veti
9840 que Eneas aveit vencu
et veit qu'il retornot ariere.
Guide qu'il ne l'ait guaires chiere,
quant il ne vait a li parler;
9816 EF lavoit. — 9817 H joie, G Troie. — 9818 GH omettent en. —
9820 GH non por quant; H lor leur f., G si 1. f. t. — 9821 A p. que 1.
e. si a.; D ce lor. — 9822 omis dans E. — 9823 et 9824 omis dans HG.
F Gel. — 9824 EF et le contieng de j. g. — 9825 GD sen v. — 9826
F le f. — 9828 DEF et rendent li lor f. — 9829 D i ot tôt entor. — 9830 A
recoillent, D recouuent. — 9831 E II nen a. pas; G dont pas, H lors pas;
D mie a L. — 9832 E a. en ala droit a s. t. ; G en r. — 9833 Alinéa dans
D. — 9835 FH esposeroit. — 9836 FGH omettent il, si s.; FH seroit; E sires
sera; A et el r. — 9838 A esgarz; A très qua, GF dus q. — 9839 sans alinéa
dans DE. H L. avoit molt bien v. ; G a oi. — 9841 H et v. q. san retome,
D et V. quest retomez, G et voloit retomer; EF vit. — 9842 D que n.
1. mie cil., EF que il (E cil) ne 1. nient ch., G que gaire ne 1. eh.
366 LAVINIE SE
duel a grant; el l'en veit aler,
9845 plorë et gient et plaint et dit:
,Molt par li est de mei petit,
de fol plait me sui entremise,
n'a soing de mei en nule guise;
or avra par ombre de mei
9850 la terre et le règne le rei;
se il en a tote l'enor,
molt li sera poi de m'amor;
s'il est saisiz de m'erité,
asez me menra puis fierté,
9855 tornera mei el val desoz,
il en avra les chastels toz.
Ja ne m'avrai de quel aidier,
si me demeura grant dangier,
0 s'il m'aime ne poi ne grant.
9860 Toz tens me fera il semblant
de grant orgoil, de grant fierté;
sovent me sera reprové
que de s'amor fui prinsaltiere
et me tendra por noveliere;
9865 le dangier avra de l'amor,
il en ventra al chief del tor . . .
Foie Lavine, ne t'enuit,
s'il veint le jor et tu la nuit . . .
Ne m'enuit, lasse? Si fait veir,
9844 DEF quelle len vait a. — 9845 H el plaint et gient; A et brait
et dit, EF g. et sospire, D p. et si dist, EF p. p. g., G et p. et pi. et g.
et d. — 9846 EF por poi ne muer de dol et dire. EF ajoutent deux
vers. V. les notes. — 9847 et 9848 omis dans E. — 9848 F de m. na s. —
9849 G le nom, F nombre. — 9850 D omet et; H r. et le r., A r. de moi,
G r. de r. — 9851 F s. i. ni a, G et se il a. — 9852 F poi li sera, G asses
li est pou. — 9853 E sil est tenans, F il est s.; G et sil est sire del raine;
A lerite. — 9854 EF a. mousterra, G a. mara ; G tost reprove, H puis en
vilte. — 9855—9863 omis dans G. F en val. — 9857 D par oui u. —
9858 H il me merra molt g. d. — 9859 EF et sil; A ou po ou gr. —
9860 H assez me f. vil s.; A men f. — 9861 HEF et de f. — 9862 H
assez. — 9863 H mamor; GH sui. — 9864 F si me t. — 9865 A avrai;
GE de mamor. — 9868 EF molt désir le j. et la n. EF ajoutent deux vers.
V. les notes.
PLAINT D'ÉNÉE 367
9870 le dangier en deiisse aveir;
il me dellst preier d'amer
et losengier et dangerer . . .
Toi ne dire, n'est pas mesure,
femme est plus faible par nature
9875 que nen est oem por mal sofrir;
ne puet mie en son euer tenir.
Femme est trop hardie d'amer,
moit set mielz oem son euer celer . . .
Par fei, cil le ceile molt bien,
9880 car il ne li est de mei rien . . .
De neient mosterreit semblant,
quant ne l'en est ne poi ne grant . . ,
Ne deigna ore ça venir
ne seul guarder al départir.
9885 Li oilz est senpres a Famor
et la mains est a la dolor:
la main met l'en la o il duelt,
la tome l'oil o l'amors vuelt.
Por ce di ge, se il m'amast
9890 al départir l'oil me tornast,
mais plus li fu d'aler ariere;
bien cuit qu'il ne m'a guaires chiere.
Or li est vis, quant a vencu,
que il ait tôt escombatu
9895 et bien cuidë aveir senz mei
9871 G remplace les vers 9871—9893 par 4 autres. V. les notes. —
9873—9889 omis dans G. D Fille ne di. E Toi nel di, F Tel nel diroie,
H Tes toi nel di. — 9875 D que nest homme, EF que nest nus hom. —
9876 F nen. — 9877 H hastive. — 9878 D homme set bien, E hom
set trop m. — 9879 A cist; D cela. — 9880 D car li nen est de
m. de r., EF que il d. m. de lui est r. — 9882 DF q. li nen est, H
q. ne lui cest, E quant il ne lest petit ne g. — 9883 H cil. — 9884
H ne regarder. — 9885 F Li oel sont. — 9886 et 9887 omis dans F,
intervertis dans E. H len met 1. m. ou len se d. , A la mal mètre la
ou il doit, E et li mains la u il se d. — 9888 A la torner 1. ou amor
voit. — 9890 H ca 1. t. — 9892 H b. se ; D mie ch. — 9893 G Eesgarde
quant ot v. — 9894 H quil a le tout e., G bien quide avoir e. — 9895
HD et très bien c. a. s. m., EF lounor c. a. s. m., G ceste contrée et
tôt s. m.
368 DOULEUR AMOUREUSE
l'enor; il s'en vuelt faire rei.
Il ne crient guaires mon ehalenge,
ne n'os mais creire qu'il me prenge;
quant de la bataille est estors,
9900 bien me cuide mètre defors . . .
Que ai ge dit? Trop me despeir,
icé ne sera ja por veir
que li baron de ceste enor
le reçoivent ja a seignor,
9905 s'il ne me vuelt prendre a moillier;
ainz en morront mil chevalier
qu'ainsi seie deseritee.
En mal leu ai m'amor donee,
se il me vuelt boisier d'amer
9910 et si en fin deseriter.
Poi pris la deseriteison,
ge ne désir se la mort non.
S'il ne m'en fait bien tost setire,
de ma vie n'avrai mais cure."
9915 La pucele forment plorot,
ki de son dru se dementot
que il ne la deignast amer.
Mais n'en peiist neient doter,
s'ele setist certainement
9920 com il la regretot forment,
9896 HD 1. (D lavoir) du roiaume le rei ; EF omettent il, si sen fera
signor etr.; G quide il quon len face rei. — 9897 HDG ne prise g; D p.
mie. — 9898 H je nos mes dire, A ne ne li chalt, D ne seul mais c,
G jo ne croi ja; A cornent quil p. — 9899—9907 omis dans G. — 9900
HE men; E quit; F m. au defors. — 9901 E quit. — 9902 H ja ne cui-
deroie p. v., A i. ne estera ja v., EF de ce aim jou molt mal savoir. —
9903 F et li b. — 9904 H recoillirent a s., F recoillent ja a s. — 9905 F
il ne. — 9906 D a. i m.; H morroit. — 9907 A que si, D que je; G ains
en serai d. — 9908 HDEF tornee. — 9909 D tachier. — 9910 D et se jen
sui deseritee. — 9911 et 9912 omis dans G. A p. plain; H p. p. la terre
et le roion. — 9912 A rien ne me faut se samor non. — 9913 G poi pris
ma vie qui tant dure; F me fait. — 9914 G nen a. mais de vivre c; F
navera c. — 9915 sans alinéa dans E. — 9916 A car de; EF molt se
cremoit, A forment dotot. — 9918 H m. ne len convenist d., A m. il ne
len estuet d.; EF de rien d.; D ne. — 9920 DE souvent.
D'ÉNÉE 369
com il esteit por li destreiz.
Le jor n'aveit bien nule feiz,
la nuit veillot et ert en plor
et apelot le deu d'amor
9925 et li priot molt dolcement
qu'il nel menast si aigrement.
Degetot sei, puis se plaigneit,
soef entre ses denz diseit:
,Que ai ge fait, dolenz, chaitis,
9930 quant ge si lonc terme ai asis
d'aveir m'amie, de li prendre?
Ge ne puis mie tant atendre;
le terme estuet molt abregier,
car l'atendre ne m'est legier.
9935 Plus d'un an a ore en un jor!
Ki angoisse a, mal ne dolor,
molt desirë aveir santé,
et ge me sui si afolé,
quant mes mais est de tel orine
9940 que n'i valt fors une meeine,
que de cel n'ai nul respit pris.
L'amors m'angoisse molt toz dis,
que ne me lait repos aveir.
Molt voldreie de fi saveir
9921 A la nuit d., G le jor d. — 9922 G il nen a. — 9923 G et la
n. ; EF V. a dolor. — 9924 H et regretoit, EF si a. — 9925 GEF et p. lui.
— 9927 H et s. p., G si se p. — 9930 D tenz; F i ai mis. — 9931 y
et de 1. p. — 9932 H Ne porre mie. — 9933 et 9934 omis dans H, D
mestuet a., G convient a. — 9934 EF nel soufierroie de 1., G car de 1.
nai mestier. — 9935 H Or dure plus dun an un jor, D II a plus dun an
et dun jor, G Plus dun an dureroit uns jors; E a nul j., F en cest j.,
A en .u. jors. — 9936 D qui a mal ne d., EF qui angoissos est par d., G
a un home qui a dolors. — 9937 H m. en d., DEGF m. par désir (DE de-
sire); A d. a a. — 9938 A me sant, G men sui; EF vers moi meisme
ai mal este; DG porfole. — 9939 et 9940 intervertis dans A. EF que m.
m.; G ditel. — 9940 A molt désir a avoir m.; D fors que u. m. — 9941
H et ge de ce ai r. p., E et de cel ai .i. r. p., F et de co nai n. r. p., G
quant ensi ma amors sopris; AD ai n. r. p. — 9942 H amors; D et 1.
mangoissoit t. d., G qui ensi mangoisse tos dis; F amors mangossent. —
9943 EF ne repos ne me lait a.; G quil ne mi 1.
Bibliotbeca Normaimica. IV. 24
370 IL PARLE
9945 s'el se tient encor en l'amor
dont esprise estait l'altre jor,
et el setist corne ge l'aim.
Ja m'a Amors pris a son aim;
il m'aescha de la pucele;
9950 puis que primes vi la donsele,
ne poi mon cuer de li oster.
Ne fui mais destreiz por amer.
Molt par i a estrange chose:
ki bien aime, pas ne repose;
9955 jo ai achaté chierement
lot le délit que g'en atent.
Molt me tarde, molt me demore
que ja la bêle me secore.
Or est l'ore, s'est repentue,
9960 car cuers de femme tost se mue.
Por quant ne fait mie a blasmer,
s'el se tarde de mei amer,
que ne li fis pro de senblant
que de li me fust tant ne quant.
9965 Forment li ai mesfait senz faille
que senpres enprés la bataille
en es le pas n'alai a li;
9945 GEF sencor se tient; E en tele a., F en cel a., G en li a. —
9946 G d. ert e., D d. destroite ert, E d. sousprise fui. — 9947 A et el
resaust com; G et sel, H et si, D et elle; EF or puet (F voel) savoir que
atant (F quen tel io) laim. — 9948 E Amors ma bien prise en sa main, F Or
ma amor bien en sa main. — 9949 H il ma aeschie d. 1. bêle, D il la sacha
d. 1. p., E que puis que le pucele vi, F il la casse d. 1., G il ma si sopris
de la bêle; A il aescha. — 9950 E men cuer de li ne départi; GFH pucele. —
9951 GH puis; GEF torner. — 9952 H d. ne sui m., A une ne fui d. —
9953 G i par a. — 9954 H petit r., D point ne r., F ne se r. — 9955—9959
omis dans H. GFD gen. — 9956 GF qui men apent. — 9957 D dévore.
— 9959 D a cest ore s. r. , E or sest ore puet r., F or sest or sest re-
penteue, G or ceste eure sa r. ; H repentie. — 9960 GH omettent car.
GH f. molt t., F t. remue, D tantost m. — 9961 G nen f.; H pas, F trop.
— 9962 G s. satarde, F ne se tarje. — 9963 GFDH car; H point; G c.
nai mie fait grant s. — 9964 HDEF de li me l ne t. ne q. (DEF ne poi
ne grant), G que il de li me fust niant. — 9965 H Molt fis g. folie s.
f., DEF je (E ne) li forfis (D meffis) f. s. f., G molt grant folie fis s. f. —
9966 H quant tantost, G que jo loes; EF me b. — 9967 omis dans H.
DE l'amour 371
mesfait l'en ai, pardon l'en pri.
Ne m'en deit porter maltalent,
0970 corroz ne ire longuement.
Amors n'a soing de longue guerre,
mais ki mesfait, merci deit querre;'
se l'en li meine un poi dangier,
et l'en s'i laist alkes preier,
9975 se li redeit on pardoner,
quant on li ot merci crier.
Molt par est buene l'acordance,
quant il i a eii meslance,
et molt est grant ravivement
9980 d'amor un poi de maltalent.
Corroz ki trop ne dure mie
est a amor eschamonie,
molt l'aguisë et enasprist;
quant l'uns des amanz se marrist,
9985 molt valt après l'acordemenz:
ce est uns renovelemenz.
Mielz valt uns seuls baisiers apruef
que ne faiseient devant nuef:
se n'esteit l'ire et li corroz,
9990 ne sereit si buens ne si proz.
Ki torment a eii en mer,
plus se fait liez a l'ariver
que s'il l'aveit seiirement
9968 D m. li ai, EF meflfais en sui, GH meffais li sui; H merci 1. p.;
y li p. — 9973 et 9974 intervertis dans H. EF son li m. un p. de d.;
Gr alques d. — 9974 H qui meffait a et velt prier, EF ele sen laist un
poi p., G et el se 1. longes p. — 9975 DE se li doit on bien, F et se 11
doit bien. — 9977 D m. e. b. la concordance. — 9978 A méfiance; F
q. il i a humelianche. — 9979 A angenement, D raunement; G bons. —
9981 Alinéa dans G. — 9982 H eschauferie; EF met en a. grant druerie.
— 9983 EF m. fort, G forment; yD langoisse (EF angoise). — 9984 A uns;
FD sesm. — 9985 et 9986 omis dans D. H m. i v. li recorderaenz, EF puis
V. li reconciliemens. - 9987 et 9988 omis dans H. A Mes v. — 9989 EF
se nert li ire. — 9990 H donc ne seroit lor amor p., G ne seroient si sa-
voros. — 9991 DGEF qui tormente a en celé mer, H qui t. la en grant
mer. — 9992 GH p. sen f. — 9993 et 9994 omis dans G. D omet que,
se il; H avoit.
24*
372
IL SE REPROCHE
passée senz altre torment;
9995 quant a eti peor de mort,
se li plaist molt, quant vient a port.
Si fait amors; molt plaist forment
' enprés un poi de maltalent;
bien l'en conois dreit a m'amie,
10000 se ele s'est un poi marrie,
car grant desmesuranee fis
que demaneis ne la requis,
quant la bataille fu finee;
maie amistié li ai mostree,
10005 bien le conois que tort en oi.
Noalz fis puis, se noalz poi,
que ge pris terme si lointaing!
S'il m'en peisë et ge m'en plaing,
c'est a buen dreit, car ge mesfis
10010 que a uitave jor en pris;
il me petist trop loin sembler
seul a demain a demorer;
molt est bien dreiz que m'en repente,
se mal en ai, que plus en sente:
10015 Onkes puis ne me repenti
del terme qu'otreiai issi
fors une feiz; celé a duré
toz tens puis, ki molt m'a grevé.
Molt me tornë a grant enui.
9995 G quant il em puet venir a port. — 9996 G et il se sent gari
de mort, HI joie fait grant quant est al port. — 9997 — 10001 omis dans
G. A ce vers D s'arrête. V. l'Appendice I. — 9998 HI avoir joie après
m. — 9999 HI certes donques a droit m.; F le c. — 10000 A que el san
soit; HI vers moi m. — 10001 HI que; G molt grant tort a mamie fis. —
10002 G quant jo damor ne li r.; H que lors manoirs, I que lors tantost.
— 10003 HI que; G q. vi 1. b. f. — 10005 I b. c. q. le tort; F bien re-
conois; G se t. — 10006 I noient fis puis se noient p.; F sor n. p., E
qui n. p. — 10007 GHI mis. — 10008 y se (G que) ie men duel. —
10009 E c. la m. — 10010 HI quant ge terme duit jors i mis, G que a
.vin. jors le terme mis. — 1001 1 GHI deust. — 10012 I a d. seul ci d.;
GEF s. el d. — 10013 omis dans GEHI. — 10015 E men r. — 10016
E sotriai, A que trovai. — 10018 GHI 1. 1. qui molt mara (I men a) g. —
10019 EF Forment me t.; GHI M. m. t. a enui ma vie.
d'avoir différé son mariage
373
10020 quant chascun jor pens: „ee n'iert hui
que saisiz seie de s'amor";
donc ne me puis tenir de plor.
Molt m'en est mal a eonsirrer;
tant devreie plus desirrer
10025 que li termes fnst aeompliz
et que de li fusse saisiz.
Mais icist jor merveilles durent,
onkes mais si lonc jor ne furent,
ge pens qu'il en a en un treis:
10030 cist set jor valdront bien un meis.
Li firmamenz ne puet torner,
molt demorë a avesprer;
li solelz ne se puet eolehier,
merveilles tarde a anuitier,
10035 et donc redure la nuiz tant
que un enui i a molt grant.
Quant li solelz est resconsez,
anceis que il reseit levez,
pens ge mil feiz qu'il seit perduz,
10040 criem qu'il ne seit ja mais veiiz,
car molt tarde et molt demore;
ja ne cuit puis veeir celé ore
que il reviegne ça desus.
Quant il revient tote jor m'us
10045 por esguarder et por veeir
10020 E j. que dentre wi, GHI j. désir mamie. — 10021 F mamor. —
10022 H ne p. — 10023 A M. par est. — 10024 GHI molt d.; EF deiisse;
GI d. dont d. — 10026 I omet et, que je; EFHI f. de li. — 10028 HI m. jors
s. 1. — 10029 HI ge cuit, E ce p.; III quen un i en a trois, E que il a en
un t., G quen .i. ior en ait .m. — 10030 y huit. — 10032 EF forment d.,
GHI molt me d. — 10033 et 10034 omis dans EF. — 10034 HI molt me
demore, G forment me targe. — 10035 F adont, HI et lors. — 10036 y si
grant. — 1 0037—10047 omis dans E. GF esconses. — 10038 HI jusqua
matin quil soit 1. — 10039 HI crien ge; If. ne soit p. — 10040 HI
lors c. que mes ne soit v., F c. que jamais ne s. v. — 10041 F c. m.
matarge et d. , G car forment me t. et d., HI c. m. me t. et me d. —
10042 F jo n. c; GHI ja mais ne c. v. — 10044 F et très que il est
aparus; A q. il ne vient; HI t. nuit m. — 10045 F si met grant paine a
esgarder; G et p. savoir.
374
SUITE
se gel verreie ja moveir,
vis m'est qu'il espleite molt poi.
Mal escient et fol sens oi
qu'onkes cest respit otreiai;
10050 a buen dreit est ce que ge ai
et a noalz me puet torner;
tost ai veii un tens muer.
Quant peiisse prendre m'amie
donc mis ge terme; ne fis mie;
10055 bien tost me porreit esloignier:
il nuist sovent a porloignier
chose, quant ele est aprestee,
car en poi d'ore est tost muëe.
Ce face l'en que l'en puet faire:
10060 tost tome uns respiz a contraire.
Tôt peusse aveir espleitié,
por dreit neient fu respitié ;
se fusse or toz aseurez,
si eUsse mes volentez,
10065 ne me fust or neient si fort,
ainz etisse molt bel déport.
Ki bien puet aveir et sel lait,
dreiz est que tote honte en ait.
Ce dont petisse estre saisiz
10070 atent encor, si'n sui marriz;
10046 F se je veroie un point torner, G se jo len v. m.; HI v. aparoir.
— 10047 A qiiele e,, E que lesploite, I q. sesploite. — 10048 III Mal s. et
fol (1 mal) e. G. ; E M. scient; G et mal s. oi. — 10040 111 quant je tel r. o. —
10050 HI ai (II oi) ce que jen ai, G est quanque jeu ai. — 1 0051 I et a noiant;
A pot. — 10052 III len a tel fait vcu m , G tost a on tans veu m. EF
ajoutent 4 vers. V. les notes. — 10053—10057 omis dans HI. — 10054
EF jel respitai si nen fis mie, G dont mes jo t. nen pris mie. — 10057
et 10058 omis dans F, intervertis dans HI. E omet les vss. 10057—10079.
III ch. qui près e. a. — 10058 HI omettent car, en molt p. d. est m. —
10059 HI com il p. f. ; F doit f. — 10060 G omet uns. — 10061 F molt
eusses bien esplotiet; HI bien p. — 10062 HI ce que jai si lonc r.; G n.
a r. — 10063 F omet se, or f . ; HIG et se f. or a. — 10064 HI davoir
toutes, F et fesisse, G et seusse. — 10065 A mi; HI or mie, F ore
pas. — 10066 I trop e. plus b. d.; F grant d. — 10067 A il 1., HI le let
(I lest), F si lait. — 10069—10077 omis dans HI A si s.
SON MARIAGE
375
issi en sui en grant dotanee;
en tel leu ai vett fiance
0 l'en fait tost, quant vient al prendre.
Sofrir m'estuet or et atendre;
10075 il i a molt, n'en pnis or mais.
Toz en petisse or estre a pais:
de son pro s'estort l'en sovent;
si sui ge faiz, molt m'en repent."
Eneas ert en grant freor,
10080 forment par desirrot le jor
que il deveit s'amie prendre,
molt li enuiot a atendre,
et a li resteit il molt tari
Chaseuns le voleit de sa part;
10085 angoissos erent entre tant,
S'altres set jors durast avant
li respiz de lor asenbler,
a l'un l'estetist comparer,
0 bien tost en mesavenist
10090 a anbesdeus, se devenist.
Quant vint al terme ki mis fu,
qu'a grant peine orent atendu,
li reis ot ses amis semons
et mandé ot toz ses barons.
10095 Contre Eneas est fors issuz;
a grant joie fu recetiz,
10071 F et molt en sui, G et sui enfin. — 10072 GF car en t. 1. a
on f. — 10074 A antandre, GF aprendre. — 1U0T5 F molt lonc i a. —
10076 F tols, G tote. — 10077 GF se tort. — 10078 HI si ai je fait or
men repent; F si m. r. — 10079 sans alinéa datis D. HI Heneas desirre
forment; GEF esror. — 10080 A granment; HI de ses noces lassenble-
ment. — 10081 et 10082 intervertis dans HI. IH sa famé. — 10082 A m.
1. enuie; EF en grant travail ert a latendre. — 10083 HI omettent et, a
la pucele r. t., G et a li par estoit m. t. — 10084 HI vosist. — 10085 I
santretant. — 10086 I d. un j. com .vni. ou tant, E se a. .viii. j. durassant;
y huit j. — 10087 GFHI li termes; A daus .n. asanbler. — 10088 I a lun
len estent c. — 10089—10090 omis dans HI. E a mesvenir. — 10090 F
avenist. — 10091 sans alinéa dans GEF. — 10092 E a g. p. o. entendu. —
1 0094 I et mande trestouz, F et asamble, E et assambles, G et a m. —
I0o96 GHI paine.
376
SES
a Laurente l'en a mené.
Veiant els toz l'a erité
de son reialme, de s'enor;
10100 tôt li a otreié le jor,
quant sa fille fu esposee.
Grant leeee i ot démenée,
molt i sonerent istrument,
molt i ot esbaneiement.
10105 Eneas fu a rei levez,
a grant joie fu coronez,
et coronee fu Lavine,
reis fu d'Itaile et el reine.
Onkes Paris n'ot graignor joie,
10110 quant Eleine tint dedenz Troie,
qu'Eneas ot, quant tint s'amie
en Laurente; ne cuida mie
qu'onkes deiist aveir nus oem
en tôt le mont tant de son buen.
10115 Et Lavine recuidot bien
que nule femme n'eust bien
fors li seule; ne poeit dire
nule chose ki fust a dire,
qu'ele n'ettst tôt acompli.
10120 Quant li reis l'ot de lui saisi,
et el de lui se fist molt liée,
la feste fu molt eshaleiee;
les noces durèrent un meis.
10097 y en L.; IIIE la amené. — 10099 AI de samor. — lOlOl A
que il s. f. a e.; F et se f. — 10102 y molt g. 1. i ot menée. — 10103 EF
il i ot pluisours istrumens. — 10104 EF et divers esbanoiemens. — 10105
sans alinéa dans A. GUI est. — 10106 EF molt richement f. c. —
10107 G rois fu et ele fu roine. — 10108 G quant coronee fu Lavine;
EF d. ele r. — 10109 G plus granl. — 10110 GEF q. tint H. d. T., H q.
amena H. a T. — 10111 E omet ot, que E. — 10112 G ne quidies mie. —
10113 F q. peust. — 10115 et 10116 omis dans A. — 10116 III rien. —
10117 G f. 1. nus hom ne peust d.; EF savoit dire. — 10118 GHI que
n. c. en fust a d. ; F li f. — 10119 indistinct dans A. — 10120 E de li
lot. — 10121 et 10122 omis dam A. HI et il délie, GEF et li de lui. —
10122 EF la ot feste.
DESCENDANTS
377
De sa terre esguarda li reis
10125 del mielz une molt grant partie,
la 0 Eneas l'ot choisie;
en son vivant li otreia.
Tote sa terre li dona
que sire en seit après sa mort,
10130 senz ce que nus l'en face tort.
Eneas ot le mielz d'Itaire,
une cité comence a faire,
buens murs i fist et fort donjon.
Albe mist a sa cité nom;
10135 molt par fu riche, molt fu granz,
ses enpires dura molt anz.
Longues l'a Eneas tenue,
puis est en sa main revertue
tote la terre al rei Latin,
10140 et quant il râla a sa fin,
Aschaniiis régna après,
et puis fu si com Anchisès
a Eneas l'ot acontè
en enfer, et bien demostrè
10145 les reis ki après lui vendreient,
si com il dist que il naisti-eient :
l'uns avant l'altre ainsi sont ne,
com a son fil l'ot acontè.
Molt furent tuit de grant poeir
10150 et descendirent d'eir en eir,
10124 GEF garda. — 10125 I et la graignor p., G une grande p. —
10126 F la E. lavoit ch.; G la saisie. — 10127 H a s. v. — 10128 111
et sautre t., A tote la t., G s. terre tote; EF de toute se t. (F de tote
lautre) lireta. — 10129 G omet en; GEF quil s. — 1U130 Ici s'arrête
E. — 10132 I u. c. de bonne taille. — 10133 F bone le fist; I et
fist et bons murs et d. — 10134 HI la c. — 10135 F r. et vaillans. —
10136 F ses barnages d. lontans; HI mainz a. — 10138 GIII revenue. —
10141 I la tint a. — 10143 HI lot a E. a. — 10144 I e. e. est bien d.,
GF et en e. bien d. ; HI devise. — 10145 HI tout ceus, F li roi, G de
cels. — 10146 F quil naisteroient. — 10147 GIII si s. n., HI furent n. —
10148 F omet a, si com; HI tout si com il (I t. ainsi com) li ot mostre;
G demostrè. — 10149 F fort.
378 FIN
des i que nez en fu Reraus,
de eel lignage, et Romolus ;
frère furent et molt fort home.
Cil firent la cité de Rome
10155 et Romolus H enposa
^ son nom, quant primes la fonda.
10152 HI et son frère dant E. — 10153 F et bien f. h. — 10154 HI
li uns fist rains et lautre R. — 10155 A li col posa. — 10156 A que
primes li dona. — Après ce vers GFHI ajoutent 6 vers, et puis F en-
core 4. V. les notes.
i
Appendice I.
Voïct la fin de VEnéas dans D, qui depuis le vers gççy
s'écarte des autres manuscrits :
Por ce se la belle maime
se biau samblant de moi aie
cil comme ie vousisse
saucun contraire ne cremisse
dont mult avient a finz amis
por ce sil plaist aus diex na miz
en li nature ne raison
que ne maine en toute saison
mais pour oster le soupecon
dont mon cuer est en tel façon
car iai ainsi lonc terme pris
que nulz ne la saroit penser
qtien li seule puet on puisier
senz valor soulaz et mesure
plus quen mille autre certure
manderai li com fins amis
en quel destroit elle ma mis
en sa douce prison serrée
et quant vendra la désirée
hore du jour que la doi prendre
je qui si sui pris sanz reprendre
que ia nul jor partir nen quier
ice seulement li requier
(juelle me pardoinst le méfait
que si poy samblant li ai fait
dont ie croi bien quelle se deult
et ie si com amor le veult
et me commande que le face
<iue de biaute na sa pareille
li pri et requier et conseille
quelle tiengue son cuer en ioie
et soit certaine que ie soie
des celle heure partiz en .11.
quelle mot lancie ses vers yex
quant la saiete descoicha
o son douz escrit macroicha
que quel part que mon cors soit
elle a le cuer et bien le doit
avoir car sanz lui ne porroie
estre en espérance de ioie
et mes ioies lors doubles sont
au terme mis quasambleront
li cuers et les membres ensamble
Eneas qui de chalor tramble
appel la tost un mesagier
por ses dolors asuagier
Malpriant dist il vien avant
en celle cite la devant
iras parler a ma pluuie
la belle Lavine mamie
et li di que ne li desplaise
que nay eu ne lieu ne aise
de mamor li faire samblance
cart moi mon cuer en espérance
du cor(?) qui revenir li doit
au terme de ses .vin. jors droit
acorde en ai a son père
a sa douce loyauté père
com elle mon cuer esgarda
mon cors com amis et espoz
la doi a lonnor des diex prendre
en sa belle gentilz main tendre
cest anel et que li envoie
porter le veuille en amor moie
en ramembrance pardurable
de fine amor toz tens estable
et de cuer amorous et fin
li aneles na point de fin
380
APPENDICE I
mais roons est et ferme entor
por ce senefie quentor
de loyal cuer amor enclose
nen puet estre por voir desclose
ne prendre por terme termine
si coche la belle Lavine
quaveuc cest anel li envoie
mamor quella le cuer de moi
por moi ne face jusqua terme
ne sonspir nangoisse ne lerme
que faire seulent amorous
mais dun ramembrer savorous
paisse son cuer en douz désir
ie voi bien le vostre plaisir
et entens, ce dist Mauprianz
as diex soiez por moi prianz
car ie menvois tout celle part
a ces mos d'Eneas se part
et a briement dire chemine
tant quil vint a la tor Lavine.
Or a Maupria tant tenu
son chemin qui est la venu
ou la belle Lavine estoit
quamors tienent en lor destroit
et dissoit gentilz Eneas
se oubliée Lavine as
elle por ce point ne toublie
he les haus diex ie vous supplie
que par tens nouuelles en oie
dont plus joyeuse por vous soie
por mes dolors asouagier.
atant ez vous le messagier
qui ceque désire li porte,
entrer en la tor par la porte
li portiers li a tost enquis
qui il est et que il a quis
ie sui dist ce de la grant Troie
Eneas par deçà menvoie
que paroUes mande a Lavine.
li portiers humlement lencline
bien ait dist il qui vous envoie
et vous si soiez a grant joie
par .M. fois li très bien venus
ne vous yert hui contretenuz
ne de torneile ne de chambre,
en la grant salle pointe a lambre
len a mené sanz plus atendre
ou la gente pucelle tendre
sarestoit a une fenestre
ou mult li delitoit a estre
car Eneas en ot veu,
quant ot la flèche receu
ou elle avoit mis lescrit
si com devant avons descrit.
Li portiers salue la belle
franche dame gentilz pucelle
cest homme que tien par la main
por ce dist il le vous amain
quil est ou meilleur qui puist estre
bons cons est de bon ancestre
ce est Eneas li cortois
a ma porte ie men reiois
et 0 vous lais ie franc mesaie
tantost se départ comme saie
et la gente pucelle franche
le mesaie prist par la manche
quant que rienz li peust dire
et lanelet du doi remire
que onques mais navoit veu
vous soiez le bien recheu
ce li dist la belle des belles
or nous dites de vous nouvelles
Dame dist il a vous menvoie
vos amis Eneas de Troie
cui cuer avez en vostre garde
la pucelle lors le regarde
et respont comment Eneas
tu mon cuer de mon cors ravi
Eneas puis que la vous vi
ou la flèche de ceste tor
cheu ne fist a moi retor
li mienz cuer ainz est o vous
li mesaies cortois et prous
Mauprianz respont humlement
dame dist tant humblement
com plus puet Eneas vous prie
et com a sa mie sil plie
que ne tenes a mesprisance
que ne vous fist autre samblance
quant la flèche feistes traire
ne puis encor car de contraire
que souuent fait amor nuisance
a ades este en doutance
car cuer amorous niert ia quites
APPENDICE I
381
de douter et si corn vous dites
quil a vostre cuer si sachiez
que li sienz cuers est atachiez
dedenz vous et quil nen a point
fors si comme amor le ioint
et por ce que ia nen desioigne
comment que li cors saloinge
vous envoie cest anelet
quainsi comme il ne sentremet
ainz sentretent partot et ioint
soiez en vostre ai. cuer conioint
en fine amor si faitement
qua touz jours soit parfaitement
de vous faite con . . . ance (?)
en amor sanz point desloiance
Lavine lanelet esgarde
la main i tent ne plus ni tarde
et cil li baille bonnement
amor sanz amesurement
la lors si tresportee toute
et ravie que dune route
plus de .c. fois lanelet baise
douz amis dist elle or sui aise
et de toute joie remplie
quant de vostre amor sui certaine
vostre loyal cuer ma garie
je ne puis mais estre marie
por delance ne por terme
failli sont mi soupir et lerme
ne puet mais issir de mes yex.
quant mont octroie les haus diex
de cel seigneur ce que prloie
honnor de lui et damor ioie
lors a mis lanel en son doi
et dist douz amiz ie vous vol
mon cuer douz amis fait lie as
douz amis gentilz Eneas
Or ni a plus dit lors Lavine
a mon segnor tante mencline
bien sai que sa graut loyauté
ne li laisseroit cruauté
penser ne faire contre moi
de riens ne sui mais en esmoi
for de faire son douz plesir
en ce seul est tout mon désir
il ma a soy toute ravie
samera ie sui sa pluuie
or moctroient li haut dieu grâce
que le sorplus briement parface
Lavine qui mult fu ioieuse
com fine loyaus amoureuse
dun safir et dun diamant
refait présent a son amant
en .u. anelez afermez
cist safir qui ci est fermez
dist la pucelle a Maupriant
.m. choses va senefiant
roy chaste et loyauté
a mon seignor la royauté
et toute lonnor de Laurente
avec ma chastee présente
pour la loiaute quen lui est
neis li haut dieu sont tôt prest
a li faire honnor ce me samble
et por ce li envoie ensamble
o le safir .i. diamant
que a vertu que li amant
que loyaument lesgarderont
de touz perilz le garderont,
après a la pucelle pris
autres iouiaus de noble pris
dont largement donne a mesaie
et li prent congie comme sage
a la pucelle de bo viaire
et a son seignor sen repaire
Mauprians de la riche tor
sem part et est mis an retor
vers son seignor qui damor art
mult li demeure et est tart
que de celle nouuelle oie
qui de lui seul atent sa joie
le messagier a tant tenu
son chemin que la est venu
ou len mult forment le désire.
a briement parler va tant dire
a Eneas quil sesioisse
celui nestoit ne fol ne nice
molt grandement sest esioi
du mesagier quant il loi
de Lavine le mandement
et tout le senefiement
quelle li fait en son présent
gariz sui dit il mal ne sent
car pris en a mult bonne cure
382
APPENDICE I
celle i a honnor procure
dont les haus diex doi lionnerer
or ni a mais que demorer.
a faire la vostre besoigne
que cil manaies se ioigne
Eneas li preus li gentilz
a sa besoigne est ententiz
et si noblement se porvoit
com faire devoit et savoit
et esponsa ou (?)
la belle cui estoit avis
dedenz la cite de Laurenfe
quant pris ot la pucelle gente
li baron de terre Latine
qui estoit au père Lavine
sacorderent grant et menor
a lui recevoir a scignor
après le decez de lor roi
Eneas qui fu sanz desroi
a mesurez cortois et saiges
par son sens par ses vasselaies
conquist il des barons lamor
quaprez la mort de lor seignor
paisiblement la terre tint
et les honnors totes maintint
rois en fu et belle Lavine
sa cortoise monillier roine
et vesquirent en bonne pais
tant com de lor jors i ot mais
sanz anui sanz destor de guerre
ainssi vint la Latine terre
a Eneas qui premerains
des royaus la tint en ses mainz
puis que il ot conquis Turnus
listoire faut il ni a plus
qua mètre face en mémoire
or nous doinst diex du ciel la gloire
ou cerubira o serafim
ci est li romans a la fin.
E X p 1 i c i t.
Appendice II.
Bien que nous n'ayons pas cru devoir instituer une com-
paraison suivie entre le ms. C et les attires, nous trafiscrirmis
ici deux interpolations d'une certaine importance. Pour la
première (après le vs. 2çç6). qu'on compare ce qui en a été
dit dans l'Introduction; l'autre se trouve après le vers iço2,
et se retrouve en partie au vers i8oy suiv. du poème.
I.
Molt volsist estre en la contre
que li dieu li ount destine
son piere en ad araisone
sire di mei por amour de
corne ie conoistrai la pais
que molt y ai grant travail mis.
filz de iout ces ne deis doter
les entresignes te puisse counter
quant en la terre arriveras
tes tables de faim mangeras
quant ceo te sera avenu
des tables donc me creras tu
ja mar puisse avant irras
illoec endreit te resteras
tant irras par mie la contre
que une lehe auras troue
cile lehe blanche serra
douze porceals alaitera
li porcel serount tout blaunc
râlez ja puis dilloec avant
enz illoec un chastel fermeras
dont tout la pais conqueras.
II.
Lasse fait cel vait sen il
molt sui foie par foi oil
et si ne parole avec mei
dice ne prent il nul conrei
ahi lasse que di ge mais
quant ie nel puisse aver sil lais
por quei por ceo quant il ne mot
ne il ne bien ne respont mot
de ma mort aprisme li termes
onc nel porrent flécher mes lermes
ne un sospir ne ma parole
que di ge mais molt par sui foie
onc ne moit tant dementer
qonqes peust por ceo plorer
ne ne tourna vers mei son oil
ne li est gaires si men doil
onc ne me fist de rien semblant
de mei ne fust ne tant ne quant
quant il de rien ne me comforte
lasse por quei ne sui ie morte
nous sûmes molt diversement
je mure damour il ne sen sent
il est en pais ien ai les maus
amour nest pas vers mei égals
quant ne sen sent comunalment
se il sentist ceo que ie sent
quil amast mei corne ie lui
ne partissons iamais nous dui
ses divinailes vait disant
et ses mensanges vait traiant
dit que li dieu li ont mande
qui ount sorti et destine
384
APPENDICE II
cornent il deit mener sa vie
et quil sen aut en Lombardie
dice ont ore li de grant cure
molt se travaille sanz mesure
et molt tienent dice grant plet
demandent li ceo que il fait
mais par ma foie a eux ne chaut
dont il vienge ne ou il aut
ore dit que de lui lor est tant
quil ne fait rien sanz lor cornant
por quel lont il donc tant coitie
par mer par terre traveillie
onques ne li failli lour guerre (fo. 169)
ainz que il venist en cest terre
quant arriva en cest pais
esguarez ert que foie fis
que iel rétine ensemble oue mei
ore men repent et faire el dei
tout son talent a de mei fait
ne remandreit hui par nul plait
quant je nel puisse mais retenir
Aie sen mestoet morir
donc se clame maleure
a ycest mot se rest pasme
quant el revint si sospira
et en ploraunt molt se blâma
parle comme femme desvee
lasse fait el quel destine
li dieu mont fait cest dolour
por le non fei de mon seignour
a qui menti ma leaute
molt le mont bien gueredone
del Troien mont fait sevrer
ore sen vait par haut mier.
Notes.
25. D remj)lace les vers 25—55 par les vers suivants:
Dans Eneas estoit en Troie
ne li membroit mie de joie
quant la cite vit degaster
les murs et lès tors eraventer
et detrenchier les Troiens
en conseil prist et en porpens
sil sen pouoit estordre vis
dentre les Grius ses anemis
qui tout gastoient par lor guerre
encor guarroit en autre terre
quant vit que ne monteroit gare
deffension que seust faire
eschapa sen si com il pot
par les destornees que sot.
92. Après ce vers D en intercale 8 autres que voici:
Danz Eneas par mer sen fuit
grant gent a pris en son conduit
naigent et singlent a effors
esloingnie se sont bien des pors
en Lombardie voult aler
illuec voult Troie restorer
et la cite et les muraulz
molt soufferra ainz granz cruaulz.
100. Comme D fait défaut, nous aurons un choix à faire entre la
leçon de A et celle de y. Nov^ signalons ce premier cas où nous nous dé-
clarons franchement en faveur de A, bien que le nombre des autres manu-
scrits donne quelque poids à la leçon qu'ils préfèrent.
117. Entre les vers 116 et 117 A intercale ces deux vers:
vont eles trois comunaument
por oir an lo iuiement.
199. D intercale entre les vers 198 et 199 ces quatre vers:
ondes les lievent vers les nues
et quant dilluec sont descendues
de desouz eulz voient la mer
plus que ne puet .i. arc ieter.
Bibliotbeca Normannioa IV. 25
386 NOTES
206. La forme certan au lieu de certain est surprenante. Pourtant la
classification des mss. de nous permet pas d'éloigner les deux vers.
238. M. Paris (Rom. XVIII. 138) préfère la le^on de G. Nous ne
croyons pas que la faute de grammaire que contient celle des autres soit
une raison suffisante pour ne pas suivre la classification. Au vs. 2949 il
y a, avec le même mot dus, une faute pareille que présentent tous les mss.
242. Est-ce que la bonne leçon est cachée dans celle de A ou de D?
263. D intercale les deux vers suivants:
de tantes nez com ie liui oy
quant ie mui ca molt en ai po)'.
26.5. D intercale les deux vers suivants:
ne de mengier ne de dormir
nerent seur fors de inorir.
272. D intercale les deux vers suivants:
»si voit de Libe le rivaige
cest une terre molt sauage.
279. D intercale les vers que voici:
des nez saillent a terre fors
de grant péril furent estors
danz Eneas molt liez se fet
de ses .xx. nez nen a que set (Cp. le vs. 278)
celiez a argent el grenier
ainsi vont fors esbanoier.
291. D remplace les vers 291— 304 par d'autres:
Quant preste fu par le gravier
si sont tuit assis au mengier
la char mengierent et vin burent
que fu es nez quant il sesmurent
Quant beu orent et mengie
chascuns se fist ioieus et lie
de ce querent venu a port
mais molt lor estoit descontort
quil navoient lor compaignie
que en la mer fu départie
en doubte erent que ne savoient
sil erent mort ou il vivoient.
448. Depuis ce vers jusqu'au vers 471 D présente une autre version,
que nous copions id:
Li mur sont haut espez assez
ainsi est close la citez
tout li quarrel sont seelez
a fer et a plom bien soudez
a sanc fu fais touz li mortiers
nen abateroit fers naciers
NOTES 387
une pierre ne un quarrel
par icois ne hoc ne cisel
H mur sont assez fort et dur
a .III. perchiez de plain mur
assise i ot une fort ter
tiex est li murs fait tout entor
en la cite a .un. portes
dolifant sont roides et fortes
entaillies a desmesure
des ais ne choisist on iointure
tout sont dargent et gon et lune
aus .iiii. portes a chascune
a une tor et .i. donion
les tors gardent .iiii. baron
lor terre en tiennent et lor fie
as portes sont lor maistre sie
a chascun deuls estuet avoir {Cp. 4»i9, 470)
.M. chevaliers par estavoir
devant sa porte a herbergie
chascun des contes sa mesnie
en la cite sont li palais
aus citeainz de marbre fin
tel mil en a en la cite
que ne criement .i. ost mande^
se uns en ert au plain assis
ja par assaut ne sera pris
molt par sont riches li boriois (Cp. 401)
de leur avoir ne set nulz prois
bien est la ville replanne
assez i a marcheandise
illuec vent on le vair le gris (= 450)
que len aporte en cez pays.
coûtes de pailes couuertoirs (= 451)
les dras de soie de colours (= 452)
les chiers dossez et les tapis
et les cendaulz et les tamis
et les pailes empereaus
les ehieres porpres naturaus
nés set licheche homme penser (= 45G)
quil ne puisse illuec trouuer (= 455).
470. Apres ce vers GF, et après le vers 486 D, intercalent les vers
suivants:
qui de defors voit la cite
les murs les tors la fermeté \
les cheminées del palais > sont omis dans D
ja si rices ne verra mais )
25*
388 NOTES
un teatre ot en la cite (omis dans D)
et grant et large et bien quarre (D omet bien)
de murs fu clos tôt environ (D de mur ert close e.)
desor lentree a un donion
dedens sont li degré de marbre
ni avoit rien qui fust fait darbre (F il ni ot riens ki ains ftist d.
D ne ni ot r. q. onc fust d.)
bien i a plus de .m. degrés
aval el fons si est li près
la ou on jue a le paleste (FD omettent la)
as gius paiens quant il vient feste (D out f.)
iloc se soient assambler (F i. soloient)
cil de la ville por joer.
486. D ajoute 6 vers:
moult par est riche la cites
de toutes riens y a plentes
de la coite ne uine(?) gaire
et il par mer et il par terre
de toutes pars y vient le bien
nont sorfrete de nulle rien
Pîiis D se joint à l'interpolation que placent GF après le vers 470 ;
après quoi D ajoute les vers suivants qu'il fait suive de l'interpolation de
GF après ^14:
A un des cors de la cite
assist Dido sa fermeté
de haut mur fu clos li chastiaus
molt i ot tors et mangonnaus
sous lentree de ce chastel
dont la cite de Monmirel
les portes sont toutes divuire
lentaille y est toute tassire
mis y a or en tel mesure
quil pert par mi lentailleure
molt par est richiez li portiers
de son fie a mil chevaliers
touz temps vest vair gris et ermin
sériant pert mie a frarin
la principaus tour est assise
desor une faloise bise
haus et espes en est li murs
qui dedens est molt est seurs
ne crient ne siège ni assaut
ne vitaille ne li defifaut
dessus el souuerain estauge
la maint la dame de Cartauge.
NOTES 389
ri 14. AB font suivre ces vers:
ot grisolnes et sardoines
esmeraudes et calcédoines
agates i ot et iaspltes
et allectorres (?) et safires
et autres precioses pierres
de plus de .m.(?) manières
tant en i ot que tel clarté
giete par nuit celé cite
que de set liues anviron
pooit an choisir lo donion.
GFD intercalent les vers suivants:
Molt par est rices li palais
par grant nobilité est fais (G fu f.)
pains est a or de totes pars
bien i sont paintes les .vu. ars
li cils et la tere et la mer
et qanques on set porpenser
des cites (DF de cipres) est tote la frame
bien fait tex sale a itel dame
tel not Daire noteviens
Nourons César ne Juliens
el sable (F gable, D ganble) sist li maistre dois
il not tel amirax ne rois
li piler furent debenus
qui sostiennent le dois dessus
a or taillie divoire blanc
et de meisme sont li banc,
en mi fu li sièges roiax
taillies a or fais de cristals
dargent i a .i. escamel
sel sostienent doi lioncel
sens ot al siège apareillier
la siet li dame a sen mangier
Les la maisiere très son dos
naissoit (D restoit) .i. ceps qui molt ert gros
onques ne fu trancies en vigne
ains li fist faire la roine
li ceps fu dor et les corgies
et les brances bien entaillies
li rain naissent molt soltilment
del cep molt ordenement
les crapes (DF grapes) en sont mervilloses
faites de pieres precioses
pieres i a de mil manières
forment en sont les crapes (DF grapes) chieres
390 NOTES
bien est la vigne mise eu trolle
desor le dois a grant mervelle
Il escaillon sont fait dargent
qui sus sostiennent le sarment
.XM. oisiaus a en la trelle
grans et petis a grant mervelle
de fin or sont bien esmere
li menres valt une cite
li ceps est gros et croes (F couers) trestos
et li flarabail sont par desos
quant il vente si font canter
les oisiax tos et voleter
lonc sa grandor cascuns i cante
qui cel son ot por nient demande
harpe viele son de corde
nul estrument nen dolc orge (D ne si acorde, F ne nul dorloge)
cascuns oisiax cante a sa guise
quant li dame est al dois asise
onques ni finent de canter
al aseir et al lever
nis uns oisiax ni est a pais
tos en retinte (DF retentist) le palais
quant si cantent ni ot on gote
dun arbre dont lencens dégoûte
i sont les tables de manières
par la sale grans et plenieres
quant Dido siet a son mangier
ja ni ara nis .1. huissier
mius vauroit estre prise u morte
qui eust clos ne huis ne porte.
515. D suit une autre version depuis le vers 515 jusqu'au vs. 544.
quen deffendist sa garisson
ne a verge ne a baston
en la sale ot mainte verrine
encor mainte chambre perrine
et dedessouz ert li celiers
moult y avoit autres mestiers
celle cite ferma Dydo
et ce voulout dame Juno
pour ce quilluec fu coultiveè
Cartaige fu molt renommée
touz li mons fu a lui enclin (= 52;5)
de son empire ne fust fin (= 524)
la capitoille et le senne
y avoit ja tant ordene
qui esgardent les iuiemens
NOTES 391
et les lois donnaissent aus gens
puis fu a Rome transporte (Cp. 542)
li capitoille et li senne
encore dont ne par ert mie (= 545)
celle cite toute fomie (== 546)
encor faisoit Dido ouurer (= 547)
aus murs aus tors pour araser (= 548)
tant ont li messaigier eire (= 549)
que il vindrent a la cite
qui Enea envoia qiierre
lestre de lui et de la terre
.1. grant temple faisoit Dido (= 515)
ou coultivee fust Juno (= 516)
très en milieu de la cite
molt i avoyt de richete
molt y avoit or et argent
molt y metoit de son entent.
544. GFD intercalent ici les vers suivants:
devant le temple est li roine
dune vermelle alexandrine
tôt singlement a sa char nue
estroitement estoit vestue
afublee fu la roine
dun chier mantel de blanc hermine
covers fu dun tyret porprin
et lorle fu dun sebelin
od un fresel ert galonee
dun cercle dor fu coronee (G dun chier fresel molt bien olvree)
la loine fu gente et bêle
et tenoit dor une vergele
cels qui oevrent amonestoit
as citeains preceps donoit
molt par estoit cortoise et sage
et molt par demeuoit barnage.
563. D 2}^ésente une autre version jusqu'au vs. 599:
dame fait il a celle rive
est arivee la gent chaitive
qui de Troie sont eschape
li Grieu ont prise la cite
destruit les murs et les donions
lor roy occis et les barons
eschapames nous en par nuit
illuec nous prist en son conduit
danz Eneas cest nostre roys
preus est et saiges et cortois
392 NOTES
uicsticr avons grant de sccors
en Lombardie est nostre cors
la vouliommes nous aler
mais la dedenz en celé mer
nous accueilli une tormente
qui nous livra tout de entente
li vens nous fist si grant rancune
de nous .xx. nés en mena une
des autres a une partie
seure de nostre compaignie
se ne savions ou il vertirent
sil naierent ou il garirent {Gp. 588)
tant nous chaca li vens a rage
que venismes en cest rivage
por garison nos a tramis {Cp. 593)
danz Eneas en cest pais
nous navons mestier de guerre
si nous prions en ceste terre
nous consentes a seiorner
nos nez restraindre et afremer
seur soions de nostre gent
tant que aions ore et vent.
599. D rend ainsi les vers 599 — 611:
bien say laventure Troiaine
comfaitement li Grieu lont prise
toute la terre a essil mise
car ce ai je tout assaie.
611. D remplace les vers 611 — 648 par les vers suivants:
Soiez seur en cest pays
ne trouuerres ce vous plevis
qui vous forface de noient
tuit soiez seuz de ma gent
se venir veult ca vostre sire
de moie part li pouez dire
ne mon seiour ne mon conroy
nen faudra plus que a moy
li mossaigier quant ce virent
ens en lor cuer sen esioirent
de la royne ont pris congie (Caj). 641)
vers la rive sont repairie.
662. D intercale ces vers:
danz Eneas quant ce oy
enz en son cuer sen esioy
les diex mercie et aore
dun sacrefice les honnore.
NOTES 393
687. D remplace les vers 687— '00 par les vers suivants:
Eneas prent les chevaliers
.XL. estre les messaigiers
les autres laissa ou rivage
tant quil reviegne de Cartage.
696. F intercale ces deux vers:
Avon(?) molt cri se vos voles
nient nen ferai se nel loes.
700. Voici les vers qu'intercalent GFD:
Askanius remest ses fils
qui valles est biax et gentix
Eneas ert .i. gens .i. grans
et chevaliers pros et vaillans (D ch. p. et avenans)
le cors ot gent et bien molle
le cief a blont recercele
clcr ot le vis et la figure (D faiture)
et bêle la regardeure (FD molt fiere 1. r. ; D omet et)
le pis ot gros et les costes
bien Ions et deugies et molles (D 1. et d. et bien m.)
dun cendal dandre estoit vestus
qui dun fil dor estoit coussus (F et d. f. d. molt bien c; D a un f.)
un mantel gris a afuble
calcies fu dun paile roe.
701. D remplace les vers 701 — 706 par les suivants:
les mulz amblans traient des bariez
adont monte et son barnages
la voie prenent ver Cartage
qui uert mie loing du rivaige
tant ont erre et mont et val
que il virent la tor royal
les murs les tours et les palays
ne samble pas ville de pais.
7U6. A2)rès ce vers GFD intercalent 4 vers:
Quant la cite vit Eneas
de lambleure entra el pas
.1. poi sest atargie derrer (D derrier)
por mius la cite esgarder.
707. J'ai pris la leçon de y, parce qti'elle est appuyée par ce vers
de D: „li Troien ont tant erre" {(V. c^-dessous).
D remplace les vers 707—722 par ces vers:
li Troien ont tant erre
quil entrèrent en la cite
les rues passent si parvindrent
enz el chastel puis descendirent
devant la tor par les degrés
est Eneas amont alez.
394 NOTES
T22. Interpolation de D âpre» ce vers:
diex sault la dame Tyriane
qui la chaîtive gent Troiaine
a receu en ses muraulz
et ain raliege lor travaulz
puisque nous fumes essilie
premere avez eu pitié
de nous alianz de nostre perte
li dieu nous en rendent déserte.
Puis D se rallie à GF pour V interpolation que ceux-ci intercalent
après le vers 722:
el lemmena amont la tor
en lestage superior (D enz el palais empereor)
Eneas entra el palais
onc ainsi bel nen entra mais
esgarde lor et les paintures
les maistres dois et les figures
et les grapes et la mervelle
doisiax qui furent en la trelle
perçut que celé est molt cortoise (D ert)
qui ert dame de cel ricoise
li Troien molt sen mervellent
entrax le dient et consellent
molt est la dame prox et sage
qui se déduit a tel barnage
voies corn a bêle maisnie
gentil cortoise et afaitie
bien doit celé tere tenir
qui tel gent a a li servir
quant Eneas ot esgarde ( manquent dans D.
le pais et la ricete / (F palais).
723. D remplace les vers 723—730 par les suivants:
en .1. banc sistrent ambedui
danz Eneas elle les lui
sire fait elle quel destinée
vous amaine en ceste contrée
plus que vous ont greue li dieu
pourquoy vous mainent a tel rage
ja estes vous de lor lignage
ja fustes vous filz Anchisen
jouste le fluve ïroien
vous ot Venuz quest vostre mère
et Cupydo est vostre frère
qui est damour sire et maistre
de ces dous diex vous doit miex estre
pieca que vous oy nommer
NOTES 395
et que i ay oy pkjer
de vous et de vostre lignage
bien sai questes de haut paraie
je ray souffert molt granz ahanz
mal et travail et paine grant
ainz que venisse en cest pays
par moy meisme lai apris
comment je doy avoir pitié (= 619)
dôme sel voy desconseillie (= d'io)
se vous voulez ci remanoir
une chose pouez savoir
je tendray vous molt richement
et vous et toute vostre gent
naurai plus chier le Tirieu (= fi35)
que je aurai le Troien (= 636)
danz Eneas forment sesiot
de la proumesse que il ot
que la royne li octrie
de tous les diex molt le mercie
a ceulz qui erent au rivaige
trammist la dame de Cartaie
et pain et vin a grant foison
char et oisiaus et venoison.
730. D remplace les vers 730—764 par les suivants:
Eneas prent .i. sien mesaige
que il tramet vers le rivaige
son fil li aille amener
et si commanda aporter
une nosche faite a esmaux (Cp. 739)
a la femme Emphyorax
danz PoUinices la donna
pour son seigneur quelle enseigna
que se muoit pour la bataille
car il savoit très bien sanz faille
sil y aloit quil y morroit
ja de Tebes ne revendroit
la nosche vaut .i. grant tressor
une corronne de fin or
aporter et .i. chier paille
qui aportez fu de Tessaille
a or cousu et bien broude
quant Eneas lot commande
li mez sen tome de Cartaige
onc ne fina tresqua rivaige
ou li enfes estoit remez
o les barons son père auz nez
Aneas est enz en cartage
Dydo li fait molt bel estage. {Cp. 738)
396 NOTES
764. D présente une autre vers^n des vers 764—825:
Venuz sa mère i^dt en doubtance
de son fil nert mie a fiance
cel estaige forment doutoit
pour ce que Juno ne lamoit
de lui avoit moult grant poour
a son fil vint le dieu damour
filz Eneas est en Cartaige
en Libe une terre sauvaige
m oit crient elle sauuaige gent
qu'il ne le mainent malement (= 707)
il est o la dame remez
por son fil Ascanus as nez
se tu euz onques de moi cure
va pren son vol et sa figure
ses vestemens et son samblant
je retendray o moy lenfant
touz fait prendre ses garnemenz
dont il doit faire ses presenz
ensamble o toy les fay porter
et a la dame présenter
et avant elle tacollera
et doucement te baisera
de ta flambe de ta doucor
lespireras et de tamor
molt se faindra por les presenz
et plus pour ces espiremenz
li diex damors fait les commanz
del varllet a pris les samblanz
tel cors tel voult telle figure
tel vestement tel aleure
Venus en a lenfant porte
celle nuit la o soy garde.
Li diex sen tome o le messaige
o les presenz droit a Cartaige
enz en la salle en est entrez
devant son fans père est alez
il la baisie si li acline
et puis le baisse la rayne
il li donne les garnemenz
molt par fu riches li presenz
la dame molt les esgardoit
nulle richece mais ne voit
ne nulle rien quelle amast tant
des garnemens et de lenfant
ne de tenir ne desgarder
ne se pot la dame soûler
I
NOTES 397
tant entendoit as garnemenz
et a lenfant qui molt ert genz.
815. J'ai cm devoir remplacer cors que donnent les manuscrits par
cuer, qui me paraît offrir un sens plus suffisant.
820. Bien que nous ayons ici le groupe A contre le groupe y, nous
préférons la leçon de ce dernier; il est évident que la leçon ae K provient
d'une confusion avec le vers précédent.
826. Apres ce vers DGF intercalent les vers suivants :
En la sale devant lentree
ot une image tresgetee
entaillie de blanc argent
faite par grant encantement
a sa bouce tenoit .i. çor
dyvoire blanc taillie dor
laige comence a corner (G comencent)
quant la roine dut laver
ce ert ensaigne a ses maisnies
qui fors al bore sont herbergies
de totes pars sont assanble
porte ne huis ni ot gaite
quant la maisnie fu venue
molt est li sale comeue
oirent servant et dépensier
et senescal et botellier
.c. damoisiax i ot de prois
qui metent napes par ces dois')
.1. bacin dor ont aporte
et la roine i a lave
ses mains qui molt par erent blances
Eneas li sostint ses mances
quant il lava a son service
• ot i serjans de mainte guise
pros saives vaillant et cortois (FD contes et dus et filz de rois)
puis lont assis al maistre dois (FD il est montes)
la dame en son siège lasist
et dautre part le vallet mist (D en son devant)
qui ia lavoit damors esprise
encontre lui se rest assise
après sasisent li baron (F environ)
li Troien tôt environ (F et si baron) j omis dans D
quant assis sont al dois roial
as autres tables la aval
1) Après ce vers D en intercale deux autres:
aportent pain les despensiers
couuens(?) salières et cuilliers.
398 NOTES
des chevaliers sont assegies i
■la sisent les gentix maisnies > omis dans D
il i ot gent de mainte guise I
si comencent a voleter
tôt li oisel et a canter
qui sus estoient en la trelle
dans .E. molt se mervelle
asses prisa cel déduit mes
que quanques il vit el pales
al mangier servent la roine
.Lx. enfant de la cuisine
et altretant portoient vin
es nés et es copes dor fin
portent plument et bon clare
et bon gerostre (F et vin flori, D burietas) et ysope
a son dois ot riche vaisele
ni ot cope ne escuele
ne fust de fin or entaillie (FD qui n. f. dor bien e.)
et dargent servent li maisnic.
83 1 . D remplace les vss. 881 — 845 2)ar les vers suivants :
Ne fu a dire du souper
mengier que hom seust penser
ainz que il faillent tant y ot
sol le uoer lor amn(?) ot
et quant finez fu li mengiers
Dydo commence a merveiller
les garnemenz et lor bonté
et le varlet et sa biaute
auques estoit commeue
li diex lavoit bien enleue
el le tenoit en son devant
de lui faisoit ioie raolt grant
elle le baise et acolle
de lui amer est toute folle
de lui baisier ne set finer
molt sen puet bien consirer
elle ne set qui il estoit
cuidoit que homme mortel soit
mais ce estoit le dieu damor
qui molt la mise en grant freour
quant el le baisse estroitement
de la flambe damor lesprent
il i tresperce le corraige
par la bouche li met la raigc.
837. Apres ce vers AB placent ces vers:
li pales fu bien portanduz
dun drap qui nest mie tissuz
NOTES 399
por quarante mars dor chargiez
ne fust pas li dras eslegiez
chieres pierres i ot asez
et a nonces dor tresgitez
celé quil fist nert pas vilaine
ele i mist plus dune semaine
voire set anz trestoz passez
ainz que il fust sol compassez
la toile ne fu pas filée
ainz fu o molle tresgetee
ele ni valt pas .m. U. dargent
car trop estoit chier garnement
la sale estoit très bien ionchiee
mais ce niert pas derve mailliee
ainz fu despices et de flors
qui m oit gitoient granz flairors
hom qui an cel pales autrast
de grant dolcor li remanbrast
an tel meison orent mangie
li Troien a grant deintie.
860. A intercale après ce vers les six vers suivants:
planteive de trestoz biens
de li nestoit a, dire riens
qui deust estre en riche vile
torz i avoit près de mile
ni ot celé ne fust de marbre
onc ni ot rien qui fust fait darbre
(on retrouve ce vers dans l'interpolation de GFD après le vers 470).
1196. Après ce vers D intercale les sauvants:
La royne ne sapercoit
de la poison quelle veoit
molt li mue ja son talent
et la regardoit molt souvent
li Troyenz par grant douceur
ja entroublie son seigneur
quant li servises fu finiz
et des oysiaus li chanz f;iillis
la royne remaint au doys
ni ot se barons non de proys
lautre maisnie ert départie
son oste prie quil li die
de Troie la destrussion
et si 11 cont la traison.
Ou palais ot molt grant silence
et Eneas la li commence
tout le siège a aconter
400 NOTES
et les barons toiiz a nommer
et ceulz defors et ceuz dedenz
et wistes(?) de tornoiemens
et les assaulz et les occises
et desconfitures et prises
compta comment fii mors Hector
et racheté son .m. pois dor.
Quant .111. fois lorent traine
environ Troie la cite.
la traison dist du cheval
ou enclos furent li vassal
comme li Grieu sen destolirent
et cil de ïroye li ciuellirent
par ire fu la cite prise
destruite et arse et malmise
il li conte ses vasselaiges
ses prouesses et ses barnages
confaitement se deffendi
et en quel manière il gari
com eschapa dentre les Griex
par le commandement aus diex
il afaita .i. poy son compte
que len ne li tornast a honte
que mie deist quil sen emblast
par coardise sen alast
puis li compte les travaus granz
les maux les paines les ahanz
quil a souffert et anz et dis
ainz quil venist en ce pays
conta com son père fu mort
ainz quil venist a Sichainz port.
1274. Après ce vers D intercale les deux vers suivants:
avez vous mal toute sui saine
quest ce donc damor sui value
et F intercale: je morai certes ne vivrai
que ferai jou iel vos dirai.
1320. D intercale deux, vers: ^
nay mais que faire de cestui \
onc nel vi mais nen conui.
1025. On aurait pu prendre la leçon appuyée par les mss. (ADF) -
et accepter une faute de flexion. '
1677. F remplace les vers 1677 et 1678 par les vers suivants: \
dites ore sire vassal
fis ie onques vers vos null mal
percoi me deusies ocire
nenil dame cil prist a dire.
NOTES 401
1684. F ajoute les deux vers suivants:
je ne puis mais chi remanoir
ains men remu par estevoir.
1706. F ajoute les deux vers suivants:
Ne vos puis mais chi retenir
vos en lorai très bien partir.
1798. Après ce vers y ajoute:
aine ne fustes fius a deuesse
ains fustes nés de lyonesse (HI a. f. filz a 1.)
1899. EF remplacent les vers 1899 — 1903 par les six vers suivants:
Anna voit bien quil na mestier
car cil na soing de repairier
se li dist dame naies cure
de vostre doel faites mesure
co mete on en nonchaloir
con ne puet querre ne avoir.
1 902. Voici les vers que A intercale après ce vers :
quant Dido voit en mer les nés,
et lever sus sigles et très
lors a tel duel par po nanrage
sovant regarde le rivage
ne diluée pas ne se remue
les nés con voie a sa venue
et dit ce que morir lestnet
quant altremant garir ne puet.
1960, y ajoute:
li cuers li meut sait et pantoise
ce que tant vit forment li poise (HI quele t. v., EF e. q. v. t.).
1978. DGEF ajoutent:
quant li deu nont de moi merci {Alinéa dans D)
que demor jo (F que ne muir jo) que (GD qui) ne moci.
2055. EF remplacent les vers 2055 et 2056 par les 4 vers que voici :
comes foies amours acont
en pluisours lius et si diront
se iou amai trop folement
je men veniai molt asprement.
2068. EF ajoutent:
a cel baisier samour lafole
se li a tolu se parole.
2144. EF ajoutent:
el palais a molt grant silence
et Eneas de lesrer pense
ses estirmains crie sovent
ne soies nient del nagier lent.
2150. Je me suis décidé pour la leçon de HI, parce que, après A,
H est le plus ancien mamiscHt de notre roman.
Bibliotbeca Normannica lY. 26
402 NOTES
2178. GEF ajoutent:
de sofrir les batailles grans
et les paines et les ahans.
(EF intervertissent ces vers.)
2226. GEF ajoutent:
quil (F que) set que lui estuet sofrir
ains que il puisse a ce venir.
2768. La classification exigerait très, mais les deiix vers suivants et
la leçon de D nous forcent à accepter la leçon de HI, car le sens est évidem-
ment: „les mortels, du moment qu'ils souffrent le tourment, perdent la peur,
mais ces habitants de l'enfer souffrent à la fois des tourments et de la peur".
Cp. 2778.
2789. J'hésite â accepter cette leçon de AHI qui n'est pas satisfai-
sante, mais celle de DGEF non plus. On s'attendrait à voldrent.
2915. A remplace les vers 2915 — 2919 par les suivants:
Lethes a non cil la bevront
qui de caus laissus iront.
3021. A remplace les vers 8021— 3105 par les suivants:
Et Eneas se mist an mer
detries comence a vanter
bnen ore ot et bien vantant
al quart jor au soloil levant
ditalie a choisi la terre
molt liemant lo vait requerre
la ou 11 Toivres chiet an mer
fait ses nés totes ariver.
3114. G ajoute:
mais sor est issus de grant paine
grignor fortune li amaine.
3148. La classification exigerait dejoste; cependant la leçon de la
famille y me paraît meilleure.
3348. D ajoute:
et moree ont vee ja dis
que ne laist hom de son pays.
3665. D remplace les vers 3365 et 3366 par les vers suivants :
sil eust point de hardement
morir vousist miex o sa gent
quen tel manière de foir
preudom doit a honnor morir
mais icil vit comme mauvais
ja pris ne loz ni aura mais.
3586. F ajoute:
le cerf doint je vous ai dit
qui uestoit mie bels petit.
NOTES 403
3602. D ajoute:
de la herde se part a taire
veuit sen servir a son repaire.
3792. F ajoute:
et se maison tote robee
sa garison en ont portée.
3952. D'GF ajoutent:
li Genevois et li Pisan (G li Negien el li Puillan)
et li Hongrois et li Toscan.
4273. Les vers 4273—4395 sont remplacés dans HI par les suivants :
Entre Venus et son seignor
ot mautalent eu maint jor
de son filz Heneas doutoit
et jour et nuit molt i pensoit (I et n. et j.)
set soufrir li convient grant guerre
ainz quil ioisse de la terre
bien vosist enginier cornent
eust armes dor et dargent
si fort fêtes et si ovrees
quil ne puisent estre fausees
bien set par el passer ne puet (I nen p.)
son seigneur blandir li esteut
Venus sen est molt entremise
la nuit en fu lacorde prise (I li acort)
quant el se senti de lui bien
si li pria seur toute rien
reiaume et hauberc tel 11 feist
qui par nule ame ne fausist.
4378. GD ajoutent deux vers:
que li proia des armes faire
encor sel sem peust retraire.
4403. Gignor. J'ai gardé ce mot {écrit iingnor dans A) bienque je
ne sache pas l'expliquer. Est -il un dérivé de ingenium? Cp. Diez
s. v. ingegno.
4430. GD ajoutent:
molt par estoit bien a mesure
et molt fu de bêle faiture.
4441. Ce vers et le suivant devraient être rejetés à cause de la classi-
fication, comme ne se trouvant ni dans A ni dans D. Cependant le
vers 4443 montre que ce n'est que par inadvertance que A les a omis;
les foi-mes féminines dans 4443 ne peuvent se rapporter qu'à „pierre"
(V. 4442).
4860. DGEF ajoutent:
savoir si li poroit (D se il y peust) choisir
nul feble lin por assalir.
26*
404 NOTES
4966. HI ajoutent:
dant Heneas la querre irons
et avec nos len amerrons.
5192. y ajoute:
ou il aloit cui il estoit
esbahiz ert si se tesoit (G il taisoit mot ne disoit).
5320. GFD ajoutent:
cil del chastel atendent tant
que il i fièrent (F quil ferirent de) maintenant.
5376. F ajoute:
dont se commence a porpenser
coment il i poroient entrer.
5716. Apres ce vers A intercale les vers suivants:
cant Turnus oi qui il ère
et sot queuander ert ses père
qui le soahoit de lonc tens
et maintenoit les Troyens
dist li ci a foie ahatesce
et ne me seroit pas proesce
ansorquetot de vos ocirre
ne dun tel home desconsire
mes se cronoie vostre roi
qui ca sest anbatuz sor moi
et dit li deu lunt ca tramis
qui cest règne li unt pramis
si lor le venoit desraisnier
et de moi se volsist vengier
ja seroit tost finiz la guerre
au plus fort remeindroit la terre
Paulas sirasquast un petit
de ce que Turnus li ot dit
vassaus fait il trop vos hastez
cant vos Eneas demandez
ni querroiz autre compaignon
einz que de cest chanp departon.
5777. y intercale les deux vers suivants:
a grant merveille len (G li) pesa
tendu a lare bien lavisa (F si lentesa; HI bien 1. son arc tendu).
5792. y ajoute:
ains commença aval aler (HI aincois c. a entrer)
esmeue est enmi la mer (III et plus et plus dedonz la mer,
F et mieus et mieus ens en le mer).
5824. y ajoute les vers suivants:
que ceste grant dolor sofrir (F q. cest g. d. longes s.)
et ceste peine a maintenir (HI il mest trop grief a m.,
F que c. p.).
NOTES 405
et puis GF contirment:
car désormais ni penserai
ne de cest siècle soing narai.
5996. Apres ce vers y (sauf Ej ajoute:
ou champ ne volt il laissier mie (F il ne v. au ch. 1. m.)
nis un sol de sa compagnie.
6056. y ajoute les detix vers suiva7its:
por faire fu as tiens ardoir (GD fai fere rez)
asses empren et main et soir (GD et pren du bos).
2niis HI co7itinuent :
pren en car assez en avons
et nos ensement si ferons.
6088. GEF ajoutent:
el fu les misent por ardoir
tos les ont ars en es le soir.
6130. La leçon de A qtie nous avons acceptée dans le texte pour ce
vers est confirmée par B (C sidt ici D); celle des vers suivants se trouve
dans ABC.
6132. Après ce vers y intercale les vers suivants:
puis fist les (G ses) armes aporter
et ses despoilles aprester (HI et les destriers fist enseller).
6157. A intercale les vers suivants:
com ele est gries mortax et dure
amis tant bêle créature.
6194. y ajoute six vers:
car puis que le rose est coillîe
li solax la molt tost matie (HI flestrie, E brullie, F brusellie)
petitet a puis de durée
car li solax la tost brullee
omis dans EF
si est de toi la cars noircie \
des puis que tu perdis la vie / ^"^^^ ^^ ^^
6250. y ajoute:
que Eneas renvoie ariere
tôt mort gisant en une bière.
6276. y ajoute:
assis les ont entor le bière (HI et a. tôt e. 1. b.)
en la sale ot molt grant lumière (EF en la s. en ot g. l).
6290. y ajoute:
tôles (HIE ostez) fait il nel puis veir
ja me verrez de duel morir (G v. ne quit m.).
6315. GEFD ajoutent:
Menrai (E vivrai) en dol et en tristor
jamais joie narai nul jor.
406 NOTES
6324. GEF ajoutent:
bien sevent pêne par oel traire
quant ont mestier de lome (G daucun) afaire,
bien sevent guerre altrui manaide
mais la lor est malvaise et laide
molt bien sevent fol losengier (G b. s. home eslos.) \ omis
et si (G sen) rendent malvais loier / dans F
molt mauvais conquest ai de Troie
(G mal soit que il vindrent de T.)
car il (E quil) mont tôt tolu (E tolu toute, F molt tolu) men joie.
6330. GEF ajoutent:
tôt (G tost) lot soduit dans Eneas
Pallas biax fils biax fils Pallas
et père et fil tant enmiela (EF endnlla)
dans Eneas (E quensamble li, F que avoec li) quil vos mena
a son chastel por lui aidier
car il en ot molt (G c. molt en avoit) grant mestier.
6374. y intercale 6 vers:
plorent baron plorent case
li chevalier et li barne (F cil b., E li c. cil baceler)
et (HI li) escuier et li boriois (EF cil b.)
les grant dames a halte vois
(HI et li vilain et li courtois, E serjant d.)-
et grant dol mainent ces puceles (HI g. d. demainent)
gentils et frances et anceles (HI franches dames et damoiseles).
6489. y ajoute:
qui molt fu noble et molt fu fiere
iloc firent .ii. vers escrire (F i. si fist).
6496. Peut-être faut- il écrire Asfalte, et doit-on voir dans ce nom
propre une place fictive, nommée d'après le lac d'Asphaltite, d'où provient
l'asphalte. „Bitume d'asphalte" serait une tautologie.
6585. On remarquera le changement apporté dans la leçon de A.
On sait que A est très inexact quant à V 1.
6608. G ajoute:
et esprove et coneu
et ai ja en maint liu veu.
6664. J'ai corrigé ce vers, où il manque une syllabe, en y insérant
molt qui se trouve dans HI (V. Erratum).
6722. Voici ces deux vers:
or i aves io croi asses
bataille a faire nest sautes.
6756. y ajoute:
Il (HI si) li respont par grant contraire
comme cil qui bien le sot faire.
6860. y ajoute:
grant presse i ot (G a molt) a fors issir
(HI grant p. avoit molt (I trouvent) a lissir)
car ni quident a tens venir (G car a t. n. q. v.).
NOTES 407
6864. y ajoute:
par grant ramprone (HI ramposne) li a dit
parles a moi un sol petit.
7008. A ajoute:
que le champ lor firent guerpir
si comancierent a foir.
7022. y ajoute:
venoit si près de la cite
a halte vois sont (I ont) escrie
par ces murs montent (E monte) a pooir
tôt sont cargie li (F cil) aleoir.
7068. y ajoute:
molt pueent estre hontos cil (HI cil dolent, F icil vil)
qui (HIF que) femes cacent (E cache) issi vil (HI si vilment).
7171. y ajoute:
que tos les els estailissoit (HIE ebloisoit, F estinceloit)
sus en lagu ot une pierre.
7203. y ajoute:
morte fu loes ce fu grans dois (G intervertit le second
hémistiche du vers 7203 et celui de ce vers-ci)
car jamais ne sera pucele
qui mius sace seir en sele
ni mius face cevalerie
ce est grans dels quant (HI quele) est finie
dolant en furent si ami (HI en sont tuit s. a.)
et molt liet sont si anemi (G et lie en s. s. a.)
li Troien [molt lie sen firent].
7204. y ajoute:
issi vet li un en sont lie (G tôt ensi vaut quant un sont lie ;
E issi en vait que; F ensi sen v.)
et li autre en sont corocie (G si sont li altre c. , E dont 1.
s. c, F dont s. 1. a. c).
7224. GEF ajoutent:
li tomois est del tôt remes
grant dol demaine li barnes.
puis GHI ajoutent:
molt sont dolent (G grant dol font tôt) grant et menor
ne si pueent (G porent) tenir de plor.
7240. y ajoute:
Eneas vait a (E en) son repaire
Turnus plore ne set que faire
a Laurente tôt droit sen (G en) vait
il plore et crie grant duel fait (GH omettent et, G c. dolor f.).
7242. y ajoute:
li chevalier et li baron
ne faisoient se plorer non.
408 NOTES
7297. J'ai tâché de corriger ainsi ce vers que pas un des mss. ne
donne correct.
7372. D ajoute:
ne onques puis que li Troien
vindrent par deçà seur le mien.
7408. GEF ajoutent:
et daltre home et daltre feme
on nel trova en tôt cest (G le) règne.
7508. y ajoute:
les conveia Turnus a pie
puis si a pris dels le congie (G de lui congie).
7535. Voici la rédaction de y:
(Près del temple) ert (E est) la sépulture
molt fu bien faite par nature
enz el mileu dune planece (EF car faite fu toute en p.,
G car ele fu faite et planée).
7567. J'aurais mieux fait d'accepter dans ce vers et dans le suivant
la leçon de D; également au vers 7570 (dis piez); au vers 7576 la leçon
de GEF donne un sens plus satisfaisant (premiers au lieu de pilers).
7592. GEFD ajoutent:
al double qui venoit desos (D quil navoit d.)
arches i ot trifoires (G divoire) tos.
7642. EF ajoutent:
et un anel tient en son doit
que a tel dame covenoit.
7694. GEF ajoutent:
le destorbier vos voel conter
qui auques fait (G fait a.) a redouter.
7708. GEF remplacent les vers 7708 — 7713 par les suivants:
se uns las nel (G ne) destent premiers
quest par engin aparillies
cil las ert fais de bone soie
ne quit (E croi) que on ja mais tel voie
a rejetoire ert afaities
et estoit si aparillies
quil tenoit lare tendu tostens
mais sil venist un po de vens.
7718. GEF ajoutent:
or convient le vent si garder
que on nel (EF ne) laist laiens entrer
et quon ni laist nului sofler
ne cose del mont adeser (E ne nis une c. a., F et nule c. a.)
car se li boions destendoit (EF descendoit)
et li colons férus estoit
la lampe seroit lues (F molt tost) keue
si esteroit tote perdue.
NOTES 409
7724. y ajoute:
or ont ensi tôt afaitie (HI pour ce ont si t. a.)
que nus nira sans bon congie (G q. n. rara; HI q. n. ni aille s. c).
7820. „ Vous me conseillez de chercher ailleurs une femme et de vous
rendre votre parole {„et que je rende")".
8856. EF ajoutent:
ce ont très bien acreante
dambesdeus pars et afie.
7937. J'ai gardé buens, bien que cette leçon ne se trouve que dans
A, 2}our conserver l'opposition voulue de bon et mal.
7992. GEFD ajoutent:
molt dois estre de li privée
desor te puet bien caindre espee (G d. te pues c. despee).
Puis EF continuent:
or ce puet bien mais adouber
comment du dois armes porter.
8004. EF ajoutent:
por amor doit on molt soflfrir
car il le puet très bien merir.
8056. EF ajoutent:
si la amours traite dun dart
que il le plaie bruist et art.
8132. C'est un dialogue fictif de Lavinie avec elle même. Pou/r
l'indiquer, j'ai séparé les vers où elle parle de ceux où elle se repond à
elle-même par des points de suspension. Même remarque pour les
vers 8347 suiv.
8347. Comparez la note au vers 8132.
8366. EF ajoutent:
ja ne laurai que ne vos die
nel lais par autre félonie.
8454. H ajoute:
car sa face quele avoit tendre
estoit plus pale que nest cendre.
8590. il dans ce vers et les deux suivants c'est „le dru" du vers 8587.
8900. EF ajoutent:
luns ne lautre pense aillors
molt tost lor escapa cis iours.
9130. EF ajoutent:
quensi li ai men cuer mande
ensi certes par vérité.
9176. EF ajoutent:
et se je laim tôt a en vis
contre mon cuer mestoit tout dis.
9188. F ajoute:
car dont aroie maie vie
se sans ami estoie amie.
410 NOTES
9362. G ajoute:
destruite sui tote par Greus
de la lignie sui as dex.
9640. J'ai pris la leçon de EF, parce qu'elle me semble préférable
à celle de A.
9846. EF ajoutent:
et dist molt li est poi de moi
bien le conois et bien le voi.
9868. EF ajoutent:
que estre puis avoeques lui.
ja puis naroie nul anui.
9871. G remplace les vers 9871 — 9893 par les 4 suivants:
mais ce mest tart a recovrcr
car ne daigna ca regarder
quant il se parti de lestor
bien me deust al cief del tor.
10052. EF ajoutent:
en poi deure uns signorages
est tresmues et uns courages
ensorquetout ceste amistcs
si ne mestoit mie hérites.
10156. Ajirès ce vers GFHI ajoutent:
Rome fu granz et bien enclose
a merveille fu puis grant chose
trestot le mont ot cm baillie
li oir en orent signorie
qui deneas descendu sont
signor furent par tôt le mont.
Puis F continue:
Li contes faut nen dirai mes
Eneas ot et tôt en pais
en sa vie dusca la fin
tote le terre au roi Latin.
Voici ce que les divers manuscrits mettent à la fin du poènie:
A Qui cest romanz aura
.M. sols man donra.
H Ci fenist le romanz deneas
et commence Brutus après.
I Explicit le roumans de Heneas.
F Chi fini Eneas.
GLOSSAIRE.
Les noms sont cités dans la forme de l'ace, sing. , les verbes à
l'infinitif.
Pour designer les déclinaisons et les conjugaisons auxquelles appar-
tiennent les mots cités, j'ai employé les signes suivants (à l'exemple de
M. Warnke, Lais de Marie de France, Bibliotheca Normannica III) :
m. I première déclinaison masculine (père).
m. II deuxième déclinaison masculine (mur).
m. III troisième déclinaison masculine (seignor).
f. I première déclinaison féminine (fille).
f. II deuxième déclinaison féminine (amor).
f. III troisième déclinaison féminine (seror).
V. f. I première conjugaison faible (guarder).
V. f. II deuxième conjugaison faible (perdre).
V. f. Illa troisième conjugaison faible (partir).
V. f. Illb troisième conjugaison faible (inchoative) (guarir).
V. fo. I première conjugaison forte (fis).
V. fo. II deuxième conjugaison forte (ars).
V. fo. III<^ troisième conjugaison forte I oi (Jiabui).
V. fo. III^ troisième conjugaison forte II dui (debui).
V. fo. III" troisième conjugaison forte 117 voil (volui).
V. fo. III<i troisième conjugaison forte IV valui.
h initial n'est pas compté dans les mots dérivant du latin; on les
trouvera sous la voyelle qui suit h.
ue au commencement d'un mot est marqué par oe, mais ces mots
sont placés sous u.
A.
a désigne le datif 120; le génitif
694 ; le lieu 25 ; la direction 696 ;
l'occupation 103; le but 1950; le
moyen 9431; l'instrument 274; la
manière 89; le temps 101; ^Zacé
devant le complément d'un adjec-
tif 162Q; jusqu'à 622.
aage m. II âge 543.
a a mer v. f. I aimer 1365.
aancrerv. f. I ancrer 3031; (réf..)
667.
aate agile 4068,
aatir r. /". Ilh jn-ovoquer 4328;
fré^.j s'a. contre provoquer quel-
qu'un 5712.
abaissier v. f. I abaisser, ravaler
1429; (intr.) 3215; ^ré^.j se baisser
5769.
abandon m. IZ abandon, risque;
se mètre en a. s'engager dans un
péril 963, 9054.
abandoner v. f. I abandonner 614;
laisser 4756 ; (réfl.) se livrer 5223 ;
se laisser aller 2629.
abatre v. f II abattre 3181, 5736.
abevrer v. f. I abeuvrer 2498.
abiter v. f. I habiter 2517, 6575.
aboier v.f.I aboyer 2579.
abondos, e ayant à foison 860.
abregier v. f. I abréger 9933.
absent absent 1245.
acenerv. /". I faire signe à, appeler
par un signe 1967.
acerer V. /! J garnir (V acier 4515.
achater v. /". I acheter 4177, 6729.
a c h e i s o n /! JI occoMow I401;cat*se
99, 1115.
acier m. II acier 2317, 4304.
aclasser V. f. I se reposer 4924,
5020; Cȴ^.; 4903.
aclin, e soumis, incliné 523, 4808.
acoillir v. f. Illa 257; attaquer
1363, 4566; rassembler 3773.
acoler r. /". J embrasser 804, 7124.
acomplir v. f. IID accomplir 762;
expirer (d'un délai) 10025 ; acompli
ewfier 3780, 4349.
aconita f. I aconit 2584.
aconsiure v. f. II la atteindre
5652.
aconter v. f I raconter 729.
acordance/". I réconciliation 4391 .
acorde f. I paix, amitié 6010.
acordement m. II réconciliation
2065; accord 6615.
acorder v.f.I réconcilier 1055;
s'accorder 6589; ajuster 7596;
fre^.; 7727.
acorerv. /^. I arrache^' les entrailles
4635.
acorre v.fo.III"^ accowir 2455,
6831.
acostumerv. /". I s'habituei' à 7958.
a cr e ir e v. f. II croire 1553.
acreistrev. /b. Ili * /oire accroître
1556.
adamas m. II diamant 426.
adenz la face contre la terre, sw
le ventre 1254, 5921.
adeser v. f. I toucher 2752, 5174.
adober v. f. I armer 4813.
adonc alors 4804.
adoser v. f. I (refl.) s'adosser 5946.
adrecierv. f. I rendre droit 4251.
aé m. II vie 6314,
414
GLOSSAIRE
aerdre v. f'o. II attirer 440.
aeschier i\ /! I amorcer 9949.
afaire m. II affaire 6759, 6871.
afebleier v. f. I affaiblir 5979;
(intrans.) 6344.
afermer u f. I affermir 4248, 7327.
afichier v. f. I affirmer, déclarer
143, 7342; fixer 8897.
afiër v. f. 1 promettre, jurer ()()67,
8844.
afiner v. f. I intr. finir 7779.
afoïr V. f. II I<^ se réfugier 3612.
afoler i7. /". I blesser 6764, 9938.
afonder v. f. I enfoncer dans Veau
252.
afubler v. f. I se revêtir de 1471.
agenoillier v. f. I (réfl.) s'age-
nouiller 3546.
agréer v. f. I agréer 7740.
agu, e aigu 2569, 4235.
aguait m. II embûche 7225; estre
en a. guetter 7154.
a g u a i t i e r V. /. I guetter 1548, 4S59.
aguille f. I aiguille 6431, 7544.
agnillon m. II aiguillon 8651.
aguilloner v. f. I piquer 2593
aguisier v. f. I aiguiser 9983.
ah an m. II douleur, peine 331,
2196.
ahi interjection 1807.
aidier V. /: I aiderUSS, 9654; (réfl.)
se défendre 9117; se servir de 5674.
aïe /: I aide 3426, 5844.
aigle f. I aigle (enseigne) 7321.
aignel m. U agneau 5375.
aigrement durement 9926.
aillors ailleurs 1247.
ainsi, issi aiwsi 263, 4243.
ainz adv. ^/ws foi 4592; auparavant
5760. — ^rep. avant 70(1, 5757. —
conj. marquant l'opposition- 382,
1681; a. que (suivi du subj.) avant
que 37; a. ainz le plus tôt possible
6840.
ainzné aîné 3649.
air m. II air 2936.
ai s /".Il ais, planche 5411.
aise /! I occasion 5278, 7150; ^iai-
sir 1654.
ai s il m. II vinaigre 5350.
aissele f. I aisselle 5895, 7201.
aive m. II grand père 9306.
aj ornée f. I pointe du jour 5450.
aj orner v. f. I faire jour 265,
5082.
ajosterv. /". I réunir 5253, 6207.
alaitier v. f. I têter 2610.
albe f. I aube 1267.
albor m. II aubour 1479.
alcun, e quelqu'un 2425, 2767; quel-
conque 1802.
alegier v. f. I alléger 8204.
aleine f. I haleine 2074, 3614.
alemele f. I alumélle, fer d'arme
tranchante 4479, 5896.
aler v. f I aller 39, 59; (réf,. avec
en) 5466. — avec le partie, prés.
pour périphraser 1831, 9583.
aie or m. II galerie 4252, 7721.
aie lire f. I train, marche; grant a.
5627.
aliance f. I alliance 1715.
a lier v. f. I réunir 63; (réfl.)
7269.
alkes M» peu 336, 6383.
alketes un peu 4516.
alongier v. f. I allonger 1059.
al quant quelqu'un 2805; lia. quel-
ques-uns 1874.
altel m. II autel 1039, 6855.
altre autre 8509; wewfre awiremenf
1190. — altrui (gén.) 6623, 6898;
(dat.) 1315.
altrement autrement 495, 8258.
altresi de mêwte, également 1553,
1997.
altretant autant 1142, 4581. —
adv. également 1995.
altre tel ia wême c/iose 3308. —
adv. également 5170.
altr'ier (1') l'autre jour Si\b, 4147.
alumer V. /". I allumer 289.
alve /". I wnfnère de la selle 4061;
C.?; 4259.
GLOSSAIRE
415
amant m. II amant 1306.
ambesdeus, andeus tous les deux
6067; nomin., au masc, ambedui,
andiii 286, 2373.
ambler v. /". I aller à l'amble; am-
biant 4069.
ame f.I âme 2120, 4947.
amender V. /". I aller mietix 9106.
amener v.f.I amener 733, 2304.
amer v. f. I aimer 1 OSO, 1 784.
amer, e amer 8004.
amertume f. I amertume 8220.
ametiste /. J améthyste 6487.
ami m. II ami 236, 3492.
amie f. I amante 9095.
amistié f. II amitié 1705, 9072.
amonester r. f. I instruire 1 647 ;
exciter 1390.
amont en haut 419, 2291.
amonter v.f.I s'élever (en par-
lant d'un poids) 4434.
a m o r f. II amour 32 ; masc. comme
dieu de l'amour 8647.
ampleis davantage 4407.
an m. II an 332.
anceis adv. auparavant 1383, 1584.
— conj. mais 5197; a. que avant
que 417.
ancessor m. III ancêtre hi2, 2813;
notn. ancestre 1189.
ancien, e âgé 3529, 4127; vieux
2414.
ancre f.I ancre 1873, 57S9.
andeus v. ambesdeus.
anel m. II anneau 3136.
angoisse f. I peine 7909; angoisse
1443.
angoissier v.f. I tourmenter 1211,
3047; (réfi.) s'efforcer 4405.
angoisses, e enpeine 1632, 4861.
angoissosement terriblement
8969.
anniversaire m. II anniversaire
2160.
anombrer t?. /". I compter 2819.
anoncier v. f. I annoncer 1920.
antidot m. II antidote 8228.
antiquité f. II; estre d'à. être âgé
3123.
anuitier r. /". I devenir nuit 10034.
aombrail m. Il ce qui sert à abri-
ter contre le soleil, parasol, bâche
6131.
aorer v. f. I adorer 3066, 3097.
aovrir v. f. III<^ ouvrir 1157.
apaier v. f. I calmer, réconcilier,
contenter 1017, 8295.
apaisier v. f. I (réfl.) s'apaiser
2549.
apareillieri;. f. I appareiller 2S2\;
orner 7446; préparer 1106, 1206;
(réfl.) s'équiper 700.
apareir v. fo. III^ apparaître
2166.'
aparler v.fl aborder 2838, 5966.
aparté ni r v. fo. III<' appartenir
1797.
ap e 1 e r v.f.I appeler 730 ; nommer
4716.
a p e n d r e t\ /". JJ (impers.) dépendre,
convenir; dont li n'apent dont elle
n'a que faire 1400.
a p e r c e V e i r v. /b. III^ apercevoir;
(trans.) 2507; (réfl.) s'apercevoir
812, 1953.
apert évident; en apert ouverte-
ment 1444.
apertement ouvertement 2106,
6503.
aplaneier v. f. I aplanir, démolir
23.
aporter v.f.I apporter 734, 5936.
a p r e n d r e r. fo. IJ apprendre 2986 ;
faire l'expérience 618.
après adv. plus tard 330; en a.
2168, 6060. — prépos. après 6218.
apresser v.f.I opprimer 2119.
aprester v. f. I apprêter 290, 1045;
(réfl.) 4840.
aprismier v. f. I approcher 1060;
s'approcher 46, 2506; (réfl.) 2661.
aprochier v. f. I approcher 4262,
5491.
apruef après 799, 9987.
416
GLOSSAIRE
apuier v.f.l s'appuyer 6922,
aquiterv. /". J acquitter 1 026 ; céder
5813.
arachier v.f.l arracher 6255.
araisoner v.f.l adresser la parole
à, aborder 953, 3627.
aramir v.f.III^ racoler 6883.
arbaleste f.I arbalète 7287.
arbalestier m. II arbalétier
4291.
arbre m. II arbre 62, 2413.
arc tn. II arc 286; voûte en arc
536, 7542.
archet m. II dim. de arc, voûte en
arc 6440, 7568.
archier m.II archer 3922^8812.
arçon m.II arçon 4075, 5952.
ardeir v.fo.II brûler 7, 567.
ardor f. II chaleur 8087.
aresterv. /". I (réfl.) s'arrêter 1405,
2711.
argent m. II argent 390, 4304.
arguer v. f. I aiguillonner 1203,
8935; (réfl.) s'efforcer 4405.
a ri ère de retour 138, 731; en arrière
1918; auparavant 2503.
ariver V. f. I aborder 306, 3029.
arme f.I arme 899, 1945.
armer v.f.l armer 437.
arme lire f.I armure 6982.
aromatisierv. /". J embaumer 6386,
7436.
aronde f. I hirondelle 5798.
arteil m.II orteil 2566.
asaier Y. essaier.
a saillir v. f. III'^ assaillir 410,
1418.
a s ait m. II assaut 442, 2182.
asaoleri;. /. / rassasier 5697.
aseeir v. fo. II assiéger 1, 3894;
bâtir 402, 421; placer 509; fixer
9930; fré/?.; s'asseoir 725, 3039.
asegier u /". I assiéger 4568,
6564.
a s e m b 1 e r t>. /■. I (trans.) rassembler
305, 2229; réwnir 3018; (réfl.)
s'assembler 49.
aserir v. /*. Illb faire nuit; aseri
tranquille 1219.
aserrer r. /! I enfermer, assiéger
4323.
aseiireement avec assurance 5\ 16.
aseiirer v. f. I assurer 3113; ras-
surer 658, 3695 ; (réfl.) se rassurer
5207.
asez pron. indéf. beaucoup 288. —
adv. très 100; èiew 3317; avec em-
pressement 8590. — d'asez 1126.
asfalte aspfeaZ^e 6496.
asoagier v.f. I calmer 269.
aspreme-nt âprement 3730; /br-
tement 4403.
atache /". J attache (ornetnent de
vêtement) 750.
atachier v. f. I attacher 279,
4261.
atargier v. f. I (réfl.) tarder 169,
ateindre v.fo. II frapper 9194.
atendre v. f. II attendre 298,
592.
atente/". I attente 1332; expectance
670, 2762.
aterminer ■?;. /". J ^er irt rfrtfe de
7831, 7853.
a tir î?. /". III f> provoquer 7840.
atoehier v. /! J toucher 807, 2428.
atorner îj. f I préparer 1645; or-
ranger 86, 8624; tourner 2550;
pousser, porter 7947; imputer 8717;
fré^.j se ^OJ^ser, se persuader
7888.
a traire v. /b. Il (trans.) attirer
3474, 3596; apporter 6078; ^ré^.j
se rendre 60.
atrait m. II avance 8371; action
d'attirer 3789, 3802.
a u g u i r e /". I augure 1920 ; ar^ d'ew-
c/i«nfer 1924, 1938.
aiiner v. f. I réunir 4321; ^ré/î.^
2487.
aval en bas 692, 2378.
avaler v. /". I descendre 1480; /«ire
descendre, faire tomber 9163.
GLOSSAIRE
417
avant en avant 208; auparavant
134; plus loin 1547; plttë tard
Mb; plus 8550.
aveier v. f. I guider, montrer le
chemin 4684.
a veine /. I avoine 355.
aveir avoir 1184. — & = il y a i3,
110. — n'i a neient de il ne faut
pas 351. — molt i & il y a (dans
lui), il est 1487. — employé sui)st.
avoir, richesse 51, 7810.
avenalment gracietisenient 3996.
avenant gracieux 717.
avènement m. II arrivée 3096.
a V e n i r V. /b. III<: (impers.) arriver,
avenir 985, 8269. — avenant arri-
vant (sv^st.) 2438.
aventiz m. II étranger 5953.
aventure f. I événement funeste
1686, 5176. — mètre en a. mettre
en péril, abandonner au hasard
209; (réfl.) se risquer 962.
avesprer v. f. I faire nuit 4612,
7271.
aviron m. II aviron 274.
avironer v. f. I environner 2354;
faire le tour de 3191.
avis m. II avis. — ce m'est a. il
me semble 329.
aviser v.f.I dévisager 124.
avoltire f. I adultère 3295, 4370.
avuec avec 5548, 6139.
azur m. II azur 432.
B.
baaillier v.fl bâiller 1231, 7923.
bac in m. II bassin 4772.
baer v. f. I ouvrir largement. —
gole baee gueule béante 490.
bai, e bai 4053.
baïf, ve ébahi, bouche béante 957.
bai le m. II pallissade 9632.
baiilie f. I pouvoir. — aveir b.
de avoir en son pouvoir, saisir
5126.
baillier v. f I donner 3223, 3260;
saisir 5138, 5772; manier 9515.
Bibliotheca Normannica lY.
baillir v. f. III<* gouverner. —
guerre b. commander une g. 1354,
1410. — mal bailli tourmenté, agité
1235.
baisier v.f.I embrasser 772.
baisier m. II baiser 773, 7963.
baldekin m. II nom d'une étoffe
7639.
b a 1 d 0 r /. 77 courage, hardiesse 1130.
bandon — a b. sans ordre, préci-
pitamment 3742. — se mettre a b.
combattre à outrance 5330.
banir v. f. III^ proclamer 6071,
7357.
barbacane f. I barbacane 413.
barbe fl barbe 2450, 6387.
b a r b 6 1 é , e barbelé, garni de pointes
5313.
bargaigne f. I marché 7121.
barge f.I barque 84, 242.
b a r n a g e »». 77 Zes barons 589, 3900 ;
vaillance 6350; puissance 2051,
9360; fait d'armes 6294.
barre f.I barrière 416, 923; pièce
de bois, de fer etc. étroite et longue,
barre 6111, 7443.
baron m. 777 nom. ber baron 406,
2229.
bas, se bas. — en bas 5331. — par-
ler en b. parler bas 537. — porter
b. baisser 5870. — b. vespre avant
dans la soirée 7239.
base f. I base 7551.
bas me m. 77 baume 6472, 6512.
bataille f I combat 147, 873;
meurtrière, créneau 7334.
batel m. II bateau 2553.
batement m. II action de battre
2707.
batre î;. /". 77 battre 4401. — batu
a or couvert de feuilles d'or 749.
beivre v. (o. III^ boire 819, 2586.
bel, e beau AS,, 1487; (neutre) 3867.
— en aveir le plus b. avoir le
dessus 5994.
bêlement doucement 2599.
bêler v.f.I bêler 5375.
27
418
GLOSSAIRE
bel té t-ll beauté 3987; ^i. 130.
b e n d e f.I bande, raie 4458.
hender v.f. I environner 1 474 ; ga-
lonner 1468.
beneiiré bienheuretix 2808.
berbiz f. Il brebis 5374.
beril m. II béryl 6428.
berser v. f. I atteindre avec des
flèches 287, 3569.
berserez m. II carquois 3576.
besaguë f. I hache à deux tran-
chants 4257. Voir Du Gange s. v.
bisacuta.
besaive m. I bisaïeul 9366.
b e s a n t m. II besant 4430.
besoing m. II besoing 9148; né-
cessité, crise, occasion où l'on a
besoin de quelqu'un ou de quelque
chose 1728, 4294; secours 4971.
besoigne f.I besogne 4393, 7068.
h este f.I bête 1802, 4049.
b es ton m. II béton 6514.
b e t u m e i m. II bitume 6496, 6498.
biche fl biche 287, 743^ 8570.
bien adv. bien 618; très 27.
bien m. II bonheur 651; richesse,
avoir 3319; prospérité 66, 1124;
vaillance 3928. — voleir b. vouloir
du bien 4227.
bière f.I bière 5256, 6214.
bis, e d'un gris brun 422.
bise fl bise 4278.
blanc, che blanc 423, 1962.
b 1 an ch or f. II ôtowc/ieMr 3996, 6191.
blandir v. f. IIIf> flatter, caresser
4307, 6650.
blasme m. II blâme 9217.
blasmer v. f. I accuser 6268; blâ-
mer 7355.
blastengier v. f. I accuser 8765.
ble m. II blé 347, 3775.
blecier v. f. I blesser 7083.
b liait m. II tunique ajustée 6393,
7639.
bloi, e blond 6385, 7091.
bobant, boban m. II or^eii 2734,
6648.
boce fl bosse 3936.
boche f.I bouche 808.
bochete fl diminitif de boche
3997.
b 0 c 1 e f.I pointe au milieu du bou-
clier 4463.
b o f u m. II sorte d'étoffe 6396.
boiel m. II boyau 491.
bois, bos m. II bois 116, 2164.
boisdie f.I félonie 6155.
b o i s i e r v. f. I tromper 495 1 ; faire
faux bond 7735; faire obstacle 996.
bois te fl boîte 7978, 9560.
b o 1 d o n m. II grosse flèche, boujon
7701.
bondonos, e dont les trous sont
bouchés par des bondons 2154.
boner v.f.I borner 9758.
bonté fil bonté 4005.
bore m. II bourg 282, 6592.
borde f.I ferme, cabane 281.
borgeis m. II bourgeois 461.
bort m. II bord 248, 5785.
bos V. bois.
boschage m. II bocage 366, 3539.
boschage adj. de forêt 1802.
bossu, e couvert de bosses 2446.
bot m. II coup. — de bot tout de
suite 3861, 7703.
boter V. f. I bouter, pousser 2152,
5049.
boton m. II bouton 751.
botoner v.f.I boutonner 4024.
braie f.I (plur.) braies 9157.
braire v. f. III<* crier, vociférer
1879, 8079.
brait m. II cri 2706.
branc m. II épée 4498, 5247.
branchu, e branchu 2413.
b r a s m e , prasme /. II sorte de pierre
précieuse 6454, 6521.
braz m. II bras 771, 2573.
bretesche f. I parapet crénelé
3157.
bric on m. II sot 3637, 6900.
b r i e f m. II lettre avec son enveloppe
8779.
GLOSSAIRE
410
brief ve court 4738.
brie ment brièvement 100, 3335.
brie V et m. II dim. de brief 8769.
briser f. I briser (intrans.) 203,
243.
brocaille f.I broussailles 5128.
brochier v.f. I éperonner 7109.
broigne f.I cuirasse 5779.
brosder v.f.I broder 40 1 3.
brosdeiire f.I bordure 69 1 8.
bruire v.fo. II être rempli de bruit
1461, 6846.
bruit m. II bniit 792. — a un bruit
à la fois 1166.
brun, e bnm 4058.
brusler v.f.I brûler 2760.
buef boeuf am.
buen, e bon J872 4507; neutre agré-
able 317. — employé substantive-
ment, volonté 3284, 4114.
b u e r adv.pour son bonheur 211,9141.
buisine f.I trompette 5594.
buisnart m. II niais 6723.
b u i s s o n m. IJ buisson 5135. — tirer
le serpent de! b. tirer les marrons
du feu 6899.
b u s c h a i 1 m. II tapis (?) 6132 (Cp.
Godefroi „toiles et buschaus").
b u s c h e f.I bûche 6056.
C.
ça, çai adv. ici 593, 612. — ç. avant
à l'avenir 315. — ç. sus d'en bas
jusqu'ici 2328. — ç. jus ici bas
2502.
cafe(?) 7458.
c a 1 a d e m. II nom d'un oiseau mer-
veilleux 7467.
calcédoine f. I calcédoine 7653.
Capitoile m.II Capitole 527.
car car 617.
casser v.f.I casser 4443.
catablati lihb. V. DuGange s. v.
catablattion.
ce, ço pron. dém. neutr. cela, ce 38,
875. — ce que qu^i que, combien
que 8623.
ceindre v.fo. II ceindre 4814.
ceinture f.I ceinture 3764.
cel pron. dém.; masc. ace. s g. 391;
nom. sg. cil 212, 2889; fém. celé
28, 387 ; ace. plur. masc. cela 297 ;
nom. cil 58.
célébrer v.f.I célébrer 4645.
celeement en secret 1562, 3391.
celer v.f I cacher 1532, 2892.
celestiël céleste 572.
celui jprOTO. absolu 788, 1276, 1307;
nom. cil.
cembeler attirer, amorcer 5379.
cendal m. II demi-soie 7485.
cendre fl cendre 1041, 2129.
cengle /. I sangle 4081; clôture
416.
cent cent 430, 6282.
ceptre v. esceptre.
cerchier v.f.I explorer 83, 359.
cercle m. II cercle du casque 4439.
cercler m. II cercle du casque
6928.
cerf m.II cerf 287, 3533.
cerne m.II cerne 9301.
certain, e certan certain 206, 1394.
certainement certainement 934;
d^une façon certaine 8506.
cesser v.f.I cesser 266, 2365.
cest pron. dém.; masc. ace. sing. ce-
lui-ci; nom. cist 3342; fem. ceste
616; nmsc.pl. accus, cez 164, 480;
fém. cez 6480.
cestui^row. absolu, celui-ci 1308,
3346.
c e t u s m. II nom. d'un monstre ma-
rin (Grec xfjzoç) 4446.
chace f I châsse(?) 6130.
chaceor m. II cheval de chasse
1458.
chacier v.f.I chasser 385, 1446.
chaeine f.I chaîne 2708, 6511.
chaeir v. f III<^ tomber 193, 3615.
— c. malement, c. bien (impers.)
aller mal, bien 5942, 7816.
chainsil m. II toile blanche et fine
6391.
27*
420
GLOSSAIRE
c h a i t i f , ve prisonnier 6279 ; misé-
rable 82, 1058.
c h a 1 c e f.I genouillière 4545.
chalcier v. f. I chausser 6397. —
estre chalcié porter un vêtement
autour des jambes 4025.
chaleir v. impers, il importe 1417,
6691.
chalemel chalumeau 6467.
chalenge m. II contestation 7752,
8329.
chalengier, ch&longieT v. f. I exi-
ger, disputer 6670, 6895.
chalor f. II chaleur 4042.
chalt de chaud 4040, 8126.
ch&mhcllenc m. II chambellan 730.
chamberiere /. I femme de cham-
bre 1269, 3978.
chambre f. I chambre 1214.
champ m. II champ 2164, 5858.
champaigne f. I campagne 366,
3539.
c h a m p e 1 qui se passe dans la plaine
2182.
chanceler v. /". I chanceler 5737.
chandeliers. II chandelier 3554.
chane f. I vase 2131.
c h a n g e w. JI échange 8622. — estre
a ch. aimer à changer 8307.
changeor variable 8282.
changier v. f. I changer 6196. —
ch. la vie v. vie.
chanter v. f. I chanter 1147.
chapele f.I chapelle 6854.
chapitel m. II chapiteau 6445,
7554.
chaple m. II carnage bOôi; combat
5962.
chapleïz m. II combat 5989.
chapler v. f. I combattre 3513.
char f II chair 2121, 4012.
char m. II char; machine de guerre
4261, 5335.
characte m. II signe 1038.
charbon m. II charbon 2449.
c h ar g i e r V. /". J charger 2749, 3759 ;
se charger de 3767; confier 4547.
charme m. II formule d'enchante-
ment 2600.
charnel charnel 8923.
charoigne f.I charogne 5699.
charriere f.I charrière 6952.
chascun, e chacun 111, 832.
chasé m. II les vassaux 7527.
chasiz, chassiz m. II châssis 514,
6424.
chasne m. II chêne 1921.
chas tel m. II château 256, 4316.
chastelet m. II dim. de chastel
3721.
chasti m. II avertissement 8545.
chastiër v. f. I instruire, avertir
8543, 8549.
chemin m. II chemin 448, 6958.
chemise f.I chemise 7638, 9161.
chenu, e chenu 2268.
cheval m. II cheval ."^57.
chevalchier v.f. I aller à cheval
703, 3581; (actif) monter 4047.
chevalerie f. I chevalerie 2667. —
faire c. agir en chevalier, être vail-
lant 6285.
chevalier m. II chevalier 311.
cheveçal m.II têtière 4071.
chevel m.II cheveu 2011, 4009.
chevetaigne m. II capitaine il 09.
cheville f.I cheville 249.
chevrol m. II chevreuil 9567.
chief m. II tête 1040, 5906; bout
4670; maître 521. — el premier ch.
d'abord 8780. — al ch. del tor à
la fin 8675, 9866.
chien m. II chien 1460, 4752.
chier, e cher 741. — avekch. aimer
635. — employé adverbialement
3636, 5756.
chiere f.I figure 6257.
chierement cher 5508.
chierté f. I amour 4197.
chois w. II choix. — a ch. 6055.
choisir v.f. III^ choisir 357, 4852;
voir 293, 2009.
chose f. I chose 1908, 4804; affaire
9439.
GLOSSAIRE
421
(t h o s e r v.f.I invectiver 6268.
ci adv. ici 218, 590.
ciel m. II ciel 93, 2638.
cierge m. II cierge 837, 3557.
cimaise f.I cymaise 6445, 7555.
cinc cinq 443, 5396.
cinquante cinquante 890.
citaain m. II habitant de ville 11.
cité f.II ville forte 5, 348.
ci voire ciboire 446.
clamer v. f. I réclamer 6698; (réfl.)
s'appeler en se plaignant 232 ; avan-
cer des prétentions 6612; se plain-
dre 8199. — c. quite v. quite.
clam or f. II réclamation 3797,
8195.
cl are m. II espèce de vin de miel
6382.
clarté f. II clarté 836, 2433; lu-
mière 197,
cler, e clair 4476; neutre 5132,
clignier m. II clignement 7881.
clore v.fo.II fenner 1436, 5544.
closture f.I ce qui sert à fermer,
à boucher 249; enceinte 5407.
clou m. JJ cZott 4522.
c o a r d i s e , coardie f. I lâcheté 2406,
5679.
coart lâche 3367, 5564.
cocadrille m. II crocodille 485.
coe f. I gttewe 4065, 5899,
coé, e pourvu d'une queue 2568.
coe te f. I petite queue 475.
coife m,. II coiffe 6929,
I* coillir V. f. Illa saisir 5425; ac-
aieillir 9627. — c. en he prendre
en haine 95,
coin m. II coin 419.
coissin m. II coussin 7459,
coitier v. f. I serrer, presser 1356,
3433, 8029.
col m. II cou 1042, 2575.
colcliier v. f I se coucher 1205;
faire coucher 1987; (réfl.) 1210.
colee f. I coup (sur le col) 3514,
9336.
coler v.f.I glisser 4498, 5912.
colombe f.I colombe, solive placée
à plomb. 513,
colon m. II pigeon 7688,
color f II couleur 430; teint
6192,
colovre f.I couleuvre 2576,
colp m. II coup 2033, 6874.
colpe, corpe f. I faute 2634, 6152,
coite f. I lit de plume, matelas 45 1 , ^
6117,
c o 1 1 e 1 e r aiguiser (?) 4516 (Q^.
Godefroi i. v. costelé),
coltiver v.f.I exercer le culte de
516, 1089.
corn, e comme 277, 5808; comment
4800. — tant c. v. tant. — si c.
V. si,
comandement m. II ordre 579,
1351,
0 0 mander v. f. I commander 36;
recommander 6269.
combatre v. f. II combattre 72;
fré^.; se battre 4724, 6028.
començaille f. I commencement
3519.
comencement m. II commence-
ment 2044, 2401.
comencier v.f.I commencer 190.
coment comment 4797, 9317.
comfaitement comment 3291,
7975.
comfort m. II consolation 1346,
6367; soidagement, secours 1720.
comfortement w. II consolation
6347.
comforter v. f. I consoler 309,
1387; ^ré^.; 7254,
c 0 m o V e i r V. /b. III* agiter, exciter
189, 1465; ^re^.; 2591, 4652.
compaigne f. I compagnie 4110,
6983.
compaignie f.I compagnie, suite
307, 3067.
compaignon m. II compagnon
239.
comparer v. f. I acheter, expier
4181, 5860.
422
GLOSSAIRE
compas m. II. — a c. à point,
symétriquement 425.
compasser v. f. I mesurer 2245.
complaignement m. II plainte
1787.
complaindre v. f. II (réfl.) se
plaindre 987, 6018.
complaint m. II plainte 3386.
comun, e commun 6593; général
530.
corn une f.I communauté 634.
coniunement, comunalment com-
munément 64; ensemble 9 i S, 6040.
conceveir v. fo. III'> concevoir,
devenir enceinte 8599.
conchilion m. II conchyle 479.
concile m. II assemblée 986, 2471.
concorde f. I concorde 3131.
concorder v.f. I s'accorder 6610.
conduire v. fo. II conduire 2287;
diriger 5896.
conduit m. II conduite, action de
conduire 1503.
concstable m. II connétable 4832.
confondrez. /. II perdre, détruire
1364, 4196. — confondu hâlé 2445.
c 0 n g e e r v.f.I congédier 42 1 0.
congié m. II permission 2834. —
prendre c. 641. — prendre le c.
5038.
conin m. II nature de la femme
8595.
conoissance f. I marque, signe
2934, 6912.
conoistre v. fo. III^ reconnaître
122.
c 0 n q u e r r e v. fo. II conquérir 255,
2240; obtenir 403, 1788; vaincre
5566, 9537.
conreer v.f.I équiper 1495; j;ré-
parer 7438; (réfl.) se préparer 4552.
conrei m. II équipage 3918; pré-
paratif 1461; train 3165. — pren-
dre c. prendre soin, se soucier
6053, 8346.
conseil m. II conseil, sagesse 424,
3286; délibération secrète 8316. —
ne saveir nul c. être à bout de
ressources 198. — a c. en secret
1562, 6504.
conseillier v.f.I conseiller 5079 ;
tenir conseil 4980; (réfl.) demander
conseil 4926, 6621.
consentira. /! Illa accorder 1 525 ;
admettre 3198, 9369.
consirer, consirrer v. f. I (réfl.)
se priver, s'abstenir 1343, 7193.
consiure v. f. III» atteindre 4265.
conte m. III comte 14, 217; nomin.
cuens 378.
conte m. II récit l'îl. — estre c.
être question 2496.
conte m. II compte. — tenir c. 1423.
— dire c. 4775.
contenance f.I contenance 9824.
contençon f. II combat 3508.
contenir v. fo. III" (réfl.) se con-
duire 3982, 5107.
conter v.f.I raconter 854, 1667.
conter v.f.I compter 829.
contor m. II comte 1583.
contraire contraire, défavorable
998.
contraire m. II contrariété 1099.
— torner a c. être funeste 1637,
2048. — venir a c. idem 1868. —
moveir c. soulever des difficultés
7747. — estre a c. être funeste
5716.
contraliër v.f.I agacer 5287.
contre contre 4296; à la rencontre
644.
contrecengle f. I contre - sangle
4082.
c o n t r e d i r e V. /b. II s'opposer 8648.
c 0 n t r e d i t wi. II opposition, défense
1030. — senz c. sans opposition
6015.
contrée f.I contrée 616.
contremont en haut 5667, 7564.
con trépan m. II compensation
4340, 7391.
contrester v. f. I s'opposer 2022,
9491.
GLOSSAIRE
423
contreval en bas 5736.
conveierv. /". I accompagner 5039,
7495.
c on vent m. II promesse 3493.
c 0 n V e r s w. JJ lieu où l'on séjourne
2197.
converser v. f. I séjourner 221,
2193.
cope f.I coupe 3139.
c 0 p e r v.f.I couper 4067.
c o p 1 e m. II couple 8175 ; fétn. 18608.
cor m. II cor de chasse 1459, 4754.
cor m. II coin, bout 6120, 6459.
corage m. II courage 6161; cœur
766; disposition d'esprit 1734;
désir 6623; intention 1901.
coraille f. I entrailles 2743.
corajos, e courageux 5008.
corde f.I corde 202, 1140.
cordeïz m. II sangle 6113,
c 0 r 1 e u m. II courrier 3899.
cormier m. II cormier 1478.
corner v. f. I sonner de la trom-
pette. — c. l'eue sonner le laver
des mains 826.
cornin, e de corne 3000.
corone f.I couronne 3135, 6403.
coroner v. f. I couronner 758, 760.
corpe V. colpe.
corporel corporel 2518, 2803.
corre v.f.II courir 909. — laissier
c. [sousentetidu „les nés") naviguer
3024. — corant avec hâte 6244.
correcier v.f.I fâcher 8653.
correços, e fâché 296.
correete f.I petite courroie 399.
corre or m. II coureur 6939.
c o r r o z m. II courrova: 83 1 8.
cors m. II direction, cours 206.
cors m. II corps 492, 1158; per-
sonne 6822, 8991.
cort f.II cour 3796.
cort, e court 7346, 8319.
corteis, e courtois 1288.
cortine f.I rideau 7087.
cosdre v.f.II coiwire 7086 ; clouer
5430.
cosin m. II cousin 2412.
c o s t e f.I côte 4445.
costé m. II côté 3601, 4058.
costel m. II coteau 6585.
co s te ment tu. II dépense 6603.
c 0 s t e r y. f. J coûter 6684.
costume f. i coutume 2579; ce gtti
est dtî 2460,
costumier, e qui a la coutume
9167.
costure f.I couture 3972.
coton m. II ouate 7449.
coveitier v.f.I désirer 165, 3518.
coveitise f.I convoitise 7190.
coveitos, e désireiix 4940.
covenable convenable 4331.
covenance /! J promesse 3396;
convention 3424.
co venant m. II convention 4153,
6668.
co venir v. f. III<» convenir 754;
être nécessaire 1139. — mètre el
c. laisser à la discrétion de 99,
3877, 4156.
cover v.f.I couver 4038.
c 0 V e r c 1 e »t. I couvercle 6476, 7651,
covert lieu couvert 4621,
covertement à la dérobée 5612.
covertor m. II couverture 451,
1209.
coverture f.I couverture 6429;
couvercle 6486.
co vrir V. /". III<» couvrir 1211, 5743;
cacher 1240, 1377.
craventer v.f.I renverser 6, 567,
creanter v. f. I approuver, con-
firmer 4237, 7854.
créature, criature /". I créature 39 1 5.
creire v. f. II croire 1054; ('ré^.^
se ^er 8362.
creissence /'. I croissance 2776.
creistre v. /b. III* croître 1375,
6865.
crenel m. II créneau 5316.
crespi, e crêpé 4066.
creste /! I sommet, crête 6488.
crevace /". I crevasse 2556.
424
GLOSSAIRE
cri m. II clameur 3701.
crie me f.I crainte 6572.
c r i e n d r e v.f. II craindre 254, 652.
crier v.f.I crier 1879, 7500; pro-
clamer 9577.
crin m. II cheveux 2576; crinière
4054.
crine f.I cheveux 1961, 6931.
cristal m.II cristal 6448.
croc m.II crQC 2574.
croce f.I crosse 1006.
crochu, e crochu 2566.
croissir v. f III<^ craquer, faire
du bruit 4406.
croiz f. II croix 7543.
c r o 1 1 e r V. /". J branler, secouer 2295.
c r o p e f.I croupe 4060.
crostele f.I croutille 3041.
crote f.I grotte 1519.
c r u c i ë m e n t m. II tourment 273 1 .
cruciër v.f.I tourmenter 2764.
cruëlté f. II cruauté 5173.
cru eus, e cruel 1714.
cuer m. II coeur 814; courage 5311.
cuidier, cuier v. f. J penser 261,
4242.
cuir m. JJ jjeaw 395, 8974.
cuire v.fo. II cuire 3664.
cuiriee f.I curée 3641.
cuisse f.I cuisse 5871.
c u i t i e r v.f.I v. coitier.
cuivert m. II perfide 1065, 1121.
cuivre m. II cuivre 6432.
cuivre ni. II carquois 1464.
c u r e /'. J souci 2407; soin, garde 491 0.
— estre en c. s'occuper 2821. —
aveir c. se soucier de, vouloir 1685.
curios, e curieux 293.
I).
daarain, e dernier 3599.
damage, domage m. II dommage
600, 5358.
damagier, domagier v. f. I nuire
4860, 6732.
dam e /". J reine, maîtresse 157; (iame
1501; comme titre 377.
damedeu m. II seigneur Dieu
6856.
d a m e i 8 e 1 w. II jeune homme 3580.
dameisele /". J demoiselle 7227.
damesse /". I cZawe (?) 6987.
dangerer t;. /! I 2)rendre soin de
9872.
dangier m. II domination 7266,
8654.
danner, dampner v. f. I condamner
1023, 2760.
dant m. II seigneur 210, 2165.
d art m. II fieche 1464, 4655.
de exprime le génitif 4; l'origine
381; la cause 97; to matière 77;
ia mesMre 691; depuis 44 ; à l'égard
de 24, 3859; gitaw^ à 175; après
la comparatif 153; Véloignement
90; comme complément d'adjectif
295.
debatre v. /". II tafitre 2011, 6257.
deboter v.f.I repousser 2481,
de ce ivre v. fo. III>> décevoir,
tromper 939, 1682.
decoler v.f.I décajnter 568, 1044.
deconoistrev./b. III<= reconnaître
4190.
dedenz adv. au dedans 8, 464. —
prép. dans 1615. — cil d. les assié-
gés 3644.
déduire v. fo. II (rcfl.) s'amuser
2806.
d e d u i t m. II joie, déduit 1 146, 2800.
déesse f.I déesse 32.
défaillir v. f. III<* (réfl.) se sous-
traire, manquer 7744; (impers.)
manquer 7770, 9116. — d. de co-
venant manquer à sa j)arole 6668.
d e f a m e r v.f.I déshonorer, décrier
1579.
deffendre v.f. II défendre 17.
deffens m.II défense 7046.
deffen sable par lequel on peut
se défendre 4332.
deffension fil défense 3214.
definement m.II fin 2774.
defors adv. dehors 62. — prép.
GLOSSAIRE
425
au dehors de 6409. — cil d. les
assiégeants 5543.
defraindre v.fo.II briser 2453.
d e g e t e r y. f.I agiter 9470 ; s'agiter
7925; (réfl.) 8077.
degré m. II degré 1491.
deguaster v.f.I dévaster 9, 4633;
détruire 3085.
déguerpir v./\ Illb quitter, laisser,
abaiulonner 1630, 2052.
dei m. II doigt 716; plur. deie 5378.
deignierv. /! J daigtier 8 1 67; juger
digne de 1359.
d e i s m. II table 839, 3408.
dejoste à côté de 2875.
de jus en dessous 7626.
AqX = de le 1074.
delgié, e fin 3991, 4362.
délit m. JI volupté 1946; amuse-
ment 2806.
delitier v. /". I réjouir 315, 8915.
délivre iiôre 7016. — a. d. libre-
ment 9724.
délivrer v. f. I délivrer 1451;
évacuer 202f, 7724; î;i(fer 9490.
demain demain 4230.
demain sm6s^. ïe lendemain 1011.
demander v. /". J demander 2233,
4811.
demaneis a(Zy. tow^ de suite 5571,
10002.
d e m e i n e m. II propriété 4524, 8656.
d e m e i n e pri-ncipal 444.
démener v. /". J mener par ci par
tà 186; conduire 1395; manifester,
montrer 907, 3966; (réfl.) se dé-
mener 1232, 1257.
dementer v. f. I lamenter 1815-,
(réfl.) idem 5804.
dementiers que pendant que 2896.
dementre que pendant que 663.
dementres pendant ce tenips 5789.
demi denn 9539.
demorance /". I délai 3395.
demorer v. /". I demeurer, rester
2217; torcher 92, 5162; (act.) re-
tarder, arrêter 1643, 6938.
demostrance/". J révélation 2339.
demostrer v. f. I montrer 4018;
révéler, annoncer 1009, 4113; ra-
conter 4354.
denier m. II denier 6734, 7092.
dent f.II dent 5379.
départie /! J départ 1635, 9265.
départir v. f. III» partir 8830;
séparer 294, 5990; se séparer 1516;
se disputer quelque chose 6700.
depecier y. /". I (intr.) briser 258;
(trans.) déchirer 6260.
dépendre v.f. II pendre 2749.
depercier v.f.I percer 3640.
deperdre v. /; JJ perdre 586,
1183.
d e p 0 r t m. JJ amusement, joie 7384,
7962. — faire son d. de s'amttser
avec 1340.
déporter v. f I (réfl.) s'amuser
6646.
depreier v.f. I prier 3095.
dequasser v.f.I briser 248, 2453.
d e r 0 m p r e v. f.II briser. — d. sa
crine s'arracher les cheveux 1961.
derrière, derriers, derriés adv.
derrière 1 142, 5485, 6933. — prép.
3708. — et en d. et en devant à
tous égards 1537, 3983.
des depuis, dès 9031. — des que
dès que 1266. — des i que jus-
qu'à ce que 980. — des i jusque
45, 985.
desaancrer v. f. I lever l'ancre
4611.
desarmer v.f.I désarmer 9289.
descendre v. f. II descendre 1921;
descendre de cheval 720; (trans.)
déposer 6274.
descendement m. II descente
2376.
deschalcier v. f. I déchausser
6380.
d e s c 1 o r e v.fo.II ouvrir 4803.
descolorer v.f.I décolorer 6190.
desconfire v. fo. I défaire 3712,
5006.
426
GLOSSAIRE
desconfiture f. I défaite 3800,
5628.
desconforter v.f.I (réfl.) se dé-
sespérer 7214.
desconseillié à bout de ressour-
ces 620, 4676.
descovrirv. /". III<* découvrir 1 527;
(réfl.) 8402. — a descovert ouver-
tement 4370.
descreistre v. fo. III'' diminuer
9389.
descrire v. fo. II décrire 7891.
desenor f. II action honteuse
2002.
deseriter v. f. I déposséder 1725,
2736.
deseriteison f. II dépossession
d'héritage 9911.
deservir v. f. Illa mériter 1702,
2618; gagner 9164.
de sevrer v. f. I se séparer 1695;
(act.) séjyarer 2916.
des faire v.f.II séparer 3677; dé-
molir 7721; tailler en pièces 3767;
tuer ^^2^; se cowswmer 6518; (réfl.)
se consumer 2124.
desfiance f.I défi 4224.
desfiër v. f. I provoquer 4209.
desforcierv. f. I ôter par violence
9386.
desirrer, désirer v. f. I désirer
166, 240.
des joindre v. f. II couper 3652;
s'écroider 5408.
deslacier v.f.I délacer 7188.
desliër v. f I délier 1069, 3765.
desloer v.f.I déconseiller 8542.
desmaillier v. f. I rompre les
mailles 5721.
desmesurance f.I chose qui dé-
passe les limites. — faire d. 3447,
4223.
desmesure f.I démesure. — ad.
démesurément , énormément 487,
6412.
desmesuré démesu/ré 1138.
de s or, desore adv. au dessus 246,
2360. — prép. sur 890, 1040. —
de d. 6267.
desoz adv. dessous 746. — par d.
448. — ^;rep. sov^ 62.
despendre v.f.II dépenser 623.
desperer v. f. I désespérer 677;
(réfl.) 9901.
desplaire v.fo. III<^ déplaire 4371,
8524.
despoillier v.f.I dépouiller 1033,
6379.
desrais nier v.f.I énumérer 828;
réciter 9311; sow^ewir 8853 ; défen-
dre llVl ; gagner en luttant 8266.
desrei m. II désordre, confusion
1462, 4605; précipitation 8658,
8193. — a d. à ia hâte 4853.
dessemblable différent 7406.
dessentir v. f. III<* désapprouver
3281.
dessoter v. f. I surprendre 5746,
6287.
destemprer v. f. I tremper, mé-
langer 7656, 9561.
de s tendre v. f. II se détendre
7708.
destinée f.I destinée 1299, 7369.
destiner v. f. I résoudre 1084,
1760. — estre destiné être résolu
par le destin 525.
destorbert?. /! J troubler, déranger,
empêcher 2023, 9639.
d e s t o r b i e r m. II vexation 6559.
de s tordre v.f.II déployer 9485.
destorner v.f.I détourner, faire
changer d'avis 3354; (réfl.) se dé-
rober 9604.
destre droit 723, 2783. — a d. à
droite 528. J
destrece f. I détresse 822, 4553; *j
péril 6741.
destreindre v.fo. II tourmenter,
serrer 1202, 1958, 3059.
d e s t r e i t adj. serré, tourmenté 3059,
8124.
destreit subst. m. II détroit 418;
rigueur, embarras, peine 882, 3059.
GLOSSAIRE
427
— aveir en d. maltraiter, tour-
menter 956; dominer 4806.
destrier m. Il cheval de bataille
3934, 9198.
destrucion f. II destruction 30,
843; souffrance 984.
destruiement m. II destruction
1177.
destruire v. fo. II détruire 1937;
ravager 7; exterminer 876.
destruit m. II destruction 601,
9495.
desus dessus 689, 2418. — aler d.
vaincre 7268. — de d. desus 2668,
7461.
des ver, derver v. f I (réfi.) deve-
nir fou 1391, 2750. — desvé fou
2015.
desverie f I folie 2027.
desvestir v. f. III» dévêtir 7432.
detorner v.f.I (rêfl.) se retourner
1253.
de traire v.f.II arracher 2082.
d e t r e n c h i e r V. /". J couper en mor-
ceaux, tuer 213, 5046.
deu, de m. II dieu 35, 4356.
deus deux 43; nom. dui 708. —
dui et dui deux à deux 708.
dévaler V. /". J descendre 1 491 ; (réfl.
accompagné de en) 5043.
devancir v. f. III<* précéder
5510.
devant adv. devatit 9102] aupara-
vant 494. — prép. devant 707;
avant 2492. — employé substan-
tivement 7416.
deveer v.f.I défendre 8251.
deveir v.fo.IID devoir 619, 758.
— que deit? pourquoi? 1075.
devenir arriver 10090.
devers du côté de 78, 419.
devin m. II devin, prophète 1012,
5059.
devinaille f. I supposition 9:51;
parole digne de peu de foi 1831.
deviner v.f.I prédire 2204, 5057.
devineresse/". 2 devineresse 2201 .
devise f.I séparation 9758.
devise f.I plaisir, volonté. — ad.
à souhait 6911.
deviser v. f. I arranger, régler
9404.
dévorer v.f.I dévorer 489.
d i m. II jour. — molt a ja dis il y
a déjà longtemps 2964. — toz dis
toujours 6064.
dialectique f.I dialectique 2209.
diaspre m. II drap de soie 4511.
dignité f. II principauté 376.
dire v.fo. II dire 627; raconter 842.
— estre a d.manquer 3251.
dis dix 358, 879.
discorde f.I discorde 2410; Dis-
corde, personnification de la dis-
corde 104.
dis me dixième 1172.
disner v. f. I dîner 3664.
dit m. II parole 1226; ordre 1634.
ditan m. II dictame 9561.
diva = di va 2511.
divers, e divers 488, 7589.
diversement diversement 1823,
7981.
do aire m. II douaire 3320.
doble dovJile 7100.
do b 1er v. f. I (réfi.) se dédoubler
8298.
dolcement doucement 6145; hum-
blement 3095; cordialement 5028.
dolçor f. II douceur 1201.
doleir v. fo. III^ faire mal 9475;
(réfi.) se plaindre 1818, 8215.
dolent triste 4861, 8343.
doleoire f.I doloire 4258.
dolor f. II douleur 314, 8214.
doloser v.f.I se désoler 8710.
dolz, ce doux 1334.
domage v. damage.
domagier v. damagier.
don m. II don 109, 1894.
donc adv. alors 130. — conj. do7ic
5759.
d o n e i e r v. f. I faire l'amour 7 1 24.
doner v.f.I donner 118.
428
GLOSSAIRE
donjon m. II donjon 6.
donkes alors 2000.
dont dont 6547; d'où 40; de qui
298.
donter v. f. I dompter 1922, 8139.
d o n z e 1 m. II jeune homme 5191.
donzele f.I jeune femme 1147.
dorer V. /! I dorer; doré 7166, 7603.
dormir v. f. III^ dormir 4905. —
en son dormant pendant qu'il dort
493.
dos m. II dos 1034, 2569.
dotance f.I crainte 1663; doute
3061.
dote fl crainte 303, 9383.
doter V. f. I hésiter 172; craindre
611, 2223; (réfl.) se douter 2890;
craindre 657, 1731.
dotos, e craintif 1631.
drap m. II d/rap 390, 9156.
drecier v. f. I dresser 1105, 9630.
dreit m. II droit, justice 532. —
a d. au hon moment 3591; à raison
6033; en vérité 7530; tout de son
long 8422. — dire d. porter un
jugement 115.
dreit, e droit 206; comme il faut
4952. — neutre employé comme
adv., droit 556, 2660; jt*sie 6532;
justement 9999. — por d. neient
tout à fait inutilement 8399.
dreitement justement 9203.
dreiture /". / justice 28 1 0 ; ce ç ui
convient 2460, 2493. — ad. ciirec-
tement 9568.
dru wi. U amoureux, amant 1483,
9123.
drue f.I amie, amante 8988.
druërie f. I amitié, amour 3137,
4525.
duc m. II dm 238, 1481.
duel m. II malheur 812. — faire
d. manifester sa douleur 1251,
1878.
dni V. deus.
du ire v. fo. II instruire 3560, 7351.
duit a exercé pour .3674.
dur, e dur 1805; fort 8760.
durée /! I. — ad. toujours 7680.
durement grièvement 5929; (i!ow-
loureusement 9474.
durer v. /". I fïwrer 684; vivre 3941.
dusque jttsgtie 5527; jusqu'à ce que
3747.
E.
e bon us m. 17 é6è«e 6430.
eborin, e en ivoire 2999.
e défier v. f. 1 (réfl.) s'établir 9354.
eir m. II héritier 2052, 6310.
eirre m. II voyage 1610, 6330.
eissir, issir v. f. III<* sortir 914;
(réfl. avec en) 53, 910.
el, en le 279, 457.
el autre chose 1752, 3779.
el, ele elle 139, 1277; plur. els, eles
114, 119.
ele f.I aile 1544.
electre m. II ambre jaune 7645.
elme v. helme.
empereor m. III empereur 2882.
empire, empere m. II gouverne-
ment, domination 2380, 2942.
en 2>fép. en 26, 284.
en de ià 52; de cela 519, 3383; par
cela 110, 3448. — en après après
848.
enaise près 7149, 7690.
enamer v.f.I prendre en affection
6124.
enasprir v. f III^ exciter 9062,
9983.
enbafe(?) 7458.
enbatre v. f. I entrer précipitam-
ment 817; (actif) 7013; (réfl.) se
précipiter 2513, 4186.
enbelir v. f. III'> plaire 7999.
enbler v. f. I voler 1095. — s'en e.
s'en aller à la dérobée 2683. — en
enblé à la dérobée 1642.
e n b r a c e m e n t m. II embrassement
7964.
e n b r a c i e r v.f.I embrasser 1 742.
enbraser v.f.I embraser 9634.
i
GLOSSAIRE
429
enbuschicr v. f. I (réfi.) se mettre
en embûche 6957.
enchalciert;. /". I pmirsuivre 6994.
e n c h a 1 z w. JJ poursuite 3648, 5493.
enchanteor m. II chant&ur 4782.
enchantement m. II incantation
2600.
enchanter v.f.I enchanter 1924.
enchargier v. f. I charger de, con-
fier 3129, 3389.
enchastoner v. f. I enchâsser
5766.
enclin, e soumis 2989.
enclin er v. f. I s'incliner 3174.
enclore v.fo.II enfermer 4301.
enclume f.I enclume 4406.
encochier v.f. I mettre dans l'en-
taille 7701.
encombrer v. f. I encombrer. —
encombré de passage difficile 6954.
encontre prép. contre 1373, 3234.
encontrer v. f.I rencontrer 1168,
5663.
encor, encore encore 545, 1036.
encorreier v. f. I attacher par des
courroies 6398.
encoste adv. — e. de à côté de
1043.
encre m. II encre 8777.
e n c u s e r v.f.I accuser, en vouloir
à 9210.
endemain. — l'e. le lendemain
3171.
endevuentiers pendant 7725.
endice f.I indication 556.
e n d o b 1 e r v. f. 1 4y>'iser par le mi-
lieu 4444.
endormir v.f.III^^ (réfl.) s'endor-
mir 490, 1154.
endrecier v.f.I disposer, dresser
4254.
endreit m. II manière 163, 1298.
e n d r e i t adv. pour préciser, auprès
de la, iluec 4589, 6889. — prép.
vis à vis de 7697, 8895; près de
4694.
endurer v.f.I endurer 678, 1320.
e n e m i , e adj. ennemi 3653. — m. II
1358.
enemistié f. II hostilité 2410.
enfance f.I enfantillage, parole
d'enfant 7813.
enfant m. III enfant 20, 2609;
nom. enfes 1260.
enfer m. // enfer 2192, 6204.
enfernal, infernal infernal 1919.
en fermeté, enferté f. II maladie
7907, 7916.
enflamer v.f.I enflammsr 1385.
enfler v.f.I enfler 2570; s'enfler
9472.
enfoïr v.f.IID enterrer 6044.
e n f 0 ï r v. f. III<* (réfl.) s'enfuir 2654.
enforcier v.f.I renforcer 3702.
enfraindre v. fo. II enfreindre
8824.
engendrer v.f.I engendrer 1799.
engigneor m. II architecte 1111.
engignier v.f.I tromper par ruse
952, 1660; imaginer 8998.
engignos, e adroit, rusé 6641.
engin m. II ruse 131 ; machine de
guerre 504.
engoler v. f. I orner d'tme gole
(collet) 7482.
e n g r o t e r v.f.I rendre malade. —
engroté malade 5019.
enhalcier v.f.I rehausser, répan-
dre 1563.
enhanster v.f.I garnir d'une hampe
4257.
enleveiire f. I relief 4460.
enmaillierv. /! I envelopper 4367.
en mi adv. au milieu 3149, 7545. —
prép. au milieu de 1405, 7643.
en ne conj. pour commencer une
phrase interrogative négative 6664.
enocire v. fo. II tuer 7313.
e n o r f. II honneur 6354 ; flef, roy-
aume 380, 1360.
enorer v. f.I honorer 1090, 2810.
enpaindre v. fo. II pousser. —
(réfl.) e. en mer mettre à la voile
91, 1957.
430
GLOSSAIRE
enpalir v.f.IID rendre pâle. —
enpali pâle 8234.
enparlerv. /!J haranguer 6715. —
enparlé disert 6634.
e n p 1 e i e riJ. /'. J employer 9334 ; ac-
corder 6662.
enplir v.f.IIIt» remplir 251, 897.
enpoisoner v. f. I emprisonner
8954.
enpor pour 1430.
e n p 0 s e r v. f. I donner, imposer
9358.
enprendre v. fo. II prendre 1006;
entreprendre, s'engager dans 2320,
7802. — au figuré 8019.
en pré s adv. ensuite 515. — prép.
après 775.
enquerre v. fo. II enquérir, de-
mander 551; examiner 1008, 2616;
(avec le datif) interroger 726,
1074.
enragier v. f. 1 enrager 5800.
ensanglanter v. f. I ensanglanter
6744, 7433.
enseigne f. I signe 2bi&; enseigne
4523; cri de guerre 5569.
e n s e i g n i e r v. f. I instruire 8094.
enseler v. f. I seller 1 458, 3420.
ensemble adv. ensemble 660, 6149.
ensement adv. (Ze même 1470, 1914.
ensevelir î;. /". IIIf> ensevelir 7440.
ensorquetot en outre 3421.
entablement m. II entablement
7562.
entaille/". I ouverture de la fenêtre
724; ciselure 4078.
entailleiire f. I cntaillure 511,
4459.
entaillier v. f. I incruster 4510,
6112.
entalenter v. f.I exciter, donner
envie 1386.
entamer v. f I entamer 4453.
enteuçon. — a e. en concurrence
4533.
entendable intelligent 3564.
entendre v.f.II apprendre 8867;
comprenâ/re 8878; avoir en vue
4118. — e. a écoiiter 564, 2169;
o&éir 5000; songer à, s'occuper
de 823, 1455', faire attention à
9259.
entente f I pensée 1310; habileté
4014; occupation 1454. — mètre
s'e. s'appliquer à 4538, 7258;
placer son affection 5160.
e n t e n t i f , ve attentif 958.
enterin, e ewfier 7565.
enterrera. /■. I enterrer 2134, 2466.
enteser v. /". J tendre 7699.
entier, e entier 6217; d'une pièce
6426.
entistre v.f.II tisser 6395.
entomberv. /; J enfermer en tombe
7719.
entor a<iv. alentour 539. — jjrep.
awfoM»- 2675, 4363.
entrabatre v.f.II (réfl.) s'abattre
l'un l'autre 9708.
entraille /". I ies entrailles 2746.
entrait m. IJ onguent 3683, 7971.
entre a<iv. ensemble 2371. — jjrép.
ewfre 5268; ^armi 1082; d'entre 12,
2684.
entrechoisir v. /'. J77* (Vé^.^ se
voir l'un l'autre 7235.
entredeus m. II coup donné .9wr
ie milieu de la tête 9731.
entrée fl entrée 1137, 2364.
entreferirv./". II la (réfl.) se frap-
per l'un Vautre 5731, 5864.
entrehaïr v. f. IIIf> (réfl.) se haïr
l'un l'autre 4358.
entremesler v. f. I entremêler
3995.
entremetre v. fo. II placer au
milieu 4462; (réfl.) s'occuper, se
peiner 4219, 4414; se mêler 9287.
entreprendre v. fo. II surprendre
6965. — entrepris embarrassé 5547.
entrer v. f. I entrer 250, 2552. —
entrant celui qui entre 2301.
entrerompre v.f.II interrompre
1424.
GLOSSAIRE
431
entreseigne f. I signe 9339.
entretor m. II fusée de Vépée
4484.
entrobliër v. f. I oublier 1448;
(ré.fl.) s'otiblier 1236.
entrocire v. fo. II (réfl.) se tuer
l'un l'autre 9544.
entrovrir v. f. III" entr' ouvrir
4045.
enui m. II ennui 518, — torner a
e. être désagréable 968.
enuier v. f. I ennuyer 1263.
enuit cette nuit 7776.
envaïe f.I attaque 3659.
envaïr v. f. IID attaquer 3633,
3690.
enveier v. f. I envoyer 731, 6003.
envers adv. à la renverse 2740. —
prép. envers 2682.
envers, e renversé 7125.
envie f. I envie 3986, 4530.
environ environ 433, 2125.
enviz. — a e. à regret 3008, 4379.
enz adv. en dedans 67, 5443. — lai
enz là dedans 1944.
epitafe m. I épitaphe 2138.
erbe f.I herbe 2581, 7969.
erbet diminutif de herbe 831.
eritage m. II succession par héri-
tage 6312.
erité /". II propriété, domaine 26,
3074.
eriter V. /'. I faire héritier 3849, 6798.
errer v. f. I marcher 4836; errer
365, 728. — errant avec hâte 1272.
erreiire f.I marche 6580.
error f. II peine 3795, 4981.
es voici 1625; plur. estes les vos
les voici 1521.
e a en les 89.
es même. — en es le pas sur le
champ 145, 5555. — en es l'ore
tout de suite 7714.
esbaldir v. f. IIl^ égayer 1650;
encourager 675.
esbanei m. II amusement. — aller
en e. a. en promenade 9200.
esbaneiement m. II amttëement
10104.
esbatre v.f.II se distraire 1447.
escarboclew. JJ escarboucle 4464.
esceptre, ceptre m. II sceptre 3136,
6404, 7641.
eschalcheT V. f. I regimber, se rai-
dir 5751, 8651.
eschamonie f. I scammonée, médi-
cament 9982.
eschanteler v.f.I ébrécher 9721.
eschaper v.f.I échapper 12, 233;
(réfl.) 3183.
e s c h a q u i e r m. II (plur.) can-és
d'un échiquier. — a e. = bariolé
comme un échiquier 742, 4030.
escharnir v.f. IID se i^oquer de
1977.
eschars, se chiche, mesquin 9542.
eschec m. II butin 3777.
esche le f.I échelle 9630.
eschevelé, e échevelé 2268.
eschine f.I échine 2571.
eschiper v. f. I s' embarquer- 90;
équiper 4819.
eschipre m. II tnatelot 205.
eschiver, eschiuer v.f.I échapper
5695; éviter 7938.
escient m. II intelligence 9169. —
a e. sciemment 2090, 8012.
esclairier v. f. I éclairer 191.
escole f. I école 8183.
escoler v.f.I (réfl.) glisser 5723,
5867.
escolorgier v. f, I (réfl,) glisser
9525.
escolter v.f.I escouter 846, 2470.
escombatre v. f. II délivrer, ob-
tenir en combattant 3440, 9894.
escorchier v.f.I écoreher 3662.
e s c o r r e v. fo. IIL' se dissiper. —
escoru vide 2069.
e s c 0 z m. II giron 3548.
escremir v. f. III^ faire de l'es-
crime 9517.
escriër v.f.II (réfl.) s'écrier 210.
escrit m. II écrit 6490, 8773.
432
GLOSSAIRE
escrire v. fo.II écrire 3057, 4482.
escu m. II bouclier 1109; chevalier
portant Vécu 54.
es eue le f. I écuelle 3042.
escuier m. II écuyer 3260.
escume f.I écume 2580.
e s f a i 1 1 i r v. /'. II la faire faux bond
3499.
esforcier v.f.I forcer 8023.
esforz m. II force 5944; troupe
armée 5262. — a. e. de toutes for-
ces, avec empressement 6080. —
a esfort idem 2151.
e s f r e e r v. /". I (réfl.) s'effrayer 3806,
7502.
esfrei m. II effroi 3795, 4653.
esgruner v. f. I s'ébrécher 4432,
9733.
esguarder v. f. I regarder 123,
271; réfléchir 6609, 6826; imaginer
1906; choisir 541, \0124\ ordonner,
décider 526.
esguarer v. f. I égarer. — esguaré
pauvre, abandonné 615, 1850; in-
certain 1640.
esguart m. II regard 8 1 59 ; délibé-
ration, conseil 530 ; réflexion, juge-
ment 424 ; expédient 2094 ; conduite,
plan 1618. — par e. par résolu-
tion (?) 9392.
eshalcier v.f.I rehausser 3350;
illustrer 10122.
esjoïr V. f. III^ (féfl.) re réjouir
671, 3052.
eslaisîer v. f. I s'étendre 7628;
(refl.) idem 7556.
eslaissier v. f. I (réfl.) aller à
toute bride 5972, 9425.
eslargir v.f.III^ élargir 9301.
esleecier v.f.I (intr.) se réjouir
4765.
esloignier v.f.I (réfl.) s'éloigner
1980, 5137; se défaire 1453.
e s m a i e r u. /'. I (réfl.) s'effrayer 239,
681.
6 s m a 1 m. JJ plaque de métal émaillé
510, 6120.
e s m e f. I. — faire e. tnser, ajuster
2424.
es mer v.f.I évaluer 4818.
esmeraMe f.I émeraude 4489.
e s m o 1 d r e v. f. II aiguiser 4258.
e s m 0 V e i r t). /b. IIIf> soulever 4298 ;
(réfl.) se mettre en mouvement 319.
es pâlir v. f. III'> pâlir 7926.
espalle f.I épaule 2573, 4055.
e s p a n d r e V. f. II (réfl.) se répandre
3783. — a espandant à foison 4900.
espargnier v. f. I épargner 14,
9145.
esparpeillier v. f. I disperser 259,
5005.
espartir v.flll" séparer 3673.
e s p a s m i r V. /". III^ s'évanouir 8243.
espèce f.I épice 453.
especiël épicé 6480.
espee f.I épée 1935, 2509.
espeir m. II espoir 8758.
espeisse f.I bois fourré 3586.
espeissier v. f. I augmenter, de-
venir plus fort 3701.
espeneïr v. f. IIB> expier 604,
8010.
espérance f. I espérance 300. —
aveir en e. espérer 2844.
e s p e r d r e V. /". II. — esperdu éperdu
8090.
esperitel spirituel 2804.
espermenter v. f. I mettre à
l'épreuve 7469; éprouver 324.
esperon m. II éperon 5975.
espés, se épais 441, 6847. — adv.
en grande quantité 830.
espessement épaissement 193.
espié m. f. II épieu 4254, 5241.
e s p i e f.I espion 4826, 6950.
e s p 1 e i t m. li profit, volonté 1 606. —
a e. avec empressement 1902, 6229.
espleitier v. f I agir 8834, 9208;
exécuter, terminer 377 1 , 6343 ; effec-
tuer 9462; être efficace 886; se
hâter 549, 10047.
e s p o s m. II époux 1 304.
espose f.I épouse 1534.
GLOSSAIRE
433
esposer v.f.I épouser 3852.
esprendre v. fo.II enflammer 776,
2116; être en extase 2985; s'en-
flammer 6708.
esprover v.f.I éprouver 8501.
e s p u r g e r v.f.I (réfl.) se pttrger
495.
esrachier v.f.I arracher 2323.
esragier v. f. I devenir enragé
7229.
essaier v.f.I essayer 885 ; (réfl.)
40J7.
essart m. II massacre 5862.
essemple m. II exemple 3928.
e s s i 1 m. II exil 385 ; tourment 58 ;
destruction 6546.
essilier v. /". I ravager 571, 2278.
essoigne /". J excuse 4394 ; j?eiwe,
embarras 5795.
estachier v. f. I (réfl.) s'arrêter
9678. — s'e. en sei se borner à
lui-même, défendre sa propre cause
7756.
estage m. II échafaudage 893;
habitation 8056; séjour 989, 1430.
estandart m. II étendard 4102.
e stature /". I stature 1114.
esté /'.Il éfé 4002.
esteile fl étoile 79, 2206.
esteindre v.f.II éteindre 5351,
6517.
esteler v.f.I étoiler 755.
estencele f.I étincelle 9730.
estendre v.f.II étendre 2041;
Cré/?.; 1230, 7559.
ester v.f.I se tenir debout 5482;
s'arrêter, rester 3010, 5104; (réfl.)
3814. — laissier e. cesser 7806;
laisser, abandonner, 9676. — em-
jîZot/é substantivement : séjour, ac-
tion de rester 1653. — en estant
debout 4669.
estole fl étale 1006.
estoltie f.I audace, témérité 965.
estoper v.f.I boucher 6i7b, 7015.
estor m. II combat 3685, 6966. —
rendre e. v. rendre.
Bibliotheoa Normaunica lY.
estorcier v. f. I (réfl.) se défendre,
refuser 1524, 4207.
estordi, e fatigué 4928.
estordre v. fo. II s'échapper 61,
3186; (réfl.) 10077. — e. un colp
asséner un coup par un tour de
bras 5913.
estormirv. /". IIIf> mettre en alar-
me 3812, 5551; (réfl.) s'agiter, s'a-
larmer 6246.
e s 1 0 V e i r V. /b. IIIf> falloir 1 3, 469.
— par e. par nécessité 1628.
es traie r errant sans maître 7052.
estrange étrange 346; étranger
3241, 8308.
estrangier v.f.I écarter, éloigner
8116.
estre être 8, 18. — pris substan-
tivement: état, disposition, condi-
tion 726, 8382.
estre m. II appartement 1875, 4091.
estre outre 444. — e. mon gré mal-
gré moi 2635.
e s t r e i n d r e V. /b. II étreindre 1 239,
2870.
estreit, e étroit. — adv. 8794. — e.
vestu vêtu d'un habit collant 401 1 .
estreitement étroitement 772,
4305; sérieusement, intimetnent
4980.
es trier m. II étrier 4083.
estrif m. II guerre 6554.
estros. — a e. certainement 1303,
5573.
estrosser v.f.I briser 7132.
estrume f.I goitre 2571.
esturman m. II pilote 205.
e s vanir î7. /! III* s'évanouir, dis-
paraître 2220; (réfl.) 3013.
esvasement m. II évasementlbdl.
et et passim.
eu âge qui vit dans l'eau 484.
eue f.I eau 88.
eiir m. II sort 3316.
e u r é , e., — buen e., beneiiré heu/reux
2059, 2808. — mal e. malheureux
2083.
434
GLOSSAIRE
F.
fable f.I mensonge 7405.
face f.I figure 2269; au plur. 7220.
façon f. II façon 7582.
f a e r v.f.I enchanter — faé, e sor-
cier, iere 4015.
faillance f.I faute. — senz f.
sans faute 4fi83. — a f. en man-
quant le but 5323.
faille f. I faute. — senz f. sans
faute, certainement 1087.
faillir v. f. III^ manquer 148, 1728;
défaillir 1234; bnser 5411; cesser
266, 834. — f. a échouer, ne pas
réussir 6030. — f. de manquer à
4120, 8752, — petit en fait ii s'en
faut peu 5436.
faim fil faim 2404.
faire V. fo. I faire 774; impers. 7349.
— f. oscur 195. — f. lait tens 192.
— (réfl.) devenir 2341; comme „ver-
hum vicarium" 890"; dans l'emploi
periphrastique de l'anglais to do
6141. — f. a mériter de 5154. —
ne f. plus ne pas faire davantage,
faire une seule chose 3352.
fais m. II charge 1353, 2555. — se
mètre en f. se donner de la peine
0000.
f&it m. II action, fait. — par mon
f. à cause de moi, par ma faute
2102. — en f. en réalité 3984.
faiture /'. I façon 518, 1077; forme
2564.
falde f.I bergerie 5372.
faleise f.I falaise 301, 3146.
fais, e faux 1554.
falser v.f.I rompre 4424, 9705.
falve fauve 4062.
faûie f.I famé 1539.
fameillos, e famélique 5373.
fanjos, e fangeux 2355.
fantosme m. II fantôme 2416.
farine f.I farine 1041.
feelment fidèlement 7422.
feelté f. II Jiommage 9827.
fei /; II foi, serment 1988. — par f.
650. — porter f. être fidèle 3318.
— guarder f. idem 131 1. — tenir f.
1311.
feible faible 2234, 5369.
feiee f.I fois 4473, 7511.
fein m. II foin 355.
feindre v.f.II dissimuler 1240;
(réfi.) hésiter 5570.
feintié f.II dissimulation 2409.
feire f.I foire 2439.
feiz fil fois 995, 1916.
{qXoti perfide 1116; nom. fel 1077,
1798.
felonesse/! I méchante, cruelle 94.
félonie f.I infidélité 1535; faus-
seté-jM^Q.
feltre m.II feutre, tapis 6115.
feltreiire f.I pièce de feutre 4080.
femme f.I femme 178; épouse 4.
fendre v.f.II fendre 5720, 9156;
(intr.) 9716.
fenestre f.I fenêtre 724, 4092.
fenestril m. II meneau 513.
fenir v. f Illb finir 2049.
fer m. II fer 4304; pointe de fer
4218.
ferir v.f. Illa frapper 247, 1250.
ferme ferme 7856.
fermement fermement 8289.
fermer, fremer v.f.I fermer 548;
construire 3526; attacher 4522;
apprendre d'une manière solide
2974, 8435.
fermeté fil forteresse 498, 3160.
ferrement m.II outil de fer 9557.
feste /".I fête 2158, 2802.
feu m. II feu 10, 289.
feu m.II fief 340, 3323.
fi. — de fi certainement 3830, 4830.
fi&nce f. I confiance 299; seiTnent
de fidélité 1597, 3404; ce en quoi
l'on peut se fier 4877.
fichier v. f I fixer, planter, placer
2786, 4102.
fiel m. iZ fi^l 8221.
fier v.fl (réfi.) se fier 1600, 5498.
fier, e vaillant 562, 8758.
GLOSSAIRE
435
fièrement avec fierté 5115; d'une
manière sauvage 2293; vaillam-
ment 9711.
fierté f. II cruauté 8206.
fievrey. J fièvre 7918.
figure f. I personne 1225. — par
f. en personne 7983.
fil m. II fils 57, 1288.
fil m. II fil 1473, 4010. — f. de
l'albe point du jour 1267.
fil a ce f.I filasse 4542.
filer V. /: I filer 3972, 4539.
fillastre f.I belle-fille 2586.
fille f.I filU 7859.
fin, e fin 4071.
fin f. II fin 971, 2775; accommode-
ment, arrangement USAI. — mètre
f. venir à bout 524, 7797. — pren-
dre f. cesser 5596. — eu f. pour
toujours 628, 3156.
finer v. f I terminer 253, 1392;
cesser 4540; mourir 2457.
firmament m. J/^rmame»^ 10031.
flael m. II flagellation 2732; fléau
d'atines 5579.
flambeier v. f I flamboyer 5101.
flame f. I flamme 10.
flanc m. II flanc 3607, 4046.
flèche fl bois de la flèche 1478,
8808.
fléchi er (peut-être à corriger en
fléchir; V. f I fléchir 1812.
flestrir v. f Illb flétrir 6194.
floc m. II flocon, touffe de poils
4054.
flor /: II fleur 429, 6147.
f 1 o r er v. f I garnir de fleurs 4509.
florir v.f Illb être en fleur 2799.
floter v.fl flotter 5672; mettre à
flot 1873.
flueve m. II fleuve 2484, 6578.
flum m. II fleuve 2818.
foil m. II feuille, feuillet 8216.
foi lie fl feuille 2415, 9570.
f o i 1 1 e t w. JJ diminutif de foil 8770.
foïr v.fllla fuir 60, 5111.
fol, e/oM 820, 1590; ignorant 7896.
foldre fn foudre 193, 500.
foleier v. /". I /aire (Zes folies, agir
en fou 8173; (réfl.) 1578.
foie ment follement 2143, 7976.
folie /: I /biie 3985.
folor fil folie 9224.
fondement m. II lat. anus 496.
fonder v.f.I fonder 41, 4717.
fontaine f.I fontaine 3149.
fonz m. JJ fond 4037, 5337.
forbir V. /: III* fo^irbir 4254, 7056.
fore m. II bifurcation d'un chemin
2786.
force fl force 3690, 3887.
forchié m. II fourche à laquelle
on attache le foie et les poumons
du cerf 3768.
for est fil forêt 284, 1446.
for faire v.fo.I faire du mal 503,
4456; perdre par un forfait 1029.
forfait m. II forfait 864, 2662.
forge fl forge 4399.
forgier v.fl forger 4303, 9813.
foriere/! I lisière d'un champ 3832.
forment beaucoup, très 9.5, 1503;
fortement 5529. — s'escrier f. crier
d'une voix forte 210.
f o r n a i s e f I fournaise 4400. •
f ornir v.f IIH> fournir 546, 4971.
— forni robuste 718.
forreiire f.I doublure lAl.
fors adv. dehors 277, 2368. — prép.
excepté 673, 1401. — de f. v. de-
fors,
fort fort 499, 865; puissant 981;
difficile 5641; désagréable 10065;
weit^re employé comme adv. 2612,
5403. — a f. avec /bree 274, 2255.
forterece f I forteresse 4554.
fortune f I hasard, fortune 230;
Fortune 685.
fosse /: I /bsse 2351.
fossé m. II fossé 413, 3156.
frai le frêle 6186.
fraindre «. /b. II briser 248. —
frait celui qui est brisé par la
fatigue 2175,
28* ^
436
GLOSSAIRE
fraite f. I brèche 1092.
franc, che franc 311.
franchise f. I -noblesse , sincérité
4168.
frein m. II frein 3251, 3258.
freis. — or freis brodure d'or 1474.
freise /". I fraise, tripe 8576.
freit, de froid 6765; triste 6172.
frémir v. f. Illb frémir 1233, 3357.
freor fil frayeur 1222, 2227.
frère m.I frère 384, 5532.
fresc, che frais 6388, 7966.
fresel m. II garniture 7463.
frestel m. II fréteau 5594.
froment m. II froment 88.
froncir v.flll^ rider im, 2444.
front m. U front 3989.
frut 4502, 9716 (peut-être 3. sg. du
parf de fraindre, ailleurs frainst).
fuer m. II prix 9153.
fuerre m. II fourreau 4507.
fuie fl fuite 9585.
fuitif, ve fugitif 2^^, 2683.
fumer v.f.I fumer 4400.
funain m. Il cordage 4887.
fusique f.I médecine 2207.
fust m. II bois 889, 2998; arbre
3595.
G.
gab m. II raillerie 8629.
gabeis m. II raillerie 3046.
gaignon m. II dogue 2568.
gage TO. II (/a^fe 6807. — en g. en-
gagé 6867.
galoner v.f.I galonner 1473.
galt w. II(?) {V. h. a. geili. fr. gale,
galer ou lat. gaudium?) 9139.
garçon m. II garçon 8572.
ge, jo pronom, pers. P pers. 855,
1275.
gehir v.f. III^ avouer 1442.
gehui adv. aujourd'hui 5450, 8141.
gelde f I soldat à pied, paysan
levé par conscription 3922.
gelos, jalos, e convoiteux 5374;
jaloux 7096.
g en 0 il m. II genou 9775.
genoilliere f. I genouillière ii2â.
genoillon m. II (pi) genou Qn\.
gent fil gens 595; suivi du verbe
au plur. 2012, 2475.
gent, e beau 2135, 4049.
gentil beau 1287, 3914.
gésir v.flllf> coucher 1237 2737;
(réfl.) 5928.
geste f.I race 187, 2157.
geter v.f I jeter 105; firer 1910;
frapper 5741; éjaculer 6222.
geu m. II jew 2159. — torner a g.
prendre à la légère 5471. — tenir
a g. idem 4863. — g. parti c^ioix
ewfre deux éventualités 7754.
geiiner v.f.I jeûner 334.
giendre v.flll^ gémir 7927.
giens avec la négation: rien 8288;
nullement 5897.
gignor w. II ingénieur (?), ou-
vrier (?) 4403.
giron m. II i^aw d'étoffe, à l'aide
duquel on formait les tentes 7317.
glace fl glace 3994.
glaive w. II épée 3719.
glat w. II aboiement 1462.
glatir v./". III* a&oyer 2588.
g 1 0 ir e /". I i^^oire 2053, 3925 ; pompe,
magnificence 4645.
godel m. II {.Cp. prov. goda, v.
fr. godon) garçon d'un pédéraste
8585.
g oie f I gueule 490; collet 2748,
5484.
gonfanon m. II gonfanon 4268,
4534.
gorge f.I gorge 3654, 4036.
gosier v.f I goûter 2583, 5379.
g 0 1 e /". 1 5^0 w«e. — ne veeir gote 1 95.
go ter u /: I tacheter. — goté a or
1472.
go te te fl petite goutte 476.
governail m. II gouvernail 203,
243.
governer v. f. I gouverner 1771,
2557.
grâce f.I reconnaissance; pi. 785.
GLOSSAIRE
437
graignor plus grand 144.
grain m. Il grain 362.
graisle m. II trompette 4835.
graisle grêle, mince 2573.
graisle t diminutif de graisle 400.
gramaire f.I gramtnaire 2209.
gramaire m. II grammairien 1100.
grant grand 21, 27; en grand nom-
bre 343 ; neutre la grandeur 7336.
— adv. ne poi ne grant 3716. —
se mètre et grande se mettre en
peine 4392.
gravier m. II plage 289, 3167.
gre m. II (plur.) reconnaissance
1701, 9008. — saveir buen g., mal
g. 7876, 8267. — de mon g.
8645.
grenat m. II grenat 7682.
grenon m. II moustache 2450.
grève f.I raie 3990.
grever v./". I tourmenter 1 84 ; peser,
être disagréable 987.
grief lourd, désagréable 1449; au
neutre 5240.
griement grièvement 5945, 7368.
grifon m. III griffon 2567.
gris, e gris 450.
grisle gris 4056.
gros, se gros 2573, 9472.
guaaigne f I gain 7122.
guaaignier v.fl labourer 6576.
g u aire, guaires (avec la négation)
nullement 474, 961.
g u a i t e f.I sentinelle 5588,
guaitier v. f. I guetter 4881; garder
5998.
gualdine f.I forêt 370.
guarantm. JI protecteur 5854 ; ga-
rant 7794 ; protection 9446.
guarantie f I protection 1335.
gu a r an t ir r. /■. III& ^'^'o^^â'^^j ô^^-
rantir 576, 3196.
guardant, guardenc m. II gardien
4893, 9236.
guarde /". I ^arde 4136; gardien
2451, 4138; sit/ef de crainte 595;
attention 8122.
guarder v. /". I regarder 78, 292;
prendre garde 2387; garder 2442;
conserver 757; fré^.^ prendre garde
à, se préserver contre 398, 8140.
— g. fei V. fei.
guarir v. f. IIIf> guérir 1132, 1439;
préserver 6481; (Vé/Ï.^ se guérir
6647. — g. de échapper à 570,
603.
guarisonf. II provisions 345, 3037.
guarnement m. II garniture, habit
de luxe 735, 1933.
g u a r n i r v. f. III* pourvoir, munir
86, 5350; atJerfir 4232; (Vé^.j s'ar-
mer 7612. — gu&Tmprêt, préparé
7155.
g u a s t m. fil carnage 6870.
guaster v. f. 1 dévaster 3, 1415.
— estre guasté être en friche
6574.
guenchir v.flll^ faillir, aban-
donner 3393. — g. de dreit man-
quer à sa parole 3859.
gueredoner v. f. I récompenser
176, 1781.
guerfil m.II(?) 6446.
guerpir v.f.III^ abandonner 85,
1050; quitter 7215.
guerre f.I guerre 468, 1410.
guerreier v.f. I guerroyer 3498,
4722.
guerrier m. II guerrier 7064.
guichet m. II petite porte; pris
dans un sens équivoque 8575.
guige f.I anse de Vécu 4467.
guimple f. I ornement de tête
9334.
gui on m. II guide 2282.
guise f.I manière 414, 1257.
H.
haïr v.flllb haïr 98, 1925.
h a i t i e r t'. /". I (réfl.) se réjouir 5273,
8763.
h a 1 b e r c m. II cotte de mailles 439,
4381.
balcier v.f.I hausser, lever 5221.
438
GLOSSAIRE
hait, e haut 441; neutre 5887. —
halte mer 91, 2145.
haltement avec beaueaup de céré-
monie 4628, 6358.
haltor f. II hauteur 7550, 7591,
hanap m. II coupe 3535.
hanche f.I hanche 1469.
hanste f.I bois de lance, hampe
4521, 5630.
hanter v.f.I fréquenter 2298.
haraz m. II haras 3937.
hardement m. II courage 16; ac-
tion courageuse 4938.
hardi, e hardi 358, 898.
hardiëment avec hardiesse 3729.
harpe f.I harpe 1148.
hastele f.I éclat, morceau de bois
5732.
haster v.f.I (trans.) presser 959,
2218; (réf,.) se hâter 5608.
hastivement avec hâte 126, 698.
haterel m. II nuque 5580.
he m. II haine 95. — coillir en he
V. coillir.
helme, elme m. JIcasgMe 4427, 4433.
helt m. II poignée 4483.
herberge fl logis 919, 4106.
herbergier v.f I demewrer 639;
(réft.) s'établir 4100.
herde f.I troupeau 3587.
hericier v.f.I (réfl.) hérisser son
poil 2590.
h e r i ç o n m. II poutre armée d'une
pointe de fer 3725.
hermine m. II hermine iOil; vête-
ment d'hermine 1962.
h 0 n i r v. f. IIIt> honnir, déshonorer
2050, 2527.
h ont âge m. II action honteuse
1529.
honte f. I honte 13, 204. — ah.
dans la misère (?) 1327.
huchiert;. f.I appeler à haute voix
1967; crier 7063.
huer v.f.I lancer en excitant par
des cris 6889, 6892.
hurter v.f.I frapper 5743.
I.
i adv. y, là 19, 439. — des i v. des.
ice ceci 1931.
icel pron. dém. ce, celui 1294, 2893.
i c e s t pron. dém. ce 2795.
idonc, idonkes alors 545, 2160.
idre f I idole 9307.
ier hier 1284.
igal égal 3987; juste 1826. — par i.
également 5904, 7960.
igalment également 8271.
il nom du pron. pers. masc. au sg.
et au pi. 2, 6700.
iluec, iluekes là 591, 2198. — d'i.
de là 342. — adv. de temps 9402.
image f.I statue 1 089 ; image 2861 .
impérial, enperial impérial 4033,
7483.
in de bleu d'indigo 423, 4054.
infernal v. enfernal.
iraigne f. I araignée 4536.
ire f.I fureur 3870; tristesse 852.
irié, e fâché 1098, 5220.
iris m. II pierre d'iris 6448.
isle, ille fl île 227, 903.
isnel, e rapide, vif 3946, 5123.
isnelece f.I rapidité 6742.
isnelement rapidement 3593.
issue f.I issue 4892.
i s t r u m e n t m. JJ instrument 1 0103.
itant tant 3875, 9187.
itel tel 218.
ive f I jument 3942.
iver m. II hiver 1378, 1709.
ivoire m. II ivoire 4077, 6109.
ivre ivre 4928.
ivrece f.I ivresse 821. »
J.
ja déjà 565; pour sûr 410; explétif
1020. — ja mais jamais 335,
1080.
3 &dia jadis 2283, 8229.
jafur m. II bonne chère, joie 4898.
jaiant m. II géant 2733, 5494.
jagonce m. II pierre précieuse
(hyacinthe) 4513, 7682.
GLOSSAIRE
439
jale f.I gale (une sorte de rogne
qui vient aux chevaux) 3936.
jalos, e V. gelos.
jambe f . I jambe 2565, 4U62.
jaspe f.I jaspe 4512.
javelot m. II javelot 5314.
joer f . I jouer 2801; chanter 4791;
faire l'amour 8574.
joie f.I joie 264, 907.
joindre v. f. II joindre, souder
7652. — se j. a. attaquer 7110.
jointure f. I jointure 250, 7547.
joïr v.flll^ jouir 4335, 8617; se
réjouir 3543.
joios, e joyeux 1533.
jor m. II jour 101, 760. — tozjors
7680. — tote j. ()940, 9190. —
nul j. jamais 1847. — prendre j.
fixer le jour, donner rendez-vous
10010.
jornee f.I journée 862, 4964.
joste à côté de 471, 2604.
joste f.I joute, assaut 4272.
joster v. f. I réunir 3710, 4112;
jouter 3974, 5967.
jostise f. I justice 8197.
j o V e n t m. II jeunesse 4747.
jo vente f. I jeunesse 1331.
juefne, jone jeune 2177.
jugement m. II jugement 97,
6640.
j u g i e r v.f.I juger 1 2 1 ; faire droit
531; condamner 1028.
jurer v.fl jurer 2637, 9282.
jus en bas 690, 2362. — laj. là en
bas 2379, 2417.
jusque jtisque 5040.
K.
kl pron. rel. qui, masc. 41; fém. 33;
ace. cui 935; datif cui 113; gé-
nitif cui 2062 ; après prép. 3242 ;
avec la signification „quand on^'
1112; suivi du subjonctif, afin
que 359.
kil = A;i le 111, 5231.
k\B = M. les 2915.
L.
1' =t le la. — l'en = li en.
la article 3; pron. pers. ace. sg. fém.
2, 7650.
la, lai adv. là 44, 4102. — cil de la
ceux de Vautre côté 9422.
labor m. II travail 4336.
laborer v.f.I labourer 6576.
laceïz m. II réseau de fil 6114,
7448.
lacier v.f.I enlacer 4374.
laidement ignominieusement 1035.
laidengier v. f. I insulter 975,
5458.
laissierv. /". I laisser 2242 ; négliger
1633; cesser 9685; s'abstenir 1691.
lait, laie laid 687; mauvais 192,
2101.
lampe f.I lampe 6510.
lance f.I lance 1109, 4454.
lanceiire f.I 5408 fi?. -ê. à corri-
en laceiire rainure).
lancier v. /". J jeter des javelots 502,
3512.
lanciere f.I catapulte 4260.
langage m. II langage 5056.
langue /". J langue 6746.
languir v. /". III6 languir 3684,
7043.
large tor^^e 535.
larrecin — en 1. .à la dérobée 1646.
larron m. JJ. — a 1. à ^ dérobée
1694, 4895.
las, se malheureux 232; fatigué
1210.
laschement d'une manière peu
serrée 4022.
lasniere f.I lanière 9158.
lasser v. f. I fatiguer 640, 3112;
(réfl.) 1185.
laver v. f. I laver 5876; se iatJer
ies mains 4773.
\a.z m. II lacs 4366, 7709.
le article ace. sg. masc. 3; pron.
pers. ace. sg. masc. 7751; neuire
131.
le, e large 861, 4495.
440
GLOSSAIRE
leçon f.I leçon 8185.
leece f.I joie 1149, 2802.
leecier f.I se réjouir 682.
legier, e léger, facile 1908, 7614.
legierement légèrement 2342,
6683.
\ei f II loi 120, 8296; culte \000,
1037. — tenir 1. professer une reli-
gion 3290.
leial loyal 6066, 8284.
leisir v. fo. III<* être permis, avoir
le temps 3680, 3841.
leisir m. II occasion, loisir 48.
leisomer ne rien faire (?) 1450.
léonin, e léonin 4060.
leporin, e de lièvre 4059.
lerme m. II larme 1812, 8320.
les article ace. pi. 7; pron. pers.
ace. pi. 9300.
letre fl lettre 4481,
leu m. II lieu 458; occasion 17,
7156. — par leus par ci par là
4461. — mètre en 1. payer, rendre
7390, 8321. — en 1. de au lieu de
3554.
lever v. f. I lever, se lever 79, 1507;
ériger 927; (réfl.) 3562.
levier m. II levier 1143.
lévrier m. II lévrier 1459.
lez m. II côté 247.
lez à côté de 1675, 5895.
li article nom. sg. 5956.
li pron. pers. 3 pers. datif masc.
33, 148.
li ace. sg. f. (après les prép. et de-
vant l'infinitif) 159.
liart d'une couleur voisine du gris
9198.
lice f. I palissade, barrière 923.
lie or f II liqueur 6480, 7649.
lié, e joyeux 642, 1533.
lieement gaîment 914.
liëmier m. II limier 1460.
lier v.f.I lier 950, 1034; garrotter
6280.
lignage m. II race 1286, 3206.
ligniee fl race 572, 2189.
limon m. II limon 6109, 7443.
linçuel m. II drap du lit 1252.
lion m. II lion 3923.
lioncel m. II lionceau 5767, 6456.
lire v.fo.II enseigner 8186.
liste f. I raie 4269; ornement d'ar-
chitecture, plaque à inscription
(v. Godefroy) 6488, 7297.
lister v.f.I rayer 4419, 4436.
lit m. II lit 1206, 1936.
litière f.I litière 6125, 7452.
Hue fl lieue 43, 6217.
livre f.I livre (poids) 3550.
livrer v.f.I livrer 10, 3259.
lou m. II loup 5371.
loement m. II conseil, avis 2241.
loer v.f.I louer, racoler 4289.
loer v. f. I conseiller 697, 3889;
louer 6351; (réfi.) se louer de quel-
qu'un 2529.
1 G i e r m. II salaire 3682, 4970.
loigne f.I rein 5780.
loing, loin loing 62, 643.
loin tain g, loingtain lointain 543,
580.
lonc, gue long 565, 2450. — de 1.
tens âgé 4128.
longuement longtemps 124, 3684.
longue, longues adv. longtemps
1349, 2179.
1 0 r pron. poss. 3. pers. pi. 12 ; pron.
pers. 3. pers. dat. pi. 6173.
lorier m. II lormier, sellier 4106.
lorier m. II laurier 4626.
los m. II conseil 3897; ^rtoire 5660;
louange 8046.
losenge f.I flatterie 6784.
1 o s e n g i e r V. /: I flatter 4307, 9872.
1 ovine de loup 4057.
lues tout de suite 440.
lui forme accentuée du pron. pers.
3. pers. sg. ace. 824, 7797.
luire v.fll luire 4429.
lune fl lune 201, 1914.
luxure f.I luxure 1573.
GLOSSAIRE*
441
M.
m' = me, ma.
ma V. mon.
maçue f.I massue 3629.
maigre maigre 2445.
maille f.I maille 4420.
maillier u /! J garnir de mailles
4416.
main m. II matin 686, 4239.
main f. II main 12, 1143. — pren-
dre en m. s'emparer de 3821.
maint, e maint 163, 1330.
maintenant. — de m. tout de
suite 5332.
maintenement m. IJ soutien 1 420,
3133; secours 4732.
m a i n t e n i r v. /b. III" soutenir 1087,
2180; observer 3970; gouverner,
posséder 552; garder 1612; tenir
en mains 3439.
Maior v. Lombardie dans le glos-
saire des noms propres.
mais plus 1979; désormais 1419. —
onc m. 21. — ja m. v. ja. — ne
m. excepté 668. — m. que pourvu
que 142. — n'en poeir m. 10075.
maisiere f.I mur 6425, 7300.
maisniee f. I suite, famille 841,
1650.
maison fil 44, 3726.
maistre m. II maître 1101; haut
dignitaire 1000; chef 77; pris ad-
jectivement, principal 465, 839.
maistrement avec maîtrise 6122.
maistrie f.I maîtrise, art 4470,
7672; pouvoir de maître 5500.
mal, e mauvais 2272; désagréable
9611.
mal adv. mal 5608 ; mal à propos 6356.
mal m. II mal 66, 310; méchanceté
1117.
malade malade 7468.
m al dire v. fo. II maudire 3802,
6323.
maie f.I malle 9559.
m a le ment adv. mal 767.
maleiiros v. etir.
m al fa ire v. fo. II méfaire 9466.
malmener v. f. I malmener 1790,
6184.
mal mètre v. fo. II pourrir 6482.
maltalent m. II fureur, dépit 1 792,
3357.
m a 1 1 r a i r e V. /b. Il maltraiter 7783.
mal vais, e mauvais 1420, 5854.
malvaistié fil lâcheté 5680.
mamele f. I mamelle 2032, 7004.
manage f.I construction 894; (Ze-
meure 463.
manaie /". I assistance 4122, 8114.
manaier f . /! J airfer 6308.
manant riche 461.
manantise f I richesses 5 1 ; ^; wis-
sance 8198.
manche /. I manche 1470, 1962.
mander V. /". J man^fer, faire savoir
695, 1759', /aire venir 1457, 3891.
manece /". I (?) 7599.
maneir v. fo. II se tenir 466. —
m. sor quelqu'un relever de 8197,
mangier v.f.I manger 494, 2742.
mangnete f.I aimant 434.
manière f.I nature ^1^. — d'une
m. d'une certaine nature 473.
mantel m. II manteau 741, 2548.
mar mal à propos 623 („il fera
mal en dépensant . . ."); pour mon
(ton, son) malheur 1688, 3310; en
vain 2316; à tort 3080; mare 7247.
marage de m^er 3932, 4019.
marastre f.I belle-mère 2585.
marbre m. II marbre 422, 7538.
marcheandise, marcheandie /! I
marchandise 454, 8292.
marchié m. II marché 449.
marchis m. II marquis 378, 3236.
mareis m. II marais 412.
mariage m. II mariage 3280, 6663.
marier v.f.I marier 3278, 3382.
marrir v.f.III^ (trans.) attrister
676; (réil.) se fâcher 179, 4375.
martel m. II marteau 4406.
martire m. II martyre, supplice
2724, 3719.
442
'GLOSSAIRE
martrin, e de martre 4032.
masle mâle 9134.
masloD mâle 8571.
masse f.I quantité 871.
mast m. II mât 203, 244.
mat, e triste, abattu 1631.
mater v.f.I tuer 8947.
matin m. II matin 687; pris adver-
bialement, de bonne heure 4395.
matin et m. II matin 6234; ptis
comme adverbe: de grand matin
9120.
m e pron. pers. 1. pers. dat. ace. sg.
2641, 2647.
me ce f.I mèche 6514.
mecine f.I médicament 7970.
mediciner f.I médeciner 3681.
m eh ai n g m. II défaut 3936.
m e i forme ton. du pron. pers. 1. p.
sg. 224.
meie fém. de mien 1750.
meillor meilleur 153; nominatif
mieldre 2141.
me in s moins 5448, 6508.
mais m. II mois 870, 4408.
m e ï s m e , meesme même 1 780. —
a meïsme, a meïsmes près de 928,
2423.
moitié fil moitié 4948, 5409.
membre m. II mem&re 2116, 9805.
membrer v.f.I (impers.) se sou-
venir 5139.
mémoire f.I mémoire 2054.
menace f.I menace 8650, 9699.
menacier v. f. I menacer 650,
5986.
m e n ç 0 n g e m. II mensonge 1 557,
2416.
mener v.f.I mener 57, 285; pour-
suivre 5381, 5559; passer 4792;
traiter "ifîl, 8164 (Cp. malmener);
manifester (m. esfrei 4048, m. tris-
tor 5923, m. jafur 4924 etc.); (réfl.)
se conduire 806. — en mener
emmener 3005.
m en or moindre 3182; nom. mendre
589.
mentir v.f.III" mentir 8247; être
infidèle 1309; violer (un serment)
1597; défaillir 1234.
menu, e faible 3193. — adv. à de
petits intervalles 3999.
menue ment finement 1472, 4024.
mer f. II mer 2145, 4037.
merci f. II merci, remerciement
1701; grâce 1780, 3616. — vostre
m. grâce à vous 1778.
mercier v.f.I remercier 4170.
mère f.I mère 33, 2611.
merci m. II marelle 428.
merveille f.I étonnement 711. —
a m. à merveille 6920 ; énormément
482, 5645. — merveilles à mer-
veille, très 3556, 4417.
merveillier v. f.I s'étonner 1 878 ;
(réfi.) 260, 1198.
merveillos, e merveilleux 739,
859; terrible 9817.
mes m. II messager 3491, 4550.
mes m. II mets 3043, 4775.
mesaaisié, e qui est dans le ma-
laise 1067.
mesage m. II messager hA^, 1616;
mission 3142.
mesagier w. J-Tmessa^rer 363, 373.
mesaise f.I infortune 327.
m es a venir v. fo. III'' (impers.)
aller mal 7248, 10089.
mésaventure f. I mésaventure,
malheur 6158, 8746.
m e s c h a e i r V. /. III<* (impers.) aUer
mal 7804.
meschever v. f. I échouer 5622.
meschin m. II jeune homme 285,
6188.
meschine f. I jeune fille 1217,
7241.
mescreance f.I soupçon 5113.
mescreire v.f.II se méfier 1662;
soupçonner 5118.
me s dire v. fo. II médire 9211.
mesfaire v. fo. I méfaire 1751,
4680.
mesfait m. II méfait 4204.
GLOSSAIRE
443
meslance f.I querelle 9978.
meslee f.I mêlée 1046, 3632.
mesler v.f.I engager 9439, 9450.
— se m. o se brouiller avec 977;
s'engager dans un combat 3509.
— j)art. meslé grisâtre 2446.
mesparler v. f.I médire 9224.
mestier m,. II usage 2088; métier
2562, 4359 ; service 4334 ; nécessité
5325 ; (?) 8569. — aveir m. servir,
être utile 15, 3477; avoir besoin
606, 626. — estre m. être néces-
saire 1659, 5549.
V
mesure f. I mesure 1882. — faire
m. se modérer 4201. — a m.
6506.
m e t e i e r qui n'a que la moitié 3827.
mètre v. fo. II mettre 18, 3398;
(réf..) 352; se mêler de 9695.
mi, e demi. — mie nuit 1154. —
en mi v. enmi. — par mi v.
parmi,
midi m. II midi 1506, 4616.
mie. — ne m. aucunement 73 ; rien
1992.
miel m. II tniel 8222.
mieldre v. meillor.
mielz adv. mieux 2650; plutôt 75.
mien pron. poss. subst. 614, 625.
mier, e pur 1477.
mil, milie mille 510, 3523.
m il eu m. II milieu 4268, 5198.
mi lier millier 3906.
mire m. II médecin 3680, 7044.
m i r e 0 r m. II miroir 7604.
mirre f.I myrrhe 7437.
mo illier f. II femme, épouse 1180,
1999.
moillierv. /". J (intr.) se mouiller
1252.
moisson f. II moisson 6904.
moldre v.f.II aiguiser 4471.
molt adj. beaucoup 227; adv. très
56, 5998.
moltepliër v.f.I augmenter 1559.
moment m. II moment 252.
mon pron. poss. ace. sg. 7780; nom.
s.masc. mes 1196; fém. ma 7819;
nom. pi. mes 1812.
moncel m. II colline 2874.
montai gne f.I montagne 365.
mont m. II monde 161, 3191.
mont m. II montagne 1921. — a
monz en piles 5338. — en un m.
l'un sur l'autre 5908.
monte or jjenfe, montée 4251.
monter v. f. I monter 701, 8691;
importer 1328, 5694; être utile
1964, 2384.
m o r f. II (plur.) moeurs 4005.
m 0 ri r v. fo. III^ mourir 1 3 ; (réfl.)
8700; (trans.) tuer 976, 2089.
morne morne 8398.
mors m. II agrafe, fermait 750.
moTt fil mort 68 ; substantif 6073.
— ferir a m. 2113.
mortel, mortal mor^ei 821; (subst.)
homme 2285.
mortier m. II mortier 7343, 7657.
m os su, e moussu 2414.
mostre m. II monstre 2421.
mostrer v. f. I montrer 80, 917.
mot m. II mot 1810, 8227.
moveir v.fo.III^ soulever, agiter
188, 3373; se mettre en marche
3898, 4799 ; commencer 3522; (réf,.)
s'éloigner 805S. — movant alerte
9701.
mucier v.f.I cacher 1152, 3763.
muer V. f. I changer 1204, 1490;
s'empêcher de 1263; ^ré^.j 9960.
mui wmd 509, 5654.
muire v.f.II mugir 1923.
mur m. II mulet 6607.
mur m.ll mur 7, 431.
mur ail m. II muraille 421.
m u s e u. — a or m. 6438 v. DuCange
s. V. musivus.
musique f.I musique 2208.
N.
nacele f.I nacelle 2452.
nage non (avec 1. pers.) 8523.
nage. — aler a n." mettre à la voile,
444
GLOSSAIRE
à la rame 904. — a n. à ia rame
5620.
nagier v.f.I ramer 274, 2478;
transporter à la rame 2461.
naïf, ve natif mU; brut 420.
naistre v.f.II naître 211, 3942.
nape f.I nappe 835.
nasal m. II nasal du casque
4442.
naturalment naturellement 3151.
nature f.I nature 436, 3916.
naturel naturel 508.
navie f. I les vaisseaux 1620,
2451.
n a V i ë r v.f.I naviguer 640.
navire m. II vaisseau 3313.
navrer v.f.I blesser 3524, 5883.
n e conjonction, ni 14, 5819 ; dans une
phrase de négation ou de doute, ou
362; et 3462. — ne . . . ne «i . . .
m 16; suivi du subj., qui ne 13.
— ne onc 2. — ne pas 42. — ne
mais 21.
ne adv. de négation 31, 92. — nen
devant voyelles 8.
neel, nielle., a n. 2136.
née 1er v.f.I orner de nielles 6458.
nef f. II vaisseau 89.
negun, e aucun 326, 1332.
n e i e n t rien 2 1 44 ; aucunement 6651 ,
7421. — por n. en vain 1809, 5986.
— de n. aucunement 3209. —
n'aveir n. de, n'estre n. de ne pas
être question de 351. — tenir a n.
ne faire aucun cas de 798.
neier v. f.I nier 8535.
neier v.f.I se noyer 297.
n e if /: II neige 3994, 6926.
neir, e noir 2270, 4012.
ne! ne le 438.
nen V. ne.
nenil non 647, 1753.
nequodent pourtant 1 638.
nercir u /". III^ noircir 1324, 6191.
nés ne les 304, 6045.
nés, nis ni même 5302.
nés m. II nez 3993; pi. les narines
6468.
n e V o m. III descendant, progéniture
2819; nomin. niés 2953.
nigremance/". I nécromancie 2207.
nis V. nés.
no m. II nage 5671.
noaillor ^ire. — aveir le n. avoir
le dessous 5342.
no &lz pis 222, 8727.
noblece f.I noblesse 9497.
noce f.I noce 10123.
noise fl bruit 28, 2613.
nom m. II nom 955, 3204. — par n.
de comme signe de 2065.
n ombrer v.f.I compter 2846.
n orner v.f.I nommer 479, 2214.
non non 588.
noncier v. f. I annoncer 33, 6075.
nonchaleir. — mètre en n. né-
gliger 1411, 1427.
n o n e f.I trois heures de l'après-
midi 706.
n o r r i r î7. /! IIIt> nourrir 1 801 ; élever
3533, 8577.
nos pron. pers. 1. pers. pi, nous 352.
nosche f.I boucle 739, 799.
nostre pron. poss. notre; ace. pi.
noz; abs. li n. 6035, 6568.
noter v.f.I écrire 8055, 8919; re-
procher 3985; accuser 6755.
notonage m. II marine 2442.
notonier m. II nautonier 2477.
novel, e nouveau 1915.— de n. à
neuf 3266; de nouveau 8212.
n o V e I e f.I nouvelle 672.
novelment récemment 3413.
n o V e 1 1 é f. II nouveauté 8205.
novelier, e qui aime le change-
ment 8374.
nu, e nu 950, 4012. — nu a nu à
nu 5202.
nuef neuf 3948, 9988.
nuire v.f.II nuire 2538, 5616.
nuit /".Il nuit 824, 7077.
n u 1 , e aucun, nul 8, 114.
GLOSSAIRE
445
0.
0 , od prép. avec 20, 285. — o tôt
V. tôt.
0 conj. ou 67.
o adv. où 44; en quoi 1677; en le-
quel 9307.
oan cette année-ci 1699.
obli m. II oubli. — mètre en o.
oublier, négliger 1412, 1609.
obliance/". J action d'oublier, oubli
2504.
obliër v.f.l oublier 1413.
ocirev.fo.II tuer 2 1 3, 4933 ; (réfl.)
1636.
ocise f.I tuerie 21, 1170.
o ci s ion f.II tuerie 574, 1770.
odor f. II odeur, puanteur 2395,
6477.
oe V. ue.
ofre f.I offre 184.
ofrir v.fllla offrir 659, 7786.
oignoment m. II onguent 2393,
7971.
oïl oui 649, 8716.
0 il m. II œil 1436, 1544.
o i 1 e m. II huile 7675.
oindre v.fo.II oindre 6388.
oïr V. f III<i entendre 228, 2710. —
oiant les barons en présence des
barons 7788.
oisel m. II oiseau 429, 1917.
olive f.I olivier 4686.
olivier w. II olivier 6008.
oltrage m. II outrage, tort 4673,
6558.
o 1 1 r e prép. outre, de l'autre côté 2461 .
omage m. II hommage 3858.
ombre f.I ombre 7486; prétexte
9849.
ome m. III homme 114; nom. oem
56, 319.
on, l'en on 455, 472.
o n c , onkes avec la négation, jamais^
347, 1291.
once f.I once 4514, 5768.
oncle m. I oncle 976.
onde f I eau 2436.
ongle m. II ongle 2567.
onicle onyx 6401.
or m. Il extrémité 7113, 9530; bord
8837.
or m. II or 390, 7636.
or, ore à présent 331, 1735. — or
... or tantôt . . . tantôt 8125. —
des or désormais, dès à présent
4950, 8657. — des or mais désor-
mais 6569.
orage m. II vent 990.
ordeneement en ordre 2823.
ordenerv. /". I disposer 1 834, 2826 ;
arranger 4288.
ordenement m. II commandement
1765.
ordre m. II ordre. — en o. 954,
2928.
ore f.I heure 245, 685. — d'ores
en altre de temps en temps 5382.
— en es l'ore sur le champ 994.
— en poi d'ore en peu de temps
245.
oré m. II orage 254; vent favorable
596, 1648.
oreille f.I oreille 1545, 4051.
oreillier m. II oreiller 1243,
6465.
oreillier v.f.l écouter 1545.
o r g o i 1 m. II orgueil 2734 ; témérité
6552.
orgoillos, e orgueilleux 8696.
orgue nal vital, organique 3653.
orient m. II orient 1913.
oriental de l'Est 946.
orine f.I origine 3552.
o r 1 e f I bordure 4035 ; bord 4464,
5483.
or 1er v. f. I ourler 745, 4043.
orrible horrible 2357.
os m. II os 3652, 4636.
os osé, hardi 3442.
oscur, e obscur 195.
oscurer u /". I obscurer 2761.
oscurté f.II obscurité 2399.
oser r. f.I oser 1438, 8016.
ost f. II armée 906, 1047.
446
GLOSSAIRE
0 stage m. II hospitalité 738, 1689;
séjour 3310.
h o s t e m.I hôte 842.
ostel, ostal m. II demeure 1955.
oster v.f.I ôter 6503.
otrei m. II autorisation 4154. —
faire otreiz accorder 6675.
otreier v. f. I accorder 142, 2319.
ovraigne m. II ouvrage 4398.
0 V r e 0 r m. II atelier 462
ovrer v.f.I travailler 547, 1144.
ovrier m. II ouvrier 4396, 7344.
ovrir v.f. III" ouvrir 909-, 5519.
P.
paain, e, paien ^aiew 2141, 4688.
paile m. II étoffe de soie 390, 6117;
tapisserie de cette étoffe 452, 9305.
pain m. II pain 3041.
paire pi. (latin paria^ paire 890.
pais f. II paix 3131; tranquillité
268, 846. — a p. ew repos 10()16.
païs m. II pays 7, 6548.
païsant m.II paysan 3631, 7263.
paisible tranquille 1712.
paistre v. fo. III^ nourrir 3534,
5700.
palais m. II palais 460, 7406.
pale pâle 6263.
palefrei m. II palefroi 701, 6607.
palestre f. I palestre 2801.
pâlir V. f. Illb pâlir 7927, 8244. —
pâli pâle 2269, 6190.
paliz m. II clôture, palissade 3157,
4253.
palme f. I paume 3358.
palu /". // marécage 2485.
pan w. 7J ^aw 4045, 4422.
panteisier v.f.I haleter 8125.
par adv. d'intensité 141, 545. —
prép. de lieu 53, 1846; de temps
5595; de manière 5, 57; d'impré-
cation 211; de ca?^e 1767, 1776.
— de par de la part 1014, 1187.
— par sei individuellement 4558.
par âge m. II naissance illustre,
noblesse ib, 1285.
parchemin m. II parchemin 8777.
parçonier m. I celui qui partage
3828, 8304.
pardon m. II pardon 9968.
pardoner v.f.I pardonner 2064;
accorder 1071. — p. son maltalent
renoncer au ressentiment qu'on a
contre quelqu'un 4385.
pardurable éternel 2757, 2780.
pareee f. I paresse 2406.
pareir v. fo. III'^ paraître 1287,
4046.
parent m. II parent 68, 3901.
■ç z,xî\tQ m Qnt parfaitement 2781.
parfondement profondément 3174.
parfont, de ^ro/bnd 304, 2351. —
en p. au fond 4039.
parlement m. II entretien 103;
. délibération 6836.
parleor m. II salle d'audience 462,
558.
parler v.f. I parler 537, 2055.
parleiire f.I façon de parler 1 226.
parmi adv. au milieu 9734. — prép.
parmi, au milieu de 54S1, 5871;
à travers 2192, 5016.
parole f. I parole, discours 3810;
inscription 117.
parsiure f. 111^ poursuivre 7147.
part f. II côté 497, 4831. — a une
p. à part, à un endroit isolé 3368.
— de maie p. d'enfer 2272. — de
nule p. nullepart 199. — altre p.
ailleu/rs 1051.
partie f . I partie 308, 2247; cause
7394; part 409. — nule p. nulle-
part 2147. — une p. en partie
4065.
p artir V. /. III<* partir 5857; parta-
ger 5904; se séparer 1611, 1830;
reculer 1312; (réfl,. accompagné de
en) partir 906, 1020. — geu parti
V. geu. — li cuers part le cœur
brise 2112.
p a r t o t partout 2956.
p a r V e n i r V. /b. III" parvenir
parvirer v. f. I traverser 2485.
GLOSSAIRE
447
pas m. II pas 2596. — en es le pas
V. es.
pas avec négation 3215.
pasmeison f. II pâmoison 1279,
1859.
pasmer v.f.I tomber en pâmoison
1278, 6211.
passage m. II passage, voie par
où Von passe 418.
passera. f. I passer 1 380 ; surpasser
8042 ; faire passer 2482 ; désobéir
à 1966; avaler 9562. — il a passé
(impers.) il y a 7793. — p. avant
s'avancer 9811.
passible sujet aux passions, sen-
sible 2888.
p a s t o r m. II pâtre 948.
pasturer v.f.I se nourrir 493.
paveillon m. II pavillon, tente
901, 5054.
pavement m. II pavement 7538.
paver v.f.I paver 1862.
peceierv. /". J mettre en pièces 5893.
pechié m. II péché 1718.
peindre v. fo. II peindre7983,SlS7 .
peine f. I peine 337. — a p. avec
peine 356, 3613.
peinturer v. f. I peindre 431.
peior pire 5696; (nomin.) pire.
p e i s m. IJ poids 4434.
peisson m. JZ poisson 478.
p e i s s o n e t m. JI dimin. de peisson
473.
peitral m. II poitrail 3258, 4084.
peitrine f. I poitrine 2572, 6260,
p e 1 m. II pieu 4255, 5327.
pel /; II peau 5384, 7306.
p e 1 i c i e r arracher la peau 5382.
p e n d r e V. /". II (trans.) pendre 4570 ;
(intr.) 1424; êfre courbé par le
poids 2415; pencher 6466; êfre
siispendu 5292, 5412; fré^.j se
^encAer, êfre favorable 3818.
pener v. f. I (ré^.j se donner de la
peine 184; se soMcier 1574. —
pené fatigué 7278.
penne f.I fourrure 742.
p e n o n m. II pennon 4276.
pensé m. II pensée 8064. — estre
en p. 5934.
pensée f.I sollicitude 3332.
penser v. f. I penser 1223, 2221;
imaginer 1692; (réfl.) 3288.
pensif, ve pensif 1631, 2993.
peor fil peur 31, 313.
peoros, e peureux 2765; terrible
2771.
per m. II pair, égal 153, 357.
p e r c i e r v.f.I percer 5245, 5629.
perdre v.f.II perdre 666.
père m. I père 1196, 2825.
péril m. II péril 2832, 6882.
périr v.f.III^ périr 944, 1085.
permanable permanant 2758.
permaneir v.fo.II durer 2755.
perron grosse pierre 7539.
per s, e bleuâtre 1792.
per sir v.f.III devenir bleu 6192.
perte f.I perte 5520.
pesance f . I peine 7814.
peser v.f.I peser, être désagréable
1128, 3479; pesant 4434.
petit, e 2)e^tf. — un p. un peu 847;
Mw instant 1066; neutre, pris ad-
verbialement, peu 5238; ^e« fîe
feiwps 5184. — jusqu'à p. soms
jjew 8774.
petitet diminutif de petit 474,
2610. — un p. «n pew 5831.
peture 9541 (p. ê. pour peuture
tisane).
pevree f.I poivrade 3666.
pié m. II pied 1923; (mesure) 1136,
7560.
pie ça depuis longtemps 1526.
p i e c e /". I fewtps 5598 ; qu,elquetemps
3312; 6oMi de chemin 7506. — a
p. à quelque temps de là 8555. —
en p. dans longtemps 4384.
pierre f. I pierre 9757; pierrerie
1493.
pieté fil pitié 1806; ^siéfé 2841,
pileret m. II diminutif de piler
428.
448
GLOSSAIRE
piler m. II pilier 447.
pîlet m. II javelot 5312.
pis pis 6572.
pitié f. II pitié 224, 619; atten-
drissement 2252.
piz m. II poitrine 2011, 7642.
place f.I place 7065, 9692.
plaie f.I plaie 3681, 5877.
plaier o. f.I blesser 5980.
plain plain 5717.
plain m. II plaine 7234. — a. p.
tout -à- fait (?), dans la plaine
(c'est-à-dire „hors de la forêt") (?)
3718.
plaindre v.f.II (réfl.) &e plaindre
1428, 7927.
plaine, plaigne f. I plaine 3147,
8034.
plainement clairement 6179.
plaint m. II plainte 2408.
plainte f. I plainte 4744.
plaire v. fo. III<^ plaire 167, 2040.
plaisir m. II volonté 69, 679. —
a p. 6606.
p 1 a i s s e ï z m. II parc, terrain en-
clos 3605.
plaissier v. f. I détruire 5006;
abattre 6195, 8696; vaincre 4758;
plait m. II procès 533; affaire,
cause 7802 ; convention 3460 ; com-
bat 9450. — tenir p. délibérer
1839. — por nul p. aucunement.
planece f.I plaine, surface plane
7286, 7535.
plat, e plat 4067.
plege f.I caution 982.
pleier v. f. I plier 4502, 8794.
plein, e plein 1915; entier 185,
5745; (?) 8569.
pleinement pleinement 5565.
plenier, e étendu 412, 6583. —
chemin p. grand route 372.
pi en té f. II abondance. — a p. à
foison 89, 6602.
p 1 e V i r V. /! IIIi> promettre 609, 1 599 ;
assurer 1369, 8552.
plom m. II plomb 4456, 7980.
plomee f.I projectile de plomb
5314.
plongier v. f. I sombrer 244.
p 1 0 r m. II pleurs 2408.
p 1 0 r e r v.f.I pleurer 686, 960.
ploveir v. fo. IIIf> pleuvoir 191,
267.
pluie f. I pluie 5315.
plume f.I plume 7464.
plus plus 332; le plus 277. — le p.
la plupart 5582. — faire p. v. faire.
— estre p. (impers.) aimer mieux
9891.
■çlvi^ox plusieurs 186. — li pi. la
plupart 929.
poeir v. fo. Illa pouvoir 47, 2330.
pris substantivement 3229. — puet
estre 9003.
poeste f.I force 3770.
poesté f. II pouvoir 542, 769.
poi peu 478. — un p. un peu 2873;
un instant 6025. — a p. que il
s'en faut peu 1325. — a p. ne
idem 2112. — por p. idem 4659,
5738. — estre p. de (avec le datif
de la personne) se soucier peu de
8356.
poin m. II poing 1034, 1961.
poindre v.fo. II piquer 1203, 7982;
(sous-entendu „le cheval"), galoper
4871, 5960.
point m. II point (avec la néga-
tion) 300.
poison fil poison 811, 2107.
poldre V. poivre,
poldrier m. II poussière 7006.
polie f . I poulie 7671.
polir v.f. IIIi» polir 6458.
Tp oU en t ptmnt 2357.
poltrel m. II poulain 3935.
poivre fl poudre 2130, 6083.
pome f . I pomme 109.
p 0 m e 1 m. II pommeau, petite boule
placée au sommet 4437, 6433.
pondre v.f II pondre 4037.
pont m. II pommeau de l'épée
4489.
GLOSSAIRE
449
pont m. II pont 3723.
popler v.f.I peupler 6582.
por prép. pour 4, 24; par 4732;
comme 5770; à cause de 98, 1221.
— por ce 677. — por ce que
(suivi de] Vindicatif) parce que
233 ; (suivi du subjonctif) afin que
234, 891.
porchacier v. f. I pourchasser,
tâcher d'obtenir 8754; (réfl.) 3395.
porche m. I porche 6264.
porfil m. II bordure 746.
porloignier v.f I remettre à plus
tard 10056.
porparlerîJ./". I discuter 61^3, 7739;
convenir 9284.
porpens m. II méditation 127;
pensée 1440. — estre de buen p.
être prévoyant 9330.
porpenser v. f. I imaginer 1696;
(réfl,.) penser 3503; réfléchir 129,
163; s'aviser 125, 736; s'imaginer
456.
porpre f. I pourpre, habit de pour-
pre 452, 478.
porprendre v. fo. II embrasser,
comprendre 395, 7628; occuper
3725.
TpoTqvL&nt pourtant 5681.
p orrir V. /". Illf' pourrir 2452, 6389.
porsiure v. f. III^ poursuivre 5V22.
port m. II port 199, 9996.
porte fl porte 946, 2997.
portendre v.f. II couvrir 7294 ;
tapisser 7305.
porter v.f.I porter 50, 288. — p.
fei v. fei.
portier m. II portier 2561, 6012.
p o r t r a i r e f . /b. II ressembler 2944.
porveance /". I intention 1 624.
p o r V e e i r ï7. /b. I prévoir 1 834, 1 904;
imaginer 2096; examiner 5368.
posnee /". I insolence 6775.
posterel m. II pilier, poteau 427.
postiz m. II porte 53, 3743.
povre pauvre 4803.
draerie f.I praerie 6584.
Bibliotheca Noimannica lY.
pramesse, promesse/". I promesse
158.
prametre, prometre v. /b. II ^ro-
me^ire 139, 5023.
p ras me v. brasme.
pre m. II pré 9305.
precept »w. II ordonnance 8296.
precios, e ^réciewa; 740.
preer v.f.I piller 3839.
preie f.I proie 489, 3773.
preier, prier f . I prier 148, 842.
preiere f . I prière 1884.
preis, pris w. II valeur 3249;
gloire 151. — tenir p. /aire cas
8428.
preisier, prisier v. f. I estimer,
apprécier 329, 7180.
premerain, e, primerain premier
2977, 5045.
premier, q premier 137, 953.
premièrement préalablement, d'a-
bord 5761.
prendre v.fo.II prendre 37, 1440 ;
(réfl.) commencer 4869, 5940; (im-
pers.) il va 9378. — s'i p. 8766.
— pris prisonnier 2522.
près adv. près 1907. — ne p. ne
loing aucunement 1727. — p. de 883.
présent présent 1 246.
présent m. Il cadeau 1934, 3134.
présenter v.f.I présenter, offrir
784, 3272.
presse /". I foule 1183, 2366.
presser v. f. I presser 2114.
prest, G prêt 5714, 6414.
prestement vite 5965.
prestre v. proveire.
prestresse f. I prétresse 2202.
primerain v. premerain.
primes d'abord 1561. — idonc a p.
alors seulement 2076.
prince m. II prince 392, 3235.
prinsaltier, e primesautier 8367.
pris V. preis.
p r i s i e r v. preisier.
prison f.II prison 983.
prison m. II prisonnier 6339.
29
450
GLOSSAIRE
privé apprivoisé 3588; intime 3492,
8948 (privez mal achate „un ami
intime achète à son désavantage",
c'est-à dire „on n'est pas bien servi
par ses amis").
priveement en secret 6504, 9012.
pro m. II avantage 135, 6866.
pro vaillant 358, 2057. — être p.
avoir de la valeur 9227.
pro beaucoup. — ne — p. nullement
1591, 5074.
prochain, e prochain 1 648 ; proche
parent 2217.
prochainementsoMS|jewl60, 8732.
p r 0 d 0 m m. III homme de bien 7079.
proece f.I vaillance 166, 2127.
profetisier v. f.I prédire 3077.
profetiseresse f.I prophétesse
2257. "
profite m. Il prophète, un prêtre
qui sait prédire l'avenir 1004.
promesse v. pramesse.
promettre v. pramettre.
proposer v.f.I prendre une réso-
lution, se promettre 9320.
p r 0 s p r e propice 674, 3096.
provement m. II preuve 8515.
proveire m. II prêtre 1037; nom.
prestre 7162.
prover v. f. I prouver 8514. —
prové convaincu 5564.
pucele fl pucelle 1861, 2126.
puïr V. f. III<^ puer 6482.
puis adv. plus tard 176; puis 78,
1184. — p. que après que 1291;
puisque dH2i. — prép. après 1528,
5757.
puisier v.f.I faire eau 2555.
pu or f.II imanteur 2358.
putage m. II prostitution, débauche
1572, 7118.
putain f. II putain 9134.
quant lorsque I, 616.
quant pron. rel. et interr. combien
de 3371. — q. que tout ce que 2203;
à mesure que 1552, 1564. — ne
tant ne q. v. tant.
quarante quarante 5836.
quarel m. II grosse pierre carrée
422, 5312.
quarré, e car7'é 7299.
quart, e quatrième 265, 2943.
quartain, e. — fièvre q. 7918.
quartier m. II un des quatre côtés
du casque, qui avait la forme d'une
pyramide quadrangulaire 4436.
quasser v.f.I casser 9764.
quatre quatre 1213, 1916.
que ^row. interr. 326, 645; neutre
avec le sens de „pourquoi" 6743,
8133. — pron. rel. 97, 566. —
faire q. agir en 807.
que conj. que 84; parce que, car
1852, 2725; de sorte que 442, 5868;
afin que 6271; pourvu que 7846;
pour continuer quant 1323; pour
annoncer un discours (comme le
grec on) 2139. — que . . . que et
. . . et 3779. — que que combien
que 172; quoi que 283. — ce que
quoi que 8623. — mais que v.
mais. — ne . . . que seulement 278.
q u e i pron. abs. rel. quoi 3370 ; pron.
interr. quoi 645. — por quei 1113.
quel pron. interr. 207, 361. — quel
la ferai qu'y ferai-je 1013, 5145.
quel =1 que le 37.
querre v. fo. II chercher 39, 579;
prier, demander 393. — q. congié
demander la permission de partir
1697.
ques = que les 6562.
question f. II qxiestion 8499.
quinze quinze 3515, 6042.
qui te quitte, exempt 6169. — lais-
sier, clamer q. abandonner, renon-
cer à 7749, 8584.
quitement librement 9399.
B.
racener v. f. I faire des signes
1963.
GLOSSAIRE
451
racine f.I racine 7969.
racluter v.f.I rapiécer 2454.
racoillir v. recoillir.
raconter v. reconter.
rados m. II so^itien, garantie 3441,
4317.
raençon m. II raclmt, rançon 1169.
T&ge f. I rage 8 1 3 ; action folle 1 707;
hostilité 4674.
rai m. II flot, jet 2078.
rai m m. II branche 2314.
raisnablement raisonnablement
6639.
raison f. II raison 368; discours
1 280, 4705. — mètre a r. adresser
la parole à, aborder 1402, 1674. —
rendre r. v. s. v. rendre.
râler v.f.I retourner 1002; (réf,.
avec en) 8799.
raliër f. I rassembler 5539.
rameissel m. II branche 2547.
ramener v. f. I reconduire 2308,
7033.
ramet m. II branche 2312.
ramor m. II ramure 3537.
rancune f.I vengeance 3904.
rasaillir v. f. III<* assaillir dere-
chef 5540.
rasoagement m. II soulagement
8101.
T&soa,gieT V. f. I soulager 8208.
ratorner v.f.I raccommoder 608.
raveir v. sous re.
ravigorer v.f.I (réf,.) reprendre
courage 3709.
ravine f.I violence 4180.
ravir v. f. Illb enlever 5816.
ravivement m. II renouvellement
9979.
re. — Ce préfixe indique souvent
que l'action du verbe auquel il
est joint est dans un rapport de
succession ou d'opposition avec
l'action précédente. Il est diffi-
cile de rendre la signification de
ce préfixe en langage moderne.
Ainsi raveir 871; rebaisier 815;
se recovrir 8402; recuidier 10115;
redeveir 8187; redire 8554; redo-
ner 8222; redurer 10035; refaire
483, 8319; referir 5658; reporter
7620 ; resaner 7990; restre 615, 2079 ;
retenir 7631; retorner 690; reveeir
797; revenir 155.
re m. II bûcher 1932.
rebaisier v.f.I v. sous re.
r e c e t m. Il refuge, place forte 3837,
4144. -- -
receveir v. fo. IIIi> recevoir, ac-
cueillir 785, 9238.
r e c h i e f. — de r. de nouveau 2004,
2921.
reclaim m. II. — venir en r. faire
parler de soi 8098.
reclamer v./". I invoquer 2336, 3093.
recoillir, racoillir v. f. III" recevoir
2553, 3711.
recolchier v.f.I (réfi.) se coucher
de nouveau 8422.
recomencier v.f.I recommencer
1280, 9428.
r e c 0 n f o r t e r v. f. I réconforter
1326, 2013.
reconreer v.f.I restaurer 7362.
r e c 0 n o i s t r e v.fo. III>> reconnaître
5269.
reconter, raconter v. f. I raconter
844, 6284.
recorber v.f.I recourber 2569.
recorder v.fl rappeler 6794; se
rappeler 1224, 3076.
recovrement m. II recouvrement
1341.
recovrer v.f.I aider 5653; répa-
rer 6520.
recovrier m. II guérison 298.
recovrirv. /". JJI" (réfi.) v. sous re.
r e c r e i r e t7. /". U renoncer à la lutte,
se déclarer vaincu 9508. — recré-
ant épuisé, vaincu de son propre
aveu 3469, 7078.
recuidier v.f.I v. sous re.
recuire v.fo. II cuire de nouveau
4474.
29*
452
GLOSSAIRE
reculer v.f.I reculer 5572.
redeveir v.f.III^ v. sous re.
redire v.fo.II v. sous re.
redoner v. f. I v. sous re.
redoter î;./".! redouter 766, 6993.
redrecier v. f. I restaurer 597;
(réfl.) se relever 9706.
refaire v./b. I V. sous re.
re durer v.f.Iv. sous re.
referir v.f.III^^ v. sous re.
refermer v.f.I rebâtir 656, 1379.
reflambeier v. f. I flamboyer, res-
plendir 2509, 4650.
refondre v.f.II fondre de nou-
veau 4472.
refreidir v.f.III^ refroidir 1960,
7922.
refreschir v. f. III^ rafraîchir
7277.
refuser v.fl refuser 1586, 9129.
règne m. II royauté, gouvernement
3S0, 2188; royaume 3, 320.
régner v. f. I régner 2990.
regort m. II golfe 3168.
regoteore f.I trébuchet 7709,
7713.
regreter v. f I regretter 2127,
G241.
regroui ratatiné 2443.
reguarderv./: I regarder 29 ; (réfl.)
regarder 5618.
reguart m.II regard 2294, 7881;
crainte 8028.
rehaitierv. /: I é^fayer, encourager
273.
rei w. II roi 19, 2214.
rei fil filet 4361.
reial royal 2189, 6462.
reialme m.II royaume 4152.
reide roide 9066.
reidement roidement 5744.
reie /". I raie 2225.
reïne /". I reine 1524.
relever V. /". I ("ré^.^ se relever 5340,
6212.
relief m. II les restes qu'on enlève
de la table 3049.
relire v.fo.II v. sous re.
reluire v.fo.II reluire 4000.
remaindre v. remaneir.
remanable fixe, permanent 3086.
remanance f. I domicile 3055,
3081. — a r. pour de bon 1123.
remaneir, remaindre v. fo. II rester
591, 628; cesser 7224; ne pas faire
8963; ne pas se faire 3500, 3854.
— r. en tenir à 3488. — rema-
nant celui qui reste 2251.
remembrance f.I souvenir 2503,
3056.
remembrer v.f.I (trans.) rappeler
à quelqu'un quelquechose 850; (im-
pers.) il me remembre je me sou-
viens 316, 853.
remoil m.II mouillure 8412.
r e m 0 V e i r f . /b. III>' soulever 808 1 ;
V. sous re.
remuer v.f.I (réfl.) se remuer 3 1 94;
s'éloigner 6226.
renc m.II rang 433, 7035.
rendre v.f.II rendre 1176; (réfl.)
5459. — r. raison donner des ren-
seignements 368. — r. estor soïi-
tenir le combat 5530, 6966. — r.
l'ame mourir 2042.
renge f.I baudrier 4511.
renoncier v.f.I apprendre (act.)
360.
renovelement m.II renouvelle-
ment 9986.
renoveler v. f. I renouveller 7bl8.
renveier v.f.I renvoyer 6250.
reoller v.f.I rouler 5446.
reondece f.I forme ronde 7536.
reondement en rond 7558.
reont rond 4490, 5392.
reorte/". I lien formé d'une branche
tordue sur elle-même 2603.
repaire m.II retour 2496. — se
mètre el r. retourner 136.
repairier v.f.I retourner 71, 5030.
reparer v.f.I réparer 7284.
repasmer v.f.I (réfl.) 7428. V.
sou^ re.
GLOSSAIRE
453
repentir v./! III<* (réfl.) se repentir
1852, 5461.
replenir v.f.III^ retnplir 4"281.
r e p 0 e i r v. fo. 1II<* 5355, 82 1 0 v.
sous re.
repondre v.fo.II (réfl.) se cacher
905, 5194.
reporter v. f. I v. soias re.
repos m. II repos 1435.
reposer v.f.I (intr.) cesser 1404;
se reposer 3104; (réfl.) 4123.
reprendre v. fo. II prendre de
nouveau 1859; blâmer 2848.
reprover v.f.I reprocher 9862.
reprovier m. II reproche 7116.
requei m. II lieu isolé 3166.
requerre v. fo. II chercher 353,
h2A2\ s' adresser à, prier 4155, 4309;
demander 606 1 ; attaquer 5865, 9737;
(réfl.) s'attaquer 9431.
resalener v. f. I (réfl.) reprendre
haleine 8209.
resaner v.f.I V. sous re,
r e s a V e i r V. /o. III<* v. sous re. 8280.
resbaldirv. /". 7JJ* réjouir, encou-
rager 3067.
resconser v. f. I cacher 1911; se
cacTter 7272; ("ré^.; 2681.
r e s c o r r e v.fo. III<^ délivrer, sou-
lager 4738, 6748.
rescosse f.I secours 5703. — a la
r. au secours 5873, 7131.
re s crier v. f. I (réfl.) se récrier
3749.
resenbler v.f. sembler 1488.
resne f.I rêne 1501, 4073.
resoner v.f.I résonner 2589, 5593.
r e s 0 r d r e v.fo. II échapper 4266.
resortir v. f. III" échapper 8687,
9589; se rétracter 9092; (réfl.) re-
bondir 9763.
respasser v.f.I guérir 7470.
respit m. II délai 1737, 3854.
respitier v. f. I remettre à plus
tard 10062.
resplendir v. f. IIIf> resplendir
5100,
r e s p 0 n d r e v. fo. II répondre 599,
1014.
respons m. II réponse 694.
restif, ve rétif Q~S8.
restorementm. JJ rétablissement
2777; compensation 6338,
r e s t o r e r v.f.I rébâtir 6598.
restre 615 v. sowsre.; être de noti-
veau 1060.
r e s tr e i n d r e f. /b. IJ réparer 608,
656.
resusciter v.f.I ressusciter 1 909.
retenement m. JI resf /-icfion 41 32 ;
action de retenir 9641.
retenir v. fo. III' retenir 13S1,
1570; garder 1947; 7631 v. sous re.
reter r. f. I accuser, blâmer 4204,
r e 1 0 1 i r v. f. JIJ» reprendre quelque-
chose qu'on a donné 3394,
r e 1 0 r m. II guérison 7920,
retorique f.I rhétorique 2208.
retorneier v. f I combattre de
nouveau 6031,
retorner v. f. I aller en amère
208; se retourner 8928; retomber
7374; Cré^.; 67, 7071; 690 V. sous re.
re traire v.fo.II retirer 4153; dé-
tourner 7834; (réfl.) se retirer 3778.
reveeir v.fo.II revoir 5846; 797
V. sous re.
revenir v. fo. 111'= revenir 3356;
('ré^.j se retourner Al \\; 155 v. soitô
re, — r. a valoir 3478,
revertir v.f. III<^ retotirner 3205 ;
retomber 6761, 9416,
r e V 0 1 e i r V. /b. IJJc vouloir de nou-
veau 5684; 6786 v. sous re,
riche riche 141.
riche ce, richeise /! I pouvoir 1367;
richesse 165; trésor 52.
richement Hchement 1778, 4085,
richeté /".Il richesse 1396.
rien /! II c^ose 624, 2518; ('(faws ««e
phrase de doute) quelque peu 835,
4583; (^at'ec ia négation) rien 1745;
nullement 1328. — de r. aweiwe-
me«i 1S21, 5193.
454
GLOSSAIRE
rire v. fo. II rire 3045; (réfl.) se
moquer 8699.
ris m. II ris, sourire 7961.
rivage m. II rivage 83.
rive f.I rivage 81, 419.
rivière f. I contrée sur les bords
d'une rivière, bonne pour la chasse
6584.
rober V. /'. I voler 3212; piller 3757,
4143.
roche f.I roche 420.
rochier m. II rocher 3168.
r 0 e f.I roue 890.
roele fl roue 688; (?) 4480.
roge rouge 4063.
rogor f. II rougeur 3995.
rois te raide, escarpé 7598.
rompre v. fil rompre 202. — r.
les chevels arracher les cheveux
2011.
ronfler v.f.I ronfler 2071.
Torev.f II ronger impf. roeit 4636.
r 0 s a t , de rosat, aromatisé avec des
roses 7434.
rose f.I rose 6194.
rote f.I route 196, 2399.
roter v. f. I lat. ructari. — r. l'arme
rendre l'âme (cp. expirer) 5050.
royer v.f I demander, prier 127; 733.
rue f.I rue 459, 7325.
ruer v.f.I lancer 7023.
ruisel m. II ruisseau 3150.
mit m. II rut 9137.
S.
s' = se, sa.
s» V. son.
sachier v.f.I tirer 9710.
s a c r e f i ë r V. /". / sacrifier 1018, 2349.
sacrefiseOT.7Jsam;^ce 1007, 1949.
sage sage 1296; instruit 8182. —
faire s. instruire 2473.
sagement sagement 3982.
s a i e t e /". I flèche 8066 ; (spécialement
la pointe) 1477.
saigniee f.I saignée 3650.
saignier v.f.I saigner Mdl, 5877.
s a i 1 1 i r v. /! Illf^ saillir 2078 ; sauter
2033, 2805.
sain, e sain, valide 5178; intact
9246.
saintuaire f.I force divine 1120.
sairement m. II serment 3494,
9311.
saisir V. /". JIJ*. — s. quelqu'un de
3481. — estre saisi de 3455, 8376.
— se faire saisi de se saisir de 3445.
saldaire fl 6396.
sale fl salle 461, 1481.
salf, ve sûr 8495.
sait m. II saut 3604, 4922. — pren-
dre s. sauter 692.
saluer v.f.I saluer 722, 3173.
salut m. II salut 8780.
s al V âge sauvage 280, 349.
salvagine f.I bête sauvage 369.
salvement sain et sauf 2307.
s al ver v.f.I sauver 6361.
sanc m. II sang 480, 2037. — chien
a s. 3608.
sandaire f.I sandale 6396.
saner v.f. I guérir 7972, 9564.
sanglent, e sanglant 3617, 5444.
santé fl santé 79S9, 9937.
saoler v.f.I rassasier 7106.
sapeie f.I sapinière 5188, 6953.
sardine, sardoine quartz - agate,
sardonyx 6473, 7654.
sarqueu m. II cercueil 6414, 7645.
saveir v. fo. III" savoir 46, 115.
— s. mal (impers.) déplaire 3479. —
a s. c'est-à-dire 8500. — pris sub-
stantivement, sagesse 2128, 8147.
SSLV or fil saveur 8224, 8881.
saziër v.f.I rassasier 1290.
se pron. réfl. 47.
s e conj. si 208. — se . . . non rien
que 240; excepté 1170.
séant m. II séant. — en sons. 8937.
sebeline fl zibeline 7480.
sec, che sec 2572.
sechier v.f.I sécher 6499.
s e c 0 r r e v.fo. II1<^ secourir 4734,
5532.
GLOSSAIRE
455
secors m. II secours 1335, 1421.
seeir v.fo.II être assis 2267; être
situé 408; demeurer 920; reposer
sur 6456, 6437 („était soutenue
par peu de piliers").
seeler v. f. I sceller 6476.
segont, de second 7587.
segrei m. II secret 1078.
segur V. seiir.
sei f 0)7*16 tonique du pron. réfl. 125,
153.
seie f. I soie 6113.
soif f. II soif 2750.
s e i g n 0 r m. III seigneur 77; époux
4376; nominatif sire 383, 713.
seignorie f.I souveraineté 4742.
sein Ht. iï sein 8351.
s eir m. II soir 686.
seissante soixante 890, 3550.
sejor m. II repos 606, 871,
sej orner v. f. I demeurer 351,
1378.
sel m. II sel 1040.
sel, sil = se le, si le 858, 7188;
8740.
se le f.I selle 3258.
selonc selon 6092.
selve f. I forêt 2164, 2939.
semaine f.I semaine 1434, 5066.
semblant m. II signe 8246; mine
1334, 8358. — en s. e« apparence
3984. — faire s., mostrer s. 9iJ0,
1297.
sembler v.f.I sembler 719, 1499;
ressembler 1740, 2344. — ce que
li s. ce qu'il veut 1522.
s e m 0 n d r e v.fo.II exhorter 1 888 ;
inviter 3571.
sempres aussitôt 2369.
senator m. il sénateur 531.
séné m. II sénai 2962.
séné, e sensé 2230.
senefiance f.I signe de la part
des dieux 2340, 3344.
senestre gauche 78, 2784.
senglement séparément, simple-
ment 8286.
senglotirv. /". 111^ sangloter 207 1 ,
5751.
sens m. II sens, sagesse 1407, 5061;
art 434; direction 7560.
sente /. I sentier 3584.
sentier w. II sentier 371.
s e n t i r r. f. III<» se«fir 1 823 ; (Ve'j^.^
se ressentir 1824.
senz ^rep. sans 36, 432. — s. ce
que sans que 714. — s. son gré
contre sa volonté 3885.
s e p e 1 i r v. f. IIIf> ensevelir 6043.
sepolture f. Isépidture 2459,6411.
s e r j an t m. II serviteur 3905, 6375.
seror f. III sœur 385, 1272; tiotn.
suer 1273.
serorge w. II beau-frère 5453.
serpent m. II serpent 484, 1922.
— traire le s. del buisson tirer les
marrons du feu 6899.
serpentin, e de la façon d'un
serpent 2575.
serreement serré 3698.
serrer v.f.I serrer 3999. — serré
fermé, inaccessible 1805.
ser viable serviable 3563,
servir v.f. III» servir 469, 6 1 3.
servise m. H service 661, 1269;
service funèbre 6089; service reli-
gieux 1950.
ses, sis = se les 6339.
sestier m.II sétier 6471.
set sept 278, 3188.
set me septième 2951.
seul, e seul 285, 1050; neutre, seu-
lement 750, 4330.
seïïTement seulement 2025.
seiir, segur, e sûr 8, 42. — adv. -
a s. assuré 3328; en sûreté 1510;
en repos 2162.
seiirement, segurement saws dan-
ger 2542, 6142.
s e li r t é f. II sûreté, assurance 34 1 7,
8025.
sevrer v.f.I séparer 2120; se sé-
parer 2367.
seze seize 3537.
456
GLOSSAIRE
si adv. si 195; ainsi 699, 2054. —
si com ainsi que 688; à mesure
que 1794; puisque 4160. — si fait
9023.
si, se conj. et 129; (explétif) 343,
490.
s i b 1 e r v. f. I siffler 2594.
s i c a m or' m. II sycomore 4521.
s iém. II résidence 2701.
siècle, siegle m. II monde 4807.
siège m. II siège 880, 3108; empla-
cement 7282.
siegle v. siècle.
siglaton m. II espèce d'étoffe pré-
cieuse 4025.
sigle fl voile 244, 3030.
sigler v.f.I cingler 275, 2008.
signe m. II emblème 3926, 4688.
s il = si le.
sillebe f.I syllabe 8558.
sis V. son.
sis = si les.
si lire V. f. Il la suivre 1181, 3609;
imiter 6052.
soatume f.I tranquillité 7957.
s 0 a V e t doucement 8424.
sodainement tout à coup 1507.
sodement, sodeement subitement
251, 5816.
s o do mite m. II sodomite 8583.
soef doux 2619, 9222; adv. douce-
ment 771.
s centre après 59, 1482.
sofire v.f III^ suffire 7103.
sofle m. II souffle 7712.
sofler V. /: I soM/^r 1231, 2698.
s 0 frai te fl disette 2404, 8600.
sofrir v.fllla souffrir 66, 2181;
résister 7059.
seing »i. II soing. — aveir s. se
soucier 1930.
soldée f.I salaire 7387, 9164.
soldeier m. II soldat 3431.
solder v.f.I souder 4474, 7546.
soleil m. II soleil 197.
s o 1 e i r avoir accoutumé 9126.
S 0 11 e r m. II soulier 4026,
s 0 1 1 i e r m. /J plate-forme 7 1 0.
soltain, e solitaire 2142.
som m. II sommet. — en s. adv.
en haut 7321; prép. sur 3148. —
par s. par dessus 5899.
s orne f.I sommeil 2412.
s 0 m e i 1 m. II sommeil 8929.
somier m. II bête de somme 3759.
son m. II son 2708.
son pron. poss. 55 ; nom. sing. masc.
ses 6926; fém. sa 4; nom. jpZttr.
masc. si 239; /em. ses 2080; ace.
plur. ses 50.
sonc selon 2618, 2895.
soner v.f. sonner 1148, 4835.
songe m. JJ songe 1558, 2415.
soper V. /! J souper 825.
sople suppliant, soumis 8176.
sopleier v. /". J supplier 4390.
sor, e ôZond 4009.
s or, sore adv. par dessus. — corre
s. se ruer sur 5250, 9430. — prép.
sur 301; au dessus de 1784; outre
7987. — s. ce puis 4139. — mètre
s. charger de 1005.
sorceinte f.I ceinture 4023.
sorcière f.I sorcière 1907.
sorcil m. II sourcil 3991.
sorcille /". J sourcil 2291.
sordire v.fo.II calomnier 9212.
s 0 r d r e v.f. II surgir, être soulevé,
naître 468, 1046; sourdre 3149.
sormonter v.f. I vaincre 154.
sororer v.f.I dorer 6432.
sorplus res^e 6314.
s 0 r p o e i r v. /b. JJJ« ('re'^.^ être ca-
pable 6364, 6745.
sorprendre v. fo. II surprendre
1258, 5048.
sort m. II sort. — par s. à la suite
d'un tirage au sort 2380. — geter
s. tirer au sort 1024; prédire
l'avenir 1910, 5058.
sortir v. fo. III^ donner en par-
tage 1760, 3239.
sorveintrev. /! JJ surpasser 2960.
sorvenir v.f. III<= survenir 104,
GLOSSAIRE
457
sorvenue f.l survenue 6323.
sospir m. Il soupir 18 13, 7965.
sospirer v. f. I soupirer 1204,
7923.
s os tenir v.f.III<* soutenir 7618.
sotil iin 4361.
sotilment finement 4416, 6112.
sovenir v.fo.IIh (impers.) il me
souvient 1293, 1456.
s 0 vent souvent 292.
soverain, e supérieur 2S30, 7634.
soviner v.f.I se renverser 1254.
soz prép. sous, au-dessous de 1312,
2032.
sozcriembre v. f. II craindre
5091.
sozleverv. f. J soulever 6464, 7460.
soz m être v.fo.II soumettre 406.
soz rire v.f.II sourire 847, 9253.
sozterrain m. II souterrain 2829.
suer V. seror.
suer V. f. I suer 7920.
su en pron. poss. adj. son 384; fém.
soe. — pr. p. subst. le sien 48;
fém. 633, 1614.
suie f.l suie 8221.
sur, e âpre 8004.
sus ew dessus. — traire sus hisser
1874, 2254. — et sus et jus partout
1552. — lai sus là en haut 1876,
2501. — en sus en arrière 4867,
9300.
T.
tabernacle m. II petite armoire
dans les églises 6440.
table fl table 3042, 3048.
tabor m. II tambour 4899.
taie f.l taie 7462.
taille f.l impôt 8078.
taillier v. f. I couper 475, 4444;
tailler l(i^&\. sculpter 4077.
taire v.fo. III^ (réfl.) se taire 845,
1066.
talent m. II volonté, désir 1342,
3284. — aveir en t. désirer 1388.
tant adjectif, tant 217, 1726. — cel
t. tout ce que 3038. — t. com idem
3243. — altre t. v. altretant. — ad-
verbe si, tant 21, 2896. — por t.
pourtant 1 09 \; dans la mesure que
9515. — par t.^rtrZà 5121. — fors t.
excepté que 4S?Q. — entre t. pen-
dant ce temps 13^;s^47. — a t.
alors 1003. — t. què^-fsuivi du
subj.) jusqu'à ce que 596. — t.
com aussi longtemps que 662. —
ne t. ne quant le moins du monde
1740; (avec la négation) nullement
1532, rien 1560.
tantost aussitôt 5728.
tapinage. m. II. — en t. en ca-
chette 5294.
tapir V. /". JJJ6 (réfl.) se cacher 1052,
5318.
tapiz m. II tapis 6116.
tardif, ve tardif 1644.
targe f.l targe (espèce de bouclier)
5629; bord du bouclier (?) 4450.
targier v. f. I tarder 2A\, 199; (act)
2288.
tart. — a t. 2093. — estre t. (im-
pers.) tarder 1062. — sembler t.
idem 9294.
tas m. II tas. — a t. en masse 5673.
tas sel m. II frange 751, 4034.
tasterv. /! I tâtonner 1249 ; essayer
8218.
t a V e 1 m. II carreau 73 1 8 ; carreau
d'un échiquier 4031.
t e pron. pers. ace. et dat. 8525, 8628.
teche f.l mauvaise qualité 6888.
tei forme tonique du pron. pers. 593.
teile fl toile 4539.
teindre v.fo. II teindre 477; chan-
ger de couleur 9800. — teint pâle
9193.
teint m. II teinture 4451.
t e i s e f.l toise 4039.
tel tel 151, 436; si grand 894. — tels
ore esteit parfois 870.
temolte fl tumulte 2469, 9276.
tempeste f.l tempête 188.
temple m. II temple 515, 2133.
458
GLOSSAIRE
temprer v. f.I tremper 4401.
tenaille f.I tenaille 9557.
tenant. — d'un t. sans interruption
6579.
t e n ç 0 n f.II querelle 110.
tendre tendre 2121.
tendre v.f.II tendre 4690.
tenebros, e ténébreux 2311.
tenir \k fo. III<' tenir 1238; avoir
en son pouvoir 1608; posséder 377
gouverner 3967, 4129; retenir 4519
occuper 4104; (réfi.) se tenir 65
se maintenir 5013; résister 9704
(impers.) ne li tient de ii we se
soticiepas de 891 3. — set. o se fenir
à 149. — ta tenir pour 5707. —
se t. por se considérer comme 1585.
t e n s m. II temps 92. — toz t. tou-
jours 323. — a t. 4240. — lonc t.
1439.
tenser v.f.I défendre 6362.
tente fl tente 916, 7844.
terbentine f.I térébenthine 6474.
terdre v.fo.II essuyer 6384.
terme m. II tetnps 825; moment
1811; terme, temps préfix 170. —
mètre le t. fixer le temps 132.
terre f.I pjays 3, 394; terre 221,
1923.
terrible terrible 2422.
tertre m. II tertre 4316.
teste f.I tête 270.
tiere f. I rangée 4426.
tierz, ce le troisième 128. — la
tierce la troisième heure du jour
5449.
tigre f. I tigre 1801.
tirer v.f.I tirer 5144.
tistre v.fll tisser 4016, 4527.
tochier v.f.I toucher 5225, 5897.
toi 8720,9873 interj. tollé!
tolir V. f. Illa enlever, ôter 2528,
6156.
tombe fl tombe 2159, 7637.
tombel m. II tombeau 2135, 6491.
tombe or m. II jongleur 4781.
ton ^ron. poss. 2. pers. 594; nom.
tes 2306; /em. ta 6201; plur. tes
2930.
toner v.f.I tonner 191.
tonicle wi. JJ tunique 6402.
top w. JI toupet 4051.
1 0 p a c e wi. JI topaze 4463.
tor /".Il four 6, 1175.
tor m. II tour 245, 7148. — el chief
del t. V. chief.
tor m. II taureau 395.
torb e f.I foule 5543.
torchier v.f.I frotter 3547.
tordre v.fo.II tordre 1961.
torment m. II tourment 2767;
orage 583, 9991.
tormente /". J orage 669.
tornei m. JI combat à deux 867,
6494.
torneiement m. II combat 4295,
7215.
torneierv. /".I jouter, se battre dans
un tournoi 3974.
torneïz. — pont t. pont tournant
416.
tornerv. /". J tourner 2680 ; se tour-
ner 8928; partir 6334; retourner
1081; t. a la fuie mettre en fuite
9591; am^-er 276, 2153; détourner
7872; changer GSb :, (réfi.) s'en aller
37; se retourner 8415. — t. a im-
jjttfer à 9348.
torsel m. IJ trousse 4529.
tort w. IJ iori, injustice 6062, 6152.
— a. t. injustement 6033, 8164.
tost w^e 74, 277; bientôt 1553.
tôt, e fottKi; «ow. plur. tuit 1037;
avec to signification d'un adv.
185; neutre 6; employé substan-
tivement le tôt 3829. — de t., del
t. tout à fait 266, 1488. — o t.,
a t. avec 559. — de tôt en tôt
■ (avec la négation) nullement 1895.
traïr v.flll^ trahir 878, 1749.
traire v. fo. II tirer des flèches
4866, 7023; attirer 438; arriver
7775; (réfi.) se rendre, s'avancer
3595, 6936; éprouver 9014, 9223.
GLOSSAIRE
459
— t. ariere se retirer 9679. — mal
t. avoir des revers 1193, 8711;
souffrir 1338.
traïson f. II trahison 5, 844.
trait m. II trait de caractère, parti-
cularité 8003; gorgée 3549.
traitlee f. I portée d'arc 7287,
8804.
traitier V. /. J traiter 1035; gou-
verner S18; instituer, régler 1835.
traitiz long 8468; bien fait, beau
3989.
traïtor m. III traître 6155, 8583.
tram être v. fo. II envoyer 593,
1056.
transgloter v.f.I engloutir 304,
1313.
travail m. II peine 204, 2179.
travaillier v.f. I travailler 2176;
tourmenter 185, 1232; souffrir 333,
3300; (réfl.) se tourmenter 1838.
travers. — de t. 862, 2151. — en
t. 1791, 4045.
traverse f. I. — a la t. en atta-
quant par le côté (m.-h.-a. ze tre-
viers) 7126.
trebuch m. II faux pas (?) 1970.
trebuchance f.I défaite 2694. '
trebuchier v.f. I défaire S4; ren-
verser 5900; s'écrouler 4174.
trecier v.f.I tresser 4010, 4074.
tref m. Il poutre 258; pavillon,
tente 901; voile 1874.
treis trois 106, 752.
trembler v. f. I trembler 1233,
1513.
trenchant m. II arme tranchante
2317.
trencheïz m.II tranchée 415.
trenchiee f.I tranchée 3156.
trenchier v.f. I couper 399,2316.
— trenchant 4475.
trente trente 3128.
trepeil m. II agitation 6837,8930.
très prép. derrière 1034.
tresgeter v. f. I sculpter 6433,
7696.
tresli à mailles 4415, 7055.
trésor m.II trésor 50, 4084.
t r e s p a s m.II trépas 622 ; passage
6978.
trespasser /'. J traverser 2486,
4099 ; jj«sser 8898 ; violer (une pro-
messe, un traité) 1598, 1988.
trespenser v.f.I réfléchir 893 1.
trespercier v.f. I percer 9099.
très (\\\Q jusqu'à ce que 2, 3068.
tressaillir v. f. III<^ tressaillir
1233, 7925.
très suer v. f. I transpirer 1960,
8073.
t r e s t o r m. II tour d'adresse, finesse
7880.
trestorner v. f. I tourner 7133;
changer 7370.
trestot, e tout 1314, 6055 ;^i. tres-
tuit 715.
treze treize 5734.
tribola V. DuCange s. v. triblatton
7459.
tribler v.f.I broyer 7655.
tributaire tributaire 9420.
tricherie f.I tromperie 2407.
triés derrière 6886.
trifoire adj. ornementé en forme
de portique 445, 4078, 7571.
triste triste 2405.
tris t or f.II tristesse 850.
triue fl trêve 869, 6004.
trobler v.f I troubler 5061, 8231;
violer 9459.
trop trop 680, 2143.
trosser v.f.I charger 3776.
troter v.f.I chevaucher (dans un
sens obscène) 8594.
trouer v.f.I excaver, creuser 892.
trover v.f.I trouver 84, 114; in-
venter à plaisir 1831.
tu 8537.
tu en forme tonique du pron. pers.
2. pers. 2953; fem. toe 6207.
tuer v.f.I. — (réfl.) de venir ivre-
mort à force de boire 4901, 4929,
tus, tu les 3835,
460
GLOSSAIRE
u.
oeim.II œuf SOO, 4041.
oël en même temps que 2228, 9120.
oem V. orne.
oés. — par o. par nécessité 3044.
— & o. en faveur de, au service de
4332, 6051. — a mon o. à mon
égard 8708.
oevre f.I oeuvre 3971, 6441.
ui, hui aujourd'hui 8431.
uime huitième 7837.
uis m. II porte 6273.
uiserie f.I huisserie 512.
uit huit 5836.
uitave f.I semaine 10010.
umain humain 2516.
umblement humblement 2350.
un, e un 252, 6804.
u s m. II usage. — aveir en us 4787.
user v.f.I user 1331.
y.
vagier v.f.I errer 2491.
vaillance f.I vaillance 3976.
vaillant ^réciewx 3939.
vain, e faible 8507. — en v. 7041.
vair, e gris bleu 450, 6915.
vairié, e bariolé 4027.
vaissel m. II vase 6469.
vaissele f.I vaisselle 453.
val /: II vallée 2435; m. 11 2622,
8203.
valeir v.fo.III<^ valoir 174,4583;
aider, être utile ITàl.
val or f. II valeur 787; vaillance
5661.
vantance f. I vanterie 7212.
va s al m. II vassal, guerrier 1282,
1438. — employé adjectivement,
vaillant 1513.
vasalage m. II fait d'armes 16,
6293; vaillance 5456, 6162.
vas le t m. II jeune homme 3565,
8576.
vavasor m. II vavasseur 7 263.
veeir v.fo.I voir 346, 1779.
veer v.f.I défendre 4721, 6013.
veie f. I voie 80, 2226. — mètre a
la V. congédier 6215. — mètre en
V. encourager 84S5. — totes veies
toujours 4578.
veile fl voile 202, 3023.
veillier v.fl veiller 334, 4919.
veine f.I veine 3653.
V e i n t r e v.f.II vaincre, subjuguer
1990, 2185.
veir, e juste, vrai 2884, 3004; adv.
en vérité 1750. — penser v. 137.
— par V. véritablement 3830.
veire adv. d' affirmation, en vérité
1680; veire veir idem 8561.
veirement en vérité 2089.
veisdie f.I félonie 9009.
veisin m.II voisin 3892.
vels du moins 2056.
velu, e velu 2447, 2565.
venaison fil venaison 1505.
vendre v. f. II vendre 394, 450;
faire expier 5882.
vener v.f.I chasser 3579.
veneor m.II chasseur 1457.
veneresse f.I chasseuse 1487.
vengement m. II vengeance %\\1 .
vengier, venchier v. f I venger
68, 5422; (réfi.) 5218.
venir v.f. III<^ venir 417, 2845. —
V. a (impers.) on en vient à
6221.
venjance f.I vengeance 4, 22.
vent m. II vent 294, 3944.
venteler v.f.I voltiger au vent,
flotter 4278.
venter v.f.I venter 191, 5831.
ventre m. I ventre 2570.
ventrière f.I ventrière 5334.
veraiement vraiment 5166.
vergier m.II verger 4112.
vergoigne f.I honte 7067.
vergonder v. f. I deshonorer 1540;
(réfl.) rougir 2682.
vérité fil vérité 1010.
vermeil, le rouge 423, 1467.
vermeillon m.II rouge 432.
verrière f.I vitre 6421.
GLOSSAIRE
461
verrine f.l vitre 514, 7566.
vers prép. vers 29; contre 4725;
envers 566.
vers m. II vers 8432.
verser v. f.l tomber 9429. — faire
V. renverser 5336, 7037.
vert vert 4054, 7485.
verte f.II vérité 7404.
vertiz /". JI colonne vertébrale 3990.
vertu f. II vaillance 3927, 5528;
force 5740, 7048.
vespre m. II soir 4868.
vestement m. II vêtement 753,
6121.
vestir v. f. IIU vêter 6121, 8041;
(réfl.) se vêtir 1466.
V e ii e f.l lumière 2389, 6509 ; vue
6225. — une veiie à longueur de
vue, à perte de vue {Cp. une trai-
tiee à portée d'arc 8804) 5821. —
a v. ouvertement 1681.
viaire m. II visage 8237.
viande fl provisions 4281.
victoire f.l victoire 3926.
vie f.l vie 152, 2429. — changier
la v. mourir 7378.
vieil, le vieux 2453; nom. vielz 56.
vieillece f.l vieilesse 2405.
vie le f.l vielle 1148.
vieltre m. II chien de chasse
1460.
vif, ve vivant 938, 6038. — ne se
saveir v. conseillier ne savoir nul
conseil 3505, 4983.
vigne f.l vigne 6505.
vigor f.II vigueur 5892.
vil, e bas, vil, méprisable 8726.
vilain m. II paysan 3672, 5372;
homme de basse condition 1498;
homme qui, n'étant pas chevalier,
ne s'entend pas à l'amour cheva-
leresque 9036.
vile f.l ville 9.
vilenaille f.l canaille 3673.
vilenie f.l vilenie 2902, 8720.
vilment vilement 8944.
viltage m. II vilenie 8722.
vilté f. II mépris 6313. — aveir
en V. mépriser 1361.
vin m. II vin 88.
vint vingt 84, 702.
violer v. f. I violer 1308.
vis m. II avis. — ce est vis il
semble 294, 1486.
vis m. II figure 1225, 6260. — de-
vant son V. devant ses yeux 271.
viser v.f.l viser 5428, 7700.
vit aille f.l vivres 344, 3034.
vivant. — a mon v., en mon v.
pour toute ma vie 1305.
vivier m. II étang 411.
vivre v. fo. II vivre 356, 1783. —
employé substantivement, les vivres
350.
yoe f. I du lat. vota. — maie v.
malédiction, perte 1613.
voiz f. II voix. — a halte v. 3619.
volatil léger (?) 6130.
voldre v. fo. II garnir, couvrir
4033, 7543.
voleir v. fo. Ilh vouloir 65, 100.
vo lente f II volonté 323, 1764;
plur. 10064.
volentiers volontiers 1032, 8882.
voler v.f.l voler 1544.
V o 1 s w. JI garniture, corniche 7572.
volsure f.l voûte 512, 748.
volte fl voûte 536, 6411.
voltor m.II vautour 2741.
voltrer v. f. I (réfl.) se vautrer
2037.
vos pron. pers. 2. pers. 1061.
vostre pron. poss. 2. pers. 1342;
pi. voz 1358, 6729.
vuel. — mon v. selon mon désir,
quant à moi 6370.
V u i d i e r v.f.l vider 7050.
W.
wague f.l vague 246.
w a 1 c r e r V. /". J errer, aller à l'aven-
ture 190.
Noms Propres.
A.
Acestés 2155, 2237.
Achatés 2263.
Achillés 215, 919, 2689.
Adrastus 2669.
Agameinnon 2689.
Aiaus, Aïaus 920, 2687.
Albe 2942, 10134.
Almarie , Almeria en
Espagne 7439.
Amphiaraus 2672.
Anchisés 56, 2826.
Anna 1905.
Arannes 4532.
Arcade 4576.
Arrons 7139.
Aventinus 3919, 6023.
B.
Bicias 5497.
C.
Cacus 4638.
Calchas 1003.
Camille 3961.
Capadoce 3935.
Capaneus 2672.
Caro 2441, 2462.
Cartage 375, 407. *
Cerberus 2561, 2587.
Cesar Augustus 2965.
Chastelain, de Castille
6897.
Chloreus 7161.
Claudus 3949.
Creusa 1180.
Cumain, de Cume 2372.
Cumes 2201, 2256.
Cupido 8630.
D.
Dardanus 40, 1189.
Daumus 5841.
Deïphobus 2678.
Diane 1486, 2738.
Dido 376, 498; la Tiri-
ane 1621; la dame de
Cartage 2627.
la Discorde 104.
Drancés 6633.
E.
Ecuba 759.
Elenor 5417.
Elisiëns (cbans) 2195,
2792.
Eneas 26, 42, 83; le
Troïën 1495, 1606.
Eolus 1016.
Euander 4575.
Eurialus 4912.
F.
Febus 1499.
Flegeton 2704.
Faire, Furie 1919.
(J.
Galaciën, e de la Oala-
tie 6116.
Galessus 3675.
Ganimedes 9135.
Grèce 967, 988.
li Greu, Gre 11, 37, 45.
Grezeis , esche Grec
(peuple) 1174, 3178;
(langue) 1159; (adj.)
2686.
Grieis v. Grezeis.
H.
Hector 237, 2677.
Heleine 177, 1175.
Hercules 2284, 2521.
I.
lapis 9552.
Uioneus 561, 3175.
Ipomedon 2671.
Itaile 580.
J.
Juliiis 2958.
Juliiis Cesar 2959.
Juno 93, 101.
Jupiter 2319, 3028.
L.
Larine 7004.
Latin 2938, 3277.
Latin (peuple) 3952;
(langue) 8778.
Laurente 3124, 3170.
Lausus 3913.
Lavinia 2937; Lavine
3232.
Lethes 2504.
Libe 271, 276.
GLOSSAIRE
463
Libican, e Lybien 414,
1622.
Liens 5417.
Lombardie 1761, 1836.
L. la Maior 341.
M.
Mars 4356.
Menelaus 1, 22.
Mesapus 3931.
Mesencius 3909.
Minos 2615.
Montalban 4286.
N.
Naples 3953.
Naptanabus 9496.
Neptun 3932.
Nisus 4909.
0.
Orpheiis 2283.
Orsilocus 7000.
P.
Palantee 4590.
Palestine 3930.
Palladem. II Palladium
1086.
Pallas (lefilsd'Euander)
4654, 4699.
Pal las (Mine') ve) 101,
146.
Pandarus 5496.
Paris 97, 116.
Partenopeus 2671.
Piritoiis 2526.
Pluto 2380.
Polinicés 2670.
Prenestine 3929.
Priam 19; Priamus 237.
Proserpine 2381.
Protheselaus 2688, 4271.
li Puillain 3952 (les habi-
tant d'Apulie).
R.
Radamantus 2729.
Rannes 5055.
Rome 527, 542.
Romulus, beau-frère de
Turnus 5454.
Romulus 2957.
S.
li Sabarin 3951,
li Sabiën 3950.
Salemon 4076.
Salerne 3953.
Sebilla, Sibilla 2199,
2258.
Sicane 6578.
Sichains porz 1 195, 2 1 53.
Sicheiis 383, 1292.
Silvia 3531.
Silviiis 2940.
Silvius Eneas 2947.
Synon 1152.
T.
Tantalus 2747.
Tarcon 7061.
Tarpee 7130.
Teivre 3029, 3099.
Tessaile 6118.
Theseus 2284, 2525.
Thesiphone 2727.
Ticiiis 2739.
Tydeiis 2670.
Tire 382, 1291.
Tiriën, Tirian, e de Tyre
635, 1485. — HT. 635,
789.
Tirus 3527.
Titidcs 216, 1094.
Toscane 6577.
Troie 1, 41.
Troïën, de Troie 2157.
— li T. 34, 566.
Turnus 3236, 3328.
U.
Ulixés, Ulissés 920, 972.
V.
Venus 32, 102.
Volcens 5094.
Volterne 3954.
Vulcan 4302.
Vulcane 3960.
Errata.
V. 37 l. Gre {leçon de A). v. 1352
„ 38 „ de {aussi aux vers 'SS9, 1657, „ 1372
2232) (leçon de A).
„ 103 l. au lieu de (;) mettez (.). „ 1376
„ 104 „ au lieu de (.) mettez (;).
„ 180 „ icels et Troie. „ 1418
„ 264 „ jors {aussi aux vers 2218, „ 1450
7742). „ 1474
„ 272 „ se {aussi aux vers 1354,
2700). „ 1494
„ 2^7 „ bisches {aussi aux vers 429, „ 1504
3585). „ 1545
„ 319 , biffez (,). „ 1547
„ 366 „ boschages. „ 1551
„ 367 „ om. „ 1552
„ 383 „ nom. „ 1601
„ 417 „ anceis. „ 1602
„ 451 „ coites {aussi 7451, 7453). „ 1611
„ 557 „ . . . dreit „ 1632
sus e. c. „ 1698
astrent. „ 1704
s'en fin. „ 1721
644 „ si (leçon de A). „ 1791
728 „ eirrë. „ 1801
733 „ l'i.
762 „ acompli. „ 1812
897, 915, 968 L sans (,). „ 1960
996 l. l'i. „ 1970
1004 l enorez. „ 1995
1019 „ un. „ 2141
1026 „ (.) au lieu de (,). „ 2314
1029 „ (,) „ „• „ (.).
1053 „ voldrent. „ 2409
1072 „ sans (,) après 11. „ 2443
li P. „ 2573
lai enz {aussi aux vers „ 2585
1126, 1131, 1944). „ 2654
Li Pallades. „ 2695
a traire.
„ 1146 „ granz.
„ 1285 „ sans (,). „ 2776
„ 1351 „ (;) au lieu de (,). • „ 2915
567
628
1086
1119
1125
1135
(,) au lieu de (;).
(?) après veintre. Suppri-
mez le (;).
eshalciee {aussi aux vers
2190, 2952, 2988).
asalt.
on.
or freis {aussi avac vers
4082, 4467, 6119, 6398).
(.) au lieu de (;).
Errant.
(,) au lieu de (;).
(;)
(,)
(.)
(,)
(;)
(;)•
(;)•
li.
(0 „ . . (•).
(!) „ „ „ (?)•
cui.
vostre.
reguarde.
boschages {aussi au vers
3539).
fléchir.
refreidir.
trebuch {leçon de A.)
valt {leçon de AG).
meillor.
raim {aussi aux vers 2327,
2329).
feintiez.
regrouiz.
graisle {aussi au vers 4835).
ço.
foïe.
foïr {aussi 37 14, 4249, 4848,
4874, 5111, 6739, 7060,
7352).
definemenz.
kis.
ERRATA
465
V. 2940
„ 3096
„ 3193
„ 3357
„ 3767
„ 3810
, 4023
„ 4035
„ 4040
„ 4076,
„ 4061
„ 4177
„ 4211
„ 4326
„ 4352
„ 4426
„ 4460
„ 4475
„ 4493
„ 4571
„ 4590
„ 4781
„ 4866
„ 4949,
„ 5006
„ 5025
„ 5080,
, 5191,
„ 5688
„ 5751
„ 5766
„ 5836,
„ 5950
„ 5984
„ 6043
„ 6067
„ 6142
r, 6217
„ 6305
„ 5396
„ 6402
„ 6445
l Silviiis.
„ prospre.
, reniés {aussi aux vers 3195,
5626).
, maltalent.
„ desfait.
„ cez.
„ sorceinte.
„ orles.
„ . . . sont que, se . . .
6441 l. oevre.
l. desoz.
„ acbata.
„ merveilles.
„ mettez (;).
„ qu'entr'els.
„ par tieres.
„ molt.
„ trenchanz.
, faiseit.
, raençon.
„ Polantee.
„ se {leçon de A).
, a traire.
4968 l. çai enz.
l. plaissiee.
„ . . . 1. n., k. a m. 1. f. b. ;
7489 l. soef.
f>213 „ donzel.
, fier.
„ sengloti.
„ enchastoné.
6096 l uit.
buen.
l'en bat.
sepelir.
d'anbesdeus.
segurement.
liue.
reialme.
sandaires.
tonicle.
piler.
V. 6464
„ 6478
„ 6650
„ 6784
„ 7051
„ 7055
„ 7221
„ 7341
„ 7459
„ 7460
„ 7461
„ 7480
, 7543
„ 7622
„ 7626
, 7957
„ 8084
„ 8114
„ 8318
„ 8372
„ 8578
„ 8585
„ 9950
l. sozlevee.
„ fistre.
„ mettez (,).
„ losenge.
„ font.
„ espié.
„ muëe.
„ som.
, paile.
„ que.
„ de desus.
„ covertor.
„ en c. e., v. a. a a., t. r.
„ desor.
„ dejus.
„ tôt s.
„ sorprise.
„ manaie.
„ corroz.
„ j'aveie.
„ freise.
„ godel.
„ donzele.
A corriger oë au lieu de oe 1582, ce
au lieu, de oë avac vers 3889, 4091,
4093, 4289, 4480, 4557, 4596, 4620,
4649, 4650, 4785, 4786, 4788, 5011,
5294.
mesler avac vers 977, 1046, 2446,
3509; meslee 3632, 3677, 4798,
5636; entremesler 3995; vaslet
3565, 3575; esforz 5262, 5525,
5944, 6080; esfort 2149; esfrei
5933; esfreer 6990, 7354, 7502,
7523.
A ajouter au Glossaire:
ai m m. Il hameçon 9948.
fistre m. II tuyau 6478.
malvaisement honteusement
7180; mul 6748.
Halle, Drnck von Ehrbardt Karras.
m
403
PLEASE DO NOT REMOVE
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